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  • Lettre aux Français d’Amérique du Nord

    Lettre aux Français d’Amérique du Nord

    MOBILISATION CITOYENNE DES FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER FACE À L’ABSTENTION LORS DE L’ÉLECTION PRESIDENTIELLE 2022

    Voter est un droit, c’est aussi un devoir civique. Il est de notre responsabilité de décider de l’avenir de notre pays.

    Le premier tour de l’élection présidentielle du samedi 9 avril 2022 a permis au président de la République sortant, Emmanuel MACRON, d’obtenir 46,89% des voix, contre 3,93% pour Marine LE PEN en Amérique du Nord (États-Unis et Canada). Au niveau national, l’écart est plus serré au premier tour : Emmanuel MACRON obtient 27,84% des voix contre 23,15% pour Marine LE PEN, ce qui leur permet d’être les deux candidats du second tour à l’élection présidentielle de 2022.

    La participation au premier tour de l’élection présidentielle en Amérique du Nord quant à elle, est de 32,07% contre 40,34% en 2017 (43,97% au second tour). On ne peut que déplorer une abstention grandissante de nos compatriotes qui doit nous inciter à une réflexion collective pour en comprendre les raisons. En tant que Conseillères et Conseillers des Français de l’étranger, nous sommes une véritable clé de voûte entre la France et les Français établis hors de France. Les résultats édifiants de ce premier scrutin doivent nous alerter à une prise de conscience collective. Nous connaissons la difficulté à inciter les Français à s’inscrire sur les registres des Français établis hors de France, mais aujourd’hui, nous mesurons l’ampleur de l’effort collectif que nous devons mener ensemble : inciter nos compatriotes à voter.

    Face à cette montée de l’abstention à ce scrutin partout dans le monde, face à la menace de l’extrême-droite en France et en Europe, nous vous invitons à la concertation, et à agir collectivement dans l’unique intérêt des Français, et ce, quelle que soit votre sensibilité politique. Élus indépendants, militants, élus membres d’un parti ou d’un mouvement associatif politique, citoyens, nous partageons ce même objectif de représenter et de défendre les intérêts des Français établis hors de France. Ce lien qui nous unit à travers le monde doit nous mener à une nécessaire et forte mobilisation au second tour de l’élection présidentielle qui aura lieu le samedi 23 avril 2022 en Amérique du Nord. Par-delà les clivages politiques et partisans, il est de notre ressort de contribuer à la sauvegarde du lien fondamental qui unit les plus de 2,5 millions de Français vivant à l’étranger à la France. Si l’extrême droite n’est pas une option pour beaucoup d’entre nous, l’abstention et le désintéressement à la vie démocratique ne doit pas l’être également.

    Nous, Conseillères et Conseillers des Français de l’étranger, invitons tous nos compatriotes, à rejoindre notre appel à la mobilisation citoyenne et à exprimer leur voix lors du second tour.

    Chaque voix compte, chaque voix doit être entendue.

    Liste des signataires

    Warda SOUIHI
    Conseillère des Français de l’étranger
    8ème circonscription des États-Unis (San Francisco) Conseillère à l’Assemblée des Français de l’Étranger (États-Unis)

    Jean-Pierre BERNARD
    Conseiller des Français de l’étranger Président du Conseil Consulaire
    8ème circonscription des États-Unis (San Francisco)

    Patrick CARACO
    Conseiller des Français de l’étranger
    7ème circonscription des États-Unis (Los Angeles) 1ère circonscription d’Amérique du Nord

    Monique CURIONI
    Conseillère des Français de l’étranger
    6ème circonscription des États-Unis (Washington)

    Axelle GAULT
    Conseillère des Français de l’étranger 5ème circonscription des États-Unis (Miami)

    Laurent GONIN
    La République en Marche Conseiller des Français de l’étranger 4ème circonscription du Canada (Montréal)

    Yves JAKUBOWICZ
    La République En Marche Conseiller des Français de l’étranger 3ème circonscription des États-Unis (Houston)

    Yann LE BORGNE
    La République en Marche Conseiller des Français de l’étranger 2ème circonscription du Canada (Toronto)

    Loïc LE GLAND
    Territoires de Progrès, La République en Marche Conseiller des Français de l’Étranger
    8ème circonscription des États-Unis (San Francisco) Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger

    Guillaume LECOMTE
    La République en Marche Conseiller des Français de l’étranger 3ème circonscription du Canada (Québec)

    Béatrice LEYDIER
    La République En Marche
    Conseillère des Français de l’Étranger
    6ème circonscription des États-Unis (Washington)

    Annie MICHEL
    Conseillère des Français de l’étranger
    9ème circonscription des États-Unis (New-York) 1ère circonscription législative (Amérique du Nord)

    Gérard MICHON
    Conseiller des Français de l’étranger Circonscription de Los Angeles (anciennement San Francisco) Élu dans l’Ouest Américain depuis 1994.

    Serge MOREL
    Conseiller des Français de l’étranger
    8ème circonscription des États-Unis (San Francisco)

    Stanislas ORAND
    Conseiller des Français de l’étranger Président du Conseil Consulaire
    7ème circonscription des États-Unis (Los Angeles) 1ère circonscription législative (Amérique du Nord)

    Ramzi SFEIR
    Europe Écologie Les Verts (EELV) Vice-président de l’Assemblée des Français de l’étranger Conseiller élu pour le Canada
    4ème circonscription du Canada (Montréal)

    Arthur SILVE
    Conseiller des Français de l’étranger 3ème circonscription du Canada (Québec)

  • Éric Zemmour appelle à « une grande coalition des droites »

    Éric Zemmour appelle à « une grande coalition des droites »

    L’ancien candidat d’extrême droite a proposé mardi (19 avril) la création d’une « grande coalition des droites et de tous les patriotes » en vue des élections législatives de juin prochain.

    Éric Zemmour, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2022 (7,07 %), a appelé à voter pour Marine Le Pen lors du second tour qui se tiendra le 24 avril et propose maintenant une union aux différentes forces de la droite radicale et de l’extrême droite.

    Le but est d’affronter Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, qui représentent, selon lui, les deux grandes coalitions contre lesquelles la droite doit se battre, « le macronisme et l’islamo-gauchisme » selon ses mots.

    M. Zemmour compte ainsi unir le Rassemblement national – mouvement de Marine Le Pen –, ceux « qui refusent le macronisme » chez Les Républicains, parti de la droite traditionnelle, et Debout la France, parti national-souverainiste et eurosceptique.

    Il n’est pas impossible que cette main tendue soit acceptée par le parti de Marine Le Pen : le soir du premier tour (10 avril), un cadre de son parti chargé des investitures pour les élections législatives a indiqué à EURACTIV France que sur les 577 circonscriptions, « environ 400 » investitures avaient déjà été attribuées. Cela laisserait la porte ouverte à d’éventuelles alliances pour les 150 à 200 circonscriptions restantes.

    Indépendamment du résultat final de l’élection présidentielle, Marine Le Pen aura besoin de s’allier si elle veut avoir un groupe parlementaire fort en juin prochain.

    Certains des élus Les Républicains les plus radicaux pourraient aussi être tentés par l’aventure proposée par M. Zemmour, vu les difficultés de leur parti après l’échec cuisant lors de l’élection de 2022 (4,78 %).

  • Ne pas succomber à la tentation de la facilité 

    Ne pas succomber à la tentation de la facilité 

    En 1981, le gouvernement de Pierre Mauroy avait opté pour une politique de relance à contrecourant de celle menée par les autres pays européens en décidant d’accroître les dépenses publiques, les prestations sociales et les salaires. Il en avait résulté une forte inflation, une augmentation des déficits publics et une dégradation de la compétitivité de l’économie française conduisant à plusieurs dévaluations. En 1983, le gouvernement fut contraint d’opter pour une politique de désinflation compétitive. La question s’était alors posée de rester ou pas dans le serpent monétaire européen et, plus globalement, de respecter les engagements européens de la France. Le Président de la République, François Mitterrand avait alors fait le choix de l’Europe en refusant l’aventurisme économique. Quarante ans plus tard, les économies occidentales sont confrontées à des chocs d’offre de grande ampleur qui ne sont pas sans rappeler ceux de 1973 et de 1979.

    Les plans de relance combinés aux problèmes d’approvisionnement alimentent la hausse des prix 

    Sur fond de liquidités abondantes générées par les politiques monétaires accommodantes, les tensions sur l’offre se traduisent par une accélération de la hausse des prix. Dans un tel contexte, faut-il poursuivre les politiques de relance ou faut-il refroidir l’économie pour éviter la survenue d’une pernicieuse stagflation ? Les périodes électorales, surtout en France, ne sont guère propices à la défense ou à la restauration des équilibres budgétaires, le temps étant plutôt à la multiplication des propositions d’accroissement des dépenses publiques. Si les augmentations de salaires et des prestations sont louables d’un point de vue social, du moins à court terme, elles pourraient se révéler, dans un second temps, négatives tant pour l’économie que pour les ménages. 

    Les plans de relance combinés aux problèmes d’approvisionnement en matières premières et en biens intermédiaires alimentent la hausse des prix. La mise en place d’une politique unilatérale de soutien de la demande par les pouvoirs publics après les élections ne ferait que l’accentuer. Les gains de revenus seraient ainsi vite effacés avec, en outre, une dégradation marquée de la compétitivité du pays. Déjà élevé, le déficit de la balance commercial s’amplifierait. Sa conjonction avec des déficits publics importants ne serait pas sans poser des problèmes. Cette situation que la Grèce a connue en 2011 se traduirait par une montée brutale des taux d’intérêt rendant le coût du service de la dette prohibitif et intenable.

    Le recours à la facilité monétaire mène à la banqueroute 

    Pour s’affranchir de cette menace, certains affirment qu’il suffirait d’opter pour un financement monétaire des déficits sans limite, et de mettre en place un cadre protectionniste pour les échanges. Le financement monétaire des déficits qui est une mesure exceptionnelle n’a pas vocation à perdurer afin d’éviter l’enclenchement d’une spirale inflationniste incontrôlable. Sur longue période, le recours à la facilité monétaire mène à la banqueroute. La dernière expérience de la France en la matière date de la période révolutionnaire avec les fameux assignats. En 1797, le Directoire décréta la faillite des deux tiers. Le retour à l’orthodoxie monétaire est souhaitable pour limiter la progression de la bulle spéculative qui affecte certains marchés, actions ou immobilier.

    Des voix se multiplient en faveur d’un retour à une préférence nationale au niveau commercial 

    La tentation protectionniste est une vieille tradition française dont la loi Méline de 1892 en est un des expressions. Si après 1944 et surtout après la ratification du Traité de Rome en 1957, la France a opté pour un libre-échange régulé, depuis une trentaine d’années, des voix se multiplient en faveur d’un retour à une préférence nationale au niveau commercial. En 1992, la polémique concernant l’accord de Blair House sur les produits agricoles avait été un premier révélateur de cette tentation. Depuis, tout accord commercial international est rejeté par tout ou partie de l’opinion. Il en fut ainsi, en 2016, avec l’accord de libre-échange avec le Canada. Le gouvernement fut accusé de vouloir livrer le marché français aux producteurs agricoles nordaméricains. 

    Contrairement aux craintes exprimées alors, cet accord n’a pas conduit à une invasion du marché intérieur par les produits canadiens ; il a surtout permis le développement des exportations françaises vers le Canada. En France, étrangement, les relations commerciales sont perçues comme une des manifestations d’une guerre qualifiée d’économique. Or, l’objectif des échanges n’est pas de détruire le partenaire mais d’enrichir les deux parties au nom de la théorie des avantages comparatifs. Un fournisseur qui anéantit son acheteur se pénalise lui-même.

    La fermeture des frontières est un aveu ultime de faiblesse 

    Les partisans du protectionnisme mettent en avant l’argument selon lequel la mondialisation et les importations des produits émergents ont détruit l’industrie française, quelles ont supprimé des emplois. Or, ces vingt dernières années, la France a essentiellement perdu des parts de marché face à ses partenaires les plus proches, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas. Faut-il alors fermer les frontières aux produits européens ? Faut-il mettre des droits de douane aux frontières et supprimer plus de soixante ans de marché commun ? Le protectionnisme entraînerait des mesures de rétorsions importantes de la part de nos partenaires. Il entrainerait la fin du libre-échange. Aujourd’hui, un quart du PIB du pays dépend des ventes à l’étranger. Une réduction des importations signifierait une hausse des prix et donc une perte de pouvoir d’achat dont les ménages les plus modestes seraient les premières victimes. 

    La fermeture des frontières est un aveu ultime de faiblesse et les prémices d’un déclin inexorable comme la Chine l’a prouvé entre le XVI et le XXe siècle. La seule voie offerte pour améliorer les conditions de vie de la population et les salaires est l’augmentation du nombre d’emplois et l’obtention de gains de productivité. 

  • Le Pen / Macron : le match retour

    Le Pen / Macron : le match retour

    C’était l’un des moments les plus attendus de toute la campagne de l’élection présidentielle : le débat d’entre-deux-tours. Pendant plus de 2 heures, les candidats à la magistrature suprême se sont opposés sur TF1 et France 2. Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont retrouvés comme en 2017, ce duel télévisé avait des allures de match retour.

    Une organisation millimétrée

    Le face-à-face entre Macron et Le Pen etait coproduit et codiffusé par TF1 et France 2. Il fut également diffusé en direct sur LCP/Public Sénat (sur le canal 13 de la TNT), ainsi que sur LCI (canal 26), sur France info (canal 27), sur BFMTV (canal 15) et Cnews (canal 16).

    Le débat était animé par Gilles Bouleau, présentateur du 20 heures de TF1, et Léa Salamé, présentatrice des émissions politiques de France 2 et d’Elysée 2022. 200 techniciens ont travaillé pendant six jours pour tout installer, notamment les 23 caméras sur le plateau, selon les normes définies par les équipes de communication des candidats.

    Pour les candidats, la préparation fut aussi intense. Agenda assoupli, fiches et notes thématiques, entraînements… Marine Le Pen a peaufiné les derniers détails « chez elle » entourée de proches conseillers, selon son entourage. Du côté d’Emmanuel Macron, le programme de la candidate d’extrême droite a été décortiqué afin d’en repérer les failles. L’enjeu était notamment de déconstruire l’image d’une Marine Le Pen championne du pouvoir d’achat.

    Photo by Ludovic MARIN / POOL / AFP

    Ce qu’il fallait retenir

    Pour les expatriés, nous avons condensé ces près de 3 heures intenses en quelques points à retenir.

    Des affrontements sur le pouvoir d’achat

    C’est la préoccupation première des Français. Alors qu’ils exposaient leurs mesures pour le pouvoir d’achat, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont opposés sur les salaires. La candidate RN propose d’exonérer de cotisations patronales supplémentaires les employeurs qui rehausseraient le revenu de leurs salariés de 10%. «Vous n’administrez pas les salaires. (…) Je ne voudrais pas que nos compatriotes pensent que ce sera de manière sûre sur leur feuille de paie. (…) Je ne voudrais pas que celles et ceux qui nous écoutent pensent, qu’avec vous, leur salaire va augmenter de 10%», lui a rétorqué le chef de l’État sortant, rappelant que les hausses resteraient au bon vouloir des entreprises, et qu’elle se contenterait d’une «incitation». «Cela ne sera pas automatique», a-t-il ajouté.

    Silencieuse lors de l’échange, Marine Le Pen a ensuite précisé qu’elle maintiendrait en place, si elle était élue, le bouclier tarifaire érigé face à l’explosion des prix de l’énergie. Une annonce saluée par le président-candidat, qui a toutefois rappelé que la députée RN avait «voté contre» cette mesure à l’Assemblée nationale.

    Marine Le Pen attaque le bilan du « Mozart de la finance »

    La candidate du RN a ciblé le bilan économique « mauvais » et « injuste » d’Emmanuel Macron, qu’elle a qualifié de « Mozart de la finance », tandis que le président sortant a assuré avoir « protégé » grâce au « quoi qu’il en coûte ». « Vous nous expliquez avoir fait beaucoup d’efforts pour les plus modestes. Moi, ce que je vois, c’est qu’il y a 400 000 pauvres supplémentaires sous votre quinquennat. Nous sommes dans un pays où il y a 9,8 millions de pauvres », a lancé la candidate.

    Echange tendu sur les salaires

     Emmanuel Macron flirte avec le cours d’économie, face à une Marine Le Pen un peu décontenancée. « Vous n’augmentez pas les salaires de 10% Madame Le Pen », a-t-il dit. « Vous essayez de faire croire que vous allez augmenter les salaires, ce sont les entreprises qui augmentent les salaires, pas les services de l’Etat ». « Dans la vraie vie, la banque vous demande votre salaire et se moque des primes. Pour louer un appartement aussi », répond Marine Le Pen. Réponse d’Emmanuel Macron : « On est tous dans la vraie vie. Mme Le Pen, vous ne ferez pas non plus des primes ! Il y a des employeurs qui en feront, d’autres non ».

    L’Ukraine

    « Il n’y a qu’une mesure avec laquelle je ne suis pas d’accord : c’est le blocage du gaz et du pétrole russes. Ce n’est pas la bonne méthode, ce n’est pas efficace, et les Français en seraient impactés ».

    Marine Le Pen

    Emmanuel Macron répond sur un autre plan :

    « Vous avez été, je pense, l’une des premières responsables politiques européennes dès 2014, à reconnaître le résultat de l’annexion de la Crimée. Vous l’avez fait pourquoi ? Et je le dis avec gravité ce soir, parce que pour notre pays, c’est une mauvaise nouvelle : parce que vous dépendez du pouvoir russe et que vous dépendez de M. Poutine. (…) Vous avez contracté un prêt auprès d’une banque russe (…) Vous ne parlez pas à d’autres dirigeants, vous parlez à votre banquier Madame Le Pen. (…) Vos intérêts sont liés au pouvoir russe ».

    Emmanuel Macron

    Pour Marine Le Pen, Emmanuel Macron sait que tout ce qu’il dit est faux.

    Je suis une patriote, je suis une femme libre », a répondu Marine Le Pen.

    Marine Le Pen

    Port du voile : deux visions

    « La question du voile c’est la question d’une religion ». Après avoir accusé Marine Le Pen de confondre signes religieux, terrorisme, islamisme et étrangers, Emmanuel Macron a défendu la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Tandis que la candidate du Rassemblement national a réaffirmé vouloir interdire le voile dans l’espace public en France.

    « Je suis pour la loi de 1905 », a déclaré Emmanuel Macron, « la laïcité ce n’est pas combattre une religion ».

    Emmanuel Macron

    Europe

    Les stigmates d’il y a cinq ans ont la vie dure. Même si Marine Le Pen assure qu’elle souhaite bâtir une «Europe des nations» et non plus quitter l’Union européenneEmmanuel Macron a raillé : «Quand vous aviez évoqué l’Europe et l’euro en 2017, ça avait tourné autour du franc et de l’écu. On n’avait pas bien compris ce qu’il se passait».

    Le président sortant a ensuite épinglé la proposition de la candidate RN sur la fin des travailleurs détachés, une mesure incompatible selon lui avec les traités européens. «En disant je choisis mes règles… Soit les autres vous suivent, parce que l’Europe on est 27 autour de la table. Soit vous faites bande à part, et ce que vous décrivez ressemble à une bande à part», a-t-il asséné. «C’est un projet qui ne dit pas son nom, mais qui consiste à faire sortir» la France de l’Union européenne, a-t-il prévenu. «J’ai beaucoup plus d’ambition que vous», a répliqué Marine Le Pen, étrillant le concept de «souveraineté européenne» défendu par son adversaire, dans la mesure où il n’existe «pas de peuple européen».

    L’espace Schengen et l’immigration

    En matière d’immigration, Emmanuel Macron veut faire la distinction entre les immigrations et défendre l’accueil des réfugiés en référence à la guerre en Ukraine. Il mise sur une réforme de l’espace Schengen : « On doit réussir à mieux protéger nos frontières. Il faut renforcer nos protections intérieures et la coopération entre Etats européens parce que nous ne sommes pas le point d’arrivée« , poursuit-il, citant l’Espagne, l’Italie, la Grèce, et souhaitant une meilleure coopération.

    Marine Le Pen, elle, est revenue sur son projet de loi et son référendum sur l’immigration. Un texte présent dans le programme de la candidate et dans lequel est prévu « l’expulsion des criminels et des délinquants étrangers : il y aura le droit du sol, parce que je pense que la nationalité française s’hérite ou se mérite, il y aura la priorité nationale au logement social, il y aura l’interdiction de la régularisation des clandestins, il y aura la modification du droit d’asile », liste-t-elle entre autres. 

    Et les expatriés ?

    Une fois de plus, la situation des Français établis hors de France n’a pas été abordée. Par contre, Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté d’introduire de la proportionnelle. Dans son projet diffusé en milieu de mandat, le Président voulait transformer les 11 circonscriptions des Français de l’étranger en une seule, dont la couleur des députés serait proportionnelle aux voix fournies par les expatriés aux partis. Les autres points de leur programme dédié aux Français de l’étranger sont à retrouver ICI.

  • En quête d’assesseurs et de délégués

    En quête d’assesseurs et de délégués

    Le premier tour de l’élection présidentielle a été marqué par une incroyable désorganisation dans l’organisation du scrutin par l’administration consulaire. Erreur dans la communication des bureaux de vote, assesseurs et délégués bloqués la nuit entière dans les consulats, mauvaise répartition des centres de scrutin, les soucis furent nombreux et souvent généralisés. Et pourtant le personnel des consulats était mobilisé comme les Consuls de France, mais les lacunes prenaient racine dans l’organisation décidée par la toute puissante Direction de l’administration consulaire et des Français de l’Etranger à Paris. Logiquement, les assesseurs et délégués ont rendu leur tablier et les remplaçants en se bousculent pas aux portillons des consulats. Mais à quoi servent ces acteurs indispensables du scrutin ? Quelles solutions ?

    A quoi servent les assesseurs et les délégués ?

    Pour ouvrir un bureau de vote, il faut obligatoirement un président du bureau de vote, au moins deux assesseurs et un secrétaire. Les candidats aux élections peuvent également demander la présence de délégués qui contrôleraient toutes les opérations électorales. Un certain nombre de scrutateurs viennent ensuite, à la fermeture des bureaux pour le dépouillement des bulletins.

    Les assesseurs

    Selon l’article R 44 du code électoral, un assesseur est une personne désignée par l’un des candidats, les binômes de candidats ou les listes en présence. Donc traditionnellement, l’assesseur est fourni par les partis, notamment le Parti Socialiste (PS) et Les Républicains (LR) connus pour être de grands pourvoyeurs.

    L’assesseur s’occupe bénévolement du déroulement du vote. Ainsi, il est chargé de faire signer les électeurs sur la liste d’émargement.

    L’article R44 a une solution si le nombre d’assesseurs est inférieur à deux : « les assesseurs manquants (seront) pris parmi les électeurs présents sachant lire et écrire le français, selon l’ordre de priorité suivant : l’électeur le plus âgé, puis l’électeur le plus jeune. » Ainsi, il est possible d’être désigné dimanche pour devenir assesseur et cette proposition ne peut pas être refusée, sauf cas exceptionnel. Les assesseurs peuvent également être des élus consulaires ou des membres de l’administration.

    Les délégues

    Chaque candidat a le droit d’exiger la présence permanente dans chaque bureau de vote d’un délégué habilité à contrôler toutes les opérations de vote, de dépouillement des bulletins et de décompte des voix.

    Le délégué peut exiger l’inscription au procès-verbal de toute observation ou réclamation relative à ces opérations, avant ou après la proclamation des résultats du scrutin. Un même délégué peut être désigné pour plusieurs bureaux de vote.

    Quelle situation pour les expatriés ?

    Hier, le 19 avril, les électeurs ont reçu leur convocation par voie électronique pour le second tour de l’élection présidentielle. L’administration a fait simple, exit le numéro de bureau de vote.

    Exemple de convocation reçue à Bruxelles

    En effet, ces derniers n’ont reçu que l’adresse de leur centre de vote. Cela promet un nouveau capharnaüm à l’entrée des centres où les participants vont chercher leur bureau de vote. Normalement, cela sera le même que lors du premier tour (celui dans lequel vous avez pu voter et non celui indiqué dans la convocation papier qui comportait une fausse information comme vous le savez).

    L’autre problème c’est donc le recrutement des assesseurs et des bénévoles. Parmi les élus, ils sont nombreux à battre le rappel sur les réseaux sociaux. Si ce n’est pas pour dénoncer cette situation comme le sénateur LR Damien Regnard qui communique à tous sa lettre envoyée au Ministère de l’intérieur. Car si le Ministère des affaires étrangères est dans les faits à la manoeuvre, c’est bien à Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, à qui incombe la responsabilité de l’organisation des scrutins.

    A quelques jours du second tour, la situation reste tendue ! Même si les conditions seront, selon toute vraisemblance, encore difficiles, il est important pour cet exercice de la démocratie qu’une poignée de citoyens expatriés se signalent à leur consulat respectif pour fluidifier cette organisation.

    Un thème que le nouveau ministre des Français établis hors de France, qui sera connu d’ici début mai, devra traiter de toute urgence avant les élections législatives. Notons que pour cette prochaine échéance, le vote en ligne fera son retour avec un nouveau prestataire à la manoeuvre, le groupe La Poste.

  • La France, une future référence du tourisme durable

    La France, une future référence du tourisme durable

    Alors que la reprise touristique se confirme, en dépit du contexte géopolitique international et d’une situation sanitaire toujours fragile, Atout France et l’ADEME ont signé, mercredi 13 avril, une convention qui marque une nouvelle étape pour la transition écologique du secteur tourisme en s’appuyant notamment sur le plan Destination France 2030.

    Ce partenariat s’attache notamment à favoriser la concrétisation d’investissements et surtout de réinvestissements exemplaires en matière de tourisme durable.

    Atout France et l’ADEME uniront également leur expertise pour participer à l’élaboration d’un premier tableau de bord du tourisme durable français au soutien des ministères pilotes et travailleront de concert pour inciter les hébergements classés à accélérer leur transformation durable.

    Plus que jamais, la transition écologique constitue la meilleure garantie de développer une stratégie de valeur pour le tourisme français bénéficiaire à tous : territoires, entreprises, visiteurs, salariés et habitants.

    ADEME, l’agence pour la transition énergétique

    Au lendemain du choc pétrolier de 1973 , le gouvernement français engage une politique de rationalisation de la consommation d’énergie. Celle-ci est à l’origine de la création de plusieurs structures qui fusionnent en 1990 pour créer l’ADEME. L’agence se développe au moment où la prise de conscience de l’urgence environnementale et climatique grandit, à l’échelle nationale et internationale.

    L’ADEME commence à fonctionner le 1er janvier 1992. Elle est investie de cinq missions :

    • la prévention et la lutte contre la pollution de l’air
    • la limitation de la production de déchets, leur élimination, leur récupération et leur valorisation
    • la protection des sols et la remise en état des sites pollués
    • la réalisation d’économies d’énergie et de matières premières, le développement des énergies renouvelables, notamment d’origine végétale, le développement d’énergies propres et économes
    • la lutte contre les nuisances sonores

    Atout France, l’agence dédiée au tourisme

    Atout France est l’opérateur de l’État chargé de renforcer le positionnement de la destination France à l’international et d’accompagner le développement de l’offre touristique française.

    Afin de maintenir la compétitivité de la destination, Atout France favorise le montage de projets d’investissements dans les territoires grâce au programme France Tourisme Ingénierie, et pilote différents dispositifs visant à optimiser la satisfaction des voyageurs : classement des hébergements touristiques, immatriculation des opérateurs de voyages, label Vignobles & Découvertes.

    L’Agence met par ailleurs à la disposition des professionnels du tourisme des outils d’observation et de compréhension de la demande touristique afin de leur permettre d’adapter leur offre.

    Atout France construit par ailleurs, en partenariat étroit avec ses partenaires (1200 professionnels du tourisme), des actions de marketing et de communication leur permettant de renforcer leur visibilité à l’international (grâce à un réseau de 32 bureaux répartis dans 29 pays) et de s’y développer.

    Enfin, l’Agence accompagne l’adaptation de l’offre touristique aux nouvelles attentes des visiteurs en matière de développement durable, de nouveaux services et de digitalisation.

    Le touriste, ce grand pollueur ?

    Publiée dans la revue scientifique Nature climate change, une étude vient de révéler que le tourisme mondial serait à l’origine de 8% des émissions de gaz à effet de serre. Menées par des chercheurs des universités de Sidney, de Queensland et de Cheng Kung, les recherches révèlent que les vecteurs de pollution liés au tourisme sont nombreux : on y retrouve aussi bien les transports que l’alimentation, l’hébergement ou les achats voyageurs. Jusque-là, les études portant sur l’impact environnemental du tourisme n’avaient jamais pris en compte la consommation de biens et services dans leurs mesures.

    Cette étude avait donc pour objectif de rendre compte de l’empreinte carbone de l’activité touristique. Les scientifiques ont donc analysé les données de flux touristiques sur 160 pays entre 2009 et 2013. Les résultats sont éloquents : les émissions sont trois fois supérieures aux provisions et précédentes évaluations, et surtout on en observe une forte croissance. En 2009, le tourisme représentait une émission de 3,9 milliards de tonnes de CO2, tandis qu’en 2013 , ce chiffre avait déjà grimpé de 4,5 milliards de tonnes. Lorsque l’on sait que le tourisme mondial a augmenté de 7% uniquement sur l’année 2017, on ne peut que redouter les chiffres actuels. Il faut cependant préciser que dans ce compte-rendu, les déplacements professionnels n’ont pas été dissociés du tourisme vacancier.

    D’après les experts, les principaux pôles de pollution seraient les trajets et séjours intérieurs. Les États-Unis arrivent en tête de liste et représentent à eux-seuls un quart de cette pollution. Ils sont suivis de la Chine, puis, entre autres, de l’Allemagne, l’Inde ou encore le Mexique. Les états insulaires sont également fortement mis en cause car les Maldives, les Seychelles ou Chypre restent des destinations très populaires. Dans ces pays, 30 à 80% des émissions de CO2 sont générées par le tourisme.

    Le tourisme vert plébiscité par les touristes français

    Selon une enquête Booking : « 72 % des voyageurs considèrent qu’une action immédiate est indispensable, et que les populations devraient opter pour des alternatives touristiques durables, afin de sauver la planète pour les générations futures. » Cette enquête délivrée par le géant de la réservation en ligne met bien l’accent sur l’envie des touristes de se tourner vers des offres plus responsables.

    Tourisme de masse et durabilité sont intrinsèquement liés. Les nouvelles tendances amplifiées par les confinements en 2020, rassemblent les voyageurs autour des questions de préservation de l’environnement et du poids du tourisme. Certaines réalités frappent durement les acteurs touristiques.

  • Mise en accusation : Le Pen dénonce « un coup fourré de l’UE »

    Mise en accusation : Le Pen dénonce « un coup fourré de l’UE »

    La candidate RN Marine Le Pen, visée par des accusations de détournement d’argent public européen, a dénoncé lundi (18 avril) « un coup fourré de l’Union européenne à quelques jours du second tour » de la présidentielle.

    « Alors les coups fourrés de l’Union européenne, quelques jours avant le second tour, j’ai une grande habitude de cela et je pense que les Français ne sont absolument pas dupes », a souligné la dirigeante d’extrême droite lors d’une visite de campagne au marché de Saint-Pierre-en-Auge, en Normandie.

    Marine Le Pen et ses proches sont accusés par l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) d’avoir détourné environ 600 000 euros d’argent public européen au cours de leurs mandats d’eurodéputés, selon un nouveau rapport remis en mars à la justice française et révélé samedi (16 avril) par Mediapart.

    « Je conteste évidemment absolument ces accusations dont je n’ai pas eu connaissance, ce qui déjà pose un problème en termes d’Etat de droit, dont on ne m’a fourni aucune preuve, aucun élément, malgré d’ailleurs les demandes que j’ai pu faire », a ajouté la candidate du Rassemblement national.

    Le document, dont Mediapart publie des extraits, concerne les frais que peuvent utiliser les groupes politiques dans le cadre de leur mandat de député européen et que Marine Le Pen et ses proches auraient utilisés à des fins de politique nationale, pour des dépenses personnelles ou pour des prestations au profit de sociétés commerciales proches de son parti, le RN et du groupe parlementaire d’extrême droite Europe des nations et des libertés (ENL).

    Bruno Gollnisch et Jean Marie Le Pen lors de fête des Bleu blanc rouge en 2005 – Kenji-Baptiste OIKAWA

    Les trois autres anciens députés européens mis en cause sont son père Jean-Marie Le Pen, son ancien compagnon Louis Aliot et Bruno Gollnisch, membre du bureau national du RN et de l’ENL.

    Le Parlement européen compte « procéder au recouvrement des sommes indûment payées », a annoncé dimanche à l’AFP un de ses responsables.

    Marine Le Pen est depuis juin 2017 poursuivie dans l’enquête menée à Paris sur des soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen d’assistants du parti.

    Elle est mise en examen pour « détournement de fonds publics » et « complicité » de ce délit dans le cadre de cette enquête.

  • L’emploi au sommet, l’inflation aussi

    L’emploi au sommet, l’inflation aussi

    L’amélioration du marché de l’emploi en 2021 a été une réelle surprise. De nombreux experts ont craint que le retour du plein emploi exige du temps, comme lors de la crise de 2008/2009. En moins d’un an, les États occidentaux ont retrouvé le taux de chômage d’avant pandémie.

    Des secteurs d’activité comme le bâtiment, l’hébergement ou la restauration sont confrontés à des pénuries de main-d’œuvre. Au mois de mars, Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, a indiqué que « le marché du travail d’aujourd’hui évolue à un niveau malsain ». Sous tension dans de nombreux secteurs, le marché du travail génère des pénuries, favorise la hausse des prix et pèse sur la croissance. Aux États-Unis, des commerces, des restaurants sont contraints de fermer faute de main-d’œuvre. Face à cette situation, le président de la Fed défend le principe d’une hausse des taux pour ralentir la croissance économique et éviter la multiplication des goulets d’étranglement.

    Le taux de chômage américain redescendu à 3,6%

    En avril 2020 après un mois de pandémie, le taux de chômage américain s’élevait à 14,7 %. Si le chômage avait diminué à son rythme post-crise financière, le taux de chômage en mars de cette année aurait été supérieur à 13 %. Or, il est de 3,6 % à 0,1 point de son niveau de 2019.

    Les États-Unis ne figurent pas parmi les meilleurs élèves dès lors que trois à quatre millions d’Américains avaient décidé de prolonger les vacances en jouant sur l’épargne accumulée et les aides sociales et ont retardé leur retour sur le marché de l’emploi. Ce phénomène de retrait volontaire commence à s’estomper depuis le début de l’année 2022. En septembre 2021, près de 1,9 million de travailleurs âgés de 25 à 54 ans manquaient à l’appel. En mars 2022, ce nombre avait diminué de plus de moitié pour atteindre environ 750 000. 1,3 million de travailleurs doivent encore revenir.

    La rapidité de l’amélioration de la situation de l’emploi a surpris

    Le Canada et l’Allemagne enregistrent des taux d’emploi records. Le taux d’emploi des personnes en âge de travailler en Grèce est supérieur de trois points de pourcentage à son niveau de 2019. Fin 2021, le taux de chômage en France était inférieur à celui de la fin 2019. Il faut même remonter à 2008 pour retrouver un taux plus faible. Les pays de l’OCDE comptaient 20 millions d’emplois de plus fin 2021, par rapport à juin 2020. Le nombre de chômeurs à la recherche de postes vacants est le plus bas depuis des décennies. La hausse des prix n’avait pas à la fin du premier trimestre ralenti ce processus de création rapide d’emplois.

    La rapidité de l’amélioration de la situation de l’emploi a surpris. L’histoire montre que les stigmates des crises financières sont longs à s’effacer. En revanche, ceux liés à des perturbations « réelles » telles que les catastrophes naturelles, les guerres ou les épidémies disparaissent rapidement. En 2005, le taux de chômage de la Louisiane a augmenté fortement après l’ouragan Katrina, mais est rapidement retombé. Après la seconde guerre mondiale, les marchés du travail européens ont rapidement absorbé les soldats revenant des différents fronts. L’épidémie n’a pas porté atteinte au capital productif. Si elle a été en partie empêchée durant les confinements, la demande a rebondi dès leur fin aidée en cela par l’épargne accumulée et par les aides versées par les pouvoirs publics.

    Le salaire horaire moyen américain était supérieur de 5,6 % à celui d’un an plus tôt

    L’emploi a été préservé en Europe avec le recours au chômage partiel qui a touché plus d’un cinquième des travailleurs. Face aux problèmes croissants de recrutement, aux États-Unis, les entreprises comme Amazon ou Apple ont décidé d’améliorer les conditions de travail de leurs salariés et d’augmenter leurs rémunérations. La proportion d’Américains inquiets de la mauvaise sécurité de l’emploi est proche d’un creux historique. Au Royaume-Uni, la part des travailleurs couverts par un « contrat zéro heure » est en forte baisse. Dans le Nebraska, un État agricole, le taux de chômage est tombé à moins de 1 %. Les entreprises du secteur de la restauration ont dû porter le salaire horaire à 16,50 dollars, soit au moins le double du minimum fédéral pour trouver des salariés. Certaines entreprises prétendent augmenter les salaires de 30 % ou plus. En mars, le salaire horaire moyen américain était supérieur de 5,6 % à celui d’un an plus tôt, selon l’indicateur global.

    Au Japon, en Allemagne, au Canada, les salaires n’augmentent pas

    Un autre indicateur suggère que les moins bien payés connaissent des hausses plus importantes. Les taux d’augmentation sont les plus rapides constatées depuis le début des données fédérales dans les années 1980. À l’opposé, au Japon, les salaires n’augmentent pas. En décembre, le « salaire spécial », qui comprend les primes d’hiver et représente généralement environ la moitié du total des salaires en espèces de ce mois, a diminué de 1 % en glissement annuel.

    En Allemagne, malgré le plein emploi, les salaires restent sages tout comme au Canada. Avant la pandémie, la croissance sous-jacente des salaires français était de l’ordre de 1 à 2 % par an. Aujourd’hui, il est proche de 3 %. L’Italie connaît la même évolution. Au Royaume-Uni, le salaire sous-jacent augmente à un taux annuel d’environ 5 %. Dans l’ensemble des grandes économies du G10, les salaires augmentent d’au moins 4 % par an.

    Pour être supportable et compatible avec un objectif d’inflation de 2 %, une croissance des salaires de 4 % suppose une augmentation de la productivité du travail d’au moins 2 % par an. Dans ce cadre, les entreprises répercuteraient la moitié de leurs coûts salariaux horaires supplémentaires sur les clients sous la forme de prix plus élevés, mais absorberaient l’autre moitié grâce à une efficience accrue de la production. Une croissance de la productivité de 2 % par an n’est pas irréalisable, mais elle serait beaucoup plus forte qu’elle ne l’était avant la pandémie (entre 0,5 et 1 point de plus). Pour le moment, elle semble rester au-dessous de la barre des 2 %.

    Les espoirs d’une productivité plus élevée doivent cependant être mis en balance avec les craintes d’une croissance des salaires encore plus élevée. Pour freiner les hausses de salaires et l’inflation, le recours à la hausse des taux directeurs apparaît pour un nombre croissant d’acteurs comme nécessaire. Le risque est de passer de la surchauffe à la récession. En Europe, cette équation est compliquée par les effets des éventuels embargos sur le pétrole et le gaz russes. Les instituts économiques prédisent une récession en 2023 s’ils devenaient réalité d’ici l’automne.

    Une récession dans les deux ans à venir

    L’Histoire enseigne que les hausses rapides des taux directeurs amènent en règle générale des récessions. La FED n’a réussi un « atterrissage en douceur » qu’à trois reprises depuis 1945. Face à un taux d’inflation comparable à celui que les États-Unis connaissent actuellement, jamais la FED n’a pu empêcher la récession. Des économistes américains prédisent une récession dans les deux années à venir. L’Europe pourrait connaître un automne difficile du fait de la hausse prévisible des cours de l’énergie.

    La mise en place d’approvisionnements alternatifs au gaz et pétrole russes ne sera pas totalement effective, pouvant provoquer des pénuries et des tensions sur les prix. Les prix du gaz pour l’hiver prochain sont cinq fois plus élevés qu’aux Etats-Unis, et les dépenses d’énergie des ménages y sont presque deux fois plus élevées que la part du PIB.

    La hausse des prix menace la cohésion de certains pays dont la France. Si l’économie de la zone euro continuera probablement de croître en 2022 dans son ensemble, elle pourrait néanmoins connaître une récession en 2023, à défaut de pouvoir accéder à une énergie moins chère.

    La Chine qui depuis 2020 avait réussi à sortir économiquement gagnante de l’épidémie est rattrapée en 2022 par cette dernière.

    Ce pays est confronté à une résurgence du nombre de nouveaux cas de virus, plus de 20 000 le 6 avril. Pour éliminer la covid-19, les autorités ont été amenées à confiner les 26 millions d’habitants de Shanghai ainsi que ceux des autres grandes villes où l’épidémie est présente. L’offre pourrait être atteinte avec à la clef l’apparition de nouveaux goulets d’étranglement et un ralentissement du commerce international. Pour mettre un terme au stop and go sur front d’épidémie persistante, le pouvoir chinois doit vacciner à grande vitesse sa population. Faute de quoi, la confiance des consommateurs pourrait se contracter, entraînant un fort recul de la croissance.

    Les dirigeants publics au cœur des choix économiques

    La crise sanitaire tout comme la guerre en Ukraine ont replacé les dirigeants publics, pour le meilleur et le pire, au cœur des débats économiques. L’activité dépend des politiques de santé publique et notamment de la vaccination. Elle est liée aux décisions prises par les banques centrales pour lutter contre l’inflation. Les sanctions contre la Russie et les éventuels embargos peuvent avoir des incidences non négligeables sur le cours de la croissance des prochains mois. Les économies occidentales peuvent soit s’engager dans la récession, la stagflation, soit poursuivre sur la crète de la croissance post-covid. Mais jamais le niveau des incertitudes, des aléas n’aura été aussi élevé qu’en 2022.

  • Les expatriés, des Français comme les autres ?

    Les expatriés, des Français comme les autres ?

    Tous les candidats à l’élection présidentielle ont été interrogés par Lesfrancais.press. Tous le proclament : les Français de l’étranger sont des Français comme les autres. Une évidence. Vraiment ?

    Ce n’est pas ce que montre l’administration. La dernière expérience du premier tour de l’élection présidentielle le prouve. Mauvaises indications pour les bureaux de vote, impossibilité d’obtenir des renseignements, fermeture des bureaux consulaires avant la proclamation des résultats (ce qui a obligé des citoyens, bénévoles, qui tenaient les bureaux de vote à veiller toute la nuit) et, cerise sur le gâteau, refus de communiquer les résultats avant que le Conseil constitutionnel ne les valide. Une sorte de vexation supplémentaire, une rétention d’information qui vaudrait à n’importe quel sous-préfet une révocation.

    On n’a jamais vu cela, dans aucun village de France, dans aucune élection, jamais. Ce type de mépris pour les électeurs est d’autant moins compréhensible que la centralisation des élections ne se fait plus au ministère des Affaires étrangères mais au ministère de l’Intérieur, qui lui, répond au téléphone, respecte les élus, et communique immédiatement tous les résultats de toute la France. Tous les résultats, sauf ceux des Français de l’étranger, que le MAE lui transmet.

    Les Français de l’étranger subissent là une véritable discrimination négative. Ce n’est pas la première fois. Lors de la Covid, l’administration avait ignoré le jugement du Conseil d’État qui cassait sa définition des « motifs impérieux ». Elle avouait cette mauvaise habitude, celle de ne pas faire droit.

    Bercy aussi

    Les exemples abondent : la direction de Bercy dédié aux Non-résidents des Français de l’étranger n’a-t-il pas reconnu ne pas faire droit aux expats, « à moins qu’ils ne fassent des recours » ? L’administration revendique ainsi le droit d’être consciemment dans l’illégalité. C’est exactement l’inverse de la définition de l’État de droit : l’État soumis au droit. Là encore, cela mériterait sanction.

    Après quelques années de bataille, la Cour de Justice Européenne a obligé la France à exonérer les Français de l’étranger de la CSG. L’Etat, obligé de l’appliquer pour les résidents européens, refuse de l’appliquer à tous les expats. Injustice flagrante.

    le STAFE réquisitionné

    Pour ce qu’il reste de subventions, l’administration a décidé seule de leurs montants et destinations, ignorant les demandes de l’Assemblée, et des commissions. On ne sait si les ambassadeurs ont été associés. Les subventions étaient attribuées à 70% aux associations « parapubliques », ce qui économisait d’autant le budget. Saisi par les plaintes, le secrétaire d’État a dû reprendre le dossier, promettant que la proportion serait inversée : 70% pour les associations indépendantes, 30% pour celles qui dépendent de l’administration.

    Le Conseil consulaire étant désormais présidé par un élu, il est, en maints endroits, boudé ou ignoré. Sur l’enseignement, les bourses, les affectations, les dotations, partout le manque de transparence est la règle, l’arbitraire la solution.

    « L’Etat est tout, l’individu n’est rien. » écrivait Mussolini. Le signe d’une démocratie est que l’État est au service des citoyens et non l’inverse. Dans une démocratie, le citoyen est tout, sans lui, l’État n’est rien. « Tout par le citoyen, rien en dehors du citoyen, rien contre le citoyen » faudrait-il répondre*.

    Empêcher la mobilisation des expatriés

    Difficile de ne pas voir dans la désorganisation des élections un quasi sabotage : la moitié des Français de l’étranger ont voté pour le président sortant, signe qu’ils ne lui tiennent pas rigueur de ce mépris administratif. C’est très sage. C’est la preuve que les expats ont une certaine hauteur de vue et ne votent pas selon leurs humeurs. Mais on peut penser que la participation aurait été plus élevée si, au lieu de multiplier les obstacles, on avait facilité les opérations.

    Les députés et sénateurs des oppositions comme de la majorité se sont émus, et se sont vus opposer des fins de non-recevoir. A tel point que le secrétaire d’État, Jean-Baptiste Lemoyne, annonce, dans son interview aux Francais.press, en cas de victoire de son camp, une série d’électrochocs pour faire bouger l’administration. Espérons que le message soit bien passé.

    * « Tout par l’Etat, rien en dehors de l’Etat, rien contre l’Etat », proclamait Mussolini.

  • Le Pen/Macron : le comparatif des programmes pour les expatriés !

    Le Pen/Macron : le comparatif des programmes pour les expatriés !

    Derniers jours pour faire son choix entre les programmes pour les expatriés d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen. Evidemment, certains ont déjà choisi : faire barrage à l’extrême droite. C’est d’ailleurs l’option retenue par la majorité de nos compatriotes expatriés selon la consultation que nous avons menée du 11 avril au 17 avril 2022 auprès de plus de 6000 Français établis hors de France. En effet, plus de 68% des Français de l’étranger déclarent vouloir voter pour Emmanuel Macron ce 24 avril, un soutien franc et massif mais on est loin des 93% de 2017. L’usure du pouvoir est passée par là !

    C’est pour vous informer en toute transparence et dans un souci d »équité que nous avons décidé de résumer sous forme de tableau les principaux points des programmes proposés par les candidats à la magistrature suprême. Pour cela, nous avons repris les interviews et analyses que nous avons évoquées au fil des derniers mois, le tout synthétisé en quelques cases.

    Emmanuel Macron : même cap mais des ajustements

    Le Président de la République, comme Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat aux Français établis hors de France, font un bilan, plutôt généreux de leurs actions pour les expatriés au cours des 5 dernières années. Si de vrais succès sont à mettre à leur crédit, comme un renforcement du poids des élus dans la relation avec l’administration, le déploiement du vote en ligne et de l’identité numérique, il reste de vrais écueils.

    La réforme fiscale, finalement avortée en 2020, la main mise par la directrice de l’administration consulaire Laurence Haguenauer sur la vie citoyenne et associative des expatriés, la mise en place de motifs impérieux pour regagner le territoire national pendant la pandémie, sont autant de volets qu’Emmanuel Macron devra résoudre au cours du prochain mandat.

    Lors de notre entretien, le 27 mars 2022, avec Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’étranger et chargée de la campagne du Président de la République, nous avons évoqué ces points auxquels elle a répondu sans langue de bois. On vous propose d’écouter ou de réécouter ce podcast.

    Marine Le Pen : rétablir la puissance de l’Etat

    Du côté du Rassemblement national, les équipes de Marine Le Pen ont créé, autour de Denis Franceskin, le responsable de la fédérations des expatriés du RN, un programme aux larges ambitions dont le financement reste à trouver. En effet, Marine Le Pen s’annonce comme généreuse : gratuité des écoles et lycées français d’ici la fin du mandat, fin de la CSG pour ceux établis hors d’Union européenne, renforts dans les consulats, etc.

    Dans le programme de Marine Le Pen, c’est donc le retour d’un Etat fort auprès des expatriés. Une ambition que ne peuvent qu’applaudir les expatriés, mais peu réaliste en pleine crise de l’endettement et alors que l’Etat doit réduire, encore, son train de vie.

    Autant de questions, que nous avons posées à Denis Franceskin dans une interview en date du 5 avril et que vous pouvez découvrir ou rédécouvrir en cliquant sur le visuel ci-dessous.

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