Le député des expatriés El Guerrab jugé pour violences volontaires le 07 avril 2022

Le député des expatriés El Guerrab jugé pour violences volontaires le 07 avril 2022

Quelques jours après son élection, le député des Français établis au Maghreb, M’jid El Guerrab, a eu une violente altercation avec Boris Faure, son ancien président de Fédération lorsque le nouveau élu était encore socialiste. Ce 30 août 2017, le contentieux entre les deux responsables politiques, qui prend racine dans le transfert du PS de M’jid El Guerrab pour LREM, a explosé. Ce 14 octobre, le procès du député, dont l’immunité a été levée, devait se dérouler au Tribunal de Grande Instance de Paris. Mais à la demande de l’avocat de M’jid El Guerrab, le procès a été renvoyé au 7 avril 2022. Le motif ? Une demande d’accès à des bandes de vidéo surveillance qui ont fait pourtant l’objet de procès verbaux pendant l’instruction. Retour sur cette affaire

Boris Faure avec Pierre Moscovici lors d’une réunion à Bruxelles en 2016

Coups de casque

Le hasard a bien mal fait les choses en cette journée d’août 2017. Les deux protagonistes se sont rencontrés tout simplement dans une rue située à quelques encablures du domicile du nouveau député. Rapidement, la situation a dérapé. Dans un premier temps, M’jid El Guerrab se retranche en accusant Boris Faure d’avoir tenu des propos racistes. Et de ce fait, il aurait perdu son sang froid.

Pourtant aucun témoin ne se souvient de ces paroles discriminantes. M’jid El Guerrab ayant du mal à justifier les deux coups de casque de moto qui ont envoyé Boris Faure à l’hôpital en réanimation suite au traumatisme crânien et à l’hémorragie cérébrale, évoque, désormais, un « serrage de mains » violent de la part de l’élu socialiste pour expliquer sa violente réaction.

Quelles conséquences ?

Alors que le « nouveau monde » d’Emmanuel Macron promettait en ces premiers jours de mandat une nouvelle façon de faire de la politique, cette affaire fit désordre, le tollé qui suivit ayant contraint le député à quitter le parti dès septembre 2017, tout en gardant son mandat de parlementaire. M’jid El Guerrab a, par la suite, rejoint le groupe Libertés et Territoires, à sa création en octobre 2018, avant de devenir membre du groupe Agir Ensemble, également allié de la majorité.

Aujourd’hui, M’jid El Guerrab est donc poursuivi pour avoir « volontairement commis des violences ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours » et ce avec « une arme par destination », en l’occurrence un casque de moto. Le député, mis en examen, encourt jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

M’jid El Guerrab « a toujours voulu passer pour une victime d’une agression, de menaces et d’insultes racistes qui n’ont jamais eu lieu », assure Patrick Klugman, l’avocat de Boris Faure à Ouest France. En demandant le report, le député de la IXème circonscription des Français de l’étranger (Algérie, Maroc, Tunisie) place son procès juste avant le premier tour de l’élection présidentielle et tout indique que le verdict tombera en pleine campagne des législatives. Il fera appel, à ne pas en douter, il pourra donc se représenter. Espère-t-il que son jugement soit éclipsé par le brouhaha des élections ? Rien n’est moins sûr !

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