Franck Riester : "L’UE doit se faire respecter par la Chine pour défendre la Lituanie"

Franck Riester : "L’UE doit se faire respecter par la Chine pour défendre la Lituanie"

L’Union européenne doit faire preuve de fermeté pour défendre la Lituanie contre les pressions économiques de la Chine, a estimé dimanche 13 février, le ministre délégué français au Commerce extérieur, Franck Riester.

« Ce que fait la Chine avec la Lituanie, c’est clairement une coercition. Les Chinois utilisent l’arme commerciale et économique pour nous mettre une pression politique », a déclaré le ministre à l’AFP qui présidera lundi une réunion avec ses homologues de l’UE à Marseille.

L’UE accuse la Chine de bloquer les importation lituaniennes

L’UE a saisi fin janvier l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre la Chine, accusée de bloquer des importations lituaniennes, sur fond de tensions diplomatiques au sujet de Taïwan.

La Lituanie s’estime punie pour avoir permis à cette île d’ouvrir une représentation officielle dans sa capitale Vilnius sous son propre nom, suscitant l’ire de la Chine qui rejette toute utilisation officielle du mot Taïwan. Pékin ne reconnaît pas le statut d’État à cette île qu’elle considère comme une de ses provinces.

M. Riester, qui plaide pour « plus de fermeté, moins de naïveté » de l’Europe sur les dossiers commerciaux, estime que l’UE a déjà beaucoup évolué notamment sous l’effet de la politique agressive de la Chine ou des États-Unis à l’époque de Donald Trump.

« Continuer les échanges commerciaux, mais pas à n’importe quel prix »

Alors que le libre-échange était « presque une fin en soi », l’Europe « veut continuer de faire des échanges commerciaux, une dimension essentielle de notre économie, mais pas à n’importe quel prix, pas au prix de la concurrence déloyale, pas au prix d’entreprises européennes exposées à des rachats vautour », a expliqué M. Riester.

Il a souligné que la liberté des échanges commerciaux ne pouvait pas non plus se faire en sacrifiant l’environnement, ou en transigeant sur les valeurs démocratiques.

La Commission européenne, sous l’égide d’Ursula von der Layen, a présenté en décembre dernier un outil « anti-coercition » – photo : Parlement européen

Un outil anti-coercition

La Commission européenne a présenté en décembre un projet d’instrument qui permettra de « punir » tout pays utilisant des sanctions économiques pour faire pression contre l’UE ou un de ses membres.

Cet outil « anti-coercition » doit encore être négocié avec les États membres et le Parlement européen. M. Riester espère aboutir à « une position consensuelle » des 27 sous présidence française, c’est-à-dire d’ici à fin juin.

Le ministre espère par ailleurs voir aboutir au premier semestre les négociations sur un instrument de réciprocité dans l’ouverture des marchés publics.

« Aujourd’hui, l’Europe donne accès à 95 % de ses marchés publics au reste du monde », mais « les entreprises européennes ont accès à moins de 30 % des marchés publics des États-Unis ou du Japon, et à quasiment rien en Chine ».

« Donc, on dit maintenant “stop, ça suffit”. On veut que les marchés publics de nos partenaires s’ouvrent à nos entreprises, faute de quoi nous refermerons nos marchés publics à leurs entreprises».

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