Le lundi 9 mai s’est ouvert à Paris, le procès de Laurent Bucyibaruta. Haut fonctionnaire rwandais, il est accusé d’avoir participé au génocide des Tutsis en 1994.
Le procès de Laurent Bucyibaruta, haut fonctionnaire rwandais, s’est ouvert lundi 9 mai aux assises de Paris. Il est le plus haut responsable liés au génocide rwandais de 1994, jamais jugé en France.
Complicité de génocide
En 1994, le génocide des Tutsis au Rwanda a coûté la vie à près d’un millions de personnes en une centaine de jours.
L’ancien préfet de Gikongoro, va comparaitre durant deux mois pour “génocide”, “complicité de génocide” et “complicité de crime contre l’humanité”. Il est notamment accusé d’avoir ordonné l’ordre du massacre de plusieurs dizaines de milliers de civils, après les avoir invités à se réfugier dans une école de Murambi.
Âgé de 78 ans, l’homme est réfugié en France depuis 1997. Si durant des années, le tribunal pénal international rwandais réclamait l’accusé, il était dessaisi au profit de la juridiction française.
Au cours du procès, cent-quinze témoins seront entendus, et l’accusé risque la réclusion criminelle à perpétuité.
Laurent Bucyibaruta aux assises à Paris
Une réjouissance pour le Rwanda
A Kigali, les Rwandais se réjouissent de l’ouverture du procès. Aux yeux d’Alain Mukuralinda, porte-parole adjoint du gouvernement, elle a une double signification. D’un côté, elle exprime un message de justice au peuple rwandais et tutsi. Pour eux, le procès est un soulagement. Par ailleurs, cela traduit une bonne entente diplomatique entre les deux pays.
Les législatives vont permettre de déterminer qui conduire la politique gouvernementale de la France pendant les 5 années à venir. Deux options s’offrent aux Français soit renforcer le pouvoir présidentiel en lui donnant une majorité forte ou au contraire nuancer le mandat donné il y a quelques jours à Emmanuel Macron en lui imposant une cohabitation avec une personnalité de gauche. C’est du résultat des législatives que dépendent la mise en place des différentes mesures pour les expatriés donc la fiscalité des expatriés.
On fait le point sur les principaux points des deux favoris, Ensemble, réunissant Renaissance (anciennement LREM) et ses alliés (Horizons, Modem, Printemps républicain) pour la majorité présidentielle et NUPES, soit la Nouvelle Union Populaire Ecologiste et Socialiste , réunissant la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, EELV et le Parti socialiste.
Ensemble : ouvrir les niches fiscales aux expatriés
Pour les amis du Président de la République, la fiscalité est un sujet à prendre avec des pincettes. Refroidis par la réforme avortée de 2019 qui était portée par Anne Genetet et qui a fini par être annulé en 2021. Pourquoi ? Car mal pensée, elle aurait provoquée l’explosion de l’imposition des petits revenus tout en sauvegardant un taux préférentiel pour les gros patrimoines.
Ayant tiré les leçons de cet écueil, Frédéric Petit avait proposé rapidement la création d’un statut de résidence de replis qui a finalement été repris dans le programme de l’élection présidentielle en 2022.
L’idée est de proposer aux Français de conserver une résidence en France qui leur permettrait d’accéder à de nombreuses dispositions dont certaines fiscales. En effet, actuellement, les expatriés paient leurs impots en France sur certains revenus français mais ne peuvent accéder aux niches fiscales pour rénover leurs biens, louer un bien sous le régime social et bénéficier d’un abattement d’impôts, et se retrouvent aussi taxés au titre de la résidence secondaire.
En cas de victoire d’Ensemble, les candidats l’assurent, cette mesure serait prise dès la prochaine Loi de finances soit celle pour 2023. Et elle sera surement la seule sur le plan fiscal pour les Français de l’étranger. Pas de modification en vue pour la CSG toujours payée par ceux établis hors de l’Union européenne ou pour l’Impôt de solidarité payé par nos compatriotes au sein de l’UE.
NUPES : les idées de Mélenchon s’imposeront-t-elles ?
Lors des négociations entre les différents partis qui composent la NUPES, le sujet de la fiscalité des expatriés n’a pas été évoqué. En reprenant les programmes du PS ou d’EELV, on constate qu’aucune mesure sur ce thème précis n’avait été annoncée mais du côté de la France insoumise, un vieux serpent de mer refait surface.
Portée depuis longtemps par Jean-Luc Mélenchon, reprise quelques mois même par Nicolas Sarkozy, la mesure phare du premier parti de la Nouvelle Union Populaire Ecologiste et Socialiste c’est l’imposition au passeport !!!
Qu’est ce que cette mesure impliquerait ? Elle conduirait à la dénonciation des conventions fiscales actuellement en vigueur entre notre pays et le reste du monde. L’idée, et les USA le font, est de permettre à l’Etat français d’imposer tous citoyens français ou que soit sa résidence officielle.
On l’ a compris, l’idée est de faire la chasse aux évadés fiscaux. Ils existent dans la communauté des Français de l’étranger. On estime qu’ils représentent moins de 10% des 3 millions de Français établis hors de France. Mais la mesure s’appliquerait à tous, ainsi les loyers, les salaires, les dividendes, les retraites que vous percevriez dans un autre Etat, même si ces ressources n’ont aucun lien avec la France, seraient à déclarer au fisc et seraient imposés selon le barème en vigueur dans notre pays.
Comme pour la réforme d’Anne Genetet, cette disposition touchera en premier lieu les revenus de la classe moyenne. Deuxième problème, elle conduira forcément à des problèmes de double imposition comme les franco-américains peuvent connaitre. Sauf que pour les USA, on peut renoncer à sa nationalité mais on ne peut abandonner celle française.
Deux camps, deux visions opposées
On constate donc que la fracture entre les deux blocs susceptibles d’obtenir la majorité le 19 juin est profonde et sans possibilité de réconciliation.
Si la proposition du camps macroniste semble modeste, elle a des conséquences positifs immédiates pour le plus grand nombre d’expatriés, celle du camps mélenchoniste aura le mérite de dissiper la suspicion permettante des Français sur leurs expatriés, toujours accusés de fuir les impôts français. Mais « l’imposition au passeport » transformera définitivement les relations entre les résidents d’un pays et les autorités fiscales du pays et entrainera une cohorte de complications. Mais pour l’instant, en cas de victoire de la NUPE, on ne sait pas si la mesure sera reprise ou non dans leur futur plan pour gouverner la France.
Congrès des 120 ans de la Mission laïque française
Dans le cadre du Congrès de la MLF, nous avons échangé avec Sonia Hasnaoui, la présidente de l’Association des parents d’élèves au Lycée français international Louis-Massignon de Casablanca.
Post-période Covid, coût de l’éducation française à l’étranger, laïcité… Les sujets ont été nombreux et riches avec Sonia Hasnaoui, la présidente de l’APE du Lycée Louis-Massignon de Casablanca. Cette association existe depuis 2006 et a été créée par d’anciens élèves des « missions », aujourd’hui parents d’élèves. Tous bénévoles, ils représentent 5000 familles et plus de 4600 élèves sur un réseau d’établissements dans la capitale économique du Maroc.
A ses yeux le Congrès à Rabat est une opportunité fabuleuse d’entrevoir et mettre en place des solutions d’avenir pour les enfants. Après deux années annulées à cause de la pandémie, il s’agit également d’une occasion de pouvoir se réunir et partager autour des valeurs pédagogiques.
La crise sanitaire
L’établissement Louis Massignon de Casablanca a “très bien rebondi” grâce à son réseau informatique. Avant le début de la pandémie de coronavirus, le lycée était en train de l’installer, et a donc pu rapidement s’adapter pour le distanciel.
La reprise a, par ailleurs, été délicate car il a fallu faire le chemin inverse et se réadapter au milieu scolaire. L’anxiété était présente chez les élèves, en partie à cause du port du masque. Les professeurs ont également dû faire des cours de remise à niveau pour les élèves qui avaient eu du mal à travailler loin de l’école.
Néanmoins, ils se sont vite réappropriés l’environnement et se sont rendus compte que “rien ne remplace l’école à l’école”.
Le financement des établissements
Durant la période de crise Covid, de nombreuses familles à travers le globe ont rencontré des difficultés à assurer les onéreux frais de scolarité. Une situation source de tensions entre les parents et le personnel des Lycées français à l’étranger.
Si la Mission laïque française est une association à but non lucratif et ne perçoit pas d’aide de financement de la part des gouvernements français et locaux, l’État français a apporté son aide au réseau durant la pandémie. Mais cela n’était pas suffisant. Ainsi, l’APE s’est posée en tant que relais entre les « missions » et les familles afin de trouver des solutions. Gratuité, étalonnage, réduction des frais, ont ainsi été de mise.
Par ailleurs, la demande d’une réduction des frais de scolarité est omniprésente au sein des structures françaises à l’étranger. Durant la campagne présidentielle, plusieurs candidats avaient fait de la gratuité de la scolarité, une promesse de campagne. Pour Sonia Hasnaoui et l’Association des parents d’élèves, il est nécessaire de procéder à une baisse du coût, ils attendent donc des solutions concrètes telles que la caisse de solidarité.
Sonia Hasnaoui, président de l’APE, lors du Congrès des 120 ans de la MLF à Rabat, Maroc
La laïcité au Maroc
Le réseau d’établissements de la MLF au Maroc est le deuxième plus important du monde, le premier étant au Liban. Un fait qui paraît surprenant lorsque nous savons que la religion a une place de premier plan dans le Royaume.
Les parents inscrivent leurs enfants dans les écoles de la mission, car ils se sentent proches de la culture française et apprécient l’enseignement octroyé. De cette manière, ils respectent la laïcité et la vivent “en bonne intelligence”. A leurs yeux, l’important est finalement de respecter les croyances de chacun. Ils se tournent donc vers la MLF pour les valeurs de partage, de respect et de tolérances importantes au réseau.
Pour Sonia Hasnaoui, l’enjeu principal pour l’avenir du réseau est que l’élève et l’enseignant restent les préoccupations principales. Ainsi, elle voudrait que la mission puisse assurer le bon recrutement du corps enseignant.
Par ailleurs, l’APE aimerait que l’esprit d’appartenance y soit plus développé. En tant qu’anciens élèves des lycées, les membres de l’association veulent qu’un lien continu se forme entre les différentes générations. Finalement, « faire des missions marocaines un réseau intergénérationnel ».
Ecoutez le podcast avec Sonia Hasnaoui, la présidente de l’APE
Un podcast à retrouver sur toutes vos plateformes favorites
Alexandre Holroyd, député, réinvesti candidat aux élections législatives de juin 2022 en Europe du Nord par Ensemble !, la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron.
Jeudi 5 mai, les premières investitures d’Ensemble ! la majorité présidentielle, du Président de la République, ont été communiquées dans le cadre des élections législatives françaises qui se dérouleront du 27 mai au 1er Juin 2022 (en ligne) et les 5 et 19 mai (à l’urne). En Europe du Nord, l’actuel député Alexandre Holroyd est réinvesti et dispose du soutien plein et entier d’Emmanuel Macron et de l’ensemble de la majorité présidentielle.
Le site lesfrançais.press l’a rencontré.
Nous avons divisé cet entretien en trois parties. Le Brexit, sa circonscription et les services consulaires.
Alexandre Holroyd nous a d’abord expliqué pourquoi il est candidat. “Pour être candidat il faut réfléchir mûrement et se poser la question : qu’est-ce qu’on entend faire dans les cinq ans qui suivent ? J’aime passionnément cette circonscription parce que j’y ai grandi, parce que j’y ai étudié, parce que j’y ai travaillé, parce que je m’y suis marié, parce que j’y ai vécu pendant une grande partie de ma vie et que je la connais intimement. Je suis candidat parce que je pense que cette circonscription a beaucoup à amener à la France. Elle porte en elle par sa composition de par les pays qui nous accueillent beaucoup de choses, beaucoup de valeurs en lesquelles je crois. La protection de la liberté individuelle, la lutte contre le changement climatique. Ces valeurs qui sont au cœur des valeurs européennes et qui de Dublin à Helsinki en passant par Londres sont au cœur des sociétés dans lesquelles nous vivons. Et je suis candidat enfin parce que le Président de la République à proposé cinq ans de plus pour rénover, pour renforcer, pour donner une nouvelle énergie et un nouvel envol à notre pays et à notre Europe. Et pour ça il a besoin d’une majorité et les alternatives aujourd’hui sont dangereuses à mon sens pour le pays et pour l’Europe.”
Le Brexit
Les Français installés au Royaume-Uni ont dû régulariser leur situation avant le 1er janvier 2021 pour éviter de se retrouver en situation irrégulière. S’ils n’ont pas demandé le “settled status”, le nouveau statut de résident permanent destiné à tous les citoyens de l’Union Européenne installés au Royaume-Uni avant le 1er janvier 2021, ils perdront leur droit de travailler dans le pays. Pour Alexandre Holroyd, “il n’y a pas de chiffres précis indiquant combien de Français n’ont pas le settled status pour la simple et bonne raison qu’il n’y a pas de comptabilité précise de qui sont les Français qui vivent au Royaume-Uni en général, et du coup on ne peut pas les soustraire aux Français qui auraient le settled status. Tout ce qu’on peut faire c’est réfléchir à ce qui se passe s’il y a des Français qui un jour veulent faire un settled status et se rendent compte que la démarche est difficile.”
Alexandre Holroyd a en effet “ beaucoup travaillé sur cette question comme sur beaucoup d’autres dans le cadre du Brexit, parce que pendant les deux premières années quasiment de mon mandat j’ai œuvré à plein temps pour essayer de faire en sorte qu’on protège de façon très efficace les Français qui habitent au Royaume-Uni et qu’on essaie avant la fermeture des négociations de trouver plus de solutions possibles. Il y a une disposition qu’on a travaillée avec nos homologues britanniques pour créer une procédure d’urgence afin d’obtenir un settled status qui n’aurait pas été fait dans la période impartie. Cette procédure existe grâce à l’engagement des miens et de nombreux bénévoles volontaires et des ministres qui m’ont accompagné dans cet engagement. Cette réalité-là est vraie. Il y a un deuxième sujet, c’est qu’il y a des trous dans la raquette qui apparaissent au fur et à mesure et quelques fois qui ne sont pas faciles à résoudre. J’en ai un qui me pèse beaucoup qui est celui des jeunes Français qui ont été formés notamment dans le milieu médical au Royaume-Uni et qui aujourd’hui ne peuvent pas travailler en France. C’est un vrai problème pour lequel je suis en train de me pencher depuis plusieurs mois. J’essaie de trouver une solution. Je sais que ce n’est pas facile mais c’est sur ce genre de dossiers qui concerne la vie de nos concitoyens qu’il faut qu’ils aient un député qui connaisse ces problèmes et qui soit capable de trouver des solutions au niveau national.”
Au Royaume-Uni, la CSG, les télécoms, pour le moment tout fonctionne comme si le pays était encore dans l’Union Européenne. Alexandre Holroyd tient à nous dire que quand il est arrivé en fonction, il a “pris l’engagement de faire en sorte que les Français de sa circonscription ne soient plus imposés à la CSG, à la CRDS sur certains de leurs revenus de sources françaises. Un engagement que j’ai pris en 2017 et un engagement que j’ai réalisé dans le budget 2018 pour 2019 en faisant adopter par l’Assemblée Nationale un amendement qui fait précisément cela. C’est-à-dire qu’il exonère tous les Français vivant dans l’Union Européenne et dans la zone UE de prélèvements sociaux. C’est une grande victoire pour la circonscription et je suis fier d’avoir été en mesure de remplir le contrat moral que j’ai passé avec mes concitoyens. Et quid du Royaume-Uni ? Le pays était en passe de sortir de l’Union Européenne. J’ai longuement travaillé avec le Ministre des finances Olivier Dussopt, ainsi qu’avec la Commission européenne, et la position finale est que les Français vivant au Royaume-Uni resteront protégés par cette disposition qui les exonère de cotisations sociales et de CRDS sur certains revenus qu’ils peuvent avoir en France, donc cette réalité-là après un long travail elle est permanente.”
Depuis quelque temps, les relations entre la France et le Royaume-Unis se sont tendues avec le conflit sur la pêche, la gestion des migrants et le protocole nord-irlandais. Comment améliorer cette relation? Le Premier Ministre Britannique Boris Johnson a félicité ce vendredi soir Emmanuel Macron pour sa réélection, douze jours plus tard. Il n’y a pas eu de sommet franco-britannique depuis janvier 2018. “Vous évoquez un sujet auquel je suis très sensible”, répond Alexandre Holroyd, en ajoutant que son “père est anglais.C’est donc une histoire de famille. Ensuite je suis président du groupe d’amitié entre l’Assemblée Nationale et la Chambre des Communes. J’ai de par mes fonctions beaucoup d’amis, de collègues au Royaume-Uni et j’ai essayé pendant l’ensemble de ce mandat de créer les conditions d’avancer là où on pouvait. Je ne vais pas vous menti,r c’est difficile. Ces dernières années ont été compliquées avec la relation franco-britannique. Compliquées par le Brexit, compliquées aussi, pour être franc, par ce que je décrirai comme un manque de volonté du côté britannique de réaffirmer ces liens notamment dans les deux dernières années. Quand le Président est arrivé en fonction, il est venu à Londres. On a signé avec Theresa May un accord ambitieux. Il était à Sandhurst. J’étais à ses côtés pour signer cet accord. On a voulu continuer ce travail. Ça n’a pas été possible. Je pense que dans ces moments là les gens comme moi, comme vos lecteurs, qui sont les composantes de cette amitié, des familles, des Français qui vivent d’un côté et des Britanniques de l’autre, font tout leur possible afin de préserver tous les liens qui les unissent pour les raffermir en matière de recherche, en matière de coopération, en matière de culture, en matière d’échanges scolaires, en matière de parrainages entre les villes, tout ce qu’ils peuvent pour essayer de protéger ce cœur de la relation en attendant qu’éventuellement peut-être un jour des jours plus heureux arrivent qui permettent de relancer de façon très ambitieuse cette relation, et je suis sûr que ces jours viendront car il y a une chose dont je suis certain dans la relation franco-britannique, c’est qu’elle dure depuis 1 000 ans et durera encore pendant 1 000 ans, et ce jour là viendra. Il faudra juste avoir préservé le plus possible et avoir travaillé à mettre en place l’architecture pour engager ce raffermissement de la relation.”
La circonscription du Royaume-Uni à la Scandinavie
La troisième circonscription des Français établis hors de France est l’une des onze circonscriptions législatives des Français établis hors de France. Créée en 2010 à la faveur d’un redécoupage, elle comprend dix pays du Nord de l’Europe (soit les îles Britanniques, les pays nordiques et les pays baltes). Récemment la Suède ou encore la Finlande ont vu des hélicoptères ou des avions russes s’aventurer dans leur ciel. Une manière pour la Russie de dissuader la Suède et la Finlande d’adhérer à l’Otan. Alexandre Holroyd nous décrit sa circonscription.
“Oui, j’ai une circonscription qui est à la fois diverse, et tous ces pays ont des niveaux de sécurité sociale assez développés, une sécurité pour les Français qui y vivent qui est assez évoluée. C’est vrai que dans ma circonscription je n’ai pas des pays excessivement dangereux, pas de pays en guerre civile. Elle s’étend de l’Islande jusqu’aux Pays Baltes jusqu’à la frontière russe. Chaque pays a ses particularités, et sur chacun d’eux je me suis battu pour des sujets bien particuliers. En Irlande j’ai bataillé pour essayer de protéger les Français qui pendant le confinement ont été sujets à des niveaux de restrictions extrêmement difficiles. Au Danemark je me suis longuement battu pour faire renégocier entre le Danemark et la France une convention fiscale bilatérale. C’est chose faite. Je m’ étais engagé à le faire en 2017. J’étais là avec Bruno Le Maire et son homologue pour ratifier la convention il y a quelques mois à Paris. À Oslo je me suis engagé auprès du Lycée Français qui a connu des moments où il fallait le soutenir, et il y a des questions de politique étrangère qui sont très importantes. Avec le Président de la République je me suis rendu à Helsinki et dans les Pays Baltes pour réaffirmer notre soutien à cette région qui est légitimement inquiète face aux actions de la Russie qui se posent aujourd’hui, en tout cas pour deux de ces pays la question de réintégrer l’OTAN et pour l’un d’entre eux d’intégrer l’Europe de la Défense. C’est le cas du Danemark qui va organiser un référendum sur cette question là. Je pense que le choix qui se présente à nous pour les Législatives qui s’ouvrent est un choix qui est au fond fondamental, et qui se décompose en trois offres politiques. Une première offre politique qui est celle portée par le président de la République. Celle dans laquelle je m’inscris. Celle qu’on m’a demandé de porter dans la 3e circonscription des Français de l’étranger, qui est une offre progressiste et pro européenne, qui veut faire de la lutte contre le changement climatique une priorité, qui veut renforcer l’Europe de La Défense, qui veut avoir une relation avec la Russie exigeante, qui veut s’engager pleinement dans la défense de l’Ukraine. Il y a ensuite une offre politique que nous connaissons malheureusement trop bien. C’est l’extrême droite et celle-là n’a pas changé au fond depuis 80 ans, quels que soient les ravalements de façade qui en sont faits tous les cinq ans. Et puis il y a une troisième offre politique qui est nouvelle et qui, pour être tout à fait franc avec vous, est l’offre politique d’un triste mariage entre une partie de la gauche de gouvernement au service de l’ambition de Jean-Luc Mélenchon, et qui porte une vision qui est anti européenne. J’ai pendant cinq ans eu des débats avec Jean-Luc Mélenchon dans l’hémicycle. C’est quelqu’un qui est anti européen. C’est quelqu’un qui est anti allemand. C’est quelqu’un qui refuse les budgets à l’Union Européenne. Pour être très clair c’est derrière ces personnes là que s’engagent aujourd’hui le Parti Socialiste et Europe Écologie- Les Verts. C’est un naufrage. Et c’est quelqu’un qui a une relation très ambivalente avec la Russie. Donc je pense que ces élections législatives aujourd’hui offrent aux Français trois choix radicaux, et les Français qui habitent dans notre circonscription ont le droit d’être au clair sur quelles sont les intentions et quels sont les fondamentaux idéologiques des gens qui aspirent à la fonction de Premier Ministre, c’est à dire à gouverner notre pays.”
Alexandre Holroyd, Député sortant de la majorité présidentielle – candidat Ensemble (Renaissance/LREM et ses alliés)
“Ce que vous évoquez, c’est un impératif. Il y a près de trois ans je me suis saisi de ce sujet parce que j’avais anticipé qu’à la sortie de la Covid il y aurait un problème notamment avec la remise des titres d’identité. J’avais prévu ceci non pas parce que je suis d’une intelligence prodigieuse, mais parce que c’est parfaitement logique puisque des titres d’identité continuent à périmer au même rythme en temps de pandémie et hors pandémie. J’avais alerté la direction des Français de l’étranger à Paris sur le sujet. La direction n’a pas agi à temps. J’ai d’ailleurs remis un rapport qui est public, après avoir auditionné la direction des Français de l’étranger. Aujourd’hui il y a eu beaucoup de discussions sur la résolution de ce problème qui est affligeant et qui n’est pas de la responsabilité des services consulaires ici à Londres ni du Consul Général ici, ou de ses équipes qui font de leur mieux dans des conditions très difficiles. C’est vraiment l’administration générale à Paris qui a refusé de voir les signes avant-coureurs d’une crise qui finissait. Le Président de la République a été très clair et c’est un engagement que j’ai poussé. C’est un engagement que je prends devant mes électeurs. Dans les années qui suivent, il faudra dématérialiser totalement pour les Français de l’étranger la remise des passeports et les cartes d’identité qui sont remis. C’est là qu’est la solution. Elle n’est pas dans l’élargissement des consulats. La solution est très claire. Il faut qu’un Français de l’étranger puisse renouveler son passeport de façon entièrement numérisée sans passer par le consulat, envoyé par la Poste tout comme c’est le cas dans un certain nombre de pays de ma circonscription et de pays du monde. À la fin de mon prochain mandat, ça sera fait. C’est l’engagement que je prends devant mes électeurs.”
Alexandre Holroyd, député sortant majorité présidentielle – candidat Ensemble (Renaissance/LREM et ses alliés)
Beaucoup de Français de l’étranger se sont plaints de ne pas avoir été pris en compte parce que les frontières ont été fermées pendant les confinements entre le Royaume-Uni et la France. Quelle est la réponse d’ Alexandre Holroyd?
“Les deux ans qu’on a traversés d’une crise qui nous paraît maintenant distante mais qui est toujours là nous ont amené à prendre des décisions qu’aucun d’entre nous n’imaginait prendre un jour. Il y a eu des mesures de restrictions aux frontières et des mesures de restrictions à la porte d’entrée des Français. Il y en a eu entre les départements et les régions. Il y a eu des mesures de restrictions absolument inédites. Je n’aurais jamais pensé que j’aurais été amené à prendre des mesures pareilles mais il se trouve que face à un virus dont on ignorait beaucoup de choses, face à un virus qui menaçait de submerger nos hôpitaux et de nous imposer des choix tragiques et dramatiques entre les personnes les plus vulnérables de la société, on a décidé de protéger les Français, qu’ils soient d’ailleurs en France ou à l’étranger, avec un effort démesuré comparé à nos partenaires européens. Est-ce que ces mesures ont eu des conséquences très concrètes, exaspérantes pour les Français ? Oui. Sur les Français qui habitent à Paris, sur les Français qui habitent à Aix-en-Provence, sur les Français qui habitent à Bruxelles, à Londres, en Australie ? Est-ce que tous nos partenaires, toutes les grandes démocraties du monde, ont fait de même d’une façon ou d’une autre ? Oui également. Est-ce qu’aujourd’hui cette stratégie nous amène à pouvoir avoir cette conversation relativement librement ? Oui également. J’appelle nos concitoyens à voir ce qui se passe aujourd’hui dans d’autres circonscriptions du monde. À Shanghai, à Pékin, où la question est loin d’être résolue. Je comprends parfaitement tous les Français qui ont été exaspérés par ces mesures. Je l’ai moi-même été. J’ai passé des nuits et des jours à essayer de les clarifier, de les rendre plus intelligibles, de faire en sorte qu’elles soient levées le plus rapidement possible, de remettre en cause leur nécessité quand c’était le cas. C’est mon rôle. J’en ai parlé de nombreuses fois au Premier Ministre, au Ministre de la Santé et à ses équipes, mais oui il a fallu prendre des mesures qui étaient à la fois très contraignantes pour tout le monde, et je pense c’est tout à l’honneur d’un gouvernement responsable de savoir les prendre.
Alexandre Holroyd, Député sortant majorité présidentielle – candidat Ensemble (Renaissance/LREM et ses alliés)
Alexandre Holroyd adresse un message aux abstentionnistes dans sa circonscription.
“Aujourd’hui au fond il y a un message très simple. C’est qu’on a la chance historique d’avoir des députés des Français de l’étranger. C’est d’abord une chance parce que l’immense majorité des pays du monde n’en ont pas. On a des gens à l’Assemblée (j’en fais partie) qui représentent des Français de l’étranger, défendent leurs voix, leurs particularités, leurs besoins et autre. Il faut qu’on protège cette chance et la meilleure façon c’est de voter. La deuxième chose c’est qu’on a une chance inouïe de voter pour ces élections sur internet. Il n’y a pas besoin de se déplacer, c’est très rapide, c’est relativement facile. Il faut juste vérifier qu’on a le bon numéro dans la plate-forme du consulat, et puis vous avez un système de double confirmation d’authentification et vous pouvez voter à distance. À tous ces électeurs qui à partir du 27 mai jusqu’au 5 juin vont choisir le destin de la France, parce que c’est ça dont il s’agit aujourd’hui. Ce n’est pas le 3e tour de l’élection présidentielle comme certains veulent le faire croire. Mais c’est le choix du Premier Ministre de la France et donc de la gouvernance du pays pendant les 5 ans qui suivent. Je ne veux pas de gouvernance anti-européenne. Je ne veux pas d’une gouvernance anti OTAN et pro russe. Je pense que notre pays se retrouverait bien mal si c’était le cas…”
Alexandre Holroyd, Député sortant majorité présidentielle – candidat Ensemble (Renaissance/LREM et ses alliés)
Lesfrancais.press et le site Expat-pro.com vous proposent une sélection parmi des centaines d’experts, d’entreprises et d’indépendants spécialisés dans le maintien du Français ou l’apprentissage de celui-ci aux tout-petits.
Que ce soit en présentiel ou en ligne, nos experts vous aideront à transmettre la langue française à vos enfants et ce où que vous soyez. Grace à leur expertise propre ou à celles des professeurs qu’ils ont dénichés, vos enfants maitriseront le français comme langue maternelle.
Ecole internationale ? Ecole locale ? Nous avons toujours un expert près à vous à aider à combiner au mieux les différents types de scolarité sans oublier leur langue maternelle.
Bonus de l’abonnement, Lesfrancais.press, la première séance ou le bilan sont offerts en les contactant via le formulaire dédié.
Gaëlle Bourgeault – C’est quoi la France?
C’est quoi la France ? : la solution ludique pour rester connecté à la culture française. Il n’est pas toujours facile de trouver le temps et les ressources nécessaires pour maintenir le lien avec la culture française quand on est expatrié. Avec une vidéo par semaine, « C’est quoi la France ? » offre une passerelle ludique vers la France en abordant tous les aspects de la culture française avec du vocabulaire et des thèmes adaptés aux 7-14 ans. Tom et Alice expliquent par exemple d’où vient la madeleine, qu’est-ce que l’Arc de Triomphe, ce que veut dire “à contrecœur”, comment fait-on la queue en France …
Avec ces vidéos coup de pouce, vos enfants auront un rendez-vous régulierpour faire décoller leur culture française.
Le Cours Griffon propose des solutions de cours à distance, du primaire au lycée, permettant aux familles expatriées de maintenir une instruction solide à leurs enfants pour réintégrer sereinement le système français à tout moment. Notre programme français expatriés primaire a pour objectif de maintenir un excellent niveau de français écrit tout en restant réaliste (3h par semaine) pour des élèves scolarisés en système local. À partir du collège, les cours sont en vidéo et permettent des apprentissages solides et structurés, en autonomie. Nos élèves sont suivis par des enseignants expérimentés qui connaissent les caractéristiques des élèves bilingues et leur apportent un accompagnement particulièrement bienveillant et encourageant. Nos cours sont conformes aux programmes officiels, nous délivrons bulletins et avis de passage.
Parlamamie est un concept innovant de classes de français pour jeunes francophones expatriés créé par Elodie, ingénieure pédagogique spécialisée en didactique des langues et professeure de français langue étrangère et seconde. Au travers de classes groupées ou individuelles ludiques et dynamiques, Parlamamie apporte une réponse professionnelle de qualité à une demande croissante de maintien du français pour les enfants / adolescents expatriés.
Forte d’une expérience d’expatriation de plusieurs années et elle-même maman, Elodie enseigne depuis 2009 en suivant les objectifs ministériels fixés afin de passer des diplômes officiels en langues française ou tout simplement pour s’amuser en français.
L’Allemagne veut prendre la Conférence sur l’avenir de l’Europe (CoFoE) comme point de départ pour faire évoluer l’Union européenne, éventuellement modifier les traités, et abolir la prise de décision à l’unanimité pour les questions de politique étrangère du bloc. C’est ce qu’a déclaré la ministre adjointe chargée des Affaires européennes et du Climat, Anna Lührmann, lors d’un entretien avec EURACTIV.
L’Allemagne a été l’un des plus fervents partisans de la CoFoE et des projets de réforme de l’UE qui en ont découlé. Et ce, parce que la vision de Berlin est que « nous coopérons encore plus intensément et encore plus en profondeur en Europe », a indiqué Mme Lührmann.
« Lors des négociations au Conseil, je me suis toujours considérée comme une représentante de la Conférence, car j’y soulève toujours très activement ces points et je fais campagne pour que nous obtenions le soutien nécessaire à leur mise en œuvre », a poursuivi la ministre.
Près de 50 propositions ont été présentées lors de la plénière de la Conférence, notamment l’abandon du principe de l’unanimité en matière de politique étrangère de l’Union.
Il serait maintenant important que « nous, l’UE, soyons à la hauteur et que nous lancions réellement les processus de réforme institutionnelle mentionnés lors de la Conférence sur l’avenir de l’Europe », a-t-elle continué.
L’importance de la Conférence, qui se termine officiellement lundi (9 mai), a déjà été soulignée dans l’accord de coalition allemand. Il stipule que la CoFoE doit déboucher sur un véritable « moment constitutionnel » pour l’UE et conduire à « une progression vers un État européen fédéral ».
C’est la raison pour laquelle Mme Lührmann plaide pour que « les résultats de la CoFoE soient également discutés avec une certaine ouverture d’esprit, y compris vis-à-vis de modifications des traités ».
« Il s’agit d’un point central de notre politique européenne que de promouvoir une dynamique allant en ce sens. Et j’espère que le moment sera bientôt venu pour cela », a déclaré Mme Lührmann.
Les traités actuels permettent déjà d’abolir le principe de l’unanimité dans le domaine de la politique étrangère de l’UE. Ils permettent également l’introduction de listes transnationales, un projet actuellement en cours de négociation.
« Un point qui est extrêmement important pour nous, en tant que gouvernement fédéral, c’est qu’il y ait moins de possibilités de veto en politique étrangère pour renforcer notre capacité d’action. Il existe déjà des options dans le cadre des traités actuels pour cela. Et nous devrions maintenant aussi discuter ensemble, au sein des institutions européennes, de la meilleure façon d’y parvenir », a indiqué Mme Lührmann.
Avec son action décisive concernant la guerre menée par la Russie en Ukraine, l’UE a montré que la base des négociations visant à abolir le principe d’unanimité est aujourd’hui plus solide que jamais.
« La guerre d’agression de la Russie a créé une toute nouvelle dynamique dans ce domaine, car l’UE a agi et réagi de manière unie et déterminée comme jamais auparavant », estime Mme Lührmann.
« Et je pense que les États membres sont de plus en plus conscients que nous devons vraiment adopter une position commune plus déterminée dans ce contexte géopolitique en évolution. Par conséquent, je pense qu’un débat sur cette question est assurément possible », a-t-elle ajouté.
Anna Lührmann, la ministre adjointe chargée des Affaires européennes et du Climat allemande
L’élargissement de l’UE
Toutefois, la capacité d’action de l’UE est étroitement liée à son projet d’élargissement, a également souligné Mme Lührmann.
« En effet, les deux questions vont de pair. Et pour moi, il est clair que si l’UE s’élargit, nous devons également nous demander dans ce contexte de quelles institutions nous avons besoin pour cela », a-t-elle confié.
La ministre a ajouté qu’en ce qui concerne la perspective d’adhésion des Balkans occidentaux à l’UE, nous devons maintenant « réaliser des progrès significatifs » en ouvrant dès que possible les négociations d’adhésion avec l’Albanie et la Macédoine du Nord.
« Pour moi, il est clair que nous devons tenir nos promesses. Et il y a des règles très claires dans le processus d’adhésion. Si des réformes sont entreprises, alors ces pays se rapprocheront un peu plus de l’UE », a-t-elle ajouté.
La réforme institutionnelle doit donc être engagée rapidement avant que ces pays ne rejoignent l’Union européenne.
« Nous, l’UE, devons faire notre travail et nous organiser sur le plan institutionnel afin de pouvoir fonctionner correctement dans une UE à 33 ou même plus », a-t-elle expliqué.
Une Europe à plusieurs vitesses ?
L’Allemagne est désormais également ouverte à une « Europe à plusieurs vitesses », une idée qui était encore considérée comme taboue sous l’ancienne chancelière Angela Merckel puisque cette dernière craignait qu’une intégration plus importante dans quelques États ne crée un fossé entre les États membres du bloc.
Mais à présent, un changement de cap est clairement perceptible avec le nouveau gouvernement allemand. Le chancelier actuel, Olaf Scholz, a notamment souligné lors de son discours inaugural au Bundestag en décembre dernier que certains États membres pourraient faire avancer l’intégration européenne « si tout le monde n’est pas encore prêt ».
Mme Lührmann a également déclaré que le développement de l’intégration des États les plus volontaires serait une « possibilité qui existe bien sûr ».
Cependant, « ce n’est pas le moment de prendre une décision aussi importante », a déclaré la ministre allemande en faisant référence à la guerre menée par la Russie en Ukraine. « Nous sommes dans un monde en plein bouleversement, et nous devons commencer ces débats maintenant », a-t-elle précisé.
Elle a également souligné que l’Allemagne poursuivait déjà cette approche dans certains domaines — par exemple, dans le cadre de la « coalition des volontaires » sur la politique migratoire mise en place par la ministre allemande de l’Intérieur Nancy Faeser.
« Mais à l’heure actuelle, compte tenu de cette crise globale, l’objectif du gouvernement fédéral est d’abord de faire en sorte que tout le monde reste ensemble et d’être aussi uni que possible, en particulier sur les grandes questions », a insisté Mme Lührmann.
Le niveau d’endettement des États est, en 2022, comparable à celui de la fin de la Seconde Guerre mondiale, les destructions en moins. La dette publique représentait, fin 2021, près de 250 % du PIB au Japon, plus de 150 % en Italie, 130 % du PIB aux États-Unis, 120 % en Espagne, 113 % en France et 70 % en Allemagne. La question de la stabilisation ou même de la réduction des taux d’endettement public se pose et se posera avec encore plus de force dans les prochains mois, car les taux d’intérêt à long terme ne peuvent qu’augmenter avec la résurgence de l’inflation.
Depuis 1970, comment les États ont-ils réussi à maîtriser leurs dettes publiques et à quel prix ?
Les États-Unis ont connu trois périodes de réduction de leur taux d’endettement public (1972-1980, 1993-2000, 2004-2006). Cette diminution a été réalisée à chaque fois avec un excédent budgétaire primaire et une croissance forte. Pour les périodes 1972- 1980 et 2004-2006, les taux d’intérêt étaient inférieurs aux taux de croissance. La réduction du taux de dette publique, la plus forte, a été enregistrée durant les mandats de Bill Clinton, marqués par une croissance importante.
Excédents budgétaires et croissance
À l’exception des années 1970, les taux d’intérêts réels étaient positifs lors des phases de réduction de la dette publique. Le Royaume-Uni, comme les États-Unis, a réussi à trois reprises, lors de ces cinquante dernières années, à réduire le poids de la dette publique (1970-1990, 1994-2001, 2013-2019). Ces diminutions ont été obtenues grâce à des excédents budgétaires sauf entre 2013 et 2019. La croissance n’a joué un rôle que pour la période 1994-2001. De faibles taux d’intérêt n’ont été constatés que pour les périodes 1979-1990 et 2013- 2019.
Le Japon qui détient la dette publique la plus élevée de l’OCDE a connu de brèves périodes où son poids au sein du PIB a légèrement reculé (1973-1974, 1988-1992 et 2003-2008). Ces trois phases de réduction ont été rendues possibles par la croissance. Des excédents budgétaires ont été constatés entre 1988 et 1992, qui est également la période de plus forte baisse. Les faibles taux d’intérêt n’ont joué un rôle que lors de la première période de réduction.
L’Allemagne a connu également trois périodes de diminution de sa dette publique : 1998-2000, 2005-2008 et 2013-2019. Ces trois périodes ont été, à chaque fois, associées à des excédents budgétaires et à une forte la croissance. Les taux d’intérêt bas n’ont eu un effet que pour la période 2013-2019.
Les diminutions sont, en France, de faible ampleur et de courte durée
Depuis 1970, la dette publique par rapport au PIB a diminué, à cinq reprises, en France : 1970-1972, 1976-1977, 1995-2001, 2005- 2007 et 2016-2019. Ces reculs ont été obtenus par la réalisation d’excédents budgétaires primaires (les 3 premiers épisodes), grâce la croissance (les 4 premiers épisodes) et grâce à la baisse des taux d’intérêt (2016-2019). À la différence de l’Allemagne ou des États-Unis, les diminutions sont, en France, de faible ampleur et de courte durée.
L’Italie a de son côté enregistré trois périodes de recul de sa dette publique en 1979, de 1993 à 2007, et de 2013 à 2019. Ces diminutions sont associées à des excédents budgétaires primaires (les 2 derniers épisodes), à la croissance (1979) et aux taux d’intérêt bas (les 2 derniers épisodes).
Economies budgétaires plutôt que hausses d’impôts
Les expériences passées de réduction des dettes publiques par rapport au PIB soulignent l’importance de la croissance et des politiques budgétaires restrictives. La diminution de la dette est plus forte et plus longue dans le temps pour les États qui ont réalisé des économies budgétaires. Les États optant essentiellement pour les hausses d’impôts enregistrent des reculs de leurs dettes plus limités et plus éphémères, ce qui est le cas de la France.
Améliorer le taux de croissance, réduire les dépenses publiques
La baisse des taux a été un facteur non négligeable de la diminution des dettes publiques. À la lecture des exemples passés, les gouvernements doivent donc agir pour améliorer le taux de croissance potentielle et pour réduire leurs dépenses publiques. La croissance potentielle est actuellement au sein de l’OCDE, handicapée par la stagnation de la population active, par l’accroissement des prélèvements et par les faibles gains de productivité.
Au niveau budgétaire, les États doivent faire face à des demandes croissantes. La santé, la retraite, la dépendance, la transition énergétique, le soutien au pouvoir d’achat en période d’inflation constituent des sources importantes d’augmentation des dépenses publiques.
Plusieurs partis de gauche se sont alliés au côté de la France insoumise, en vue des élections législatives qui se déroulent le 12 et le 19 juin 2022. Une alliance qui vise à imposer une cohabitation au Président Emmanuel Macron. Elle comprend La France Insoumise, le Parti Socialiste, Europe Ecologie-Les Verts et le Parti Communiste Français, qui fait ainsi son entrée chez les expatriés. On vous dévoile les candidats de NUPES pour les Français de l’étranger en exclusivité. Le score de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle chez les expatriés leur fait espérer 2 à 3 circonscriptions.
Objectif : cohabitation
Ces derniers jours, une nouvelle union politique, la NUPES, Nouvelle union populaire écologique et sociale, a vu le jour, après de longs moments de discussions entre les différents partis de gauche français. Ainsi, Europe Ecologie-Les Verts, le Parti socialiste, le Parti Communiste Français ainsi que La France Insoumise se sont alliés en vue des élections législatives, les 12 (05 juin pour les expatriés à l’urne, dès le 27 mai pour le vote en ligne) et 19 juin 2022, afin d’obtenir une majorité et imposer une cohabitation.
Cette « NUPES », qui signifie Nouvelle union populaire écologique et sociale, compte remporter un maximum de circonscriptions et imposer la nomination de Jean-Luc Mélenchon au poste de Premier ministre. La NUPES a investi ce samedi 577 candidats, un dans chaque circonscription électorale. Cependant, cette union n’est pas un parti politique, et chacun pourra rester indépendant s’il le souhaite ou rejoindre une coalition parlementaire à l’Assemblée nationale.
Les candidats de la NUPES
Aucun député sortant n’était issu d’un des partis membres de la Nouvelle union populaire écologiste et sociale, l’alliance de gauche a investi de nouveaux candidats tous issus du tissu politique, associatif et social propre à chaque circonscription.
Florence Roger – Circonscription 1 – Amérique du Nord – LFI
Florence Roger est médecin généraliste à Montréal et militante de la France insoumise depuis de nombreuses années. Elle est très présente sur les réseaux sociaux via Twitter et sa chaine YouTube. Le parti de Jean-Luc Mélenchon parie donc sur la jeunesse et la féminité pour chasser Roland Lescure de la circonscription.
Son implantation dans la communauté française lui permettra-t-elle d’arriver à ses objectifs ? C’est en tout cas le choix pour le parti de Jean-Luc Mélenchon, arrivé devant Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle 2022 dans la circonscription consulaire de Montréal. Au Canada, comme aux USA, les motifs impérieux avaient été très mal acceptés. Une vraie fronde avait été organisée par le conseiller consulaire socialiste Yan Chantrel, devenu sénateur depuis, et avait remporté un vif succès. Est-ce que ce souvenir sera suffisant pour faire tomber Roland Lescure de la majorité présidentielle ?
Avec 289 députés, on change les cinq prochaines années : un autre monde est encore possible ! Merci à notre cheffe de file @florencergr pour son intervention 📺 pic.twitter.com/6QPJr0XEHB
— France insoumise Canada États-Unis (@InsoumisAmerica) April 29, 2022
Christian Rodriguez – Circonscription 2 – Amérique centrale et du Sud – LFI
Le directeur des relations internationales de la France Insoumise, Christian Rodriguez, est l’exception qui confirme la règle. Basé à Paris, on l’envoie conquérir les coeurs des Français installés en Amérique du Sud. Dans cette tâche, il sera secondé par Florence Poznanski, actuelle responsable des Français établis hors de France au sein de l’Union Populaire (émanation de la France Insoumise).
Si Renaissance (LREM) vient de choisir sa candidate, une Franco-Dominicaine installée en Suisse, les Républicains avaient choisi depuis de nombreux mois leur candidat. Et eux ont fait le pari de l’implantation locale en choisissant Bertrand Dupont, président de l’UFE et de l’Union des Bretons dans le pays coeur de la circonscription, le Brésil.
Cette magnifique #ConventionPopulaire lance la campagne du 3e tour des élections législatives.
— Christian Rodriguez (@ChrisRodrigAl) May 7, 2022
Charlotte Minvielle – Circonscription 3 – Iles britanniques et Europe du Nord – EELV
Charlotte Minvielle a 36 ans et vit à Londres depuis 15 ans. Après des classes préparatoires Hypokhâgne et Khâgne, elle a fait une licence de Langues et de Lettres à la Sorbonne. Elle obtient ensuite un Master en Relations Internationales au Kings College et un Master en ONG et Développement à la London School of Economics and Political Science (LSE). Elle travaille depuis dans le domaine du développement international et des droits humains pour des organisations comme l’UNICEF, War Child, Save the Children, Plan International et WaterAid. Elle est actuellement responsable des partenariats et de la récolte de fonds pour l’ONG Equal Measures 2030. Son objectif est de lutter pour l’égalité femme-homme dans le monde en donnant accès aux données pour soutenir les actions de plaidoyer.
C’est donc une candidature engagée qui est proposée aux électeurs de la 3ème circonscription desFrançais de l’étranger. Un discours qui pourrait trouver un écho important parmi les Français installés dans les pays scandinaves mais qu’en sera-t-il du cóté des îles britanniques, le vrai coeur de la circonscription. A Londres, le député sortant, Alexandre Holroyd, est bien reconnu, implanté et apprécié. C’est donc un double défi pour Charlotte Minvielle qui s’annonce pour elle.
Elue consulaire à Bruxelles depuis de nombreuses années, Cécilia Gondard se présente pour la première fois à la députation. Dans la capitale européenne, la socialiste est « ONGiste » chez Eurodad, un réseau international des ONGs qui travaillent sur la dette et le financement du développement. Mais elle est aussi et surtout une conseillère consulaire de terrain, très présente auprès des étudiants mais aussi des citoyens confrontés à des problèmes de double imposition ou de non-reconnaissance des diplômes. C’est donc un profil à l’opposé du député sortant, ancien assistant parlementaire, et « Monsieur Europe » de la majorité présidentielle. La NUPES a clairement fait le choix de l’enracinement local.
Renaud Le Berre – Circonscription 5 – Péninsule ibérique, Andorre et Monaco – EELV
Renaud Le Berre a été choisi, pour le compte du parti écologiste, afin de porter les couleurs de la NUPES dans la Vème circonscription des Français de l’étranger, soit la Péninsule ibérique, Andorre et Monaco. Une circonscription où a été parachuté Manuel Valls, Français binational, qui avait tenté de percer en Catalogne, se présentant en « sauveur » de la gauche à Barcelone. Même s’il fut élu, son mouvement est arrivé bon dernier, Manuel Valls démissionna donc et s’en retourna en France.
Pour la gauche, là aussi, c’est un élu ancré dans le territoire qui a été choisi, il a été choisi lors d’une primaire interne. Renaud Le Berre est élu consulaire et à l’Assemblée des Français de l’étranger. Marié à une Espagnole, ses deux enfants ont donc la double nationalité, depuis 2004, il est professeur de SES (Sciences économiques et sociales) au Lycée français de Barcelone. Dans la prolongation de sa campagne pour les Consulaires en 2021, il a bien balisé son programme et ses ambitions pour la France et en particulier les Français de sa circonscription. Il déploie donc sa candidature autour de thèmes comme le déclin des services publics et consulaires, l’éducation en français, les faiblesses du dispositif de l’aide à la scolarité , les problèmes de mobilité entre la ville de Castelldefels et Barcelone, mais aussi l’emploi et les limites environnementales de l’utilisation des voitures électriques.
Je ne souhaite pas polémiquer avec Manuel Valls. Je n'ai de leçon à recevoir ni de lui ni de personne ni sur la laïcité ni sur les valeurs républicaines. Faisons campagne et les électrices et les électeurs décideront. 1/2
L’Union populaire de gauche sera donc représentée par une résidente française en Suisse, Magali Mangin, là aussi le contraste est fort face au chouchou du Président de la République, son conseiller Marc Ferracci qui ne réside pas en Suisse.
Du profil de la candidate Magali Mangin, on note sa jeunesse qui se traduit par une maitrise aiguë des réseaux sociaux où elle est très présente elle dispose même de sa proche chaine sur Twitch. Débarrassée du député actuel, Joachim Son-Forget, qui après un mandat chaotique renonce à se représenter, et avec une personnalité parachutée, Magali Mangin devrait être en duel avec la Genevoise investie par Les Républicains au second tour, à moins que les électeurs de Suisse porte leur confiance à l’homme qui a l’oreille du Président, Marc Ferracci.
Asma Rharmaoui-Claquin – Circonscription 7 – Europe centrale et de l’Est – LFI
Asma Rharmaoui-Claquin est la cheffe de file de la France Insoumise en Allemagne. Au cœur de la circonscription, les Français d’Allemagne ont délaissé le parti Les Républicains, dont le responsable de fédération, le sénateur Ronan Le Gleut, est issu, et ne sont pas forcément convaincus par Emmanuel Macron. Iront-t-ils jusqu’à voter pour une militante d’un parti plutôt opposé à la construction européenne telle qu’elle se fait aujourd’hui ? Rien n’est moins sûr, les Français d’Allemagne, comme les Allemands, sont des Européens convaincus.
Coté civil, Asma Rharmaoui-Claquin est diplômée de Science Po Grenoble et est actuellement conseillère politique et juridique à l’Institut Fédéral de l’éolien en mer
Isabelle Rivolet, 57 ans, milite à gauche depuis 40 ans et a rejoint La France Insoumise en 2017. Elle a construit sa carrière professionnelle autour de l’action humanitaire et bénéficie d’une grande expérience à l’international, au plan opérationnel comme diplomatique. Elle a été Responsable de la communication au siège d’Action contre la Faim avant de s’engager sur le terrain, d’abord avec le Comité International de la Croix Rouge (CICR) et, depuis 2007, comme Experte en protection humanitaire auprès de l’ONU. Isabelle a travaillé à travers le monde dans une quinzaine de pays en proie à des situations de conflit armé, de catastrophe naturelle ou d’épidémie. Elle a été Juge Assesseur représentant le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) à la Cour Nationale du Droit d’Asile (CNDA) en France et Représentante d’UNICEF en Grèce en 2016.
Elle se présente avec Séverine Huille, 23 ans, qui a rejoint l’Union Populaire en novembre 2021 après un passage chez les Jeunes Écologistes. Résidant à Rome, Séverine a créé et anime un groupe d’action de jeunes Insoumis et Insoumises. Elle sera opposée à Meyer Habid, le député sortant, bien implanté dans le pays qui vote le plus, Israël et à l’ancienne cheffe de cabinet d’Olivier Veran pour Ensemble (LREM et allié).
Karim Ben Cheikh – Circonscription 9 – Maghreb et Afrique de l’Ouest – Génération.S
La 9ème circonscription est dans une situation bien particulière. Le député sortant, M’jid El Guerrab, élu en 2017 sous l’étiquette LREM, est actuellement en attente de son jugement suite à une affaire de violence contre l’ancien président de la fédération socialiste des Français de l’étranger, Boris Faure, pourtant il se représentera sous une étiquette indépendante, ayant perdu la confiance des dirigeants de la majorité présidentielle. En plus, il a réussi à bloquer l’investiture officielle par Ensemble (Renaissance/LREM et ses alliés) de Zineb El Rhazoui.
Karim Ben Cheikh se retrouve dans une situation favorable avec 2 voire 3 candidatures se réclamant du Président de la République et une parachutée par Les Républicains face à lui. Sur ces terres de gauche, le seul candidat qu’a obtenu le parti fondé après la défaite de Benoît Hamon en 2017, Génération.S, a donc toutes ses chances de remporter la circonscription. En plus, le candidat est bien implanté dans ces pays où le lien direct est prioritaire dans les relations humaines.
Ancien élève de Sciences Po, il est un habitué des rouages diplomatiques, en effet, il occupa les fonctions de 2ème conseiller à l’Ambassade de France à Rabat puis officia comme 1er secrétaire conseiller Afrique à l’Ambassade de France aux Etats-Unis. Enfin, il fut chargé de mission Maghreb-Sahel au Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères avant d’être nommé Consul Général de France à Beyrouth. Depuis le 01 septembre, il est en disponibilité de la fonction publique pour se consacrer à l’élection.
Chantal Moussa – Circonscription 10 – Proche-Orient et Afrique centrale – LFI
Chantal Moussa est elle aussi la cheffe de file au Proche-Orient/Afrique Orientale-Centrale-Australe soit la 10ème circonscription des Français de l’Etranger. Elle sera opposée à la députée sortant Amélia Lakrafi.
L’universitaire qui enseigne à Beyrouth, pays où la communauté française est très importante avec de nombreux binationaux, axe naturellement sa campagne sur la problématique de l’enseignement et plus largement de la francophonie. Un thème qui trouvera écho dans ces pays où se payer l’éducation française est plus qu’un luxe. Elle peut compter sur un mouvement de sympathie envers la gauche qu’on avait pressenti pendant l’élection présidentielle, mais la députée sortante investie une nouvelle fois par la majorité présidentielle est une adversaire qui connait bien le terrain et qui a su tisser de nombreux réseaux. Le duel s’annonce tendu.
Non connu – Circonscription 11 – Europe orientale, Asie et Océanie – PCF
Le parti communiste français a obtenu une circonscription pour les Français établis hors de France. Peu implanté à l’étranger, ses dirigeants cherchent encore le candidat. Au sein de la NUPES, on n’hésite pas à imaginer que le PCF doive renoncer à l’investiture au profit d’un des partis frères. Le candidat(e) retenu(e) sera opposé(e) à Catya Martin pour Les Républicains et à la députée sortante Anne Genetet pour Ensemble (Renaissance/LREM et ses alliés).
Dans cette circonscription géante, rien n’est facile. Allant d’Europe orientale (dont l’Ukraine) à la Nouvelle-Zélande, y faire campagne n’est pas facile. A quelques jours de l’ouverture du bureau de vote électronique (vote en ligne), il lui restera tout à faire : notoriété, explication des mesures. Et la tâche s’annonce ardue, historiquement les Français établis dans ces pays ne votant pas à gauche.
Le 27 mai s’ouvrira le vote en ligne, le 10 mai les candidatures devront être déposées, et pourtant on ne connait pas encore tous les candidats qui vont se présenter en ce 5 mai. Les Républicains avaient, eux, déjà publié les noms il y a quelques semaines et la commission d’investiture de La République en Marche a enfin choisi les candidats de la majorité présidentielle.
Ils étaient 9 députés LREM au soir du second tour des élections législatives de 2017, rapidement ils ne furent plus que 8, puis 7, puis 6… Et parmi ces 6 élus, 5 ont obtenu le soutien du parti pour un second mandat, 2 nouvelles têtes et pas des moindres viennent compléter les candidatures. Du côté des alliés, le Modem et Horizons, le nouveau parti d’Edouard Philippe, un accord fut aussi trouvé. Frédéric Petit, élu Modem, se verra confier la tâche de conserver sa circonscription d’Europe centrale et de l’Est tandis que les personnalités portées par Horizons se présenteront en Suisse et en Amérique latine.
On (re)découvre les candidats qui se présenteront à vous le 05 juin pour le premier tour des élections législatives (vote en ligne du 27 mai au 1 juin 12h – CET) sous les étiquettes « Renaissance » pour LREM et « Ensemble » pour les candidats alliés.
Les candidats sortants LREM
5 députés sortant ont obtenu l’investiture pour un second mandat, Roland Lescure, Alexandre Holroyd, Pieyre-Alexandre Anglade, Amélia Lakrafi, Anne Genetet, 5 nouvelles personnalités s’y ajoutent.
Roland Lescure – Circonscription 1 – Amérique du Nord
Depuis 2017, Roland Lescure, ancien numéro deux de la Caisse de dépôt et placement du Québec, représente ses concitoyennes et concitoyens établis au Canada et aux États-Unis à l’Assemblée nationale française. Il est aussi à la vie civile le frère de Pierre Lescure, le célèbre journaliste qui fit les heures de gloire de Canal + dans les années 90.
S’il fut particulièrement attaqué pendant la pandémie pour avoir peu défendu ses compatriotes assujettis aux motifs impérieux, il présente sur son site un bilan complet avec un zoom en particulier sur ses actions pour un enseignement plus accessible et son accompagnement des Français tout au long du mandat avec plus de 6000 réponses personnalisées aux mails envoyés par ses administrés. Vous pouvez télécharger ou consulter son bilan ci-dessous.
Eléonore Caroit – Circonscription 2 – Amérique centrale et du Sud
On pensait que cette circonscription serait cédée au parti d’Edouard Philippe. Mais non, c’est un bien une élue consulaire de LREM qui sera candidate. Une élue consulaire, oui mais de Suisse. Son lien avec la circonscription ? Elle a la double nationalité puisqu’elle a aussi un passeport de St Domingue (Etat des Caraïbes). Et pourtant la circonscription d’Amérique centrale et du Sud, fut elle aussi marquée par une députée indisciplinée élue sous les couleurs d’Emmanuel Macron en 2017. En effet, Paola Forteza, abandonnait sa circonscription dès 2020, tout en restant à l’Assemblée nationale, pour briguer la mairie du XVème arrondissement avec Cédric Villani.
Sur ce territoire, la France insoumise est très bien implantée avec des scores électoraux importants, impulsée par sa responsable de fédération, Florence Poznanski, qui sera suppléante du candidat de la NUPES (nouvelle union populaire écologiste et socialiste). A droite aussi, on a sorti l’artillerie lourde. En effet, pour Les Républicains, c’est le président de l’association réunissant tous les Bretons de Sao Paulo et celui de l’UFE Brésil, qui est candidat, Bertrand Dupont. Ce dernier dispose d’un solide ancrage au Brésil et d’un réseau conséquent dans les autres pays. La tâche ne sera pas facile pour celui qui héritera de cette circonscription.
Alexandre Holroyd – Circonscription 3 – Iles britanniques et Europe du Nord
Le député des Français de la deuxième circonscription est un vrai Français de l’étranger à 100%. En effet, né le 17 mai 1987 à Bâle, Alexandre Holroyd a étudié au lycée Charles-de-Gaulle à Londres puis au King’s Collège, à la London School of Economics, et à Sciences Po Paris. Il a ensuite travaillé plusieurs années pour un cabinet de conseil en stratégie, avec l’administration européenne à Bruxelles ainsi qu’avec l’administration britannique. Il a quitté son emploi pour fonder le mouvement En Marche ! à Londres quelques semaines après le vote britannique sur le Brexit, et dans la foulée il est élu député.
Son mandat fut évidemment marqué par le Brexit, pour ce Franco-Britannique, président du Groupe d’amitié France-Royaume-Uni à l’Assemblée nationale, ce qui unit le Royaume-Uni au continent dépasse de loin les interminables tractations politiques sur le Brexit et les provocations de Boris Johnson. Mais les liens humains qui font la relation transmanche auront besoin d’être défendus et il y a dédié une grande partie de son mandat. Dans les communautés d’expatriés disséminées dans les pays de sa circonscription, son image est plutôt positive. Un sentiment qu’on retrouve dans son bilan que vous pouvez télécharger ou consulter ci-dessous.
Il est considéré comme le « Monsieur Europe » de la Macronie. A 31 ans, Pieyre-Alexandre Anglade a eu la lourde charge de préparer les élections européennes, de mai 2019, pour le compte du parti présidentiel. Ancien assistant parlementaire de députés européens, non français, le député des Français du Benelux connait bien la mécanique bruxelloise et a partagé son savoir-faire avec son parti et les nouveaux députés européens élus sous l’étiquette LREM/Renaissance. Certains diront même trop !
En effet, en circonscription, ils furent nombreux à s’étonner de son absence pendant la pandémie comme le rappellent régulièrement ses concurrents. Cependant, il n’a pas déserté sa circonscription, même pris par les responsabilités nationales, il a toujours porté une attention particulière aux établissements scolaires et aux instituts culturels qu’il a soutenus à travers différentes démarches comme la création de la Maison de France à Anvers, le déploiement des écoles « Flam » aux Pays-bas, etc. Par contre, à la différence de ses pairs, à l’heure où nous écrivons ces lignes, Pieyre-Alexandre Anglade n’avait pas publié de bilan. Vous pouvez consulter sa fiche sur le nosdeputés.fr qui reprend tous ses dossiers, amendements et autres interventions liées à son mandat en cliquant ci-dessous.
Amélia Lakrafi – Circonscription 10 – Proche-Orient et Afrique centrale
Née le 20 Mars 1978 et mère d’une jeune fille, Amélia LAKRAFI est issue de la société civile. Entrepreneuse dans l’âme, elle a déjà à son actif la création et la direction de plusieurs entreprises avec une spécialisation en cyber-sécurité et intelligence économique, ce qui lui vaudra de recevoir le prix des « Femmes du Digital » du club des Partenaires IT – LECDP et le prix de Femmes entrepreneurs de l’année dans la catégorie innovation de la CPME en 2015.
Discrète et peu connue du grand public, Amal Amélia Lakrafi a su tisser sa toile au Moyen-Orient et en Afrique. Pour cela, elle a énormément voyagé, c’est une des élus qui fut la plus présente sur son territoire loin des bagarres parisiennes. Conséquence : l’élue est peu présente à l’Assemblée. Le site nosdéputés.fr la classe parmi les parlementaires les moins actifs. Comme pour le député des Français du Benelux, elle n’a pas publié de bilan. Vous pouvez retrouver sa fiche en cliquant sur le lien ci-dessous :
Anne Genetet – Circonscription 11 – Europe orientale, Asie et Océanie
Anne Genetet est la députée de la plus grande circonscription qui s’étale sur 3 continents, installée à Singapour comme chef d’entreprise, elle connait bien les problématiques liées à l’Asie et au business. Elle est d’ailleurs la fondatrice du Club France initiative qui veut mettre la communauté des Français de l’étranger au cœur de la stratégie d’influence internationale de la France et en particulier sur le front économique.
Pendant la pandémie, elle regretta publiquement et vivement la mise en place des motifs impérieux et fut très active sur la vaccination, mettant en place avec l’administration consulaire des campagnes de vaccination à destination des Français dans les nombreux pays de sa circonscription qui utilisaient des doses non reconnues par l’UE. Mais elle a aussi une ombre à son tableau, la réforme fiscale qu’elle tenta de mener en 2018/2019 et qui fut finalement mise sous moratoire en 2020 avant d’être annulée définitivement en 2021 du fait de conséquences néfastes pour les plus faibles revenus.
Comme la plupart de ses camarades, elle propose un bilan que vous pouvez consulter ou télécharger ci-dessous.
2 nouvelles personnalités vont tenter de rejoindre le banc des députés des Français établis hors de France. Un ancien premier ministre, Manuel Valls, va chercher à récupérer la circonscription de la péninsule ibérique tandis que la cheffe du cabinet d’Olivier Veran va s’attaquer à la Méditerranée de l’Est, alors que le conseiller du président Marc Ferracci sera candidat en Suisse.
Manuel Valls – Circonscription 5 – Péninsule ibérique, Andorre et Monaco
Le poste de député des Français d’Espagne, du Portugal et des principautés d’Andorre et Monaco, fait tourner les têtes. En 2017, c’est Samantha Cazebonne, ancienne proviseure d’établissements français en Espagne qui remporta le siège. Trés active pendant son mandat, elle fut placée à la tête de la dynamique LREM chez les Français de l’étranger et accompagna pendant leur campagne les candidats aux élections consulaires en 2021, avant de quitter son mandat pour briguer un poste de sénatrice qu’elle obtient en septembre 2021.
Logiquement, c’est son suppléant, Stéphane Vojetta, élu consulaire depuis peu quelques mois, qui a pris la suite depuis le mois d’octobre. Cependant, les rumeurs ont vite couru dans le microcosme annonçant Christophe Castaner, puis un autre, etc. Le député fraichement mis en place balayait ces hypothèses en réaffirmant sa confiance dans le parti. Depuis quelques jours, c’est Manuel Valls qui est annoncé. Le 04 mai, répondant à nos questions, Stéphane Vojetta refusait la simple hypothèse d’avoir pu « être baladé » par LREM, tout en mobilisant les forces locales qui ont réaffirmé leur soutien.
Et finalement, le couperet est tombé. C’est bien Manuel Valls qui sera candidat pour LREM. L’ancien Premier ministre a la double nationalité et a même été élu au conseil municipal de Barcelone avant d’en démissionner au bout de quelques mois. Maintenant que va-t-il se passer ? Stéphane Vojetta n’a pas répondu à nos sollicitations. Le soutien obtenu par les associations et les sections locales de LREM le pousseront peut-être à se présenter en dissidence ? Ou acceptera-t-il de se retirer ? C’est en tout cas une vraie opportunité pour la gauche qui se présentant unie a de fortes chances de remporter la circonscription en cas de division des Marcheurs. Affaire à suivre…
Marc Ferracci – Circonscription 6 – Suisse
Comme dans la IXème circonscription, c’est bien un député LREM qui fut élu en 2017, Joachim Son-Forget. Un médecin-radiologue qui a détonné dans le milieu feutré des bords du lac Léman. Fêtes, déclarations sans queue ni tête, attaque sexiste, rien n’a été épargné aux Français de Suisse. En 2018, Joachim Son-Forget, voulant éviter l’exclusion, a choisi de quitter les rangs du parti présidentiel. Il resta sans parti jusqu’en 2021 où il décida de rejoindre Reconquête, le parti d’Eric Zemmour. C’est donc sous cette étiquette qu’il va se représenter et en confiance, ayant obtenu plus de 30% des voix aux élections consulaires de 2021, il lui reste des fidèles dont la mobilisation pourrait faire la différence.
Pour s’opposer au député actuel, mais aussi à la gauche, qui fait preuve de résistance, sans oublier les LR qui fondent de grand espoir sur cette circonscription, Emmanuel Macron a décidé d’investir Marc Ferracci. Ami d’études et témoin de mariage d’Emmanuel Macron, cet économiste enseigne à Sciences Po Paris. Il se définit comme « de gauche » et « progressiste », avec un fort intérêt pour le modèle social des pays scandinaves. Après avoir conseillé le candidat Macron sur son programme économique en 2017, il a été nommé au cabinet de la ministre du Travail Muriel Pénicaud puis du Premier ministre Jean Castex, où il est chargé du suivi du plan de relance. Il est l’inspirateur des réformes du chômage et de la formation professionnelle.
Le profil est de qualité et les Français de Suisse auraient l’oreille du Président en élisant Marc Ferracci dans leur circonscription, le seul problème : il n’a jamais été expatrié et n’a jamais vécu en Suisse. Cependant, il ne sera pas le premier ni le dernier.
Déborah Abisror-de Lieme – Circonscription 8 – Méditerranée de l’Est
Pierre Sled etait le premier pressenti pour tenter de prendre le siège au député de centre droit, très bien implanté en Israël. En effet ce Français de Rome, installé depuis 6 ans, est aussi et surtout l’ancien présentateur vedette de Stade 2 et l’ancien mari de la star du petit écran Sophie Davant.
Mais finalement, c’est Déborah Abisdor-de Lieme qui a été préférée pour porter les couleurs du parti présidentiel, fraichement rebaptisé Renaissance. Elle est l’actuelle cheffe de cabinet d’Olivier Véran. Certains souriront quand on se rappelle comment le ministère des Affaires étrangères, Matignon ou l’Elysée devaient régulièrement intervenir pour recadrer Olivier Véran afin de permettre la prise en charge sur le territoire français des expatriés victimes médicales ou sociales de la Covid-19. Quand ce n’était pas le conseil d’Etat qui désavouait par 2 fois la volonté du cabinet d’Olivier Véran d’imposer des motifs impérieux aux expatriés…
Née à Paris, Déborah Abisdor-de Lieme a suivi des études de droit à la Sorbonne. Directrice de l’EUJS (European Union of Jewish Students) de 2010 à 2012, elle est ensuite passée par d’autres associations juives dont la direction du B’nai Brith Europe avant de revenir à des activités non communautaires. Après 9 ans d’expatriation entre la Belgique, Israël et la Grèce, elle est revenue à Paris pour la campagne d’Emmanuel Macron en 2017. Elle écrit aussi pour le Times of Israel qui publie des articles et reportages en français. Est-ce que cela sera suffisant pour conquérir le cœur de cette circonscription ?
Zineb El Rhazoui ou pas ? – Circonscription 9 – Maghreb et Afrique de l’Ouest
Avec la Suisse, la IXème circonscription a hérité d’un député LREM dont certaines actions ont amené de nombreuses questions dans le camps de LREM. Ainsi M’jid El Guerrab, élu en 2017 sous l’étiquette En Marche, a été exclu du groupe LREM dès 2018 suite à l’agression à coups de casque qu’il porta à Boris Faure, le responsable de la fédération des expatriés du Parti socialiste. Pourtant tout au long du mandat, il a continué d’évoluer dans les sphères de la majorité présidentielle, en incorporant le groupe AGIR de celle-ci. Il espérait sûrement ainsi neutraliser ceux qui désiraient présenter quelqu’un face à lui.
Un calcul qui se défend ! Alors qu’on attend le délibéré du premier procès qui l’oppose à la représentation publique et à Boris Faure, M’jid El Guerrab a pu éviter la nomination d’un candidat contre lui sous les couleurs de LREM. Et pourtant c’est une candidate de qualité, Zineb El Rhazoui, l’essayiste, célèbre pour ses positions fortes sur la laïcité, qui est sur les rangs pour être investie par le parti d’Emmanuel Macron.
Si elle est investie, ce qu’elle sera à n’en pas douter, elle aura affaire à 2 dissidences, celle de M’jid El Guerrab qui se représentera, et celle d’Ahmed Eddarraz. Ce dernier était pressenti depuis de nombreux mois pour obtenir l’investiture, il a déjà commencé sa campagne, lui qui est installé sur place depuis de nombreuses années. Contacté par notre rédaction, il affirme qu’il maintiendra sa candidature pour incarner « une fibre de gauche au sein de la majorité présidentielle et représenter les habitants de cette circonscription, les binationaux comme les expatriés« .
Les candidats de l’alliance « Ensemble » – Horizons – Modem
Pour ces élections, le parti d’Emmanuel Macron, qu’on doit désormais appeler Renaissance, a conforté son son allié historique le Modem sans faire de place ni sur sa droite au parti d’Edouard Philippe, Horizons, ni au Printemps républicain sur sa gauche.
Frédéric Petit – Circonscription 7 – Europe centrale et de l’Est
S’il y a un député qui mouille la chemise c’est bien Frédéric Petit. En effet, ce dernier arpente les pays de sa circonscription pour aider les Français et les Ukrainiens qui ont fui la guerre. Lui qui est né en 1961 à Marseille, est désormais marié à une Polonaise et a deux filles. Entre Cracovie et Paris, il est pleinement mobilisé pour les expatriés. Car l’expatriation, il connait ! En effet, après avoir passé 11 ans comme directeur d’un projet social pour jeunes dans un quartier en difficulté en Lorraine, il occupe, étant ingénieur de formation, successivement plusieurs postes de direction dans des entreprises énergétiques. Il a vécu au Cameroun, dans de nombreux pays d’Europe de l’est et en Egypte. Il parle cinq langues.
En 2017 il est élu député à l’Assemblée nationale par les Français de l’étranger vivant en Allemagne, en Europe centrale et dans les Balkans. Il est également médiateur et conseiller du commerce extérieur de la France. Le développement et la paix dans le monde par l’Europe et par l’enseignement et l’éducation font partie de ses priorités de mandat. Enfin depuis mai 2021, il est Secrétaire général adjoint du Parti démocrate européen. Il siège aux Assemblées parlementaires de l’OSCE et du Conseil de l’Europe.
Vous pouvez retrouver le bilan qu’il a émis en 2021 en cliquant ci-dessous :
Ce lundi 9 mai, c’est la journée de l’Europe pour les habitants de L’Union européenne, c’est cette date qu’Ursula von der Leyen, la présidente de la commission européenne, a choisi pour conclure la la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Emmanuel Macron à Strasbourg, où se tenait la cérémonie, a prononcé un discours où il exposait sa vision de l’avenir de l’Union européenne. On décrypte le texte pour les expatriés.
Réviser les traités
Le président français tenait devant le Parlement européen son premier discours sur l’Europe depuis sa réélection. Il a proposé que les dirigeants des 27 discutent lors du sommet de juin d’une révision des traités.
« Il faudra réformer nos textes, c’est évident. L’une des voies de cette réforme est la convocation d’une convention de révision des traités. C’est une proposition du parlement européen et je l’approuve »
Emmanuel Macron devant le Parlement européen à Strasbourg le 09 mai 2022
Ursula von der Leyen en a profité pour demander la révision des traités de l’UE afin de permettre l’abandon du vote à l’unanimité des 27 pays membres dans des domaines clés comme la politique commerciale, étrangère, la fiscalité, etc.
« L’Europe devrait jouer un rôle plus important, par exemple dans le domaine de la santé ou de la défense. Et nous devons améliorer en permanence le fonctionnement de notre démocratie »
Ursula von der Leyen, la présidente de la commission européenne, devant le Parlement européen à Strasbourg le 09 mai 2022
Une communauté politique européenne
L’Ukraine fut bien sûr au coeur des préoccupations de cette séance au parlement de Strasbourg. Le président Ukrainien réclame depuis des mois l’intégration de son pays à l’Union européenne. Il devra prendre son mal en patience.
Le président français a proposé un nouveau cercle de liens entre états européens en imaginant une communauté politique européenne. Ouverte à tous les états du continent (au sens géographique), elle pourrait intégrer le Royaume-Uni comme l’Ukraine. Loin de l’idéal des « Etats-Unis d’Europe » cher aux pères fondateurs, Emmanuel Macron désire mettre en place une instance permettant aux Etats d’échanger sur les problèmes majeurs liés à la sécurité de tous sans créer de liens institutionnels ou de contraintes communes comme avec l’Union européenne.
Arrivée d’Emmanuel Macron le 09 mai 2022 à Strasbourg
La Russie dénoncée
Logiquement, Emmanuel Macron, dans sa posture de « défenseur de la paix », a poursuivi son discours avec des propos durs contre la Russie de Vladimir Poutine.
« La Russie commet des crimes inqualifiables en Ukraine »
Emmanuel Macron devant le Parlement européen à Strasbourg le 09 mai 2022
Considérant que la « liberté et l’espoir » étaient « le visage » de l’UE, il a renouvelé son soutien à l’Ukraine et insisté sur le rôle de l’UE dans la préservation de la « paix en Europe », pour « éviter l’escalade » à tout prix.
« Quand la paix reviendra sur le sol européen, nous devrons ensemble ne jamais céder à la tentation, ni de l’humiliation, ni de l’esprit de revanche, car ils ont déjà trop, par le passé, ravagé les chemins de la paix. »
Emmanuel Macron devant le Parlement européen à Strasbourg le 09 mai 2022