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  • Chrysoula Zacharopoulou, la ministre de la Francophonie

    Chrysoula Zacharopoulou, la ministre de la Francophonie

    L’ancienne eurodéputée Chrysoula Zacharopoulou est désormais secrétaire d’État chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux, auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Catherine Colonna. Mais qui est-elle ? Quelles sont ses ambitions pour la Francophonie ?

    Une professionnelle de la santé

    Cette Franco-Grecque de 46 ans est chirurgienne et gynécologue de formation. En 2015, elle a fondé l’association Info-endométriose afin de sensibiliser la société et les médias à cette maladie qui était peu connue du grand public. C’est d’ailleurs en s’inspirant largement de son rapport pour améliorer le diagnostic et la reconnaissance de l’endométriose qu’Emmanuel Macron a lancé en janvier dernier la « première stratégie nationale de lutte contre l’endométriose »

    C’est via son engagement sur l’endométriose qu’elle commence d’ailleurs à côtoyer le monde politique. Sur la base de ce travail sur cette maladie, Chrysoula Zacharopoulou est nommée chevalière de l’ordre national du Mérite en 2017. Elle s’engage finalement en politique aux côtés de La République en Marche lors des élections européennes en 2019. Élue, elle siège depuis dans le groupe centriste et libéral Renew. En parallèle, elle continue d’exercer à l’hôpital un jour par semaine. Elle sera d’ailleurs l’une des politiques qui aideront les soignants lors de la crise de la Covid-19.

    Trois plaintes contre elle

    Mais la médecin est aussi visée par trois plaintes pour viol. La première remonte au 25 mai, soit cinq jours après la nomination de Mme Zacharopoulou au gouvernement – l’enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance aux personnes de la Préfecture de police. Le parquet de Paris a été destinataire d’une deuxième plainte trois semaines plus tard, le 16 juin, pour des faits ayant eu lieu dans un cadre strictement médical et professionnel. Ces procédures, fait savoir le parquet de Paris, auront « pour objectif de déterminer si les faits sont susceptibles de tomber sous le coup d’une qualification pénale ».

    Pour la deuxième plainte, selon l’hebdomadaire Marianne, les faits reprochés à Mme Zacharopoulou auraient été commis dans le cadre de sa profession de gynécologue, et concerneraient une femme majeure. L’enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

    Enfin, le 23 juin 2022, une troisième plainte a été déposée contre la secrétaire d’État et gynécologue Chrysoula Zacharopoulou, a indiqué le parquet de Paris le jeudi 24 juin. La secrétaire d’État est accusée, cette fois, de violences sans incapacité de travail par personne chargée d’une mission de service public.

    Trois affaires qui auraient suffi à faire démissionner un homme de son poste de ministre, comme Damien Abbad, mais la secrétaire d’Etat dispose toujours de la confiance du Président de la République et d’Élisabeth Borne. Vous pouvez consulter l’interview sur ce thème que Chrysoula Zacharopoulou a accordée à TV5MONDE lors du Festival d’Angoulême 2022.

    Et la Francophonie ?

    Mais dans ces conditions, ils sont nombreux à s’interroger sur la capacité de Chrysoula Zacharopoulou à mener à bien la réforme de la Francophonie. Du côté de Bercy, on voudrait s’inspirer du Commonwealth pour créer un nouvel espace économique fort de plus de 500 millions de consommateurs (autant que toute l’Union européenne) liés par la langue française. Côté culture, on n’a pas entendu, non plus, la secretaire d’Etat s’exprimer sur la situation préoccupante de l’enseignement du français en Algérie.

    Un accord-cadre de coopération en préparation

    C’est d’ailleurs l’objet d’une réunion qui s’est déroulée en marge des travaux de la 77ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations la semaine dernière entre le Président de la Commission de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC)  Gilberto da Piedade VERISSIMO et la Secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF),Madame Louise Mushikiwabo.

    Ensemble, ils ont rappelé leur engagement à œuvrer à la réalisation des objectifs communs, au travers d’un plan d’action qui portera notamment sur les domaines ci-après : la prévention des crises, la gestion des conflits et le maintien de la paix ; la consolidation des processus démocratiques ; l’égalité entre les femmes et les hommes ; le soutien à la jeunesse à travers l’éducation, la formation et l’entrepreneuriat ; l’intensification des échanges commerciaux et des investissements entre pays et régions francophones, ainsi que l’amélioration du climat des affaires pour favoriser l’entrepreneuriat et attirer les investisseurs ; le développement de la transformation numérique et de l’innovation ; la promotion des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique ; la promotion du développement durable et, notamment, la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, et les objectifs de développement durable, en particulier au bénéfice du Bassin du Congo.

    On notera que la secrétaire d’Etat française, Chrysoula Zacharopoulou, n’a pas été conviée, la Francophonie version économique que la France appelle de ses voeux depuis des décennies va-t-elle se faire sans elle ?

  • Iran : la révolte populaire continue

    Iran : la révolte populaire continue

    Des manifestations d’ampleur envahissent au quotidien les villes iraniennes depuis le 16 septembre. Soit la date de la mort à l’hôpital de Mahsa Amini, 22 ans, trois jours après son arrestation à Téhéran pour non-respect du code vestimentaire pour les femmes en République islamique, qui doivent se couvrir les cheveux.

    Douze jours, sans interruption, à défier la violente répression de la police, laquelle a déjà fait environ 60 morts selon les chiffres officiels, et plus de 75 selon l’ONG Iran Human Rights (IHR). Outre l’usage d’armes, parfois de balles réelles, les autorités ont coupé Internet pour tenter d’étouffer les cris de la population, qui réclame la chute du régime autoritaire. Pas de quoi dissuader une jeunesse déterminée à vivre en liberté.

    Nouvelle colère profonde contre la République islamique

    L’Iran a déjà connu des mobilisations d’ampleur en 1999, en 2009, en 2017-2018 ou encore en 2019-2020. Mais pour Mahnaz Shirali, sociologue spécialiste de l’Iran et auteure de Fenêtre sur l’Iran (Les Pérégrines) interrogée par 20 Minutes, c’est un tout autre élan qui mène les flots de citoyens dans les rues aujourd’hui. En 2019, dit-elle, il s’agissait essentiellement de classes sociales défavorisées, qui protestaient contre l’augmentation du prix du carburant dans un contexte de crise économique et de récession.

    Tehran on September 19, 2022 © AFP

    Mais aujourd’hui, c’est une contestation « d’une autre ampleur et d’une autre durée », car « cette fois, ce n’est pas qu’une partie de la société qui défile, pas seulement ceux que l’on a appelés les « pieds nus », mais la jeunesse venue de tous les milieux sociaux, explique-t-elle. Ils ont tous reconnu leur sort dans celui de cette jeune femme, et cela a eu un effet déclencheur sur un terrain déjà fertile », abonde la spécialiste.

    Regardez l’analyse de Chala Chafiq et Ahmad Salamatian, ex-secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères iranien sur TV5MONDE

  • Importations de gaz naturel : 15 pays dont la France appellent à un plafonnement des prix

    Importations de gaz naturel : 15 pays dont la France appellent à un plafonnement des prix

    15 pays de l’Union européenne, dont la France, l’Espagne ou encore la Grèce, ont adressé une lettre à la Commission européenne, mardi (27 septembre), exhortant l’exécutif européen à présenter « dès que possible » une proposition pour plafonner le prix de toutes les importations de gaz naturel.

    « Le plafond devrait s’appliquer à toutes les transactions de vente en gros de gaz naturel et ne pas être limité aux importations provenant de juridictions spécifiques », a déclaré le groupe de pays dans la lettre, consultée par EFE, partenaire d’EURACTIV.

    L’initiative, lancée par la Belgique, a rallié un grand nombre de pays membres.

    La commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, se sont récemment exprimées en faveur d’un plafonnement des prix du gaz acheté en Russie. En revanche, ce plafond ne s’applique pas au gaz importé par gazoduc depuis la Norvège ou l’Algérie, ni aux livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) arrivant dans l’UE par bateau depuis des pays comme les États-Unis, le Qatar ou le Nigeria.

    Selon la lettre, le plafonnement devrait couvrir toutes les importations de gaz et être conçu « de manière à garantir la sécurité de l’approvisionnement et la libre circulation du gaz en Europe ». Elle devrait permettre de progresser vers l’objectif « commun » de réduction de la demande de gaz naturel.

    Midcat

    Le plafonnement du prix du gaz, une priorité « complétée » par d’autres

    En outre, les pays de l’UE qui soutiennent l’initiative soulignent que le plafonnement du prix du gaz est une « priorité » qui « peut être complétée » par d’autres propositions visant à « renforcer la surveillance financière du marché du gaz » ou à « développer des indices (de référence) alternatifs pour les prix du gaz en Europe ».

    Et la lettre d’expliquer : « la crise énergétique (…) s’est aggravée au fil du temps et provoque désormais des pressions inflationnistes insoutenables qui frappent durement les ménages et les entreprises ».

    Le prix de gros du gaz naturel, problème numéro un

    Tout en reconnaissant « les efforts » de Bruxelles pour répondre à la situation actuelle, les partenaires européens signataires soulignent que « le problème le plus grave qui soit », à savoir le prix de gros du gaz naturel, doit encore être réglé.

    « Le plafonnement du prix du gaz, réclamé depuis le début par un nombre croissant d’États membres, est une mesure qui les aiderait tous à atténuer la pression inflationniste, à gérer les attentes, à fournir un cadre en cas de perturbations potentielles de l’approvisionnement et à limiter les superprofits dans le secteur », font-ils valoir.

    La lettre parvient à Bruxelles deux jours seulement avant que les ministres de l’Énergie de l’UE ne se réunissent dans le cadre du Conseil extraordinaire vendredi (30 septembre). Cette réunion vise à trouver un accord sur un premier paquet de mesures destinées à répondre à la crise énergétique actuelle et en particulier à la hausse des prix du gaz, rapporte EFE.

    Les trois mesures sur lesquelles les pays de l’UE devraient se mettre d’accord lors de la réunion de vendredi sont les suivantes : une réduction de la consommation de gaz — obligatoire et de 5 % aux heures de pointe —, l’introduction d’une limite à la rémunération des énergies renouvelables, du nucléaire et du lignite sur le marché de gros de l’électricité, et une taxe sur les surprofits des entreprises pétrolières, gazières et de raffinage.

    La Commission européenne étudie en parallèle de nouvelles propositions dans le domaine financier. Celles-ci visent à atténuer les problèmes de liquidités auxquels sont confrontées les entreprises énergétiques qui achètent du gaz aux prix actuels, ainsi qu’à concevoir un indice de référence autre que le TTF néerlandais qui refléterait plus justement le prix du gaz naturel importé par bateau.

  • La Chine et la malédiction des futurs numéros 1 

    La Chine et la malédiction des futurs numéros 1 

    La Chine a des difficultés avec son économie depuis la fin de l’année 2020, avec une croissance qui s’étiole de trimestre en trimestre. 

    La stratégie zéro covid, avec le confinement des populations dès l’apparition des premiers cas de covid, pèse de plus en plus sur le niveau de la production. Elle occasionne l’arrêt périodique des transports et une désorganisation des chaînes logistiques. Cette stratégie qui renforce le caractère policier du régime est également la conséquence de l’échec du programme de vaccination. 

    La Chine est confrontée à des problèmes énergétiques non pas en lien avec la guerre en Ukraine mais en raison de la sécheresse qui a diminué les capacités de production d’énergie hydroélectrique. Des entreprises ont dû fermer durant l’été. 

    Au-delà de ces difficultés de nature essentiellement conjoncturelle, la Chine doit faire face à des problèmes structurels importants qui pourraient miner sa croissance pendant de nombreuses années. 

    Un vieillissement démographique à grande vitesse 

    Depuis 2020, la population âgée de 20 à 60 ans diminue. En 2030, la baisse atteindra 1 % par an. Cette contraction de la population active réduit la croissance potentielle du pays, soit une perte estimée de 2 points. Les pouvoirs publics chinois ont peu anticipé ce vieillissement de la population. Les systèmes de retraite et de santé sont sousdimensionnés. Les dépenses publiques de retraite sont inférieures à 6 points de PIB, contre plus de 12 points au sein de la zone euro. Les dépenses publiques de santé s’élèvent à 3 % du PIB contre plus de 8 % au sein de la zone euro. 

    Avec la montée du nombre de retraités, les pouvoirs publics sont contraints en urgence de restructurer le système de santé et d’organiser un système de retraite accessible pour le plus grand nombre. Il en résultera une augmentation des coûts de production, ce qui nuira à la compétitivité des produits chinois.

    Une dangereuse bulle immobilière 

    Pour soutenir la croissance et l’emploi, depuis des années, les autorités chinoises ont favorisé l’investissement en logements et en entrepôts ainsi qu’en usines. Il en résulte des surcapacités dans plusieurs villes. Les dépenses de construction absorbent 35 % du PIB en Chine, soit des niveaux sans comparaison à ce qui est constaté dans les autres pays. L’investissement en logements des ménages représente 6 % du PIB en Chine, contre moins de 3 % aux États-Unis. La valeur ajoutée de la construction pèse plus de 6 % du PIB en Chine, contre 4 % en zone euro et 3 % aux États-Unis. 

    LANGFANG, Nov. 5, 2010 Photo taken on Oct. 31, 2010 shows a community in Yanjiao, north China’s Hebei Province. Yanjiao is separated with the Tongzhou District of Beijing, capital of China, by the Chaobai River. The average real estate price of Yanjiao, which reached 11,000 RMB yuan (about 1,600 U.S. dollars) per square meter last April, has fallen about 30 percent under continuous policy control.

    Le surinvestissement immobilier des ménages, en Chine, provient de la faiblesse des régimes de retraite. Pour se constituer un patrimoine et des revenus pour la retraite, les Chinois acquièrent des logements, ce qui a favorisé l’émergence d’une bulle immobilière.

    Un taux d’épargne élevé qui mine la demande 

    La peur d’un faible niveau de vie à la retraite conduit les ménages chinois à épargner et à restreindre leur consommation réduisant d’autant la croissance. Le taux d’épargne brut des ménages dépasse 30 % des revenus en Chine quand il s’élève à 15 % en zone euro et à 8 aux États-Unis. 

    Depuis les années 2000, la déprime de la demande intérieure a conduit les gouvernements chinois à soutenir la demande par des programmes surdimensionnés d’investissements en infrastructures, avec le relais des collectivités locales. Ces programmes ont débouché sur des pyramides d’endettement qui menacent aujourd’hui le système financier chinois. Avec des taux de vacances élevés, les promoteurs ne peuvent plus faire face à leurs échéances, les collectivités publiques ou les structures qui en dépendent sont appelées à l’aide ainsi que les établissements financiers. 

    En période de ralentissement, le gouvernement craint une montée du chômage en cas d’effondrement de la construction, chômage pouvant générer des tensions sociales et politiques. 

    La situation de la Chine ne diffère guère de celle des pays occidentaux avec un vieillissement prononcé de sa population et un endettement élevé. Ce dernier est porté non pas par l’État central mais par les structures locales. Le surdimensionnement de l’immobilier et le vieillissement paralysent la politique économique de la Chine. Pour compenser le taux d’épargne élevé en lien avec la faiblesse des régimes de pension, les pouvoirs publics maintiennent des incitations en faveur de l’immobilier mettant en danger l’ensemble de la sphère financière.

    Dangereuse fuite en avant 

    La Banque Centrale (PBoC) ne peut pas augmenter les taux d’intérêt car elle provoquerait une crise dans le secteur de la construction. Elle ne peut pas de ce fait réduire l’offre de prêts ni stabiliser le taux de change. Cette fuite en avant est dangereuse car, au moment de leur retraite, les Chinois risquent de se retrouver propriétaires de logements dont la valeur sera faible et qui ne généreront pas les revenus escomptés. 

    Les problèmes structurels de la Chine pourraient mettre un terme à sa formidable marche en avant qui devait lui permettre de dépasser dans les prochaines années les États-Unis et de se hisser au premier rang des puissances mondiales. 

    A la fin des années 1980, le Japon a connu un coup d’arrêt qui était également lié à des problèmes démographiques. Ces deux pays ont en commun de récuser l’immigration, ce qui les expose fortement aux problèmes générés par le vieillissement de leur population.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 29.09.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 29.09.22

    Bonjour à tous, bienvenue dans l’avant-dernier flash de la semaine, ce jeudi 29 septembre on évoque le nouveau service de l’Etat pour les propriétaires en France, la galère pour décrocher un visa pour son conjoint si on est au Maghreb ou au Sahel et le plan de sobriété français.

    « Gérer mes biens immobiliers »

    On ne le sait que trop, la pierre est l’investissement préféré des Français. Et les expatriés ne dérogent pas à cette passion nationale. Ils sont nombreux à avoir conservé ou acquis un bien en France. L’administration fiscale vient de lancer un nouveau service qui devrait vous aider à tout gérer à distance et facilement. On explique le nouveau service accessible à tous les propriétaires et donc aux Français résidant hors de France sur le site Lesfrancais.press 

    Les visas sont distribués au compte-goutte au Sahel et au Maghreb 

    Si des tensions diplomatiques ont pu exister avec l’Algérie, le Maroc et la Tunisie, entraînant un ralentissement volontaire du traitement des demandes de visas, dans les autres pays c’est surtout la fin de la pandémie qui a posé des problèmes. En effet, alors que la France fut inaccessible pendant près de deux ans, il y a un effet de rattrapage. Ainsi les consulats généraux ont dû faire face à une augmentation de plus de 250 % des demandes de visas court séjour par rapport à la situation pré-Covid. Une situation que reconnaissent les autorités et qui promettent une régularisation d’ici la fin de l’année.

    visa pour la France
    Visa pour la France

    Des pulls pour les ministres 

    C’est ainsi que certains médias résument l’annonce d’Elisabeth Borne de ce 28 septembre. La première ministre dévoilera le plan sobriété le 06 octobre, au menu : baisse des températures dans les administrations et ministères, moins de voitures et d’avions pour les déplacements, etc. Est-ce que le programme s’appliquera aux ambassades et aux consulats ? Quand on voit le bilan carbone de certains ministres et consuls on ne peut que l’espérer tant pour la planète que pour les impôts de nos concitoyens ! 

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour le dernier flash de la semaine. 

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • « Gérer mes biens immobiliers », le nouveau service des impôts français

    « Gérer mes biens immobiliers », le nouveau service des impôts français

    On ne le sait que trop, la pierre est l’investissement préféré des Français. Et les expatriés ne dérogent pas à cette passion nationale. Ils sont nombreux à avoir conservé ou acquis un bien en France. Pourquoi ? Souvent en anticipation d’un retour en France à l’heure de la retraite ou tout simplement pour se constituer un complément de revenus immédiat ou à terme. En sus, les taux bas en 2019, 2020, 2021, puis l’inflation, encouragent les candidats à l’acquisition de passer le pas en contractant un crédit. « Mais comment gérer mes biens immobiliers depuis l’étranger« , c’est une question qu’on entend souvent et qui peut être un frein à l’achat.

    Pour gérer les locataires et l’entretien usuel, de nombreuses sociétés se sont développées et vous proposent leurs services. Volet administratif, taxe foncière, identification du bien, déclaration des revenus liés ou enregistrement d’un locataire, autant de tâches qu’il était difficile de faire depuis l’étranger. L’administration fiscale vient de lancer un nouveau service qui devrait vous aider à tout gérer à distance et facilement. On explique le nouveau service accessible à tous les propriétaires et donc aux Français résidant hors de France.

    Un service accessible sur votre espace sécurisé

    Ce nouveau service numérique « Gérer mes biens immobiliers » est offert aux usagers propriétaires, particuliers et professionnels (personne morale), depuis le 2 août 2021 et accessible depuis votre espace sécurisé. Pour y accéder, il existe plusieurs méthodes comme l’accès via votre numéro de sécurité sociale, celui de télédéclarant mais aussi, et c’est souvent le plus simple pour les expatriés, l’Identité numérique de La Poste.

    Y accéder en tant que particulier ou pour les SCI en transparence fiscale

    Pour un particulier :

    • rendez-vous sur Votre espace particulier > Biens immobiliers
    • une FAQ est disponible dans la rubrique Particulier > Gérer mon patrimoine/mon logement > Je fais des travaux dans mon habitation principale ou secondaire > Documentation utile
    • un pas-à-pas est disponible dans la rubrique Services en ligne : laissez-vous guider ! > Je gère mes biens immobiliers

    Y accéder sous le statut de SCI à l’Impôt sur les sociétés

    Pour une société qui n’est pas en transparence fiscale :

    • rendez-vous sur Votre espace professionnel > Démarches > Gérer mes biens immobiliers
    • une FAQ est disponible dans la rubrique > Professionnel > Gérer mon entreprise/association > Je gère le patrimoine immobilier de mon entreprise > Documentation utile
    • un pas-à-pas est disponible dans la rubrique Documentation > Accès aux fiches et à la foire aux questions téléprocédures > Fiche AIU 27 : gérer mes biens immobiliers

    Ainsi désormais, tout usager propriétaire, qu’il soit un particulier ou un professionnel (personne morale), peut désormais, à partir de son espace sécurisé sur impots.gouv.fr, consulter l’ensemble de ses biens bâtis sur le territoire ainsi que leurs caractéristiques (surface, nombre de pièces, numéro de lot…).

    Regardez le tutoriel de l’administration fiscale

    Un service qui va évoluer

     A terme, ce service permettra de répondre en ligne aux obligations déclaratives relatives aux locaux, de dématérialiser les déclarations foncières, de liquider les taxes d’urbanisme, de déclarer l’occupant des locaux d’habitation ou encore de collecter auprès des propriétaires, dans le cadre de la révision des valeurs locatives, les loyers des locaux d’habitation mis en location.

  • Sénégal, Maroc, etc. La galère pour décrocher un visa pour la France

    Sénégal, Maroc, etc. La galère pour décrocher un visa pour la France

    Obtenir un visa pour la France est devenu un véritable parcours du combattant dans les pays du Maghreb et du Sahel. Que le demandeur soit lié à un expatrié ou un Français résidant en France ne facilite plus les démarches. Volonté politique ou cafouillage administratif ? On a enquêté pour les Français de l’étranger.

    Un effet de rattrapage post-Covid

    Si des tensions diplomatiques ont pu exister avec l’Algérie, le Maroc et la Tunisie, entraînant un ralentissement volontaire du traitement des demandes de visas, dans les autres pays c’est surtout la fin de la pandémie qui a posé des problèmes.

    En effet, alors que la France fut inaccessible pendant près de deux ans, il y a un effet de rattrapage. Ainsi le consulat général a dû faire face à une augmentation de plus de 250 % des demandes de visas court séjour par rapport à la situation pré-Covid. Une situation que reconnaissent les autorités. Dès la première audition du Ministre des Français de l’étranger, Olivier Becht, ce dernier constatait que la France avait « désarmé [ses] services consulaires ces dernières années », imputant les retards sur les décisions prises par les anciens locataires du Quai d’Orsay depuis des décennies.

    Un constat que partage le seul député NUPES sur les 11 élus des Français de l’étranger à l’Assemblée nationale, Karim Ben Cheikh. le député de la neuvième circonscription des Français de l’étranger a ainsi déclaré au journal Le Monde que  « les personnels consulaires ne disposent pas des moyens pour bien réaliser leur travail ». Des propos qu’il avait déjà tenus dès sa nomination comme rapporteur spécial du budget de l’action extérieure de l’Etat pour la commission des finances. Sur Twitter, il pointait, déjà, la responsabilité d’une « politique de réduction de personnels dans les consulats, avec 30 % de postes supprimés depuis dix ans. »

    Au Maroc, une filière mafieuse profite du désordre dans les consulats

    Selon le site spécialisé Schengen Visa Info, les cas d’escroqueries liés aux visas Schengen ont considérablement augmenté, notamment au Maroc. Ces réseaux d’escrocs profitent du nombre limité de créneaux de rendez-vous disponibles pour ceux qui souhaitent se rendre en France.

    Pour exemple, une des escroqueries pratiquées par ces réseaux, c’est l’utilisation des données bancaires des demandeurs de visas pour ensuite leur subtiliser de l’argent et disparaître sans fournir le service, à savoir l’obtention d’un rendez-vous. D’autres proposent directement leurs services aux demandeurs moyennant finances. Mais depuis quand des demandeurs doivent-t-ils payer pour accéder à un service de l’Etat français ? Depuis que les consulats de France au Maroc ont décidé de confier la gestion de leur planning à des entreprises privées marocaines ! Une situation sur laquelle le Quai d’Orsay n’a pas voulu s’exprimer même si on nous indique que « la situation est provisoire, le temps de résorber le surplus de demandes« .

    Et les dérives peuvent être plus choquantes, un célèbre humoriste franco-marocain s’est vu demander par un tiers, traînant aux abords du consulat à Rabat, la somme de 500 euros pour obtenir un rendez-vous afin que ses parents puissent faire leur demande de visa pour la France.

    Consulat de France à Rabat ©MAEE

    En Tunisie, la normalisation en cours

    Comme évoqué plus haut, la France avait décidé, à l’automne 2021, de restreindre la délivrance de visas en Algérie, Maroc et Tunisie, afin d’inciter ces pays à faire des efforts en matière de coopération et de lutte contre l’immigration illégale. Il s’agissait d’inciter les gouvernements de ces pays à améliorer l’accueil de leurs ressortissants sous le coup d’une expulsion de France.

    Mais depuis le 31 août, les ministres de l’Intérieur français et tunisien, fort d’un nouvel accord entre les deux pays, ont pu annoncer dans un communiqué commun la normalisation par la France de la délivrance de visas en Tunisie. Depuis, la situation est petit à petit rétablie, tous les dossiers en souffrance devraient être examinés avant la fin du mois d’octobre.

    France Consulaire et des agents à la rescousse

    Si on peut « accepter » que notre pays soit contraint d’utiliser l’arme de la politique des visas, il ne peut être « normal » que la réorganisation en cours des services consulaires soit l’occasion pour des réseaux mafieux de spolier les demandeurs de visas.

    Comme l’a annoncé Olivier Becht, la France a donc décidé pour la première fois depuis 3 décennies d’augmenter le nombre d’agents consulaires. Une petite centaine de fonctionnaires devraient donc venir renforcer leurs collègues à Paris comme dans les postes diplomatiques. Mais un chiffre qui reste trop bas pour espérer un changement rapide. Pour cela, le gouvernement compte sur France Consulaire qui devrait libérer du temps effectif pour les agents en place dans les consulats ou sections consulaires. En effet, cette plateforme, en cours de déploiement, devrait prendre en charge, d’ici 2024, la quasi-totalité des demandes des Français de l’étranger.

  • Dans l’escalade, l’esquisse d’une paix ?

    Dans l’escalade, l’esquisse d’une paix ?

    Et si le langage de mobilisation de Poutine était une façon de préparer des négociations de paix ?

    Après la défaite de l’armée russe à Kharkiv, la Russie a perdu l’initiative, elle ne peut plus espérer l’emporter. A l’inverse, les Ukrainiens envisagent la reconquête des territoires perdus, tous les territoires, Donbass et Crimée inclus.

    La Russie ne peut plus l’emporter

    Une telle situation serait catastrophique pour le régime de Poutine, qui, s’il ne tombe pas, aurait sur son flanc un pays revanchard, vainqueur, soutenu par les Etats-Unis et l’Union Européenne, avec une population qui deviendrait rapidement plus riche, plus libre, autonome, que ses cousins russes. La seule façon pour Poutine de rester au pouvoir serait de fermer de plus en plus le pays, ce qui n’est évidemment pas facile, d’autant que les Russes, ceux qui en ont les moyens, ont commencé à partir, ou plutôt à fuir. 

    Contrairement à ce que proclame Poutine, ni les Européens, ni même les États-Unis, ne souhaitent détruire la Russie, au contraire. Ils espèrent avoir une Russie vivable, et donc non soumise au chaos. Rien n’est pire que le désordre pour les Occidentaux. Cela, Poutine, même s’il dit le contraire, le sait. Aussi faut-il interpréter ses gestes, paroles et décisions différemment de ce que l’on entend au premier degré.

    Les démocraties s’accommodent des dictateurs, tant qu’ils ne sont pas menaçants.

    Les démocraties préfèrent les démocraties, soit, mais elles s’accommodent toujours des dictateurs, tant qu’ils ne sont pas menaçants.

    La seule question est là : quelles garanties pourrait donner Poutine pour qu’il ne soit plus une menace ? 

    Apparemment, Poutine joue l’escalade : mobilisation de 300.000 hommes, qui peut monter jusqu’à 1.200.000 ; durcissement de la législation ; menaces nucléaires ; référendums d’annexion ; mise en cause directe des Etats-Unis et des Européens comme belligérants, ce qui l’autoriserait à prendre n’importe quelle mesure contre eux.

    Mobiliser la piétaille ne changera rien à l’affaire.  

    Poutine sait bien que sa mobilisation ne servira pas à grand-chose, puisque ce dont il manque le plus, ce sont des armes performantes, y compris des avions : au grand étonnement des experts militaires, les Russes ont perdu la maîtrise du ciel. Mobiliser la piétaille ne changera rien à l’affaire. 

    Poutine sait aussi que l’annexion des oblasts disputés ne sera reconnue par personne. Pas même par ses « alliés » chinois, qui l’ont déjà mis en garde, et ne lui fournissent aucun matériel technologique. 

    La mobilisation sert à démontrer aux durs de son camp, qu’il fait tout pour l’emporter, qu’il n’est pas dans le camp des « mous ». Elle est aussi un moyen de contrôle de la population, non sans risque de révolte. La menace pèse sur tous. Les opposants sont repérés. A l’extérieur, elle montre sa détermination, tout comme la menace de l’arme nucléaire.

    Enfin, désigner les Américains et les Européens comme « belligérants » revient aussi à en faire les interlocuteurs de la négociation à la place des Ukrainiens. 

    Poutine sait que les Ukrainiens dépendent entièrement des Américains et des Européens pour leurs armes et munitions. Quelle que soit la volonté de l’armée ukrainienne, elle ne peut songer à quelque offensive que ce soit sans les munitions américaines.

    Des négociations avec les Américains et les Européens.  

    On peut d’ailleurs se demander pourquoi l’offensive ukrainienne s’est arrêtée. Serait-ce parce que les Américains ont pris au sérieux le message poutinien et qu’ils conseilleraient de « ne pas humilier » la Russie ? On sait -Anthony Blinken l’a dit- que des contacts, « au plus niveau », existent. Des négociations directes avec les Ukrainiens sont inenvisageables. Avec les Américains, il y a bien des canaux, avec les Européens aussi.

    En quelque sorte : ne pas attaquer tout de suite, maintenir le front, renforcer l’armée ukrainienne au cas où les discussions échoueraient.

    Sauver la face de Poutine : il pourrait se retirer de territoires « conquis ».  

    Car ces discussions permettraient de sauver la face de Poutine. Aujourd’hui, il pourrait se retirer de territoires « conquis ». Aujourd’hui son armée occupe toujours une grande part du territoire ukrainien.  

    D’ici quelques semaines, ou quelques mois, les Ukrainiens devraient être capables de reprendre Kherson, viser la mer d’Azov et la frontière de Crimée. Peuvent-ils reprendre une partie significative du Donbass ? Peuvent-ils reprendre la Crimée ? Là semble être la limite russe. 

    Mais l’annonce de discussions possibles effraie tout le monde. D’autant qu’il faudrait se mettre d’accord sur l’essentiel avant : revenir à un statut particulier dans le Donbass, verrouiller celui de la Crimée après un référendum sous observation de l’OSCE, garantir la « neutralité » de l’Ukraine tout en garantissant sa défense… 

    Eviter une escalade dangereuse et régler quelques problèmes au Moyen-Orient et en Afrique

    L’intérêt des Américains serait d’éviter une escalade dangereuse avec un Poutine désespéré, maître d’un arsenal nucléaire impressionnant, et de régler quelques problèmes annexes.

    En Syrie, les Russes ont retiré l’essentiel de leurs forces, raison pour laquelle Syriens et Israéliens ont conclu un accord : l’Iran n’utilisera plus les aéroports syriens, les Israéliens ne bombarderont plus lesdits aéroports. Ce qui ouvre la voie à un règlement de la question iranienne pour les Américains, surtout après le refus de celle-ci d’accepter le texte de retour à l’accord sur le nucléaire.

    De même en Libye et en Afrique les Russes peuvent retirer leurs mercenaires. On peut enfin même trouver l’occasion de résoudre les conflits gelés. Et éviter que les Chinois ne prennent trop de place dans les Républiques d’Asie centrale qui lâchent les Russes. 

    Bref, un accord avec la Russie ouvre la voie à un nombre de règlements avantageux, en plus de montrer que les Etats-Unis sont de retour sur la scène du monde. 

    Bien sûr cela se ferait aux dépens du rêve ukrainien de reprendre toutes les provinces perdues. Et aux dépens du retour sur scène de la « morale internationale », qui serait de punir Poutine. Aux dépens enfin de l’espoir de se débarrasser de lui, car une défaite incontestable le condamnerait vraisemblablement. 

    Mais ce dernier point est incertain. D’autant qu’il pourrait être remplacé par pire que lui. Bush père n’avait pas éliminé Saddam Hussein, ce que fit Bush fils. Qui avait raison ?

    Chine, Inde, Afrique, Moyen-Orient : la paix arrangerait tout le monde. 

    La Chine joue son rôle. Elle a demandé que la guerre ne déborde pas, et proposé des discussions immédiates. La Turquie est favorable à un accord, quel qu’il soit. Les pays africains, ceux du Moyen-Orient, l’Inde, aussi. En Europe, France et Allemagne espèrent depuis des lustres un Poutine « raisonnable ». Il le leur est assez reproché. Mais croient-elles encore que Poutine puisse être raisonnable ? 

    Tout le monde se réjouirait de l’annonce d’une victoire ukrainienne plus ample, tout le monde condamne les crimes de guerre, chaque jour de plus en plus incontestables, tous guettent une révolte à Moscou, un coup d’état, un rhume. Mais tous craignent aussi les actions désespérées d’un maître sans scrupule, acculé, isolé, paranoïaque.

    Qu’il existe un appel dans les gesticulations désespérées de Poutine ne trouvera peut-être pas d’écho. Les discussions, si elles s’engagent, n’aboutiront peut-être pas. Les Ukrainiens peuvent en appeler à l’opinion publique internationale. Les Russes menacés par la mobilisation, donner l’espoir d’une révolte.

    S’il n’y a pas d’offensive, c’est que les discussions avancent plus vite que les troupes

    Il peut se passer bien des choses qui démentent la possibilité d’un dialogue. Par exemple, le déclenchement d’une offensive ukrainienne dans les prochains jours, la chute de Kherson et surtout celle du corps d’armée russe qui y est stationné. Mais s’il n’y a pas d’offensive, si l’armée russe ne s’effondre pas comme attendue, c’est que les discussions en cours avancent plus vite que les troupes. 

  • En Suisse, la retraite pour tous à 65 ans

    En Suisse, la retraite pour tous à 65 ans

    Les Suisses étaient appelés aux urnes ce week-end pour voter sur quatre propositions de lois. Fait notable, ils ont approuvé l’augmentation de l’âge de la retraite pour les femmes à 65 ans, le même que pour les hommes — avec une faible avance toutefois.

    Le vote en faveur de l’augmentation de l’âge de la retraite pour les femmes de 64 à 65 ans a été obtenu par une faible différence de 50,6 % en faveur et 49,4 % contre.

    Les Suisses ont également voté en faveur d’une augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) destinée à financer le système de retraite, qui a recueilli une majorité plus large de 55,1 %.

    Division sur la réforme des retraites

    Toutefois, les partis politiques étaient divisés avant le vote sur les propositions de réformes.

    Alors que la gauche a déclaré qu’il fallait s’attaquer à d’autres problèmes d’inégalités entre les genres avant de relever l’âge de la retraite des femmes et que l’augmentation de la TVA nuirait de manière disproportionnée aux pauvres, le centre et la droite ont plaidé pour une plus grande stabilité financière du système de retraite.

    Les divisions étaient également visibles au sein de la population, notamment le long du « Röstigraben », la frontière linguistique qui traverse la Suisse.

    Alors que les cantons francophones et italophones ont clairement voté contre la loi, la mesure a rencontré des majorités solides dans la plupart des cantons germanophones.

    Les Suisses ont également voté le même jour contre la réforme de l’impôt anticipé et l’interdiction de l’élevage industriel.

  • Le modèle allemand sous pression 

    Le modèle allemand sous pression 

    Dans un livre de 1945 intitulé « L’Allemagne est notre problème », Henry Morgenthau, secrétaire américain au Trésor, a présenté une proposition visant à empêcher l’Allemagne d’après-guerre de reconstruire son industrie et à cantonner son économie à l’agriculture. Cette tentation était alors partagée par une partie de l’opinion française. La Guerre Froide facilita la réinsertion de l’Allemagne de l’Ouest dans le concert des nations occidentales et sa reconstruction économique. L’Allemagne bénéficia ainsi du Plan Marshall et fut dès le départ un acteur clef de la construction européenne grâce à la volonté de quelques responsables politiques et économiques, les fameux « pères de l’Europe », d’éviter la réédition d’un conflit avec la France. 

    En quelques années, la République Fédérale d’Allemagne devint un État prospère grâce à la compétitivité de son industrie et à la force de sa monnaie. Les craintes, en particulier en France, n’avaient pas complètement disparu, comme en témoigne la phrase prononcée en 1967 par l’écrivain français François Mauriac, « J’aime l’Allemagne. Je l’aime tellement que je suis ravi qu’il y en ait deux ». 

    Lors de la réunification en 1989, le Président François Mitterrand qui était né durant la Première Guerre mondiale, espéra, un temps, le maintien de deux Allemagne. Entre 2000 et 2019, l’Allemagne est devenue de loin le premier État de la zone euro dégageant d’importants excédents commerciaux et se caractérisant par une maîtrise des finances publiques.

    La suprématie allemande remise en cause ? 

    Aux États-Unis, la zone euro est avant tout perçue comme une zone allemande, la France et l’Italie étant de plus en plus considérées comme des États subalternes et vassaux de l’économie germanique. Vladimir Poutine pourrait-il remettre en cause la suprématie allemande en utilisant le gaz naturel comme une arme de destruction massive ? Le président russe entend affaiblir en profondeur la quatrième économie mondiale et le troisième exportateur de marchandises, après la Chine et les États-Unis. En mettant à la diète énergétique les entreprises industrielles allemandes, c’est toute l’économie mondiale qui pourrait être touchée. 

    La Chine, le premier partenaire économique de l’Allemagne, lui a acheté 100 milliards d’euros de produits industriels (voitures, matériel médical, produits chimiques, etc.), en 2021. Si ces importations venaient à manquer, l’économie chinoise pourrait connaître un réel ralentissement. Par sa spécialisation industrielle, l’Allemagne a besoin d’une énergie bon marché et abondante ainsi que d’un commerce international en forte croissance. 

    Sa préférence pour une devise forte s’explique par la volonté de maîtriser les coûts de production. L’appréciation du deutschemark lui permettait dans le passé de réduire le prix des importations d’énergie et des biens intermédiaires.

    Le moteur de l’économie allemande menacé, un risque de grippage de l’économie mondiale 

    Depuis que l’euro baisse, ce modèle s’effrite. Les difficultés allemandes se traduisent par un recul des indices boursiers. L’indice phare de la bourse de Francfort a reculé bien plus fortement que celui de Londres, de Paris ou de New York. Selon le Président de la fédération professionnelle de l’industrie, la BDI, Siegfried Russwurm, le moteur de l’économie allemande est menacé avec un risque de grippage de l’ensemble de l’économie mondiale. Nul n’avait imaginé une progression aussi élevée des prix de l’énergie. Le prix de l’électricité pour l’année prochaine pourrait être multiplié par quinze, et le prix du gaz par dix, selon la BDI. En juillet, l’industrie a consommé 21% de gaz en moins qu’au même mois l’an dernier. Cette baisse est en grande partie imputable à une diminution de la production. 

    Depuis juin, l’Institut de Kiel pour l’économie mondiale a révisé à la baisse sa prévision de croissance du PIB allemand en 2022 de 0,7 point de pourcentage, à 1,4 %. Il s’attend maintenant à ce que l’économie se contracte en 2023 et que l’inflation atteigne 8,7%. 

    Les entreprises familiales de taille moyenne qui ont fait durant des décennies la force de l’économie allemande sont en difficulté. Selon une enquête réalisée en juillet par FTI Andersch, un cabinet de conseil, près d’un quart des entreprises de moins de 1 000 salariés ont annulé ou refusé des commandes ou envisagent de le faire, contre 11% de celles comptant plus de 1000 employés. De nombreuses entreprises agroalimentaires sont confrontées à un double problème : l’absence de main-d’œuvre et le prix du gaz. Elles n’ont pas d’autres solution que de réduire leur production.

    Délocalisations de l’industrie 

    Selon l’organisation patronale BDI, plus de 10 % des entreprises de taille moyenne interrompaient ou réduisaient leur production en raison des coûts élevés des intrants. Une sur cinq envisage de transférer une partie ou la totalité de sa production dans un autre pays. Les deux cinquièmes ont déclaré que les investissements dans des méthodes de production plus vertes devront attendre. Les grandes entreprises à forte consommation d’énergie telles que la chimie ou la sidérurgie sont confrontées à une situation similaire. Elles doivent faire face à la concurrence d’entreprises étrangères, américaines ou asiatiques, qui ne rencontrent pas les mêmes problèmes énergétiques. BASF qui utilise le gaz naturel à la fois pour produire de l’énergie et comme matière première industrielle, a décidé de limiter au maximum sa production en Allemagne. L’entreprise sidérurgique Thyssenkrupp, a perdu la moitié de sa valeur marchande depuis janvier. Les grandes entreprises multinationales allemandes transfèrent leur production en-dehors de l’Europe accélérant ainsi la désindustrialisation du vieux continent. ArcelorMittal a annoncé son intention de fermer deux usines dans le nord de l’Allemagne. Stickstoffwerke Piesteritz, le plus grand producteur allemand d’ammoniac et d’urée, deux intrants chimiques importants, a fermé ses usines d’ammoniac en Saxe-Anhalt. 

    Industrie en friche dans la banlieue de Berlin – 2022 – © AFP

    Les constructeurs automobiles constatent une baisse sensible des commandes. Si jusqu’à maintenant les constructeurs allemands avaient peu délocalisé, ils pensent le faire dans les prochaines années, d’autant plus que l’électrification des voitures modifie en profondeur la chaîne de valeurs, les batteries devenant l’élément le plus coûteux en lieu et place du moteur.

    Hausse des coûts de production

    Au-delà des problèmes liés aux matières premières et à l’énergie, les entreprises se préparent à un cycle de négociations salariales annuelles avec syndicats allemands. Le syndicat IG metall a indiqué qu’il n’acceptera pas de hausses inférieures à 8 %. Or, les coûts de production, de plus en plus élevés, sont difficiles à répercuter sur les consommateurs. Les entreprises sont contraintes de rogner sur leurs marges. Certaines sont acculées à déposer leur bilan. Hakle, un fabricant de papier hygiénique, a déposé un dossier d’insolvabilité après avoir été incapable de répercuter sur ses clients l’augmentation de ses coûts de production. 

    Nul n’apprécie exactement le délai d’adaptation de l’économie allemande à la nouvelle donne. L’instauration de nouveaux circuits d’approvisionnement en énergie et en matières premières pourrait prendre un à deux ans. D’ici là, l’inflation pourrait rester élevée dans un pays qui, depuis 1924, a toujours voulu s’en préserver.

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