Bonjour à tous, bienvenue dans l’édition du 28 septembre du flash des Français de l’étranger. Ce mercredi on parle du budget 2023 dont les enveloppes pour les expatriés restent secrètes, de la France qui serait plus dangereuse que le Mexique, et de la réforme des retraites qui divisent le camp présidentiel.
Un budget 2023 bien opaque
C’est la conclusion de Renaud Le Berre, président de la commission des finances de l’Assemblée des Français de l’étranger qui se réunit en séance plénière à Paris la semaine prochaine. Comme le prévoit la loi organique de 2013, le gouvernement doit présenter pour avis le budget de la Nation aux élus des Français de l’étranger. Mais cette année, l’assemblée devra se prononcer sans connaitre la ventilation des budgets affectés au Ministère des affaires étrangères. La crainte, c’est que les 100 fonctionnaires annoncés pour renforcer les consulats soient affectés aux ambassades ou au Quai d’Orsay, mais aussi la baisse des budgets de solidarité. Affaire à suivre la semaine prochaine.
Olivier Becht – Ministre délégué aux Français de l’étranger et Gabriel Attal – Ministre du Budget
La France moins sûre que le Mexique ?
C’est en tout cas ce qu’affirme un classement révélé ce mois-ci. Et les résultats sont une véritable catastrophe pour les villes de l’hexagone : sur les 12 villes françaises présentes dans le classement, seule Strasbourg figure parmi les 200 premières sur un total de 453. Au final, la France est 27ème entre la Malaisie et le Brésil, le Mexique lui est 25ème. En tête du classement, les Émirats arabes unis, la Suisse et les Pays-Bas.
Bayrou s’inquiète d’un passage en force de la réforme des retraites
Désormais dans le viseur du président de la République, le patron du MoDem François Bayrou, n’a cessé depuis une dizaine de jours de s’épancher dans la presse, critiquant ouvertement l’Élysée. Pourtant son parti est le principal allié d’Emmanuel Macron, quelle sera son attitude si le gouvernement utilise le fameux article 49-3 ? La réponse le mois prochain !
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain ! Bonne journée à tous où que vous soyez.
Parmi les quelques prérogatives que détient l’Assemblée des Français de l’Etranger, la principale est celle d’être informée par le Gouvernement des dispositions liées aux Français de l’étranger, et au premier chef le projet de loi de finances et celui de la loi de financement de la Sécurité sociale de l’année à venir. Mais pour le budget 2023, il a été annoncé à la commission dédiée à l’AFE lors d’une réunion préparatoire que la session réunissant les 90 conseillers la semaine prochaine à Paris se tiendra en l’absence d’éléments budgétaires ! Une première, signe que les Français de l’étranger seront les perdants de la loi de Finances 2023 ?
« Je demande seulement au ministère du budget de respecter la loi et de nous fournir à temps les informations budgétaires nécessaires«
Renaud Le Berre, président de la commission des finances, du budget et de la fiscalité
Une institution consultative
L’Assemblée des Français de l’Etranger est l’institution représentative des Français établis hors de France. L’AFE est un organe consultatif comprenant 90 conseillers élus parmi les 442 conseillers des Français de l’étranger, élus lors des élections consulaires par les citoyens, pour un mandat de 6 ans. Son mode de représentation est calqué sur le Sénat.
Ainsi l’Assemblée des Français de l’étranger donne des avis consultatifs au gouvernement sur la situation des Français établis hors de France et sur toute question consulaire ou d’intérêt général, notamment culturelle, éducatif, économique et sociale. Elle peut prendre l’initiative de réaliser des études comme elle peut être consultée sur les sujets relatifs aux Français de l’étranger par le président de l’Assemblée nationale et celui du Sénat.
L’AFE est organisée autour de 6 commissions thématiques, qui rendent chaque année des rapports sur des sujets compris dans leur champ de compétence :
La commission des finances, du budget et de la fiscalité ;
La commission du commerce extérieur, du développement durable, de l’emploi et de la formation ;
La commission de l’enseignement, des affaires culturelles, de l’audiovisuel extérieur et de la francophonie ;
La commission des lois, des règlements et des affaires consulaires ;
La commission de la sécurité et de la protection des personnes et des biens ;
La commission des affaires sociales et des anciens combattants.
Les rapports adoptés par les commissions peuvent prendre la forme de résolutions votées en session plénière par l’ensemble des conseillers de l’AFE. Chaque année, la commission des finances du budget et de la fiscalité, présidée par Renaud Le Berre, depuis l’année dernière et le renouvellement de l’AFE, prépare un rapport sur le projet de Loi de Finances qu’elle soumet aux élus réunis lors de la séance plénière afin d’émettre un avis à destination du gouvernement avant le vote au parlement. Mais, cette année, comment le faire sans avoir les données ?
Mobilisation des élus
Du côté des élus, l’étonnement fut unanime. Les sénateurs, de tous bords, se mobilisent actuellement pour que la fameuse note Achille soit transmise à l’AFE avant l’ouverture de la session de la semaine prochaine. Ce document détaille les différentes enveloppes prévues dans le projet de loi de finances 2023 (que vous pouvez télécharger en fin d’article). Ainsi, les conseillers de l’AFE peuvent connaître la ventilation du budget dédié aux Français de l’étranger qu’on retrouve, en particulier, dans les programmes 151 et 185.
Olivier Becht – Ministre délégué aux Français de l’étranger et Gabriel Attal – Ministre du Budget
Chasser les effets d’annonce
Comme nous le précise, sous couvert de l’anonymat, une élue membre de la commission, en explorant en détail les budgets 151 et 185, les conseillers des Français de l’étranger peuvent chasser les effets d’annonce. Dans le collimateur, la répartition des nouveaux postes dont la création est prévue en 2023. Comme le rappelait Olivier Becht, Ministre délégué aux Français résidant hors de France, le gouvernement veut réarmer l’administration consulaire. Mais pour les élus de l’AFE (en majorité opposés à Emmanuel Macron), les nouveaux fonctionnaires iront renforcer le ministère à Paris et les ambassades au détriment de l’administration consulaire. Seule façon de s’en assurer, c’est d’analyser la fameuse note Achille.
« Les 100 nouveaux postes annoncés ne semblent pas être destinés au réseau consulaire qui en a vraiment besoin«
Renaud Le Berre, président de la commission des finances, du budget et de la fiscalité
Quid de la solidarité ?
L’autre point qui concentre tous les regards, c’est la solidarité nationale envers les Français résidant hors de France. Depuis le 01 septembre, l’aide exceptionnelle dans le cadre de la pandémie n’est plus distribuée. Cependant, après la Covid-19, c’est la guerre en Ukraine et l’inflation qui ont pris le relais.
Evidemment, l’idée n’est pas de faire supporter le coût de la vie des expatriés à nos compatriotes en France. Mais alors que certains sont confrontés à de lourdes difficultés dans des pays encadrant moins la montée des prix, les élus des Français de l’étranger espéraient un geste à destination de la classe populaire et moyenne.
Car pas besoin de partir à l’autre bout du monde pour s’apercevoir des conséquences de l’inflation. Par exemple, les Français travaillant en France mais vivant en Belgique sont pris dans un effet ciseaux avec d’un côté des salaires non indexés sur l’inflation mais des prix mieux contrôlés, et du côté belge des salaires indexés qui ont pour conséquence une augmentation des prix 2 à 3 fois supérieure à celle constatée en France. Ils sont donc pris à la gorge, entre les factures d’énergie qui ont été multipliées en moyenne par 4 et l’essence dont le prix n’est pas soutenu à la différence de la France.
Et les exemples se multiplient pour les frontaliers mais aussi bien plus loin comme au Liban ou en Israël où là c’est la chute de l’euro qui grève le budget de nos compatriotes. Dans l’Etat hébreu, la chute du pouvoir d’achat des retraités ou des cadres en mission (payés en euro dans ces deux cas) peut atteindre 20% sans compter l’inflation locale. D’ailleurs le député de la circonscription, Meyer Habib, a alerté sur des retours massifs qui pourraient avoir lieu dès la fin de cette année.
Là aussi, les élus n’auront aucune vision sur le budget qui pourrait être consacré aux associations caritatives qui ont pris le relais depuis le retrait de l’Etat. Mais là encore, la commission de l’AFE ne peut estimer l’effort de l’Etat sans avoir le détail des programmes précités. Pour l’instant, les premières analyses sont plutôt décevantes.
« Il semble qu’en termes réels, c’est à dire en élevant le taux d’inflation, le budget reste constant malgré les besoins«
Renaud Le Berre, président de la commission des finances, du budget et de la fiscalité
Du coté des ministères…
Renaud Le Berre
A Paris, du côté du Ministère des Français de l’étranger, on rappelle que c’est Bercy qui est souverain en la matière. Du côté des cabinets des ministres de l’économie et du budget, on nous indique que les fonctionnaires y travaillent d’arrache-pied mais que les ajustements de dernière minute n’ont pas permis de suivre le calendrier usuel. Il reste moins d’une semaine avant l’ouverture de l’AFE, Renaud Le Berre, comme les autres élus, espèrent qu’ils auront les éléments nécessaires à une bonne analyse et pourront ainsi jouer leur rôle de conseil au mieux.
« J’ai encore l’espoir de pouvoir travailler avec la Commission des finances, de la fiscalité et du budget avec la tant attendue note Achille«
Renaud Le Berre, président de la commission des finances, du budget et de la fiscalité
Donner la parole aux acteurs de terrain de l’enseignement français à l’étranger, voilà la belle ambition de la nouvelle plateforme participative « ReflexeS » qui a été lancée et présentée hier par la sénatrice Samantha Cazebonne. Les débats étaient disponibles en ligne ainsi qu’en présentiel depuis le Sénat. L’animation était réalisée par l’ex Président de la Fapee, désormais collaborateur de la sénatrice, François Normand.
ReflexeS, une plateforme participative et des débats sur l’éducation à l’étranger qui jalonneront l’année
La journée du 22 septembre constituait l’acte un de ces moments d’échanges que la sénatrice souhaite réguliers : cinq autres rendez-vous devraient suivre. L’objectif est de recueillir la parole et l’avis des décideur de terrain et de valoriser les actions éducatives des plus significatives aux plus modestes. Si ce premier colloque portait sur l’état des lieux de la rentrée, le suivant, le 24 novembre, traitera « des critères d’homologation, du financement et du développement du réseau ». La clôture de cette année d’échanges et de réflexions aura lieu en juin avec un bilan des consultations et débats de l’année.
La sénatrice, ex députée LREM et membre de Renaissance, souhaite une approche « apolitique » et sans jugement de valeur. Elle a présenté le résultat d’une consultation en ligne qui atteste du souci des familles de voir des frais de scolarité contenus et de s’impliquer dans la gouvernance des établissements.
Samantha Cazebonne
Les décideurs de haut niveau se sont succédés à la tribune. Le ministre de l’éducation nationale Pap Ndiaye, en visioconférence, a rappelé que le ministère s’attelait à la réussite de l’objectif du Président Macron de doubler les effectifs d’élèves à l’étranger pour 2030. Cette « croissance voulue et accompagnée » passant par une politique d’homologation de nouveaux établissements est faite à un rythme plus soutenu.
Un réseau en croissance d’effectifs
Le réseau est constitué désormais de 566 établissements à cette rentrée contre 490 en 2018, ce qui témoigne de l’accélération des homologations malgré la crise COVID. Le directeur de l’AEFE, M. Brochet, a rappelé que c’était la première rentrée véritablement apaisée, avec un réseau qui renoue globalement avec une croissance très nette qui se situe à +2,7 % pour 390 000 élèves au total. La plus forte hausse se situe au Maghreb ou en Afrique sub-saharienne avec une croissance comprise entre 3 et 5%. La légère décroissance des effectifs en Europe n’est liée qu’à la guerre en Ukraine et c’est au Liban que la situation reste la plus problématique avec une crise économique et politique qui se prolonge hélas.
Les potentiels de développement du réseau selon la Mission laïque
Jean-Marc Merriaux, directeur général de la Mission laïque française a d’abord insisté sur les spécificités de notre enseignement français à l’étranger par rapport à la concurrence, notamment anglo-saxonne : la scolarisation dès la maternelle, l’enseignement des humanités ou la désormais bonne pratique des langues. Les potentiels de développement et d’amélioration se situent d’après lui dans le besoin de certification en français mais aussi dans l’apprentissage et la valorisation des « soft skills », c’est à dire les nouvelles compétences propres au 21ème siècle, notamment dans le domaine du numérique.
Luc Chatel, président du groupe Odyssey, réclame d’aller plus loin et plus vite
Le président du groupe privé Odyssey, qui dispose d’un réseau privé d’établissements homologués à l’étranger, a rappelé que seulement 10 % de l’objectif fixé par Emmanuel Macron avait été atteint à ce stade et qu’il faudrait aller beaucoup plus vite. Pour lui les grands groupes anglo-saxons à l’international ont pris de l’avance et compteraient 13 000 établissements dans le monde. L’ex ministre l’a dit : « notre concurrent ce n’est pas l’Etablissement à gestion directe (EGD) », désamorçant d’éventuelles tensions avec l’opérateur public. Chatel demande « plus d’agilité » au système d’homologation et une gestion moins bureaucratique. Les états généraux de l’enseignement français à l’étranger, réclamés aussi par la sénatrice Cazebonne, devraient être l’occasion de faire des propositions pour « combler le gap » qui existe avec les Anglo-Saxons. La sénatrice l’a affirmé : « Vous êtes ceux qui développerez le réseau beaucoup plus que les pouvoirs publics ». Un cap libéral et privé assumé pour que le groupe Odyssey prenne plus de responsabilités encore à l’avenir.
La sénatrice Hélène Conway, ex ministre des Français de l’étranger sous la présidence Hollande, a critiqué l’approche libérale développée à la tribune en rappelant la nécessité de « renforcer l’outil AEFE qui va de crise en crise » depuis 2017. Elle a insisté sur la capacité de l’opérateur public à développer une politique de bourses scolaires attractive et a rappelé que l’AEFE en tant qu’ensemblier donnait de la cohérence au fonctionnement de notre réseau, notamment au plan pédagogique et en termes de formation des personnels.
Des voix du terrain et des visions alternatives au cap libéral
Des personnalités travaillant sur le terrain ont eu ensuite l’opportunité de s’exprimer. Nous citerons Jean-Hervé Fraslin, qui vit depuis plusieurs dizaines d’années à Madagascar et est conseiller des Français de l’étranger. L’élu local s’est félicité de l’ouverture d’un 23ème établissement homologué sur la grande île. Il a réclamé une répartition des moyens plus équitable pour éviter que les élèves français soient concentrés dans l’établissement à gestion directe de Tananarive et les élèves malgaches dans les établissements partenaires. La proportion d’élèves français est en effet plus fortement marquée dans l’EGD.
La proviseure du Lycée français de Prague Céline Allatre a pu illustrer les difficultés rencontrées en Europe pour maintenir les effectifs ou les développer malgré une présence historique de ce lycée qui date de 1919. Les élèves du lycée représentent quarante nationalités différentes et l’établissement propose un enseignement plurilingue en tchèque, français et anglais, avec la possibilité de passer un Baccalauréat général et désormais le Baccalauréat français international. Malgré son dynamisme, l’établissement doit se battre pour préserver ses effectifs avec la concurrence d’autres établissements internationaux à Prague qui rendent ce défi permanent.
Les représentants des personnels se sont exprimés ensuite avec force. Boris Faure, représentant de l’UNSA, a critiqué un colloque à la dimension idéologique forte. Il a détaillé les postulats idéologiques qui d’après lui ont marqué les interventions des décideurs. Le postulat de suprématie de la gestion privée sur la gestion publique, le souhait de contrôler les enseignants par une évaluation de leurs performances, l’obsession pour le contrôle de la gouvernance des établissements par les parents. La CFDT a mis l’accent sur la valorisation des personnels, et sur le soutien nécessaire aux moyens de l’Agence dans le prochain projet de loi de finances.
Nous suivrons avec attention les autres débats ReflexeS qui jalonneront l’année à venir, sur un sujet majeur, l’enseignement français à l’étranger, et dans une période où ce réseau se développe en misant essentiellement sur les groupes privés pour parvenir à atteindre l’objectif du Président Macron, ce qui n’est pas sans faire débat en interne à l’AEFE et parmi les défenseurs de l’enseignement public hors de France.
Les résultats d’une enquête menée par le site Numbeo, référence en matière de données sur les villes et les pays du monde, fait couler beaucoup d’encre en France. La raison, les touristes ne considéreraient plus la France comme un pays sûr. Un sentiment qui conforte une autre étude, celle de Global Peace Index, qui démontrait la progression constante de l’insécurité dans les pays occidentaux. Mais alors quels sont les pays les plus sûrs au monde ? Une bonne question si vous avez envie de poser vos valises dans un nouveau pays en 2022 !
La France moins sûre que le Mexique
Pakistan, Mexique ou encore Inde… des destinations aujourd’hui plus sûres que la France aux yeux des touristes selon l’étude de Numbeo. Dans un classement relayé vendredi 23 septembre dans Le Figaro, le pays des droits de l’homme est même considéré comme un très mauvais élève en matière de sécurité.
Parmi les 453 villes de la planète recensées, douze sont françaises, et seulement une se place dans le top 200 des villes les plus sûres : en l’occurrence Strasbourg (166e). Mais pour Bordeaux (272e), Toulouse (282e), Paris (350e) et Marseille (387e), c’est la dégringolade. Ainsi la France est tellement mal perçue qu’elle tombe dans les dernières places du classement mondial tandis qu’au niveau européen, notre pays arrive dernier.
Huit des dix pays les plus sûrs du monde se trouvent en Europe
Pour Global Peace Index qui élargit son enquête aux résidents, les résultats sont similaires. La France est mal classée et ce alors que huit des dix pays les plus sûrs du monde se trouvent en Europe.
L’Islande est toujours en tête, étant l’endroit le plus pacifique de la planète depuis 2008. La Nouvelle-Zélande, le Danemark, le Portugal et la Slovénie font partie du top 5 des pays les plus sûrs en 2021. L’Autriche, la Suisse, l’Irlande, la République tchèque et le Canada complètent les dix pays les plus sûrs.
Pour réaliser son enquête, Global Peace Index examine 23 indicateurs qualitatifs et quantitatifs et mesure l’état de paix dans trois domaines, à savoir :
Le niveau de sûreté et de sécurité de la société
L’ampleur des conflits nationaux et internationaux en cours
Le degré de militarisation
Ces indicateurs sont, par exemple, les taux d’incarcération, les taux d’homicides, les décès dûs aux conflits internes, les perceptions de la criminalité, etc., et une moyenne est calculée pour obtenir un score global – un pays est plus sûr s’il obtient un score plus bas.
Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a présenté lors du Conseil des ministres ce lundi 26 septembre le budget 2023 (projet de loi de financesou PLF), et le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), pour l’année 2023, tous deux placés sous le sceau de la « protection ». En arrière-plan, le spectre du 49-3.
« Nous voulons et nous devons faire baisser l’inflation en France et en Europe », a déclaré Bruno Le Maire au cours de la conférence de presse, avant d’ajouter que le PLF devait répondre à une « priorité absolue ».
Le projet de loi de finances définit les postes de dépenses du gouvernement français pour l’année à venir. Une tâche complexe pour les ministres, alors que l’inflation frappe de plein fouet l’économie française et que le gouvernement n’a qu’une majorité relative à l’Assemblée nationale. Le risque ? Le passage en force du texte de loi par le biais du 49-3.
Si M. Le Maire se félicite d’une croissance qui a « résisté » face à la crise pour atteindre 2,7 % d’ici la fin de l’année, une « stratégie de réduction de l’inflation » s’impose, allant de pair avec un rétablissement des dépenses publiques.
Selon le gouvernement cela permettrait de faire baisser la dette dès 2026 et repasser sous la barre des 3 % de déficit d’ici 2027.
Parmi les gagnants de cette grand-messe de l’actualité politique en France : le ministère du Travail (+6,7 milliards d’euros par rapport à 2022), de la Transition écologique (+6,6 milliards), de l’Éducation nationale (+3,7 milliards) et de la Santé (+2,1 milliards).
Le bouclier énergétique continuera de s’appliquer en 2023. Cela permettra de limiter l’augmentation des factures d’énergie à 15 % – « de l’ordre de 110 à 120 % si nous n’étions pas intervenus », a martelé Gabriel Attal, ministre délégué chargé des Comptes publics. La mesure pèsera 16 milliards d’euros à l’État, dont 11 milliards pour le gaz.
Le ministre de l’Economie a aussi annoncé l’indexation sur l’inflation du barème de l’impôt sur le revenu, pour éviter le passage de nombreux contribuables d’une tranche d’imposition à une autre.
Le gouvernement a confirmé la suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), actant la volonté affichée de baisser les impôts « pour favoriser le pouvoir d’achat » et « renforcer la compétitivité des entreprises », selon le communiqué du ministère de l’Economie.
Grande inconnue néanmoins : la réforme des retraites. Si M. Le Maire confirme qu’elle est « intégrée dans la stratégie de redressement des comptes publics » de 2023, aucune précision sur sa mise en œuvre.
La question est pourtant cruciale à l’heure où la réforme pourrait être adoptée via un amendement dans le PLFSS. Les partenaires sociaux et l’opposition y sont fermement opposés. « Le faire par amendement, c’est inacceptable », expliquait encore lundi Laurent Berger, président de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) et président de la Confédération européenne des syndicats (CES), au micro d’Europe 1.
Même son de cloche pour François Bayrou, patron du MoDem et soutien d’Emmanuel Macron. Dans une interview accordée au journal Le Parisien samedi 17 septembre M. Bayrou a déclaré : « le passage en force, c’est le contraire de l’esprit du CNR [Conseil national de la refondation] qui réclame d’examiner les problèmes ensemble ».
Avant d’ajouter qu’ « avec un travail préalable en commun […] elle [la réforme des retraites, NDLR] peut être adoptée dès l’été 2023 ».
« 70 % des Français sont prêts à soutenir un mouvement social sur la question des retraites »selon le député La France insoumise Manuel Bompard, qui, de son côté, à l’unisson avec les autres partis de gauche, appelle à une grande mobilisation « contre la vie chère et l’inaction climatique ».
La santé au cœur de l’attention
En parallèle du projet de loi de finances, le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) était également présenté hier matin au ministère de l’Economie et des Finances.
Deux ans après la crise de la Covid-19, « il n’y aura pas d’économies sur l’hôpital », a promis le ministère de la Santé, qui souhaite être dans une « logique d’accompagnement » de sortie de crise.
Le projet de loi prévoit également d’accentuer la stratégie du gouvernement sur la prévention alors que « la France a du retard par rapport à ses voisins européens », a reconnu le ministère de la Santé.
Autre dépense de santé : la petite enfance (1,5 milliard d’euros), une politique de soutien à l’autonomie (1,5 milliard d’euros) et la construction d’ « une société plus inclusive pour les personnes en situation de handicap ».
Pour rappel, en Europe la France fait figure de mauvais élève sur le sujet. En juin 2019, la Commission européenne a adopté une directive pour renforcer l’accessibilité des personnes handicapées. À ce jour, la France n’a toujours pas appliqué la directive, ce qui lui a valu d’être épinglée par l’UE cet été.
Le gouvernement souhaite également lutter contre la fraude aux prestations sociales notamment en renforçant les systèmes d’information.
D’autres actions, « dont le plan chlordécone, le plan national santé environnement, la stratégie nationale de l’alimentation, de la nutrition et du climat, ainsi que la lutte contre l’antibiorésistance » sont aussi au cœur du chapitre Santé du PLFSS.
Tenir le cap des dépenses avec celui du climat
Le budget 2023 ne doit pas mettre à mal les objectifs de protection du climat de la France, qui vise une neutralité carbone d’ici 2050, tient à préciser Bruno Le Maire.
Fait notable, « nous ne financerons plus les garanties exports pour les énergies fossiles » comme l’exploration, le raffinement et le transport, ajoute-t-il.
Autre poste d’investissement : la rénovation énergétique. En 2023, près de 3 milliards d’euros seront consacrés à la rénovation énergétique des logements privés, a annoncé Bruno Le Maire. Les fonds serviront notamment à financer le dispositif « MaPrimeRenov’ », une aide publique qui permet de faire des travaux d’isolement thermique.
Au total, Gabriel Attal préconise une baisse des dépenses de l’Etat de 0,4 % en volume tous les ans pour les cinq ans à venir. Les seules dépenses qui continueront d’augmenter seront celles de la santé.
Bercy table sur un ralentissement considérable de la croissance en 2023, bien que celle-ci reste positive à 1 %. La Banque de France, quant à elle, a revu ses estimations de 1,2 % à 0,5 % pour la même période.
Le PLS et le PLFSS seront présentés à l’Assemblée nationale le 3 octobre prochain.
Depuis la sortie des confinements, la Banque centrale européenne parie sur une inflation transitoire essentiellement issue de l’augmentation du prix des biens importés.
La Réserve Fédérale américaine a une autre vision de l’inflation en lien avec la situation économique locale. Les plans de relance décidés par Donald Trump et Joe Biden ont provoqué une hausse de la demande et mettent sous tension l’offre. Il en a résulté une augmentation des prix sur laquelle s’est greffée la hausse des prix des matières premières et de l’énergie. Depuis plusieurs semaines, la Réserve Fédérale affiche sa volonté de ramener rapidement l’inflation totale des États-Unis à 2%. Elle a clairement indiqué son intention de relever significativement ses taux directeurs. Cette politique s’accompagne d’une politique budgétaire restrictive qui réduira la demande finale. Le déficit public qui avait atteint 14% du PIB en 2021 devrait revenir autour de 4 points de PIB en fin d’année. L’effort de réduction est sans commune mesure avec celui pratiqué au sein de la zone euro.
Une politique beaucoup plus accommodante
La politique budgétaire de la zone euro, à la différence de celle des États-Unis, reste expansionniste en 2022 et 2023 avec un déficit de plus de 5 points de PIB. La BCE affiche une politique beaucoup plus accommodante.
Si les taux directeurs de la FED évoluent entre 2,25 et 2,50 %, ceux de la BCE sont compris dans une fourchette bien plus basse (0,75 à 1,25 %). Un tel écart de politique monétaire s’explique par la nature en partie différente de l’inflation. La BCE estime que celle-ci est avant tout importée et que les salaires augmenteront peu.
Une décrue de l’inflation dès 2023
Si ce scénario s’avère exact, une décrue de l’inflation pourrait intervenir en 2023. En ce début d’automne, le prix du pétrole s’est stabilisé autour de 90 dollars le baril quand ceux des métaux non précieux sont en recul. Seuls le gaz et l’électricité demeurent orientés à la hausse.
Le scénario de la BCE pourrait être mis à mal en cas d’amplification des revendications salariales. Actuellement, la hausse des salaires reste inférieure au taux d’inflation : 4 % contre 9 %. Les tensions au sein des entreprises ont néanmoins tendance à s’accroître. Du fait de l’absence de gains de productivité, les entreprises seront dans l’obligation de répercuter sur les prix de vente une part non négligeable des hausses de salaire, ce qui alimentera l’inflation.
Les hausses salariales pourraient être contenues si les pouvoirs publics maintiennent les boucliers tarifaires et les ristournes. Les déficits budgétaires se substituent ainsi aux hausses des salaires.
Un problème de solvabilité des Etats
Cette politique aboutit à un accroissement de l’endettement public qui, par ailleurs, rend de plus en plus difficile une hausse des taux. Celle-ci pourrait provoquer un grave problème de solvabilité des États et une fragmentation de la zone euro. Or, l’autre objectif de la BCE est d’éviter autant que possible une récession importante et longue aux États de la zone euro qui a déjà été confrontée à quatre grandes crises en quinze ans : la crise des subprimes, celle des dettes publiques, l’épidémie de Covid et la guerre en Ukraine.
Au fil des mois, le pari de la BCE apparaît de plus en plus hasardeux, la dynamique de l’inflation risquant de mettre sous tension les finances publiques des États membres d’autant plus que la croissance ralentit et que les gains de productivité sont nuls.
Bonjour à tous, on est le 27 septembre, dans votre édition du mardi aujourd’hui on parle du résultat des élections en Italie, d’Olivier Becht de retour de sa tournée dans l’Indo-Pacifique et des premières informations sur le budget 2023 en France.
Les Français sont sur le qui-vive
C’est ainsi que parle Gaëlle Barré, la Présidente du conseil consulaire de Rome, dans une interview à retrouver sur lesFrancais.press ou à écouter à midi et à minuit (CET) sur l’antenne de la radio des Français dans le monde. Avec Gauthier, elle décrypte pour nous le résultat de l’élection italienne tout en relativisant l’impact de la montée de l’extrême droite, l’Italie ayant besoin de l’UE plus que jamais. Cependant les Français comme les autres communautés étrangères s’inquiètent de l’état d’esprit qui se développe en Italie.
Le Ministre des Français de l’étranger de retour d’une tournée en Australie, à Singapour et en Indonésie.
Olivier Becht est aussi ministre du commerce extérieur, c’est dans le cadre de ces fonctions qu’il était donc en mission dans ces 3 pays. Sur place, il a pourtant tenu son engagement de rencontrer les communautés françaises. Il en a profité pour leur rappeler les engagements du gouvernement pour les Français de l’étranger et est revenu en France avec de nouveaux accords et contrats. Une mission réussie pour Olivier Becht.
Le budget 2023 se dévoile en France
Le gouvernement a présenté ce lundi son projet de loi de finances (PLF) pour 2023, un budget qu’il estime « responsable et protecteur », selon l’expression du ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Au menu : bouclier tarifaire, transition écologique, croissance à 1%, inflation à 4,5% et plus de fonctionnaires et moins d’impôts, une équation qui semble être trop belle pour être vraie. Les discussions pour son adoption ne font que commencer.
C’est tout pour aujourd’hui, à demain pour une nouvelle édition consacrée à l’actualité des expatriés
Avec Stereochic, on reçoit Gaëlle Barré, présidente du conseil consulaire d’Italie du sud et résidente à Rome depuis 25 ans (elle est aussi une des personnalités à l’origine du baromètre des Français de l’étranger). Ensemble, on revient sur les élections italiennes de ce dimanche 25 septembre qui a vu une vague post-fasciste déferler sur l’Italie. Un vote qui interpelle les Français et plus généralement tous les Européens.
Une admiratrice de Mussolini
« Fratelli d’Italia », mené par Giorgia Meloni, est arrivé en tête des élections législatives italiennes avec près de 44% des voix, dont 25% pour le seul parti de la nouvelle madone italienne. Et pourtant cette dernière s’inscrit dans la mouvance néo-fasciste, alors que la politicienne assure avoir adouci ses positions. Mais à l’âge de 19 ans, Giorgia Meloni n’hésitait pas à dire son admiration pour Mussolini.
La coalition (droite et extrême droite) dont elle devrait prendre la tête est donnée en tête avec environ 43 % des voix puisque La Ligue (mouvement d’extrême droite mené par Matteo Salvini) est créditée de 8 à 12 % tandis que Forza Italia (partie de Silvio Berlusconi) pourrait obtenir de 6 à 8 %. Si ces résultats se confirmaient, FdI et la Ligue remporteraient ensemble « le pourcentage le plus élevé de votes jamais enregistré par des partis d’extrême droite dans l’histoire de l’Europe occidentale de 1945 à aujourd’hui », a relevé le Centre italien d’Etudes électorales (CISE).
Pour l’élue consulaire, Gaëlle Barré, Meloni est plus une souverainiste qu’une populiste. Comme Marine Le Pen, elle est pour des Etats forts au sein de l’Union européenne mais aussi une grande conservatrice qui s’oppose au droit des homosexuels ou à l’avortement.
« Elle n’est pas populiste, c’est une véritable souverainiste. (..) Elle est dangereuse car elle fera tout pour mener son projet à terme »
Gaelle Barré, Présidente du Conseil consulaire de Rome
De droite à gauche Matteo Salvini, Silvio Berlusconi, Giorgia Meloni, le 22 septembre 2022 (AP Photo/Gregorio Borgia)
Une ombre sur le projet européen
Après une poussée du Rassemblement national en France, une bascule en Suède, les cas de la Pologne et en Hongrie, l’Italie rejoint le club, comme les deux derniers pays cités, des pays dirigés par des souverainistes.
Une situation qui inquiète à Bruxelles, à Paris, mais aussi à Rome, Gaëlle Barré, dans le podcast, revient sur les difficultés que rencontre l’Union européenne pour expliquer, transmettre, le projet européen aux peuples.
Pour les expatriés, l’Union européenne a pourtant été un vent de liberté, instaurant un ensemble de droits communs aux citoyens du continent, et en premier lieu la liberté de circuler et de s’installer dans tous les Etats membres de l’espace Schengen. Une inquiétude que partage Gaëlle Barré, tout en la nuançant comme elle l’explique dans le podcast disponible en fin d’article, elle revient ainsi sur l’Europe solidaire.
« J’ai envie de rester positive, depuis la crise de la Covid, l’Italie est bénéficiaire d’un fond européen très consistant. Giorgia Meloni ne remettra pas en cause les bases, l’Italie a besoin de ces fonds »
Gaelle Barré, Présidente du Conseil consulaire de Rome
« Les Français sur le qui-vive «
Enfin, on conclut sur le sentiment que partagent nos compatriotes installés, sur place : l’inquiétude. Alors que le projet européen est clairement attaqué par l’adhésion de 25% du corps électoral italien au parti de Giorgia Meloni, il est naturel que les communautés étrangères installées dans le pays se sentent visées. Et cet état d’esprit est bien celui des Français d’Italie qui sont donc en attente des premières décisions du nouveau gouvernement en gestation ; comme le dit la présidente du conseil consulaire, nos compatriotes sont sur le qui-vive.
Gaëlle Barré
Cependant, comme le rappelle Gaëlle Barré, la dépendance de l’Italie aux financements européens est trop importante pour que le cadre de l’Union soit remis en cause. En sus, comme nous le signale l’élue des Français de Rome, les liens entre la France et l’Italie sont nombreux, déjà les 50 000 Français installés dans le pays (même si le nombre exact est difficile à déterminer), mais aussi les volumes d’échanges entre nos deux pays et les investissements respectifs de chaque côté de la frontière.
La victoire de Giorgia Meloni est un signal fort envoyé à tous, mais pour Gaëlle Barré, la situation de l’Italie ne lui permet pas de se passer de l’UE et la nouvelle femme forte du pays va devoir l’expliquer à ses compatriotes. C’est en tout cas le souhait de l’élue consulaire, et à ne pas en douter, de nos compatriotes sur place.
Olivier Becht, le ministre des Français résidant hors de France, est aussi celui du Commerce extérieur. La semaine dernière, il a visité des pays dans l’Indo-Pacifique où il était venu renforcer le volet économique de la stratégie française. Un premier déplacement qui l’a mené d’Australie à l’Indonésie, sans oublier Singapour. Les observateurs étaient particulièrement attentifs aux relations entre Paris et Canberra après l’affaire des sous-marins.
Réchauffement des relations avec l’Australie
Lors de son séjour à Sydney, Olivier Becht avait la lourde mission de relancer les relations économiques entre nos deux pays. Pour cela, il a vanté les mérites des champions français du transport urbain, tels que Keolis ou Transdev, déjà très bien implantés en Australie, et le rôle qu’ils pourraient jouer pour réduire la dépendance des villes et des Etats australiens à la voiture. Autre entreprise mise en avant, la société Neoen, qui produit déjà plus de 2000 MW d’électricité issus du solaire et de l’éolien et exploite quelques batteries géantes de stockage en Australie.
Olivier Becht a également profité de son séjour pour évoquer la question des matériaux critiques, dont le sous-sol australien regorge, et qui sont essentiels à la construction de batteries rechargeables. Un domaine dans lequel la France ambitionne de devenir un acteur majeur. « C’est un sujet sur lequel on veut travailler avec l’Australie. Nous sommes aussi là pour sécuriser et diversifier nos approvisionnements en terres rares, en nickel, en cobalt, en lithium, et pour voir comment on peut travailler ensemble sur le raffinage de ces produits », précise le ministre.
A la fin de son séjour en Australie, le ministre délégué auprès du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a prononcé un discours à Sydney devant la communauté française, comme il s’était engagé à le faire lors de chaque déplacement. Après la séquence pandémie qui a isolé nos compatriotes de longs mois de la France, Olivier Becht était venu porter un message de solidarité et de « retour à la normale ». Une situation appréciée par les expatriés sur place qui sont de plus en plus nombreux, le pays attirant énormément les moins de 30 ans. Le ministre en a aussi profité pour évoquer le potentiel voyage du Président de la République sur l’île-continent courant novembre.
Olivier Becht devant la communauté française à Sydney
A Singapour, à la recherche de terres rares
A Singapour, deuxième port du monde et quatrième destinataire des flux d’investissements directs étrangers (IDE) français, le ministre Olivier Becht a continué sa quête de terres rares. Il ainsi évoqué avec les autorités de la Cité-Etat et les principaux armateurs les opportunités pour la France de diversifier ses chaînes d’approvisionnement notamment en matière de ces fameux métaux critiques.
S.Iswaran et O.Becht
Mais ce n’est pas tout, Olivier Becht est rentré à Paris avec du concret. Avec le ministre en charge des relations commerciales de Singapour, S. Iswaran, ils ont adopté le plan de travail du Partenariat numérique et vert France-Singapour (DGP), couvrant des domaines tels qu’un programme de co-innovation pour soutenir des projets communs de R&D de Singapour et d’entreprises françaises, des systèmes d’étiquetage de cybersécurité, d’Intelligence Artificielle, et de conservation du patrimoine.
En Indonésie, à la conquête d’un nouveau marché
En Indonésie, la France veut accompagner la reprise économique qui s’opère dans ce pays de plus de 270 millions d’habitants, et proposer en particulier son expertise dans le domaine des énergies renouvelables, du numérique et du développement urbain.
Le ministre délégué au Commerce extérieur a prolongé son séjour sur place pour participer également à la réunion des ministres du commerce du G20 à Bali du 21 au 23 septembre 2022. Il y a réaffirmé l’engagement de la France à promouvoir un commerce libre et équitable, fondé sur les règles du système multilatéral.
Dans la capitale Jakarta, Olivier Becht a aussi organisé une rencontre avec la communauté française sur place. Petite communauté, mais bien organisée et qui sait se faire entendre, c’est d’ailleurs de là-bas que le groupe Facebook « Mécontents de la CFE » est piloté.
Mais le discours d’Olivier Becht était sur le ton de l’enthousiasme et de la mobilisation économique. Ainsi, il a rappelé une fois de plus que « les Français de l’étranger sont les porte-drapeaux et les ambassadeurs de la France ». Il leur a demandé de participer activement aux objectifs français. Notre pays, en effet, voudrait bien exporter plus dans la région et en particulier via les PME. Pour cela, il a déclaré que les acteurs français sont prêts à investir sur le marché indonésien. Pour rappel, ce marché émergent est le 4ème plus peuplé au monde. Inversement, il y a encore peu d’investissements indonésiens en France, Olivier Becht a donc demandé à nos compatriotes de faire la promotion de notre pays et de son économie.
Les acteurs belges font les beaux jours du cinéma français, comme Emilie Dequenne qui illumine « Chez nous », le beau film de Lucas Belvaux avec André Dussolier et Catherine Jacob. A quelques jours de l’ouverture du Festival international du film francophone de Namur, TV5MONDE avec Louis Héliot fait le point sur la place des Belges francophones dans le cinéma français.
La Belgique est peut-être trop petite pour tous les talents qu’elle produit, nous dit avec une pointe d’humour Louis Héliot, chargé du cinéma au Centre Wallonie-Bruxelles. « La plupart des Belges ne sont pas cocardiers, ils ne revendiquent pas leur nationalité. » Il publie « Ces Belges qui font le cinéma français » aux éditions Ces impressions nouvelles.
Louis Héliot, le trait d’union entre Bruxelles et Paris
Conseiller cinéma et responsable de la programmation cinéma du Centre Wallonie-Bruxelles à Paris depuis 1992, Louis Héliot fait le lien entre les professionnels belges et français pour favoriser la production, la distribution et la diffusion des films belges francophones. Il organise plusieurs festivals annuels dont « Le Court en dit long » — compétition de courts métrages belges ou franco-belges — et la « Quinzaine du cinéma francophone » — sélection de films inédits en provenance des pays de la Francophonie.
Festival international du film francophone de Namur
A la manoeuvre, Louis Héliot est la pierre angulaire du Festival international du film francophone de Namur.
Depuis 1986, ce festival promeut et diffuse des longs métrages et des courts métrages de fiction, d’animation ou documentaires, reflets de la diversité de la Francophonie. Chaque année, plus de 120 films sont présentés au public namurois, avec une place importante consacrée au cinéma belge et à ses artisans. Une trentaine de longs et une dizaine de courts métrages de production française sont proposés chaque année aux 30 000 spectateurs présents.