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  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 05.10.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 05.10.22

    Bonjour à tous, nous sommes mercredi 05 octobre, dans le flash du jour on parle de la deuxième journée de l’AFE, de la fin des dernières mesures Covid aux frontières, tandis que le port du masque pourrait être réinstauré en France.

    A l’AFE, les auditions ont commencé 

    Le gouvernement a fait de grandes annonces sur le budget du ministère des affaires étrangères comme le recrutement de 100 équivalents temps plein (ETP) pour renforcer l’administration. Il a aussi confirmé le déploiement de France Consulaire et des fameux établissements de formation régionale qui doivent former les nouveaux professeurs et encadrants des réseaux scolaires hors de France. Mais sont-ils budgétés ? C’est la question à laquelle devra répondre la commission Finances de l’AFE dans les prochains jours. Renaud Le Berre, son président, doute de la véracité de l’effort affiché du gouvernement.

    Français de l'étranger
    Assemblée des Français de l’étranger le 03 octobre 2022 ©Jérémy Michel

    Retour à la normale aux frontières 

    Même si la pandémie est loin d’être terminée, les derniers pays ayant maintenu des restrictions aux frontières les lèvent les unes après les autres. Après Hong-Kong, l’Australie, c’est le Canada qui n’exige plus de tests PCR pour arriver sur son territoire, c’est aussi la fin de la quarantaine. Lundi prochain, c’est le Japon qui rouvrira ses portes aux visiteurs en mettant fin aussi aux obligations sanitaires. Seule la Chine maintient une politique sévère à l’entrée de son territoire. 

    Passersby wearing protective face masks, following an outbreak of the coronavirus disease (COVID-19), walk on the steet at an izakaya pub alley in Tokyo, Japan June 9, 2022. REUTERS/Issei Kato

    Le masque sera-t-il obligatoire cet hiver en France ? 

    Invitée sur France Info ce vendredi 30 septembre 2022, la nouvelle présidente du Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires, Brigitte Autran, a indiqué que la huitième vague de Covid-19 était bien « réelle » et qu’elle était favorable à un retour du port du masque dans les transports en commun et « dans tous les endroits peuplés ».

    mesures Covid dans le monde
    ©AFP Métro parisien janvier 2022

    Le ministre de la Santé, François Braun, a aussi appelé au retour du masque dans les transports ces derniers jours en cette période de reprise épidémique, et a indiqué réfléchir à réinstaurer une obligation pour les trajets entre régions et à destination du territoire national.

    C’est tout pour aujourd’hui, beau mercredi à tous et en particulier aux petits expatriés qui achèvent leur premier mois de cours. A demain.

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Le point sur les mesures Covid dans le monde

    Le point sur les mesures Covid dans le monde

    En France, tous les indicateurs sont à la hausse, le taux d’incidence grimpe en flèche dans l’ensemble des départements en France métropolitaine avec une moyenne de 358 cas pour 100 000 habitants, soit environ 35 000 nouvelles contaminations quotidiennes en moyenne. Aussi la hausse du taux d’incidence fut de 22% en cette dernière semaine de septembre et logiquement les hospitalisations commencent légèrement à augmenter également. Mais si en France la situation semble de nouveau déraper, au niveau mondial c’est bien le retour à la normale qui prédomine.

    La France veut rétablir le masque dans les transports en commun

    Pour voyager en train ou en avion vers la France, il faudra pour cela sûrement porter un masque, qui sera aussi à conserver dans les métros, trams et bus.

    Invitée sur France Info ce vendredi 30 septembre 2022, la nouvelle présidente du Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires, Brigitte Autran, a indiqué que la huitième vague de Covid-19 était bien « réelle » et qu’elle était favorable à un retour du port du masque dans les transports en commun et « dans tous les endroits peuplés ».

    Le ministre de la Santé, François Braun, a aussi appelé au retour du masque dans les transports ces derniers jours en cette période de reprise épidémique, et a indiqué réfléchir à réinstaurer une obligation pour les trajets entre régions et à destination du territoire national.

    Les dernières barrières anti-Covid sautent

    Même si la pandémie est loin d’être terminée, les derniers pays ayant maintenu des restrictions aux frontières les lèvent les uns après les autres.

    Canada : plus d’obligation de dépistage ni de quarantaine

    Le gouvernement canadien a annoncé lundi 26 septembre mettre un terme le samedi 1er octobre à toutes les restrictions sanitaires aux frontières visant à lutter contre la propagation de la Covid-19 et notamment la fin de la vaccination obligatoire à l’entrée de ce pays.  

    Au Canada, les voyageurs n’auront plus d’obligation de dépistage, de quarantaine ou d’isolement. « Nous jugeons que nous sommes maintenant en mesure de modifier notre approche aux frontières internationales », a déclaré Dominic LeBlanc, le ministre des Affaires intergouvernementales, indiquant que « la situation sanitaire s’est grandement améliorée ». 

    Selon le gouvernement canadien, la transmission du virus se fait essentiellement à l’intérieur du pays. Toutefois, le port du masque reste recommandé pour éviter la propagation du virus. « Les importations de cas de Covid et de ses variants n’influencent plus significativement l’évolution de la pandémie au pays », a justifié le ministre de la Santé Jean-Yves Duclos. « L’accent doit être mis sur la vaccination à jour (…) c’est là qu’il faut investir », a précisé le ministre en ajoutant que la Covid-19 « est toujours là ». Environ 90% de la population des 12 ans et plus ont reçu deux doses de vaccin, et la moitié ont en outre reçu un rappel, selon les chiffres du gouvernement. 

    Le Japon va rouvrir en grand les portes aux touristes étrangers

    Tokyo a de son côté annoncé la levée à partir du 11 octobre des restrictions d’entrée pour les touristes, imposées il y a plus de deux ans pour faire face à la pandémie. S’exprimant le 22 septembre devant la Bourse de New York, le Premier ministre japonais Fumio Kishida a indiqué « qu’à partir du 11 octobre, le Japon (allait) assouplir les contrôles aux frontières et autoriser à nouveau la dispense de visa et les voyages individuels ». Le quota d’arrivées quotidiennes dans le pays avait été graduellement relevé depuis début 2022 et s’établissait dernièrement à 50 000. Ce quota va aussi être aboli, a ajouté Fumio Kishida. 

    Passersby wearing protective face masks, following an outbreak of the coronavirus disease (COVID-19), walk on the steet at an izakaya pub alley in Tokyo, Japan June 9, 2022. REUTERS/Issei Kato /©AFP

    Le Japon, avec la Chine, faisait partie des Etats qui continuaient d’appliquer de strictes mesures pour limiter la venue de visiteurs, ce qui lui avait valu des critiques. La faiblesse du yen, qui a perdu 20% de sa valeur par rapport au dollar depuis le début de l’année, devrait rendre le Japon encore plus attractif pour bon nombre de touristes. Et un apport de devises étrangères pourrait aider à enrayer la chute de la monnaie nationale et donner un coup de pouce à la reprise économique. 

    Hongkong : la fin de la quarantaine obligatoire pour les arrivées internationales

    Hongkong a de son côté levé depuis le lundi 26 septembre 2022 la quarantaine obligatoire à l’hôtel pour les personnes arrivant de l’étranger, a annoncé le chef de l’exécutif le 23 septembre, mettant fin à plus de deux ans et demi d’isolement international du centre financier.  

    Les voyageurs doivent toutefois se soumettre à un test PCR à leur arrivée et ne sont pas autorisés à se rendre dans les bars et les restaurants pendant les trois premiers jours. Et les touristes courent toujours le risque d’être isolés dans une chambre d’hôtel, ou, dans le pire des cas, d’être envoyés en camp de quarantaine, s’ils sont testés positifs au coronavirus à leur arrivée à Hongkong. Les quotas d’arrivées en provenance de Chine continentale sont également supprimés, a précisé le gouvernement. 

    En Australie, la période d’isolement raccourcie

    Un peu plus tôt, l’Australie avait annoncé ce qui constitue l’assouplissement le plus important des mesures anti-Covid depuis des mois : depuis le 9 septembre, la période d’isolement obligatoire des personnes positives à la Covid est ramenée à cinq jours, au lieu de sept, tandis que le port du masque sur les vols intérieurs n’est plus obligatoire. « Il s’agit d’une réponse proportionnée à ce stade de la pandémie », avait estimé, le 31 août, le Premier ministre australien Anthony Albanese. 

    Le chef d’Etat avait indiqué que l’assouplissement des règles ne s’appliquerait qu’aux personnes ne présentant pas de symptômes. « Il est clair que si vous avez des symptômes, nous voulons que les gens restent chez eux. Nous voulons que les gens agissent de manière responsable. » 

  • AFE : une semaine pour les Français de l’étranger

    AFE : une semaine pour les Français de l’étranger

    L’Assemblée des Français de l’étranger s’est ouverte ce lundi 03 octobre 2022. Comme à l’accoutumée, c’est le ministre en charge des Français de l’étranger qui a inauguré la session plénière réunissant les 90 conseillers des Français de l’étranger élus pour siéger dans cette instance.

    Grand oral pour Olivier Becht

    Olivier Becht, en fonction depuis le remaniement de juillet 2022, a donc prononcé un discours inaugural devant les élus présents au centre de conférences du ministère des Affaires étrangères à Paris dans le 15ème. Les élus furent déçus, le ministre a repris les éléments de langage déjà communiqués sur notre site lors de son interview sur notre média ou dans son message vidéo sur Youtube alors que ces derniers s’attendaient à des mesures fortes et des annonces concrètes.

    Olivier Becht
    Olivier Becht

    Mais si Olivier Becht a reconnu qu’il n’était pas « magicien« , quand les élus des conseillers de l’étranger l’ont questionné sur le non-suivi des recommandations de la première session de l’année, le ministre leur a tendu la main en les informant qu’il serait présent, ce qui n’était pas l’habitude avec son prédécesseur Jean-Baptiste Lemoyne, lors de la clôture de l’Assemblée des Français ce vendredi. Il pourra ainsi directement prendre connaissance des attentes, souvent négligées, des élus consulaires.

    Les élus y ont été réceptifs, de l’avis général cette annonce démontre la volonté d’Olivier Becht de vraiment prendre en compte les élus des Français de l’étranger, comme l’a demandé Elisabeth Borne lors de la conférence annuelle des ambassadeurs.

    Un mandat bénévole

    Parmi les premiers points qu’ont voulu évoquer les élus consulaires présents, c’est le statut de leur mandat et la prise en charge des coûts y afférent.

    En effet, alors que ces derniers sont fortement sollicités par les administrés des différentes circonscriptions consulaires, qu’ils sont peu aidés par l’administration consulaire, qui rechigne souvent à leur fournir des locaux comme des moyens de communication ou de déplacements, leur mandat est bénévole comme le stipule le décret du 02 juin 2021. Même s’ils peuvent compter sur des indemnités de fonctionnement. Elles sont calculées sur la base d’une indemnité mensuelle de référence d’un conseiller municipal d’une ville de moins de 100.000 habitants, majorée au titre de l’expatriation, à laquelle s’applique un indice de base – dit indice Mercer – permettant de tenir compte des disparités du coût de la vie dans les différents pays. En règle générale, les montants varient, ainsi, de 400 à 1200 € par trimestre.

    Ce lundi 03 octobre les élus ont donc indiqué à Olivier Becht qu’ils ne veulent plus mettre la main à la poche pour payer les activités de leur mandat, comme peut l’être, par exemple, le déplacement pour venir à l’Assemblée des Français de l’étranger, deux fois l’an, à Paris. Souvent, le prix du billet d’avion est supérieur aux indemnités trimestrielles versées aux élus locaux des Français de l’étranger, et on ne parle même pas du logement sur place.

    Le budget

    Si cette première journée fut consacrée à la prise de contact entre cette assemblée, renouvelée en 2021, et le ministre délégué aux Français résidant hors de France, nommé en juillet 2022, mardi, mercredi et jeudi seront consacrées aux auditions des commissions permanentes.

    En pleine crise parlementaire sur le budget, l’Assemblée des Français de l’étranger devra émettre un avis sur la partie dédiée aux programmes couvrant les services consulaires et ceux liés au rayonnement culturel et économique de la France dans le monde. Malgré un démarrage chaotique, les élus membres de la commission Finances présidée par Renaud Le Berre n’avaient toujours pas reçu la fameuse note qui détaille le budget national (une situation corrigée mardi 27 septembre 2022), c’est bien sûr sur elle que vont donc se tourner tous les regards pendant cette session.

    En effet, le gouvernement a fait de grandes annonces sur le budget du ministère des affaires étrangères comme le recrutement de 100 équivalents temps plein (ETP) pour renforcer l’administration. Il a aussi confirmé le déploiement de France consulaire et des fameux établissements de formation régionale qui doivent former les nouveaux professeurs et encadrants des réseaux scolaires hors de France. Mais sont-ils budgétés ? C’est la question à laquelle devra répondre la commission dans les prochains jours. Renaud Le Berre doute de la véracité de l’effort affiché du gouvernement.

    Le président de la commission finances a ainsi détecté que le budget bourses, s’il est maintenu, est de fait en baisse, amputé par l’inflation. Pour les 100 nouveaux ETP, l’élu de Madrid craint qu’un grand nombre soit affecté à Paris ou aux services des ambassades et non des consulats. Le financement de France Consulaire semble aussi faible, 1 million d’euros, alors que le chantier est colossale. Des sujets qui seront abordés au cours des auditions, dont une est attendue avec fébrilité, celle avec le nouveau député des Français d’Afrique du Nord et de l’Ouest, Karim Ben Cheikh, élu NUPES, qui siège, lui, à la commission des Finances de l’Assemblée nationale.

    Lutter contre les violences faites aux femmes

    L’autre sujet qui va marquer cette session plénière de l’automne 2022, c’est la lutte contre les violences faites aux femmes. S’il est au coeur de l’actualité aujourd’hui, la nouvelle présidente de l’AFE, Hélène Degryse, élue indépendante des Pays-Bas, a décidé de faire de ce thème le fil rouge de sa présidence.

    On aura l’occasion d’en reparler dans les prochains jours.

  • La France, pavillon haut, mais battue par les flots.

    La France, pavillon haut, mais battue par les flots.

    L’avenir de la France est sur les flots. Logique : la mer est l’avenir de l’humanité. La France a le deuxième domaine maritime mondial, pour moitié grâce à la Polynésie, qui ambitionne la création d’une aire marine protégée de plus de 500 000 km², presque la taille de l’Hexagone. 10,5 millions de kilomètres carrés d’océans, immense domaine inconnu, dont on revendique la grandeur sans mesurer l’effort qu’il mérite. Certains rêvent tout haut d’un destin audacieux qui ferait de la France, grâce à la mer, la première puissance économique mondiale.

    © Belin Education 2020

    L’idée que la France doit devenir une puissance maritime revient régulièrement 

    Tout est possible. Rien ne disait qu’Athènes ou Rome formeraient des empires, ni que Singapour, Dubaï ou Hong Kong, jolis petits ports de pêche, cultiveraient les dollars. Si le monde parle anglais plutôt que français, c’est à la marine anglaise qu’il le doit, pas à Shakespeare. La Chine cherche à élargir son contrôle en mer, triple sa marine. La Russie étouffe depuis toujours en ses terres et rêve d’arctique, son grand large. Ce mois-ci l’une et l’autre ont revendiqué des espaces maritimes. 

    L’idée que la France doit devenir une puissance maritime revient régulièrement. La marine nationale, même si elle a perdu des navires (78 en 2010, 71 aujourd’hui) et des marins (46.000 en 2010, 38.000 aujourd’hui), reste une des principales forces maritimes de la planète, avec celles des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la Chine. Elle est une des seules à combiner porte-avions et sous-marins nucléaires. Mais la Marine nationale n’est que le résultat d’un appétit de mer.    

    Le One Ocean Summit, convoqué à Brest en février dernier, a affiché une belle ambition internationale : protéger les océans, lutter contre la pollution plastique, cartographier les fonds marins, multiplier les aires maritimes protégées, lutter contre la pêche illégale, imaginer un traité international pour la haute mer. Tous ces thèmes ont été repris à Lisbonne en juin lors de la Conférence sur les Océans de l’ONU.

    Montrer l’exemple

    Avec raison : l’accumulation des menaces sur l’océan est impressionnante. Au rythme actuel, la pollution plastique va tripler d’ici 2060, à un milliard de tonnes par an, selon l’OCDE. Un tiers des poissons sauvages sont victimes de surpêche, moins de 10 % de l’océan est protégé. Une centaine de pays s’accorderaient à déclarer des zones de protection couvrant 30 % des océans.  Il y a urgence. La France tente de coaliser les petits contre les grands, notamment la Chine, qui agit en la matière plus en pirate qu’en défenseur du « multilatéral », comme elle aime à se présenter.

    Bateau de pêche français

    La France veut montrer l’exemple : 60% de la Méditerranée française est en aire marine protégée. Mais avec quelle protection ? La Méditerranée est en danger, y compris en France.

    L’économie bleue est l’avenir de l’écologie, de la mer, et de l’économie.  

    Là encore, une ambition maritime n’est pas qu’un vœu de protection. Elle dépend du poids du pays dans l’activité marine. Il y aura protection s’il y a surveillance. Et surveillance s’il y a intérêt à protéger, à mettre en valeur. L’économie bleue est l’avenir de l’écologie, de la mer, et de l’économie. 

    Il y a bien sûr tout le volet de l’exploitation des fonds marins. Elle peut être prédatrice, comme la pêche internationale actuelle, ou protectrice. C’est l’enjeu des négociations internationales – aujourd’hui en échec- qui ont déjà conduit à la création de l’Autorité Internationale des Fonds Marins (AIFM) en 1994. Celle-ci délivre des contrats d’exploration et d’exploitation des grands fonds marins. La France a obtenu 2 contrats d’exploration sur les 31 accordés jusqu’ici. Le Plan France Stratégie 2030 prévoit 300 millions pour le volet « grands fonds ». Personne ne connait ni les conditions ni les dommages, ni la rentabilité de leur exploitation. D’où l’importance d’être parmi les premiers : ceux qui seront à la table pour décider des règles.

    Il y a toute la recherche biomarine, utile aux labos, ceux de la pharmacie ou de l’industrie ; et celle de l’énergie marine : utiliser la différence de température entre la surface et l’eau profonde promet une source d’énergie inépuisable. 

    Mais pour commencer, il faut aller sur l’eau. Avoir des bateaux, des ports, une culture de la mer. Près de 380 000 personnes vivent, en France des métiers de la mer. Beaucoup trop peu.

    Aucun port français dans les 50 premiers ports mondiaux.  

    L’aquaculture est née en France. Les chantiers navals français, civils ou militaires, sont parmi les meilleurs du monde. Le groupe français CMA-CGM est un des trois premiers opérateurs maritimes. Formidables atouts, à condition d’en faire quelque chose, et de commencer par le début : avoir des ports. Peut-on être une puissance maritime sans ports ?

    Sur les dix premiers ports mondiaux, tous sont en Asie, principalement en Chine. Le premier port américain (Los Angeles) n’arrive qu’à la 17ème place. En Europe, sept ports seulement se trouvent dans le top 50. En 2002, Rotterdam était le premier port mondial, il a reculé à la 10ème place. Suivent Anvers (14ème), Hambourg (17ème), le Pirée (28ème), Valence (30ème), Algesiras (34ème) et Bremerhaven (36ème). Aucun port français.

    La France derrière la Grèce et le Maroc, très loin derrière l’Allemagne

    Alors qu’elle est le cinquième acteur en volume du commerce mondial, la France est à la traîne. Tous les ports français confondus ne représentent que 5 millions de TEU, l’unité de mesure des conteneurs. Moins que la Grèce (5.7), le Maroc (7M), l’Italie, (9.8), la Belgique (14), les Pays-Bas (14.5), l’Espagne (17), l’Allemagne (18). Ne parlons pas de la Chine : 245 Millions, des Etats-Unis, 53, de Singapour, 36, ou de la Corée, 28 millions. La France est un nain maritime pour ses ports. Et la faute lui revient entièrement : le port de Lyon est… Rotterdam. Les ports français sont mal classés, en quantité et en qualité, ceci expliquant cela. 

    La Banque mondiale a publié un Indice mondial de performance des Ports à conteneurs, qui compare 370 ports à conteneurs du monde. L’indice est basé sur le temps que les navires doivent passer au port, et la qualité des services. Seulement deux ports français ont été intégrés au classement : Le Havre, à la 292ème place, et Marseille-Fos, 315ème.

    Est-il possible de cultiver la mer sans avoir les meilleurs ports du monde ? 

    Les « grands » ports français sont gérés par l’Etat. Dunkerque, Le Havre, Rouen, Nantes Saint-Nazaire, La Rochelle, Bordeaux, Marseille traitent plus de 80% du trafic maritime de marchandises. Le plan France Relance prévoit 200 millions d’investissements. Nécessaire, sans doute. Mais est-ce seulement un problème d’investissements ? N’est-ce pas plutôt une question d’organisation, de bureaucratie, de contraintes ? Ne faudrait-il pas désensabler les ports ? Les relier aux territoires, au rail ? Changer leur mode de gestion ? 

    La maîtrise des circuits d’importations et d’exportations passe par les ports. Retrouver une part significative dans le commerce mondial permet de rester dans la course. Viser l’excellence des ports est le premier geste pour cultiver la mer et accomplir des miracles bien plus profonds, comme marcher sur l’eau, voire sous l’eau. 

  • La Slovaquie, le prochain trouble-fête de l’Europe ?

    La Slovaquie, le prochain trouble-fête de l’Europe ?

    Le fait que plus de la moitié des citoyens seraient favorables à la Russie en Slovaquie fait peur, mais ce qui attend la Slovaquie dans les prochains mois pourrait bien être encore plus effrayant.

    Il y a deux semaines, EURACTIV a rapporté les résultats d’une enquête indiquant que la plupart des Slovaques accueilleraient favorablement une victoire militaire de la Russie en Ukraine.

    Cette révélation a fait beaucoup de bruit en Slovaquie, certains affirmant que l’enquête était basée sur une méthodologie douteuse, ce qui expliquerait les résultats que de nombreuses personnes considèrent comme scandaleux. Cependant, les observateurs attentifs des affaires slovaques et des sondages d’opinion peuvent difficilement considérer ces résultats comme choquants.

    Un pays pro-russe

    La Slovaquie est depuis longtemps l’un des pays les plus pro-russes d’Europe. L’année dernière, l’organisation Globsec a constaté que 56 % des personnes interrogées estimaient que l’OTAN provoque délibérément la Russie en encerclant ses bases militaires, et plus de la moitié pensait également que la Russie est victime de « complots occidentaux ». En janvier déjà, juste avant l’invasion, 44 % des personnes interrogées estimaient que l’OTAN était responsable des tensions en Ukraine, alors que 34 % seulement pensaient que Moscou était à blâmer.

    Même le président russe, Vladimir Poutine, a longtemps été perçu positivement en Slovaquie, 55 % des répondants ayant une opinion positive de lui en 2021. Il est intéressant de noter que ce chiffre est tombé à 28 % en avril, tandis que le nombre de personnes ayant une opinion favorable de la Russie en général est resté à peu près le même.

    L’opinion positive à l’égard de la Russie repose sur des liens historiques et culturels remontant au XIXe siècle, lors de la lutte slovaque pour l’indépendance vis-à-vis de l’Autriche-Hongrie, et est renforcée par la vulnérabilité actuelle des Slovaques face aux théories du complot. La politique étrangère du gouvernement au pouvoir dans le pays offre un contraste frappant.

    Depuis que le Kremlin a envahi l’Ukraine en février dernier, la Slovaquie s’est montrée un partenaire fiable, soutenant ouvertement l’Ukraine, tant sur le plan diplomatique que militaire. En réalité, elle a souvent fait plus que ce à quoi on s’attendait pour un pays de sa taille, notamment lorsqu’elle a fait don du système de défense aérienne S-300.

    Cette ligne politique n’est toutefois pas acquise. Le gouvernement pro-occidental est en plein désarroi et a perdu, à cause de ses propres erreurs, la majorité au parlement, et il pourrait ne pas résister à l’automne. Les alternatives font peur, et la politique étrangère de nombreux partis d’opposition reflète les opinions pro-russes de la majorité de la population.

  • La hausse des taux d’intérêt, une bonne nouvelle ! 

    La hausse des taux d’intérêt, une bonne nouvelle ! 

    Depuis une génération, les taux d’intérêt étaient orientés à la baisse au point de devenir négatifs pour l’Etat et certaines grandes entreprises. Les emprunteurs remboursaient alors moins que ce qu’ils avaient emprunté. Pour beaucoup, c’était inconcevable voire irrationnel. La diminution des taux téléguidée par les banques centrales avait comme objectif de lutter contre la déflation et de favoriser la croissance de l’économie. 

    Cette évolution n’a jamais eu vocation d’être pérenne. La politique monétaire dite accommodante, supposée être temporaire et exceptionnelle, s’est pourtant installée dans la durée en raison de la persistance d’une inflation faible entre 2010 et 2019 et aussi par facilité. Le bilan de cette politique est ambigu. A défaut de favoriser une réelle augmentation des prix des biens réels, elle a provoqué une augmentation sans précédent de ceux de l’immobilier et des actions.

    Les taux bas ont entretenu l’économie de rente 

    L’inflation au lieu de se loger dans les premiers s’est épanoui dans les seconds, générant de véritables bulles spéculatives. Si les ménages pouvaient emprunter à des conditions avantageuses, ils étaient cependant confrontés à des prix de l’immobilier sans précédent. Pour les jeunes ménages, la marche vers l’accession à la propriété est ainsi devenue bien souvent trop haute. Les taux bas ont entretenu l’économie de rente. Au sein des grandes agglomérations les prix des logements et des terrains ont atteint des sommets générant des richesses rapides déconnectées des réalités économiques. 

    La rente était également présente sur les marchés « actions ». Les gains étaient réalisés bien souvent par la valorisation du cours et non par la rentabilité des activités économiques, la baisse des gains de productivité en étant un des signes. Les investisseurs privilégiaient non pas le marché primaire, celui des émissions, mais le marché secondaire qui, dans les faits, ne contribue pas au financement de l’économie réelle. Les faibles taux d’intérêt ont faussé l’échelle des valeurs et ont incité les Etats voire l’ensemble des agents économiques à se surendetter.

    L’argent facile ne fait pas le bonheur.

    Ils ont conduit à l’illusion d’un argent gratuit ou presque et sans limite, illusion renforcée par les politiques du « quoi qu’il en coûte » mises en œuvre en réponse à l’épidémie de Covid. Les taux bas sont devenus une drogue à fort effet d’accoutumance. L’argent bon marché n’a pas amené des investissements productifs. L’argent facile ne fait pas le bonheur. Il conduit à une mauvaise allocation des ressources. 

    Des entreprises peu rentables peuvent se maintenir au détriment d’autres qui auraient besoin de ressources financières pour se développer. Les faibles taux ont ralenti la diffusion du progrès technique et le renouvellement du tissu économique. Les épargnants privilégiant les produits de taux ont été également perdants, poussant un certain nombre d’entre eux à opter pour des placements spéculatifs comme ce fut le cas, ces dernières années, avec les cryptoactifs. Le retour de l’inflation oblige les banques centrales à sortir de cette période anormale. La hausse des taux est vécue comme un drame quand elle est indispensable pour enrayer l’inflation. Elle est surtout logique d’un point de vue économique et financier. 

    Logiquement, le niveau des taux d’intérêt est fonction de l’inflation et de la croissance anticipée sur la période de l’emprunt. Cette équation n’est plus respectée depuis de très nombreuses années. Avec une inflation de près de 10% au sein de la zone euro, les taux de banque centrale devraient à minima évoluer autour de 7 voire 8% et non se situer comme aujourd’hui autour de 1,5%.

    Les taux d’intérêt réels sont négatifs 

    La politique monétaire pratiquée actuellement reste plus qu’accommodante dans les faits. Les taux d’intérêt réels sont négatifs de plusieurs points rendant le coût de l’endettement faible sous réserve que les revenus de l’emprunteur suivent l’inflation. Le 30 septembre 1989, le taux de l’emprunt d’Etat français à 10 ans était de 9% quand l’inflation était de 3,6%. 

    Avant la crise financière de 2007, le taux de cette même obligation d’Etat était de 4,5%. A la fin du mois de septembre de cette année, il s’élevait à 2,8% avec une inflation de 5,6%. Le chemin à parcourir pour revenir à un niveau dit normal des taux sera sans nul doute long, voire très long.

    Une solution inavouable 

    Les Etats surendettés sont exposés comme jamais à leur remontée, celle-ci pouvant entraîner une crise de solvabilité de grande ampleur. L’inflation érodant la valeur nominale des dettes constitue une solution inavouable pour bien des gouvernements. Après une série de crises, les populations sont par ailleurs sensibles et réactives face aux pertes éventuelles de pouvoir d’achat. Les pouvoirs publics craignent les conséquences d’une récession brutale qui serait provoquée par une hausse des taux. Quoi qu’il en soit le retour à la normale en matière de taux d’intérêt sera salutaire pour tous. L’argent est une ressource rare, qu’il faut utiliser avec parcimonie et justesse. Les taux ont pour mission de le rappeler. 

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 04.10.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 04.10.22

    Bonjour à tous, et bienvenue dans le flash des expatriés du mardi 04 octobre. Dans l’actu des Français de l’étranger, ce qu’il fallait retenir de la première journée de l’AFE, l’élection brésilienne vue par les Français et la situation de nos compatriotes au Burkina Faso.  

    A l’assemblée des Français de l’étranger, le ministre n’est pas magicien 

    Comme pour chaque session de l’AFE, c’est le ministre en charge des Français de l’étranger qui ouvre les festivités. Olivier Becht, en fonction depuis le remaniement de juillet 2022, a donc prononcé son discours qui reprenait les éléments de langage déjà communiqués sur notre site lors de son interview ou dans son message vidéo sur Youtube. On notera tout de même que les élus ont fait preuve de courage en admettant que leurs résolutions ne sont pas suivies d’effets. Une situation que déplore le ministre mais à laquelle il reconnaît une impuissance puisqu’il n’est pas « magicien » comme il l’a dit lui même ce 03 octobre.  

    Un inattendu second tour au Brésil 

    Et c’est une bonne nouvelle, signe de la richesse du débat public dans ce pays qui a longtemps été marqué par la dictature. Alors que dans de nombreux pays ont annoncé une victoire dès le premier tour, sur place, les Français comme les Brésiliens s’attendaient à un score serré. Une réflexion que partage le président de l’UFE Brésil et conseiller consulaire Bertrand Dupont. On l’écoute.  

    Les Français pris en otage au Burkina Faso 

    Les 4000 Français du Burkina Faso vivent des heures difficiles alors que le pays est en proie à un coup d’Etat, le deuxième de l’année. Entre fausses rumeurs, propagande russe, haine de l’ancien colonisateur et absence d’autorité forte, les exactions se multiplient. Ce week-end l’ambassade de France fut attaqué à plusieurs reprises et en ce début de semaine la tension est toujours forte. Les Français sur place sont prisonniers actuellement de leur résidence, circuler en ville serait trop dangereux et quitter le pays se révèle impossible alors que les bandes de pillards contrôlent les grands axes et que l’aéroport reste fermé.  

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition.  

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Brésil : le second tour de tous les dangers ! Témoignage d’un élu consulaire

    Brésil : le second tour de tous les dangers ! Témoignage d’un élu consulaire

    Au Brésil, la démocratie s’enracine. Depuis 2002 et la première élection de Luiz Inácio Lula da Silva dit Lula, le jeu des élections et de l’alternance politique se sont ancrés dans la vie politique du géant d’Amérique du sud comme le démontre la forte participation. Cependant le second tour s’annonce comme le « grand oral » du peuple brésilien. Est-ce que la campagne va rester non violente même si elle est rugueuse entre les deux candidats aux antipodes de l’échiquier politique ? Est-ce que les électeurs brésiliens vont accepter le résultat des urnes ? Des questions au coeur des préoccupations des Français de l’étranger.

    Pour bien comprendre les enjeux et sonder la communauté française du pays, on a reçu Bertrand Dupont, le président des Bretons de Sao Paulo et de l’UFE du Brésil. Ce Français installé de longue date au Brésil est aussi élu des Français du Brésil – Sud.

    Une élection finalement pas si facile pour Lula

    Le président brésilien sortant Jair Bolsonaro a créé la surprise dimanche en talonnant le leader de la gauche Luiz Inácio Lula da Silva au premier tour de l’élection présidentielle. Un résultat bien loin des annonces de victoire au premier tour qu’annonçaient les médias européens.

    « Les sondages se sont trompés. Ils annonçaient 51% contre 36%. La différence est énorme. Personnellement j’étais réservé, en particulier depuis les manifestations de soutien au président Bolsonaro. »

    Bertrand Dupont, élu des Français du Brésil

    Mais un second tour, c’est aussi le signe d’un débat public libre et intense, une bonne nouvelle. Mais cela n’empêche pas qu’entre Bolsonaro et Lula, le duel s’annonce très incertain. Un duel au couteau se prépare entre les deux ennemis. Ils auront trois semaines de campagne d’ici au second tour, le 30 octobre, pour convaincre leurs compatriotes.

    Interrogé par la presse, Bolsonaro s’est abstenu de lancer ses habituelles attaques contre le système électoral ou les juges de la Cour suprême et a reconnu qu’il y avait «une volonté de changement d’une partie de la population. Mais certains changements peuvent mener au pire», a-t-il mis en garde.

    Le président brésilien a aussi réussi à faire élire une vague de gouverneurs, sénateurs et députés, montrant un enracinement des valeurs ultra-conservatrices incarnées par le bolsonarisme, séduisant notamment le stratégique électorat évangélique. Le président a également déversé des milliards en aides sociales pour les plus pauvres à quelques mois de l’élection pour faire oublier sa gestion calamiteuse de la crise de la Covid-19 qui a fait près de 700.000 morts, et la faim qui affecte 30 millions de Brésiliens.

    Une campagne très longue

    Bertrand Dupont
    Bertrand Dupont

    Avec Bertrand Dupont, on s’immerge dans l’ambiance de la campagne. On en profite aussi pour découvrir le système électoral du Brésil. Vote électronique, second tour éloigné de 4 semaines, gestion des fuseaux horaires… l’élu consulaire nous explique tout.

    Evidemment, on se demandera quel regard portent les 40 000 Français résidant au Brésil sur ces élections et quels sont les enjeux pour eux ?

    Ecoutez le podcast avec Bertrand Dupont

  • Emmanuel Quidet, le président de la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe naturalisé russe en pleine crise ukrainienne

    Emmanuel Quidet, le président de la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe naturalisé russe en pleine crise ukrainienne

    Dans la communauté française de Moscou, tous ceux qui veulent faire du business avec la Russie connaissent Emmanuel Quidet. Cet homme qui a co-fondé il y a 25 ans la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe est depuis quelques jours un citoyen russe par la grâce de Vladimir Poutine. Zoom sur une curieuse naturalisation en plein crise opposant la Russie et les Occidentaux sur l’Ukraine.

    Une Chambre de Commerce et d’Industrie influente

    La CCI France Russie regroupe 400 entreprises françaises, russes et internationales en 2021. Les adhésions constituent la principale source de financement, assurée principalement par 49 partenaires dont Business France. Elle propose de nombreux services de soutien au développement commercial pour les entreprises françaises souhaitant se développer en Russie.

    Ainsi, la CCI France Russie fait du lobbying auprès de l’administration russe pour faciliter l’implantation de nos entreprises sur le territoire russe. Dans son conseil économique, qui était présidé jusqu’au 12 avril 2022 par Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies, depuis c’est Gennady Timchenko, propriétaire du groupe d’investissement privé Volga Group, qui a pris le relais, il était co-président avant le départ du patron français. Dans ce cadre, plusieurs réunions ont eu lieu, ces dernières semaines, entre les services de Vladimir Poutine et des personnalités françaises et russes, comme les directeurs des sociétés membres pour tenter de trouver une solution afin de pérenniser les investissement français dans le pays. Une mission partiellement réussie, puisque de nombreux acteurs français ont du se retirer de Russie.

    Un homme au coeur du pouvoir

    En mars 2021, à son domicile, Emmanuel Quidet avait organisé un dîner entre son ami oligarque Guennadi Timtchenko, proche du chef du Kremlin, président du conseil économique de la CCIFR et François Fillon lorsque l’ex-Premier ministre français était en quête d’un poste dans un conseil d’administration d’une grande entreprise en Russie. Preuve de l’étendue de son réseau à travers toutes les Russies.

    Mais depuis, Guennadi Timtchenko est sur les listes de sanctions européenne et américaine ce qui n’empêche pas la CCI de le laisser piloter son conseil économique. Une bienveillance d’Emmanuel Quidet pour laquelle il fut récompensée, si on peut dire, par l’octroi d’un passeport russe. Mais il ne fut pas le seul, dans la liste figurent onze autres Français, pour la plupart des descendants d’émigrés russes « blancs ». Vivant en Russie depuis longtemps, ils cherchaient depuis des années à récupérer une citoyenneté dont ils avaient été privés.

    Un traite ?

    La nouvelle de l’attribution du passeport russe à Emmanuel Quidet a provoqué la surprise et l’embarras parmi les Français installés à Moscou. « Je n’en reviens pas », confie un haut diplomate français au journal « Les Echos ».

    Pourtant comme nous l’indique le dirigeant d’une société française membre de la CCI, « depuis longtemps, Emmanuel Quidet avait choisi son camp ». Une position dont essaye de se détacher les quelques rares businessmen français encore présents sur place pour qui il faut savoir se fixer des limites éthiques entre les valeurs humaines et les besoins professionnels.

    Emmanuel Quidet peut encore faire le choix de refuser le passeport afin de respecter son engagement auprès de la France. Notre pays en lui confiant la CCI Franco-russe a largement participé à la réussite de ce monsieur en Russie, peut-il, convenance économique, tourner le dos à notre pays ? Du côté d’Olivier Becht, le ministre des Français de l’étranger et du commerce extérieur, on se dit préoccupé, et on réfléchit à d’éventuelles sanctions comme le retrait du label Chambre de commerce et d’industrie internationale française. Que va faire Emmanuel Quidet ? La réponse dans les prochains jours.

  • Finances publiques, la sortie de route est-elle évitable ? 

    Finances publiques, la sortie de route est-elle évitable ? 

    Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, le taux d’endettement public a augmenté depuis 20 ans, aidé en cela par des taux d’intérêt restés historiquement bas et en lien avec une succession de crises (subprimes en 2008, crise des dettes publiques en zone euro en 2011/2013, crise sanitaire en 2020 et guerre en Ukraine).

    Une faible hausse des taux d’intérêt par rapport aux taux de croissance suffirait à déclencher une crise généralisée

    Les États ont de plus en plus recours à la politique budgétaire pour soutenir les profits des entreprises et les revenus des ménages. Dans cette configuration, une assez faible hausse des taux d’intérêt à long terme par rapport aux taux de croissance suffirait à déclencher une crise généralisée de perte de solvabilité budgétaire. 

    Depuis le début du XXIe siècle, au sein de l’OCDE, l’interventionnisme public est de mise dès qu’il y a un ralentissement de la croissance. Le niveau de soutien s’accroît de crise en crise, ces dernières ayant tendance à devenir de plus en plus violentes.

    Si lors de l’éclatement de la bulle Internet en 2000, le déficit public fut porté de 1 à 2 % du PIB, en 2008, lors de la crise des subprimes, il est passé de 2 à 8 % du PIB. Durant l’épidémie de Covid-19, le déficit au sein de l’OCDE s’éleva de 2 à 12 % du PIB. Avec la guerre en Ukraine, il reste supérieur à 5 % du PIB.

    La dette publique a atteint 125 % du PIB en 2022, contre 75 % en 2002.  

    Les gouvernements augmentent les dépenses et baissent les prélèvements. Au sein de l’OCDE, les prestations sociales sont ainsi passées de 17 à 20 % du PIB en vingt ans quand le taux d’imposition des profits est passé de 33 à 23 %. Pour l’ensemble des pays de l’OCDE, la dette publique a atteint 125 % du PIB en 2022, contre 75 % en 2002. Tant que les taux d’intérêt à long terme étaient inférieurs au taux de croissance à long terme, ce qui était le cas depuis la crise des subprimes, la soutenabilité de la dette publique était satisfaite. Dès lors que le taux d’intérêt à long terme devient supérieur au taux de croissance, la maîtrise de la dette publique suppose un excédent budgétaire primaire (avant paiement des intérêts) plus élevé.

    Diminuer les dépenses, augmenter les impôts ? 

    Une hausse des taux d’intérêt au-dessus des taux de croissance peut donc provoquer une perte de la solvabilité budgétaire. Pour éviter ce problème, les États peuvent mener des politiques budgétaires plus restrictives en diminuant les dépenses publiques et en augmentant les impôts. La réduction des déficits aurait comme conséquence une diminution des taux d’intérêt, ce qui faciliterait d’autant la soutenabilité de la dette. L’effort budgétaire à mener pourrait être élevé si les taux à long terme revenaient au niveau de la croissance de long terme. Dans ce cas, le budget primaire (hors intérêts sur la dette) devrait être équilibré. 

    La réduction à réaliser serait au minimum de deux points de PIB. Une telle contraction du déficit aurait un effet récessif non négligeable.

    Une réduction du poids de la dette par l’inflation. 

    La sensibilité de l’opinion publique à tout ralentissement économique est telle que, quelle que soit l’inflation, les gouvernements sont sans nul doute disposés à maintenir des taux d’intérêt inférieurs au taux de croissance. La politique monétaire garantirait ainsi la soutenabilité de la dette publique en lieu et place de la politique budgétaire. Ce choix a comme inconvénient d’alimenter l’inflation. De plus, les taux d’intérêt anormalement bas conduisent à l’instabilité financière (bulles sur les prix des actifs). La taxe inflationniste, par érosion des encaisses, pourrait ainsi dépasser 6 % du PIB au sein de l’OCDE en 2022. Elle permettrait une réduction du poids de la dette publique au sein du PIB. 

    Le maintien de taux d’intérêt bas suppose que les épargnants continuent à investir dans des produits obligataires. L’aversion aux risques favorise ce comportement. La cohabitation de l’inflation et des taux bas pénalisera les épargnants engagés dans les produits de taux.

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