Le niveau d’endettement des États est, en 2022, comparable à celui de la fin de la Seconde Guerre mondiale, les destructions en moins. La dette publique représentait, fin 2021, près de 250 % du PIB au Japon, plus de 150 % en Italie, 130 % du PIB aux États-Unis, 120 % en Espagne, 113 % en France et 70 % en Allemagne. La question de la stabilisation ou même de la réduction des taux d’endettement public se pose et se posera avec encore plus de force dans les prochains mois, car les taux d’intérêt à long terme ne peuvent qu’augmenter avec la résurgence de l’inflation.
Depuis 1970, comment les États ont-ils réussi à maîtriser leurs dettes publiques et à quel prix ?
Les États-Unis ont connu trois périodes de réduction de leur taux d’endettement public (1972-1980, 1993-2000, 2004-2006). Cette diminution a été réalisée à chaque fois avec un excédent budgétaire primaire et une croissance forte. Pour les périodes 1972- 1980 et 2004-2006, les taux d’intérêt étaient inférieurs aux taux de croissance. La réduction du taux de dette publique, la plus forte, a été enregistrée durant les mandats de Bill Clinton, marqués par une croissance importante.
Excédents budgétaires et croissance
À l’exception des années 1970, les taux d’intérêts réels étaient positifs lors des phases de réduction de la dette publique. Le Royaume-Uni, comme les États-Unis, a réussi à trois reprises, lors de ces cinquante dernières années, à réduire le poids de la dette publique (1970-1990, 1994-2001, 2013-2019). Ces diminutions ont été obtenues grâce à des excédents budgétaires sauf entre 2013 et 2019. La croissance n’a joué un rôle que pour la période 1994-2001. De faibles taux d’intérêt n’ont été constatés que pour les périodes 1979-1990 et 2013- 2019.
Le Japon qui détient la dette publique la plus élevée de l’OCDE a connu de brèves périodes où son poids au sein du PIB a légèrement reculé (1973-1974, 1988-1992 et 2003-2008). Ces trois phases de réduction ont été rendues possibles par la croissance. Des excédents budgétaires ont été constatés entre 1988 et 1992, qui est également la période de plus forte baisse. Les faibles taux d’intérêt n’ont joué un rôle que lors de la première période de réduction.
L’Allemagne a connu également trois périodes de diminution de sa dette publique : 1998-2000, 2005-2008 et 2013-2019. Ces trois périodes ont été, à chaque fois, associées à des excédents budgétaires et à une forte la croissance. Les taux d’intérêt bas n’ont eu un effet que pour la période 2013-2019.
Les diminutions sont, en France, de faible ampleur et de courte durée
Depuis 1970, la dette publique par rapport au PIB a diminué, à cinq reprises, en France : 1970-1972, 1976-1977, 1995-2001, 2005- 2007 et 2016-2019. Ces reculs ont été obtenus par la réalisation d’excédents budgétaires primaires (les 3 premiers épisodes), grâce la croissance (les 4 premiers épisodes) et grâce à la baisse des taux d’intérêt (2016-2019). À la différence de l’Allemagne ou des États-Unis, les diminutions sont, en France, de faible ampleur et de courte durée.
L’Italie a de son côté enregistré trois périodes de recul de sa dette publique en 1979, de 1993 à 2007, et de 2013 à 2019. Ces diminutions sont associées à des excédents budgétaires primaires (les 2 derniers épisodes), à la croissance (1979) et aux taux d’intérêt bas (les 2 derniers épisodes).
Economies budgétaires plutôt que hausses d’impôts
Les expériences passées de réduction des dettes publiques par rapport au PIB soulignent l’importance de la croissance et des politiques budgétaires restrictives. La diminution de la dette est plus forte et plus longue dans le temps pour les États qui ont réalisé des économies budgétaires. Les États optant essentiellement pour les hausses d’impôts enregistrent des reculs de leurs dettes plus limités et plus éphémères, ce qui est le cas de la France.
Améliorer le taux de croissance, réduire les dépenses publiques
La baisse des taux a été un facteur non négligeable de la diminution des dettes publiques. À la lecture des exemples passés, les gouvernements doivent donc agir pour améliorer le taux de croissance potentielle et pour réduire leurs dépenses publiques. La croissance potentielle est actuellement au sein de l’OCDE, handicapée par la stagnation de la population active, par l’accroissement des prélèvements et par les faibles gains de productivité.
Au niveau budgétaire, les États doivent faire face à des demandes croissantes. La santé, la retraite, la dépendance, la transition énergétique, le soutien au pouvoir d’achat en période d’inflation constituent des sources importantes d’augmentation des dépenses publiques.
Plusieurs partis de gauche se sont alliés au côté de la France insoumise, en vue des élections législatives qui se déroulent le 12 et le 19 juin 2022. Une alliance qui vise à imposer une cohabitation au Président Emmanuel Macron. Elle comprend La France Insoumise, le Parti Socialiste, Europe Ecologie-Les Verts et le Parti Communiste Français, qui fait ainsi son entrée chez les expatriés. On vous dévoile les candidats de NUPES pour les Français de l’étranger en exclusivité. Le score de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle chez les expatriés leur fait espérer 2 à 3 circonscriptions.
Objectif : cohabitation
Ces derniers jours, une nouvelle union politique, la NUPES, Nouvelle union populaire écologique et sociale, a vu le jour, après de longs moments de discussions entre les différents partis de gauche français. Ainsi, Europe Ecologie-Les Verts, le Parti socialiste, le Parti Communiste Français ainsi que La France Insoumise se sont alliés en vue des élections législatives, les 12 (05 juin pour les expatriés à l’urne, dès le 27 mai pour le vote en ligne) et 19 juin 2022, afin d’obtenir une majorité et imposer une cohabitation.
Cette « NUPES », qui signifie Nouvelle union populaire écologique et sociale, compte remporter un maximum de circonscriptions et imposer la nomination de Jean-Luc Mélenchon au poste de Premier ministre. La NUPES a investi ce samedi 577 candidats, un dans chaque circonscription électorale. Cependant, cette union n’est pas un parti politique, et chacun pourra rester indépendant s’il le souhaite ou rejoindre une coalition parlementaire à l’Assemblée nationale.
Les candidats de la NUPES
Aucun député sortant n’était issu d’un des partis membres de la Nouvelle union populaire écologiste et sociale, l’alliance de gauche a investi de nouveaux candidats tous issus du tissu politique, associatif et social propre à chaque circonscription.
Florence Roger – Circonscription 1 – Amérique du Nord – LFI
Florence Roger est médecin généraliste à Montréal et militante de la France insoumise depuis de nombreuses années. Elle est très présente sur les réseaux sociaux via Twitter et sa chaine YouTube. Le parti de Jean-Luc Mélenchon parie donc sur la jeunesse et la féminité pour chasser Roland Lescure de la circonscription.
Son implantation dans la communauté française lui permettra-t-elle d’arriver à ses objectifs ? C’est en tout cas le choix pour le parti de Jean-Luc Mélenchon, arrivé devant Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle 2022 dans la circonscription consulaire de Montréal. Au Canada, comme aux USA, les motifs impérieux avaient été très mal acceptés. Une vraie fronde avait été organisée par le conseiller consulaire socialiste Yan Chantrel, devenu sénateur depuis, et avait remporté un vif succès. Est-ce que ce souvenir sera suffisant pour faire tomber Roland Lescure de la majorité présidentielle ?
Avec 289 députés, on change les cinq prochaines années : un autre monde est encore possible ! Merci à notre cheffe de file @florencergr pour son intervention 📺 pic.twitter.com/6QPJr0XEHB
— France insoumise Canada États-Unis (@InsoumisAmerica) April 29, 2022
Christian Rodriguez – Circonscription 2 – Amérique centrale et du Sud – LFI
Le directeur des relations internationales de la France Insoumise, Christian Rodriguez, est l’exception qui confirme la règle. Basé à Paris, on l’envoie conquérir les coeurs des Français installés en Amérique du Sud. Dans cette tâche, il sera secondé par Florence Poznanski, actuelle responsable des Français établis hors de France au sein de l’Union Populaire (émanation de la France Insoumise).
Si Renaissance (LREM) vient de choisir sa candidate, une Franco-Dominicaine installée en Suisse, les Républicains avaient choisi depuis de nombreux mois leur candidat. Et eux ont fait le pari de l’implantation locale en choisissant Bertrand Dupont, président de l’UFE et de l’Union des Bretons dans le pays coeur de la circonscription, le Brésil.
Cette magnifique #ConventionPopulaire lance la campagne du 3e tour des élections législatives.
— Christian Rodriguez (@ChrisRodrigAl) May 7, 2022
Charlotte Minvielle – Circonscription 3 – Iles britanniques et Europe du Nord – EELV
Charlotte Minvielle a 36 ans et vit à Londres depuis 15 ans. Après des classes préparatoires Hypokhâgne et Khâgne, elle a fait une licence de Langues et de Lettres à la Sorbonne. Elle obtient ensuite un Master en Relations Internationales au Kings College et un Master en ONG et Développement à la London School of Economics and Political Science (LSE). Elle travaille depuis dans le domaine du développement international et des droits humains pour des organisations comme l’UNICEF, War Child, Save the Children, Plan International et WaterAid. Elle est actuellement responsable des partenariats et de la récolte de fonds pour l’ONG Equal Measures 2030. Son objectif est de lutter pour l’égalité femme-homme dans le monde en donnant accès aux données pour soutenir les actions de plaidoyer.
C’est donc une candidature engagée qui est proposée aux électeurs de la 3ème circonscription desFrançais de l’étranger. Un discours qui pourrait trouver un écho important parmi les Français installés dans les pays scandinaves mais qu’en sera-t-il du cóté des îles britanniques, le vrai coeur de la circonscription. A Londres, le député sortant, Alexandre Holroyd, est bien reconnu, implanté et apprécié. C’est donc un double défi pour Charlotte Minvielle qui s’annonce pour elle.
Elue consulaire à Bruxelles depuis de nombreuses années, Cécilia Gondard se présente pour la première fois à la députation. Dans la capitale européenne, la socialiste est « ONGiste » chez Eurodad, un réseau international des ONGs qui travaillent sur la dette et le financement du développement. Mais elle est aussi et surtout une conseillère consulaire de terrain, très présente auprès des étudiants mais aussi des citoyens confrontés à des problèmes de double imposition ou de non-reconnaissance des diplômes. C’est donc un profil à l’opposé du député sortant, ancien assistant parlementaire, et « Monsieur Europe » de la majorité présidentielle. La NUPES a clairement fait le choix de l’enracinement local.
Renaud Le Berre – Circonscription 5 – Péninsule ibérique, Andorre et Monaco – EELV
Renaud Le Berre a été choisi, pour le compte du parti écologiste, afin de porter les couleurs de la NUPES dans la Vème circonscription des Français de l’étranger, soit la Péninsule ibérique, Andorre et Monaco. Une circonscription où a été parachuté Manuel Valls, Français binational, qui avait tenté de percer en Catalogne, se présentant en « sauveur » de la gauche à Barcelone. Même s’il fut élu, son mouvement est arrivé bon dernier, Manuel Valls démissionna donc et s’en retourna en France.
Pour la gauche, là aussi, c’est un élu ancré dans le territoire qui a été choisi, il a été choisi lors d’une primaire interne. Renaud Le Berre est élu consulaire et à l’Assemblée des Français de l’étranger. Marié à une Espagnole, ses deux enfants ont donc la double nationalité, depuis 2004, il est professeur de SES (Sciences économiques et sociales) au Lycée français de Barcelone. Dans la prolongation de sa campagne pour les Consulaires en 2021, il a bien balisé son programme et ses ambitions pour la France et en particulier les Français de sa circonscription. Il déploie donc sa candidature autour de thèmes comme le déclin des services publics et consulaires, l’éducation en français, les faiblesses du dispositif de l’aide à la scolarité , les problèmes de mobilité entre la ville de Castelldefels et Barcelone, mais aussi l’emploi et les limites environnementales de l’utilisation des voitures électriques.
Je ne souhaite pas polémiquer avec Manuel Valls. Je n'ai de leçon à recevoir ni de lui ni de personne ni sur la laïcité ni sur les valeurs républicaines. Faisons campagne et les électrices et les électeurs décideront. 1/2
L’Union populaire de gauche sera donc représentée par une résidente française en Suisse, Magali Mangin, là aussi le contraste est fort face au chouchou du Président de la République, son conseiller Marc Ferracci qui ne réside pas en Suisse.
Du profil de la candidate Magali Mangin, on note sa jeunesse qui se traduit par une maitrise aiguë des réseaux sociaux où elle est très présente elle dispose même de sa proche chaine sur Twitch. Débarrassée du député actuel, Joachim Son-Forget, qui après un mandat chaotique renonce à se représenter, et avec une personnalité parachutée, Magali Mangin devrait être en duel avec la Genevoise investie par Les Républicains au second tour, à moins que les électeurs de Suisse porte leur confiance à l’homme qui a l’oreille du Président, Marc Ferracci.
Asma Rharmaoui-Claquin – Circonscription 7 – Europe centrale et de l’Est – LFI
Asma Rharmaoui-Claquin est la cheffe de file de la France Insoumise en Allemagne. Au cœur de la circonscription, les Français d’Allemagne ont délaissé le parti Les Républicains, dont le responsable de fédération, le sénateur Ronan Le Gleut, est issu, et ne sont pas forcément convaincus par Emmanuel Macron. Iront-t-ils jusqu’à voter pour une militante d’un parti plutôt opposé à la construction européenne telle qu’elle se fait aujourd’hui ? Rien n’est moins sûr, les Français d’Allemagne, comme les Allemands, sont des Européens convaincus.
Coté civil, Asma Rharmaoui-Claquin est diplômée de Science Po Grenoble et est actuellement conseillère politique et juridique à l’Institut Fédéral de l’éolien en mer
Isabelle Rivolet, 57 ans, milite à gauche depuis 40 ans et a rejoint La France Insoumise en 2017. Elle a construit sa carrière professionnelle autour de l’action humanitaire et bénéficie d’une grande expérience à l’international, au plan opérationnel comme diplomatique. Elle a été Responsable de la communication au siège d’Action contre la Faim avant de s’engager sur le terrain, d’abord avec le Comité International de la Croix Rouge (CICR) et, depuis 2007, comme Experte en protection humanitaire auprès de l’ONU. Isabelle a travaillé à travers le monde dans une quinzaine de pays en proie à des situations de conflit armé, de catastrophe naturelle ou d’épidémie. Elle a été Juge Assesseur représentant le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) à la Cour Nationale du Droit d’Asile (CNDA) en France et Représentante d’UNICEF en Grèce en 2016.
Elle se présente avec Séverine Huille, 23 ans, qui a rejoint l’Union Populaire en novembre 2021 après un passage chez les Jeunes Écologistes. Résidant à Rome, Séverine a créé et anime un groupe d’action de jeunes Insoumis et Insoumises. Elle sera opposée à Meyer Habid, le député sortant, bien implanté dans le pays qui vote le plus, Israël et à l’ancienne cheffe de cabinet d’Olivier Veran pour Ensemble (LREM et allié).
Karim Ben Cheikh – Circonscription 9 – Maghreb et Afrique de l’Ouest – Génération.S
La 9ème circonscription est dans une situation bien particulière. Le député sortant, M’jid El Guerrab, élu en 2017 sous l’étiquette LREM, est actuellement en attente de son jugement suite à une affaire de violence contre l’ancien président de la fédération socialiste des Français de l’étranger, Boris Faure, pourtant il se représentera sous une étiquette indépendante, ayant perdu la confiance des dirigeants de la majorité présidentielle. En plus, il a réussi à bloquer l’investiture officielle par Ensemble (Renaissance/LREM et ses alliés) de Zineb El Rhazoui.
Karim Ben Cheikh se retrouve dans une situation favorable avec 2 voire 3 candidatures se réclamant du Président de la République et une parachutée par Les Républicains face à lui. Sur ces terres de gauche, le seul candidat qu’a obtenu le parti fondé après la défaite de Benoît Hamon en 2017, Génération.S, a donc toutes ses chances de remporter la circonscription. En plus, le candidat est bien implanté dans ces pays où le lien direct est prioritaire dans les relations humaines.
Ancien élève de Sciences Po, il est un habitué des rouages diplomatiques, en effet, il occupa les fonctions de 2ème conseiller à l’Ambassade de France à Rabat puis officia comme 1er secrétaire conseiller Afrique à l’Ambassade de France aux Etats-Unis. Enfin, il fut chargé de mission Maghreb-Sahel au Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères avant d’être nommé Consul Général de France à Beyrouth. Depuis le 01 septembre, il est en disponibilité de la fonction publique pour se consacrer à l’élection.
Chantal Moussa – Circonscription 10 – Proche-Orient et Afrique centrale – LFI
Chantal Moussa est elle aussi la cheffe de file au Proche-Orient/Afrique Orientale-Centrale-Australe soit la 10ème circonscription des Français de l’Etranger. Elle sera opposée à la députée sortant Amélia Lakrafi.
L’universitaire qui enseigne à Beyrouth, pays où la communauté française est très importante avec de nombreux binationaux, axe naturellement sa campagne sur la problématique de l’enseignement et plus largement de la francophonie. Un thème qui trouvera écho dans ces pays où se payer l’éducation française est plus qu’un luxe. Elle peut compter sur un mouvement de sympathie envers la gauche qu’on avait pressenti pendant l’élection présidentielle, mais la députée sortante investie une nouvelle fois par la majorité présidentielle est une adversaire qui connait bien le terrain et qui a su tisser de nombreux réseaux. Le duel s’annonce tendu.
Non connu – Circonscription 11 – Europe orientale, Asie et Océanie – PCF
Le parti communiste français a obtenu une circonscription pour les Français établis hors de France. Peu implanté à l’étranger, ses dirigeants cherchent encore le candidat. Au sein de la NUPES, on n’hésite pas à imaginer que le PCF doive renoncer à l’investiture au profit d’un des partis frères. Le candidat(e) retenu(e) sera opposé(e) à Catya Martin pour Les Républicains et à la députée sortante Anne Genetet pour Ensemble (Renaissance/LREM et ses alliés).
Dans cette circonscription géante, rien n’est facile. Allant d’Europe orientale (dont l’Ukraine) à la Nouvelle-Zélande, y faire campagne n’est pas facile. A quelques jours de l’ouverture du bureau de vote électronique (vote en ligne), il lui restera tout à faire : notoriété, explication des mesures. Et la tâche s’annonce ardue, historiquement les Français établis dans ces pays ne votant pas à gauche.
Le 27 mai s’ouvrira le vote en ligne, le 10 mai les candidatures devront être déposées, et pourtant on ne connait pas encore tous les candidats qui vont se présenter en ce 5 mai. Les Républicains avaient, eux, déjà publié les noms il y a quelques semaines et la commission d’investiture de La République en Marche a enfin choisi les candidats de la majorité présidentielle.
Ils étaient 9 députés LREM au soir du second tour des élections législatives de 2017, rapidement ils ne furent plus que 8, puis 7, puis 6… Et parmi ces 6 élus, 5 ont obtenu le soutien du parti pour un second mandat, 2 nouvelles têtes et pas des moindres viennent compléter les candidatures. Du côté des alliés, le Modem et Horizons, le nouveau parti d’Edouard Philippe, un accord fut aussi trouvé. Frédéric Petit, élu Modem, se verra confier la tâche de conserver sa circonscription d’Europe centrale et de l’Est tandis que les personnalités portées par Horizons se présenteront en Suisse et en Amérique latine.
On (re)découvre les candidats qui se présenteront à vous le 05 juin pour le premier tour des élections législatives (vote en ligne du 27 mai au 1 juin 12h – CET) sous les étiquettes « Renaissance » pour LREM et « Ensemble » pour les candidats alliés.
Les candidats sortants LREM
5 députés sortant ont obtenu l’investiture pour un second mandat, Roland Lescure, Alexandre Holroyd, Pieyre-Alexandre Anglade, Amélia Lakrafi, Anne Genetet, 5 nouvelles personnalités s’y ajoutent.
Roland Lescure – Circonscription 1 – Amérique du Nord
Depuis 2017, Roland Lescure, ancien numéro deux de la Caisse de dépôt et placement du Québec, représente ses concitoyennes et concitoyens établis au Canada et aux États-Unis à l’Assemblée nationale française. Il est aussi à la vie civile le frère de Pierre Lescure, le célèbre journaliste qui fit les heures de gloire de Canal + dans les années 90.
S’il fut particulièrement attaqué pendant la pandémie pour avoir peu défendu ses compatriotes assujettis aux motifs impérieux, il présente sur son site un bilan complet avec un zoom en particulier sur ses actions pour un enseignement plus accessible et son accompagnement des Français tout au long du mandat avec plus de 6000 réponses personnalisées aux mails envoyés par ses administrés. Vous pouvez télécharger ou consulter son bilan ci-dessous.
Eléonore Caroit – Circonscription 2 – Amérique centrale et du Sud
On pensait que cette circonscription serait cédée au parti d’Edouard Philippe. Mais non, c’est un bien une élue consulaire de LREM qui sera candidate. Une élue consulaire, oui mais de Suisse. Son lien avec la circonscription ? Elle a la double nationalité puisqu’elle a aussi un passeport de St Domingue (Etat des Caraïbes). Et pourtant la circonscription d’Amérique centrale et du Sud, fut elle aussi marquée par une députée indisciplinée élue sous les couleurs d’Emmanuel Macron en 2017. En effet, Paola Forteza, abandonnait sa circonscription dès 2020, tout en restant à l’Assemblée nationale, pour briguer la mairie du XVème arrondissement avec Cédric Villani.
Sur ce territoire, la France insoumise est très bien implantée avec des scores électoraux importants, impulsée par sa responsable de fédération, Florence Poznanski, qui sera suppléante du candidat de la NUPES (nouvelle union populaire écologiste et socialiste). A droite aussi, on a sorti l’artillerie lourde. En effet, pour Les Républicains, c’est le président de l’association réunissant tous les Bretons de Sao Paulo et celui de l’UFE Brésil, qui est candidat, Bertrand Dupont. Ce dernier dispose d’un solide ancrage au Brésil et d’un réseau conséquent dans les autres pays. La tâche ne sera pas facile pour celui qui héritera de cette circonscription.
Alexandre Holroyd – Circonscription 3 – Iles britanniques et Europe du Nord
Le député des Français de la deuxième circonscription est un vrai Français de l’étranger à 100%. En effet, né le 17 mai 1987 à Bâle, Alexandre Holroyd a étudié au lycée Charles-de-Gaulle à Londres puis au King’s Collège, à la London School of Economics, et à Sciences Po Paris. Il a ensuite travaillé plusieurs années pour un cabinet de conseil en stratégie, avec l’administration européenne à Bruxelles ainsi qu’avec l’administration britannique. Il a quitté son emploi pour fonder le mouvement En Marche ! à Londres quelques semaines après le vote britannique sur le Brexit, et dans la foulée il est élu député.
Son mandat fut évidemment marqué par le Brexit, pour ce Franco-Britannique, président du Groupe d’amitié France-Royaume-Uni à l’Assemblée nationale, ce qui unit le Royaume-Uni au continent dépasse de loin les interminables tractations politiques sur le Brexit et les provocations de Boris Johnson. Mais les liens humains qui font la relation transmanche auront besoin d’être défendus et il y a dédié une grande partie de son mandat. Dans les communautés d’expatriés disséminées dans les pays de sa circonscription, son image est plutôt positive. Un sentiment qu’on retrouve dans son bilan que vous pouvez télécharger ou consulter ci-dessous.
Il est considéré comme le « Monsieur Europe » de la Macronie. A 31 ans, Pieyre-Alexandre Anglade a eu la lourde charge de préparer les élections européennes, de mai 2019, pour le compte du parti présidentiel. Ancien assistant parlementaire de députés européens, non français, le député des Français du Benelux connait bien la mécanique bruxelloise et a partagé son savoir-faire avec son parti et les nouveaux députés européens élus sous l’étiquette LREM/Renaissance. Certains diront même trop !
En effet, en circonscription, ils furent nombreux à s’étonner de son absence pendant la pandémie comme le rappellent régulièrement ses concurrents. Cependant, il n’a pas déserté sa circonscription, même pris par les responsabilités nationales, il a toujours porté une attention particulière aux établissements scolaires et aux instituts culturels qu’il a soutenus à travers différentes démarches comme la création de la Maison de France à Anvers, le déploiement des écoles « Flam » aux Pays-bas, etc. Par contre, à la différence de ses pairs, à l’heure où nous écrivons ces lignes, Pieyre-Alexandre Anglade n’avait pas publié de bilan. Vous pouvez consulter sa fiche sur le nosdeputés.fr qui reprend tous ses dossiers, amendements et autres interventions liées à son mandat en cliquant ci-dessous.
Amélia Lakrafi – Circonscription 10 – Proche-Orient et Afrique centrale
Née le 20 Mars 1978 et mère d’une jeune fille, Amélia LAKRAFI est issue de la société civile. Entrepreneuse dans l’âme, elle a déjà à son actif la création et la direction de plusieurs entreprises avec une spécialisation en cyber-sécurité et intelligence économique, ce qui lui vaudra de recevoir le prix des « Femmes du Digital » du club des Partenaires IT – LECDP et le prix de Femmes entrepreneurs de l’année dans la catégorie innovation de la CPME en 2015.
Discrète et peu connue du grand public, Amal Amélia Lakrafi a su tisser sa toile au Moyen-Orient et en Afrique. Pour cela, elle a énormément voyagé, c’est une des élus qui fut la plus présente sur son territoire loin des bagarres parisiennes. Conséquence : l’élue est peu présente à l’Assemblée. Le site nosdéputés.fr la classe parmi les parlementaires les moins actifs. Comme pour le député des Français du Benelux, elle n’a pas publié de bilan. Vous pouvez retrouver sa fiche en cliquant sur le lien ci-dessous :
Anne Genetet – Circonscription 11 – Europe orientale, Asie et Océanie
Anne Genetet est la députée de la plus grande circonscription qui s’étale sur 3 continents, installée à Singapour comme chef d’entreprise, elle connait bien les problématiques liées à l’Asie et au business. Elle est d’ailleurs la fondatrice du Club France initiative qui veut mettre la communauté des Français de l’étranger au cœur de la stratégie d’influence internationale de la France et en particulier sur le front économique.
Pendant la pandémie, elle regretta publiquement et vivement la mise en place des motifs impérieux et fut très active sur la vaccination, mettant en place avec l’administration consulaire des campagnes de vaccination à destination des Français dans les nombreux pays de sa circonscription qui utilisaient des doses non reconnues par l’UE. Mais elle a aussi une ombre à son tableau, la réforme fiscale qu’elle tenta de mener en 2018/2019 et qui fut finalement mise sous moratoire en 2020 avant d’être annulée définitivement en 2021 du fait de conséquences néfastes pour les plus faibles revenus.
Comme la plupart de ses camarades, elle propose un bilan que vous pouvez consulter ou télécharger ci-dessous.
2 nouvelles personnalités vont tenter de rejoindre le banc des députés des Français établis hors de France. Un ancien premier ministre, Manuel Valls, va chercher à récupérer la circonscription de la péninsule ibérique tandis que la cheffe du cabinet d’Olivier Veran va s’attaquer à la Méditerranée de l’Est, alors que le conseiller du président Marc Ferracci sera candidat en Suisse.
Manuel Valls – Circonscription 5 – Péninsule ibérique, Andorre et Monaco
Le poste de député des Français d’Espagne, du Portugal et des principautés d’Andorre et Monaco, fait tourner les têtes. En 2017, c’est Samantha Cazebonne, ancienne proviseure d’établissements français en Espagne qui remporta le siège. Trés active pendant son mandat, elle fut placée à la tête de la dynamique LREM chez les Français de l’étranger et accompagna pendant leur campagne les candidats aux élections consulaires en 2021, avant de quitter son mandat pour briguer un poste de sénatrice qu’elle obtient en septembre 2021.
Logiquement, c’est son suppléant, Stéphane Vojetta, élu consulaire depuis peu quelques mois, qui a pris la suite depuis le mois d’octobre. Cependant, les rumeurs ont vite couru dans le microcosme annonçant Christophe Castaner, puis un autre, etc. Le député fraichement mis en place balayait ces hypothèses en réaffirmant sa confiance dans le parti. Depuis quelques jours, c’est Manuel Valls qui est annoncé. Le 04 mai, répondant à nos questions, Stéphane Vojetta refusait la simple hypothèse d’avoir pu « être baladé » par LREM, tout en mobilisant les forces locales qui ont réaffirmé leur soutien.
Et finalement, le couperet est tombé. C’est bien Manuel Valls qui sera candidat pour LREM. L’ancien Premier ministre a la double nationalité et a même été élu au conseil municipal de Barcelone avant d’en démissionner au bout de quelques mois. Maintenant que va-t-il se passer ? Stéphane Vojetta n’a pas répondu à nos sollicitations. Le soutien obtenu par les associations et les sections locales de LREM le pousseront peut-être à se présenter en dissidence ? Ou acceptera-t-il de se retirer ? C’est en tout cas une vraie opportunité pour la gauche qui se présentant unie a de fortes chances de remporter la circonscription en cas de division des Marcheurs. Affaire à suivre…
Marc Ferracci – Circonscription 6 – Suisse
Comme dans la IXème circonscription, c’est bien un député LREM qui fut élu en 2017, Joachim Son-Forget. Un médecin-radiologue qui a détonné dans le milieu feutré des bords du lac Léman. Fêtes, déclarations sans queue ni tête, attaque sexiste, rien n’a été épargné aux Français de Suisse. En 2018, Joachim Son-Forget, voulant éviter l’exclusion, a choisi de quitter les rangs du parti présidentiel. Il resta sans parti jusqu’en 2021 où il décida de rejoindre Reconquête, le parti d’Eric Zemmour. C’est donc sous cette étiquette qu’il va se représenter et en confiance, ayant obtenu plus de 30% des voix aux élections consulaires de 2021, il lui reste des fidèles dont la mobilisation pourrait faire la différence.
Pour s’opposer au député actuel, mais aussi à la gauche, qui fait preuve de résistance, sans oublier les LR qui fondent de grand espoir sur cette circonscription, Emmanuel Macron a décidé d’investir Marc Ferracci. Ami d’études et témoin de mariage d’Emmanuel Macron, cet économiste enseigne à Sciences Po Paris. Il se définit comme « de gauche » et « progressiste », avec un fort intérêt pour le modèle social des pays scandinaves. Après avoir conseillé le candidat Macron sur son programme économique en 2017, il a été nommé au cabinet de la ministre du Travail Muriel Pénicaud puis du Premier ministre Jean Castex, où il est chargé du suivi du plan de relance. Il est l’inspirateur des réformes du chômage et de la formation professionnelle.
Le profil est de qualité et les Français de Suisse auraient l’oreille du Président en élisant Marc Ferracci dans leur circonscription, le seul problème : il n’a jamais été expatrié et n’a jamais vécu en Suisse. Cependant, il ne sera pas le premier ni le dernier.
Déborah Abisror-de Lieme – Circonscription 8 – Méditerranée de l’Est
Pierre Sled etait le premier pressenti pour tenter de prendre le siège au député de centre droit, très bien implanté en Israël. En effet ce Français de Rome, installé depuis 6 ans, est aussi et surtout l’ancien présentateur vedette de Stade 2 et l’ancien mari de la star du petit écran Sophie Davant.
Mais finalement, c’est Déborah Abisdor-de Lieme qui a été préférée pour porter les couleurs du parti présidentiel, fraichement rebaptisé Renaissance. Elle est l’actuelle cheffe de cabinet d’Olivier Véran. Certains souriront quand on se rappelle comment le ministère des Affaires étrangères, Matignon ou l’Elysée devaient régulièrement intervenir pour recadrer Olivier Véran afin de permettre la prise en charge sur le territoire français des expatriés victimes médicales ou sociales de la Covid-19. Quand ce n’était pas le conseil d’Etat qui désavouait par 2 fois la volonté du cabinet d’Olivier Véran d’imposer des motifs impérieux aux expatriés…
Née à Paris, Déborah Abisdor-de Lieme a suivi des études de droit à la Sorbonne. Directrice de l’EUJS (European Union of Jewish Students) de 2010 à 2012, elle est ensuite passée par d’autres associations juives dont la direction du B’nai Brith Europe avant de revenir à des activités non communautaires. Après 9 ans d’expatriation entre la Belgique, Israël et la Grèce, elle est revenue à Paris pour la campagne d’Emmanuel Macron en 2017. Elle écrit aussi pour le Times of Israel qui publie des articles et reportages en français. Est-ce que cela sera suffisant pour conquérir le cœur de cette circonscription ?
Zineb El Rhazoui ou pas ? – Circonscription 9 – Maghreb et Afrique de l’Ouest
Avec la Suisse, la IXème circonscription a hérité d’un député LREM dont certaines actions ont amené de nombreuses questions dans le camps de LREM. Ainsi M’jid El Guerrab, élu en 2017 sous l’étiquette En Marche, a été exclu du groupe LREM dès 2018 suite à l’agression à coups de casque qu’il porta à Boris Faure, le responsable de la fédération des expatriés du Parti socialiste. Pourtant tout au long du mandat, il a continué d’évoluer dans les sphères de la majorité présidentielle, en incorporant le groupe AGIR de celle-ci. Il espérait sûrement ainsi neutraliser ceux qui désiraient présenter quelqu’un face à lui.
Un calcul qui se défend ! Alors qu’on attend le délibéré du premier procès qui l’oppose à la représentation publique et à Boris Faure, M’jid El Guerrab a pu éviter la nomination d’un candidat contre lui sous les couleurs de LREM. Et pourtant c’est une candidate de qualité, Zineb El Rhazoui, l’essayiste, célèbre pour ses positions fortes sur la laïcité, qui est sur les rangs pour être investie par le parti d’Emmanuel Macron.
Si elle est investie, ce qu’elle sera à n’en pas douter, elle aura affaire à 2 dissidences, celle de M’jid El Guerrab qui se représentera, et celle d’Ahmed Eddarraz. Ce dernier était pressenti depuis de nombreux mois pour obtenir l’investiture, il a déjà commencé sa campagne, lui qui est installé sur place depuis de nombreuses années. Contacté par notre rédaction, il affirme qu’il maintiendra sa candidature pour incarner « une fibre de gauche au sein de la majorité présidentielle et représenter les habitants de cette circonscription, les binationaux comme les expatriés« .
Les candidats de l’alliance « Ensemble » – Horizons – Modem
Pour ces élections, le parti d’Emmanuel Macron, qu’on doit désormais appeler Renaissance, a conforté son son allié historique le Modem sans faire de place ni sur sa droite au parti d’Edouard Philippe, Horizons, ni au Printemps républicain sur sa gauche.
Frédéric Petit – Circonscription 7 – Europe centrale et de l’Est
S’il y a un député qui mouille la chemise c’est bien Frédéric Petit. En effet, ce dernier arpente les pays de sa circonscription pour aider les Français et les Ukrainiens qui ont fui la guerre. Lui qui est né en 1961 à Marseille, est désormais marié à une Polonaise et a deux filles. Entre Cracovie et Paris, il est pleinement mobilisé pour les expatriés. Car l’expatriation, il connait ! En effet, après avoir passé 11 ans comme directeur d’un projet social pour jeunes dans un quartier en difficulté en Lorraine, il occupe, étant ingénieur de formation, successivement plusieurs postes de direction dans des entreprises énergétiques. Il a vécu au Cameroun, dans de nombreux pays d’Europe de l’est et en Egypte. Il parle cinq langues.
En 2017 il est élu député à l’Assemblée nationale par les Français de l’étranger vivant en Allemagne, en Europe centrale et dans les Balkans. Il est également médiateur et conseiller du commerce extérieur de la France. Le développement et la paix dans le monde par l’Europe et par l’enseignement et l’éducation font partie de ses priorités de mandat. Enfin depuis mai 2021, il est Secrétaire général adjoint du Parti démocrate européen. Il siège aux Assemblées parlementaires de l’OSCE et du Conseil de l’Europe.
Vous pouvez retrouver le bilan qu’il a émis en 2021 en cliquant ci-dessous :
Ce lundi 9 mai, c’est la journée de l’Europe pour les habitants de L’Union européenne, c’est cette date qu’Ursula von der Leyen, la présidente de la commission européenne, a choisi pour conclure la la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Emmanuel Macron à Strasbourg, où se tenait la cérémonie, a prononcé un discours où il exposait sa vision de l’avenir de l’Union européenne. On décrypte le texte pour les expatriés.
Réviser les traités
Le président français tenait devant le Parlement européen son premier discours sur l’Europe depuis sa réélection. Il a proposé que les dirigeants des 27 discutent lors du sommet de juin d’une révision des traités.
« Il faudra réformer nos textes, c’est évident. L’une des voies de cette réforme est la convocation d’une convention de révision des traités. C’est une proposition du parlement européen et je l’approuve »
Emmanuel Macron devant le Parlement européen à Strasbourg le 09 mai 2022
Ursula von der Leyen en a profité pour demander la révision des traités de l’UE afin de permettre l’abandon du vote à l’unanimité des 27 pays membres dans des domaines clés comme la politique commerciale, étrangère, la fiscalité, etc.
« L’Europe devrait jouer un rôle plus important, par exemple dans le domaine de la santé ou de la défense. Et nous devons améliorer en permanence le fonctionnement de notre démocratie »
Ursula von der Leyen, la présidente de la commission européenne, devant le Parlement européen à Strasbourg le 09 mai 2022
Une communauté politique européenne
L’Ukraine fut bien sûr au coeur des préoccupations de cette séance au parlement de Strasbourg. Le président Ukrainien réclame depuis des mois l’intégration de son pays à l’Union européenne. Il devra prendre son mal en patience.
Le président français a proposé un nouveau cercle de liens entre états européens en imaginant une communauté politique européenne. Ouverte à tous les états du continent (au sens géographique), elle pourrait intégrer le Royaume-Uni comme l’Ukraine. Loin de l’idéal des « Etats-Unis d’Europe » cher aux pères fondateurs, Emmanuel Macron désire mettre en place une instance permettant aux Etats d’échanger sur les problèmes majeurs liés à la sécurité de tous sans créer de liens institutionnels ou de contraintes communes comme avec l’Union européenne.
Arrivée d’Emmanuel Macron le 09 mai 2022 à Strasbourg
La Russie dénoncée
Logiquement, Emmanuel Macron, dans sa posture de « défenseur de la paix », a poursuivi son discours avec des propos durs contre la Russie de Vladimir Poutine.
« La Russie commet des crimes inqualifiables en Ukraine »
Emmanuel Macron devant le Parlement européen à Strasbourg le 09 mai 2022
Considérant que la « liberté et l’espoir » étaient « le visage » de l’UE, il a renouvelé son soutien à l’Ukraine et insisté sur le rôle de l’UE dans la préservation de la « paix en Europe », pour « éviter l’escalade » à tout prix.
« Quand la paix reviendra sur le sol européen, nous devrons ensemble ne jamais céder à la tentation, ni de l’humiliation, ni de l’esprit de revanche, car ils ont déjà trop, par le passé, ravagé les chemins de la paix. »
Emmanuel Macron devant le Parlement européen à Strasbourg le 09 mai 2022
Les économies émergentes sont, depuis plusieurs années, mises à dure épreuve. Les tentations protectionnistes des Occidentaux, la pandémie, les problèmes d’approvisionnement et maintenant la guerre en Ukraine menacent les fondamentaux des économies de ces pays qui ont connu un vif essor durant les décennies 1990-2010 grâce à la mondialisation et à l’éclatement des chaines de valeur.
Pour la première fois depuis les années 1980, ces trois dernières années, pour plus de 50 % de la population des pays émergents, la croissance de leurs revenus a été inférieure à celle des États-Unis. Le rattrapage qui s’était produit depuis quarante ans, s’est brutalement interrompu. Selon le FMI, au mieux, la croissance des pays émergents sera de 3,8 % cette année et de 4,4 % en 2023, en recul par rapport à la moyenne de la décennie précédente (5 %). La crainte d’une décennie de stagnation n’est ainsi pas sans fondement.
Un risque financier
Les pays émergents sont confrontés à une série de défis financiers, économiques et sociaux sur fond de tensions géopolitiques. La première menace pour les pays émergents est d’ordre financier. Au début des années 1980, la Réserve fédérale avait considérablement augmenté ses taux d’intérêt alors qu’elle cherchait à maîtriser l’inflation. Pour les économies émergentes et en développement qui avaient emprunté des sommes importantes au cours des années précédentes, le resserrement des conditions financières et le raffermissement du dollar ont entraîné de graves crises. Ces pays se retrouvent quarante ans plus tard dans une situation comparable. La dette publique et privée dans le monde émergent a augmenté régulièrement en pourcentage du PIB au cours des années 2010, et a explosé pendant la pandémie. Les ratios d’endettement public dans les économies à revenu intermédiaire atteignent des niveaux records. De nombreux pays pauvres se situent sur la ligne de crête avec un risque systémique comme dans les années 1990.
La moitié des États en développement menacés par la cessation de paiement
Face à cette menace, le FMI et la Banque mondiale étudient des plans de rééchelonnement ou d’abandons de dettes qui pourraient être soumis, notamment, au Club de Paris qui est un groupe informel de créanciers publics dont le rôle est de trouver des solutions coordonnées et durables aux difficultés de paiement de pays endettés.
Sur les quelques 70 pays à faibles revenus, plus de 10 %, dont le Tchad et la Somalie, sont au bord de la banqueroute. Selon la Banque mondiale, 50 % des États en développement dont l’Éthiopie et le Laos, sont également menacés à court ou moyen terme par un risque élevé de cessation de paiement. En 2010, seulement un tiers des pays pauvres étaient surendettés ou risquaient de l’être. La part des émetteurs dont les obligations jugées à risques a plus que doublé en un an, pour atteindre un peu plus d’un cinquième, selon le FMI.
Parmi les États hautement surveillés figurent malheureusement l’Ukraine mais aussi l’Égypte et le Ghana. Les pays émergents ou en développement sont touchés par les évènements en cours en Ukraine. Le renchérissement du prix des produits alimentaires, des matières premières et de l’énergie fragilise les équilibres économiques et financiers. Le blé et le pétrole ont ainsi enregistré une augmentation de leurs cours d’environ 50% en un an.
Pour les pays importateurs, les coûts budgétaires liés aux subventions alimentaires et énergétiques progressent rapidement quand les réserves de devises s’épuisent. Ils doivent emprunter des devises à coûts croissants. La hausse des prix conduit, en effet, les banques centrales des pays de l’OCDE à durcir leur politique monétaire.
La hausse du dollar accroit les coûts de financement
En un an, les taux directeurs de la FED devraient augmenter de près de trois points, ce qui constituerait la plus forte hausse de taux en une seule année depuis le début des années 1990. Avec la fin des rachats d’obligations et la contraction du bilan de la Fed, le resserrement de la politique monétaire, en 2022, pourrait être le plus spectaculaire depuis les années 1980 tout en restant en-deçà, pour un certain nombre d’économistes, de ce qu’il faudrait faire pour juguler la hausse des prix.
L’augmentation des taux aux États-Unis conduit les capitaux à se diriger vers ce pays amenant une appréciation du dollar. Par rapport aux autres devises, il a augmenté de plus de 10 % sur un an. Cette appréciation accroît les coûts de financement pour les États émergents. L’achat de dollars devient de plus en plus compliqué. Le Sri Lanka, le 12 avril dernier, a fait défaut sur sa dette publique en devise forte.
Le coût croissant de la dette aura de nombreuses conséquences dont une réduction des dépenses en faveur de l’éducation, des infrastructures ou de la transition énergétique. Les banques locales ayant financé les États pourraient être en difficulté pour prêter aux acteurs économiques privés. La dette publique du pays d’origine représente désormais environ 17 % des actifs bancaires dans les économies émergentes, contre 13 % au début des années 2010 et bien au-dessus de la moyenne de 7,5 % au sein des pays de l’OCDE.
Menaces sur le commerce international
Ces dernières décennies, le succès des pays émergents a reposé sur leur intégration dans le commerce international qui a connu une rapide expansion durant les années 1990/2010. Les pays d’Asie de l’Est et du Sud-Est ont bénéficié de la mondialisation et de l’éclatement des chaînes de valeur pour réaliser un rattrapage économique sans précédent.
Les premières victimes de la fragmentation du monde sont les pays pauvres
La Chine avec un taux de croissance à deux chiffres a permis à de nombreux pays émergents et en développement de développer leurs exportations. Le ralentissement de l’économie chinoise dont le taux de croissance potentiel pourrait se situer désormais autour de 5 % ainsi que la montée du protectionnisme remettent en cause ce mode de développement prioritairement axé sur les échanges.
Les premières victimes de la fragmentation du monde sont les pays pauvres. La fermeture des pays occidentaux et le choix de la Chine de privilégier l’autosuffisance réduisent leurs possibilités d’acquisition de devises fortes nécessaires pour financer leurs importations d’énergie et de produits agricoles ainsi que celles de biens d’équipement.
Des tensions sociales pourraient apparaître à l’automne dans plusieurs pays pauvres en cas de poursuite du renchérissement du prix des produits alimentaires et face à d’éventuelles pénuries.
les Français demeurent les Européens les plus défiants et les moins informés sur l’Europe et sa construction. Cette forme d’euroscepticisme, – qui ressort d’une enquête publiée début décembre par l’Institut Jacques Delors, le Cevipof et le Centre Kantar – paradoxalement teintée de fortes attentes par rapport à l’Union européenne (UE), s’est installée au cours des vingt-cinq dernières années et ne devrait pas être vaincue en six mois de présidence française, malgré l’accent mis par le gouvernement sur la notion « d’appartenance à l’Europe ».
«Le sentiment d’appartenance s’est étiolé», a regretté Emmanuel Macron, le 6 décembre, lors d’une réception donnée à Paris à l’occasion des vingt-cinq ans de l’Institut Delors. Et le chef de l’Etat a reconnu une « grande difficulté à aller chercher les gens qui ne s’intéressent pas à l’Europe ».
Tour Eiffel aux couleurs de l’Europe en janvier 2022
Didier Reynders, Commissaire européen à la Justice
Didier Reynders, Commissaire européen à la Justice était l’invité exceptionnel d’Internationales sur TV5MONDE le week-end dernier. Avec lui, on explore les ressorts de l’euroscepticisme et les moyens pour lutter contre.
Peut-être cela aurait eu lieu à un moment ou à un autre. Peut-être pas, ou différemment. La guerre en Ukraine bouleverse l’ordre géopolitique mondial, ou accélère simplement les déchirures sous-jacentes. Elles ressemblent aux oscillations folles des tremblements de terre, lignes fractales.
En commençant par la ligne de front, l’Ukraine, on enregistre déjà l’effondrement d’un pays, (la reconstruction est estimée pour l’instant à 500 milliards de dollars) et l’affaiblissement d’un autre, la Russie : (le PIB russe a déjà chuté de 170 milliards de dollars, sans compter la perte de prestige). Cette double faillite n’est pas rassurante. La guerre, la pauvreté, la misère, et tous les crimes et trafics qui les accompagnent- s’installent sur les bords de l’Europe, un des espaces les plus riches et les plus paisibles du monde.
Avec Trump, les Européens avaient pris conscience de la fragilité de l’ami américain, imprévisible jusqu’à l’hostilité. Avec Poutine, ils ont vu que le manque d’unité politique et militaire pouvait être mortel. Poutine a fait le cadeau de redonner un ennemi à l’OTAN. C’est une bonne nouvelle pour l’alliance des démocraties de Biden. Mais ce n’est pas encore une bonne nouvelle pour l’Europe.
L’Europe peut sortir gagnante de la guerre en Ukraine. Elle peut aussi en être la victime.
La guerre et les images des missiles russes sur Londres et Paris sont de vraies menaces, la rupture des relations économiques avec la Russie est une nouvelle coupure du continent européen, qui oblige à redéfinir les bases du projet européen. Les Américains vont déverser plus de 40 milliards sur l’Ukraine. Et l’Europe ? Les Hongrois, au contraire, refusent de couper les importations de pétrole. Si tous les pays européens augmentent leurs dépenses militaires, ils se réabonnent à l’industrie militaire américaine. Principale bénéficiaire de l’éclatement de l’Empire soviétique, l’Europe peut sortir gagnante de la guerre en Ukraine. Elle peut aussi en être la victime. Guerre aux frontières, dépendance américaine, coût économique et fragilité politique.
Trump à un sommet de l’OTAN en 2019
L’Europe est à nouveau à redéfinir. D’autant que l’Ukraine a demandé son adhésion, comme les pays des Balkans. Impossible de les laisser à la porte. Impossible de les accepter en l’état – surtout l’Ukraine.
A cela s’ajoutent les dissensions internes. La Pologne et la Hongrie contestent toutes les deux l’ordre juridique européen, et son esprit. Peut-on les écarter, les punir, les ignorer ? Cela n’est pas viable à terme. La contrainte n’est pas dans l’esprit européen non plus. D’autant que les nouveaux défis abondent. On regarde à l’est, mais la frontière sud de l’Europe est en ébullition. La Méditerranée, au-delà, l’Afrique, sont en déshérence et en danger.
Des statuts différenciés, une voie pragmatique, des solutions pour l’Ukraine, les Balkans, et même la Pologne et la Hongrie.
Une Europe unie et européenne n’est pas le choix de tous. Une Europe à la carte est impossible. Mais des statuts différenciés sont possibles. Une Europe des cercles est déjà en construction, sans doute est-ce une voie pragmatique, qui offrira des solutions à l’Ukraine, aux Balkans, et même à la Pologne et à d’autres qui contestent les fondamentaux européens, comme la primauté du droit européen et les principes de la démocratie libérale. (En France aussi, la nouvelle alliance de gauche et le RN prônent les uns la « désobéissance » aux traités, les autres leur « suspension » des traités. Que d’astuces qui ne trompent que ceux qui veulent être trompés !).
Aujourd’hui, l’institution européenne la plus forte est la banque centrale. Elle garantit, de fait, les dettes. Elle maintient les économies à flot, par une politique de taux d’intérêts bas, malgré les hausses de prix. Que seraient la Grèce, l’Italie et même la France sans la BCE ?
En face, en Turquie, l’inflation est à 70%, officiellement. En Iran, le prix de la farine a augmenté de 100%. La Russie s’enorgueillit de maintenir le Rouble, et de baisser les taux d’intérêt à … 17%. Le blé et le pétrole ont augmenté de 50% en un an.
La guerre d’Ukraine accélère la course à la démondialisation et fait ses premières victimes.
La fin de la mondialisation fait ses premières victimes : les pays pauvres et les pauvres des pays pauvres. L’Onu et la banque mondiale lancent alerte sur alerte sur le retour des crises alimentaires. Certains pays pauvres, comme le Tchad ou la Somalie, sont au bord de la banqueroute. Selon le FMI, la moitié des Etats en développement risquent une cessation de paiement à moyen terme.
La guerre d’Ukraine accélère la course à la démondialisation, déjà annoncée par le retour du protectionnisme dans les têtes, déjà mis en ouvre dans la fermeture des frontières universellement mise en place lors de la crise de la Covid.
Le monde est passé de la concurrence ouverte et libre -la mondialisation- à la compétition de guerre entre les régimes et les Etats. Compétition dans tous les domaines : retour de la course aux armements et retour de la menace nucléaire ; retour du chantage énergétique et du cartel pétrolier : l’OPEP a refusé d’augmenter sa production, maintenant de fait l’accord avec les Russes ; l’Algérie menace de réduire ses exportations. Compétition accrue dans la technologie, avec des subventions américaines pour la réimplantation d’usines. Guerres des monnaies, aussi, et investissements des Etats dans le nouveau champ de bataille des cryptomonnaies.
Aujourd’hui, et peut-être pour longtemps, la guerre est en Ukraine. Chacun sait que la « nouvelle guerre froide » est en Asie, entre les Etats-Unis, leurs alliés, et la Chine.
Si l’on regarde les cartes, rarement les entrelacs diplomatiques n’ont été si nombreux. Erdogan était en Arabie saoudite, qui reprend langue avec les Iraniens. Il était aussi au Sénégal, et joue l’intermédiaire entre les Russes et l’Ukraine. En fait, la Livre se dérobe, son assise aussi. Et le Moyen-Orient repasse toutes ses alliances. La Syrie veut revenir dans la Ligue arabe et discute avec les tenants des accords d’Abraham, qui vont jusqu’au Maroc. Loin de l’Ukraine, et des Russes ?
Les choix de l’Inde sont plus importants pour l’avenir du monde que ceux de la Russie.
L’Afrique est un champ de bataille (70% des casques bleus de l’ONU sont en Afrique) dans lequel des Etats en vente à la découpe laissent nombre de territoires hors contrôle.
Narenda Modi était au Danemark, à Berlin, à Paris, pour parler armes, investissements, nouvelles technologies. L’Inde est le poids majeur de la guerre froide en gestation : demain le pays le plus peuplé du monde, une économie en croissance régulière, et en déséquilibre profond, un système démocratique cadencé par les violences et les haines religieuses, les choix de l’Inde sont plus importants pour l’avenir du monde que ceux de la Russie. France et Allemagne ont tous deux un partenariat stratégique avec l’Inde. (Partenaire ancien de la Russie, l’Inde ne l’a pas condamnée et lui achète du pétrole ; mais change de fournisseur pour son armement: la Russie a perdu 25% du marché de l’armement indien, au profit de la France). L’inde propose de remplacer l’Ukraine sur le marché du blé.
Des contenus fabriqués par des robots et de l’intelligence artificielle. D’un coté la complexité, de l’autre la pensée factice.
Le « rêve chinois », système policier, n’étant pas un modèle pour la plupart des peuples, seulement pour les autocrates, la guerre froide devrait être moins idéologique que technologique. Or le creuset de la révolution économique mondiale est justement la technologie de l’information. La maitrise des canaux détermine des contenus, demain fabriqués, moulinés, retraités, produits par des robots et de l’intelligence artificielle. D’un coté la complexité, de l’autre la pensée factice.
Face à la complexité du monde, les réactions sont de plus en plus simpliste, comme un like sur un tweet. Par une erreur de lecture, les bourses ont perdu 8% – des milliards de dollars- en trois minutes, avant de les retrouver, correction faite. Un missile aurait-il le temps de revenir ?
Au moment où le monde a besoin de recul, d’intelligence, de tolérance, voici mis en place tous les éléments informatifs, techniques et politiques de réactivité automatique, alimentant le tribalisme identitaire, qu’il soit idéologique ou nationaliste. Stupidité structurelle. Lignes de faille, défis de taille.
Penser le monde autrement qu’en seuls termes de puissance, de domination, de rapports de forces, grâce à ses nombreux défauts, seule l’Europe en est capable, au delà des Etats et des raisons d’Etat, parce qu’elle a déjà perdu tout rêve d’empire. C’est tout l’enjeu, civilisationnel, humaniste, des années à venir. Et c’est pourquoi, sur ce terrain là, ni en Ukraine, ni ailleurs, il ne faut rien céder.
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
Vous avez été 5211 personnes à répondre à notre consultation sur vos intentions de vote aux législatives du 05 et 19 juin (les expatriés voteront pour le premier tour une semaine avant les Français vivant sur le territoire national). Mis en ligne le 01 mai, avant l’annonce de la création de l’Union Populaire et la publication des investitures de Renaissance/Ensemble (LREM/Alliés), nous proposions toutes les formations politiques. Pour des raisons évidentes, nous avons cumulé les scores. En toute transparence, nous mettons en libre téléchargement le fichier brut à la fin de cet article.
Les résultats non globalisés
Reconquête
5.4%
Debout la France
0.93%
Rassemblement National
6.76%
Les Républicains
7.2%
Horizons
1.49%
LREM
36.6%
Parti socialiste
3.29%
EELV
4.9%
France Insoumise
27.48%
Bulletin blanc (non comptabilisé)
2.36%
Un indépendant issu de la circonscription
3.6%
Les résultats globalisés selon les alliances annoncées
Renaissance : pas de raz-de-marée en vue aux Législatives
Les élections se passent mais ne se ressemblent pas. Pourtant Emmanuel Macron a remporté la Présidence, devant Marine Le Pen, cette année comme en 2022. Mais les élections législatives, qu’on a souvent considérées comme une simple formalité confirmant le vote présidentiel, sont désormais « utilisées » par les citoyens pour nuancer « l’ordre de mission » pour le quinquennat qui s’ouvre.
Premières législatives depuis la réforme de Jacques Chirac qui suivent la réélection d’un Président et non l’élection d’un nouveau Chef de l’Etat. Pas d’euphorie populaire, pas de nuit de noce, le peuple et le président se connaissent. Et les électeurs ne sont plus prêts à donner tous les pouvoirs à Emmanuel Macron.
Alors qu’en 2017, les scores au premier tour des candidats En Marche, dans les circonscriptions d’expatriés, oscillaient entre 45% et 63%, aujourd’hui les internautes, qui ont exprimé leur intention de vote lors de notre consultation, suivent la dynamique nationale avec 3 blocs : les droites, Ensemble et l’Union populaire. L’alliance qui tente de se muer en majorité présidentielle arrive en tête mais plafonne à 38%. Un score qui reste impressionnant, surtout pour un second mandat, mais qui indique que des combats seront à mener pour remporter la manche. Sur les 10 circonscriptions conquises en 2017, 2-3 pourraient manquer à l’appel le 19 juin au soir.
Nouvelle Union populaire écologique et sociale : le phénix
On la disait morte, enterrée, il y a quelques semaines, car personne n’aurait parié sur la gauche, encore moins parmi les expatriés. Mais les Français lors du premier tour de l’élection présidentielle en ont décidé autrement. Près de 22% des électeurs ont choisi Jean-Luc Mélenchon, délaissant EELV et le PS, les obligeant pour survivre à s’allier avec le tribun tant détesté quelques jours avant. Cette réunion autour de LFI a d’ailleurs provoqué de nombreux remous parmi les édiles et militants des partis « frères ».
Dans notre consultation, le cumul de toutes les intentions de vote porte l’alliance de gauche à 36%. Le tout est de savoir si les électeurs du PS et d’EELV suivront les consignes de vote. Certains imaginent même qu’une dynamique se créera, maintenant la gauche et la majorité présidentielle au coude à coude voire lui faisant prendre le leadership chez les Français établis hors de France.
Le cas des droites
Un troisième bloc se dessine, réunissant toutes les droites, avec une première : les intentions de vote des deux partis d’extrême droite, le Rassemblement national et Reconquête, dépassent celles pour la droite gouvernementale représentée par Les Républicains, créditée de 7% des intentions de vote.
La situation des candidats Les Républicains, pourtant les premiers annoncés, est périlleuse, pris en étau entre Renaissance (ex LREM) et le RN. Pour l’extrême droite, la dynamique autour d’Eric Zemmour semble s’être arrêtée, tout aussi rapidement qu’elle avait pris, avec son score décevant lors du premier tour de l’élection présidentielle en avril 2022.
Cette année, le 09 mai est associé à la Russie qui célèbre ce jour la victoire sur le nazisme, appelée « Grande guerre patriotique » à Moscou, alors que les armées de Poutine continuent leur marche sur Kiev et que l’UE prépare de nouvelles sanctions. Pour nous Français et Européens, le 09 mai est pourtant une date dédiée à la paix, c’est la journée de l’Europe.
37 ans qu’on fête l’Europe
La Journée de l’Europe a été instaurée par les dirigeants européens à l’occasion du Conseil européen de Milan en juin 1985. Elle est un des cinq symboles de l’Europe. Fêtée la première fois en 1986, depuis, elle rend hommage à ce moment fondateur qu’a été le 9 mai 1950. En 2019, le Luxembourg, un des six pays signataires du traité de Paris, a institué la date du 9 mai comme un jour férié légal.
Les chefs d’Etat ont choisi cette date car le 9 mai 1950, à Paris, le ministre français des affaires étrangères, Robert Schuman, appelait à la mise en place en commun sous une autorité internationale des productions française et allemande de charbon et d’acier. Considérée comme le début du lancement de la construction européenne, cette déclaration débouche sur la signature, le 18 avril 1951, du traité de Paris par six États européens (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg et Pays-Bas). Ils fondent ensemble la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). La CECA est la première des institutions européennes qui donnera naissance à ce qu’on appelle à présent l’Union européenne.
Ce moment ne marque pas seulement l’anniversaire de l’acte fondateur de la construction de l’Europe. C’est aussi un moment de prise de conscience d’une réalité européenne qui se vit au quotidien : une Union fondée sur les principes de l’État de droit dont les membres sont des démocraties basées sur la souveraineté populaire. La fête doit rappeler le chemin parcouru depuis la fin de la Seconde guerre mondiale pour affirmer ces principes et ces valeurs.
Un concert en ligne organisé par la délégation française
Parmi les nombreux évènements organisés en France, nous avons sélectionné celui accessible par tous où que vous soyez dans le monde : un concert en ligne de jeunes talents français.
En effet, pour la troisième année consécutive, la Commission européenne vous donne rendez-vous pour un concert en ligne exceptionnel à l’occasion de la Fête de l’Europe ! 15 jeunes artistes venus des quatre coins du continent se produiront lors du désormais traditionnel Music Europe Day, dont l’objectif est de donner vie à la devise de l’Union européenne : “Unis dans la diversité”. Ce concert numérique sera à suivre en direct à partir de 19h sur les comptes Facebook et Twitter de Toute l’Europe. Retrouvez plus d’informations sur la page Facebook de l’événement.
Visiter Strasbourg pour mieux connaitre l’Europe institutionnelle
Evidemment à Strasbourg, l’autre capitale européenne avec Bruxelles, la fête de l’Europe prend une dimension particulière. Ainsi tout au long du mois de mai, vous pourrez découvrir les institutions autrement. En plus des classiques visites du Parlement européen, il sera possible de se laisser guider par la pétillante clown et tragédienne de rue alsacienne, Maria K. Au cours de ses « visites (Im)pertinentes », elle fera découvrir aux plus curieux les différentes institutions du quartier européen en les dépoussiérant à coup de burlesque et de poésie.
Pour poursuivre l’aventure, il sera aussi possible de se lancer dans l’Europe Quest, en accès libre pendant tout le mois de mai. Ce jeu de piste propose de partir à la découverte de cinq bâtiments emblématiques du Conseil de l’Europe (le Palais de l’Europe, le Palais des Droits de l’Homme, l’Agora puis l’EDQM, ainsi que le Centre de la Jeunesse). Partant du parvis du Conseil de l’Europe, ce jeu de piste peut se faire seul, entre amis ou en famille. Seule contrainte : il faut être muni d’un smartphone pour scanner le QR code qui active le jeu en ligne. Une fois lancé, il n’y a plus qu’à se laisser guider par un « passeur d’étoiles », au rythme de quizz, de puzzles et d’énigmes.
Visite par des élèves du Parlement européen à Strasbourg
Pourquoi pas profiter de la météo clémente qui s’annonce pour ce mois et découvrir la ville symbole de la réconciliation franco-allemande sans laquelle l’Union européenne n’aurait pu être bâtie.
Elément central du protocole qui ouvre le mandat de tout président élu ou réélu, l’investiture d’Emmanuel Macron a eu lieu samedi 7 mai à partir de 11 heures à l’Elysée. Organisée dans la salle des fêtes du palais présidentiel, retransmise en direct à la télévision, la cérémonie a, ainsi, marqué officiellement le début du nouveau quinquennat du Président de la République, en présence des principaux représentants des institutions de l’Etat.
450 invités
C’etait une cérémonie d’investiture et non de réinvestiture, l’Élysée insiste sur le terme. Si la sobriété etait de mise dans le décorum, comme pour ses prédécesseurs Jacques Chirac et François Mitterrand, Emmanuel Macron a tenu à imprimer sa marque dans le choix de ses invités. 450 en tout, un nombre conséquent.
Des personnalités sportives, des élus locaux, des représentants de la jeunesse et des confédérations syndicales et patronales ont ainsi été conviés pour assister au déroulement très protocolaire dans la salle des fêtes. Le président réélu a prononcé devant eux un discours « avec l’idée du sens de son élection et de ce qu’il entend faire en fonction des raisons de cette élection », précise le Palais.
Un discours, une anaphore
Emmanuel Macron a ponctué son allocution d’une dizaine de minutes avec une anaphore : la répétition du verbe « agir » en début de phrase.
« Agir d’abord pour éviter toute escalade suite à l’agression russe en Ukraine, aider la démocratie et le courage à l’emporter, bâtir une nouvelle paix européenne et une nouvelle autonomie sur notre continent »
Emmanuel Macron lors de sa cérémonie d’investiture du 07 mai 2022
« Agir pour une société du plein-emploi », contre les « inégalités en refondant notre école et notre santé », contre « les insécurités du quotidien, du terrorisme qui rôde toujours », a-t-il décliné.
Emmanuel Macron de sa cérémonie d’investiture du 07 mai 2022
Mais deux autres phrases ont été relevées par les experts parisiens :
« Chaque jour du mandat qui s’ouvre je n’aurai qu’une boussole, servir. »
Emmanuel Macron lors de sa cérémonie d’investiture du 07 mai 2022
« Servir notre pays, miracle de la volonté et de la liberté des hommes. Servir nos concitoyens dont le sens du devoir et l’amour de la patrie sont nos plus sûrs atouts. Servir nos enfants et notre jeunesse […] à qui je fais le serment de léguer une planète plus vivable et une France vivante et plus forte »
Emmanuel Macron lors de sa cérémonie d’investiture du 07 mai 2022
Les honneurs militaires
Enfin, la tradition a été respectée. Après la cérémonie qui s’est tenue sous les ors de l’Élysée, la cérémonie s’est poursuivie à l’extérieur pour la revue des troupes militaires.
Une salve de vingt-et-un coups de canons a été tirée depuis les Invalides, un héritage de l’Ancien régime, revisité en 1958.