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  • Energie : l’UE refuse de payer le gaz en roubles et se prépare à une rupture avec Moscou

    Energie : l’UE refuse de payer le gaz en roubles et se prépare à une rupture avec Moscou

    L’Union européenne refuse de payer ses achats de gaz à la Russie en roubles et doit se préparer à une rupture dans ses approvisionnements, ont averti la Commission européenne et la présidence française du Conseil à l’issue d’une réunion d’urgence des ministres de l’Énergie des 27 à Bruxelles, le 2 mai.

    La demande de Moscou de payer les achats en roubles est « une modification unilatérale et injustifiée des contrats et il est légitime de la rejeter », a déclaré la commissaire à l’Énergie Kadri Simson.

    « 97% des contrats (conclus par les entreprises européennes) spécifient la devise pour le paiement et il s’agit soit de l’euro, soit du dollar américain », a-t-elle précisé.

    Kadri Simson a affirmé ne pas avoir connaissance d’ouverture de comptes en roubles. « Des paiements sont prévus pour la mi-mai et la majorité des entreprises respecteront les règles des contrats », a-t-elle assuré. La ministre française de la Transition écologique Barbara Pompili, présidente de la réunion, a confirmé la « volonté de respecter les contrats ».

    « Nous devons nous préparer à une suspension des approvisionnements », a averti la Commissaire européenne.

    Plusieurs Etats membres ont demandé des clarifications sur le paiement en roubles par le biais de l’ouverture d’un compte spécial et Kadri Simson a promis des « précisions détaillées pour expliquer aux entreprises ce qu’elles peuvent faire ou non ».

    La Pologne et la Bulgarie ont réglé leurs achats dans la devise prévue dans leurs contrats avec Gazprom, le géant gazier russe, et ont refusé d’ouvrir un second compte en roubles. La compagnie gazière russe a en rétorsion suspendu ses livraisons, considérant que le règlement n’avait pas été effectué.

    « Il n’y a pas de risques immédiats pour les approvisionnements », a assuré la Commissaire. « Mais nous ne pourrons pas remplacer les 150 milliards de m3 de gaz achetés à la Russie par d’autres sources. Ce n’est pas tenable », a-t-elle reconnu.

    « Nous pouvons gérer le remplacement de 2/3 des approvisionnements en gaz russe », a-t-elle précisé.

    Kadri Simson a insisté sur la nécessité pour les États membres de remplir leurs réserves et Barbara Pompili a souligné l’impératif de « diversifier la manière de produire l’électricité et de se chauffer ».

    « L’Europe doit se débarrasser de la dépendance aux énergies fossiles russes », a affirmé la ministre polonaise Anna Moskwa. « Nos réserves seront à 100% de leurs capacités pour cet hiver », a-t-elle assuré. « Du gaz naturel liquéfié américain a commencé à arriver par la Lituanie et nous allons nous fournir en gaz de Norvège par le Danemark », a-t-elle expliqué.

    Finalisation de l’embargo pétrolier

    Les ministres ont également eu un échange sur un arrêt progressif des achats de pétrole et de produits pétroliers russes planifié par l’UE afin de tarir les financements européens pour la guerre menée par le Kremlin en Ukraine. Mais aucune décision n’a été prise.

    « Un nouveau paquet de sanctions est en préparation, mais ce n’était pas le sujet de la réunion », a déclaré Barbara Pompili.

    « Nous travaillons sur un nouveau paquet de sanctions », a confirmé la commissaire Simson.

    « Une réunion du collège (l’ensemble des commissaires, NDLR) va se tenir mardi à Strasbourg », en marge de la session du Parlement, « et la présidente Ursula von der Leyen précisera ce qui a été décidé », a-t-elle indiqué.

    La proposition est « finalisée et sera adoptée mardi par la Commission », a indiqué à l’AFP une source européenne.

    « Je pense que la Commission proposera demain (mardi) un 6e paquet de sanctions, y compris le retrait du pétrole russe », a déclaré le ministre allemand Robert Habeck.

    La proposition sera soumise mercredi aux États membres pour adoption. « Je ne sais pas si cela sera possible d’ici au week-end », a toutefois indiqué le ministre allemand.

    Si les 27 s’entendent sur cette mesure, l’arrêt des achats de pétrole et de produits pétroliers à la Russie sera progressif, sur six à huit mois, mais avec des mesures à effet immédiat, notamment une taxe sur le transport par tankers, a confié un responsable européen.

    L’UE a déjà imposé un embargo sur le charbon russe et fermé ses ports aux navires russes, à l’exception du transport d’hydrocarbures.

    Les principaux importateurs de combustibles fossiles de la Russie (gaz, pétrole brut, produits pétroliers et charbon) sont l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la France.

    Parallèlement au volet énergétique, « il y aura d’autres banques russes qui sortiront de Swift », a déclaré lundi le chef de la diplomatie, Josep Borrell, en visite à Panama.

    Plusieurs sources diplomatiques européennes avaient indiqué ce week-end que la plus importante banque russe, la Sberbank, qui représente 37 % du marché, devait ainsi être exclue de Swift.

    Ce système interbancaire est un rouage essentiel de la finance mondiale permettant de communiquer rapidement et de manière sécurisée sur les transactions.

  • Les résultats consulat par consulat du second tour de la présidentielle 2022

    Les résultats consulat par consulat du second tour de la présidentielle 2022

    La rédaction du site Lesfrancais.press a compilé pour vous tous les résultats consulat par consulat du second tour de l’élection présidentielle du 24 avril 2022.

    De Vancouver à Tapei, en passant par Buenos-Aires, Yaoundé ou Rome, retrouvez les scores de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron.

    Au niveau mondial, Emmanuel Macron remporte plus de 86% des votes exprimés, mais on note de grandes disparités. La relation entre le pays d’accueil des Français de l’étranger et la France a ainsi un impact important sur le choix de nos compatriotes expatriés, ainsi en Russie Marine Le Pen est arrivée en tête mais pas uniquement dans ce pays…

    Liste des candidatsVoix% Inscrits% Exprimés
    M. Emmanuel MACRON458 87432,1486,14
    Mme Marine LE PEN73 8305,1713,86
    Nombre% Inscrits% Votants
    Inscrits1 427 918
    Abstentions876 43261,38
    Votants551 48638,62
    Blancs15 2921,072,77
    Nuls3 4900,240,63
    Exprimés532 70437,3196,59

    Les résultats classés par ordre alphabétique par consulat

  • Législatives 2022 : les modalités

    Législatives 2022 : les modalités

    Le 02 mai, les Français établis hors de France ont reçu un courriel du Ministère des Affaires étrangères pour leur rappeler les échéances et les modalités du scrutin. On fait le point pour vous dans Lesfrancais.press.

    05 et 19 juin 2022

    En France, le premier tour des élections législatives se déroulera le 12 juin, et le second le 19 juin. Mais pour Les Français de l’étranger le premier tour aura lieu le 4 juin sur le continent américain et aux Caraïbes, et le 5 juin dans le reste du monde. Le second tour aura lieu quant à lui le 18 juin pour le continent américain et les Caraïbes, et le 19 juin pour les autres territoires.

    Pourquoi une différence avec la France ? Afin de permettre aux candidats des circonscriptions géantes (Amérique du Sud, Asie et Océanie, etc.) de faire campagne entre les deux tours et à tous de mieux mobiliser leur électorat disséminé sur plusieurs pays.

    Le 27 mai et le 10 juin 2022 : vote en ligne

    Deux dates supplémentaires apparaissent dans le calendrier, le 27 mai et le 10 juin. En effet, l' »urne en ligne » sera ouverte dès le vendredi 27 mai 12h (heure de Paris) pour le premier tour et dès le vendredi 10 juin 12h (heure de Paris) pour le second tour. Il sera donc possible de voter en ligne dès ce moment et respectivement jusqu’au 01 juin 12h (heure de Paris) pour le premier tour et jusqu’au 15 juin 12h (heure de Paris) pour le second tour.

    Pour voter en ligne, le prestataire Docapost, filiale de la Poste, enverra sous le nom et pour le compte du Ministère des Affaire étrangères des emails contenant les identifiants et des SMS avec les mots de passe. Attention, vous n’avez que jusqu’au 10 mai pour mettre à jour vos coordonnées postales, téléphoniques et électroniques auprès du consulat. La démarche peut se faire en ligne via le site du Service Public. Le numéro de téléphone peut être celui du pays de résidence, il n’y a pas d’obligation d’avoir un numéro français.

    Assemblée nationale

    Vote à l’urne

    Pour voter à l’urne, vous recevrez à l’adresse postale et à celle électronique que vous avez fournies au consulat la convocation avec l’adresse du centre de vote et le numéro de bureau de vote. En espérant que cette fois, aucune erreur ne se sera glissée dans le listing comme pour le premier tour de la présidentielle.

    Vote par correspondance

    Une solution bien pratique pour ceux qui habitent loin des centres de vote mis en place par l’administration consulaire dans leur pays et/ou qui sont allergiques au numérique, c’est le vote par correspondance. Mais attention, il fallait avoir déclaré auprès du consulat son intention de voter via ce mode de participation avant le 31 mars 2022. Si vous ne l’avez pas fait, il faudra soit voter en ligne soit à l’urne.

    A quoi servent les députés des expatriés ?

    Ces députés, un par circonscription hors de France, sont élus selon les mêmes modalités (scrutin uninominal majoritaire à deux tours) et disposent des mêmes pouvoirs que les députés élus sur le territoire français. Ils ont été élus pour la première fois lors des élections législatives de 2012 et siègent dans la XIVème législature de la Cinquième République française.

    Pour rappel, les pays dans lesquels une représentation parlementaire spécifique existe sont peu nombreux, on compte : le Liban (six sièges pour les non-résidents seront ajoutés au prochain cycle électoral, prévu pour 2022), la Roumanie (il y a deux sièges à l’Assemblée nationale et quatre au Sénat), le Sénégal (quinze sièges destinés aux non-résidents), le Niger (cinq députés), et la France (onze députés à l’Assemblée nationale et douze sénateurs). C’est une vraie chance que nous offre notre pays, il faut la saisir en participant à ces élections, c’est un droit mais aussi un devoir.

  • Villes européennes et neutralité carbone

    Villes européennes et neutralité carbone

    Cent villes européennes ont été sélectionnées pour participer à un programme de l’UE visant à réduire rapidement les émissions dans les zones urbaines, dans le but d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2030.

    Les villes sélectionnées dans chaque État membre participeront au programme, ce qui représente environ 12 % de la population de l’UE. Douze autres villes situées en dehors de l’Union européenne y prendront part.

    L’Union européenne investira 360 millions d’euros pour aider les villes dans leur mission d’écologisation en 2022 et 2023, ce qui – peut-on l’espérer – incitera le secteur privé à investir davantage.

    « La transition écologique fait son chemin dans toute l’Europe en ce moment. Mais il y a toujours besoin de pionniers, qui se fixent des objectifs encore plus élevés. Ces villes nous montrent la voie vers un avenir plus sain », a déclaré Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

    Environ trois quarts des Européens vivent désormais dans des villes, après des décennies d’urbanisation. Les villes sont responsables de 70 % des émissions mondiales, ce qui en fait le terrain idéal pour mettre en œuvre des mesures climatiques, a expliqué Frans Timmermans, responsable de l’Action pour le climat de l’UE.

    « Les villes sont à l’avant-garde de la lutte contre la crise climatique. Qu’il s’agisse de verdir les espaces urbains, de lutter contre la pollution atmosphérique, de réduire la consommation d’énergie dans les bâtiments ou de proposer des solutions de mobilité propre, les villes sont souvent au cœur des changements dont l’Europe a besoin pour réussir sa transition vers la neutralité climatique », a-t-il déclaré.

    Les villes participant au programme couvrent la diversité géographique et démographique du continent, des métropoles comme Rome et Paris aux villes plus petites comme Gozo à Malte et Kranj en Slovénie.

    Quelque 377 villes ont posé leur candidature pour participer au programme, connu sous le nom de « Mission villes neutres pour le climat et intelligentes », et des experts indépendants ont réduit la liste à 100.

    Chaque ville sélectionnée est tenue d’élaborer un plan décrivant la manière avec laquelle elle compte atteindre la neutralité climatique, y compris en termes de sources d’investissement. L’UE fournira aux villes une assistance technique, réglementaire et financière lors de l’élaboration de leurs plans.

    Lors d’un point de presse, les architectes de la mission « Villes » ont souligné la capacité de l’action climatique au niveau local à améliorer directement la qualité de vie des Européens.

    « C’est l’un des miracles de l’action contre le changement climatique : en réduisant nos gaz à effet de serre, nous pouvons réduire notre pollution atmosphérique et sonore, nous pouvons réduire nos embouteillages et les décès sur les routes. Nous pouvons également, au fil du temps, réduire nos factures d’énergie, réduire notre dépendance à l’égard des hydrocarbures russes et créer une plus grande indépendance énergétique pour les villes », a déclaré un haut responsable de la Commission.

    Une ferme urbaine

    Des défis

    Dans l’état actuel des choses, la transformation des villes vers la neutralité carbone représente un défi de taille, d’autant plus grand que le calendrier est ambitieux. La situation est d’autant plus compliquée que les gouvernements locaux sont redevables aux niveaux nationaux dans certains domaines émetteurs de carbone, tels que les infrastructures énergétiques.

    Interrogées par EURACTIV sur le fossé entre les compétences nationales et locales, les personnes à l’origine de la mission ont souligné la capacité des villes à aider les dirigeants nationaux à atteindre les objectifs climatiques contraignants.

    « Pourquoi les gouvernements nationaux écouteraient-ils les villes ? Eh bien, j’espère que [les villes] sont écoutées très attentivement, car ces villes s’engagent à prendre une grande partie des efforts d’atténuation du climat et à les mettre sur leurs épaules… Je pense qu’il y a toutes les raisons pour que les gens coopèrent, et nous sommes là pour essayer de faciliter cette coopération », a déclaré un haut responsable de la Commission.

    La compensation des émissions de carbone devrait également jouer un rôle dans le cheminement des villes vers la neutralité climatique. Selon les règles de la mission, jusqu’à 20 % des émissions peuvent être éliminées par des systèmes de compensation.

    Les émissions dites de portée 3, c’est-à-dire les émissions de carbone qui ne relèvent pas de la compétence directe de la ville, sont en outre exemptées du décompte final des émissions de carbone des villes.

    Cela signifie que les émissions générées par les plateformes de transport international situées à la périphérie des villes, comme les aéroports et les ports de navigation, ne seront pas comptabilisées.

  • les solutions d’Expat-pro et Lesfrancais.press

    les solutions d’Expat-pro et Lesfrancais.press

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  • Quand la lutte contre le réchauffement climatique devient une affaire juridique

    Quand la lutte contre le réchauffement climatique devient une affaire juridique

    La lutte contre le réchauffement climatique amène des associations à utiliser de nouvelles techniques pour infléchir le comportement des acteurs économiques. Le recours à des voies judiciaires est de plus en plus utilisé.

    En août 2018, « ClientEarth », une organisation environnementale basée à Londres, a payé 20 euros pour acquérir dix actions d’Enea, une compagnie d’électricité basée en Pologne. Cette transaction a permis aux avocats de « ClientEarth » d’empêcher la construction d’une centrale électrique au charbon d’un gigawatt à 120 km au nord de Varsovie. Les avocats de « ClientEarth » ont, en effet, intenté un procès contre les administrateurs d’Enea en alléguant que le projet était contraire aux intérêts des actionnaires. La centrale au charbon ne pouvait devenir aux yeux des avocats qu’un actif condamné à court terme du fait des obligations croissantes de décarbonation de l’économie. Cet investissement non rentable portait, de ce fait, préjudice aux actionnaires. Au mois de juillet 2019, un juge de Poznan a statué en leur faveur.

    Des Etats de plus en plus souvent poursuivis pour inaction climatique

    La signature des Accords de Paris a donné lieu à la multiplication des procès en lien avec la lutte contre le réchauffement climatique. Selon le « Grantham Research Institute » à Londres qui réunit des données sur les actions menées en faveur du climat, plus de 1000 des 1 951 recours ont été déposés après les Accords de Paris. Même si ces accords ne contiennent pas de mesures contraignantes, il prévoit néanmoins que les Etats s’engagent à maintenir l’augmentation de la température mondiale moyenne depuis le XIXe siècle bien en dessous de 2°C. Les experts du climat quantifient dans le cadre des travaux du GIEC les émissions de gaz à effet de serre compatibles avec cet objectif et la traduction des engagements pris. Dans de nombreux pays, des avocats mènent des actions en faveur du respect de ceux-ci. Selon Grantham, des procédures sont engagées dans 41 pays et devant 13 cours et tribunaux internationaux ou régionaux.

    Les recours se multiplient du fait que, dans une grande majorité des cas (58 % en 2021), les tribunaux donnent raison aux plaignants. Les associations écologistes estiment que la publicité liée à une décision de justice est plus importante qu’une action purement politique. En novembre 2013, la Fondation Urgenda, une organisation environnementale basée aux Pays-Bas, et 900 citoyens de ce pays, ont poursuivi leur gouvernement au motif que ses objectifs d’émissions étaient trop faibles pour assurer la sécurité du pays. En décembre 2019, la Cour suprême néerlandaise a confirmé la décision d’un tribunal inférieur en leur faveur. Le gouvernement a reçu l’ordre de veiller à ce que les émissions à la fin de 2020 soient inférieures d’au moins 25 % aux niveaux de 1990, au lieu des 17 % qu’il avait adoptés.

    Des Etats condamnés, 37 Etats poursuivis

    Le 14 octobre 2021, en France, l’État a été condamné pour inaction climatique. Il est censé réparer les conséquences de ses manquements dans la lutte contre le changement climatique et le dépassement du plafond des émissions de gaz à effet de serre entre 2015 et 2018. Il a jusqu’à la fin de l’année pour réaliser les compensations en vertu du jugement du Tribunal administratif de Paris.

    Trente-sept Etats ont été ou sont poursuivis selon le même principe. L’Irlande et, surtout, l’Allemagne doivent faire face à des procédures judiciaires.

    En février 2020, un groupe de jeunes Allemands dirigé par Luisa Neubauer, une militante pour le climat, a poursuivi le Gouvernement pour ne pas avoir fixé d’objectifs climatiques conformes aux engagements de l’accord de Paris. Un an plus tard, la Cour constitutionnelle fédérale s’est prononcée en faveur des plaignants en statuant que le gouvernement avait le devoir de protéger les générations futures. La Cour a indiqué que les émissions de la nation ne pouvaient pas être réalisées par une génération au détriment de la suivante. À la suite de cette décision, la loi allemande sur le changement climatique a été modifiée pour viser une réduction de 65 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 1990, au lieu des 55 % requis auparavant.

    Initialement, l’accord de Paris devait comporter des clauses obligatoires pour les Etats. Afin de ne pas déboucher sur un rejet des Etats-Unis, les négociateurs ont accepté l’idée d’engagements volontaires construits dans l’idée de maintenir le réchauffement climatique en-deçà des 2 degrés. L’absence de clauses contraignantes n’a pas empêché les poursuites. Les plaignants mettent en avant la réalisation de l’objectif et les engagements pris par les Etats pour le dépôt de leurs plaintes. Ils se réfèrent également sur le devoir des Etats de protéger leurs citoyens.

    Ainsi, en août 2015, 21 citoyens américains ont déposé une action en justice contre le gouvernement fédéral alléguant qu’il avait violé leurs droits à la vie, la liberté et la propriété en autorisant le recours à des énergies fossiles. L’affaire est toujours en cours d’instruction.

    Les entreprises également dans le viseur des ONG

    De plus en plus de poursuites concernent des entreprises accusées d’émettre des grandes quantités de gaz à effet de serre et des institutions qui les financent. Les plaintes sont déposées, comme pour Enea, par des actionnaires, par des consommateurs ou par des citoyens au nom de la protection de l’environnement. Elles peuvent être fondées sur des dommages spécifiques générés par des émissions passées.

    Ces dépôts de plainte s’inspirent de ceux réalisés contre l’industrie du tabac dans les années 1990 ou contre les entreprises vendant des produits amiantés dans les années 1960/1980.

    Les Organisations non gouvernementales et les activistes dupliquent leurs recours en fonction des succès obtenus. Après son succès polonais, ClientEarth a utilisé la même méthode au Japon pour empêcher la construction de nouvelles centrales au charbon par l’entreprise publique J-Power. En avril 2021, cette entreprise a annoncé qu’elle abandonnait ses projets de centrales, invoquant la concurrence des énergies renouvelables…

    Les dépôts de plainte concernant l’environnement figurent parmi les risques majeurs auxquels peut être confrontée une société

    Les litiges climatiques sont pris de plus en plus au sérieux par les grandes entreprises. Les déclarations de divulgation des risques financiers déposées chaque année auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine montrent que les avocats et les auditeurs travaillant pour certaines entreprises considèrent que les dépôts de plainte concernant l’environnement figurent parmi les risques majeurs auxquels peut être confrontée une société.

    Jusqu’en 2016, ce risque est peu mentionné dans les rapports des entreprises. Ce n’est qu’à partir de 2017 qu’il apparaît nettement. Depuis les Accords de Paris, plusieurs grandes entreprises de combustibles fossiles, dont Chevron, Conoco-Phillips et Shell, ont inclus les poursuites pour le climat comme un risque matériel potentiel.

    Le tribunal a ordonné à Shell de réduire ses émissions en 2030 de 45 % par rapport aux niveaux de 2019

    Après avoir fait peu mention de tels litiges auparavant, en 2016 l’association néerlandaise « les Amis de la terre » a conduit, en avril 2019, une action auprès du tribunal de district de La Haye afin d’obtenir la condamnation de Shell. Cette entreprise a, selon l’association, un devoir de diligence envers les citoyens néerlandais en vertu du code civil des Pays-Bas et de la Convention européenne des Droits de l’Homme, qui garantit le droit à la vie. En ne prenant pas les mesures adéquates pour éviter le changement climatique, Shell mettait illégalement des vies en danger. En mai 2021, le tribunal s’est prononcé en faveur des plaignants et a ordonné à Shell de réduire ses émissions en 2030 de 45 % par rapport aux niveaux de 2019. Fait remarquable, la réduction de 45 % ne concernait pas seulement les émissions dont l’entreprise et ses fournisseurs étaient directement responsables, mais également celles produites par les consommateurs qui utilisaient le pétrole de Shell. Si Shell a fait appel, elle doit, dans l’attente d’une nouvelle décision, néanmoins s’y conformer.

    Pour le Network for Greening the Financial System (NGFS), un groupe de 114 banques centrales et régulateurs financiers, les litiges climatiques sont une « source croissante de risques » tant sur le plan juridique, financier que médiatique. Le risque « réputation » est de plus en plus important pour une grande entreprise. Les entreprises sont censées prendre en compte les conséquences du réchauffement climatique.

    L’entreprise chimique Arkema a été poursuivie pour un incendie dans une usine du Texas en 2017 intervenu en lien avec l’ouragan Harvey. L’entreprise s’est vue reprocher son manque de préparation et d’adaptation à la montée des risques « tempêtes et inondations ».

    Les entreprises attaquent les Etats pour insécurité juridique

    Face aux décisions prises par les Etats pour accélérer la décarbonation des économies, des entreprises saisissent également les tribunaux. Au début de 2021, après la décision du gouvernement néerlandais d’éliminer progressivement le charbon d’ici 2030, RWE et Uniper, deux sociétés allemandes, l’ont poursuivi au nom du préjudice subi. Trois autres sociétés du secteur énergétique ont fait de même aux Etats-Unis.

    Un terrain encore instable

    Si la transition énergétique donne lieu à une juridicisation accrue avec à la clef une multiplication des contentieux, que ce soit aux Etats-Unis, en Europe ou en Nouvelle-Zélande, des juges ont, à travers de leurs décisions, signifié à plusieurs reprises que la justice n’avait pas vocation à se substituer au législateur. L’affaire Shell reste pour le moment unique par son ampleur et atypique. Les entreprises, en particulier celles du secteur des énergies fossiles, soulignent que l’intervention croissante de la justice peut avoir de lourdes conséquences économiques et financières sans pourtant contribuer à la réduction réelle des émissions. Elles soulignent qu’elles peuvent porter atteinte à la libre concurrence sachant que des entreprises seront condamnées et que d’autres arriveront à y échapper.

    Sur ce sujet, la Cour constitutionnelle fédérale d’Allemagne lors de sa décision sur l’affaire Neubauer, a souligné que « le fait qu’aucun État ne peut résoudre seul les problèmes du changement climatique n’invalide pas l’obligation nationale d’agir pour le climat ». Des plaintes sont déposées non plus pour condamner des préjudices subis dans le passé mais pour demander aux Etats et aux entreprises d’agir afin de prendre en compte les conséquences de l’évolution du climat. Ainsi, le village de Kivalina, situé sur une partie de la côte basse de l’Alaska, a fait valoir dans un procès contre plus de 20 sociétés du secteur de l’énergie qu’il avait besoin de 95 à 400 millions de dollars pour déplacer la population. Cette plainte a été rejetée par les tribunaux.

    Compte tenu des conséquences en chaîne du réchauffement climatique, les dépôts de plainte devraient se multiplier

    San Francisco et Oakland ont poursuivi BP, Chevron, Conoco Phillips, ExxonMobil et Shell afin que ces entreprises financent des travaux pour limiter les conséquences de l’élévation du niveau de la mer. La plaine a été transférée à la Cour Suprême des Etats-Unis qui n’a pas encore délibéré.

    Compte tenu des conséquences en chaine du réchauffement climatique, les dépôts de plainte devraient se multiplier. Des pays en voie de développement pourraient accuser les entreprises et les Etats occidentaux d’avoir porté atteinte à leur environnement sachant que les émissions des gaz à effet de serre ont avant tout nourri la croissance occidentale durant des décennies.

    Le recours aux juges peut sans nul doute accélérer la prise de conscience, il peut être également une réelle source de déstabilisation avec une montée des tensions entre les acteurs publics et privés.

  • L’Aïd el-Fitr célébré à travers le monde

    L’Aïd el-Fitr célébré à travers le monde

    Ce lundi 2 mai marquait l’Aïd el-Fitr, autrement dit la fin du ramadan pour les musulmans. Un jour célébré partout à travers le monde, de manière plus ou moins enjouée. 

    Dans le premier pays musulman du monde, en Indonésie, la prière de l’Aïd el-Fitr a rassemblé plusieurs milliers de fidèles dans la grande mosquée de Sumatra. A Jakarta, dans la capitale, les rues ont été bloquées par les musulmans, et ce même jusqu’à une église protestante qui avait donné son accord pour que la prière puisse se faire à ses pieds. Aux yeux d’un fidèle interrogé, cela met en lumière la diversité et le respect qui règne entre les habitants.

    De la mosquée Al-Azhar au Caire, jusqu’à la grande mosquée de La Mecque, la levée des restrictions sanitaires a permis à des dizaines de milliers de musulmans de se retrouver, et de célébrer la fin d’un mois de jeûne. 

    Cependant, à Kaboul l’esprit était moins enjoué. Vendredi 29 avril, une attaque a eu lieu dans le cœur de la capitale afghane, et a frappé une mosquée faisant une dizaine de morts. De même au Mali où la violence qui gangrène le pays inquiète les habitants et les musulmans. C’est pourquoi, les célébrations se sont déroulées sous une surveillance accrue de la part des forces de l’ordre. 

    L’Aïd el-Kébir 

    Le dimanche 10 juillet prochain se déroulera l’Aïd el-Kébir, autrement connu sous le nom de “la fête du mouton”. Si l’Aïd el-Fitr est appelé “la petite fête” et célèbre la fin du Ramadan, celle-ci signifie “la grande fête”. Elle rend hommage à la foi d’Ibrahim en son Dieu, car il avait sacrifié son fils sur ses ordres. Au dernier moment Allah avait remplacé l’enfant par un mouton pour l’offrande sacrificielle. C’est pourquoi les fidèles sacrifient un animal chaque année, lors de cette grande fête qui s’étale sur quatre jours. 

    Reportage de TV5MONDE

  • « La bobinette cherra »

    « La bobinette cherra »

    «  Tire la chevillette, la bobinette cherra » dit la grand-mère (le loup) au Petit Chaperon rouge. Donne des armes à l’Ukraine et la bombinette nucléaire explosera, dit le Kremlin à l’Occident. Lavrov agite le mot, Poutine le susurre, la télévision russe explique qu’en moins de 200 secondes Paris disparait. Et en cinq minutes, le monde ?

    Avec l’annonce de Joe Biden -33 milliards de dollars de plus pour l’Ukraine, dont 20 milliards d’armes- l’aide occidentale a changé de dimension. L’Allemagne a annoncé 1 milliard, la France livre des canons Caesar, (les meilleurs du monde), Tchèques et Polonais se dépouillent de chars, et d’avions de l’ère soviétique pour les donner aux Ukrainiens. Cela ferait-il des Américains et des Européens des cobelligérants? 

    En droit international, le pays qui fournit du matériel de guerre n’est pas cobelligérant. Selon la Charte des Nations-Unies, c’est même le devoir de tout pays d’aider le pays agressé. La Russie qui armait le Viêtnam n’était pas en guerre avec les Etats-Unis, pas plus que la Chine en Corée. Les États-Unis et les Européens disent à la Russie : « Nous ferons tout pour que vous perdiez. Nous ne franchirons pas certaines limites, ne les franchissez pas non plus. »

    « Attention, cela finira mal : j’ai des bombes nucléaires de tout calibre. » 

    Mais que vaut le droit ? N’a-t-il pas été violé plusieurs fois, parfois tous les jours, depuis le début de cette « opération spéciale » ? Ce qui compte, c’est l’interprétation de Poutine. Il répond : « Attention, vous passez les limites, cela finira mal : j’ai des bombes nucléaires de tout calibre. » 

    Pourquoi le dire, puisque personne ne l’ignore ? Pour faire peur à l’opinion publique occidentale. Même tactique que les bombardements en Ukraine : terroriser  les populations. Et diffuser ce message : « je ne peux pas perdre, je suis malade, je suis prêt à tout. »

    Peut-on le croire, faut-il le croire ? Obligé. Pour Poutine, rien ne compte plus que Poutine, qu’il assimile, à la Russie éternelle. Ni la sainte Russie, ni Poutine ne peuvent être humiliés. Retenez-moi ou je fais un malheur : Prendre au sérieux les menaces de Poutine exige de tout faire pour, en effet, le retenir.

    Depuis 60 ans, la dissuasion nucléaire a parfaitement fonctionné. Inutile de collectionner missiles et ogives comme le font Russes et Américains, l’essentiel est d’en avoir quelques-uns, et de savoir où les placer. Le but est de ne pas avoir à s’en servir.

    La doctrine de terreur a glissé de l’arme atomique aux armes du champ de bataille.  

    La doctrine de la « Destruction Mutuelle Assurée », Mad en anglais, suppose une capacité de riposte en deuxième voire troisième frappe. Un pays attaqué doit pouvoir riposter, d’où la nécessité de tant d’ogives : qu’il en reste suffisamment pour que l’agresseur sache qu’il sera lui aussi pulvérisé. Le seul moyen de l’empêcher d’agir est la certitude de la riposte. C’est pourquoi les objectifs des bombes nucléaires étaient les villes : on vise la destruction maximale. 

    Curieusement, cette doctrine de terreur a glissé de l’arme atomique aux armes du champ de bataille : détruire les villes, terroriser les populations serait le nouvel art de la guerre. Inversement, les doctrines nucléaires deviendraient pratiques : et si, contrairement à la dissuasion, qui promet l’anéantissement, on utilisait des armes nucléaires « tactiques », non contre les villes mais contre les armées ? Faire de la bombinette, elle aussi, une arme du champ de bataille. De petites bombes, de quoi faire réfléchir.

    Détruire une ville après un mois de  bombardement ou par une seule bombe, quelle différence ?  

    La France a renoncé à l’arme nucléaire « tactique » il y a longtemps. La bombe, c’est tout ou rien. Les Russes peuvent penser différemment. Détruire une ville après un mois de  bombardements ou par une seule bombe, quelle différence ? N’est-ce pas ainsi qu’ont agi les Américains à Hiroshima ? Cela ne permet-il pas de raccourcir la guerre, l’horrible guerre ? Une bombinette humanitaire en somme. Que peut supporter un pays qui honorera le 9 mai 27 millions de morts lors de la dernière guerre mondiale ?

    Marioupol – 27 avril 2022 ©AFP

    Comment l’arrêter ? La solution est la paix. Il y en a trois possibles.

    Et si on visait non des villes, mais un objectif militaire ? Bombinette légère, calibrée : une ville d’Ukraine qui agace, un front tenu par des armées retranchées dans le Donbass ? Comme il pourrait être gênant de nucléariser ceux que l’on vient libérer, les frères ukrainiens, pourquoi ne pas montrer aux Occidentaux la précision des armes russes ? Pour l’exemple. Viser Paris ? Non. Les Français ont aussi des bombes. Ramstein, en Allemagne, où transitent les armes américaines, où quarante pays se sont réunis pour sceller leurs accords anti-russes ? Krakovets, à la frontière polonaise ? Izmaïl, à la frontière roumaine, où transite l’aide militaire ? Qui peut croire que les Etats-Unis répliqueraient pour une bombinette? Tel peut être, avec mille variations, le raisonnement d’un homme battu qui se veut fort et malin. 

    Comment l’arrêter ? La solution est la paix. Il y en a trois possibles. Celle d’une victoire russe, celle d’une victoire ukrainienne, celle du statu quo : le Donbass, avec la Crimée, à la Russie, et on en reste là. Mais les Ukrainiens n’en veulent plus : les crimes de guerre et leurs victoires les ont raidis. Zelensky ne peut même plus le proposer.

    Pourquoi ne pas livrer les Ukrainiens ?  Laisser le loup manger à sa faim.  

    La seule solution pour arriver à la paix serait donc de faire ce que veut Poutine : cesser d’aider l’Ukraine. C’est ce que dit Lavrov : les Occidentaux prolongent la guerre en livrant des armes. C’est vrai : pourquoi ne pas livrer les Ukrainiens ?  Laisser le loup manger à sa faim. 

    Problème : le loup deviendra-t-il agneau ? Une fois que l’Occident aura cédé à la menace, à quelle menace ne cédera-t-il pas ? Pour les Etats baltes, la Finlande, la Syrie, le Maroc, le Liban, la Libye, l’Egypte, la Moldavie…

    Celui qui cède au chantage atomique rend l’arme nucléaire efficace, ce qu’elle ne doit pas être. 

    Céder à la menace nucléaire est un accélérateur de la prolifération. Tout pays voudra sa bombe. L’Ukraine ne regrette-elle pas d’y avoir renoncé? N’est-ce pas le but de l’Iran, avec ou sans traité? A sa suite, l’Arabie saoudite ne le fera-t-elle pas ? N’importe quel dictateur avec la puissance nucléaire, sera le maitre chanteur de toute démocratie. 

    Celui qui cède au chantage atomique rend l’arme nucléaire efficace, ce qu’elle ne doit pas être, sinon contre l’usage de l’arme nucléaire. Il est donc impossible de céder à la menace, puisqu’il faut démontrer que la possession de l’arme nucléaire ne sert qu’en défense.

    Rendre la guerre atomique possible est inconcevable.  

    Prendre Poutine au sérieux revient donc à faire passer le message exactement inverse : tout emploi d’une bombe atomique, même tactique, même limitée, entrainera une réponse atomique. C’est le principe de la dissuasion. Rendre la guerre atomique possible est inconcevable.  Hors de ce principe, l’enfer.

    Que Poutine comprenne que plus il tarde à traiter, moins bien il sortira de cette guerre.

    A cette menace, Biden a donc répondu  par un surcroit de livraisons d’armes. Les avions livrés permettront aux Ukrainiens, peu à peu, de retrouver la maîtrise du ciel. Les commandos ukrainiens multiplieront les missions en Russie. La flotte russe sera de plus en plus menacée. Montrer une détermination croissante, ne pas laisser l’ombre d’un doute sur le résultat final. 

    Que Poutine comprenne que plus il tarde à traiter, moins bien il sortira de cette guerre. Faire la paix, vite, c’est montrer que le temps joue contre le Kremlin. Qu’il a intérêt à traiter le plus tôt possible. La Chine ne l’aidera pas, sinon par des discours. Personne ne l’aidera. Les Occidentaux ne sont pas en état de belligérance, mais ils sont dans la guerre froide. Faire savoir aux tièdes que chacun choisisse son camp.

    Les Etats-Unis veulent profiter de cet échec pour éliminer définitivement la Russie du jeu mondial.

    L’issue ne fait aucun doute : la Russie est descendue, comme puissance économique, derrière l’Espagne (1530 milliards de dollars). Selon les Britanniques, près d’un tiers des soldats du corps d’intervention est hors de combat. Arrêter Poutine, c’est lui infliger des pertes de plus en plus lourdes, lui montrer que personne ne pliera, que les Etats-Unis veulent profiter de son échec pour éliminer définitivement la Russie du jeu mondial. Eliminer un allié de la Chine, belle leçon au reste du monde.

    La menace russe écartée, l’Europe sera plus libre d’être elle-même. Sous pression, l’Europe est obligée d’évoluer.

    L’Europe, forcément, suit. La guerre est chez elle, elle en paie déjà les conséquences. En tirera-t-elle les bénéfices ? Sa cohésion se renforce. Ce peut être l’occasion de construire son autonomie énergétique, économique, et même politique. La menace russe écartée, l’Europe sera plus libre d’être elle-même. Ne pas rester forcément sous l’autorité américaine. Dans les hésitations allemandes, pourquoi ne pas voir, aussi, un prurit d’émancipation qui reviendra ? Sous pression, l’Europe est obligée d’évoluer. La demande d’adhésion de l’Ukraine, qu’elle ne peut ni rejeter, ni accepter en l’état, l’y oblige. 

    D’ici là, gagner la guerre. Avec toute la détermination que cela suppose. Une défaite, un renoncement, serait revenir à la double tutelle, russe et américaine, replonger le continent, pour longtemps, dans une guerre froide de long terme.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

  • Un Premier mai très politique en France

    Un Premier mai très politique en France

    Ce fut la première mobilisation sociale après la présidentielle et la réélection d’Emmanuel Macron. En effet, cette année le premier mai tombait une semaine après le second tour de l’élection présidentielle, syndicats et partis politiques en ont profité pour compter leurs troupes en vue des législatives des 12 et 19 juin 2022 (05 et 19 juin pour les expatriés), qualifiées de « troisième tour ».

    Ainsi plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé ce dimanche pour la traditionnelle Journée internationale du travail. Les premiers cortèges ont commencé à s’ébranler à travers la France en fin de matinée, comme à Nantes (Loire-Atlantique), Rennes (Ille-et-Vilaine), Caen (Calvados) et bien sûr Paris.

    La gauche mobilisée et unie ?

    Beaucoup d’élus de gauche se sont rendus dans le cortège du 1er Mai, au premier rang desquels Jean-Luc Mélenchon, deuxième score chez les expatriés lors du premier tour de l’élection présidentielle, qui espère bien conduire une liste unique de gauche aux élections législatives. 

    Sandrine Rousseau est venue le saluer et a confié à la journaliste de BFM TV : « Ca va se faire », en parlant d’un accord entre les Ecologistes et les Insoumis.

    « Ca sera un joli moment historique. » Le secrétaire national d’EELV, Julien Bayou, était également présent dans le défilé parisien. 

    Olivier Faure, le secrétaire général du PS, est aussi venu à la rencontre du leader insoumis pour lui serrer la main publiquement. Une poignée de main inenvisageable avant l’élection présidentielle. Peut-être le signe que l’union de la gauche progresse.

    Place de la Republique à Paris – 1 mai 2022. (Photo par Thomas COEX / AFP)

    Finalement, en dehors des traditions qui laissent normalement le devant de la scène aux syndicats, Jean-Luc Mélenchon a pris la parole place de la République, à Paris. Il a rappelé l’importance de cette date, pour son mouvement. Elle renvoie à la bataille historique pour la diminution du temps de travail. En effet, le 1er mai, les ouvriers portaient le triangle rouge pour revendiquer à cette époque la journée de 8 heures. Ils disaient, avec ce triangle : 8h de travail, 8h de loisirs, 8h de sommeil. Jean-Luc Mélenchon a également souligné que la lutte pour la réduction du temps de travail s’est faite pour la journée de 8h, pour la semaine avec les 35h et dans l’année avec les congés payés. Il a ensuite abordé les discussions avec les autres forces politiques afin d’aboutir à un accord pour les élections législatives des 12 et 19 juin prochains. Il a indiqué que tout sera fait pour que les échanges avancent, avec comme objectif la victoire lors de cette échéance.

    Regardez le discours de Jean-Luc Mélenchon du 1er mai 2022

    Une marche parisienne marquée par quelques heurts

    Alors que la plupart des manifestations du 1er Mai se sont déroulées dans le calme, des heurts ont éclaté à Paris. Le ministre de l’Intérieur a dénoncé des « violences inacceptables ».

    Heurts à Paris le 01 mai 2022 ©AFP

    Les premières tensions ont eu lieu quelques minutes seulement après le départ du cortège, de la place de la République. Un groupe très mobile de manifestants, portant vêtements, gants et masques noirs, s’est détaché du cortège principal à hauteur de la rue Oberkampf pour se heurter aux forces de l’ordre. Puis c’était une étrange vision boulevard Voltaire à Paris qui s’offrait aux passants, avec certains black blocks qui enflammaient des poubelles aux abords des façades des enseignes commerciales. Pendant ce temps, les dizaines de milliers de travailleurs et de jeunes venus manifester paisiblement furent empêchés d’avancer, coincés entre la place de la République et le début du boulevard Voltaire.

    Macron sur Twitter

    C’est via le célèbre réseau social, désormais la propriété d’Elon Musk, que le Président de la République a communiqué son message aux manifestants et à tous les travailleurs de France.

    « Vous nous nourrissez avec le meilleur. Vous nous protégez. Vous prenez soin de nous. Vous œuvrez pour améliorer nos vies. Vous faites rayonner nos savoir-faire. En ce 1er mai, merci à tous nos travailleurs. Face aux crises, pour le progrès, on continuera à se battre ensemble »

    Le président de la République Emmanuel Macron sur Twitter le premier mai 2022

    Jeanne sans Marine

    C’est la fin d’une tradition, vieille de plusieurs décennies. Jordan Bardella, président par intérim du Rassemblement national, a déposé ce dimanche 1er-mai la traditionnelle gerbe de fleurs, au pied de la statue de Jeanne d’Arc à Paris. C’est la première fois que cette manifestation du 1er mai du Rassemblement national – anciennement Front national – n’est pas présidée par un membre de la famille Le Pen, qu’il s’agisse du fondateur du parti Jean-Marie ou de sa fille Marine, qui lui a succédé en 2011.

  • La langue française joue avec les mots 

    La langue française joue avec les mots 

    A l’occasion de la sortie de son livre On n’a pas fini d’en parler, Dominique Mataillet est l’invité de TV5MONDE info.  

    Dominique Mataillet est écrivain et journaliste, ancien rédacteur en chef de Jeune Afrique, et actuel collaborateur de la revue France Amérique. A l’occasion de la sortie de son livre “On n’a pas fini d’en parler”, aux éditions Favres, il était l’invité de TV5MONDE info. 

    A l’intérieur, il revient sur la richesse de la langue française, sur ses figures de styles, expressions populaires ou encore ses incohérences, tout en lui rendant hommage. En plongeant dans ce livre, nous tombons directement amoureux de la langue de Molière. 

    Antoine de Rivarol disait au XVIIIème siècle que “ce qui n’est pas clair n’est pas français”. Or Dominique de Mataillet met tout le contraire en lumière dans son essai. A ses yeux, c’est justement ses incohérences et ses incongruités qui la rendent spéciale et sympathique. Au même titre que ses évolutions. D’après, le journaliste, la langue française n’a jamais été aussi vivante qu’actuellement. 

    Le débat de l’écriture inclusive 

    Dominique Mataillet consacre un chapitre particulier à la polémique sur l’écriture inclusive et au point médian. A ses yeux, ces deux évolutions sont importantes à prendre en compte et font partie de la transformation du langage, il faut donc les intégrer.

    A l’intérieur, il s’exprime sur la féminisation des mots. Il revient d’ailleurs sur la domination du masculin qui n’a pas toujours été évidente d’après lui. Effectivement, le masculin s’est imposé sur le féminin à partir de la création de l’Académie française en 1635 sous Richelieu. 

    Par ailleurs, l’écrivain s’exprime sur le point médian. Cette ponctuation permettant d’inclure le masculin, le féminin et le pluriel dans un même mot et donc d’inclure tous les genres. S’il complexifie la lecture d’un mot et peut nous faire déprécier la lecture, Dominique Mataillet estime qu’il serait bon de le faire entrer dans les documents administratifs.

    On n’a pas fini d’en parler de Dominique Mataillet aux éditions Favres

    Les mots valises

    Les mots valises sont la contraction entre deux termes, tels que Brexit ou franglais. Ils permettent d’exprimer une idée de manière rapide et claire. Si leur origine est attribuée aux Anglais, il faut savoir que les Français en ont toujours créé. En effet, Rabelais appréciait particulièrement en inventer. 

    Le slam 

    Dominique Mataillet n’a pas évoqué le slam dans son livre. Seulement, il promet d’y consacrer un chapitre dans sa prochaine œuvre, car “c’est très riche et très prometteur pour notre langue”. Le slam est une façon de déclamer une poésie ou un discours, c’est une performance. De nombreux chanteurs ou rappeurs pratiquent cette technique de déclamation dans leurs chansons. 

    Aujourd’hui, le slam permet également de faire revivre d’anciens textes parfois oubliés, et de les remettre au goût du jour. 

    Une interview de TV5MONDE info