Beyrouth: la reconstruction en route

Beyrouth: la reconstruction en route
La Sénatrice des Français de l'étranger Joëlle Garriaud-Maylam
La Sénatrice des Français de l'étranger Joëlle Garriaud-Maylam

"Parce que c'est le Liban, parce que c'est la France, c'est une évidence". C'est ainsi que le Président Macron a qualifié la tragédie de Beyrouth. En visite, historique, dans la capitale libanaise, il reçut un accueil plus qu'enthousiaste alors que la classe politique locale a été conspuée.

« J’espère que cette explosion catastrophique sera l’électrochoc qui permettra au pays de se ressaisir et de reprendre son destin en mains" Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français de l'étranger

Depuis, plusieurs jours se sont déroulés, une éternité dans ce genre de cas et la solidarité internationale s’organise.

La Sénatrice des Français de l’étranger Joëlle Garriaud-Maylam, saluant l'initiative présidentielle, a fait part aux français.press de son désir que la communauté internationale aide le Liban, malgré la corruption de ses élites. « J’espère que cette explosion catastrophique sera l’électrochoc qui permettra au pays de se ressaisir et de reprendre son destin en mains. Mais nous devons aussi les accompagner et il me semble indispensable de mettre en place un véritable Plan Marshall pour le Liban. »

Mobilisation de la communauté internationale

Une téléconférence est organisée regroupant le président français, Donald Trump, les représentants de la Chine, l’Union européenne, la Russie…

La fondation de France, comme nous l’indiquions, lance aussi un appel aux dons dans un podcast.

Elle n’est pas la seule à demander la solidarité internationale. Citons, dans une liste non exhaustive :

-Solidarités

-Caritas international

-la croix rouge

-Médecins sans frontières

Une stratégie d’assistance par étapes

La solidarité s’organise, elle se fait par étapes comme nous l’a indiqué le service presse de Caritas International. « La première étape est d’identifier les besoins, les urgences. Ici c’est assez clair : fournir des médicaments, envoyer des secours, fournir de l’aide alimentaire aussi ». De fait une des très nombreuses conséquences de l’explosion : « la quasi-totalité des céréales de ce pays étaient entreposées dans les silos du port. De fait il n’y a plus de quoi faire du pain au Liban ».

"Il n'y a plus de quoi faire du pain au Liban" Caritas International

La situation est complexe sur place pour les ONG comme le confirme également Caritas. « Déjà la ville est dans une situation de chaos total. Même les déplacements sont compliqués. Un problème dans un pays comme le Liban c’est aussi le risque d’accaparement des dons. C’est loin d’être le seul malheureusement mais une autre spécificité est l’hyper communautarisation du pays ».

Un pays entièrement structuré par le communautarisme

L'élu belgo-libanais Stéphane Obeid
L'élu belgo-libanais Stéphane Obeid

Sur place le même sentiment d’exaspération domine. Marie, qui vit dans le quartier Chrétien d’Achrafieh, nous le confirme. « Ce pays n’en est pas un. C’est une grappe avec des grains qui ne communiquent pas entre eux. Celle des communautés religieuses, mais surtout celle de l’élite contre tous les autres. Notre classe politique n’est pas seulement corrompue, elle est totalement incompétente, c’est à désespérer ».

« L’avenir du Liban passera par une profonde réflexion sur la façon dont les institutions fonctionnent. Une classe politique gangrenée par la corruption, les lobbies communautaristes, ce n’est plus possible » Stéphane Obeid, homme politique belgo-libanais

L’homme politique belgo-libanais Stéphane Obeid, qui vit à Bruxelles, nous a fait part lui aussi de sa consternation.

« L’avenir du Liban passera par une profonde réflexion sur la façon dont les institutions fonctionnent. Une classe politique gangrenée par la corruption, les lobbies communautaristes, ce n’est plus possible ». Stéphane Obeid

Tout changer donc, pour sauver le Liban. Mais avant tout tout reconstruire.

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