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  • JIJ 2022 : “un moment exceptionnel autour du sport et de la culture”

    JIJ 2022 : “un moment exceptionnel autour du sport et de la culture”

    Du 30 mai au 4 juin prochains se déroulera à Bruxelles, la 11ème édition des Jeux internationaux de la jeunesse. Co-organisée par l’AEFE et l’UNSS, elle mettra en compétition des équipes sportives des lycées français du monde entier. 

    A vos marques ! Prêts ! Partez ! L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et l’Union nationale sport scolaire (UNSS), vont donner le top départ des onzièmes Jeux internationaux de la jeunesse (JIJ), le 30 mai à Bruxelles au lycée français Jean-Monnet. Après deux éditions organisées en distanciel, les secondes des établissements français du monde vont se rencontrer, être en compétition, mais surtout échanger autour des “valeurs sportives et humanistes”

    Cependant, si cinquante délégations issues de trente-trois pays vont se déplacer dans la capitale européenne, une vingtaine ne pourront pas en raison de la situation sanitaire. Ils concourront tout de même à distance depuis leur lycée respectif. Au total, quarante-deux pays différents, prendront part aux Jeux internationaux.

    Logo des JIJ 2022 – © JIJ

    Un évènement pour et par les élèves 

    “Les élèves sont les vrais acteurs de ces JIJ” assure Olivier Brochet, le directeur de l’AEFE. Sportifs, arbitres, journalistes, les secondes des 70 établissements participants sont sur tous les fronts pour les jeux. Car oui, tous n’y seront pas en tant que compétiteurs. 

    Chacune des soixante-dix délégations mettra sur la ligne de départ une équipe de six élèves inscrits à l’UNSS. Parité oblige, elles seront toutes composées de trois filles et trois garçons. Un point important pour les lycéens de la délégation du Canada qui sont heureux de mettre en avant “le label égalité, parité”. Durant cinq jours, ils vont se battre contre leurs camarades de l’étranger autour de diverses épreuves sportives et culturelles. 

    Mais une fois n’est pas coutume, si les sportifs seront sous le feu des projecteurs, l’évènement ne serait pas le même sans leurs compères qui relaieront leurs exploits. Car oui, pour être vus, il faut être montrés. C’est là que les équipes de journalistes en herbe entrent en action. Ils sont les plumes, les cameraman, les monteurs, les photographes et autres, du lycée hôte et du lycée Charles-de-Gaulle de Londres. Tout au long de la semaine, ils (vous) feront vivre pleinement l’évènement, à l’instar des Jeux Olympiques. Ça vous fait rêver ? Nous aussi. 

    Les jeunes reporters seront chaque jour actifs sur le terrain, dans le studio radio de l’école, mais aussi sur les réseaux sociaux. En somme, une  couverture médiatique digne d’une vraie rédaction.

    Vidéo de présentation de la ville de Bruxelles, par les jeunes reporters du Lycée français Jean-Monnet de Bruxelles

    “Un moment de rencontre exceptionnel autour du sport et de la culture”

    Depuis des mois, les sportifs se préparent durement pour tenter de remporter chaque épreuve. Au programme sont notamment prévus les tournois de rugby flag, badminton, circuit training, mais surtout de laser run ! Une rencontre qui donne envie à tous les élèves du réseau car elle mélange course à pied et tir au pistolet laser. De plus, elle fait écho au sport d’Élodie Clouvel, marraine de l’édition 2022. Effectivement, en tant que vice-championne olympique de pentathlon moderne à Rio, elle connaît bien cette épreuve. 

    Mais les athlètes ne vont pas seulement mettre leur corps à l’épreuve, ils vont également devoir utiliser leurs méninges. Comme l’a déclaré Olivier Giraud, directeur de l’UNSS et médaillé olympique de handball, “l’éducation par le sport c’est important, mais avec une dimension culturelle c’est encore mieux”. Avec une course d’orientation dans Bruxelles, un quizz culturel et un rallye sportif, culturel et artistique, les participants vont lier le corps et l’esprit

    Par ailleurs, ils seront surveillés par le regard aiguisé de leurs copains qui revêtiront le costume d’arbitre pendant la compétition. Selon Clémence, une lycéenne du lycée Jean-Monnet de Bruxelles, elle et ses collègues arbitres ont été dûment formés par leurs professeurs d’EPS. Tout au long de l’année, ils ont appris les règles de chaque compétition, et vont faire une mise en pratique courant mai, pour être sûrs d’être fin prêts. 

    Si tous les élèves ont hâte d’en découdre sur le terrain, d’être impartiaux quant à l’arbitrage, ou de munir leur objectif, ils sont surtout impatients de rencontrer leurs camarades du monde entier ! Une pensée mise en lumière par un étudiant du lycée de Maux qui raconte que “gagner ça peut être sympa bien sûr, mais on y va surtout pour rencontrer du monde et créer des liens.” Les Jeux internationaux de la jeunesse, sont surtout un moment de “convivialité et de partage” d’après Laurence Fischer, multiple championne de karaté et ambassadrice pour le sport en France. Avant d’ajouter que “c’est également mettre en place une coopération par le sport”. 

    Les délégations présentes lors de la conférence de presse de lancement à l’AEFE à Paris, avec Olivier Brochet (à gauche) directeur de l’AEFE et Olivier Giraud (à droite) directeur de l’UNSS

    La diplomatie par le sport

    Les JIJ s’inscrivent dans “une dynamique prise par le Quai d’Orsay par le sport. Une dynamique vertueuse pour la représentation française”, toujours selon l’ancienne athlète. Un point observable à plusieurs niveaux. D’un côté, l’évènement se déroulera à Bruxelles, en même temps que la présidence française de l’Union européenne. Un “symbole fort” pour le directeur de l’AEFE. Aussi, la diplomatie française par le sport est bien sûr mise en lumière avec les prochaines grandes rencontres internationales que sont la Coupe du monde de rugby 2023 ou les Jeux olympiques de Paris 2024

    Ainsi, les Jeux internationaux de la jeunesse visent à promouvoir les valeurs de solidarité, de respect, de partage et d’ouverture au monde, chères aux établissements français à l’étranger. Mais pas seulement. 

    L’engagement, le dépassement de soi et l’esprit d’équipe seront également de la partie comme dans toute compétition et dans la vie en général. Car le sport et la culture ont le pouvoir de nous transcender, de devenir acteur de notre destin. Finalement, “c’est le kiff de voir les jeunes prendre le pouvoir dans le sens noble du terme”, comme l’a exclamé Michaël Jeremiasz, parrain de la compétition et quadruple champion paralympique en tennis.

  • Europe : les sanctions contre la Russie ouvrent la boîte de Pandore

    Europe : les sanctions contre la Russie ouvrent la boîte de Pandore

    Sur Euractiv, tous les matins, Les Capitales décrypte pour vous l’info à travers l’Europe

    Aujourd’hui dans Les Capitales

    SOFIA | BUDAPEST | PRAGUE | BRATISLAVA

    Budapest et Bratislava déplorent la proposition de la Commission européenne d’interdire le pétrole russe en dépit du délai supplémentaire qui leur a été accordé afin de pouvoir l’abandonner progressivement, tandis que Sofia et Prague ont sauté sur l’occasion et demandent désormais un traitement spécial. Lire la suite.

    (Vlagyiszlav Makszimov | EURACTIV.com avec Telex, Krassen Nikolov | EURACTIV Bulgarie, Michal Hudec, Radovan Geist | EURACTIV Slovaquie, Aneta Zachová | EURACTIV République tchèque)

    INSTITUTIONS EUROPÉENNES

    Le projet de l’UE visant à limiter les acheteurs étrangers financés par l’État s’accélère. Les États membres et les législateurs de l’UE entameront jeudi 5 mai les discussions sur le projet de la Commission européenne visant à limiter les achats d’entreprises européennes par des entreprises étrangères financées par l’État, dans un contexte de crainte d’une vague d’achats par la Chine. Lire la suite (en anglais).

    (János Ammann | EURACTIV.com with Reuters)

    BERLIN

    L’industrie allemande soutient les plans d’embargo sur le pétrole. Les principales associations industrielles allemandes ont clairement exprimé leur soutien aux plans de l’UE visant à imposer progressivement un embargo sur le pétrole russe, même si elles ont déclaré que cela constituerait un défi. Lire la suite (en anglais).

    (Julia Dahm | EURACTIV Allemagne)

    PARIS

    Le Parti socialiste conclut un accord électoral prônant la désobéissance à certaines règles européennes. L’accord électoral en vue des élections législatives entre le Parti socialiste et la gauche radicale mentionne la possibilité de désobéir à certaines règles européennes et doit être ratifié jeudi soir (5 mai) par son Conseil national. Lire la suite.

    (Davide Basso | EURACTIV France)

    VIENNE

    L’Autriche a multiplié par plus de deux son aide financière à l’Ukraine grâce aux dons des citoyens. Le gouvernement autrichien a collecté 42 millions d’euros en dons de citoyens, multipliant ainsi par plus de deux son soutien financier à l’Ukraine. Lire la suite (en anglais).

    (Nikolaus J. Kurmayer | EURACTIV Allemagne) 

    LA HAYE

    Les Néerlandais risquent une pénurie alimentaire en raison de la sécheresse printanière. L’association des agriculteurs, ZLTO, craint que le manque de pluie ce printemps n’entraîne une mauvaise récolte et donc une pénurie alimentaire, rapporte le groupe de médias NOS. Lire la suite (en anglais).

    (Sofia Stuart Leeson | EURACTIV.com)

    ROYAUME-UNI ET IRLANDE

    DUBLIN

    Révolte à Dublin après que la télévision russe a simulé une attaque nucléaire contre l’Irlande et le Royaume-Uni. Les dirigeants politiques de Dublin ont exprimé leur indignation après que des simulations d’attaques nucléaires sur l’Irlande et le Royaume-Uni ont été présentées à la télévision russe ce week-end. Lire la suite (en anglais).

    (Molly Killeen | EURACTIV.com)

    SCANDINAVIE ET PAYS BALTES

    PAYS NORDIQUES

    Les pays nordiques veulent une ratification rapide de l’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN. Les cinq Premiers ministres nordiques se sont réunis à Copenhague pour le sommet Inde-Pays nordiques. Les énergies vertes, la Russie et une éventuelle période de ratification rapide de I’adhésion à I’OTAN pour la Suède et la Finlande étaient à I’ordre du jour mercredi (4 mai). Lire la suite (en anglais).

    (Charles Szumski | EURACTIV.com)

    HELSINKI

    La Finlande prévoit de renforcer sa frontière orientale. La frontière de 1 300 kilomètres qui sépare la Finlande de la Russie va faire peau neuve. Le gouvernement veut construire de nouvelles barrières solides sur certaines parties de la frontière orientale et remplacer deux avions de surveillance Dornier 228 par de nouveaux avions multirôles. Lire la suite (en anglais).

    (Pekka Vänttinen | EURACTIV.com)

    STOCKHOLM

    La Suède intensifie ses efforts pour protéger l’île de Gotland. Le gouvernement et les forces armées suédoises ont intensifié leurs efforts pour protéger l’île de Gotland, dans le sud de la Suède, suite aux menaces répétées de la Russie et à la situation générale de la sécurité en Europe depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Lire la suite (en anglais).

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    (Charles Szumski | EURACTIV.com)

    Demande d’adhésion de la Suède à l’OTAN : grande incertitude chez les sociaux-démocrates.Une grande incertitude règne au sein du groupe parlementaire des sociaux-démocrates au pouvoir sur la question de l’éventuelle future adhésion de la Suède à l’OTAN, selon un sondage réalisé par le quotidien Aftonbladet mercredi (4 mai). Lire la suite (en anglais).

    (Charles Szumski | EURACTIV.com)

    COPENHAGUE

    Une chaîne de télévision danoise publie des avertissements bilingues pour les réfugiés ukrainiens. La chaîne de télévision danoise TV2 a diffusé des informations bilingues pour rassurer les 25 000 réfugiés ukrainiens au sujet des tests annuels de sirènes au Danemark. Lire la suite (en anglais).

    (Charles Szumski | EURACTIV.com)

    EUROPE DU SUD

    ROME

    L’Italie se tourne vers le Japon pour renforcer sa coopération dans le domaine des énergies renouvelables. Le Premier ministre italien Mario Draghi a rappelé l’importance de stimuler le partenariat industriel entre l’Italie et le Japon, en particulier dans le secteur des énergies renouvelables, lors d’une conférence de presse au Palazzo Chigi après une rencontre bilatérale avec le Premier ministre japonais Fumio Kishida. Lire la suite (en anglais).

    (Margherita Montanari | EURACTIV Italie)

    MADRID

    La sécurité sociale espagnole bat un record avec 20 millions de cotisants. Le régime de sécurité sociale espagnol (Seguridad Social) a accueilli 184 577 cotisants supplémentaires en moyenne en avril, et a franchi, pour la première fois, le seuil des 20 millions de personnes actives, a rapporté EFE, partenaire d’EURACTIV, citant des sources officielles. Lire la suite (en anglais).

    (Fernando Heller | EFE)

    ATHÈNES

    Renew Europe accueille le premier eurodéputé grec ayant quitté le PPE. Giorgos Kyrtsos, un législateur européen du Parti populaire européen (PPE) de centre-droit, a décidé mercredi de quitter le parti et de rejoindre le groupe centriste Renew Europe au Parlement européen. Cette décision est le résultat du différend qui oppose l’eurodéputé à son parti national, Nouvelle Démocratie, qui fait partie du PPE. Lire la suite (en anglais).

    (Sarantis Michalopoulous | EURACTIV.com, EURACTIV Grèce)

    GROUPE DE VISEGRAD

    VARSOVIE

    La Pologne veut devenir le principal fournisseur de pétrole des pays d’Europe centrale et orientale et ainsi remplacer la Russie. PKN Orlen, la plus grande compagnie pétrolière polonaise détenue majoritairement par l’État, affirme qu’elle peut remplacer la Russie en tant que principal fournisseur de pétrole pour les pays d’Europe centrale et orientale (PECO), car elle dispose des infrastructures, des bons fournisseurs et de suffisamment de carburant pour assurer un approvisionnement continu en pétrole dans la région. Lire la suite (en anglais).

    (Bartosz Sieniawski | EURACTIV Pologne) 

    PRAGUE

    Les crimes de guerre figurent parmi les priorités de la présidence tchèque de l’UE. L’enquête et la poursuite en justice concernant les crimes de guerre figureront parmi les thèmes de la présidence tchèque du Conseil de l’UE au cours du second semestre 2022, a déclaré le ministre de la Justice Pavel Blazek (ODS, ECR). Lire la suite (en anglais).

    (Aneta Zachová | EURACTIV République tchèque)

    NOUVELLES DES BALKANS

    BUCAREST

    La Roumanie prête à renoncer au pétrole russe. La Roumanie soutient la décision de la Commission européenne de renoncer progressivement aux importations de pétrole et de produits pétroliers en provenance de Russie, a déclaré le ministre de l’Énergie Virgil Popescu. Lire la suite (en anglais).

    (Bogdan Neagu | EURACTIV Roumanie)

    ZAGREB

    Les hôpitaux de Zagreb ignorent la loi et refusent un avortement médicalement justifié. Des hôpitaux de Zagreb ont refusé de pratiquer un avortement sur une femme enceinte dont le fœtus de 24 semaines était atteint d’une tumeur cérébrale maligne et mortelle, relançant ainsi le débat sur l’avortement dans ce pays fortement catholique. Lire la suite (en anglais).

    (Zoran Radosavljevic | EURACTIV.com)

    LJUBLJANA

    La banque centrale slovène intervient sur le marché du logement. La banque centrale de Slovénie a annoncé un ajustement des normes de prêt immobilier dans une mesure qui pourrait stimuler la demande de prêts, même si elle a reconnu que le marché du logement est déjà en situation de surchauffe. Lire la suite (en anglais).

    (Sebastijan R. Maček | sta.si)

    BALKANS OCCIDENTAUX

    Olaf Scholz souhaite que tous les pays des Balkans occidentaux rejoignent l’UE, mais exhorte la Serbie à se réformer. Le chancelier allemand Olaf Scholz a déclaré mercredi (4 mai) qu’il souhaitait que tous les pays des Balkans occidentaux rejoignent l’UE, mais que la Serbie devait poursuivre ses réformes, notamment en matière de liberté des médias, avant de pouvoir y adhérer. Lire la suite (en anglais).

    (EURACTIV Serbie | betabriefing.com)

    SARAJEVO

    Le leader des Croates de Bosnie déclare que la tenue d’élections en octobre est une menace pour la paix. Dragan Čović, leader du plus grand parti croate de Bosnie, le HDZ, a critiqué la décision de la commission électorale nationale de convoquer les élections nationales pour le 2 octobre sans apporter les modifications à la loi électorale demandées par les Croates. Lire la suite (en anglais).

    (Zoran Radosavljević | EURACTIV.com)

    PRISTINA | BERLIN

    L’Allemagne soutient la candidature du Kosovo au Conseil de l’Europe. Le gouvernement allemand est prêt à soutenir la demande d’adhésion du Kosovo au Conseil de l’Europe, a confirmé Knut Abraham, député du Bundestag. Lire la suite (en anglais).

    (Barbara Halla | Exit.al)

    TIRANA

    Les professionnels de la santé albanais fuient en masse, le gouvernement n’est pas inquiet.Un rapport récent a détaillé comment des milliers de professionnels de la santé ont fui vers l’Allemagne en 2020, tandis que le Premier ministre Edi Rama a fait fi des inquiétudes concernant la perte de travailleurs qualifiés dans des secteurs clés. Lire la suite (en anglais).

    (Alice Taylor | Exit.al)

    AGENDA :

    Allemagne : le chancelier Olaf Scholz s’exprimera lors du sommet du groupe d’engagement du G7, le « C7 ». Il recevra également le Premier ministre tchèque Petr Fiala à Berlin.
    Italie : la présidente du Parlement européen Roberta Metsola rencontrera le président italien Sergio Mattarella, la présidente du Sénat Elisabetta Casellati et le président de la Chambre Roberto Fico.
    Espagne : la commissaire européenne à l’Égalité, Helena Dalli, est en visite à Madrid.
    Serbie : la ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, se rend en Serbie dans le cadre d’une tournée dans les Balkans occidentaux.

    ***

    [Edité par Sarantis Michalopoulos, Alexandra Brzozowski, Daniel Eck, Benjamin Fox, Zoran Radosavljevic, Alice Taylor, Sofia Stuart Leeson]

  • Le français, une langue d’avenir

    Le français, une langue d’avenir

    En 2021, le français était encore la 5ème langue la plus parlée après le chinois, l’anglais, l’espagnol et l’arabe. Avec près de 300 millions de locuteurs, le français dans le monde a progressé de 10% depuis 2014, une dynamique importante à laquelle vient s’ajouter l’engouement pour son apprentissage en tant que langue étrangère (soit le fait de l’apprendre en plus de sa langue maternelle).

    Une dynamique localisée

    L’apprentissage du français progresse, ainsi, avec 8% d’élèves et d’étudiants en plus au niveau mondial. Des disparités régionales existent, l’Afrique restant moteur de cette croissance et l’Asie accusant un certain recul.

    Répartition des apprenants en français comme langue étrangère en 2018 ©Observatoire de la Francophonie

    En agrégeant toutes les données collectées par pays, – tous niveaux d’enseignement confondus –, le nombre d’apprenants de FLE apparaît au moins égal à 51 millions d’individus, tandis que le nombre de ceux qui suivent un enseignement partiel ou total dans cette langue est d’au moins 93 millions.

    Une dynamique portée par la diplomatie culturelle

    Si le français résiste si bien face à l’anglais ou au chinois, c’est bien sûr grâce à l’Histoire de la France mais aussi et surtout à travers le déploiement depuis plusieurs décennies d’une diplomatie culturelle intense. Celle-ci repose sur plusieurs institutions : les Alliances Françaises, le réseau d’établissements scolaires, les Instituts français et TV5MONDE.

    Les Alliances Françaises

    Mouvement centenaire, l’Alliance Française est la première école de langue française et la première ONG culturelle au monde. Chaque jour et sur le terrain, les 835 Alliances Françaises font vivre et aimer la langue française et les cultures francophones dans plus de 130 pays. Animées par 15 000 collaborateurs, elles rassemblent chaque année près de 500 000 étudiants et 3,5 millions de participants aux 26 000 évènements organisés sur les cinq continents. Pourtant, cette institution, qui fait rayonner la francophonie, vient de vivre une des plus graves crises de son histoire en raison de la pandémie.

    En plein cœur de la crise sanitaire, une pétition « Sauvons les Alliances Françaises », signée par plus de 10 000 expatriés, avait fait grand bruit en mettant en avant un drame silencieux, soit la fermeture discrète de plusieurs dizaines d’Alliances Françaises à travers le monde. Associations de droit local privé, essentiellement autofinancées via leurs cours de français, les Alliances Françaises sont parfois soutenues par l’État à travers le détachement de directeurs et de subventions, mais cela n’a pas suffi pour un grand nombre d’entre elles alors que la Covid-19 fermait les portes de la plupart des établissements. A cette pandémie s’est ajoutée aussi de nombreux échecs commerciaux, comme la perte du contrat d’apprentissage des personnels des institutions européennes basées à Bruxelles et au Luxembourg, ou avec la perte d’un contrat de formation du personnel naviguant d’un grand avionneur installé à New-York.

    Les établissements scolaires français dans le monde

    Le développement de l’enseignement à l’étranger s’inscrit dans la dynamique initiée par le Plan langue française et plurilinguisme qui fixe comme objectif le doublement des effectifs à l’horizon 2030 dans les écoles et établissements d’enseignement français homologués.

    Les établissements d’enseignement français homologués par le ministère chargé de l’éducation forment, ainsi, un réseau mondial de 549 établissements dans 140 pays qui scolarise 370 000 élèves de la maternelle à la terminale dont 60 % sont étrangers et 40 % sont de nationalité française. Plus de cinquante nouveaux établissements ont rejoint le réseau depuis 2019.

    Ces écoles et ces établissements font l’objet d’une procédure d’homologation attestant de leur conformité aux programmes, aux objectifs pédagogiques et aux règles d’organisation applicables en France, aux écoles et aux établissements scolaires français.

    les Instituts français

    Nombreux sont ceux qui ont été fermés (Venise, Porto, Graz, Amsterdam) ou qui ont perdu certains de leurs services après un déménagement (Vienne, après la vente du bâtiment au Qatar). La liste s’allonge au fil de ces dernières années, surtout en Europe, en raison d’une crise à la fois budgétaire et politique. « Les budgets que l’Etat consacre à sa politique culturelle extérieure, la diplomatie culturelle, qui inclut les instituts, régresse régulièrement », explique Daniel Haize. Cet ancien conseiller culturel en Argentine, Mexique, Algérie, a aussi été directeur de l’Institut français d’Athènes. Il a publié une étude sur la diplomatie culturelle française. Pour lui, le constat est simple : « Sur le court terme, c’est très clair. Le budget que consacre le ministère des Affaires Étrangères à sa diplomatie culturelle, entre 2011 et 2016, a baissé de 10% ».

    Les crédits de l’Etat destinés à la diplomatie d’influence, c’est-à-dire « l’action culturelle extérieure, la promotion de la langue française, la coopération scientifique et universitaire, l’enseignement à l’étranger et le tourisme » diminuent chaque année malgré les promesses du gouvernement. Une attitude qui a été transcrite par un recul de l’influence culturelle dans certains pays.

    TV5MONDE

    La télévision qui accompagne expatriés et voyageurs aux quatre coins du monde propose depuis plusieurs années un site dédié à l’apprentissage du français, apprendre.tv5monde.com.

    C’est un site gratuit et interactif pour apprendre notre langue à partir de vidéos, d’émissions et de reportages d’actualité. Vous pouvez vous entrainer avec plus de 2000 exercices en ligne et vous améliorer à l’oral en français, du niveau débutant au niveau avancé. En tout c’est plus de 4 univers qui permettent d’apprendre, d’enseigner, de découvrir et de jouer avec la langue française à travers une sélection de contenus TV5MONDE.

  • Boris Faure : « le milieu de la politique est dégradé »

    Boris Faure : « le milieu de la politique est dégradé »

    A l’occasion de la sortie de son livre Coups de casque aux éditions VA, le militant socialiste était l’invité de Lesfrancais.press. 

    Boris Faure est un militant socialiste qui est passé par plusieurs postes ministériels, avant de devenir le premier secrétaire fédéral de la Fédération des Français de l’étranger pour le Parti socialiste. Aujourd’hui, il publie un livre sur la violence dans le monde de la politique. Nommé Coups de casque, essai sur la violence en politique, il est publié aux éditions VA.

    Une agression comme genèse du livre 

    Le 30 août 2017, Boris Faure est violemment agressé par l’ancien député LREM M’jid el Guerrab, à coups de casque. Tombé dans le coma, opéré en urgence d’un hématome extradural, il échappe de peu à la mort. Durant cinq ans, il traverse les différentes étapes que sont la guérison, la peur, l’appréhension et surtout l’attente du jugement. En avril dernier, il avait fait part à Lesfrancais.press de ses attentes quant au procès. Ses espérances. 

    Dans ce nouvel échange, il revient sur l’issue du jugement mais aussi sur ce que représente son livre à ses yeux. S’il ne comprend toujours pas les raisons qui ont motivé son ancien camarade socialiste à le frapper au crâne, il se sent plus apaisé depuis qu’il l’a confronté dans l’arène judiciaire

    Son histoire constitue la première partie du livre. Elle se pose donc en catharsis lui ayant permis de prendre du recul quant à son statut de victime, avant de s’en détacher. Le socialiste a l’impression de recommencer à se retrouver, à redevenir la personne qu’il était avant son agression. Cependant, il abandonne toute ambition politique car le milieu l’a trop consumé. 

    Par ailleurs, Boris Faure ne s’est pas arrêté à son expérience. Il a visé plus large en s’intéressant à l’ensemble du monde politique. 

    La violence dans le monde politique 

    En plus d’être un essai autobiographique sur son agression, Boris Faure partage sa vision du monde politique, et la violence qui le gangrène. D’après lui, “la politique est par nature belliqueuse. C’est un affrontement d’idées” qui se confronte dans les urnes. Si la violence est donc symbolique, elle n’en reste pas moins virulente. Elle peut même parfois être physique, comme elle l’a été pour lui. 

    Pour comprendre la véhémence politicienne, il est allé interroger des personnes qui l’ont également subi. Avant d’appuyer son propos avec des témoignages de psychologues, des féministes ou encore des responsables politiques afin de partager son expérience et donc les mettre en garde. Il les a prévenus que même si son cas est extrême, il est le fruit de la frénésie qui règne dans ce milieu. 

    De surcroît, il dresse le bilan actuel de l’environnement politique. Selon lui, “la vie politique est dégradée”. Non seulement car les élus de la République peuvent s’emporter les uns contre les autres ; mais également parce qu’il existe une défiance citoyenne envers leurs élus. Tout cela est exacerbé par les réseaux sociaux, qu’il considère comme des véhicules de colère et d’animosité. 

    Ainsi, il aimerait qu’une justice impartiale soit mise en place contre les violences faites en ligne. Il s’agit d’ailleurs de l’une de ses propositions mises en lumière dans son œuvre. Une justice rapide et efficace, complétée par un véritable enseignement de la gestion des réseaux sociaux à partir de l’adolescence. 

    Boris Faure, PS
    Coups de casque, essai sur la violence en politique, de Boris Faure, aux éditions VA

    Le livre comme héritage 

    Lorsqu’il regarde le livre, Boris Faure est partagé entre diverses émotions. D’un côté il ressent de la fierté, comme tout auteur venant de mettre un point final à son écrit. Il s’agit également d’une fierté liée au fait de laisser une trace, un héritage. En définitive, un sentiment d’accomplissement le prend. 

    Par ailleurs, l’humilité le submerge car le socialiste n’oublie pas les conditions qui l’ont poussé à entamer la rédaction de son essai. A ses yeux “les accidents de vie peuvent donner le meilleur, ce livre, et le pire, [les blessures, la diffamation et la souffrance]”. 

    Par conséquent, si grâce à ce livre il réussit à alerter les personnes inscrites dans le milieu de la politique, et les inciter à adopter de la retenue, il aura “sûrement gagné”

    Ecoutez le podcast avec Boris Faure

    Un podcast à retrouver sur toutes vos plateformes

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  • L’UE relance un chantier pour achever l’union bancaire

    L’UE relance un chantier pour achever l’union bancaire

    Un projet longtemps repoussé visant à renforcer le marché bancaire européen, par le biais d’un système unifié de garantie des dépôts, a fait son retour mardi (3 mai) sur la table des dirigeants de l’Union européenne.

    Le président de l’Eurogroupe, l’Irlandais Paschal Donohoe, a présenté aux ministres des Finances une feuille de route pour relancer ce chantier qui achèverait enfin l’union bancaire, mise en place dans la douleur à partir de 2012, dans le sillage de la crise financière.

    L’union bancaire a notamment placé la surveillance des plus grandes banques de l’UE sous la responsabilité de la Banque centrale européenne (BCE).

    Le projet de système européen de garantie des dépôts (acronyme EDIS en anglais), inspiré des États-Unis, protègerait mieux les banques en cas de crise, car leurs clients, assurés de ne pas perdre leur argent, éviteraient de se ruer aux guichets pour retirer leurs économies.

    Actuellement, les dépôts des particuliers sont assurés jusqu’à 100 000 euros dans l’UE, grâce à des financements des réseaux bancaires nationaux.

    Mais la mutualisation des garanties à l’échelle européenne se heurte depuis des années aux réticences de l’Allemagne et d’autres pays du nord, qui craignent de voir leurs épargnants payer pour les défaillances de banques de pays du sud.

    L’Italie, lourdement endettée, est également hostile à cette réforme qui limiterait la possibilité pour ses banques fragiles de consolider leur bilan en achetant des obligations d’État italiennes.

    Achever l’union bancaire, alors que le marché de l’UE est encore très fragmenté, permettrait aussi selon ses partisans de créer de vrais groupes européens transfrontaliers pour mieux financer l’économie.

    « Après des années de discussions, nous connaissons bien les points de vue des uns et des autres et j’ai plaidé pour un compromis », a déclaré M. Donohoe lors d’une conférence de presse, à l’issue de la réunion des ministres en visioconférence. « De toute évidence, les différends ne sont pas encore réglés », a-t-il ajouté.

    Paschal Donohoe, président de l’Eurogroupe a présenté une feuille de route pour relancer le dossier de l’union bancaire – © Houses of the Oireachtas

    « Beaucoup de pays ont demandé de retravailler » la proposition, a reconnu le président de l’Eurogroupe. « C’est ce que nous allons faire », a-t-il dit, tout en prévenant que « les marges de manoeuvre » étaient « très, très faibles ».

    Les ministres de l’UE devraient poursuivre la discussion lors d’une réunion en juin. S’ils donnent leur feu vert, la Commission européenne rédigera, d’ici à la fin de l’année, une proposition qui devra également être approuvée par le Parlement européen.

    Pour la France, la feuille de route présentée mardi « est une base de discussion satisfaisante en vue de la dernière ligne droite de négociations pour juin », a réagi une source à Bercy.

    En revanche, la Fédération bancaire française (FBF) s’est montrée déçue. « L’Eurogroupe n’a pas proposé d’avancée » permettant de créer un vrai « marché unique bancaire intégré », a-t-elle critiqué, estimant que le système envisagé risquait en outre « d’être coûteux ».

    « Seul un fonctionnement véritablement intégré peut apporter à l’Europe un secteur bancaire plus puissant et autonome », a ajouté l’organisation professionnelle.

  • Mali : Fin des accords de défense avec la France

    Mali : Fin des accords de défense avec la France

    Au Mali, la junte a annoncé le lundi 2 mai, mettre fin aux accords de défense avec la France et ses partenaires européens. 

    Le Mali a mis ses menaces à exécution. Depuis plusieurs mois, la junte militaire au pouvoir menaçait la France de rompre les accords de défense signés avec elle, mais sans passer à exécution. C’est maintenant chose faite. 

    D’après le gouvernement de transition, Paris aurait violé la souveraineté nationale. De cette manière, les Accords de statut des forces qui cadrent la présence des forces Barkhane et Takuba au Mali, prennent fin immédiatement. 

    La junte militaire malienne

    Dans le pays, le sujet est omniprésent dans les discussions et la majorité des Maliens soutiennent cette décision. Pour Fousseinou Outtara, vice-président de la Commission de défense CNT, “le traité n’était pas favorable aux Maliens et à l’armée malienne”. Avant d’ajouter qu’ils ont “rencontré un mur” lorsqu’ils ont essayé de trouver un autre accord. 

    Ainsi, les forces françaises sont en train de quitter le pays africain “en bon ordre” selon Paris, qui dénonce d’ailleurs “une décision injustifiée”. 

    Un reportage de TV5MONDE

  • Les tendances du baromètre des Français de l’étranger 

    Les tendances du baromètre des Français de l’étranger 

    Mise à jour le 6 mai 2022

    Rencontre avec Claudine Lepage, présidente de Français du monde-adfe, pour revenir sur les premières tendances du baromètre des Français de l’étranger, réalisé du 2 mars au 6 avril dernier. 

    Claudine Lepage est la présidente de l’association Français du monde-adfe et a été sénatrice des Français de l’étranger pendant treize ans. Aujourd’hui, elle revient avec nous sur les grandes tendances qui ont commencé à ressortir des résultats du baromètre des Français de l’étranger. Celui-ci avait été mis en ligne du 2 mars au 6 avril derniers. 

    Le baromètres des Français de l’étranger 

    Organisé pour la deuxième fois, le questionnaire est de nouveau l’œuvre des élus consulaires Gaëlle Barré, Laure Pallez et Florian Bohème. Comme ils nous l’avaient expliqué en mars dernier, “il s’agit d’une enquête faite par des Français de l’étranger, pour les Français de l’étranger”. Ainsi, dans un premier temps il était désiré de connaitre leur profil, avant de leur poser des questions ouvertes. L’objectif étant de savoir comment ils se sentent, quels sont leurs sujets de préoccupation et de connaître leur relation avec la France. 

    Pour cette deuxième édition, plus de 12 000 citoyens ont répondu au baromètre. Un nombre qui permet d’obtenir une analyse structurée des réponses selon Claudine Lepage. Parmi eux, 39% sont des binationaux et 41% des personnes ayant quitté la France il y a plus de vingt ans. Pour la présidente d’ADFE, cela met en lumière l’attachement profond des Français vis-à-vis de l’hexagone. Un point renforcé par le fait que la grande majorité des répondants sont inscrits au registre mondial des Français de l’étranger. 

    Cependant, ce lien fort ne se traduit pas forcément au moment des élections, regrette-t-elle. Effectivement, pour la présidentielle 2022, le taux d’abstention chez les expatriés était de 61% au second tour. Un taux pouvant être expliqué par la complexité d’aller voter pour les Français de l’étranger. Ainsi, Claudine Lepage exprime son ennui à ce sujet, car si les concitoyens souhaitent être mieux représentés, ils doivent participer au jeu démocratique et se faire entendre. Or, ils le font peu. 

    Les grandes tendances du baromètre 

    Selon les premières analyses du questionnaire, cinq sujets préoccupent particulièrement les Français hors de France : 

    • La retraite 
    • La situation internationale, fortement corrélée au contexte géopolitique actuel 
    • L’assurance maladie et la difficulté de pouvoir y souscrire
    • L’éducation pour les enfants, avec la question de la transmission de la langue et de la culture françaises
    • Le dérèglement climatique

    La retraite

    De même qu’en 2019, lors de la première édition du baromètre des Français de l’étranger, la retraite est la plus grande inquiétude. Aussi, les thèmes de l’assurance maladie et de l’éducation reviennent de nouveau. Pour Claudine Lepage, il n’y a rien d’étonnant à cela, et il en a toujours été ainsi. Lorsque l’ancienne sénatrice était sur le terrain, les citoyens français étaient continuellement anxieux vis-à-vis de leur coût. 

    Effectivement, d’un côté souscrire à la CFE comme inscrire ses enfants dans un établissement français à l’étrange nécessite un certain budget. De cette manière, certains Français se tournent vers des structures locales, mais seulement lorsqu’ils en ont la possibilité et également les moyens. Comme le spécifie la présidente, dans plusieurs pays d’Afrique, par exemple, de nombreux compatriotes n’ont souscrit à aucune assurance maladie, et ne peuvent faire face aux aléas de la vie. 

    L’éducation pour les enfants

    Parmi les répondants, 68,17% ont des enfants et ont donc pu s’exprimer quant à leur éducation. Des résultats nous voyons que leur principale attente est de pouvoir scolariser leurs enfants dans des établissements français. Effectivement, une majorité aimerait voir l’accès aux universités françaises être facilité. Sur place, ils attachent une attention particulière à ce que leurs petits aient des cours en français, ou soient inscrits dans une filière bilingue.

    Les rapports avec les consulats

    Bien que ça ne figure pas dans les grandes tendances du baromètre des Français de l’étranger, ces derniers sont tout de même particulièrement sensible aux prises de contact avec les administrations françaises. Effectivement, ils aimeraient qu’elles soient facilement accessibles et disponibles en ligne ou en physique, en France ou sur place.

    Claudine Lepage, présidente de Français du mode-adfe et ancienne sénatrice des Français hors de France – © Syced

    Force de propositions 

    Le baromètre des Français de l’étranger n’a pas vocation à être annualisé, selon Claudine Lepage. En effet, le mettre en place et analyser les réponses nécessitent du temps. Aussi, la première édition avait été lancée lors du grand débat national. Aujourd’hui, la réédition a pour visée de prendre le pouls de la communauté des Français de l’étranger en (post) période Covid. De cette manière, il est intéressant pour les initiateurs d’en réaliser un aux moments de grands débats ou de crises. Aussi, laisser du temps entre chaque questionnaire, leur permet de prendre du recul et de tirer des analyses sur le long terme. Ainsi, l’idée serait de réaliser un baromètre tous les deux-trois ans. 

    Quoi qu’il en soit, les résultats ont pour visée finale d’apporter des éléments de réponses, d’analyses et des propositions aux élus consulaires et au gouvernement, afin d’améliorer les conditions de vie des Français hors de France. 

    Ecoutez le podcast avec Claudine Lepage

    Un podcast à retrouver sur toutes vos plateformes

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  • LREM : tensions sur les investitures pour les législatives

    LREM : tensions sur les investitures pour les législatives

    La République En Marche se met en ordre de bataille pour les prochaines élections de juin. Alors que les tractations autour des investitures pour les législatives par le parti se poursuivent, sur fond de tensions entre les diverses sensibilités de la famille macroniste, le calendrier se précise. Les premiers noms pourraient être connus en fin de semaine, peut-être ce jeudi ou ce vendredi, tandis qu’une journée réunissant l’ensemble des candidats investis aura lieu le mardi 10 mai aux docks d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

    Les amis d’Edouard Philippe visent deux circonscriptions

    Horizons, le parti d’Edouard Philippe, tente de trouver sa place aussi chez les Français de l’étranger. Et comme en France, le parti présidentiel rechigne à faire de la place, surtout qu’à l’étranger, LREM a 10 députés sur les 11 circonscriptions.

    Pourtant, petit à petit, les négociateurs avancent leurs pions et se dirigeraient vers un accord concédant la circonscription de Suisse et celle d’Amérique du Sud aux amis de l’ancien Premier ministre.

    A Genève, la nouvelle serait accueillie avec curiosité. Joachim Son-Forget, le député élu sous l’étiquette LREM, parti depuis rejoindre Reconquête d’Eric Zemmour, a fait vivre un mandat particulier à ses discrets électeurs. Entre sorties nocturnes, propos insultants, et autres déboires, Joachim Son-Forget a détonné dans le paysage helvète. Mais pourtant, sa liste a obtenu en 2021 aux consulaires près de 30% des voix, de quoi envisager un maintien au second tour des législatives, une option dont les Républicains seraient privés à la vue des résultats de la présidentielle. Le ou la candidate Horizons aurait toutes ses chances dans cette circonscription.

    Ce qui ne sera pas forcément le cas pour celui ou celle qui héritera de l’Amérique du Sud. Là aussi, la députée Paula Forteza, aussi élue sous l’étiquette LREM, n’aura pas laissé un bon souvenir à ses administrés. Après avoir brigué la mairie du XVème arrondissement auprès de Cédric Villani en 2020, Paula Forteza délaissa sa circonscription dans laquelle elle ne se représente pas. Une attitude qui a conduit le parti présidentiel à obtenir ses plus mauvais scores électoraux pour les expatriés. Dans ces pays, la France insoumise (LFI), propulsée par la très active responsable Florence Poznanski, tire les marrons du feu et peut envisager d’obtenir son premier siège chez les Français de l’étranger.

    Manuel Valls lorgne sur la circonscription ibérique

    Depuis un mois, la rumeur enflait. Nos reporters avaient croisé l’ancien Premier ministre au Champ-de-Mars le 24 avril au soir et lui avaient demandé s’il accepterait de répondre à une question sur sa possible candidature, Manuel Valls leur avait répondu : « pas encore ». Il semblerait que le temps soit venu. Depuis le 03 mai, les indiscrétions se multiplient dans les médias nationaux, l’annonçant comme investi.

    Mais du côté du député en place, on ne l’entend pas de cette oreille. Stéphane Vojetta, qui a succédé à Mme Cazebonne, élue au Sénat en septembre 2021, contacté ce 04 mai au matin, déclare travailler à sa campagne, avoir le soutien de l’équipe avec qui il collabore depuis son engagement auprès d’Emmanuel Macron en 2017. Il nous précise même avoir déjà pris rendez-vous pour le dépôt de sa candidature la semaine prochaine à Paris.

    Post sur Facebook de Stéphane Vojetta ce 04 mai 2022

    A Paris, Véronique Bedague, l’ancienne directrice de cabinet de Manuel Valls à Matignon, avait été approchée par Emmanuel Macron pour devenir sa nouvelle Première ministre. Proposition qu’elle aurait déclinée ce 04 mai au matin. Eloignant Manuel Valls de l’investiture ? Possible…

    Deux hommes et une femme pour le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest

    Autre circonscription qui fait l’objet de toutes les envies, la IXème, celle réunissant le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest (hors Bénin, Ghana, Nigeria et Togo). Sur place, le député investi en 2017, M. M’Jid El Guerrab, qui se représente, fait face aux conséquences de « l’affaire des coups de casque », dont le procès doit se conclure dans quelques jours, portés à Boris Faure (responsable PS de la fédération des expatriés en 2017) quelques jours après la première victoire d’Emmanuel Macron.

    Dès sa mise en accusation, M’Jid El Guerrab a été exclu du groupe LREM. Pourtant tout au long du mandat, il a continué d’évoluer dans les sphères de la majorité présidentielle, en incorporant le groupe AGIR de celle-ci. Ce petit jeu ne l’a pourtant pas protégé d’une investiture par La République en Marche. En effet, depuis plusieurs mois, les candidatures se succèdent.

    Si à la fin de l’hiver, on pensait la situation fixée avec la probable investiture d’Ahmed Eddarraz, depuis quelques jours le jeu semble de nouveau ouvert. Le Président de la République cherchant à élargir sa base électorale serait tenté de proposer l’universitaire Zineb El Rhazoui, proche du Printemps Républicain (formation laïque dont Manuel Valls est aussi lié). Cette universitaire franco-marocaine aux positions bien tranchées, plutôt classée parmi les soutiens à l’application d’une laïcité stricte, serait un pari risqué pour LREM. Ahmed Eddarraz prévient : « Investir Zineb El Rhazoui reviendrait à rajouter de la division à la division dans des pays de confession musulmane« , il reste donc confiant et a, déjà, entamé sa campagne.

    Avec 3 candidats possibles, le député actuel, la candidate potentiellement parachutée et le candidat « local », se réclamant de la majorité présidentielle, c’est la gauche unie qui risque de remporter le siège.

  • Legislatives : le premier sondage national

    Legislatives : le premier sondage national

    Pour l’heure, seul l’institut Harris Interactive établit à intervalles réguliers des sondages sur les intentions de vote aux législatives. Le dernier, paru mardi 3 mai 2022 et établi auprès de 2044 personnes inscrites sur les listes électorales, offre une grille de lecture intéressante au regard du jeu politique actuel.

    Alors, quel sort attend La République en Marche ? La gauche, déjà en partie unie, peut-elle remporter le scrutin ? Marine Le Pen et le Rassemblement national décrocheront-ils davantage de sièges qu’en 2017 ? Les Républicains parviendront-ils à conserver un nombre suffisant d’élus ? Ce que disent les tendances…

    Des hypothèses qui restent à définir

    Même si les hypothèses testées ne semblent, pour l’heure, pas correspondre à ce qu’il sera proposé aux électeurs les 12 et 19 juin prochains. En effet, la première configuration soumet des candidatures individuelles de chaque parti, de gauche comme de droite. Dans ce cas de figure, LREM arriverait en tête (24%), devant le RN (23%) et la France insoumise (19%). Or, LFI a scellé une union avec EELV et le PCF. Un cas de figure qui n’a pas été correctement testé par Harris Interactive.

    En cas d’union, les blocs sont au coude à coude

    En effet, la deuxième configuration proposée est celle d’une alliance de la gauche (LFI, EELV, PCF, PS), certes quasi-actée, qui ferait face à une alliance LREM/MoDem/Horizons/LR et à une entente RN/RECONQUETE/DLF. Si le premier groupement semble être en très bonne position pour être présent uni au 1er tour, aucune discussion entre LREM et LR n’a été engagée et n’est envisagée par la direction du second, tandis que le Rassemblement national réfute toute alliance avec le parti d’Eric Zemmour. Si ces cas de figure venaient toutefois à être établis, la gauche unie serait au coude à coude avec LREM/LR (33% chacun), devant l’extrême-droite (30%).

    La gauche peut être en tête

    Pour obtenir la photographie probablement la plus proche de la réalité du contexte politique actuel, il convient plutôt d’additionner les scores individuels des partis politiques. Ainsi, l’union PCF/EELV/PCF recueillerait 28 % des suffrages, contre 24 % pour LREM, 23 % au RN et seulement 8 % pour Les Républicains. Il ne s’agit là que de projections à un instant T et ne présage en rien des résultats finaux. Par ailleurs, l’étude ne porte que sur les intentions de vote au 1er tour des élections législatives. Aucune donnée sur le 2e tour n’est évoquée.

  • L’Allemagne, une puissance industrielle sous tension ?

    L’Allemagne, une puissance industrielle sous tension ?

    L’Allemagne se caractérise par la force de son industrie qui représentait, en 2021, 19,5 % du PIB, contre 13,5 % en zone euro (hors Allemagne). Si dans les autres pays, le poids de l’industrie a eu tendance à diminuer ces vingt dernières années, il s’est accru Outre-Rhin de deux points de PIB. L’emploi dans le secteur manufacturier a moins diminué en Allemagne que dans les autres pays de la zone euro. De 1998 à 2021, il est respectivement passé de 20 à 16,5 % de l’emploi total et de 18 à 11 %. Le solde de la balance commerciale industrielle atteint 8 % du PIB en Allemagne (2021), contre 0,2 % pour la zone euro (hors Allemagne).

    Au début des années 2000, l’Allemagne a ainsi opté pour une dérèglementation du marché du travail des services

    Depuis les années 1950, l’Allemagne a toujours mis en œuvre des politiques visant à conforter la puissance de son industrie. Le choix d’un mark fort en était une des illustrations. La réévaluation du mark permettait de réduire le coût des importations et de valoriser les exportations tout en obligeant les entreprises à se positionner sur le haut de gamme. Avec l’introduction de l’euro, les gouvernements allemands ont continué à favoriser l’industrie en recourant à d’autres outils. Au début des années 2000, l’Allemagne a ainsi opté pour une dérèglementation du marché du travail des services (mini-jobs, contrainte de retour à l’emploi pour les chômeurs). Elle a également mis en œuvre une baisse des cotisations sociales des entreprises tout en freinant les hausses de salaires, ceux des services restant nettement inférieurs à ceux de l’industrie. Le salaire par tête moyen est passé dans l’industrie de 1998 à 2021 de 28 000 à 49 000 euros quand celui des services est passé de 18 000 à 32 000. 

    L’Allemagne importe deux fois plus de biens intermédiaires que la France

    L’Allemagne a favorisé l’adoption de politiques libres échangistes qui lui permettent tout à la fois d’importer à moindres coûts et d’exporter à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Union. Les entreprises industrielles allemandes ont réduit leurs coûts de production en recourant aux importations de biens intermédiaires en provenance des pays d’Europe centrale. Les coûts de production de ces derniers sont 40 % inférieurs à ceux de l’Allemagne. Les importations en provenance de ces pays représentent 5 % du PIB en Allemagne, contre 3 % pour la zone euro (hors Allemagne). L’Allemagne importe deux fois plus de biens intermédiaires que la France. 

    L’Allemagne a fortement accru ses exportations vers l’Union de 1998 à 2007. Elles sont passées de 14 à 23 % du PIB. Après la crise financière, avec la stagnation de la zone euro, les entreprises allemandes ont privilégié les pays émergents. Les exportations en dehors de l’Union sont passées de 12 à 18 % du PIB entre 1998 et 2021. Depuis 2016, avec la fin de la récession en Europe, son poids au sein des échanges allemands est à nouveau en hausse. Il est passé de 20 à 22 % du PIB quand celui des exportations hors Union sont relativement stables. 

    L’industrie allemande a de forts besoins en énergie. Le choix opéré dans les années 1990 de recourir au pétrole et au gaz russes visait à disposer d’une énergie abondante à un prix relativement maîtrisé grâce à des contrats de long terme. Les importations russes de pétrole représentaient 30 % des importations totales en 2020. Les importations de gaz représentaient 65 % de la consommation de gaz et celles de charbon 46 % de la consommation totale de charbon. 

    A la différence de la France, la concentration du secteur bancaire est faible

    Afin d’assurer le financement de son industrie, l’Allemagne a maintenu un secteur bancaire important, décentralisé et comportant peu d’établissements systémiques. De nombreuses banques en raison d’un bilan modeste ne sont pas supervisées par la BCE, ce qui leur donne des marges de manœuvre supérieures. En 2021, l’Allemagne comptait 421 établissements bancaires de droit public dont 414 caisses d’épargne et 7 banques de Länder. Ces établissements jouent un rôle important dans l’animation et le financement des bassins d’emploi. Elles détiennent d’importantes participations dans les entreprises familiales. 

    A la différence de la France, la concentration du secteur bancaire est faible. En revanche, comme en France, le financement de l’économie allemande est essentiellement de nature bancaire, plus de 70 %.

    La transition énergétique met en difficulté son industrie automobile 

    Avec la guerre en Ukraine, l’Allemagne est confrontée à une augmentation importante des prix de l’énergie et des matières premières avec des risques de pénurie. Elle doit déjà faire face depuis le milieu de l’année 2021 à des goulets d’étranglement concernant un certain nombre de biens intermédiaires et à des augmentations de prix notamment dans le secteur des transports. La transition énergétique met par ailleurs en difficulté son industrie automobile qui est un des symboles de sa puissance industrielle. 

    L’Allemagne a besoin de maintenir la compétitivité de son industrie afin de préserver ses recettes d’exportation qui lui permettent de conserver des salaires élevés et de financer les dépenses de retraite. Les autorités allemandes ne peuvent donc pas se priver immédiatement du gaz ni du pétrole russes au risque de déstabiliser l’ensemble de leur économie.

    Construction de la nouvelle usine Tesla en Allemagne 27 Avril 2021 ©AP Photo/Michael Sohn

    En faveur d’une hausse des taux de la BCE 

    Le gouvernement allemand devrait, dans les prochaines semaines, peser de plus en plus en faveur d’une hausse des taux de la part de la BCE, son modèle reposant sur une inflation faible et sur une monnaie forte. Un euro fort lui permet d’importer les biens intermédiaires à bas prix et de vendre ses produits avec de fortes marges en dehors de l’Union européenne. La maîtrise des coûts passe par une rigueur salariale qui nécessite une inflation réduite. Les débats au sein de la BCE devraient donc tourner autour de ce sujet clef compte tenu des intérêts en jeu.