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  • Etat d’alerte dans les aéroports européens

    Etat d’alerte dans les aéroports européens

    Après la pandémie, les organismes privés comme publics chargés des zones aéroportuaires ont du mal à retrouver leur rythme de croisière. Avec que les flux grossissent à l’entrée de ce premier été aux restrictions anti Covid-19 minorées, l’état d’alerte est sonné dans les aéroports européens par les associations de voyageurs et les syndicats.

    Files d’attente, vols retardés, réception des bagages fastidieuse, risquent de nous accompagner tout cet été 2022 dans les aéroports européens. Ce mercredi 08 juin 2022, la direction générale de l’aviation civile française (DGAC) a demandé aux compagnies de réduire leur nombre de vols entre 7h00 et 14h00 jeudi 09 juin, alors que plusieurs aéroports européens ont récemment été confrontés à d’énormes difficultés de gestion des voyageurs en raison d’un manque de personnel.

    L’avant-goût britannique

    Annulations de vols, chaos dans les aéroports : début juin, les critiques pleuvaient au Royaume-Uni, dénonçant le manque de préparation du secteur aérien avant le jubilé de la reine Elizabeth II et une saison estivale qui s’annonce chargée.

    Le secteur aérien a été l’un des plus durement touchés par la pandémie de Covid-19, qui a cloué au sol une grande partie du trafic au fil des confinements et des restrictions au voyage, conduisant compagnies et aéroports à licencier des milliers d’employés.

    Terminal F de l’aéroport CDG en 2021 pendant la pandémie ©ADP

    Les compagnies étaient « mal préparées » à la reprise de la demande, a accusé le vice-Premier ministre, Dominic Raab sur Sky News mercredi alors que les voyages ont repris au quart de tour à l’approche d’une saison estivale libre de restrictions sanitaires. Et ce moment d’honnêteté du vice-Premier ministre britannique vaut pour les aéroports européens. ils sont tous confrontés aux mêmes problèmes : manque de personnel formé et habilité, trésorerie éprouvée par les deux derniers exercices empêchant une mise à niveau des dispositifs informatiques, etc. A Bruxelles, il manquait au premier juin 1200 employés, c’est plus du double sur les aéroports parisiens.

    Les syndicats mobilisés en France

    Pour FO au micro de BFMTV, « le chaos subi depuis plusieurs semaines par les salariés travaillant sur les nombreuses plateformes aéroportuaires en France et en Europe est intolérable ». Le syndicat estime à 15.000 le nombre d’emplois perdus en deux ans dans le secteur aérien en raison de la pandémie de Covid-19, ce qui aboutit à des « salariés pressurisés ».

    Ainsi ce jeudi 09 juin, L’ensemble des syndicats de l’aéroport de Roissy (CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa et SUD) appellent tous les salariés de la plateforme à se mobiliser pour réclamer une hausse de salaire de 300 euros « sans conditions, pour toutes et tous ». Au final, c’est un 1/4 des vols qui seront annulés. Un mouvement qui sera répété autant que fois que nécessaire précisent-ils !!! L’été s’annonce bien pour les voyageurs…

    Des voyages à mieux planifier

    Les directions des aéroports européens ont donc appelé les touristes à planifier au mieux leurs déplacements afin de permettre la meilleure anticipation des flux dans les zones aéroportuaires.

    Et coup de chance, il apparait déjà que le phénomène des réservations en dernière minute sera beaucoup moins prononcé cet été qu’il ne l’a été lors des vacances d’hiver ou de printemps. Le relâchement des mesures Covid-19 dans une bonne partie du monde a en effet poussé les réservations à la hausse.

    L’exemple marocain

    Et pourtant d’autres pays ont trouvé des solutions, comme le Maroc qui relancé son opération Marhaba. La version 2022 a débuté ce dimanche 5 juin 2022, au niveau de l’aéroport international Mohammed V de Casablanca, dans de bonnes conditions pour accueillir les Marocains résidant à l’étranger (MRE) permettant ainsi aux touristes d’être pris en charge par les équipes usuelles de l’aéroport. L’opération Marhaba, lancée sous l’égide de la Fondation Mohammed V pour la solidarité, a été entamée par l’arrivée de centaines de Marocains du monde.

    De même, une attention particulière a également été portée au renforcement des effectifs chargés de l’accueil et de l’orientation des passagers quelle que soit la nationalité. Ainsi, le centre de relations clients de l’Office reste opérationnel 24/24 et 7j/7 sur le numéro local 080 1000 224, le site internet www.onda.ma et les pages officielles sur les réseaux sociaux.

    La France qui compte désormais 3 millions d’expatriés dont 70% rentrent pendant la période estivale pourrait s’inspirer d’un tel dispositif.

  • Une convention fiscale libératrice pour les fonctionnaires français en Grèce

    Une convention fiscale libératrice pour les fonctionnaires français en Grèce

    Le 11 mai dernier, une nouvelle convention fiscale entre la France et la Grèce a été signée. Celle-ci vise à stopper la double imposition dont sont victimes de nombreux fonctionnaires français installés en Grèce, tels que les professeurs. Elle doit encore être ratifiée par les parlements nationaux pour une application au premier janvier 2023 ou 2024.

    “Nous sommes soulagés mais nous n’avons toujours pas le texte ! Nous attendons avec impatience de le lire” confie une professeur au lycée français Eugène Delacroix à Athènes. Depuis bientôt deux ans, les enseignants de cet établissement vivent l’enfer.

    Athènes. 20 décembre 2020. Les fonctionnaires de l’Éducation nationale reçoivent un curieux “cadeau de Noël” du fisc grec, à savoir un redressement fiscal d’un montant exorbitant, sur leurs revenus de l’année 2014. Serait-ce une erreur du fisc ? Il semble que non.

    Car si les professeurs français sont détachés par leur État et donc soumis à son imposition, ils sont également rattachés à la Convention fiscale bilatérale entre leur pays d’origine et leur pays de résidence, à savoir la Grèce. Or dans cette convention, qui date de 1963, plusieurs points prêtent à l’interprétation. D’un côté, il est déclaré que les revenus des fonctionnaires français sont imposables en France, mais pas “exclusivement”. D’un autre, l’article 21 du texte est différent entre la version française et hellénique car assujetti au droit local, et stipule que le pays méditerannéen peut imposer les Français sous réserve de retirer la somme déjà payée dans l’hexagone. Durant des années, la Grèce n’a pas imposé les résidents français en Grèce car elle avait la possibilité de ne pas le faire, et ne demandait pas à la France de lui transmettre leur fiche fiscale. Mais en 2014 tout s’est accéléré.

    L’échange automatique des données fiscales

    Le 15 juillet 2014, le Conseil de l’OCDE signe la Norme commune de déclaration (NCD/CRS) suite aux demandes des dirigeants du G20. Celle-ci tend à limiter les évasions

    fiscales, grâce à l’échange automatique des données financières et fiscales entre les juridictions. De fait, Paris a donc envoyé les informations concernant ses citoyens résidents à l’étranger aux pays d’accueil, dont la Grèce. Néanmoins, dans les documents fiscaux, l’administration française n’a pas inscrit les enseignants dans la case “source publique” comme cela aurait dû l’être, mais dans “autres revenus”. Or, d’après la convention bilatérale, il s’agit de ressources imposables en Grèce.

    Nous revoici en décembre 2020, au moment où les professeurs du lycée Eugène Delacroix découvrent cette erreur de la part de Bercy. Alors pourquoi leur terre d’accueil est-elle revenue à l’année 2014 précisément ? Car, le délai de prescription pour faire la demande est de six ans. Par ailleurs, entre les pénalités de retard et les taux de taxation importants en Grèce, les enseignants ont eu des relèvements élevés de 8000 à 20 000€ pour certains… Cerise sur le gâteau, ils avaient jusqu’au 31 décembre de la même année pour s’acquitter de leur redevance avant de voir leurs biens se faire saisir, comme l’avait révélé le journal Marianne en janvier 2021.

    Face à cette situation, les instituteurs ont tenté de saisir les autorités françaises et grecques, mais leurs cris d’alerte sont longtemps restés vains. Ils ont donc monté leur propre dossier, et sont “devenus de véritables experts en questions fiscales” a plaisanté avec amertume l’enseignante à Athènes, en février dernier. A cette date, la nouvelle convention fiscale bilatérale était censée être ratifiée par les deux pays. Mais c’est finalement trois mois plus tard, le 11 mai 2022 exactement, que les signatures libératrices ont été apposées. Si pour l’heure, le texte n’est pas encore disponible sur le site impots.gouv.fr, et n’a pas encore été validé par le Parlement français, nous pouvons nous attendre à ce qu’il le soit prochainement.

  • Voter aux législatives : le parcours du combattant ?

    Voter aux législatives : le parcours du combattant ?

    Les Français de l’étranger étaient appelés aux urnes en ligne du 27 mai au 01 juin et ce samedi 4 et ce dimanche 5 juin pour le premier tour du scrutin afin de désigner un de leurs onze députés. Si la participation fut encore décevante, les soucis techniques sont pointés du doigt. Mais ils ne furent pas les seuls, bulletins de vote absents et autres erreurs ont ponctué le scrutin, rien n’a été épargné à certains de nos compatriotes.

    Les bugs du vote par internet

    Dès le lundi 30 Mai, le ministère des Affaires étrangères reconnaissait que «des difficultés» avaient été observées «durant les premiers jours du scrutin». Parmi elles, l’impossibilité pour les électeurs de recevoir le code permettant de valider leur vote sur les adresses de messagerie Yahoo et AOL. «Ces difficultés ont empêché les électeurs concernés d’aller au terme de la procédure de vote», a indiqué le Quai d’Orsay dans son communiqué.

    Autre problème, le portail du vote sur Internet a été indisponible «entre 2h20 et 7 heures» dans la nuit du mardi 31 mai au mercredi 1 juin. «Une coupure du lien internet a empêché l’accès à l’ensemble des applications et sites du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, y compris le portail de vote par internet», peut-on lire sur le site du MEAE. Le problème a été résolu en début de matinée, soit quelques heures seulement avant la clôture du vote prévu à midi le 01 juin.

    Des SMS qui n’arrivent pas

    Dernier souci et pas des moindres, la transmission des mots de passe par SMS ! Ce fut un peu la loterie ! Selon le pays où vous avez souscrit votre abonnement téléphonique, vous n’aviez pas la même chance ou non de recevoir votre mot de passe pour vous connecter au portail de vote.

    Si l’on peut comprendre, vu la situation internationale, qu’en Russie seulement 20% des SMS ont été reçus, que dire pour le Bhoutan où seulement 1% des SMS ont été reçus, ou l’Algérie, pays dans lequel seulement 36% de nos compatriotes ont reçu leur mot de passe, sans parler des pays où le taux de délivrabilité fut de 0% (cf photo ci-dessous) ?

    Des bulletins non acheminés

    Après les bugs du vote par Internet, une photographie montrant le bureau de La Paz en Bolivie suscite l’indignation de nombreux internautes. Un seul bulletin, en faveur de la candidate Eléonore Caroit, investie par la majorité présidentielle, apparaît sur une table à l’intérieur du bureau de vote. Et ce ne fut pas le seul bureau sur ce continent.

    Bureau de La Paz le 05 juin 2022

    La cause ? Un problème d’acheminement des bulletins de vote des candidats dans ces bureaux. L’administration avait bien prévenu l’ensemble des candidats quelques jours avant, les invitant à faire parvenir par leurs propres moyens les bulletins. Seule la candidate de la majorité présidentielle aurait réussi ce tour de force. Les électeurs qui voulaient voter pour un autre candidat étaient invités à noter son nom et celui du suppléant à la main. Bien sûr une faute d’orthographe dans un des noms entrainait la nullité du bulletin !

    Une participation pourtant en progression

    Et malgré toutes ces embûches, la participation a progressé, pour atteindre 22,45%. Pour certains élus, la participation aurait pu dépasser les 30%, se rapprochant des normes de la métropole, sans les problèmes rencontrés sur le vote en ligne. Espérons que les leçons seront tirées pour le second tour ! Le clivage Renaissance/NUPES était bien marqué, la mobilisation devrait être plus forte ce 19 juin.

  • Platine Africa, une mélodie à la croisée des cultures

    Platine Africa, une mélodie à la croisée des cultures

    Sandra Nkaké est une artiste française d’origine camerounaise qui a créé un univers à la croisée des cultures. Avec sa voix puissante et singulière, elle envoûte ceux qui écoutent ses créations. Sa présence sur scène et dans la vie comme son magnétisme séduit tous les publics. C’est donc tout naturellement que Manu Dibango lui proposa, en 2020, de présenter la nouvelle émission de TV5MONDE Platine Africa. Malheureusement le brillant artiste nous quitta en 2021 avant d’avoir pu voir sa création se déployer avec talent grâce à Sandra Nkaké.

    L’interview de Sandra Nkaké

    Des concerts en live

    Le magazine musical de TV5MONDE, disponible sur TV5MONDEplus en replay, vous fait voyager et découvrir des artistes des scènes africaine et francophone ! Lors de chaque émission, trois invités, artistes confirmés ou issus de la jeune génération, se retrouvent au studio de l’Ermitage, à Paris, et interprètent, chacun, trois titres en live.

    Manu Dibango

    En bonus, vous découvrirez des vidéos inédites, l’actualité musicale et des trésors vinyles oubliés ou méconnus, petites pépites musicales retrouvées par deux spécialistes des platines : le journaliste Marc Maret et le DJ Freddy Jay. A chaque enregistrement, la salle accueille son public autour de tables disposées comme dans un maquis à Bamako. Dépaysement garanti et encore plus pour cette fête de la musique !

    Une émission spéciale fête de la musique

    Le studio voit se succéder durant 80 minutes les lives des artistes, et Sandra Nkaké recueille leurs confidences, leurs souhaits de projets futurs, leurs souvenirs de rencontres ainsi que leurs réactions à l’actualité musicale du moment. Le territoire des artistes sélectionnés s’étend au-delà de l’Afrique et passe par la diaspora, le bassin caribéen ou encore les territoires de l’Amérique du Sud, via toutes les communautés qui revendiquent une africanité.  Sandra Nkaké reçoit à cette occasion : ELEGANZA, LUCIBELA & LA CHICA.

    L’émission reçoit pour cette édition des personnalités fortes et vous réserve une petite surprise. Rencontrez avec nous Sandra Nkaké et découvrez l’émission musicale francophone de l’africanité sur TV5MONDE et TV5MONDEplus, la plateforme non géo-bloquée et gratuite.

    Tous les numéros de la saison 1 et 2 du magazine musical de TV5MONDE est disponible à tout moment et gratuitement sur TV5MONDEplus !

    https://www.tv5mondeplus.com/login
  • Europe : chargeur universel pour les smartphones

    Europe : chargeur universel pour les smartphones

    Le Parlement européen réclamait la mise en place d’un chargeur universel pour les smartphones (le port USB type-C) depuis plus d’une décennie… Ce 7 juin, un accord a été trouvé par les co-législateurs européens. Cette mesure devrait rejoindre les « success story » industrielles à l’européenne – comme la fin du « roaming » dans le domaine des communications téléphoniques ou l’introduction du Règlement général sur la protection des données (RGPD), pour mieux protéger les données personnelles des Européens.

    Des avancées majeures, en particulier pour les expatriés qui ont tiré de nombreuses économies avec la fin du roaming en Europe par exemple.

    Objectif : réduire les déchets

    L’objectif de cette nouvelle directive européenne est simple : qu’il ne soit plus nécessaire d’acheter un nouveau chargeur lors de l’acquisition d’un nouveau smartphone, appareil photo, tablette, écouteurs, haut-parleurs portables ou consoles de jeux vidéo portables et que tous les appareils puissent être rechargés grâce au même dispositif. Les ordinateurs portables seront, eux, concernés par les nouvelles règles 40 mois après l’entrée en vigueur de la directive.

    Apple dans le viseur

    Tous les négociateurs étaient favorables à l’idée d’introduire un chargeur universel, au grand dam des géants du numérique (Apple en tête), et les pierres d’achoppement entre les co-législateurs étaient peu nombreuses. Quelques détails techniques devaient être réglés en ce début d’année, rien de très « politique » n’était en jeu, les chefs d’Etats européens ayant donné leurs accords dès le mois de janvier.

    Selon le commissaire européen responsable du Marché intérieur Thierry Breton, c’est en effet bel et bien « l’intérêt général de l’UE qui a prévalu ». Les consommateurs européens pourront aussi choisir, au moment de l’achat, s’ils ont besoin ou non d’un nouveau câble pour charger leur appareil.

    Mise en application fin 2026

    Le texte, qui doit encore être formellement validé par le Conseil de l’UE et le Parlement européen (probablement en septembre) et qui s’appliquera 24 mois après sa publication au Journal officiel de l’Union européenne (JOUE), n’est pas parfait pour autant : il ne couvre pas les appareils qui peuvent se charger sans fil. Le Parlement européen avait donc invité l’exécutif européen à « présenter une stratégie d’ici à la fin 2026 garantissant un niveau minimum d’interopérabilité pour toutes les nouvelles solutions de chargement ».

    « Pour que cette technologie [la recharge sans fil, ndlr.] puisse se développer sur le marché pour davantage d’appareils, la Commission travaillera à l’harmonisation de la recharge sans fil pour les appareils radioélectriques ainsi qu’à l’interopérabilité, sur la base des développements technologiques »

    Le Conseil de l’UE dans un communiqué.

    Une nouvelle occasion pour les industriels et les politiques de négocier !

    Et hors d’Europe

    Pour ceux qui vivent hors d’Europe, une question se pose. Est-ce que mon smartphone sera compatible avec ce nouveau chargeur ? Dans la plupart des cas, la compatibilité sera assurée grâce au choix de la technologie déjà répandue, le port USB-C !

    USB est un acronyme composé des premières lettres de trois mots de langue anglaise : Universal Serial Bus. Autrement dit un « bus de série universel », le « bus » en question ici étant un bus informatique, c’est-à-dire un dispositif permettant de transférer des données.

    Dans le langage courant, ce terme désigne notamment des ports informatiques qui peuvent figurer sur votre ordinateur ou un chargeur secteur (souvent de type « A ») ou sur votre téléphone (souvent de type « micro-B » ou « C »). C’est aussi une manière de désigner le câble, équipé de ces ports, qui permet de relier plusieurs appareils entre eux ou de les recharger.

    Pour ceux détenant un smartphone dont les fabricants garderont, hors de l’Union européenne, leur propre technologie, on pense ici bien sûr en premier à Apple, il faudra alors penser à acquérir avant de partir ou sur place un adaptateur comme il en existe de nombreux sur le marché.

  • Internet, la fin de la liberté ? 

    Internet, la fin de la liberté ? 

    Le gouvernement de Boris Johnson a présenté un projet de loi sur la sécurité en ligne, visant à réguler le secteur du numérique. Ce texte constitue une véritable rupture pour le Royaume-Uni dans le sens où il impose des règles peu libérales. Le gouvernement estime que les grandes plateformes sont incapables de s’autoréguler et que seule la contrainte peut garantir les droits des Britanniques. En cas de non-respect des règles édictées, les entreprises concernées pourraient subir des amendes représentant jusqu’à 10 % de leurs chiffres d’affaires mondiaux ou être interdites d’exercer leurs activités sur le territoire britannique. 

    De nouvelles sanctions

    Le champ du projet de loi est très large. Pourront donner lieu à des sanctions contre les hébergeurs, les plateformes, les réseaux sociaux, un grand nombre de contenus allant des menaces de mort aux thèses complotistes, en passant par les publicités frauduleuses. Certains contenus sont déjà considérés comme illégaux, d’autres seront placés dans une nouvelle catégorie regroupant des actes « légaux mais nuisibles». 

    La liste des actes, des propos, des textes concernés, sera fixée par le gouvernement. Les entreprises du digital seront amenées à supprimer par les moyens appropriés les contenus illégaux et ceux pouvant porter atteinte à la bonne réputation. Compte tenu de l’ampleur des sanctions potentielles, les entreprises seront incitées à bloquer tous les contenus controversés de manière automatique, à charge aux auteurs de prouver leur légalité. 

    Ces mesures présentent un risque d’arbitraire non négligeable. Ce texte comme ceux qui ont été adoptés au sein de l’Union européenne peuvent remettre en cause la liberté d’expression. 

    le risque de la surréglementation

    Internet, après avoir été un espace de liberté sans limite, tend donc de plus en plus à être surréglementé. La régulation n’empêche pas des officines, des organisations mafieuses, d’infiltrer la toile pour développer des thèses complotistes ou pour proposer des produits ou services illicites. Devenu le premier des médias et un lieu d’influence sans nul pareil, la question de sa réglementation préoccupe de plus en plus les autorités. 

    L’épidémie de Covid avec le développement des contenus anti vaccination et la guerre en Ukraine mettant en lumière les pratiques de certaines organisations russes, ne font qu’accentuer la pression sur les plateformes et réseaux pour contrôler et censurer. 

    En parallèle, les autorités devraient veiller à faciliter les possibilités pour les Internautes de contester les décisions des entreprises numériques et de faire prévaloir également leurs droits quand ils font l’objet de propos calomnieux.

  • Les premières épreuves du bac en demi-teinte

    Les premières épreuves du bac en demi-teinte

    Les premières épreuves du baccalauréat ont commencé depuis début mai. Si dans l’ensemble tout s’est bien passé, quelques désagréments ont été notés.

    Rappel de l’organisation

    Chaque année, environ 500 000 candidats se présentent aux épreuves du bac général et technologique en France métropolitaine. Mais également 30 000 tentent leur chance depuis des lycées français situés à l’étranger ou dans les DROM et collectivités d’outre-mer (les anciens DOM-TOM).

    Les dates des épreuves ne sont pas les mêmes partout, certains centres étrangers étant situés dans l’hémisphère Sud (la Nouvelle Calédonie par exemple) organisent les épreuves du bac en novembre ou d’autres en avril (Pondichéry par exemple). Le tableau ci-dessous vous donne une idée des dates du passage du baccalauréat dans différents centres français :

    DateLieu
    Début avrilInde (Pondichéry)
    Fin maiAmérique du Nord (Etats-Unis, Canada)
    Début juinLiban (Beyrouth)
    Début juinPolynésie
    Mi-juinAntilles-Guyane (Matinique, Guadeloupe…)
    Mi-juinMétropole
    Mi-juinAsie (Japon, Chine, Hong-Kong…)
    Mi-juinAfrique (Maroc, Côte d’Ivoire, Dubaï…)
    Mi-juinLa Réunion
    Mi-novembreNouvelle Calédonie
    Mi-novembreAmérique du Sud (Brésil, Uruguay, Chili…)

    Quelles épreuves ?

    Les épreuves terminales englobent le français écrit (coefficient 5) et oral (coefficient 5) de fin de première, la philosophie, les deux épreuves de spécialités poursuivies en terminale et le grand oral. Elles représentent 60 % de la note finale du bac.

    Retrouvez-ci dessous le détail des épreuves de fin de terminale.

    Épreuves de spécialité

    Les élèves sont évalués sur les 2 spécialités conservées en terminale. Chacune des 2 épreuves est dotée d’un coefficient 16. Cela représente donc 32 % de la note finale (sur les 60 % de contrôle terminal).

    Le grand oral

    Le grand oral est noté coefficient 10 en filière générale et coefficient 14 en filière technologique.

    Il se déroule sur 40 minutes :

    • 20 minutes pour préparer la réponse à votre question ;
    • oral de 20 minutes comprenant 5 minutes d’exposé, 10 minutes d’entretien entre le jury et le candidat autour du sujet sélectionné, et enfin 5 minutes de discussion sur le projet d’orientation du candidat.

    Épreuve de philosophie

    Elle est notée coefficient 8 pour le bac général et 4 pour le bac technologique. Lors de cette épreuve écrite, les candidats ont 4 heures pour traiter l’un des trois sujets proposés. Ils auront le choix entre deux dissertations et une explication de texte dont l’auteur figure au programme.

    Les différentes spécialités sont :

    • Arts

    • Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques

    • Humanité, littérature, philosophie

    • Littérature et langues et cultures de l’Antiquité

    • Langues, littératures et cultures étrangères et régionales

    • Mathématiques

    • Numérique et sciences informatiques

    • Physique-chimie

    • Sciences économiques et sociales

    • Sciences de l’ingénieur

    • Sciences de la vie et de la terre

    La plupart de ces épreuves se sont déroulées en mai pour les élèves expatriés qui suivent le rythme de l’hémisphère nord soit plus de 70% des inscrits dans un établissement AEFE.

    Un travail partagé entre l’établissement à l’étranger et son académie de rattachement

    « Tout s’est passé sans aucun couac » assure Christophe Gallais, le proviseur du lycée français de Murcia en Espagne, et coordinateur du réseau de la Mission laïque française en Espagne qui comptabilise dix établissements. Sur les épreuves des capacités expérimentales et de langues, les élèves ont débuté leur baccalauréat sans anicroche.

    De plus, il affirme que la répartition du travail entre les correcteurs et l’Académie de Toulouse, à laquelle sont rattachés les établissements français d’Espagne, a été « particulièrement bien pilotée par l’assistante du lycée de Madrid ». Effectivement, grâce à la dématérialisation du baccalauréat à l’étranger, les copies des bacheliers ont pu être distribuées entre les professeurs de manière fluide et efficace. Pour information/rappel, chaque établissement à l’étranger est attaché à une académie en France.

    Le proviseur s’attend donc à ce que l’examen de philosophie de ce jeudi 9 juin, et le grand oral la semaine du 20 juin, se dérouleront sereinement.

    Des inégalités entre les élèves

    Adrien Guinemer, conseiller hors de France chez l’UNSA Éducation, partage le sentiment du bon déroulement des premières épreuves. Cependant, il note plusieurs difficultés et inégalités entre les élèves.

    D’un côté, en Asie du Sud-Est et en Turquie, les lycéens ont déjà passé leur grand oral. Soit plusieurs semaines en amont de tous les autres élèves français, et autant de semaines en moins pour le préparer. De plus, Adrien Guinemer déplore que les candidats ont passé leur grand oral en visio car les examinateurs ne se sont pas rendus sur place.

    Par ailleurs, comme l’a spécifié Mehdi Benlahcen, conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger pour la péninsule ibérique, la réforme du baccalauréat a créé d’autant plus d’inégalités. Dans un souci de vouloir faire des économies sur l’organisation de l’examen, les épreuves n’ont pas été étalées sur une semaine entière avec une matière par jour, mais en trois jours pour l’ensemble des matières. Ainsi, les participants ont pu avoir des sujets différents pour une même matière. Il y a donc eu plusieurs écueils pour les élèves, mais également pour les correcteurs qui doivent corriger des sujets différents pour la même unité d’étude.

    Enfin, Adrien Guinemer regrette le manque de corrigés types pour les sujets zéro. Selon le conseiller UNSA Éducation, les enseignants ont maintes fois demandé ces corrigé afin de préparer au mieux leurs étudiants en fonction des attentes du ministère de l’Éducation nationale, en vain. Comme l’a soutenu Cécilia Gondard, conseillère pour les Français au Benelux, les futurs bacheliers étaient donc assez anxieux à l’approche de l’examen final.

  • Benjamin Mendy, le footballeur français expatrié à Manchester, est accusé de 8 viols

    Benjamin Mendy, le footballeur français expatrié à Manchester, est accusé de 8 viols

    Le défenseur expatrié à Manchester City, Benjamin Mendy, déjà accusé de sept viols, une tentative de viol et une agression sexuelle, a été accusé d’un nouveau viol par une autre femme, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

    Il y a neuf jours, le joueur de 27 ans avait plaidé non coupable de tous les faits qui lui étaient reprochés par six femmes.  Mais une autre accusation de viol, portée par une autre femme avait été ajoutée à la liste, le juge présidant l’audience ayant ordonné à la presse de ne pas l’évoquer jusqu’à la levée de cette interdiction intervenue mercredi. Mendy, qui n’avait pas encore formellement été notifié de ce nouveau chef d’accusation, n’a pas encore eu à se prononcer sur sa défense.

    Les dix chefs d’accusation portés contre lui concernent des faits qui se seraient déroulés entre octobre 2018 et août 2021 à son domicile de Prestbury, dans le Cheshire.  Le joueur comparaîtra devant un tribunal avec jury le 25 juillet, au côté d’un co-accusé, Louis Saha Matturie, 40 ans, sans rapport avec l’ancien footballeur Louis Saha. Poursuivi pour huit viols et quatre agressions sexuelles sur huit femmes entre juillet 2012 et août 2021, ce dernier a également plaidé non coupable.  Après plusieurs mois en détention provisoire, le champion du monde de 2018 avait été libéré début janvier et placé sous contrôle judiciaire, dans l’attente de son procès qui doit s’ouvrir le 25 juillet.  

    Un espoir déchu

    L’affaire avait démarré fin août 2021 quand le club de Manchester City avait annoncé la suspension du joueur, sous contrat jusqu’en juin 2023, sans autre explication. La justice anglaise avait ensuite rapidement annoncé que le joueur avait été placé en détention provisoire après avoir été accusé de quatre viols et d’une agression sexuelle, par trois femmes dont une mineure. D’autres inculpations s’étaient ensuite ajoutées.  Formé au Havre, révélé à Marseille et ayant passé une saison par Monaco, Benjamin Mendy était devenu le défenseur le plus cher de l’histoire en 2017 quand les Citizens avaient déboursé 52 millions de livres (environ 61,4 millions d’euros au cours actuel) pour s’attacher ses services.

    A son arrivée au City, il était considéré comme l’un des grands espoirs français et mondiaux au poste d’arrière gauche. Mais la carrière du joueur de 27 ans a été freinée depuis quatre ans par des blessures et le joueur n’a jamais réellement justifié les espoirs placés en lui.

  • Société dévote et finance quantique

    Société dévote et finance quantique

    Dieu est mort, cela fait bien longtemps, du moins en Europe. Il résiste ailleurs, dans le monde musulman, aux Amériques, en Afrique, en Inde, alors qu’en Chine, sous l’égide du Parti communiste, les Turbans rouges révèrent le nouvel Empereur. 

    Le conflit entre les anciens et les modernes

    Partout, le combat entre la modernité et les religions s’exacerbe. Il se voit violemment dans le monde musulman. Mais le conflit entre les anciens et les modernes se perpétue au cœur de la civilisation de la modernité par excellence : la nôtre, celle qui a installé le progrès comme sens de l’Histoire. Le bien-être réduit à la consommation, elle se lasse. Usée par la compétitivité, des loisirs répétitifs, elle doute. Les manifestations tournent sur les ronds-points, la compassion s’affiche, maquillée, à tous les étages des télévisions. 

    Reconnaitre à l’idole des droits supérieurs à ceux du quidam.

    Avant la chute du communisme, la religiosité animait une quête de l’homme nouveau, parfois par le massacre. Aujourd’hui, la « Nation » revient à la mode. Face à elle, la « Planète » fait le procès du progrès. Nation, planète : deux quêtes identitaires, sociétales, profondément conservatrices, mythiques, idolâtres. Reconnaitre à l’idole -Dieu, Nation, Peuple, Planète, tous en majuscule- des droits supérieurs à ceux du quidam. 

    Pauvres droits de l’Homme ! La religion placardisée, la société reste dévote. Le besoin d’appréhender l’invisible continue d’animer ce gigotement intérieur qui saisit tout un chacun dans le métro ou un aéroport.

    Agiter un drapeau dans les temples où s’entassent des milliers de supporters, pleurer pour la planète jusqu’à l’anorexie ; la déification est partout, parallèle au fétichisme des identités, religions, nations, marques, objets, opinions.

    Trois façons de saisir l’invisible : la parole, l’art, la monnaie

    Or, s’il existe mille façons de saisir l’invisible, il y en a trois majeures : la parole, l’art, la monnaie.

    A regarder l’usage de la parole, deux transformations radicales aveuglent. La première est que l’écriture est universelle. Cette disposition, en rien naturelle, devient banale. Jamais il n’y eut tant de scribes. A tel point que l’oralité revient, par l’image. Il n’est pas impossible que l’écrit, aujourd’hui vainqueur, disparaisse. L’écran chassera-t-il l’écrit ?

    Le deuxième phénomène est celui d’une novlangue universelle, l’anglais. Le sabir impérial fera bientôt de l’anglais un sous dialecte régional du Globish. Ce n’est pas rien, pour l’humanité, d’avoir une langue mondiale. Ce n’est pas rien non plus d’avoir une langue dénaturée.

    Mozart vivait sur une planète de moins d’un milliards d’habitants, en majorité analphabètes. Sur sept milliards, combien de Mozart? La déstructuration bourgeoise de l’art classique a implosé toutes les disciplines. « En avant ! c’est le mot du Progrès; c’est aussi le cri de l’Art. Tout le verbe de la Poésie est là. Ite. », écrit Hugo à Baudelaire. Ite, en avant, a recouvert les continents. Partout du graphisme, de l’image, des éclairs, des queues, des musées, des concerts, des écouteurs, des hangars en Suisse en guise de coffre-fort, des NFT Warholiennes en néomonnaies. Ite ? Un en avant multidimensionnel, multiversel. D’où la difficulté à retrouver le sens du progrès : dans un monde à n dimensions, quand on progresse, où va-t-on ? 

    Par ici la monnaie ! Par là, par là bas. L’extraordinaire invention n’en finit pas de transmuter. Chaque dollar, en plusieurs avatars, se multiplie et disparait : le monde de la finance est quantique. Contrairement aux enseignements classiques, les monnaies vivent leur vie. Dépendent-elles des banques centrales, droguées au Quantitative Easing, du shadow banking de quelques opérateurs, du financement des dettes publiques, du besoin de garantie des banques commerciales, la monnaie se comporte déjà comme des particules, avec ses incroyables intrications, apparitions et disparitions subites. Avec ses ottomanies, la livre turque a perdu 75% de sa valeur. 275 millions de Chinois paient en e-yuans, et sourient, ils sont filmés par leurs achats. Monnaie flash.

    Posséder un pixel estampillé de la Joconde, c’est déjà du passé. Token, cryptomonnaies, NFT gravitent. Facebook se veut champion du Metavers, mais dévisse en bourse d’un quart de sa valeur : 200 milliards. Peuchère ! Google, en face, pulvérise les records de profit : 270 milliards de dollars, plus que le déficit annuel de la France. Les « valeurs », espèces volatiles, varient comme elles n’ont jamais varié. Qu’est ce qu’une valeur ? Ce dont la valeur varie.

    Cela s’explique par l’incertitude du regard. Le prix du pétrole était négatif il y a dix-huit mois. Il est à près de 100$. Le fret aérien explose, les terres rares s’envolent, les profits des banques, ruinées en 2008, agacent. Sur quoi va-t-on poser le regard ?

    Le marché des jeux vidéo pèse plus de 300 milliards de $. Les échanges d’or « physique » seulement 90 milliards de $. Mais les échanges d’or « papier », plus de 10.000 milliards de $. Un ciel couvert d’étoiles. 11% des Français, pour la plupart de moins de trente cinq ans, possèdent des cryptomonnaies, bien plus que de Français actionnaires de « vraies » entreprises.

    Le métier de chacun en est changé, personne n’y échappe. Devient sacré ce que chacun adule, et, de suite, recueille puissance et pouvoir. Et peut le perdre, en un instant. Ce qui demeure, c’est la gloire, la quête d’une renommée universelle.

    Ces mouvements chaotiques s’expliquent moins par la mort de Dieu que par la dévotion de la société pour elle-même. Chacun se mire, participe aux mirages de « sa communauté » (mondiale, écologique, nationale, musicale, sexuelle, etc.). L’identité se forge et se déforme par cette aliénation : sentiment d’appartenance à on ne sait quoi. Chacun se façonne des opinions que l’on porte sur lui, des jugements qu’il est censé porter. Fonction de la mode morale commune, changeante, d’une certaine idée, passagère, du bien : les « prix » – coûts, salaires, allocations, subventions, plus-values, gains et pénalités- dépendent d’autant de « jugements » de valeur. Cours de bourse ou fiches de paie sont liés aux codes amoureux, judiciaires, sanitaires, certificats en vigueur momentanées. Dans ces mille mondes de censeurs, juges, coupables, le regard de la méduse réifie.

    Epuisante démarche, qui se discipline par une nouvelle introduction à la vie dévote, sur la route de « biens » multiples : biens matériels, statuts sociaux, biens moraux, il faut tenir son rang. Tenir ses pensées, avis, réactions, photos, publiques, sur Facebook, Instagram. Tous les jours, les informations, devenues mondiales, imposent un exercice de dévotion, un jugement moral, aussi personnel qu’un jean, que l’on sait exposable. Le modèle chinois de reconnaissance faciale et de carnet citoyen est déjà dans les têtes occidentales. 

    La dévotion, chez les anciens, était une malédiction : on vouait aux dieux infernaux des êtres humains, généralement, des adversaires. Parfois, on se dévouait soi-même. Le culte du moi est immolation sociale, parce que le culte social est sacrifice de soi. Au culte du moi correspond le culte de l’autre, mais un autre moi, désincarné, supposé, figuré. A l’amour du prochain succède l’amour du double.

    Jeff Bezos, nouveau Crésus du monde,  avec Altolabs, une société de biologie, a levé trois milliards de dollars pour travailler sur le rajeunissement cellulaire, premier pas vers l’immortalité. Dieu est mort, mais Amazon investit dans la vie éternelle. De quoi se plaint-on ?  Quelle est la capacité de crédit d’un immortel ?

  • Hôpital, sécurité sociale, passe sanitaire : que propose la NUPES ?

    Hôpital, sécurité sociale, passe sanitaire : que propose la NUPES ?

    Alors qu’Emmanuel Macron a promis une « mission d’information flash » pour sortir l’hôpital de la crise, décryptage du programme santé de la nouvelle coalition de gauche (NUPES) pour les élections législatives avec déjà des points de divergence.

    Sauver l’hôpital public : deux partis, deux visions. Du côté de la majorité, Emmanuel Macron a annoncé en début de semaine lors d’une visite au centre hospitalier de Cherbourg (Manche) le lancement d’une courte mission d’information. Le but ? Identifier d’ici au 28 juin « de premières solutions opérationnelles pour faciliter l’accès aux soins urgents et non programmés, partout en France ».

    A gaucheJean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise (LFI), a déclaré vouloir « réquisitionner le secteur privé de la santé » mercredi (25 mai) à Strasbourg, s’il accédait à Matignon.

    Pour rappel, M. Mélenchon ambitionne de devenir Premier ministre en cas de victoire de la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (NUPES) lors des élections législatives qui auront lieu les 12 et 19 juin prochains.

    Une semaine avant, le jeudi 19 mai, l’ancien candidat à la présidentielle avait dévoilé le programme de la NUPES. Au chapitre santé, deux axes majeurs : faire face aux futures pandémies et reconstruire les établissements publics de santé.

    100% Sécu : le point de discorde

    Au chapitre sécurité sociale, la mesure phare de la nouvelle coalition de gauche est de mettre en place le « 100 % Sécu », soit le remboursement à 100 % des « soins de santé prescrits » et l’intégration des « complémentaires santé dans la Sécurité sociale », peut-on lire dans le programme.

    Mais cette première proposition ne fait pas l’unanimité au sein des partis de la coalition, qui comprend notamment le Parti socialiste (PS), Europe Écologie-Les Verts (EELV), la France insoumise (LFI) et le Parti communiste français (PCF).

    La mesure trouve son origine dans les programmes à l’élection présidentielle de Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Fabien Roussel (PCF). Pas ceux d’Anne Hidalgo, ni de Yannick Jadot.

    Si le PS et EELV soutiennent le remboursement à 100 % des soins prescrits, ils souhaitent que « cela se fasse sans intégration des complémentaires santé dans la Sécurité sociale », précise le programme de la NUPES.

    Précision du PCF : le parti souhaite que « les complémentaires santé puissent se concentrer sur des missions de prévention et de gestion de centres de santé ».

    Recruter du personnel pour les Ehpad et l’hôpital

    Le système de santé français, et plus particulièrement l’hôpital public, au bord de l’implosion, est au cœur de tous les débats de la campagne législative. 120 services d’urgences ont dû fermer ou réduire leur capacité d’accueil, selon l’association Samu-Urgences de France (SudF).

    Les partis de la NUPES sont unanimes : il faut plus de soignants, et plus précisément 100 000 pour renforcer les effectifs à l’hôpital, selon le programme.

    Même ambition pour les Ehpad : le recrutement de 240 000 personnels. Quatre mois après le scandale des Ehpad Orpea, et malgré le plan de contrôle des maisons de retraite lancé par le gouvernement en mars dernier, le sujet est toujours d’actualité. Ce vendredi 3 juin, les salariés du groupe sont appelés à faire grève contre le non versement d’une prime d’intéressement.

    Dans la continuité de l’accès aux soins, la question des déserts médicaux est un cheval de bataille de la coalition de gauche : création de centres de santé, embauche de médecins salariés, suppression du numerus clausus, mobilisation de la médecine libérale et hospitalière ou encore obligation temporaire d’installation. En résumé, la NUPES souhaite « actionner tous les leviers » possibles.

    Se préparer face aux futures pandémies

    Alors que la crise de Covid-19 semble doucement s’éloigner, la NUPES a prévu un plan d’action dans son programme pour lutter contre les futures pandémies, à commencer par un « plan de prévention et d’adaptation » respectueux des « libertés fondamentales ». Comprendre pas de vaccination obligatoire, mais des politiques « ‘d’aller vers’ qui favorisent l’accès à la vaccination ». 

    Idem pour le passe sanitaire qui ne sera plus obligatoire, mais remplacé par un « nouveau dispositif de gestion des crises sanitaires », indique le programme sans donner plus de précisions.

    La levée des brevets sur les vaccins et les médicaments, jusqu’ici refusée par Emmanuel Macron, fait également partie des propositions.

    Enfin, la coalition de gauche souhaite mettre en place un « pôle public du médicament » afin notamment d’éviter les pénuries, de contrôler les prix, de garantir la transparence sur la recherche et le développement et pouvoir produire et distribuer « massivement » des vaccins en cas d’urgence sanitaire.

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