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  • Algérie : la Basilique de Notre-Dame d’Afrique a feté ses 150 ans

    Algérie : la Basilique de Notre-Dame d’Afrique a feté ses 150 ans

    Construite à Alger entre 1858 et 1872, la  basilique Notre-Dame d’Afrique, dont le nom a été choisi par  Mgr Lavigerie en rapport avec l’existence d’un sanctuaire dédié à Sainte Marie d’Afrique dans la ville espagnole de Ceuta, a célébré ses 150 ans. 

    Une basilique catholique

    La basilique Notre-Dame-d’Afrique est l’une des basiliques mineures de l’Église catholique. Elle est située dans la commune de Bologhine, à l’ouest d’Alger, sur un promontoire dominant la mer de 124 mètres d’altitude.

    Elle a été construite par l’architecte Jean-Eugène Fromageau dans le style romano-byzantin, et consacrée le 2 juillet 1872. La basilique est classée sur la liste des biens culturels algériens comme monument historique depuis le 12 septembre 2012.

    L’extérieur est caractérisé par un haut dôme, fixé sur un tambour cylindrique. Cette basilique a la particularité d’avoir l’abside au sud-ouest, plutôt qu’à l’est comme d’habitude.

    Intérieur de la basilique lors d’une célébration de Noël

    Des religieuses décidées

    Les Chrétiens ont connu en Afrique du Nord une grande et rapide extension, dès les premiers siècles de l’ère chrétienne. Ils furent à plusieurs reprises persécutés à mort par les fonctionnaires romains. Leur souvenir est parvenu jusqu’à nous et se retrouve en cette basilique. Il y eut parmi eux de grands penseurs dont le plus célèbre est Saint Augustin, évêque d’Hippone (Annaba). Il reste de cette époque, en Afrique du Nord, de nombreux vestiges : mosaïques, ruines d’églises, inscriptions.

    Sous la pression musulmane, peu à peu, les Chrétiens disparurent. Pendant la période ottomane, du 17ème au 19ème siècle, des Chrétiens, surtout européens, étaient présents sur le littoral d’Afrique du Nord, comme consuls, commerçants, esclaves, prisonniers de guerre, ou religieux. Une vingtaine de ces derniers se succédèrent comme représentants de l’autorité de l’Église Catholique romaine auprès de ses fidèles.

    Lors de la colonisation en 1830, la présence chrétienne reprit : Français, Espagnols, Italiens, Maltais, Mahonnais… si bien que le Pape Grégoire XVI, érigea le 9 août 1838 , pour toute l’Algérie, un évêché dans la ville d’Alger (ancien Icosium).

    Le premier évêque nommé fut Antoine-Adolphe Dupuch. Il travailla à l’installation d’églises et de paroisses chrétiennes de 1838 à 1846. C’est lui qui acquit, grâce à la générosité de jeunes filles lyonnaises, une statue de bronze, nouvellement créée, sous le vocable de la Vierge Fidèle, qui allait devenir quelques années plus tard, Notre-Dame d’Afrique.

    Succède à Mgr Dupuch en 1846, Mgr Louis-Antoine-Augustin Pavy (1846-1866). Il venait de Lyon où, prêtre de paroisse, il dirigeait spirituellement deux jeunes femmes : Margarita Bergesio (émigrée italienne qui francisa son nom en Agarithe Berger) et Anne Cinquin. Célibataires, elles s’occupaient d’œuvres caritatives et elles avaient l’habitude de fréquenter le pèlerinage lyonnais de Notre-Dame de Fourvière. Elles suivirent Mgr Pavy à Alger pour s’occuper de la lingerie et de l’infirmerie du séminaire établi dans la vallée des Consuls, où l’évêque avait sa résidence.

    Les lieux sont très accidentés, adossés à la montagne de la Bouzareah et creusés de profonds ravins, avec une végétation de pins, de vieux oliviers et d’épineux. Dans leur piété, ces deux demoiselles installèrent une statuette de Marie dans le creux d’un vieil arbre, au fond du ravin tout proche. Très vite les chrétiens de St Eugène (Bologhine) y vinrent en pèlerinage. On appela ce lieu, tout naturellement, Notre-Dame du Ravin.

    Mais cela ne suffisait pas à ces deux femmes, qui insistaient auprès de l’évêque pour qu’il construise une vraie église comme à Fourvière. Mgr Pavy hésitait par manque d’argent. Mais parce que « ce que femme veut, Dieu le veut », il prit sa décision le 8 décembre 1854, à l’occasion de la proclamation par le Pape Pie IX du dogme de l’Immaculée Conception de Marie. Très vite un comité fut mis en place, un architecte trouvé, un terrain bien situé, acquis. Un nom s’imposa : Notre-Dame d’Afrique, parce qu’on avait conscience qu’Alger s’ouvrait sur l’immense continent.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • L’Institut français de Londres a accueilli le débat du second tour des législatives 2022

    L’Institut français de Londres a accueilli le débat du second tour des législatives 2022

    Ce lundi 13 juin 2022, le Grand Débat a eu lieu à l’Institut Français de Londres entre les deux candidats du 2ème tour de la législative de la circonscription Royaume-Uni-Scandinavie-Pays Baltes, Alexandre Holroyd (Ensemble) et Charlotte Minvielle (NUPES). Il a été animé par Bénédicte Paviot, correspondante de France 24 et Éric Albert, correspondant du Monde. Nous l’avons diffusé sur YouTube et il sera rediffusé en radio. 

    Le débat était divisé en plusieurs thèmes. La société française, l’économie, l’environnement, l’Europe, la relation franco-britannique et les Français de l’étranger. 

    Des différences sur les sujets nationaux

    Pendant le débat nous avons pu voir que les deux candidats avaient des divergences sur les différents thèmes. La candidate de la NUPES, Charlotte Minvielle, a évoqué “l’inaction climatique du quinquennat précédent” en disant que la France a été condamnée sur ce sujet-là. Les violences faites aux femmes ont également été mentionnées. “Sur les violences sexistes, une lycéenne a interpellé le Président de la République qui a refusé de lui répondre. Elle a ensuite reçu une visite de la police. Cela démontre la place que LREM donne à la parole des femmes et des jeunes.”

    Le candidat d’ Ensemble, Alexandre Holroyd, a critiqué le fait que le leader de la France Insoumise soit anti européen. “Jean-Luc Mélenchon, c’est un eurosceptique assumé, et vous, Charlotte Minvielle, voulez le porter à Matignon. Peu importe la forme de mon engagement, je continuerai de me battre pour une Europe plus forte. Cette Europe, elle coule dans mes veines.”

    Les Français de l’étranger, un terrain d’entente ?

    Au cours du débat on a pu voir des similitudes sur les Français de l’Etranger. Pour Alexandre Holroyd, son objectif, depuis cinq ans, est clair et intangible : protéger les droits des Françaises et Français établis en Europe du Nord, et faciliter leur quotidien. 

    Quant à Charlotte Minvielle, “il faut également renforcer le soutien aux écoles FLAM et leur apporter une aide plus flexible qui corresponde mieux à leurs besoins.” Les deux candidats sont d’accord sur les services consulaires. La candidate de la NUPES estime que “sur les services consulaires, la dématérialisation est urgente et tarde trop. Il faut qu’elle s’accompagne aussi de soutien humain notamment pour les démarches administratives et fiscales compliquées. » Pour le candidat d’Ensemble, “pour le renouvellement des titres d’identité et des passeports on ne sera plus obligé d’aller au Consulat.” 

    Les deux candidats estiment au sujet de la relation franco-britannique qu’il faut plus de dialogue entre les dirigeants afin d’améliorer les choses. 

    Les réactions des candidats sur le débat ?

    Après le débat qui a duré deux heures, Charlotte Minvielle a pensé que c’était “super qu’on ait pu avoir ce débat. Je pense que c’est un exercice démocratique important. On a pu montrer deux projets différents qu’on porte, et celui que je porte c’est un projet écologique, social et solidaire tourné vers l’avenir. On a eu le temps de rentrer dans plusieurs thèmes qui me tiennent à cœur comme l’égalité femmes-hommes, et aussi la question des migrants, la question européenne qui est parfois caricaturée par mon opposant politique, celle des Français de l’étranger et dire de façon concrète comment on va répondre à leurs préoccupations. Donc je pense que c’était un débat essentiel pour parler d’environnement et d’économie. J’espère qu’on a réussi à convaincre certaines personnes indécises ou certaines personnes qui ne vont pas voter car il y a un fort taux d’abstention, et même si la participation est en hausse par rapport au premier tour au bout de trois jours, on a près de 5 000 votants en plus donc c’est vraiment positif et il faut que ça continue.”

    Pour Alexandre Holroyd, le débat “était un exercice extrêmement important. Il faut que les électeurs soient très clairs sur les projets qui leurs sont proposés pour l’avenir du pays. Il y a un projet sur l’explosion des dépenses publiques sans financement, anti européen. C’est le projet porté par mon adversaire. Il y a un projet que nous portons qui est un projet pro européen. Un projet qui croit à la prospérité et c’est le choix que les électeurs vont faire dimanche prochain. Ce que je constate c’est qu’il y a eu des ralliements entre les deux tours. La réalité c’est que la majorité de ces ralliements sont en ma faveur. Laurence Helaili-Chapuis m’a apporté son soutien.” 

    “C’était indispensable d’avoir ce débat” 

    Pour Patricia Connell, Conseillère des Français de l’Etranger en Europe du Nord (Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord) c’était “indispensable de débattre entre Charlotte Minvielle et Alexandre Holroyd, même si leurs programmes sont complètement opposés, mais d’un autre côté on a plus d’idées en commun que des choses contre, surtout sur les Français de l’Etranger. Il faut qu’on trouve des terrains d’entente pour travailler ensemble et je crois que c’est comme ça qu’on va avancer.” 

    À la fin du débat, Bénédicte Paviot a lancé un appel au Français et Françaises dans la salle et qui regardaient sur YouTube. De faire leur devoir citoyen et d’aller voter en ligne ou à l’urne. 

    Regardez le débat du second tour à Londres

    Attention, le débat commence après les 30 premières minutes qui sont dédiées à l’attente.

  • Christian Rodriguez, un conseiller de Mélenchon en campagne en Amérique du sud

    Christian Rodriguez, un conseiller de Mélenchon en campagne en Amérique du sud

    Comme dans 10 circonscriptions sur 11, le duel du second tour voit s’opposer une candidate Renaissance ! (majorité présidentielle) et un candidat NUPES. Dans ce podcast, nous recevons Christian Rodriguez, le conseiller aux affaires diplomatiques de Jean-Luc Mélenchon qui se présente pour devenir député des Français d’Amérique du sud et des Caraïbes.

    Un parcours marqué par le passé du continent

    Christian Rodriguez est un candidat un peu particulier, ce Franco-Chilien investi par la France Insoumise au sein de la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale (NUPES) fut victime de la dictature de Pinochet. Une situation politique qui a amené Christian a fuir en France où il obtenu en 1982 la nationalité française.

    Vrai produit de la méritocratie, il est anthropologue de formation, a réussi à développer une expertise dans les domaines social et judiciaire, sans oublier de s’engager politiquement et évidemment à gauche.

    Lutter contre l’ultralibéralisme

    Christian Rodriguez, au fil des années, a su transformer son parcours en véritable profession de foi politique. Naturellement, cela l’a amené à devenir membre du cabinet de Jean-Luc Mélenchon où il prit en charge les relations internationales de « La France Insoumise » avec l’Amérique Latine et les Caraïbes.
    Le candidat de la NUPES est donc en combat contre l’ultralibéralisme et la grande finance internationale que ce soit en France ou ailleurs dans le monde. Son programme a d’ailleurs été construit avec sa suppléante Florence Poznanski et les équipes locales.

    Il en ressort des priorités comme l’instauration de nouveaux droits pour les Français de l’étranger (on pense à l’Education, à la Santé, etc.), mais aussi de répondre au niveau national, européen et mondial aux urgences sociale et climatique qui nécessitent des décisions fortes et rapides.

    Mettre les communautés françaises au coeur du continent

    Christian Rodriguez est un passionné qui ose prendre des engagements auprès de ses électeurs. Il leur promet ainsi de « lutter pour un monde plus juste et plus respectueux des diversités humaines et de l’environnement » . Et pas que pour les Français et pas qu’en France, le candidat NUPES a une ambition : celle d’intégrer les Français à la communauté des latins d’Amérique. Ainsi il désire que les initiatives progressistes des Français d´Amérique Latine soient désormais intégrées au sein d’un Parlement Populaire de l´Amérique Latine et des Caraïbes.

    Christian Rodriguez en campagne à Querétaro au Mexique

    Pour lui, nos communautés françaises doivent trouver le soutien nécessaire à leur épanouissement sur ce continent et c’est le rôle de l’Etat. Il en profite ainsi, dans le podcast, pour dénoncer la gestion des Français de l’étranger ces 5 dernières années qui pour lui s’est soldée par un immense échec, doublé d’un certain mépris de nos concitoyens expatriés, qui, par exemple, furent exclus pendant de longues semaines du territoire national du fait de la pandémie.  

    S’opposer à Macron

    Si son projet est clair pour les Français d’Amérique du sud, il est l’est tout autant pour son éventuelle action au sein de l’Assemblée nationale, « s’opposer aux politiques de Macron ». Retraite, fiscalité, politique internationale, les sujets de divergences entre la NUPES et la majorité présidentielle actuelle ne manquent pas. Plus que jamais à la veille du second tour en France, Christian Rodriguez croit en une victoire de la NUPES. En Amérique du sud, la gauche a éliminé LREM lors des élections consulaires, le pari de Christian Rodriguez est donc gagnable… A condition que les électeurs votent.

    Malheureusement, cette circonscription vote peu, lundi 13 juin à 12h (heure de Paris), ils étaient moins de 8% des inscrits à avoir fait leur devoir citoyen. Une faible mobilisation qui n’arrange pas les équipes de la NUPES.

    Ecoutez le podcast avec Christian Rodriguez

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  • Eléonore Caroit – candidate en Amérique du Sud pour Renaissance : «On ne peut pas faire tout, toute seule »

    Eléonore Caroit – candidate en Amérique du Sud pour Renaissance : «On ne peut pas faire tout, toute seule »

    On reçoit dans le podcast disponible en fin d’article Eléonore Caroit, la candidate de la majorité présidentielle (Renaissance) dans la deuxième circonscription des Français de l’étranger, soit l’Amérique du Sud et les Caraïbes.

    Une vie aux quatre coins du monde 

    Candidate « Ensemble » aux élections législatives dans la 2ème circonscription des Français établis hors de France (Amérique latine, Caraïbes), l’élue de l’Assemblée des Français de l’étranger partage avec nos auditeurs son expérience d’expatriée, évoquant notamment ses expériences à Saint-Domingue, Singapour, en Suisse, ou bien encore à New-York.

    La scolarité dans les lycées comme lien avec la France

    Pour Eléonore Caroit, les Français à 10.000 km de leur pays ont tous en commun de vouloir maintenir un lien avec la France, et ce lien passe notamment par la scolarité dans les lycées français : alors quelles mesures concrètes seront mises en place pour faciliter cet accès ? La candidate « majorité présidentielle » propose d’encourager une réforme structurelle de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) en affirmant que « ce n’est pas parce que l’on est dans la majorité que l’on doit accepter tout en baissant la tête ».

    Rendre des comptes

    Ce qui manque à la politique c’est, selon Eléonore Caroit, l’«accountability », c’est-à-dire la façon de rendre des comptes. Ainsi, la candidate donne RDV à notre média lesfrançais.press dans 1 an pour faire un premier bilan de ses actions. Au cours de notre entretien, notre invitée ajoute également que l’«on ne peut pas faire tout, toute seule. C’est peut-être cette erreur qu’a pu commettre la députée sortante ».  Tout en prenant l’exemple de la période Covid où une « absence de représentation politique a été observée par tous ».

    Quelle commission parlementaire ? 

    Enfin, si Eléonore Caroit est élue à l’Assemblée nationale, lesfrançais.press vous indique, en exclusivité, quelle commission parlementaire elle rejoindrait. Une indication à prendre en considération pour le choix des électrices et électeurs de la 2eme circonscription des Français établis hors de France.  

    Ecoutez le podcast avec Eleonore Caroit

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  • Les dépenses publiques font-elles le bonheur des nations ? 

    Les dépenses publiques font-elles le bonheur des nations ? 

    Le poids des dépenses publiques diffère d’un État à l’autre. Au sein de l’OCDE, il varie de 25 % en Irlande à plus de 59 % du PIB pour la France qui détient un record en la matière. Certes, le classement de l’OCDE doit être relativisé. Certaines dépenses peuvent être qualifiées de publiques dans des pays et pas dans d’autres en fonction du modèle d’organisation choisi. Ainsi, en France, les dépenses de retraites sont à 98 % d’ordre public quand ce ratio est de 75 % en moyenne au sein des autres États membres de l’OCDE en raison du rôle plus important joué par la capitalisation. Les dépenses d’éducation ou de santé sont plus ou moins publiques selon les États.

    Le poids des dépenses publiques varie du simple au double, la moyenne se situe autour de 50 %.  

    Au-delà des problèmes de classification, il n’en demeure pas moins qu’un poids élevé de dépenses publiques dans le PIB implique un rôle important des pouvoirs publics dans l’allocation du revenu national. Au sein des pays de l’OCDE, le poids des dépenses publiques varie du simple au double, sachant que la moyenne se situe autour de 50 %. Ces dernières années, avec la pandémie et la guerre en Ukraine, les États ont accru de 3 à 5 points de PIB leurs dépenses publiques. Une légère décrue est intervenue en 2021 avec le retour de la croissance mais le niveau de dépenses publiques reste depuis au-dessus de son niveau d’avant crise sanitaire.

    Ainsi, en France, le taux de dépenses publiques est passé de 56 à 62 % pour redescendre à 59 % du PIB. Dans les pays à fort niveau de dépenses publiques, l’État, au sens large du terme, intervient tant au niveau de la constitution des revenus des ménages sous forme de prestations sociales que sur le choix des investissements dits stratégiques. Cette intervention peut se justifier au nom de la lutte contre les inégalités ou contre la pauvreté. Elle se fonde également sur le principe que l’État sait mieux que le secteur privé quelles dépenses doivent être soutenues afin d’obtenir des externalités plus importantes pour la croissance. Les pouvoirs publics seraient seuls à déterminer et à assumer le coût d’investissement dans les domaines de la transition énergétique, de l’éducation, de la formation, etc. 

    L’implication dans la vie économique et sociale des pouvoirs publics fait l’objet de critiques. L’efficience des dépenses publiques serait faible. L’augmentation des impôts qu’elles induisent aurait des effets négatifs sur l’investissement, sur l’emploi et sur le dynamisme de l’économie. Elles anesthésieraient les inégalités plus qu’elles ne les résorberaient. 

    Dans les années 1980/1990, les thèses néolibérales avaient en partie contribué à un recul relatif de l’État. Les privatisations ont caractérisé ce mouvement. Les dépenses sociales ont néanmoins continué à augmenter, au sein de nombreux États, tout comme les déficits publics. 

    Espérance de vie

    Un niveau élevé de dépenses publiques devrait contribuer à une espérance de vie importante avec de moindres inégalités sociales et un service de santé publique performant. Au sein de l’OCDE, les pays à forte espérance de vie figurent aussi bien parmi les États dépensiers que les non dépensiers. Le Japon, le Canada, l’Australie se classent au même niveau que la France quand l’Italie ou la Grèce se classent parmi les États les plus performants au niveau de l’espérance de vie. 

    Fécondité

    Des dépenses publiques élevées signifient souvent des politiques familiales dynamiques. Or, il n’y a pas de lien évident entre dépenses publiques et taux de fécondité. L’Irlande, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis ont des taux de fécondité élevés tout comme la France. 

    Croissance 

    Depuis 2002, les États qui ont connu les plus faibles progressions de dépenses publiques ont enregistré, en moyenne, des taux de de croissance plus élevés. En vingt ans, le PIB de l’Irlande a été multiplié par 2,4, en volume, avec un niveau de dépenses publiques autour de 30 % du PIB. La Nouvelle-Zélande, l’Australie, les États-Unis ou le Canada figurent dans cette catégorie. A contrario, la France, la Belgique, le Danemark, l’Italie et le Portugal se caractérisent par un niveau de dépenses publiques supérieur à 45 % du PIB et par un taux de croissance faible (moins de 40 % de hausse en volume en vingt ans). 

    Productivité

    Les États-Unis et l’Irlande se distinguent par une forte augmentation de la productivité par tête depuis 2002, avec un taux faible de dépenses publiques. En revanche, des États peu dépensiers comme le Japon ou le Canada enregistrent de faibles gains de productivité. La France qui détient le record des dépenses publiques se classe au-dessus de la moyenne en la matière.

    Taux d’emploi

    La France, la Grèce et l’Italie sont mal classées en matière de taux d’emploi semblant prouver une corrélation avec le niveau élevé des dépenses publiques. Le Canada, la Corée du Sud, la Nouvelle-Zélande ou le Japon ont tout à la fois un faible niveau de dépenses publiques et un fort taux d’emploi. 

    Inégalités sociales

    Plusieurs pays à fort niveau de dépenses publiques se caractérisent par de fortes inégalités sociales, avant redistribution. Figurent dans cette catégorie la France, la Grèce ou l’Italie. Des pays comme le Canada, le Japon ou les Pays-Bas enregistrent de moindres inégalités malgré un taux de dépenses publiques inférieur. Après redistribution, la France intègre les pays à faibles inégalités sociales tout comme la Grèce, ce qui n’est pas le cas de l’Italie. 

    Taux de pauvreté

    En matière de lutte contre la pauvreté, les pays à fort niveau de dépenses publiques sont les mieux classés. La France, le Danemark et la Finlande qui sont sur le podium sont également ceux qui ont les taux de pauvreté les plus faibles au sein de l’OCDE, inférieurs à 15 %. En revanche, les États-Unis, le Japon et le Canada ont des taux de pauvreté supérieurs à 20 % avec un niveau de dépenses publiques inférieur à 42 % du PIB. 

    Industrie

    La France, la Grèce et le Danemark ont une valeur ajoutée manufacturière faible à la différence du Japon ou de l’Allemagne, ce qui donnerait un avantage aux pays vertueux. En revanche, les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou le Canada ont une industrie de faible taille tout en ayant un niveau limité de dépenses publiques. L’Italie, de son côté, se caractérise par un poids relativement important de son industrie et de ses dépenses publiques. 

    Éducation

    Dans les classements PISA et PIAAC de l’OCDE qui mesurent le niveau de connaissance et la qualité des formations, la France, l’Italie et la Grèce sont mal notées à la différence du Japon ou de la Corée du Sud. Le Danemark, la Finlande et la Suède se caractérisant par un haut niveau de dépenses publiques figurent parmi les États les mieux notés. 

    Recherche et développement

    La France tout comme l’Italie ou la Grèce se situent en-deçà de la moyenne en matière de recherche et développement lors de ces vingt dernières années. Des États à faible niveau de dépenses publiques figurent en pointe dans ce domaine comme le Japon, les États-Unis ou la Corée du Sud. La Finlande, le Danemark ou la Suède se caractérisent également par un niveau élevé de dépenses de recherche et développement. Parmi les États ayant le nombre de dépôts de brevets triadiques le plus élevé rapporté à leur population figurent le Japon, la Corée du Sud, les Pays-Bas et les États-Unis. Suivent la Suède, le Danemark et la France. Des pays à faible niveau de dépenses publiques comme le Canada ou la Nouvelle-Zélande sont mal classés. 

    Quelles conclusions pouvons-nous tirer des recherches de causalité entre dépenses publiques et efficacité économique ? Ce n’est pas le niveau des dépenses qui font leur efficience. Des pays à forte socialisation du revenu comme la Finlande, le Danemark ou la Suède obtiennent des résultats économiques au-dessus de la moyenne à la différence de l’Italie. 

    Les États-Unis ont opté pour un développement avec une faible contribution publique. S’ils ont de bons résultats en termes de croissance, ils sont, en revanche, à la traîne en matière de lutte contre la pauvreté. Le Japon et la Corée du Sud arrivent à concilier forte cohésion sociale et efficacité économique tout en ayant un niveau de dépenses publiques relativement faible.

  • Une convention constitutionnelle pour les traités de l’UE

    Une convention constitutionnelle pour les traités de l’UE

    La politique de santé est au cœur des demandes de réforme des traités de l’UE après que les députés ont voté jeudi (9 juin) pour que les dirigeants de l’UE établissent une convention constitutionnelle pour rouvrir les traités de l’UE.

    Les députés ont également demandé l’abolition du vote à l’unanimité dans des domaines tels que les sanctions et les situations d’urgence, ainsi que la réalisation d’une UE plus unie dans les domaines de la santé, de l’énergie, de la défense et des politiques sociales et économiques.

    La modification des traités était l’une des principales propositions émanant de la Conférence sur l’avenir de l’Europe (CoFoE), le projet de démocratie délibérative de l’UE qui s’est déroulé l’année passée.

    « Nous sommes redevables aux citoyens que nous avons rassemblés et avec lesquels nous avons travaillé pendant des mois, nous leur avons promis une chose : que nous prendrons leur proposition au sérieux. C’est pourquoi il est important que nous établissions une liste claire des domaines qui sont importants pour nous et pour les citoyens. En d’autres termes, une Union de la Santé et une Union de l’Énergie  »

    L’eurodéputée Gabriele Bischoff lors du débat au Parlement européen, au nom du groupe S&D.

    La santé pourrait être le principal moteur

    Le thème de la santé pourrait aider à convaincre tous les États membres d’ouvrir une convention constitutionnelle et ainsi procéder à la modification des traités, a déclaré la présidente du Parlement européen Roberta Metsola à EURACTIV lors d’un entretien.

    L’Union devrait apporter une réponse forte sur le sujet après ce que les citoyens ont vécu lors de la pandémie de Covid-19, a expliqué Mme Metsola.

    « C’est quelque chose que tous les États membres, y compris ceux qui ont dit qu’ils ne souhaitaient pas la modification des traités, accepteront », a déclaré la présidente.

    Mme Metsola a fait référence au groupe de 13 pays qui, dans une lettre datant de début mai, se sont opposés à la modification des traités, qu’ils considèrent comme « prématurée » et comme un processus risqué alors que l’UE est confrontée à de multiples crises. Malgré les commentaires de Mme Metsola, les États membres de l’UE se sont jusqu’à présent montrés très prudents à l’idée de donner à l’UE une plus grande compétence dans le domaine de la politique de santé.

    Une vague de soutien pour plus de compétences dans le domaine de la santé

    Le manque de préparation de l’UE au début de la pandémie de Covid-19 a entraîné le développement d’une série d’initiatives dans le cadre de l’Union européenne de la santé, un projet de la Commission européenne visant à rendre les systèmes de santé européens plus robustes et mieux préparés aux futures crises.

    Ces initiatives comprennent la création de l’Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA), le lancement de l’Espace européen des données de santé, la révision prochaine de la stratégie pharmaceutique de l’UE et le renforcement des mandats du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et de l’Agence européenne des médicaments (EMA).

    D’après de récents sondages d’opinion, le public est de plus en plus favorable à un rôle renforcé de l’UE dans la politique de santé.

    « Pour y parvenir [les recommandations], les citoyens estiment qu’il pourrait être nécessaire que la santé soit une compétence partagée entre les États membres et l’UE, même si cela implique une modification des traités », a déclaré Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission européenne et président du groupe de travail de la CoFoE sur la Santé en mars dernier.

    Alors que M. Šefčovič expliquait les complexités d’une convention constitutionnelle dont l’objectif serait la modification des traités aux participants de la CoFoE, l’ambassadeur des citoyens au sein du groupe de travail sur la Santé, Nicolas Moravek, a déclaré que « nous devons au moins essayer » si c’est ce que veulent les citoyens.

  • Cécilia Gondard et la priorité des services publics

    Cécilia Gondard et la priorité des services publics

    Cécilia Gondard, est candidate au second tour pour la NUPES, dans la IVème circonscription des Français de l’étranger. Elle est opposée au député sortant de la majorité présidentielle Pieyre-Alexandre Anglade.

    Issue du Parti socialiste (PS), Cécilia Gondard est élue consulaire en Belgique et aujourd’hui candidate à la députation pour les Français résidant au Benelux. Avec sa suppléante Catherine Libeaut, issue d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), elles se définissent comme des élues de terrain.

    Que ce soit dans la vie associative ou politique, Cécilia Gondard s’est toujours impliquée pour défendre ses concitoyens. Elle commence son parcours politique en 2006, l’année de son installation dans le « plat pays ». En 2014, elle devient élue consulaire avant d’être nommée présidente de la Commission des finances, du budget et de la fiscalité au sein de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), et défend les budgets des aides sociales et culturelles. Quatre ans plus tard, elle revêt une double-casquette : celle de présidente de la Fédération des Français de l’étranger et du PS, et de secrétaire nationale à l’égalité femme-homme. Un poste qui lui tient particulièrement à cœur, car elle estime que les violences sexuelles et sexistes à l’extérieur de la France ne sont pas suffisamment prises en compte.

    Rappel de la définition de l’accord de coalition

    La Nouvelle union populaire écologique et citoyenne (NUPES) est née d’un accord de coalition entre le PS, EELV, La France insoumise (LFI) et le Parti communiste français (PCF). Inenvisageable il y a encore quelques mois, les diverses gauches ont réussi à former cette union historique pour les élections législatives et s’opposer à la « macronie » et à l’extrême-droite. Par ailleurs, comme le rappelle l’élue consulaire, cela ne sous-entend pas que toutes les couleurs politiques réunies sous la NUPES soient parfaitement d’accord entre elles, et installent un rapport de force entre les différents partis. Aussi, les députés élus le 19 juin prochain sous cette bannière seront investis selon leur groupe d’origine au sein de l’Assemblée nationale. Cependant, ils ont un accord de gouvernement, afin de mener une politique commune au sein de l’hémicycle. Elle pense ici au programme commun vis-à-vis de l’Europe, de l’écologie et des questions sociales.

    Le programme de la NUPES au Benelux

    Parmi le programme de Cécilia Gondard, quatre points ressortent particulièrement : la double-imposition des fonctionnaires binationaux, l’accès à l’éducation française à l’étranger, la reconnaissance des diplômes, et le télétravail pour les frontaliers.

    La double imposition des fonctionnaires binationaux

    Cécilia Gondard met en lumière les problèmes de double-imposition permis par les conventions fiscales bilatérales entre la France et les pays du Benelux. Si une nouvelle convention a été signée sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron – mais pas encore ratifiée – l’élue déplore que cette double-imposition pour les fonctionnaires binationaux n’ait pas encore été réglée et s’oppose donc au texte. Ainsi, il s’agit de l’un des premiers chantiers auquel voudra s’attaquer la candidate si elle est élue députée.

    Par ailleurs, la ligne du programme du NUPES se rapportant à l’impôt universel ne concernerait pas la IVème circonscription. Effectivement, selon l’accord, un tel impôt serait mis en place dans les pays à la fiscalité manquante ou particulièrement faible, ce qui n’est pas le cas dans le Benelux.

    L’éducation française à l’étranger et les équivalences de diplômes

    « Les cinq années ont été d’une rare violence pour le système d’enseignement français à l’étranger » appuie la socialiste. A ses yeux, le quinquennat d’Emmanuel Macron a laissé le champ libre à la privatisation des lycées français à l’étranger, comme avec le lycée d’Anvers dans la région flamande. Or, elle estime que la privatisation va créer de la concurrence entre les établissements et faire augmenter les frais de scolarité dans le réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).

    Face à cela, les participants de la NUPES proposent de « revenir à une puissance publique » en investissant dans l’Agence, mais aussi de « proposer un plan stratégique de développement ». Ici, Cécilia Gondard pense à revoir le système d’attribution des bourses scolaires, au développement du réseau en fonction des besoins des familles, mais aussi au détachement des professeurs. Enfin, elle soutient une mesure phare de la coalition de gauche, défendue par Jean-Luc Mélenchon durant la campagne présidentielle, celled’abolir la plateforme Parcoursup.

    Dans la continuité du thème sur les études supérieures, la candidate à la députation voudrait voir les équivalences du Baccalauréat être davantage reconnues par les universités françaises. Tous les ans, les élèves qui étudient dans un lycée local angoissent de ne pas voir leur voeux êtres validés par la plateforme, car leur diplôme n’est pas suffisamment pris en considération. Ainsi, au sein de sa circonscription, Cécilia Gondard appuie l’entrée de la France dans l’accord Benelux sur la reconnaissance automatique des diplômes.

    PS, LFI, EELV, NUPES
    Cécilia Gondard (à droite) en campagne pour les élections législatives au Benelux

    « Dans l’immédiat il faut augmenter le nombre de jour de télétravail »

    Aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de personnes passent la frontière entre le Royaume et l’hexagone afin d’aller travailler, entrainant ainsi un problème écologique certain. Par conséquent, la membre de l’AFE aimerait voir le télétravail être revalorisé et repensé dans les accords entre les États. Elle demande donc à ce qu’un audit sur la situation dans les entreprises soit réalisé afin de rédiger un texte proche des réalités entrepreneuriales.

    Les services publics à l’étranger

    Cécilia Gondard voudra porter la primauté sur l’accès aux services publics pour les Français de l’étranger. De son point de vue, il est déplorable que ces derniers se dégradent au fur et à mesure, et soient démantelés, comme avec la suppression du corps diplomatique.

    Elle demande par conséquent un réinvestissement massif au sein des consulats, afin de recruter du personnel et donc assurer un accueil permanent aux résidents français.

    Écoutez le podcast avec Cécilia Gondard

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  • Covid : une septième vague se prépare-t-elle en France ?

    Covid : une septième vague se prépare-t-elle en France ?

    La Haute Autorité de Santé a publié un rapport sur la stratégie anticipée de vaccination à l’automne 2022 face à la pandémie de Covid-19.

    Une situation sous contrôle pour l’instant

    La Haute Autorité de Santé (HAS) avait déjà validé le 12 mai dernier une série de recommandations sur la future stratégie de vaccination contre la COVID-19 (rapport mis en ligne le 25 mai). Après plus de 2 ans de pandémie COVID, un an après la mise à disposition pour tous les adultes d’un vaccin remarquablement efficace contre les formes sévères, la France connaît actuellement une phase d’amélioration de la situation hospitalière.

    La fin du passe vaccinal, la confusion sur les schémas de rappels, la difficulté pour « aller vers » les populations fragiles non protégées ont cependant conduit actuellement à un quasi arrêt de la campagne vaccinale. La circulation virale reste forte (plus de 20 000 nouveaux cas chaque jour), les entrées hospitalières ont cessé de baisser et de nouveaux variants arrivent sur le territoire, faisant craindre un rebond épidémique à plus ou moins court terme.

    Un pic pour cet été ?

    En effet, les professionnels de santé sont inquiets pour les semaines à venir.

    « Il faut surveiller car lhôpital est sous tension. On a un manque de personnel flagrant” Karine Lacombe, infectiologue interviewée par l’AFP.

    Selon les autorités sanitaires, les sous-variants d’Omicron, BA4 et BA5, seraient moins dangereux. Mais ils représentent tout de même un risque pour les personnes immunodéprimées et non-vaccinées. Néanmoins, les chiffres restent moins élevés que lors des précédents pics.

    Les inconnues dans les prochains mois restent nombreuses : apparition de nouveaux variants ? Avec quelle sévérité intrinsèque et quel taux d’échappement aux immunités précédentes ? Durabilité de la protection contre les formes graves dans le temps ? Disponibilité et efficacité de vaccins « mis à jour » ?

    La visibilité est faible, mais la HAS prend l’option de se projeter directement plusieurs mois dans le futur « à l’automne ». Cette temporalité semble faire écho aux partisans d’une épidémie liée à la température, ce que la situation dans les DOM-TOM l’été dernier a cependant réfuté.

    Trois scénarios à l’étude

    La HAS propose 3 scénarios, basés sur la sévérité des futurs variants et le maintien ou non de l’immunité contre les formes graves. Mais elle s’évite de mentionner les critères qui définiraient chacune de ces hypothèses.

    Comme si elle marchait sur des œufs, la stratégie de vaccination proposée apparaît extrêmement limitée : dans l’hypothèse la plus favorable, seuls les immunodéprimés doivent bénéficier d’une campagne de rappel (ce qui est déjà le cas actuellement… et trop peu réalisé dans les faits). La HAS juge, sans argumentation, l’hypothèse intermédiaire comme étant la plus probable : immunité en baisse, variant de virulence équivalente à Omicron. Or, si l’immunité qui baisse avec le temps est une donnée déjà admise par la communauté scientifique, rien ne permet d’affirmer que les prochains variants seront moins sévères (Delta a remplacé Alpha et conduisait à plus de formes sévères). Dans cette hypothèse, elle propose une stratégie vaccinale révérée aux populations à risque, ne tranchant même pas sur la vaccination proposée aux soignants. Il apparaît légitime de s’interroger sur l’accessibilité à tous du vaccin dans cette stratégie (toutes les personnes à risque sont-elles identifiées et se considèrent-elles comme tel ?). L’absence de mention des conséquences en dehors de l’hôpital sont-elles aussi à déplorer, et toute notion de prévention des « COVID longs » par la vaccination n’est pas abordée. Encore une fois, le raisonnement se base sur la seule ligne « l’hôpital doit tenir ».

    Pas de retour du passe vaccinal

    La HAS acte la fin de tout retour d’une forme de passe vaccinal, arguant d’une balance à trouver entre la liberté individuelle et les contraintes de santé publique. Or, si sur la forme le passe vaccinal peut être critiqué, nul doute qu’il a conduit à une vaccination massive en France, et permis d’éviter une situation encore pire cet hiver.

    Un des points les plus critiquables de ce rapport concerne la temporalité de cette stratégie de rappel. Encore une fois, la HAS entretient l’hypothèse d’une infection saisonnière, elle incite à une vaccination à l’occasion de la vaccination grippale. Cette demande avait déjà été faite à l’automne 2021, et nous avons pu constater sur le terrain ses limites : demande des patients ou des médecins de séparer les 2, taux très partiel de vaccination contre la grippe, et surtout la vaccination COVID qui attend la disponibilité des vaccins grippe, conduisant à un retard de protection préjudiciable pour les patients.

  • La politique de sécurité européenne selon Catherine Colonna

    La politique de sécurité européenne selon Catherine Colonna

    Catherine Colonna, nouvelle Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a ouvert le 9 juin la conférence annuelle de l’Institut d’Etudes de Sécurité de l’Union Européenne. Elle y a prononcé le premier discours qui donne sa vision globale de la politique de sécurité commune.

    La guerre d’Ukraine donne un nouveau relief à ce qui paraissait hier encore convenu : boussole stratégique, industrie de défense, capacité de déploiement rapide, boussole stratégique, OTAN… la nouvelle Ministre des Affaires étrangères espère avoir plus de chance de se faire entendre avec le retour de la guerre en Europe.

    En revanche, si elle évoque la « Communauté politique européenne », elle ne précise pas plus avant son contenu. A propos de l’Afrique et de l’Indopacifique, deux échecs français, en invoquant le temps long, elle annonce que les luttes d’influence ne font que commencer et que les Européens feraient mieux de s’y intéresser et de ne pas laisser la France seule. En revanche, rien sur les menaces nouvelles, très proches, au Moyen-Orient et en Méditerranée. Ce sont peut-être des sujets trop brûlants.

    Nous publions le discours de Catherine Colonna, qui risque d’être une référence. Nos lecteurs pourront ainsi se faire une idée par eux-mêmes.

    « Le retour de la guerre sur notre continent, à nos frontières, a bouleversé le paysage géopolitique. L’agression de l’Ukraine par la Russie, le 24 février dernier, dans le prolongement de l’annexion illégale de la Crimée et de l’intervention armée dans l’Est de l’Ukraine, initiées en 2014, de même que les violations répétées du droit international par Moscou, ont ravivé des réflexions au long cours sur l’ordre politique international, sur l’architecture européenne de paix et de sécurité, sur le respect du droit international, mais aussi sur les notions de souveraineté et de responsabilité.

    La guerre en Ukraine constitue un tournant, elle a des répercussions globales, d’ordre stratégique, d’autres recompositions ont cours, loin de nos frontières.

    Les décisions prises par de nombreux pays européens de réinvestir massivement dans leur défense, de se porter candidats à l’adhésion à l’OTAN ou à l’Union européenne, ou de participer pleinement à l’action de l’Union européenne en matière de sécurité et de défense, sont autant d’illustrations visibles des recompositions qui sont à l’œuvre et sont appelées à se poursuivre. Elles vont aujourd’hui dans le sens d’une plus grande unité des Européens et d’un renforcement simultané de l’Union européenne et de l’OTAN.

    La guerre en Ukraine constitue un tournant et restera un défi pour toute une génération d’Européens. C’est une véritable tragédie pour le peuple ukrainien, elle a aussi des répercussions globales, d’ordre stratégique, car d’autres recompositions ont cours, loin de nos frontières, mais aussi sur le quotidien des populations à travers le monde qui subissent, comme conséquences de la guerre choisie par la Russie, les pressions inflationnistes sur les produits de base tels que le pétrole, le gaz et le blé, avec des effets potentiellement catastrophiques dans les pays les plus vulnérables.

    Si le retour de la guerre en Europe était un test pour notre solidité, pour notre solidarité et pour notre unité, ce test, nous l’avons réussi. Nous sommes aujourd’hui renforcés dans notre unité, renforcés dans notre solidarité. Cette guerre a aussi rappelé la nécessité d’une Union européenne qui soit mieux armée pour faire face à la compétition croissante entre les puissances, qui soit capable de faire face à des crises de haute intensité et capable de devenir un véritable partenaire de confiance et un partenaire autonome.

    À cet égard, ces derniers mois ont été riches d’enseignement, ô combien. Ils ont d’abord montré que l’impulsion que nous avons donnée depuis 2017 pour doter l’Union européenne d’outils en matière de sécurité et de défense était pertinente. Je pense notamment à la Facilité européenne de paix, que nous avons bien fait de créer, et qui nous a permis d’apporter un soutien militaire rapide et décisif à l’Ukraine, avec 2 milliards d’euros, dont plus de 92% désormais de matériel létal.

    Je veux ensuite souligner la contribution essentielle et structurante que constitue l’adoption d’une Boussole stratégique, à la fois ambitieuse et réaliste. Ce premier Livre blanc de la défense européenne à l’horizon 2030 est un signal stratégique majeur face à la dégradation inédite de notre environnement de sécurité entraîné notamment mais pas seulement par la guerre en Ukraine.

    Nous devons éviter d’analyser les défis d’aujourd’hui et de demain avec le regard et les schémas d’hier

    En se dotant d’une feuille de route pour les dix prochaines années, l’Union européenne franchit un nouveau cap dans sa politique de défense et de sécurité pour faire face au retour de la compétition de puissances, à la persistance de crises dans son voisinage et pour agir partout où son action est sollicitée et où ses intérêts sont en jeu. Elle se donne ainsi pour vocation de devenir un véritable acteur géopolitique, au service de la paix, du droit, de la sécurité et de la stabilité, dans son environnement géographique proche comme dans les espaces stratégiques contestés ; je pense bien sûr au cyber, au spatial, au maritime ou à l’aérien.

    C’est parce que nous devons éviter d’analyser les défis d’aujourd’hui et de demain avec le regard et les schémas d’hier, que l’entrée des Européens dans cette « nouvelle ère » rend d’autant plus essentielle la mise en œuvre, non seulement concrète mais complète de notre Boussole stratégique.

    Accélérer le renforcement de notre base industrielle et technologique européenne

    À cet égard, je voudrais relever plusieurs points qui nécessiteront une vigilance constante des Européens pour les prochaines années.

    D’abord, nous devrons accélérer le renforcement de notre base industrielle et technologique européenne et en résorber les lacunes critiques. Il y en a. Il nous faut pour cela entretenir la dynamique enclenchée au Sommet de Versailles, au mois de mars et au Conseil européen, tout récemment, en concrétisant les propositions de la Commission et du Haut Représentant. En particulier, il nous appartiendra d’adopter rapidement les propositions législatives sur la mise en place à court terme d’une task- force conjointe d’acquisition de défense et à plus long terme, d’un programme pérenne d’investissement européen ambitieux.

    Une capacité de déploiement rapide, une présence maritime coordonnée

    Deuxièmement, dans le domaine des opérations européennes, nous devrons opérationnaliser les propositions de la Boussole visant à rendre l’UE plus robuste et plus agile, en capitalisant notamment sur l’expérience sahélienne. Je pense en particulier à la capacité de déploiement rapide, aux présences maritimes coordonnées et aux modalités d’un recours accru à l’article 44 du traité qui ont déjà fait, vous le savez autant que moi, l’objet de très nombreux échanges.

    Troisièmement, nous devrons également faire de l’Union européenne un acteur de sécurité incontournable dans les nouveaux espaces contestés, je le mentionnai il y a un instant, avec le développement de nouvelles stratégies sur le spatial de défense, la politique de cyberdéfense et en matière de sécurité maritime. Les différents outils qui composeront la boîte à outils hybride et qui permettront de mieux faire face aux tactiques dites grises, utilisées par nos compétiteurs sont non seulement essentiels, mais aussi indispensables.

    Quatrième point de vigilance, nous devrons ensuite articuler davantage les instruments dont nous disposons pour conduire un politique étrangère globale qui soit au service de nos valeurs et de nos intérêts. Notre action à l’égard de chaque région du monde ne peut plus être prise isolément, et il nous appartient d’apporter des réponses pluridimensionnelles, comme nous le faisons face à la crise ukrainienne. Nous savons le faire, nous venons de le démontrer. Développons ce modèle. Il y a bien d’autres sujets et bien d’autres territoires.

    La réponse à la guerre en Ukraine a souligné l’unité de la « famille transatlantique » et la formidable complémentarité entre l’Union européenne et l’OTAN.

    Enfin, et ce n’est pas mince, nous devrons poursuivre notre réflexion commune sur la manière de faire évoluer nos partenariats, afin que, plus que jamais, nous répondions au besoin d’une approche collective, cohérente et complémentaire pour défendre nos valeurs et l’ordre international basé sur des règles.

    Je pense tout d’abord à nos partenaires traditionnels en matière de sécurité et de défense, au premier rang desquels les États-Unis et, pour les États qui en sont membres, l’OTAN. La réponse à la guerre en Ukraine a souligné l’unité de la « famille transatlantique » et la formidable complémentarité entre l’Union européenne et l’OTAN. L’Alliance transatlantique est le fondement, évidemment, incontestable de la défense collective des États qui en sont membres.

    Catherine Colonna

    Disposer de tout l’éventail des capacités et des ressources pour agir de manière autonome et décisive

    Et parallèlement, en complément, en appui, ensemble, nos efforts pour construire une Europe plus souveraine en matière de défense ne feront que renforcer l’Alliance, car les capacités que nous développerons profiteront également à l’OTAN. Il est en revanche indispensable, lorsque les Européens doivent prendre leurs responsabilités pour assurer la réponse à une crise faisant peser une menace directe sur leurs intérêts, que nous disposions de tout l’éventail des capacités et des ressources pour agir de manière autonome et décisive.

    Vient ensuite la question de la manière d’optimiser nos relations avec les pays de la famille européenne qui ne sont pas, ou pas encore, ou plus, pour l’un d’entre eux, dans l’Union européenne, au profit de notre sécurité commune. La guerre en Ukraine, j’y reviens une fois encore, a souligné plus que jamais les valeurs mais aussi les défis que nous avons en commun. Nous devons donc bâtir un espace qui permette de nous réunir et d’échanger, sans chercher à dupliquer ni à déposséder des organisations existantes. C’est tout l’esprit du projet de Communauté politique européenne proposée par le Président de la République. Cette communauté n’est pensée ni comme une alternative, je veux le répéter, ni, évidemment, comme une tentative d’entrave au processus d’élargissement. C’est un objectif en soi que de dynamiser le processus d’élargissement, sans attendre l’adhésion, et de trouver une base pour multiplier dès à présent, le plus vite possible, les coopérations concrètes avec l’Union européenne.

    Afrique et l’espace indopacifique

    Enfin, je souhaiterais enfin évoquer les relations avec les partenaires au- delà de notre continent, avec lesquels notre sécurité est pourtant intrinsèquement liée. Je pense notamment aux deux géants que nous avons pour voisins : l’Afrique et l’espace indopacifique.

    S’agissant de l’Afrique, nous avons tracé des perspectives avec le Sommet UE-Union africaine. Les défis sont immenses, nous le savons bien, nous le mesurons chaque jour, en particulier au Sahel, et nos compétiteurs stratégiques s’emploient avec un réel talent à nous décrédibiliser et à tenter de gagner du terrain à nos dépens. Nous devons faire preuve de patience stratégique, car je suis convaincue que l’intérêt des Africains comme des Européens, à long terme, est d’avancer main dans la main. Je souhaite que nous ayons bien cette perspective et cet impératif en tête. Parions sur le long terme et sur notre avenir commun.

    S’agissant enfin de l’Indopacifique, il s’agit d’un espace essentiel pour nos intérêts. Là, se jouent également les équilibres stratégiques et le futur du multilatéralisme. Le Forum ministériel pour la coopération dans l’Indopacifique qui s’est tenu en février a permis d’incarner l’engagement européen à travers des actions concrètes de coopération pour mettre en œuvre la stratégie européenne. Il nous faut, la route étant tracée, la suivre et ne pas perdre en élan.

    Sortir d’une certaine forme de naïveté

    Face à la fragmentation du monde, face à la tentation du repli, face au recul du respect des normes, ou face tout simplement à l’absence de norme, l’Europe ne peut se résigner à être spectatrice du retour à une logique de puissances qui pourrait compromettre sa sécurité et ses valeurs. Tous ces aspects sont essentiels pour concrétiser cette souveraineté européenne, à laquelle nous nous sommes efforcés de donner davantage corps, avec succès, je crois, tout au long de notre Présidence du Conseil de l’Union européenne.

    Cette notion de souveraineté européenne est d’abord le signe que l’Europe est en train de sortir d’une certaine forme de naïveté pour faire face, comme elle le doit, de manière unie et solidaire à un environnement stratégique qui est de plus en plus dangereux »

  • Cherche désespérément des bras !

    Cherche désespérément des bras !

    En France, plus de 200 000 emplois ne seraient pas pourvus dans le secteur de l’hébergement et de la restauration. Des restaurants, des hôtels pourraient ainsi rester fermés durant cet été faute de main d’œuvre. 83 % des chefs d’entreprises interrogés dans le cadre de l’enquête Viavoice et du Cabinet Les Temps Nouveaux pour Sopra Steria Next et « Les Echos » affirment éprouver des difficultés pour recruter. Ils mettent également en avant un réel déficit de compétences. Ce taux atteint 94 % dans la construction.

    Après des années de chômage de masse, la France pourrait connaître un manque de bras

    La guerre en Ukraine ne semble pas, pour le moment, changer la donne. Après des années de chômage de masse, la France pourrait connaître un manque de bras. Le pays devra gérer la stagnation voire le déclin de la population active. Les prochaines années seront marquées par des départs massifs à la retraite qui seront à peine compensés par l’arrivée de jeunes actifs. Par le jeu de la démographie, le travail disponible sera rare sauf à accepter des flux migratoires plus élevés. Il ne faut pas oublier que la croissance est le produit du facteur travail, du facteur capital et du progrès technique.

    Les périodes d’expansion reposent toujours sur une montée en puissance du facteur « travail ». Pendant la période des Trente Glorieuses dans les années 1950/1970, le temps de travail annuel en France était de 1 900 heures en moyenne. Il est aujourd’hui de 1 450 heures, soit une réduction de près de 25 %. Les gains de productivité ont permis cette diminution du temps de travail mais ils ont tendance à se raréfier. Si la productivité du travail augmentait de 4 % dans les années 1960, aujourd’hui, elle peine à dépasser 1 %.

    Pour augmenter la croissance, la France se doit d’augmenter son taux d’emploi

    Si le manque de main d’œuvre perdurait, la croissance de la France en serait affectée. Or, celle-ci est nécessaire pour assainir les comptes publics et pour financer les retraites, la dépendance, la santé, les dépenses d’éducation ou celles liées à la transition énergétique. Faute d’emplois, le déficit commercial qui atteint 100 milliards d’euros en rythme annuel sera difficilement comblé. Le souhait de réindustrialisation risque de ne pas être transformé par absence d’ingénieurs ou de techniciens. Avec le vieillissement de la population, les besoins de personnel dans les secteurs de l’aide à domicile ou de la santé seront également en forte hausse.

    Pour augmenter le niveau de la croissance, la France se doit d’augmenter son taux d’emploi qui est particulièrement faible, 67 % contre 76 % en Allemagne. Cet écart s’explique par le fait que de nombreux jeunes et séniors ne sont pas en emploi en France. Pour rattraper ce retard, un effort en matière de formation est nécessaire.

    Au-delà du taux d’emploi, l’attractivité de certains postes est en jeu. Les actifs, surtout depuis la crise sanitaire et dans un marché tendu, refusent les postes à forte pénibilité et contraintes. À la différence des salariés de l’industrie, terrain historique des conflits sociaux, ceux du secteur tertiaire ont, en règle générale, accès à moins d’avantages sociaux et ont moins de possibilité de mobilité interne, notamment par la formation. La question de la rémunération est un sujet éminemment sensible.

    Coût du travail élevé, salaires bas

    La France figure parmi les pays dont le coût du travail est l’un des plus élevés. Dans le même temps, de nombreux salariés éprouvent d’importantes difficultés financières pour faire face notamment aux dépenses de logement. La priorité donnée aux prestations par rapport au salaire direct conduit au ressentiment pour les salariés modestes.

    Une amélioration de la compétitivité permettrait une augmentation non inflationniste des salaires. Elle suppose la poursuite de l’effort d’investissement des entreprises.

    La valeur travail

    L’autre voie serait d’augmenter le volume annuel de travail des salariés ; celle-ci pousserait naturellement à la hausse les rémunérations. L’assainissement des comptes publics, le financement des retraites, la transition énergétique ne seront financés que par le travail des salariés et des non-salariés. Avec la fin de l’argent facile, les fondamentaux de l’économie s’imposeront avec force. La valeur travail risque d’être la plus recherchée et la plus utile, témoignant de l’actualité de la formule de Jean Bodin, philosophe du XVIe siècle, en économie « il n’y a de richesses que d’hommes ».

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