Depuis les années 1960, nombreux sont ceux qui ont annoncé la fin du dollar comme monnaie centrale du système monétaire international. L’arrêt de la convertibilité en or, les changes flottants, la crise de 2008 ont été autant d’évènements censés sonner le glas de la devise américaine. Or, celle-ci demeure la première devise pour les échanges extérieurs et, de loin, la première monnaie de réserve.
La montée en puissance de la Chine induisant une fragmentation du monde, les déficits publics croissants des États-Unis, la contestation de la règle de l’extraterritorialité sont autant d’éléments qui sont mis en avant pour mettre un terme au droit de seigneuriage monétaire qu’imposent de fait les Etats-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale au reste du monde.
59% des réserves de change
Le dollar reste de loin le pilier du système monétaire international en étant la principale monnaie d’échanges et de réserves. Grâce à la profondeur du marché financier américain, du volume des actifs cotés aux États-Unis, le dollar reste incontournable. Même si un léger effritement est constaté, la monnaie américaine représente 59 % des réserves de change. Le RMB, la monnaie chinoise, joue en la matière un rôle marginal avec 2,79 % des réserves de change (2021). Cette situation est paradoxale pour un pays qui est depuis plusieurs années la première puissance commerciale mondiale et dont le PIB est le deuxième au monde. Elle s’explique par la faiblesse de la sphère financière chinoise, par l’absence de transparence et par le caractère non démocratique du régime.
Le dollar peut s’appuyer sur la puissance tant militaire, économique que démocratique des États-Unis. Avec la multiplication des sanctions infligées par les États-Unis à des pays comme l’Iran ou la Russie, ou à des entreprises au nom de l’extraterritorialité, certains estiment qu’il faut se prémunir de ces risques en ne recourant plus aux dollars. Pour certains gouvernements, le gel des réserves de change de la Russie évaluées à 500 milliards de dollars, et l’interdiction du recours au système d’information interbancaire Swift seraient des arguments pour sortir de la zone dollar.
En période de crise, la monnaie américaine joue un rôle de valeur refuge
Le rejet du dollar ne se traduit pas dans les faits. Au contraire, en période de crise, la monnaie américaine joue un rôle de valeur refuge. Que ce soit lors de la crise des subprimes en 2008/2009, durant celle des dettes souveraines en 2011/2012 ou depuis le début de l’épidémie de Covid, le dollar s’apprécie prouvant que les investisseurs placent leurs capitaux dans cette devise.
La guerre en Ukraine s’est accompagnée d’une hausse des entrées de capitaux aux États-Unis. Le dollar reste incontournable car il n’y a pas d’alternative. Les États-Unis demeurent de loin la première puissance militaire. Ils disposent d’alliés fiables leur permettant de mettre en œuvre des sanctions globales à l’encontre des États qui constituent un danger. Les États-Unis ont été notamment suivis par l’Europe, le Japon et la Corée du Sud pour les sanctions contre la Russie. Peu de pays souhaitent placer leurs réserves de change en RMB par crainte qu’un conflit avec les États-Unis provoque leur blocage.
L’euro, deuxième monnaie de réserve
L’euro qui constitue la deuxième monnaie de réserve ne peut pas ravir la place de numéro un au dollar en raison de l’absence d’unité politique de la zone euro. Les actifs alternatifs (or, cryptomonnaies) sont de trop petite taille pour être des substituts au dollar. Les réserves mondiales de dollars représentent plus de 7 000 milliards de dollars quand la capitalisation de l’or s’élève à 2 000 milliards et celle des cryptoactifs à 1 800. Les cryptoactifs connaissent des fluctuations de grande ampleur de nature spéculative qui les empêchent de jouer un rôle monétaire réel. Les cryptomonnaies publiques que plusieurs États dont la Chine préparent, seront des substituts aux billets de banque, facilitant les transactions commerciales de faible taille, mais ne pourront pas, dans un premier temps du moins, se substituer aux monnaies de réserve.
Ce 05 juin a eu lieu le premier tour des Législatives 2022 des expatriés. Nous vous annoncions dès 22h les duo qui se présenteront à vous dans les 11 circonscription ce 19 juin. Ce 6 juin, on revient en détail sur les chiffres de ces élections, circo par circo !
Circonscription 1 – Amérique du Nord : Lescure / Roger
Première étape, les USA et le Canada, dans ces deux pays la participation s’inscrit dans la moyenne mondiale à 21,32%. On notera que l’avance du député Roland Lescure a fondu dans la soirée, l’écart avec Florence Roger, la candidate NUPES, est au final de moins de 2000 voix.
Circonscription 2 – Amérique centrale et du Sud : Caroit / Fernandez
Eléonore Caroit est arrivée en tête dans cette circonscription, mais Christian Fernandez dispose d’un meilleur potentiel de mobilisation. En effet, le point noir de cette élection est le taux de participation à 14,93%.
Circonscription 3 – Iles britanniques et Europe du Nord : Holroyd – Minvielle
Belle mobilisation au Royaume-Uni, poussant le taux de participation de la circonscription à 28,36%, et ce en faveur du député sortant Alexandre Holroyd qui arrive avec 7 points d’avance à 38,1% contre 31,7% pour Charlotte Minvielle.
Près de 3000 voix séparent Cécilia Gondard de Pieyre-Alexandre Anglade arrivé en tête avec 38,5% soit 6 points d’avance sur sa concurrente qui récolte 32,1% des bulletins. Côté participation, avec un score de 28,77%, le Benelux est dans le haut du tableau.
Circonscription 5 – Péninsule ibérique, Andorre et Monaco : Le Berre / Vojetta
On l’écrivait il y a une dizaine de jours, du duel Valls/Vojetta, la gauche sortirait victorieuse. Le vote de dimanche, s’il a finalement peu mobilisé les électeurs de la circonscription avec un taux de participation de 23,69%, a fait le bonheur de la presse nationale ce lundi 06 juin. La défaite annoncée de Manuel Valls et de son suppléant Thierry Burtin avec 15,9% a éclipsé le chiffre à retenir, soit la nette avance au premier tour du candidat de la gauche Renaud Le Berre avec 27,5% des voix. C’est une des deux circonscriptions où la NUPES arrive en tête. Cependant avec 24,3%, Stéphane Vojetta fait un bon score qui devrait lui permettre de conserver son siège le 19 juin 2022.
Alors que 22,38% des électeurs se sont déplacés pour ce premier tour, Marc Ferracci, nouvel entrant sur la scène politique française locale et grand ami du Président de la République, remporte son pari, arrivant en tête des voix avec 36,3% contre 20% pour sa concurrente Magalie Mangin.
Circonscription 7 – Europe centrale et de l’Est : Petit / Rharmaoui-Claquin
Forte mobilisation dans cette circonscription au coeur de l’actualité avec 29,08% de participants. 34,2% ont choisi de renouveler leur confiance à Frédéric Petit, creusant l’écart avec sa concurrente de la NUPES, Asma Rharmaoui-Claquin, qui récolte 25,82% des suffrages exprimés.
Circonscription 8 – Méditerranée de l’Est : Habib / Abisbor – de Lieme
Toute petit mobilisation pour les Français de cette circonscription, ils n’étaient que 12,08% à avoir participé à l’urne ou en vote en ligne à cette élection législative. Et cela a profité à Meyer Habib, député sortant, soutenu par la droite française et israélienne qui arrive en tête avec 28,4% (40% en Israël). Sa challengeuse, la jeune et brillante Déborah Abisbor de Lieme obtient un meilleur score hors de l’état hébreux. Mais dans ces pays, la mobilisation est plus faible, elle finit donc ce premier tour en seconde place à un petit point de Meyer Habib à 27,4%.
Circonscription 9 – Maghreb et Afrique de l’Ouest : Ben Cheïkh / Moreno
C’est l’autre circonscription star de cette élection ! Face aux déboires de l’ancien député issu de la majorité présidentielle, M’jid El Guerrab et aux mésaventures familiales de l’ancienne ministre aux solidarité Elisabeth Moreno, NUPES a présenté un ancien consul Karim Ben Cheïkh. Un choix gagnant, car la 9ème est l’autre circonscription où la gauche arrive en tête avec 39% contre 27,3% pour la candidate de la majorité présidentielle.
Circonscription 10 – Proche-Orient et Afrique centrale : Lakrafi / Moussa
A l’opposé de la précédente circonscription, pas de vague en Afrique centrale et au Proche orient, c’est une campagne respectueuse des candidates qui s’y déroule. Avec un taux de participation de 19,20%, dans la moyenne, les électeurs ont porté avec 10 points d’avance à 32,2% la députée sortante Amélia Lakrafi devant Chantal Moussa à 22,1% des voix.
Circonscription 11 – Europe orientale, Asie et Océanie : Genetet / Vidal
Un succès pour Anne Genetet qu’on disait en difficulté. Avec une participation importante pour les expatriés, avec 27,95% de suffrages exprimés, Anne Genetet remporte son pari, laissant sur place les nouveaux concurrents et autres dissidents. En effet, elle remporte ce premier tour avec 37,6% des voix, avec près de 13 points d’avance sur la candidate NUPES, Dominique Vidal, à 24,4%. Le report des voix semble s’annoncer favorable à la députée sortante.
Le 6 juin 1944 marque pour les Français le début de la libération de leur pays. Sujet secondaire pour les alliés à la veille du débarquement, la France n’avait pourtant pas vocation dans leurs projets à recouvrer immédiatement sa souveraineté. Une organisation militaire devait l’administrer : l’AMGOT. Une « fausse monnaie » faite de dollars tricolores était imprimée.
La France, puissance victorieuse ?
Et si la France n’avait pas été admise au banquet de la victoire ? Occupée militairement par les troupes alliées régnant en maîtres, administrée par des officiers anglo-américains nommant les maires ou les fonctionnaires, son économie « dollarisée », pleurant un strapontin à l’ONU ? Pour peu politiquement correcte qu’elle paraisse en ces jours de co-célébration, l’hypothèse était bel et bien envisagée et même un peu plus. Deux grains de sable : de Gaulle, et les Français.
Si le débarquement du 6 juin 1944 devait rester dans l’histoire de France synonyme de « libération », tel n’était pas son but initial. C’est au début de 1943, alors que la guerre a basculé à l’Est par la victoire soviétique décisive de Stalingrad, que le principe de l’opération « Overlord » (« Suzerain ») est arrêté par Roosevelt et Churchill. L’objectif n’en est évidemment pas les bocages normands ni Paris ni Strasbourg mais Berlin, qu’il convient de ne pas laisser à Staline.
Puissance déchue, le sort de la France n’est pas le souci majeur des futurs vainqueurs qui entretiennent en outre des relations tumultueuses avec l’incontrôlable Général de Gaulle. Intéressés au devenir de l’Europe d’après-guerre, ceux-ci ne peuvent cependant s’en désintéresser complètement. L’Allemagne et ses serviteurs vichyssois disparus, elle ne doit ni sombrer dans l’anarchie ni, pire encore, tomber entre les mains des communistes que l’on sait particulièrement actifs dans la résistance. Assez tôt, les alliés se sont préoccupés de son administration.
Défiance
Dès 1941-1942, Washington prévoit d’imposer à la France le même régime qu’aux futurs … vaincus (Italie, Allemagne, Japon) : un statut de protectorat. Celui-ci sera régi par un pouvoir de circonstance, «Allied Military Government of Occupied Territories » (Gouvernement militaire allié des territoires occupés) dont l’acronyme devait rester : l’AMGOT.
Testée en Italie en 1943, cette structure, a pour vocation d’administrer, sous contrôle anglo-américain, les zones reprises aux Allemands. Des centaines de cadres sont formés dans ce but par une académie basée à Charlottesville, en Virginie. Son rôle reste d’actualité à la veille du débarquement de Normandie malgré la montée en puissance et la légitimation de la Résistance intérieure et extérieure. Une obstination souvent attribuée aux réticences – c’est une litote – américaines envers la mouvance gaullienne.
Peu francophile en général, Roosevelt ne cache guère son aversion profonde envers le chef de la France libre, qu’il qualifie d’ « apprenti dictateur » et considère comme un petit général de brigade prétentieux, voire un jouet des communistes. De la (tardive) entrée en guerre des États-Unis jusqu’à la fin 1944, il ne le dédaigne pas seulement mais s’efforce d’en éloigner Winston Churchill (qui comprend mieux, en dépit des orages, l’homme du 18 juin), avec d’autant plus de succès que les sujets de discordes se multiplient au fil du conflit : participation aux décisions et plus encore sort de l’Empire, dont la libération est un enjeu militaire mais aussi économique intéressant les Anglo-saxons.
Avant et après leur prise de contrôle de l’Afrique du Nord (Opération Torch, novembre 42), les alliés – Américains, en particulier – s’y appuient sur des personnalités hostiles à de Gaulle, voire ouvertement issues du régime de Vichy (Weygand, Giraud, Darlan, Pucheu). Leur échec et les succès sur ce point de l’exaspérant général (qui écarte ses rivaux et fait reconnaître son autorité) ne les amènent pas à beaucoup plus de bienveillance à son endroit ni (pour les États-Unis, surtout) de lucidité envers les pétainistes. Washington maintiendra jusqu’au bout – après même les débarquements de 1944 – un ambassadeur – l’amiral Leahy, ami du maréchal Pétain – auprès du gouvernement de Vichy qu’il ne cesse jamais de considérer comme un interlocuteur.
Pression
Quelques semaines avant l’opération Overlord, la place de de Gaulle est à l’inverse toujours niée de Roosevelt qui fait même interdire, par intention vexatoire plus que par sécurité, les messages chiffrés entre Londres et Alger, les deux bases de son « gouvernement ».
Le Président démocrate ne peut cependant ignorer totalement une opinion publique et une presse américaines bien plus favorables – souvent admiratives – à la France combattante de l’intérieur et extérieur et à son chef désormais reconnu par tous les courants républicains (grâce, en particulier, à l’action de Jean Moulin).
Un peu à contrecœur, il se résout à lui faire discrètement transmettre en mai une invitation à se rendre aux États-Unis. De Gaulle s’offre le luxe de tergiverser, et en raison du cours de la guerre, elle ne sera honorée qu’au début de l’été.
La pression est forte également en Grande-Bretagne. A un député qui le harcèle le 19 avril à la Chambre des Communes pour savoir si « oui ou non » les alliés vont traiter avec le CFLN (Comité français de libération nationale, organisation créée à Alger en 1943 et dirigée par De Gaulle), le ministre des Affaires étrangères Anthony Eden lâche finalement : « yes Sir ».
L’AMGOT pourtant, reste virtuellement opérationnelle. Deux-cents officiers environ ont été préparés à Charlottesville à l’administration des zones libérées. Une monnaie de papier, surtout est imprimée, issue dans sa forme du dollar mais frappée du drapeau français et appelée « franc ». La devise « liberté, égalité, fraternité » et le mot « France » y figurent mais pas celui de « République », ce qui n’a rien de fortuit : « Comment savez-vous quel type de gouvernement il y aura en France après la guerre ? Peut-être sera-ce un empire ou encore une monarchie », avait ironiquement fait valoir Roosevelt.
Monnaie provisoire prévue initialement pour le territoire français par les Américains.
“Nous ou le chaos“
Exaspéré d’être tenu à l’écart du débarquement, suspectant à juste titre les Anglo-saxons de préparer une mise sous tutelle de la France libérée, de Gaulle se raidit. « Nous ne demandons rien, indique t-il à son ambassadeur auprès de la Grande-Bretagne, Pierre Viénot. Il y a nous, ou bien le chaos. Si les alliés de l’Ouest provoquent le chaos en France, ils en auront la responsabilité et […] seront les perdants ». Pour que les choses soient claires, le CFLN devient le 2 juin « Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF) ». Le 4 juin, alors que les troupes alliées – et, cette fois, notamment françaises – entrent dans Rome, de Gaulle rencontre Churchill dans son train bloqué près de la gare de Porthsmouth.
D’abord baignée de l’euphorie de la victoire pressentie, la conversation devient presque violente lorsque le Premier ministre britannique évoque le rôle incertain de son GPRF. « Je n’ai rien à demander dans ce domaine aux États-Unis d’Amérique, s’étrangle De Gaulle, non plus qu’à la Grande-Bretagne. (…) Je note que les gouvernements de Londres et de Washington ont pris leurs dispositions pour se passer d’un accord avec nous.(…) Les troupes qui s’apprêtent à débarquer sont munies d’une monnaie soi-disant française que le Gouvernement de la République ne reconnaît absolument pas (…) Comment voulez-vous que nous traitions sur ces bases ? ( …) Allez, faites la guerre avec votre fausse monnaie ! ».
La réplique de Churchill est non moins historique : « Sachez-le, chaque fois qu’il nous faudra choisir entre l’Europe et le grand large, nous serons toujours pour le grand large. Chaque fois qu’il me faudra choisir entre vous et Roosevelt, je choisirai toujours Roosevelt ». Sa fureur contre de Gaulle augmente encore le lendemain. Il faut, dit-il que le commandement « le mette dans un avion et qu’il le renvoie à Alger, enchaîné si nécessaire. Il ne faut pas le laisser rentrer en France ».
Le 6 juin, la déclaration d’Eisenhower (Commandant en chef des Forces alliées) aux « Peuples libérés d’Europe occidentale» et lancée en France sous forme de tracts en vingt millions d’exemplaires affirme sa seule autorité sans aucune mention du GPRF : « Quand la France sera libérée de ses oppresseurs, dit-elle au contraire, vous choisirez vous-mêmes vos représentants ainsi que le Gouvernement sous l’autorité duquel vous voudrez vivre ».
L’appel du Général de Gaulle prononcé le même jour sur les ondes de la BBC est, lui, assez elliptique sur le fait que le débarquement est l’œuvre, pour l’essentiel, de ses alliés anglo-saxons : « La bataille suprême est engagée… C’est la bataille de France et c’est la bataille de la France. Les consignes données par le gouvernement français et par les chefs français qu’il a qualifiés [doivent être] exactement suivies ».
Pragmatisme
Or, la France combattante avait aussi minutieusement préparé sa prise de pouvoir. Outre la sympathie et les compétences sur lesquelles elle savait pouvoir s’appuyer, outre l’appui de la Résistance intérieure, elle avait depuis près d’un an veillé à la formation de cadres pour remplacer l’administration vichyssoise déchue.
À mesure que des parcelles de territoire sont libérées, les autorités reconnaissant le GPRF s’installent sans difficulté, exerçant la réalité du pouvoir.
Mal préparés aux réalités françaises, sans appui dans les populations locales, les agents de l’AMGOT sont en revanche réduits à une figuration errante. Pragmatique et constatant que l’ordre règne, le général autant que politicien Eisenhower renonce relativement vite à l’administration militaire de la France.
Quant à la « fausse monnaie », qualifiée par François Coulet (premier Commissaire de la République mis en place par De Gaulle) de « drôles de dollars décorés d’un drapeau français », nul n’en veut de bon gré.
Son cours initialement imposé par les autorités militaires lui vaut une modeste diffusion dans la population normande mais elle est vite retirée de la circulation, servant quelques mois plus tard à payer … les impôts.
Accueilli sous les acclamations le 14 juin à Bayeux, De Gaulle peut passer début juillet à un autre voyage, moins symbolique mais presque aussi important : sa réception officielle aux États-Unis. Grand succès diplomatique, médiatique et même populaire, il contribue à asseoir sa stature internationale.
La libération de Paris « par les siens » le 25 août et le triomphe personnel de De Gaulle qu’il consacre libère l’horizon. Son gouvernement est – enfin – reconnu par la Grande-Bretagne, l’URSS et … les États-Unis d’Amérique le 23 octobre 1944. Dans le récit en construction, l’AMGOT n’est plus qu’un épisode recouvert par l’épopée, et ses banknotes des pièces rares pour les collectionneurs.
L’augmentation du prix de l’énergie, des matières premières et des produits agricoles provoque un important transfert au profit des pays producteurs. En quelques semaines, le cours du baril de pétrole est passé de 60 à 118 dollars. Compte tenu d’un niveau de consommation proche de 100 millions de barils jour, le transfert annuel atteint, au niveau mondial, la somme de plus de 2 000 milliards de dollars, soit presque le PIB de la France.
L’interventionnisme des pouvoirs publics se renforce de crise en crise
Aujourd’hui, l’augmentation de l’énergie n’est pas la seule à toucher les entreprises et les ménages. Elle est complétée par celle des matières premières, des produits agricoles et de nombreux biens intermédiaires comme les microprocesseurs. En 1973, lors du premier choc pétrolier, les pouvoirs publics français avaient imposé aux entreprises de prendre à leur charge, sous forme de prélèvements et d’augmentations salariales, une grande partie des conséquences de l’augmentation des prix. Ce choix avait contribué à une dégradation de la compétitivité du pays et retardé sa modernisation. Quarante ans plus tard, ce ne sont plus les entreprises qui sont mises à contribution mais l’État appelé à compenser les hausses de prix.
En France, l’interventionnisme des pouvoirs publics se renforce de crise en crise. Les dépenses publiques s’élevaient ainsi à 59 % du PIB en 2021, contre 46 % du PIB en 1980, montant qui avait amené certains à qualifier à l’époque, la France d’État socialiste voire collectiviste. Les dépenses sociales sont, de leur côté, passées de 24 à 34 % du PIB sur la même période. Du fait d’une croissance qui s’érode au fil des années, la progression des dépenses publiques s’est accompagnée de celle du déficit public et de la dette publique. Depuis 1973, la France n’a plus connu d’excédent public. Fin 2021, la dette représentait 113 % du PIB contre 21 % en 1980. Il en résulte des besoins de financement croissants de l’État. Ceux-ci devraient s’élever, en 2022, à 300 milliards d’euros. Cette somme permet de couvrir le montant du déficit public, le remboursement du capital des emprunts souscrits dans le passé et le financement de la trésorerie courante.
La dette est, de fait, perpétuelle, mais pas gratuite
La dette est, dans les faits, perpétuelle, les pouvoirs publics empruntant pour s’acquitter des tombées d’emprunt. Les épargnants français et étrangers ainsi que la Banque centrale sont amenés à financer de plus en plus les dépenses publiques qui ne sont pas financées par les prélèvements obligatoires, ces derniers atteignant pourtant déjà plus de 44 % du PIB.
Ces dernières années, les taux d’intérêts nuls voire négatifs donnaient l’illusion d’une dette gratuite. Certains affirmaient que l’État avait tout avantage à s’endetter car l’argent était donné. D’autres estimaient que le financement par la banque centrale ne posait aucun problème en raison de l’absence de l’inflation. Or, en économie, rien n’est jamais définitif. Tout est mouvement. Avec la résurgence de l’inflation, les taux d’intérêt sont orientés à la hausse. Les emprunts souscrits hier à taux négatifs seront demain resouscrits à des taux plus élevés tout comme les déficits à venir, car nul n’imagine à court ou moyen terme leur disparition.
Nul n’ose évoquer la proximité du mur du financement
Le service de la dette de l’État qui était de 40 milliards d’euros en 2022 et regroupe les crédits affectés au paiement des emprunts, a diminué ces vingt dernières années malgré l’envolée de l’endettement. Cependant, il devrait à nouveau augmenter à l’avenir. Avec une hausse de 2 points, la facture pourrait presque doubler au bout de trois ans. En cas d’absence de croissance susceptible de procurer un surcroît de recettes publiques, un risque d’emballement de la dette publique n’est pas impossible, sauf à réduire drastiquement les dépenses.
Pour le moment, nul n’ose évoquer la proximité du mur du financement, la rémanence des taux bas étant encore prégnante. Les pouvoirs publics craignent également la multiplication des mouvements sociaux et préfèrent éteindre les incendies au jour le jour. Cette politique de soutien inconditionnel, qui s’amplifie de crise en crise, ne semble pas pouvoir s’achever, étant déjà à l’œuvre depuis cinquante ans.
Les oiseaux de mauvais augure qui annoncent qu’elle mène tout droit à la faillite ont été contredits par les faits et n’ont plus guère le droit au chapitre même si la donne a changé. N’étant plus entendus et encore moins écoutés, la menace d’une crise des financements prend tout son relief.
La première ministre Elisabeth Borne a annoncé jeudi (2 juin) préparer une « loi d’exception » pour faire face au réchauffement climatique et réduire la dépendance française aux énergies fossiles russes.
Dans un interview au journal Le Point, Mme Borne estime qu’une « transformation radicale de nos modes de production » s’impose pour atteindre l’objectif d’une « France neutre en carbone en 2050 ». La nouvelle loi pourrait soutenir le développement des énergies renouvelables et permettre l’isolation des logements.
En outre, Mme Borne a souligné le souci de protéger la « souveraineté » française en réduisant la dépendance du pays aux énergies russes. Une annonce qui fait écho au plan d’indépendance énergétique de la Commission, REPowerEU, qui met la lutte contre la crise climatique au centre de ses priorités, notamment par l’accélération du déploiement des énergies renouvelables et en réalisant des économies d’énergies.
La première ministre Elisabeth Borne
Pas question cependant « d’augmenter la fiscalité verte », ce qui reviendrait à opposer « l’écologie contre l’économie ». « Les Français ne sont plus à convaincre de la nécessité qu’il faut mener cette transition écologique […]. Il faut maintenant leur apporter des solutions concrètes et ne pas les plonger dans l’impasse » a-t-elle ajouté.
Mme Borne, chargée expressément de la planification écologique depuis sa nomination à Matignon le 16 mai, explique que l’écologie est aujourd’hui « au cœur des politiques publiques » françaises. « Nous devons nous fixer des trajectoires claires, avec deux priorités fortes : sortir des énergies fossiles et lutter contre l’effondrement de la biodiversité ».
Vendredi 3 juin n’était que le centième jour de « l’opération spéciale » lancée par Vladimir Poutine contre l’Ukraine. Il y en aura d’autres. 20% du territoire ukrainien est occupé (y compris la Crimée). L’offensive russe était allée plus loin, elle a reculé. Elle revient avec une stratégie héritée de la guerre de 14 : 3000 canons bombardent la ligne de front, champs, villes et villages. Puis recommencent, détruisant tout, y compris écoles et hôpitaux. Ainsi Poutine pense-t-il obtenir le Donbass, et l’affaiblissement durable d’une Ukraine ruinée par la guerre, à défaut de lui avoir imposé son asservissement. 12 millions d’Ukrainiens déplacés, 5 millions partis à l’étranger, 500 milliards de dollars de destructions.
Les guerres risquent de se multiplier un peu partout dans le monde
Beaucoup craignent la troisième guerre mondiale. Vu l’état de la Russie, elle reste improbable. Mais les guerres risquent de se multiplier un peu partout dans le monde, chacun mettant à profit la guerre entre « grands » pour régler ses conflits internes et externes, exacerbés par les risques de famines et de faillites. Cette guerre est une catastrophe pour tous, surtout pour les pays fragiles.
Ce n’est pas l’Ukraine qui est la plus détruite. Déchirée par le doute depuis son indépendance, l’Ukraine a refondé son unité. Ce n’est pas Zelensky qui a décidé de résister, c’est l’armée ukrainienne, censée s’effondrer. Plus que l’armée, ce sont les volontaires : les Ukrainiens. Aucun traité, aucun dirigeant, ne pourra revenir là-dessus. La retraite de Kiev, puis celle de Kharkov (peuplée de russophones) a confirmé que l’Ukraine durera, et suivra un modèle différent de celui de la Russie. A moins que la Russie ne suive le modèle ukrainien.
Ces cent jours de guerre ont abîmé matériellement l’Ukraine mais l’ont renforcée « spirituellement ». La Russie, au contraire, s’est renfermée. Aucun pays n’a été à ce point condamné par les autres. Soit, elle conserve de bonnes relations avec bien des pays : quand on a quelque chose à vendre, on trouve acheteur ; or la Russie est un pays riche, ou devrait l’être. La guerre renforce sa lente glissade vers le sous- développement.
Il faut accueillir avec joie artistes, cinéastes, scientifiques ou écrivains russes, ils portent en eux la prochaine renaissance russe
Peu importe l’économie : les Russes sont habitués à souffrir, à résister au monde entier, répètent les chaînes de télévision. L’âme russe a la peau dure, mais c’est l’âme qui souffre le plus : plus de presse libre, plus d’opposants, les scientifiques, les ingénieurs partent, les artistes aussi. C’est une bêtise de vouloir boycotter artistes, cinéastes, scientifiques ou écrivains russes. Il faut les accueillir avec joie, ils portent en eux la prochaine renaissance.
Beaucoup répètent que les Russes ne connaitront jamais la liberté, parce qu’ils ne l’ont jamais connue, parce qu’ils n’en voudraient pas. Les Ukrainiens, après les Baltes, Bulgares ou Moldaves, démontrent le contraire : comme les Coréens (du sud), les Japonais, les Chinois (de Taïwan), les Ukrainiens, les Turcs, les Sénégalais, les Mauriciens et tant d’autres. La démocratie ne dépend pas d’une « culture », elle est vraiment universelle.
Poutine a reconstruit le système dictatorial du KGB mais cette évolution n’était pas écrite d’avance. Poutine est populaire ? Staline l’était plus encore. Faire en sorte que le tyran soit populaire est le principe de la dictature. Comme le disait, dès 2008, Kassianov, ex Premier ministre de Poutine : « La violenceet la corruption sont les idées maîtresses de ce régime ». L’assassinat de l’opposant libéral Boris Nemtsov en 2015, les condamnations de Navalny, ne sont que les signes de pratiques plus générales.
Si l’on cherche les causes de la guerre d’Ukraine, elles sont là : une fracture fondamentale – ni celle de la religion, du choc des civilisations, ou de résurrection des empires-: les uns cherchent, maladroitement, un chemin vers plus de liberté, les autres la voient comme une menace.
Poutine ne pouvait dériver que vers une dictature s’il voulait rester au pouvoir. Or pourquoi ne serait-il pas resté puisqu’il tenait l’appareil ? Mais il lui fallait nier toute valeur aux sociétés libérales, en combattre l’influence, surtout quand elle contaminait ses marches.
Ukrainian servicemen pose for a picture near a destroyed bridge as Russia’s invasion of Ukraine continues, in the town of Irpin outside Kyiv April 1, 2022. REUTERS/Gleb Garanich TPX IMAGES OF THE DAY
Qui peut sauver la Russie ? A part les Russes, personne.
L’Ukraine représente le modèle inverse de celui de Poutine : le vœu d’une démocratie à l’européenne. C’est en réponse à l’accord d’association UE-Ukraine de 2014 – et non à quelque manœuvre de l’Otan– que la Russie annexe la Crimée et alimente le conflit dans le Donbass. Ce n’est pas un hasard si l’association « Memorial », fondée par Sakharov pour rappeler l’histoire des goulags, a été fermée quelques jours avant l’invasion. En cela Poutine abime la Russie, la détruit peu à peu.
Qui peut sauver la Russie ? A part les Russes, personne. Entre 15.000 et 20.000 Russes ont trouvé la mort en Ukraine.
On doit imaginer la Russie heureuse : ouverte, lucide, libre.
On dit que des milliers de jeunes russes désertent. Possible. Déjà, en 2018, 41% des jeunes entre 18 et 24 ans rêvaient de partir en Europe. Selon le Guardian, 3.8 millions de Russes ont quitté leur pays depuis 2000, 200.000 par an en moyenne. Depuis le déclenchement de la guerre, malgré l’interdiction de transférer de l’argent, 300.000 seraient partis1. Partir est une excellente initiative, à condition de conserver des liens, de pouvoir revenir, librement.
On doit imaginer la Russie heureuse : ouverte, lucide, libre. Aucune fatalité ne pèse sur les Russes. Qui sait, dans cent jours peut-être, plus tard, la Russie se débarrassera d’un système qui l’avilit. Prévoir le pire, mais aussi le meilleur.
Le rôle de l’Occident est d’aider par tous les moyens l’Ukraine à résister-y compris en sacrifiant des intérêts évidents- à démontrer à Poutine et à ceux qui le soutiennent qu’ils ne pourront jamais l’emporter, mais à laisser, toujours ouverte, une porte de sortie.
Faire la guerre et prévoir la paix.
La France, l’Allemagne, l’Italie -avec son plan de paix- irritent. Forcément, puisqu’en plein combat ils parlent de l’après. Les Italiens ont proposé un cessez-le-feu, le retrait des troupes, l’entrée de l’Ukraine dans l’UE mais pas dans l’Otan, l’autonomie large du Donbass et de l’Ukraine sous souveraineté ukrainienne. Les Russes ont dit niet2. Pour l’Ukraine, le « pacifisme faible » frise la trahison3. Chacun espère un avantage sur le terrain. Les Russes portent l’effort aujourd’hui, avant que les Ukrainiens ne reçoivent de nouvelles armes, vers juillet, août, et tentent de reprendre les terres perdues. A la fin, il y aura ou un conflit gelé, c’est-à-dire permanent, ou une paix qui rendra les frontières presque symboliques.
Faire la guerre et prévoir la paix. Réfléchir à la paix, ce n’est pas seulement œuvrer pour un cessez-le-feu- même s’il faut avancer pas à pas- c’est imaginer un système de paix et de sécurité, qui peu à peu, infusera en Russie, à nouveau, un sentiment de sécurité et de… liberté.
Le soutien à l’Ukraine, le combat pour la paix, et celui pour la liberté font partie d’un même ensemble. Si Poutine finit par accepter la paix, il devra desserrer son étreinte, non seulement sur l’Ukraine, mais aussi sur la Russie.
1 Selon OK Russians. Déjà 20.000 en Géorgie et 80.000 en Arménie.
2 « Il y est question que la Crimée et le Donbass appartiennent à l’Ukraine avec une large autonomie. Des responsables politiques sérieux qui veulent des résultats ne peuvent pas proposer des choses comme ça » a répondu Lavrov sur la chaine russe RT. C’est presque un progrès : il ne dit rien sur Kherson.
3 Ganna Malyar, vice-ministre de la Défense ukrainienne : « Nous rejetons ce pacifisme faible. L’Ukraine se battra pour la libération complète de ses territoires dans leurs frontières internationalement reconnues. Poutine peut sauver la face en se retirant de nos territoires. »
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
Les expatriés ont voté. En deux temps, du 27 mai au 01 juin en ligne et ce dimanche 05 juin dans les urnes mises à disposition dans plusieurs bureaux de vote implantés dans les grands centres urbains de plus de 150 pays. Si la participation a progressé, elle est encore décevante. Mais ça y est, on connait les 22 candidats qui vont tenter de vous séduire pendant les 15 prochains jours afin de devenir votre député à l’Assemblée nationale dès le 20 juin comme tous les autres représentants de la Nation.
Une participation qui progresse lentement
Avec près de 30% de participation, c’est une faible progression de 1 ou 2 points par rapport à 2017. Encourageant mais insuffisant pour reprendre le vocabulaire scolaire.
Les problèmes d’identification en ligne et de réception du code de validation du vote rencontrés lors de ce premier tour ont sûrement découragé une grande partie de nos compatriotes à l’étranger. Ils sont nombreux à l’avoir exprimé sur les réseaux sociaux.
Si cela fait déjà plusieurs élections pour lesquelles le vote en ligne est proposé aux expatriés, ce n’est que la première expérience avec le nouveau prestataire Docapost (filiale du groupe français La Poste). On peut espérer que les écueils seront réglés pour le second tour et qu’ainsi une dynamique positive s’enclenchera.
Des candidats Renaissance dans toutes les circonscriptions
il existe 11 circonscriptions des Français de l’étranger, dans 10 d’entre elles un candidat de Renaissance est arrivé à obtenir le nombre de voix suffisant pour être qualifié au second tour.
Seul raté, la péninsule ibérique où la majorité présidentielle avait parachuté l’ancien Premier ministre, Manuel Valls. Un mauvais calcul pour lui, mais pas pour Renaissance (nouveau nom de LREM), car le candidat qui sera opposé à celui de la NUPES, c’est Stéphane Vojetta, député sortant. Ce dernier siégeait au sein du parti d’Emmanuel Macron mais n’avait pas été investi au profit donc de Manuel Valls. Mais le député-candidat avait annoncé qu’il siégerait avec ce groupe en cas de réélection. Il y a donc bien 11 candidats prêts à rejoindre la majorité présidentielle dès le 20 juin 2022.
NUPES, l’union fait les qualifications
Avec la Nouvelle Union Populaire, Écologique et Sociale, la gauche a retrouvé des couleurs. Alors qu’il y avait peu d’espoir de voir des candidats socialistes ou insoumis au second tour, l’alliance autour de Mélenchon a permis à la gauche d’être présente dans toutes les circonscriptions au second tour à l’exception de la VIIIème circonscription (Méditerranée de l’Est).
En Amérique du Sud mais aussi sur la circonscription du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, voire en Asie, on peut imaginer une victoire des candidats investis par Jean-Luc Mélenchon et ses alliés.
Ceux qui ont vraiment pâti de cette Union Populaire, ce sont les partis de droite qui n’ont qu’un candidat de qualifié au second tour, Meyer Habib dans la 8ème circonscription des Français établis hors de France, soit la Méditerranée de l’Est.
Les résultats circonscription par circonscription
Le site Lesfrancais.press a compilé pour vous les résultats dans les 11 circonscriptions. Découvrez les 22 candidats qui s’affronteront au second tour le 19 juin 2022 (à l’urne, vote en ligne du 10 au 15 juin 2022, midi, heure de Paris).
Circonscription 1 – Amérique du Nord
Roland Lescure n’aura pas été pris à partie pour les motifs impérieux qui furent imposés aux expatriés pendant la pandémie.
Il finit ce premier tour en dominant largement le plateau politique.
Mais la jeune et talentueuse Florence Roger le talonne, surfant sur les bons scores de Jean-Luc Mélenchon dans certains consulats comme à Québec.
Circonscription 2 – Amérique centrale et du Sud
Le chargé des affaires internationales de Jean-Luc Mélenchon va être un adversaire difficile pour Eléonore Caroit la candidate de LREM.
Les deux candidats sont parachutés, la différence peut se faire avec le dynamisme de la suppléante de la France Insoumise, Florence Poznanski, qui connait très bien la circonscription et en particulier le Brésil.
Avec 3 836 voix pour Mme Caroit et 3129 voix pour M. Rodriguez, le jeu est ouvert pour ce second tour.
Circonscription 3 – Iles britanniques et Europe du Nord
Alexandre Holroyd arrive largement en tête de ce premier tour.
Avec plus de 5000 voix d’avance sur la candidate de la NUPES, Charlotte Minvielle, et avec une large réserve de voix, le candidat de la majorité présidentielle devrait être reconduit.
Cependant, Charlotte Minvielle a réussi à créer une dynamique que beaucoup pensaient impossible. Une surprise n’est pas à exclure selon la mobilisation.
Circonscription 4 – Benelux
Surprise ! La candidate NUPES est au coude à coude avec Renaissance. Avec 32,2%, Cécilia Gondard talonne le député sortant qui obtient 38,6% des voix.
Pieyre-Alexandre Anglade a pourtant bien mené campagne ces dernières semaines.
Présent dans sa circonscription pendant la campagne, ce fut une vraie surprise pour les électeurs mais elle s’accompagna d’un effet indésirable pour le député sortant. Ces derniers se sont rendus compte qu’il a été peu présent pendant son mandat. Travaillait-il à Paris ? Son taux de participation aux votes à l’Assemblée nationale indique plutôt l’inverse.
Mais Cécilia Gondard, malgré ses années comme élue consulaire et à l’Assemblée des Français de l’étranger, semble ne pas disposer des réserves de voix nécessaires pour une victoire, sauf si…
Circonscription 5 – Péninsule ibérique, Andorre et Monaco
Une circonscription qui fut suivie par toute la presse nationale. Et pour cause, Manuel Valls était investi par la parti présidentiel.
Mais décidément, la greffe ne prend pas dans la péninsule ibérique pour l’ancien premier ministre.
C’et donc bien le député sortant, Stéphane Vojetta, qui est qualifié pour le second tour avec 25,39% des voix contre 15,85% pour Manuel Valls. Il sera opposé à Renaud Le Berre, candidat écologiste pour la NUPES, qui arrive en tête avec 27,24 % des bulletins mais avec une faible réserve de voix.
Circonscription 6 – Suisse
Une arrivée en fanfare pour Marc Ferracci en Suisse.
L’ami d’Emmanuel Macron a su trouver les bons arguments pour convaincre les électeurs de Suisse de lui faire confiance. Et c’est avec une large avance que le candidat macroniste conclut sa campagne du second tour.
Marc Ferracci devrait remporter sans difficulté cette circonscription où les Français sont nombreux.
Circonscription 7 – Europe centrale et de l’Est
Le député Frédéric Petit a mené une campagne basée sur son bilan. Et bien lui en a pris, car les électeurs l’ont placé à tête de ce premier tour.
Asma Rharmaoui-Claquin a su pourtant mobiliser avec un score plus que respectable.
Cependant comme dans d’autres circonscriptions, les réserves de voix sont plutôt favorables au candidat du MODEM investi par Emmanuel Macron.
Circonscription 8 – Méditerranée de l’Est
Meyer Habib se présente pour son troisième mandat et ne lasse pas les électeurs qui ont été 40% à lui renouveler leur confiance.
Les Français de la circonscription semblent vraiment s’y attacher, ils l’ont porté en tête de ce premier tour.
La candidate du parti présidentielle, ancienne cheffe du cabinet d’Olivier Véran, obtient un score minoré (36%) par les motifs impérieux imposés pendant la pandémie qui lui collent à la peau.
Circonscription 9 – Maghreb et Afrique de l’Ouest
L’ancienne ministre aux inégalités, Elisabeth Moreno, arrive deuxième à cette élection.
C’est Karim Ben Cheikh, le candidat de Génération.s, investi par la NUPES, qui arrive en tête.
Cet ancien Consul général a su profiter de la mauvaise presse qui a entouré l’ancien député El Guerrab comme l’ancienne ministre dont la fille est prise dans un trafic de cocaïne à destination de la France.
Circonscription 10 – Proche-Orient et Afrique centrale
Une élection sans surprise sur cette circonscription qui comprend une large partie de l’Afrique et du Moyen-Orient.
C’est bien Amélia Lakrafi, l’efficace et discrète députée sortante qui termine en tête.
Chantal Moussa est bien qualifiée au second tour mais l’écart semble trop important pour envisager un retournement de situation.
Circonscription 11 – Europe orientale, Asie et Océanie
Anne Genetet a réussi son pari, elle arrive largement en tête du premier tour.
Les dissidents ou les concurrents comme le célèbre sportif Pascal Gentil ne seront pas arrivés à la déstabiliser.
C’est donc avec 38,6% des voix qu’ Anne Genetet s’engage dans la campagne du second tour qui devrait se conclure en sa faveur.
La Reine Elizabeth II est apparue sur le balcon du palais de Buckingham avec des membres de sa famille le premier jour des célébrations de son jubilé de platine.
La première apparition de la monarque jeudi était aux côtés du duc de Kent, alors qu’ils faisaient le salut et que des milliers de personnes se pressaient dans le centre de Londres pour célébrer les 70 ans de sonrègne.
Elle portait la même tenue bleu pâle que pour le portrait officiel du jubilé publié mercredi, et est apparue tenant une canne.
Des milliers de personnes étaient présentes au Mall pour regarder le défilé militaire, “Trooping the Colour”.
Une Reine aimée par les francophones
Dans la foule se trouvait une famille française. Gayav, Ines, Imane et Meredith sortaient du Mall après le défilé. “On habite à Londres et nous sommes venus voir la Reine !” Leur moment préféré du « Trooping the Colour », c’était quand la Famille Royale est passée en carrosse. “J’espère que la Souveraine vivra encore longtemps.”
Un peu plus loin se trouvaient deux frères de la Suisse romande. Yohann et Evan sont passionnés d’Histoire. “Nous suivons des études d’Histoire à l’université.” Ils avaient la chance d’avoir une bonne place parmi les plus d’un million de personnes présentes. “Le point fort c’était la réaction de la foule quand la Reine est apparue au balcon. Ce qui nous a marqués pendant les 70 ans de règne, c’est sa détermination. Le fait que la monarchie a connu des difficultés mais a toujours tenu bon.”
Dédicace à la librairie La Page
A l’occasion du jubilé de platine d’Elizabeth II, la Librairie La Page à South Kensington aura le plaisir de recevoir samedi 4 juin Thomas Pernette, auteur de son ouvrage ”Elizabeth II, les chapeaux de la Couronne”. Selon Isabelle Lemarchand, Directrice de La Page, “la librairie avait son livre en stock et comme il venait à Londres pour couvrir le jubilé, nous lui avons proposé de passer le signer!”
La Librairie La Page n’est pas le seul endroit où se rassemblent les Français et où l’on célèbre le jubilé. L’École des Petits et L’Ecole de Battersea vont fêter les festivités du jubilé de platine de la Reine. De la petite section au CM2, les élèves sont actuellement en pleine réalisation de travaux inédits qu’ils dévoileront le lundi 6 juin 2022.
Les Français à Londres et au Royaume-Uni feront sans doute des fêtes de quartier et assisteront aux autres événements.
Mais cette journée fut historique car le Royaume-Uni n’aura sans doute plus de monarque qui régnera pendant plus de 70 ans.
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