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  • Qui pour adopter Marcus le cochon ?

    Qui pour adopter Marcus le cochon ?

    Au détour d’un groupe Facebook, un appel à la solidarité nous interpelle ! Mélissa, expat en ce moment en Australie, est à la recherche d’une famille pour s’occuper de Marcus le cochon. Qui est Marcus ? Un petit porcelet qu’elle a sauvé, avec sa compagne, il y a quelques mois. Elles espèrent trouver la famille d’accueil qui pourra recueillir ce compagnon pas comme les autres.

    Un peu de contexte 

    Mélissa et Noémie sont en Australie depuis plus de deux ans avec un Working Holiday Visa. Elles travaillent depuis un an dans une « cattle station », comprenez une ferme de bovins destinés à la production de viande. Dans le nord du Queensland, où elles ont élu domicile, les troupeaux sont roi ! Tout animal, même les espèces endémiques comme les kangourous, sont comme des nuisibles pour les australiens. En effet, ils entrent en concurrence pour la nourriture, notamment à la fin de la saison sèche, quand les denrées se font rares.

    Les cochons sont particulièrement pris pour cible. En effet, ils ont une forte tendance à venir dévorer le « lick ». C’est un mélange de granulés donné aux bovins pour compléter leur nourriture et éviter les carences. Dans ce contexte, le fermier a installé de nombreux pièges afin de limiter les intrusions. 

    L’arrivée de Marcus le cochon

    En mai dernier, la famille de Marcus se fait prendre dans l’un des pièges de la ferme. Par chance, Marcus y échappe. C’est un collègue de Mélissa et Noémie qui le récupère. Après avoir fait les yeux doux au manager, les filles peuvent le garder sans qu’il ne soit tué ! 

    marcus
    Photo prise par Mélissa

    Il n’était pas sevré et il avait besoin de beaucoup de chaleur et d’attention. Elles l’ont gardé pendant quelque temps dans leur maison, avant de le laisser vivre librement avec un troupeau de veaux orphelins dont elles ont la charge.

    Aucune description disponible.
    Photo prise par Mélissa

    Un compagnon exceptionnel

    Au fil du temps, les filles commencent à lui apprendre des tours. Grimper sur des bottes de foin pour obtenir de la nourriture, tourner sur lui-même, Marcus le cochon n’est pas avare de cabrioles ! Il devient ami avec tout le monde, y compris avec le chien de la station. Il reste malgré tout un peu timide avec les humains, mais s’en accommode avec le temps.

    Photo prise par Mélissa

    À la recherche d’une famille pour adopter Marcus le cochon

    Mélissa et Noémie l’adorent, mais malheureusement, elles vont désormais reprendre la route et ne peuvent pas emmener Marcus le cochon avec elles. En effet, elles sont « backpackeuses » et prévoient de voyager à travers le pays. Impensable pour elles que Marcus se retrouve dans cette position inconfortable de devoir se déplacer tout le temps. Elles ne veulent pas non plus le laisser à la cattle station :

    « Le problème est que Marcus, bien que totalement apprivoisé, est toujours considéré comme un indésirable aux yeux de la loi. Si on part sans lui, le manager mettra fin à ses jours heureux, ce qui est totalement hors de question pour nous qui avons tant pris soin de lui et l’aimons tant. »

    Photo prise par Mélissa

    Alors elles se sont mises en tête de lui trouver une famille, capable de lui donner de l’amour et un statut légal. Elles lancent leur appel sur les réseaux sociaux et leurs critères sont non-négociables : « rappelons que les cochons sont très sociaux et très joueurs, qu’ils ont besoin d’espace et d’attention. Cependant, ils ne sont pas autorisés comme animal de compagnie partout sur le territoire. Nous sommes donc à la recherche d’une famille qui saura regrouper ces trois éléments pour accueillir Marcus. Nous sommes prêtes à faire des kilomètres pour l’emmener si nous trouvons la famille idéale. Il nous faudra aussi des personnes qui seront prêtes à nous héberger le temps d’une nuit dans un endroit sécurisé avec notre cochon, le long de la route que l’on devra parcourir pour arriver à destination. »

    Photo prise par Mélissa

    On souhaite à Mélissa et Noémie de rapidement trouver une famille d’accueil pour Marcus le cochon ! Peut-être que l’isolement des Français de ces derniers mois poussera certains à l’adoption.

  • Liban : les expatriés au cœur d’une crise historique

    Liban : les expatriés au cœur d’une crise historique

    Les Libanais ont subi depuis 2019 une inflation permanente, un effondrement des banques, une catastrophe économique et sanitaire liée à la Covid-19 ainsi qu’une explosion meurtrière à Beyrouth. Face à l’incompétence de leurs dirigeants, plus de 60% de la population du Liban est tombée dans la pauvreté et dépend désormais de l’aide alimentaire dispensée par les occidentaux.

    Deux ans après la mobilisation historique au Liban rassemblant des citoyens de toutes confessions pour réclamer le départ d’une classe politique corrompue, l’intervention du président Emmanuel Macron, les Libanais dressent un bilan amer de l’évolution de leur pays. À Beyrouth, dimanche 17 octobre, peu de citoyens se sont mobilisés pour marquer cet anniversaire, alors que le pays du Cèdre s’enfonce, chaque jour un peu plus, dans une crise sans fin.

    Des violences quotidiennes

    Jeudi, des centaines de miliciens d’Amal et du Hezbollah s’étaient déployés dans les rues du secteur de Tayouné, proche du Palais de Justice, près de l’ancienne ligne de démarcation au cours de la guerre civile (1975-1990) entre les quartiers musulmans et chrétiens.

    Les circonstances exactes des violences qui se sont produites dans ce secteur restent confuses. L’armée a fait état « d’échanges de tirs » « au moment où les manifestants étaient en route pour protester devant le Palais de Justice ». Le ministre de l’Intérieur Bassam Mawlawi a affirmé que des « francs-tireurs » avaient tiré sur les manifestants.

    La tension est restée vive vendredi, décrété jour de deuil national, malgré le déploiement en force de l’armée libanaise dans les quartiers qui ont été le théâtre des affrontements, selon des correspondants de l’AFP.

    Ces violences viennent accroître la tension politique dans le pays, où le Hezbollah et ses alliés exigent le départ du juge Tareq Bitar qui, malgré les fortes pressions, veut poursuivre plusieurs responsables dans le cadre de son enquête sur l’explosion au port de Beyrouth du 4 août 2020 (plus de 200 morts).

    Les stigmates de l’explosion d’août 2020

    Le 4 août 2020, un incendie au port de Beyrouth provoquait une déflagration des plus puissantes de l’histoire. L’explosion de centaines de tonnes de nitrate d’ammonium a tué plus de 200 personnes, défiguré la capitale libanaise et profondément traumatisé toute une nation. Le cataclysme a été ressenti jusqu’à Chypre, à environ 200 kilomètres. L’ampleur des dégâts, semblables à ceux d’une guerre ou d’une catastrophe naturelle, a choqué le monde entier.

    Mais tout aussi grave que ce qui s’est passé ce jour-là: ce qui n’a pas eu lieu depuis. Aucun coupable n’a été jugé. Bien souvent, les familles des victimes n’ont reçu ni visite ni explication des autorités. Et le seul juge qui veut pousser l’enquête à son bout, Tareq Bitar, est menacé de mort et ses investigations sont entravées.

    Port de Beyrouth après l’explosion

    La France comme soutien

    Il y a un peu plus d’un an, Emmanuel Macron se rendait pour la deuxième fois, en un mois, au Liban pour y rencontrer les responsables politiques libanais. La visite du président français avait pour but d’apporter de l’aide, humanitaire et financière. Mais en contrepartie, Emmanuel Macron a fixé un certain nombre d’objectifs, notamment sur le plan politique.

    Le premier objectif, qui consistait en l’établissement rapide d’un gouvernement de réformateurs et de technocrates indépendants, chargés du redressement du pays, a été un échec. Pour autant, comme l’a affirmé Emmanuel Macron, la France ne « lâchera pas le Liban« .

    La France continuera donc de soutenir le Liban, dans les nombreuses réformes réclamées par le peuple libanais. Parmi celles-ci : la rénovation du secteur de l’énergie, la lutte contre la corruption mais aussi la refonte de l’administration.

    « En tant qu’ancien banquier, Emmanuel Macron va suivre, tout particulièrement, la restructuration banquière. Il a très bien compris ce qui s’était passé au Liban et c’est pour cela qu’il a dénoncé un système crapuleux, mis en place par le gouverneur de la banque du Liban« , ajoute-t-il. 

    Karim Emile Bitar, chercheur associé à l’IRIS, spécialiste du Moyen-Orient et de la politique étrangère des Etats-Unis.

    Des changements nécessaires pour le Liban, si le pays ne veut pas perdre la manne financière promise, sous conditions, par le Fonds monétaire international.

    Les expatriés au régime sec

    Les 22 000 Français sur place sont dans leur grande majorité bi-nationaux. Totalement intégrés à la communauté libanaise, ils vivent avec leurs compatriotes libanais les affres de cette crise.

    Cour du Lycée français de la MLF

    Vendredi, alors que les Beyrouthins craignaient de voir les démons de la guerre civile s’emparer de nouveau de la capitale, les Français n’étaient pas épargnés. L’établissement scolaire, au coeur de la ville, géré par la Mission Laïque française, s’est retrouvé au milieu des échanges entre les bandes rivales. Des balles sont venues se perdre dans la cour du Lycée, heureusement vide à cette heure là. En attendant les parents inquiets qui accouraient de tous les quartiers, le personnel et le corps professoral poussaient la musique à fond dans les petites classes afin de couvrir le bruit des fusillades, si proche.

    « Les instituteurs couvraient les bruits des tirs avec de la musique et des jeux »

    Ghassan Ayoub, le Président du conseil consulaire pour la Syrie et le Liban
    Avec le Président du Conseil consulaire, Ghassan Ayoub, on fait le point sur la situation des expatriés au Liban.
    Ghassan Ayoub

    Pour Ghassan Ayoub, le Président du conseil consulaire pour la Syrie et le Liban, une nouvelle étape a été franchie. Après un long week-end de fête qui s’achève ce mardi 19 octobre, il craint que le flux des retours devienne très important. Déjà depuis l’explosion, plus de 5000 Français du Liban sont partis pour la France. Pour des études, pour attendre que la crise, mais va-t-elle passer ?

    L’élu républicain ne cache pas son désarroi. La vieille classe politique qu’Emmanuel Macron avait promis de chasser s’accroche au pouvoir. Et la situation économique défaillante ne fait que renforcer ces chefs de clan qui distribuent emplois de fonctionnaires à leurs affiliés, souvent seul revenu d’une famille au sens élargi.

    Le verrou financier

    Si les Français du Liban ne sont pas tous encore partis, c’est qu’ils n’en ont souvent pas les moyens. La livre libanaise ne vaut plus que son poids en papier, aucune compagnie aérienne n’en veut. Ceux qui ont des euros ou des dollars mais qui les détiennent dans des banques libanaises ne peuvent plus y accéder. Les devises étrangères  sont réservées aux caisses du trésor public libanais.

    Pour les Français qui ont des comptes en Europe ou aux USA, ainsi que pour les Libanais dans cette situation, le quotidien est préservé des misères. En effet, eux peuvent accéder aux distributeurs de billets, sans aucune restriction (NDLR : les possibilités de retrait pour les comptes bancaires détenus au Liban sont plafonnés à 100 euros hebdomadaires et avec des retraits maximum de 50 euros). Ainsi, ils peuvent continuer à vivre.

    Mais même avec des billets, il faut savoir faire preuve de malice. Si le cours officiel est de 1 euro pour 1763 livres libanaises (lundi 18 octobre), dans la rue c’est 8 à 10 fois plus cher. Il faut près de 20 000 livres pour faire un euro. Et cela a des conséquences inattendues. Si la couverture sociale au Liban est inexistante, la plupart des Français ont adhéré à la Caisse des Français de l’étranger. Et celle-ci, logiquement, rembourse selon le cours officiel. Donc pour les Français sur place, il est impossible de se soigner.

    Tenir ou rentrer ?

    Les problèmes s’accumulent donc pour les Libanais et les Français sur place. Du coté français, le Consulat fait ce qu’il peut avec les moyens dont le personnel dispose.

    « ils font un travail remarquable »

Ghassan Ayoub, le Président du conseil consulaire pour la Syrie et le Liban

A ce jour, aucun plan n’est prévu par les autorités françaises pour rapatrier ces Francais. Comme aucun soutien consulaire spécifique n’est mis en place. Par exemple, les bourses scolaires ne sont pas réévaluées malgré l’explosion des prix.

Ghassan Ayoub regrette que le Fonds que désirait mettre en place Ronan Le Gleut pour palier ces situations ne soit pas mis en place. Malgré le soutien massif des sages du Palais du Luxembourg, l’Assemblée nationale n’a pas retenu la proposition du sénateur Le Gleut.

Les Français du Liban sont pour l’instant livrés à eux-même. Seul soutien, celui des proches qui résident dans d’autres pays. En effet, il suffit de 300 euros pour qu’une famille puisse vivre « correctement ». Si cette somme est totalement hors de portée quand on vit sur place, même en tant que cadre ou médecin, elle est beaucoup plus accessible à la famille et aux amis en France ou ailleurs. Mais combien de temps les Libanais et les Français sur place vont accepter de vivre ainsi au jour le jour. Le Président du Conseil consulaire,

Ghassan Ayoub craint un départ massif dès que possible. Un exode qui pourrait mettre fin aux liens qui unissent les deux nations. L’avenir le dira.

  • Où est Dieu ?

    Où est Dieu ?

    « Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas » aurait dit André Malraux. Vérification faite, il n’a jamais dit rien de pareil. À moins de comprendre le mot « spirituel » dans le sens dérivé de drolatique. Car s’il est un siècle devenu matérialiste, c’est bien le XXIe. Tout se réduit aux comptes, aux chiffres, aux statistiques, aux analyses algorithmiques des sourires, des crimes, de la culture des betteraves aux passes footballistiques.

    Tout se juge et se mesure, même et surtout l’immatériel. Le matérialisme sublime les logiciels, le digital, le crédit fictif, la monnaie en bulles, la crypto monnaie, l’intelligence artificielle, et les implants électroniques. Plus lourde qu’une puce, l’âme pèserait 8gr, différence entre le poids du corps et celui du cadavre.

    Il est possible de mesurer Dieu

    Il est donc possible de mesurer Dieu. Au Paradis, curieusement dieu est absent. Adam et Ève sont seuls. Sur la planète, Dieu serait partout : 2,4 milliards de Chrétiens, (dont 800 millions de protestants), 2 milliards de Musulmans (dont 200 millions de Chiites), 1,1 milliards d’Hindouistes, mais autant de « sans dieu » : plus d’un milliard d’incroyants. Le nombre de fidèles colore la géopolitique. Huntington associe les lignes de conflits avec les civilisations, et les civilisations aux religions. « Où est Dieu ? » devient une question politique. Tout autant que dans les pays musulmans, au Japon, au Brésil, aux États-Unis, en Israël ou en Inde, les partis religieux s’affichent. Et pourtant.

    La France, comme l’Europe, se convertit peu à peu à l’athéisme. La moitié seulement des Français se déclarent croyants (selon les sondages entre 47 et 51%[1]). Entre 2 et 4% vont à la messe. Moins qu’en Allemagne (58%) mais plus qu’en Tchécoslovaquie. Le continent européen s’athéise.

    Nouveauté : les États-Unis aussi. Si 70% des Américains déclarent croire en Dieu, la moitié ne se reconnait dans aucune religion[2].

    Capitalisme athée, incroyance chinoise  

    Les esprits simples en concluront que la décadence de l’Occident va de pair avec l’abandon de Dieu. La Chine montre l’inverse : 22% de croyants seulement, et encore, si l’on considère le Confucianisme comme une religion. Faudrait-il, au contraire, abandonner les églises pour connaître une croissance de plus de 6% par an ? Le capitalisme 4.0 serait-il athée comme le premier capitalisme fut, selon Max Weber, protestant[3] ?

    Le modèle indien ne prend pas le chemin irréligieux chinois: 98% de la population est croyante, la croissance économique dépasse celle de la Chine depuis 2014. Aucun lien donc entre prospérité économique et foi, entre taux de croissance et nombre de fidèles.

    Aucun lien entre prospérité économique et foi

    Et demain ? En raison de la démographie chinoise, celle de l’Inde, infléchies par celles d’Europe et d’Afrique, des évolutions, non des révolutions, sont à prévoir[4] : le nombre de Chrétiens devrait rester stable, 32% de l’humanité. Celui des Musulmans devrait progresser et rejoindre celui des Chrétiens, grâce à l’Afrique, l’Inde et l’Indonésie. L’Islam sera de plus en plus asiatique, le Christianisme de plus en plus africain (40% des Chrétiens en 2050).   

    Aux États-Unis, le catholicisme gagne sur le protestantisme, alors qu’en Amérique latine les Evangélistes gagnent du terrain ; les Musulmans progressent en Europe, (10% en 2050) mais le Christianisme, malgré la répression religieuse, gagne la Chine, qui serait bientôt le premier pays chrétien.

    Le nombre d’athées devrait progresser en nombre, mais chuter à 12,5% de la population mondiale, du fait du déclin démographique chinois.

    ©Olivier Varlan – Twitter

    Cette révolution religieuse, le scepticisme mondial.

    Est-ce si sûr ? Les projections ne peuvent intégrer les changements dus à l’irréligion et aux conversions. Le fait marquant des deux derniers siècles est la montée du scepticisme religieux, qui gagne tous les continents. Les guerres de l’islam sont des réactions contre cette révolution religieuse qui gagne les têtes par les films, les écoles, les modèles étrangers moins chrétiens qu’athées, ce qui ébranle le pouvoir des mosquées. La pratique religieuse des Musulmans en Europe n’est pas la même que dans les pays arabes, elle décline. Même dans les pays arabes, en Tunisie en Algérie en Irak et même en Iran, la jeunesse prend ses distances.

    L’humanité n’a pas besoin de Dieu pour s’entretuer

    La carte des religions correspond-t-elle à des lignes de conflits? A l’exception des guerres civiles, les principales guerres ont rarement été des conflits religieux. Les grands conflits planétaires ont eu lieu entre Chrétiens, les conflits actuels prolifèrent au sein du monde musulman. Pour une « croisade », dix guerres civiles, et dix guerres intraeuropéennes. Idem en Islam ou en Asie.

    La lecture géopolitique faite à partir de la foi comme les accusations portées contre les religions monothéistes par nature intolérantes, ne correspond à aucune réalité historique. L’humanité n’a pas besoin de Dieu pour s’entretuer.

    L’amour de la guerre est si puissant que seule la cruauté de celle-ci y met un frein. Hélas, l’immatérialité des guerres du futur risque de rendre la guerre presque invisible et ses douleurs lointaines. La cause des guerres n’est pas la religion mais le plaisir de la guerre, l’appétit du pouvoir, la libido dominandi. Avec les guerres virtuelles – mais à l’efficacité réelle, la guerre a un bel avenir.

    La carte de l’éducation et de la science a un lien direct avec le niveau de vie

    Peut-être les chemins de la paix se trouvent-ils dans les vieilles humanités, l’amour de la science et l’éducation, libido sciendi. Peut-être une société moins matérialiste peut-elle se développer non par un surcroit de foi, mais de savoirs. La carte de l’éducation et du respect de la science, contrairement à celle de la pratique religieuse, se superpose à celle du niveau de vie. Le Costa Rica montre ce qu’un pays qui mise sur l’éducation plutôt que sur l’armée peut réaliser en termes de progrès social et démocratique. Ce qui fut emporté du Paradis, n’est-ce pas le goût de la connaissance ?

    Peut-être ce siècle serait-il plus « spirituel », en tout cas plus drôle, s’il chassait plus souvent les lieux communs, les abrutissements collectifs, les cris de la foule… Développer le savoir et l’éducation est la seule arme contre la bêtise. Un vœu pieu ? Les dépenses de l’éducation représentent selon la Banque mondiale 4.5% du PIB mondial. En progrès : +0.5% en 20 ans. En baisse, compte tenu du nombre d’enfants. Les dépenses militaires ont augmenté elles aussi: 2.5% du PIB mondial[5]. On ne sait pas où est Dieu mais on croit savoir où est le mal. Que l’appétit du savoir soit toujours plus fort que celui de la domination ! A moins que celui de la domination n’aiguise celui du savoir ?

    Laurent Dominati

    A.député de Paris

    A. Ambassadeur

    Président de la société éditrice du site lesfrancais.press


    [1] Ifop, septembre 2021 et  Statista Global Consumer Survey, juillet 2021.

    [2] Sondage Gallup, mars 2021.

    [3] Selon sa thèse bien connue : « L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme », 1905. Noter que le « protestantisme » permit de conserver la dîme au lieu de l’exporter à Rome aurait établi un lien plus direct entre protestantisme et accumulation du capital.

    [4] Selon le Pew Research Center. https://www.pewforum.org/2015/04/02/religious-projections-2010-2050/

    [5] 2000 milliards de $ pour 84.000 M. de $.

  • Rencontre avec la Sénatrice  Conway-Mouret : défense & élus consulaires

    Rencontre avec la Sénatrice Conway-Mouret : défense & élus consulaires

    Hélène Conway-Mouret est Sénatrice pour les Français de l’étranger et secrétaire à la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Palais du Luxembourg. Dans un entretien avec Jérémy Michel, notre correspondant à Bruxelles, elle revient sur l’importance d’une stratégie de défense européenne. On évoque aussi avec elle la situation des élus consulaires, en 2013, la sénatrice étant à l’origine de la création de ces mandats. On revient à cette occasion sur les sénatoriales et la tentative de Ségolène Royal de décrocher son siège.

    « La défense européene, c’est d’abord le maintien de la paix « 

    Lesfrancais.press : Vous êtes en déplacement à Bruxelles pour présenter le rapport sur la défense européenne que vous avez co-écrit avec le Sénateur Ronan Le Gleut, quel était l’objectif de cette étude ?

    Hélène Conway-Mouret : en 2019, nous avons publié ce rapport s’appelant « Défense européenne : le défi de l’autonomie stratégique » dont l’objectif n’est pas la création d’une armée, ni celle d’équipements militaires. En effet, la défense européenne, c’est d’abord le maintien de la paix. Je suis une pacifiste. La paix sur notre continent je la ressens comme notre atout le plus fort qui nous permet ensuite de décliner nos valeurs démocratiques.

    Lesfrancais.press : C’est-à-dire ?

    Hélène Conway-Mouret : En étant Sénatrice représentant les Français de l’étranger je me déplace beaucoup et je me rends compte que lorsqu’il n’y a pas la paix, il n’y a absolument rien. C’est ainsi que pour moi, la défense européenne, c’est d’abord le maintien de la paix. Maintien de la paix sur notre continent et aussi à l’extérieur. Par exemple aujourd’hui, je pense que l’Europe a un rôle à jouer en Afghanistan. Celui notamment de pouvoir faire en sorte que les femmes afghanes soient respectées. La défense européenne c’est donc la paix chez nous, la paix dans le reste du monde, la défense de valeurs démocratiques et la sécurité, sécurité au sens large, celle des personnes mais aussi la sécurité alimentaire, la sécurité climatique, la sécurité sanitaire.

    Lesfrancais.press : Cette défense européenne vous l’imaginez comment ?

    Hélène Conway-Mouret : De façon collective, en se disant que nous avons des intérêts qui nous sont propres et qui ne sont pas forcément partagés

    par nos alliés. Je pense aux Américains qui, sur le plan économique et géopolitique ont des intérêts différents des nôtres. Or, si nous sommes en capacité d’être forts, d’être crédibles, cela nous donne une indépendance – comme ce fut le cas lors du conflit en Irak où nous avions décidé de ne pas être entrainés dans ce conflit – cela nous donne la possibilité d’être autonome et de ne pas être dans un suivisme obligatoire parce que l’on serait redevable à notre allié d’une sécurité collective. Aujourd’hui la plupart de nos partenaires européens considèrent que l’Otan est la seule sécurité que nous avons et ne croient pas encore à la défense européenne. La raison n’est pas financière car il existe déjà un fonds européen de défense, il y a également des investissements qui sont réalisés. Ce qui manque c’est la volonté politique, c’est ici que se trouve le blocage.

    Lesfrancais.press : Votre rapport est un rapport franco-français, il a été rédigé par deux sénateurs du Palais du Luxembourg, comment dès lors peut-il être accueilli par nos partenaires européens ?   

    Hélène Conway-Mouret : Ce rapport n’est pas franco-français. Nous avions adopté une méthode où nous sommes allés écouter nos partenaires européens. Avec Ronan le Gleut nous avons voulu éviter l’image de la France donneuse de leçons, et ces échanges nous ont d’ailleurs amené à bien réfléchir au titre de ce rapport.  Nous sommes ainsi arrivés à un accord pour ne pas parler d’autonomie stratégique mais plutôt de défi de l’autonomie stratégique en articulant 12 propositions dont celle demandant la rédaction d’un livre blanc. Et bien aujourd’hui nous avons au niveau européen la « boussole stratégique » qui est un synonyme de ce livre blanc souhaité où est fait l’analyse des besoins, des menaces, des faiblesses… analyse sur laquelle on s’appuiera pour sortir des objectifs clairs. Le travail s’effectue actuellement, mais ici encore, il faudra faire preuve de volonté politique pour que ces objectifs puissent se traduire par des réponses, et des réponses concrètes.  

    Lesfrancais.press : Vous avez des exemples ?

    Hélène Conway-Mouret : Parler de concept aujourd’hui n’a pas de sens. Dire que l’on a besoin d’armée européenne, tout le monde sait que c’est un concept qui ne verra jamais le jour. Je crois que les Européens sont las de propositions qui sont sur le papier intéressantes mais qui ne se concrétisent jamais. Or, on a besoin aujourd’hui de concret, comme l’ont été les avancées européennes. On a eu l’euro, on a une mobilité… ça fait partie du quotidien des gens.

    Dans le domaine de la défense, on a une Europe qui protège collectivement avec des projets comme le SCAF (Système de combat aérien du futur) qui n’est pas uniquement la création d’un avion. Ce projet concret favorise le développement de drones, de satellites, ce qui nous permet de jouer dans la cour des grands. On sait que les Russes, les Américains, les Chinois travaillent aussi sur ces sujets. Sans ce type de projets concrets, nous nous retrouverions dans une situation où nous serions, avec l’Afrique, situés entre les Etats Unis à l’Ouest et la Chine et Russie à l’Est dans une position où nous serions attentistes de ce que ces pays décideraient pour nous. Ce n’est pas ce que je souhaite pour notre continent. Nous devons pouvoir continuer à décider de nos choix.

    Fonds européen de la défense
    Cérémonie de lever de drapeau pour la session inaugurale du nouveau Parlement européen le 1er juillet 2019 / crédit AFP

    Les conseils consulaires

    Lesfrancais.press : vous évoquez le fait de décider, il y a quelques années vous aviez ainsi fait adopter une loi en 2013 sur la représentation des Français à l’étranger avec la création des conseils consulaires. Cette loi a fait l’objet d’une modification en 2019, que pense-vous de cette évolution qui donne notamment aux élus la présidence du conseil consulaire ?

    Hélène Conway-Mouret : Cette évolution est très positive. En 2013, j’ai institué un système qui correspondait au XXIème siècle en prenant en compte cette demande de la population d’avoir une démocratie participative avec des élus de terrain, des élus de proximité. Les Français ne veulent plus avoir à faire uniquement aux conseillers techniques, ils veulent aussi avoir à faire aux élus. C’est une loi qui s’inscrit dans cette évolution et que j’ai conceptualisée pour qu’elle puisse être en mouvement.

    Avant cette loi, il n’y avait rien eu depuis 1981 alors que la population française vivant à l’étranger avait beaucoup évolué. Nous avons donc maintenant des conseillers consulaires, des équipes avec un conseil qui est un lieu de débat, un lieu d’échange avec des gens qui représentent des aspirations politiques différentes mais qui correspondent à l’ensemble de leur communauté. C’est dans ces lieux que nous pouvons avoir des lanceurs d’alertes pour les parlementaires. Nous avons besoin de cet ancrage local, comme il est important d’avoir ce rapport avec la population le plus proche possible. Un Français ne va pas écrire à son Consul pour une histoire personnelle alors qu’il contactera plus facilement son élu. Aussi, je serai pour toutes les évolutions qui vont dans le sens de renforcer les compétences, de renforcer les moyens du conseil consulaire. Sur la base de l’expérience, j’avais d’ailleurs proposer que le nom conseiller consulaire se transforme en conseiller des Français de l’étranger, vous voyez je ne reste pas figé sur ma loi de 2013.

    Lesfrancais.press : On sort d’une séquence électorale qui a été celle des élections sénatoriales pour les Français de l’étranger, quel bilan faites-vous des résultats ?

    Hélène Conway-Mouret : Il y a eu du suspens. C’était une élection comme je n’en avais jamais vu, en tout cas pour mon camp. Jusqu’à présent nous avions une primaire en interne et de cette primaire sortait le nom des candidats. C’est comme cela que j’ai été choisi précédemment et on allait ainsi sereinement aux élections. Il n’y avait pas de contestation. Or cette fois ci, il y eu une multiplication des listes. J’ai appelé à l’union et je pensais que même s’il n’y avait pas eu le même processus de la primaire, ils arriveraient à s’entendre. Mais cela n’a pas fonctionné. J’ai sincèrement regretté ce manque d’union.

    Lesfrancais.press : La responsable de cette désunion est-ce Ségolène Royal ?

    Hélène Conway-Mouret : En son temps il y a eu des parachutés à droite et cela n’a jamais fonctionné. J’avais prévenu Ségolène Royal. Nous n’avions jamais eu de parachutage à gauche, nous l’avons eu cette fois-ci, et on arrive au résultat que cela ne fonctionne pas.

    Lesfrancais.press : L’élection présidentielle approche, si vous aviez une mesure principale à promouvoir pour les Français de l’étranger ce serait laquelle ?

    Hélène Conway-Mouret : De mettre les moyens en faveur du ministère des Français de l’étranger. Ça fait 20 ans que ce ministère fait des économies car il est facile pour Bercy de récupérer des crédits sur ces lignes budgétaires. Les Français de l’étranger ne vont pas se rebeller comme pourraient le faire d’autres personnes si le budget du ministère de la Santé était par exemple réduit.

    Cela fait très longtemps que l’on dit que ce ministère est à l’os. Et pourtant on continue encore à fermer des postes. J’ai été responsable de ce réseau diplomatique, je sais ce qu’il peut faire et je sais qu’aujourd’hui il est en souffrance. Je vois des gens qui vont bien au-delà de la mission qui leur a été donnée pour simplement essayer de répondre aux sollicitations, qui restent tard le soir pour pallier le manque d’effectif. Tous les outils, notamment dans le cadre de la dématérialisation ne doivent pas être mis en place en remplacement de l’humain. Ce ministère c’est un ministère de service public et donc de l’humain. Arrêter de prendre ce ministère en otage budgétaire, ce serait mon sujet principal dans le cadre de l’élection présidentielle.

  • UE : Bientôt vers un impôt minimal des entreprises ?

    UE : Bientôt vers un impôt minimal des entreprises ?

    Quelques jours après que 136 pays se soient entendus sur un accord fiscal international, la Commission européenne dit vouloir mettre en place une directive soumettant un taux minimum d’impositions aux sociétés. Cette directive pourrait voir le jour avant la fin de l’année.

    Lors d’un débat, Benjamin Angel, directeur de la fiscalité directe et de la coordination fiscale à la Commission, a annoncé que l’impôt minimum sur les sociétés serait mis en œuvre au niveau européen « aussi rapidement que possible ».

    L’accord fiscal conclu sous les auspices de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) vise à réduire la concurrence fiscale entre les pays et l’évasion fiscale des entreprises.

    Un accord en deux temps

    L’accord contient deux réformes du système fiscal mondial. Premièrement, une partie des bénéfices des grandes entreprises devrait à l’avenir être attribuée aux juridictions où les revenus sont générés, plutôt qu’à celles où se trouve le siège des entreprises. D’autre part, l’accord veut fixer un taux d’imposition effectif minimum de 15% pour les grandes entreprises.

    Si la mise en œuvre de la première partie de l’accord n’est pas prévue pour les mois à venir, la deuxième partie pourrait être mise en œuvre rapidement.

    Toujours selon M. Angel, si l’OCDE publie rapidement ses règles types sur la mise en oeuvre de ce taux minimum, alors l’exécutif européen pourra proposer une directive avant la fin de l’année. Il a d’ailleurs souligné l’importance de cet accord au niveau européen, plutôt qu’au niveau national.

    Lors d’un débat, Benjamin Angel, directeur de la fiscalité directe et de la coordination fiscale à la Commission, a annoncé que l’impôt minimum sur les sociétés serait mis en œuvre au niveau européen « aussi rapidement que possible ».

    Plus de transparence fiscale

    M. Angel a également annoncé que la Commission souhaite accompagner un projet de loi sur la transparence des entreprises. Selon cette proposition, les entreprises entrant dans le champ d’application du taux d’imposition minimal devront publier le montant de l’impôt effectif qu’elles paient dans chaque juridiction.

    « Le contenu de la directive sera extrêmement simple. Le taux d’imposition effectif que vous devez calculer par juridiction — rendez-le public », a déclaré M. Angel.

    Entre-temps, l’adoption de l’accord fiscal a été approuvée par les ministres des Finances du G20 lors d’une réunion à Washington DC le 13 octobre dernier. Le commissaire européen à l’économie, Paolo Gentiloni, l’a qualifié de « rien de moins qu’une révolution fiscale ».

    « La transition verte et numérique ne peut se faire que si elle est fondée sur l’équité. Cette réinitialisation de la fiscalité mondiale des entreprises est donc un élément fondamental du changement dont nous avons besoin : tout le monde doit payer sa juste part », a déclaré M. Gentiloni dans un communiqué.

    Cependant, tous les hommes politiques ne partagent pas l’enthousiasme suscité par l’accord. Paul Tang, un législateur européen social-démocrate, s’est plaint que l’accord ait été négocié entre les gouvernements sans impliquer le public et a déclaré que le taux d’imposition minimum est trop bas.

    « Espérons que les 15 % ne seront qu’un point de départ », a déclaré M. Tang.

  • Commerce international : le retour des pénuries

    En sortie de crise sanitaire, la demande est dopée tant par l’épargne accumulée que par les plans de relance. L’offre qui a été désorganisée par les confinements éprouve des difficultés à répondre au surplus de demande. Pour satisfaire les commandes, il manque des camions, des chauffeurs, des conteneurs, des bateaux et des créneaux libres dans les ports. Les pénuries marquent le commerce international.

    Une armada de porte-conteneurs est ancrée au large de la Californie en attendant que les ports se libèrent. Les goulets d’étranglement se multiplient, contribuant au retour de l’inflation. Cette situation particulière de déficit de l’offre est-elle amenée à perdurer ou à s’estomper avec la remise en ordre les circuits d’approvisionnement et la normalisation de la demande ?

    Puces électroniques et énergie

    L’économie mondiale doit répondre à un choc de demande sans précédent. Les plans de relance décidés par les gouvernements, tout autour de la planète, dépassent 10 400 milliards de dollars, soit plus de quatre fois le PIB de la France. La demande de produits électroniques qui a explosé dès le début la pandémie se poursuit depuis avec le développement du télétravail. La pénurie de microprocesseurs est liée à un mauvais calibrage de la production dans un secteur concentré au moment où les besoins sont en forte hausse. L’électrification du parc automobile s’accompagne d’un achat de plus en plus important de microprocesseurs de la part des constructeurs.

    La transition énergétique, en ayant été accélérée, provoque des pénuries sur certaines énergies conduisant à une forte hausse des cours. L’arrêt des centrales au charbon provoque une forte demande de gaz naturel conduisant à l’envolée de son prix. Le Royaume-Uni, ayant réalisé des commandes d’urgence par crainte d’une pénurie, a provoqué une hausse de 60 % au début du mois d’octobre. En Chine, les nouvelles normes environnementales ont contribué en partie aux coupures électriques aux mois de septembre et octobre.

    NANJING, CHINA – AUGUST 26: A 300mm wafer is on display at the Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) stand during 2020 World Semiconductor Conference at Nanjing International Expo Center on August 26, 2020 in Nanjing, Jiangsu Province of China. (Photo by Yang Bo/China News Service via Getty Images)

    Protectionnisme et multiplication des normes

    Face à une forte demande d’énergie, les investissements ne suivent pas. Les industriels rechignent à accroître leurs capacités de production d’énergie carbonée craignant de ne pas pouvoir les amortir. La désorganisation du commerce international est accentuée par la montée en puissance du protectionnisme. La multiplication des normes liées au travail et à l’environnement ainsi que les embargos pour non-respect des droits de l’Homme ne facilitent pas les échanges. L’administration de Joe Biden a confirmé qu’elle maintiendrait les tarifs de Donald Trump sur la Chine, qui sont en moyenne de 19%, promettant seulement la possibilité pour les entreprises de demander des exemptions. Le manque de chauffeurs routiers en Grande-Bretagne a été exacerbé par le Brexit. L’Inde est confrontée à une pénurie de charbon causé, du moins en partie, par une tentative de réduire les importations de carburant.

    Quel retour à la « normale » ?

    Face à ce nouveau contexte, les experts économiques semblent un peu perdus. Dans les années 1970, les gouvernements ont commis de nombreuses erreurs pour tout à la fois endiguer l’inflation et favoriser la croissance. Ils ont souvent effectué des relances à contretemps qui alimentaient les déficits budgétaires et extérieurs tout en nourrissant l’inflation. Ils ont également eu recours à des systèmes de blocage ou d’encadrement des prix (systèmes qui, ces derniers jours, retrouvent une nouvelle jeunesse). Aujourd’hui, au sein des banques centrales, le débat sur les modalités de sortie des politiques monétaires expansionnistes est engagé même si ces dernières parient sur un retour à la normale sur le front de l’inflation à la fin de l’hiver.

    La consommation devrait être portée davantage par les services au fur et à mesure de la normalisation sur le terrain sanitaire, réduisant ainsi les tensions sur les secteurs industriel et énergétique. Par ailleurs, les investissements réalisés ces derniers mois devraient déboucher sur une augmentation de l’offre d’ici 2023. Les plans de relance devraient en 2022 avoir moins d’effets d’autant plus qu’aux États-Unis, le Congrès rechigne à accepter en l’état le plan géant d’investissement du Président. Au Royaume-Uni et dans plusieurs États, l’idée d’une augmentation des impôts est de plus en plus avancée, ce qui réduira la consommation. Le risque d’une crise immobilière en Chine pourrait se traduire par une réduction de la demande finale, les agents économiques optant pour la prudence.

    Pénurie et hausse des salaires

    L’économie de la pénurie pourrait néanmoins ne pas disparaître. En effet, le vieillissement de la population s’accélérera dans les prochaines années. Cela conduira à des problèmes de recrutement, et donc à une possible hausse des salaires. La recherche de gains de productivité sera une ardente obligation pour limiter ce problème clef, afin de maintenir la croissance à un niveau élevé.

    La transition énergétique, en imposant une modification de fond en comble des processus de production, aboutira à des rationnements de l’offre et à des goulets d’étranglement. La fin des énergies fossiles s’accompagnera de hausses de prix et des pénuries. Les gouvernements devront donc planifier soigneusement le processus de substitution afin d’éviter des à-coups pouvant peser sur la croissance et générer des tensions sociales.

    Cette transition pourrait s’accompagner d’une montée du protectionnisme qui sera nuisible à l’activité et qui pourrait favoriser l’inflation. Le défi des pouvoirs publics sera, dans les prochaines années, d’éviter un clivage dur autour de la décarbonation et de la mondialisation.

    Philippe Crevel

    Pour plus d’informations, retrouvez cet article de notre partenaire Euractiv.

  • 8 novembre: fin du Travel Ban

    8 novembre: fin du Travel Ban

    Après avoir annoncé une réouverture des frontières aux voyageurs vaccinés «courant novembre», la Maison-Blanche vient de préciser la date de fin du Travel Ban au lundi 8 novembre 2021.

    Après plus d’un an et demi de fermeture des frontières, les États-Unis les rouvriront dans un peu plus de trois semaines aux millions de voyageurs qui ne pouvaient plus les franchir à cause de la pandémie, mais à condition qu’ils soient vaccinés.

    Ouverture limitée à 33 pays

    À partir de cette date donc, certains voyageurs internationaux pourront de nouveau se rendre aux États-Unis : il s’agit des ressortissants des 26 pays européens de l’espace Schengen, dont la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Suisse et la Grèce, ainsi que la Grande-Bretagne, l’Irlande, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Iran et le Brésil.

    Six vaccins homologués par les USA

    Les autorités sanitaires américaines ont par ailleurs indiqué que tous les vaccins approuvés par l’Organisation mondiale de la santé seraient acceptés. Il s’agit pour l’instant, selon la procédure d’urgence mise en place par l’OMS, des vaccins AstraZeneca, Johnson & Johnson, Moderna, Pfizer/BioNTech, Sinopharm et Sinovac.

    Quelles règles pour les citoyens français ?

    Toute personne souhaitant prendre l’avion pour les États-Unis devra prouver qu’elle a été entièrement vaccinée. Les Français âgés de 2 ans ou plus voyageant à destination des États-Unis devront présenter lors de leur embarquement le résultat d’un test de dépistage négatif au Covid-19 réalisé dans les trois jours calendaires précédant le vol. Ces mesures s’appliquent même en cas de simple transit sur le territoire américain.

    En outre, une attestation est à renseigner et à présenter à l’embarquement : Passenger Disclosure and Attestation to the United States of America

    Les passagers ayant déjà été testés positifs à la Covid-19 en mesure de présenter un résultat de test positif accompagné d’une lettre établie par un professionnel de santé attestant de leur capacité à voyager peuvent être dispensés de cette obligation de test.

    Comme indiqué plus haut, les autorités sanitaires américaines accepteront tous les vaccins approuvés par l’Organisation mondiale de la santé.

    Enfin, les voyageurs devront communiquer leur numéro de téléphone et leur adresse électronique pour assurer un suivi de contact.

  • Hommage à Samuel Paty dans les réseaux scolaires à l’étranger

    Hommage à Samuel Paty dans les réseaux scolaires à l’étranger

    Un an jour pour jour après son assassinat, une plaque en hommage à Samuel Paty a été inaugurée samedi 16 octobre au ministère de l’Education nationale à Paris en présence du Premier ministre, Jean Castex, et du ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer.

    « Rendre hommage à Samuel Paty, c’est rendre hommage à la République »

    Jean Castex, Premier ministre de la République française

    Selon Jean Castex, le professeur d’histoire-géographie a été assassiné dans « les conditions les plus abjectes »« tout simplement parce qu’il remplissait sa mission ». Plusieurs commémorations en mémoire de l’enseignant, tué pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves, se tiendront dans la journée. A l’étranger comme dans les écoles en France, les hommages ont eu lieu ce vendredi 15 octobre. Par ailleurs la famille de Samuel Paty est reçue par Emmanuel Macron à l’Elysée ce samedi 16 octobre.

    Un temps de recueillement

    Comme le ministre Jean-Michel Blanquer l’a voulu pour tous les établissements en France comme à l’étranger , un « temps de recueillement » en mémoire de Samuel Paty a été respecté et une heure de cours de vendredi fut consacrée à une séance d’échanges et de débats. Les enseignants ont pu décider du contenu des discussions et se sont adaptés à l’âge de leurs élèves mais aussi à l’univers culturel du pays de résidence. La plupart des professeurs ont consacré cette heure à la construction de l’esprit critique ou à une réflexion sur le métier de professeur, son rôle, sa légitimité, sa place dans la société, sans oublier la laïcité qui est dans certains pays est un concept inconnu.

    Des cérémonies adaptées

    Si la très grande majorité des écoles, collèges et lycées des réseaux scolaires français à l’étranger ont organisé des cérémonies en complément de l’heure consacrée à Samuel Paty et à l’acte terroriste qui lui a retiré la vie. Là aussi c’est la flexibilité qui fut de mise. Certains établissements ont limité les participants au personnel administratif et aux élèves les plus âgés et aux enseignants qui leur font cours comme dans le lycée géré en direct par l’AEFE à Hanoï.

    Equipe administrative et pédagogique du Lycée Français d’Hanoï respectant une minute de silence

    Dans les autres réseaux, comme celui de la Mission laïque française ou du tout jeune Odyssey, les hommages ont aussi été très nombreux. Ainsi à Bruxelles dans l’établissement géré par le groupe privé Odyssey, les élèves de CM1-CM2 ont rendu hommage à Samuel Paty. En partant des « Children’s rights » étudiés en cours, les enfants ont pu mesurer l’importance de leur droit à une éducation respectant les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, du droit de croire ou de ne pas croire, tout en développant leur esprit critique.

    Directeur de l’établissement Odyssey à Bruxelles en salle de cours pour sensibiliser les enfants

    Et après, quels changements ?

    Les enseignants abordent-ils différemment les revendications liées à des croyances ou à des pratiques religieuses qui conduisent certains élèves à sécher les cours de natation ou de sciences et vie de la Terre, voire à contester des contenus d’enseignement ? « Il y a nécessairement un avant et un après », répond, dans un entretien aux « Echos », l’historien Iannis Roder, enseignant en collège en Seine-Saint-Denis et membre du Conseil des sages de la laïcité installé par le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer.

    « Mais il est trop tôt pour dire que les enseignants auraient changé leurs façons de faire entendre raison à des élèves qui sont dans des visions absolutistes. »

    Iannis Roder, enseignant en collège en Seine-Saint-Denis et membre du Conseil des sages de la laïcité installé par le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer dans le journal Les Echos ce 14 octobre 2021.

    Une nouvelle formation

    Le plan de formation annoncé par le ministre en juin, avec un réseau de 1.000 formateurs, est en train de se mettre en place. Il a fallu établir le programme et les recruter. Leur formation « renforcée et intensive » débutera le 19 octobre. Il est prévu que les enseignants dans les établissements français à l’étranger soient aussi mobilisés même si aucun planning n’a été communiqué.

    Les enseignants sont-ils, pour cela, mieux outillés qu’il y a un an ? Le ministère a mis en ligne de nombreuses ressources pédagogiques, notamment un Guide républicain pour aborder le sujet dans chaque discipline, de l’école au lycée.

    La formation initiale est aussi en train d’être revue avec la préparation, dans les instituts de formation (INSPE), d’une nouvelle épreuve orale sur les principes et valeurs de la République. Elle s’appliquera aux concours de recrutement de 2022.

    Mais, au quotidien, les enseignants ne se sentent pas toujours soutenus par leur hiérarchie. « J’ai dit, dès 2017, que nous n’étions pas dans la philosophie du ‘‘pas de vagues » », répondait encore Jean-Michel Blanquer, jeudi matin, sur BFMTV. Les perturbations à l’hommage à Samuel Paty seront sanctionnées, a d’ailleurs prévenu le ministre. L’an dernier, lors de l’hommage rendu à l’enseignant, l’Education nationale avait recensé près de 800 incidents, dont 17 % pour apologie du terrorisme. Cette année aucun chiffre n’a été communiqué.

  • DO YOU SPEAK EXPAT ! New-York avec Stéréochic

    DO YOU SPEAK EXPAT ! New-York avec Stéréochic

    Vous connaissez surement notre partenaire StéréoChic. Cette jeune radio dédiée aux expatrié(e)s a rencontré un formidable succès, lui permettant de rejoindre les plus grosses audiences de Radio King ! Vous pouvez d’ailleurs du lundi au vendredi retrouver toutes les heures les flashs que la rédaction prépare en exclusivité pour cette webradio. Elle est disponible dans le bandeau « radio » en haut de toutes nos pages.

    Une radio qui tend le micro aux expatriés

    L’émission «Les Français parlent aux Francais» (en direct chaque jour à midi et en redif à minuit, heure de Paris) tend son micro chaque jour à des Français dans le monde et à des experts de l’expatriation : santé, voyage, travail, écologie, globe trotters… L’émission permet de faire de surprenantes rencontres.

    Le site de la radio (www.stereochic.fr) propose désormais un classement de 1000 podcasts par zone géographique ou par thémathique. Tous les podcasts sont également proposés sur toutes les applications de référence (Deezer, Spotify, YouTube, Tune In, Apple & Google Podcast…).

    Des rendez-vous à partager

    Gauthier SEYS, le fondateur de la radio a dû se réinventer professionnellement : en été 2020 , il a transformé la webradio qu’il avait créée en 2006 pour la dédier aux 3 millions de Français expatriés. Stéréochic veut créer du lien, offrir «un bout de France» sur un ton optimiste et bienveillant.

    Pendant toute cette nouvelle saison, nous allons sélectionner un podcast que nous ferons découvrir chaque samedi.

    Destination New-York

    Pour cette première publication, on découvre Laetitia & sa famille qui se sont installés à New York en 2016. Originaires d’Avignon, après une carrière parisienne, la famille s’est installée aux USA où ils ont finalement pris le meilleur des deux cultures.

    A la maison, tout le monde parle le français. Et quand les parents font une erreur de sytaxe en Anglais, ceux sont les enfants qui les reprennent ! Laetitia, déléguée BAYARD pour la zone de New York et du New Jersey parle de son quotidien et aussi du futur qui, a priori, restera américain !

  • La télé française à l’étranger : la bonne solution !

    La télé française à l’étranger : la bonne solution !

    En quittant la France, on quitte aussi son paysage audiovisuel. La plupart des expatriés n’y pensent pas. Qui se soucie de pouvoir regarder Télématin ou sa série préférée lorsqu’on décide de franchir le cap de l’expatriation ? Mais avec le temps, une fois installé dans son nouveau pays de résidence, le manque apparaît. Les Français de l’étranger se rendent compte qu’une grande partie de la culture d’un pays passent par le petit écran. Via la télévision, c’est aussi un lien qu’on maintient avec sa famille, son pays, en restant informé des actualités mais aussi des tendances qui parcourent la société française. Alors pourquoi tous les expatriés ne reçoivent-ils pas la télé française à l’étranger ?

    Ce sont les droits d’auteur et les législations nationales qui empêchent le plus souvent d’accéder facilement à ses programmes préférés. Le fameux « géoblocage » s’impose à tous ! Il existe pourtant des solutions, souvent illégales mais une a retenu notre attention car elle apporte toutes les garanties nécessaires pour allumer sa TV sans être un criminel en puissance. N’hésitez pas à poser vos questions avec le formulaire disponible en fin d’article à notre expert partenaire en télévision française par satellites, TVCORNER.COM.

    IPTV, simple mais pas garantie et illégale

    La première solution qui passe par la tête des expatriés, c’est l’IPTV. On en entend parler partout, le Net regorge d’offres mais… c’est illégal. En souscrivant à une de ces offres, vous recevez (si vous disposez d’une smart TV ou si votre ordinateur est connecté à votre poste) sur votre téléviseur des centaines (parfois des milliers) de chaines. Dans ce lot évidemment, on retrouve celles émises en France.

    Mais ne reposant sur aucun accord avec les producteurs, diffuseurs et Etats, ces dispositifs sont soumis à de nombreux aléas. Le fournisseur de solution IPTV peut tout simplement de son propre chef arrêter d’émettre ou y être contraint. Cette situation est plus fréquente qu’on le pense. A la fin de l’été 2021, un réseau d’IPTV est tombé au Royaume-Uni. Dans ce cas là aucun recours, et les 100 € (prix de l’abonnement annuel moyen constaté) que vous avez payés sont perdus sans aucun espoir de retour… Pire, les autorités pourraient décider de vous poursuivre, même si ce type de procédure est rare.

    Le satellite, une solution sure et légale

    Alors que faire ? Il faut se tourner vers le ciel. Et cette fois, c’est au sens propre.. C’est par un satellite que vous pourrez recevoir légalement et en toute sécurité les chaines françaises.

    En effet, des satellites sont disposés pour couvrir une bonne partie du globe. A travers les offres des opérateurs, vous pourrez donc accéder à de larges bouquets proposant la quasi-totalité des chaines françaises.

    Couverture du satellite Hot Bird
    Couverture du satellite EUTELSAT Hot Bird

    Pour l’instant l’offre se limite à l’Europe, au bassin méditerranéen et au Moyen-Orient. Si la couverture peut sembler réduite, elle couvre 60% des Français établis hors de France.

    Comment en profiter ?

    Pour bénéficier de la télévision par satellite et retrouver les chaines françaises en toute légalité, il vous faudra :

    • Une antenne satellite
    • Un décodeur
    • Un abonnement à un des opérateurs

    On peut se dire à la lecture de ces conditions que ça semble compliqué ! Où trouver le décodeur, comment s’abonner, et surtout comment installer une antenne pour recevoir les programmes, n’est-ce pas ce pas trop technique et onéreux ?

    Etre accompagné par des experts

    Ces questions, à la rédaction « Lesfrancais.press », on se les ai, aussi, posées. Et on a trouvé la solution. C’est chez Tvcorner.com qu’on a trouvé notre bonheur. En effet, cette société, qui est spécialisée dans la télévision payante depuis 1993, propose depuis 16 ans, en ligne, d’accompagner les expatriés.

    Avec un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros, cette solide entreprise a acquis un savoir-faire et un réseau pour aider les Français établis hors de France à accéder à la télévision française en Europe, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

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