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  • G20 en Inde : la chute de l’Occident

    G20 en Inde : la chute de l’Occident

    La réunion des 20 pays les plus puissants du monde s’est achevée le 10 septembre à New Delhi, en Inde. Néanmoins, le communiqué commun a consacré l’affaiblissement de l’Occident face aux pays émergents. Il a été âprement négocié, car aucun mot ne condamnait l’agression russe, ni ne limitait l’utilisation des énergies fossiles. Sur les deux sujets chauds du moment, la guerre et le climat, le G20 était aux abonnés absents.

    Ce silence peut être attribué à la Russie et à la Chine, qui ne voulaient pas de termes condamnant Moscou. Paradoxalement, aucun de ces deux pays n’avait envoyé son chef d’État. Poutine ne peut pas sortir de Russie car il est frappé d’un mandat d’arrêt international, et Xi Jinping n’a fourni aucune explication à son absence. Il s’agissait probablement d’un geste de mépris vis-à-vis de l’hôte du sommet, l’Inde, pays ennemi de la Chine à cause de différends frontaliers.

    G20
    La réunion des 20 pays les plus puissants du monde s’est achevée le 10 septembre à New Delhi, en Inde.

    Les Occidentaux ne font plus la loi 

    Ce retournement majeur a été acté à New Delhi. L’Occident, naguère maître du monde, n’est plus qu’une région d’une planète multipolaire. Quand le G20 a été créé par Sarkozy et Obama, en 2008, les pays industrialisés comptaient pour les deux tiers du PIB mondial. Aujourd’hui, quinze ans plus tard, nous ne sommes plus qu’à 49%, selon l’OCDE. En 2030, ce sera 43%.

    La Chine, l’Inde, le Brésil, estiment ne plus avoir à subir nos volontés : ils ont désormais leurs propres objectifs. Le ministre des Affaires étrangères indien, a déclaré à propos de la guerre d’Ukraine qu’il fallait que les Occidentaux cessent de croire que leurs problèmes étaient ceux du monde. Ce que nous appelons le nouveau désordre mondial, c’est en réalité la fin de l’ordre que nous avions imposé, au profit d’un autre, qui se dessine et qui reflète les priorités des autres. Pour l’Inde ou la Chine, le monde est beaucoup plus ordonné aujourd’hui.

    Deux lectures de ce G20

    La première, c’est la capitulation. La seconde, c’est un compromis pour obtenir d’autres choses, plus tard. Notamment vis-à-vis de l’organisateur du sommet, le Premier ministre indien Modi, qui peut se flatter d’avoir réuni les 20 pays les plus puissants du monde sur un texte commun, juste avant des élections importantes. De surcroît, l’Occident sécurise l’Inde comme partenaire, même s’il n’est pas exclusif.

  • Pourquoi les États-Unis sont-ils toujours les plus forts ?

    Pourquoi les États-Unis sont-ils toujours les plus forts ?

    Les États-Unis et l’Europe se ressemblent sur bien des aspects a fortiori lors de ces quarante dernières années. Avec la mondialisation, les produits vendus sont les mêmes de part et d’autre de l’Atlantique. Si dans les années 1980, tout voyage à New York permettait aux Européens d’acquérir des biens technologiques inconnus dans leur pays d’origine, tel n’est plus le cas aujourd’hui. Il en est de même au niveau des services. Les chaînes de restauration sont implantées de manière indifférente dans toutes les grandes villes tout autour de la planète. Pour autant, les Américains et les Européens diffèrent sur certains points, notamment sur leur regard face à l’avenir, la consommation ou l’épargne. 

    Depuis la fin des confinements, la croissance américaine est supérieure à celle de la zone euro (près de deux fois plus élevée). Cet écart ne provient pas d’une différence d’orientation des politiques monétaires ou des politiques budgétaires ni de différences ou de l’investissement. Les taux directeurs de la FED sont plus élevés que ceux de la BCE et devraient donc donner un avantage de croissance à la zone euro.

    La confiance, la consommation

    Les déficits publics sont assez proches, 3,5 % du PIB en zone euro et 4,5 % aux États-Unis. L’investissement des ménages a baissé plus fortement aux États-Unis qu’en zone euro quand celui des entreprises est un peu plus élevé chez les premiers. La grande différence provient de l’état de confiance des consommateurs aux États-Unis. Ces derniers sont nettement plus optimistes que leurs homologues européens. 

    Il en résulte une préférence marquée pour la consommation aux États-Unis. Ce phénomène n’est pas récent. La consommation a augmenté de 38 % de 2010 à 2022 aux États-Unis, contre +10 % en zone euro. 

    Depuis le début de la guerre en Ukraine, les Européens augmentent leur effort d’épargne au détriment de la consommation quand les Américains puisent dans leur cagnotte covid pour maintenir voire accroître leur consommation. Le taux d’épargne des ménages européens dépasse, au premier semestre 2023, 15 % du revenu disponible brut quand il est inférieur à 10 % aux États-Unis et qu’il est inférieur à son niveau de 2019. 

    Dans ce pays, 70 % de l’épargne excédentaire accumulée durant la crise de la Covid a été dépensée. La cagnotte covid aura disparu d’ici la fin de l’année. Dans la zone euro, cette épargne excédentaire a continué à croître. 

    L’autre grande différence de part et d’autre de l’Atlantique est liée à la politique de soutien à l’investissement. En août 2022, Les États-Unis ont mis en place l’Inflation Reduction Act qui prévoit des crédits d’impôt pour les investissements de transition énergétique réalisés aux États-Unis.

    Etats-Unis
    En Août 2022, les Etats-Unis ont mis en place l’Inflation Reduction Act.

    Plus d’épargne, moins d’investissements

    L’Europe a développé l’European Green Deal (le Pacte vert pour l’Europe) pour accélérer la transition énergétique. Les montants de l’Inflation Reduction Act et de l’European Green Deal sont comparables, mais le programme européen est fondé avant tout sur des régulations et des subventions alors que le programme américain s’appuie sur des crédits d’impôt. Le taux d’investissement des entreprises américaines est en forte hausse quand celui des entreprises de la zone euro a tendance à baisser. 

    Le taux d’investissement des entreprises, aux États-Unis, est de 13,5 % du PIB, contre 13,1 % en zone euro. La politique américaine est plus directe que celle de la Commission européenne. Sa mise en œuvre est facilitée par le caractère unifié du marché américain

    Etats-Unis
    Les Etats-Unis peuvent compter sur la puissance du dollar

    Dollar et énergie

    La croissance américaine résiste mieux aux relèvements des taux directeurs que la zone euro. Celle-ci a été plus durement touchée par la hausse des prix de l’énergie et des matières premières après le début de la guerre en Ukraine. Son industrie est sensible aux évolutions des coûts de production et est confrontée aux tensions internationales (Chine, Russie) et aux impératifs de la transition énergétique. Les États-Unis peuvent compter sur le caractère unifié de leur marché, sur la puissance du dollar qui continue à attirer les capitaux du monde entier et sur une énergie abondante et moins chère qu’en Europe.

  • Thierry Breton favorable à un financement européen du nucléaire

    Thierry Breton favorable à un financement européen du nucléaire

    Les institutions financières européennes, et en premier lieu la Banque européenne d’investissement (BEI), doivent venir « en soutien aux politiques de l’Union » et financer le nucléaire, a expliqué le commissaire chargé du Marché intérieur Thierry Breton mercredi (6 septembre).

    « Bien sûr que le nucléaire est en marche [en Europe], bien sûr qu’il doit être financé et bien sûr que je pense que la BEI doit le faire », a-t-il lancé, ajoutant que « la politique de la BEI est d’accompagner le Green Deal », outil phare de la décarbonation de l’économie européenne.

    Le nucléaire est au cœur de tous les débats européens : objectifs de baisse des émissions de gaz à effet de serre, réforme du marché européen de l’électricité, taxonomie verte de l’UE, mais aussi développement d’une industrie décarbonée en Europe.

    Or, son développement demande des financements importants : dès juillet, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire se disait en faveur d’un financement du nucléaire par la BEI.

    Quant aux statuts de la banque, ils n’empêchent aucunement de financer l’atome si les actionnaires, que sont les États membres, trouvent un consensus.

    Mais, si la France défend corps et âme le nucléaire, l’Allemagne et ses alliées s’opposent farouchement à son développement.

    M. Breton a donc choisi le camp français : « Je pense que [le BEI] doit financer tout le mix énergétique de chacun des Etats [membres]. Je rappelle que le mix énergétique est une compétence exclusive des États : lorsque ceux-ci ont envie de le développer, il faut trouver des financements ».

    Idem pour l’industrie de la défense, devenue un enjeu incontournable de la politique européenne depuis le retour de la guerre sur le continent, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022.

    « Il est normal que la BEI s’adapte au soutien des politiques de l’Union, en particulier dans la défense », a-t-il défendu.

    Thierry Breton
    En ce sens, les propos de Thierry Breton le font rejoindre le camp français : dès juillet, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire se disait en faveur d’un financement du nucléaire par la BEI. Quant aux statuts de la banque, ils ne l’empêchent aucunement de financer l’atome, si les actionnaires que sont les Etats membres arrivent à trouver un consensus. [Julien Warnand/EPA-EFE]

    Bataille pour la présidence de la BEI

    L’annonce d’un financement européen du nucléaire arrive alors que s’ouvre la course à la nouvelle présidence de la BEI pour remplacer son président sortant Werner Hoyer.

    La BEI prend d’autant plus d’importance en tant que bras armé de la politique européenne que la Commission, lors de sa révision du cadre financier pluriannuel présentée en juin, a exclu tout recours à de la nouvelle dette commune.

    Si les paris sont encore ouverts, la course à la présidence s’organise notamment entre la vice-présidente de la Commission européenne en charge de la Concurrence, Margrethe Vestager, et la vice-Première ministre espagnole Nadia Calviño.

    À Paris, le scepticisme de la Danoise envers le nucléaire hérisse l’exécutif. Bruno Le Maire a même assumé que la France soutiendrait un candidat favorable à la prise en compte du nucléaire.

    En juillet, Margrethe Vestager s’était en outre attiré les foudres de Paris en soutenant la nomination de l’Américaine Fiona Scott Morton au poste d’économiste en chef de la direction générale de la Concurrence, retoqué par le président Emmanuel Macron.

    Le sujet atomique « est extrêmement sensible » entre les États membres, expliquait le vice-président de la BEI Ambroise Fayolle en février dernier, « le conseil d’administration [étant] très divisé sur le sujet ».

    Jusqu’à présent, la BEI n’a financé que deux projets relatifs à la sécurité des implantations existantes.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 11.09.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 11.09.23

    Bonjour à tous, ce flash quotidien des expatriés est consacré au séisme qui a frappé Marrakech vendredi soir. 

    4 Français morts, 15 blessés 

    Plus de 2000 morts et autant de blessés marocains, du côté français 4 mort et 15 blessés, pourtant nous sommes plus de 20 000 à y vivre sans compter les touristes. Comment expliquer cette différence ? Simplement que ces derniers vivent majoritairement dans la partie moderne de la ville. Le seul décédé vivait d’ailleurs dans les montagnes. 

    Un consulat aux côtés des expatriés 

    Dès 2h du matin, les îlotiers étaient dans les rues à la recherche des Français. 80 ont d’ailleurs été particulièrement difficiles à localiser. On ne le rappellera jamais assez mais il est impératif de s’inscrire au registre consulaire et de tenir à jour ses coordonnées postales comme téléphoniques afin de permettre au secours de vous localiser et de vous porter assistance. 

    Un grand mouvement de solidarité 

    Les Français, qui n’ont pas été touchés par le séisme, se sont rapidement mobilisés pour apporter assistance à la population locale. L’association des parents d’élèves du Lycée français de Marrakech ont lancé une collecte dès samedi matin, les élus de toutes les circonscriptions consulaires se sont réunis pour tenter d’organiser l’acheminement de matériel aux démunis. Malheureusement, le Maroc, en conflit diplomatique avec la France, n’a pour l’instant ni accepté l’aide de notre pays ni celle proposée par les élus des Français installés sur place.

    Marrakech
    Marrakech

    Pour en savoir plus, retrouvez Gauthier et ses invités ce midi (heure de Paris) en direct sur La Radio des Français dans le monde. Le podcast sera disponible quelques heures après sur le site Lesfrancais.press.

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain mardi pour prendre des nouvelles du conseiller consulaire du Niger qui a disparu vendredi dernier dans un commissariat tenu par les putschistes. 

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • A bas l’ « à bas l’abaya »

    A bas l’ « à bas l’abaya »

    Rentrées politique et scolaire se seront faites sur ce sujet fondamental : l’abaya. Cette robe longue traditionnelle dans les pays musulmans, bien avant qu’ils soient musulmans, depuis 4000 ans, a dû aussi être portée par la Vierge Marie. Depuis elle a pris la robe bleue étoilée d’Isis, devenue le drapeau européen. Personne ne vient de nulle part. L’école enseigne du passé ce qu’il a de meilleur : les conquêtes de l’esprit humain, les beautés du savoir, la recherche de l’excellence, les moyens de vivre libre. Et l’abaya, ce manteau désuet et un peu ridicule, porté par une provocation infantile, serait détenteur de tant de magie qu’il en deviendrait une menace pour la République ? 

    La principale question de la rentrée scolaire n’est pas la baisse de la qualité de l’enseignement, mais l’abaya.

    « Disons-le clairement : le niveau d’ensemble baisse », alertait l’ancien ministre Pap Ndiaye. Erreur : La principale question de la rentrée scolaire n’est pas la baisse générale de la qualité de l’enseignement en France, mais l’abaya. « Environ 21 % des élèves âgés de 15 ans n’ont pas un niveau suffisant de compétences en compréhension de l’écrit, culture mathématique et culture scientifique », résume une étude de l’Éducation nationale. « Ils ne sont pas capables d’utiliser leurs compétences en lecture pour acquérir des connaissances et résoudre des problèmes pratiques ». À cause de l’abaya ? À moins que ce soit cette déficience de lecture, de connaissance, qui permette l’obscurantisme de l’abaya…

    15 millions d’heures d’enseignement perdues en raison de « l’incapacité du système éducatif à remplacer les professeurs absents, qu’ils soient malades ou mobilisés par la formation ou les corrections d’examens ». « À l’entrée en 6e, 20 % des élèves sont en difficulté scolaire, voire en grande difficulté scolaire ». Constat de l’Education nationale sur elle-même. Il faudrait une révolution d’un système sclérosé. 

    À défaut de politique, on agite des symboles. Et cette esbroufe marche.

    Selon les classements internationaux, le niveau des élèves en maths et en sciences est le plus bas d’Europe. La France est avant-dernière sur 45 pays étudiés dans le monde. Selon l’OCDE, cette même France régresse lentement mais sûrement depuis 2000. Ni le renoncement de milliers de professeurs, ni le manque de candidats aux concours de recrutement, ni la constitution de ghettos scolaires, ni l’essor parallèle de cours privés pour pallier le défaut de l’instruction, ni la reproduction amplifiée des inégalités, toutes ces questions passent derrière ce défi : quelques gamines dans quelques familles rétrogrades qui se présentent en robe à connotation sinon musulmane, du moins étrangère à notre culture, l’abaya ! À défaut de politique, on agite des symboles. 

    Et cette esbroufe marche. Un temps. 80% des Français sont favorables à cette mesure. C’est dire si elle est plus que populaire : démagogique. Est-ce que vraiment l’abaya est une menace pour l’école et la culture française ? Combien de jeunes filles se présentent en abaya dans les écoles ?  0,0001% des élèves. Le diable s’habille en abaya ! En fait moins, selon, le ministre, qui se gagne une belle popularité par cette facilité : 298 cas, sur 12 millions d’élèves. Quel écho ! Mondial. Bravo.

    Une Commission américaine du Congrès dénonce : « Dans un effort malavisé pour promouvoir la valeur française de laïcité, le gouvernement empiète sur la liberté religieuse (…) La France continue d’utiliser une interprétation spécifique de la laïcité pour cibler et intimider les groupes religieux, en particulier les musulmans ». Voilà pour les Américains, sans doute islamophiles.

    Les Islamistes auraient voulu une publicité mondiale, qu’ils n’aurait pas rêvé mieux.

    Qu’en pense-t-on dans les pays musulmans, où l’on sait que l’abaya n’est pas religieuse ? Stupeur. Ou joie : les islamistes se frottent les mains. Ils auraient voulu une publicité mondiale, qu’ils n’aurait pas rêvé mieux. Les réseaux sociaux s’activent contre la France. 

    Quand le Roi du Maroc ou l’Émir du Qatar viendront à l’Élysée, leur intimera-t-on d’enlever leur qamis (équivalent masculin de l’abaya) dans ce temple républicain ? 

    Craint-on la propagande islamiste en France ? Ce n’est pas parce que l’extrême gauche défend, par électoralisme, les islamistes même antisémites, qu’il faut abandonner notre tradition, celle de la raison et de la liberté. La liberté, c’est de tolérer ce avec quoi l’on est en désaccord. La liberté, c’est d’accepter celle des autres. 

    abaya

    L’islam menacerait de s’étendre ? La France a gouverné des dizaines de pays musulmans, ils sont restés musulmans. La Turquie a gouverné bien des pays chrétiens, ils sont restés chrétiens (Grèce, Bulgarie, Serbie, Macédoine). Habituellement, les conquérants imposent leur foi. Notons encore que la Chine est devenue (en partie) bouddhiste sans qu’un seul Hindou n’y fasse du prosélytisme. Les faits religieux sont plus compliqués qu’on ne le croit. La France n’a aucune chance de s’islamiser. C’est l’inverse : l’Islam traditionnel, en Arabie saoudite, en Iran, est attaqué de toute part par les valeurs et les images (souvent dénudées) occidentales.

    Demandera-t-on aux garçons (et aux professeurs) de se raser la barbe ? N’est-ce pas un signe d’islamisme ? Le corps des femmes, leur vêtement, est toujours une cible.

    Il y a bien des polices religieuses. En Iran, les femmes se battent avec un courage et une ténacité admirables contre un régime qui instaure justement une « police du vêtement ». Les aide-t-on ? De quel droit ces mollahs disent-ils aux femmes comment s’habiller ? De quel droit un ministre dit, en France, aux collégiennes comment s’habiller ? Toujours les femmes, bien sûr. Demandera-t-on aux garçons (et aux professeurs) de se raser la barbe ? N’est-ce pas un signe d’islamisme ? Le corps des femmes, leur vêtement, est toujours une cible : trop couvert ou trop nu. 

    Demandera-t-on aux écoles, en Italie, de retirer les crucifix ? La Cour Européenne des Droits de l’Homme, l’a justifié. Un peuple aussi intelligent, aussi cultivé que le peuple français doit-il se réjouir que la décision d’un seul, fut-il ministre, c’est-à-dire serviteur, s’applique à tous ? Sommes-nous à ce point habitués à ce que le gouvernement décide de tout ? Sommes-nous à ce point incapables d’édicter, selon chaque école, selon chaque cas, un règlement intérieur ? Sommes-nous à ce point incultes ? Nos valeurs sont-elles à ce point floues qu’on ne puisse enseigner à des gamines la grandeur, la beauté, l’excellence de la liberté, de la diversité, de la culture, de la science, d’une littérature libératrice ? Enseigner à nouveau Racine, Corneille, Pascal, Montesquieu, Baudelaire, Valéry, est-ce impossible, plutôt que des livres « à portée des enfants », comme s’ils étaient des imbéciles ?

    Si l’on n’ose plus, dans certaines classes, parler de la Shoah, est-ce à cause de l’abaya ou de la lâcheté, de l’inculture ?  

    Si l’on n’ose plus, dans certaines classes, parler de la Shoah, est-ce à cause de l’abaya ou de la lâcheté, de l’inculture ? Et n’est-ce pas aveuglement et lâcheté que cette rupture du lien de confiance entre enseignants et élèves qui permet ce fléau du harcèlement scolaire ? Un jeune homme de quinze ans s’est pendu cette semaine. Ce n’est pas le premier. C’est l’humanité qui manque, pas le règlement. 

    Croit-on que seul l’interdit fonctionne ? C’est encourager la rébellion, la provocation, créer de nouveaux problèmes, ignorer les conséquences d’un tel abus. Puisque l’on interdit un vêtement, obligera -t-on – car l’on n’enseigne que par l’exemple – les professeurs à porter un costume ? 

    Déjà, des voix se font entendre pour imposer l’uniforme aux élèves. Cela éviterait les concours de marques et de mode dans les cours de récré. Des départements, sans doute avant-gardistes, se portent volontaires. L’école du XXIème, celle de la révolution digitale, se fonde certainement sur l’uniforme !  Jamais la République n’en a eu besoin. Sinon une blouse pour éviter les tâches.

    Interdire, uniformiser, telle serait la réponse à la complexité, à la multiplicité du monde.  

    Le défi scolaire de demain, c’est créer une école qui donne les moyens d’apprendre, qui apprenne à apprendre, pour que chacun ait ses chances dans cette nouvelle civilisation de la connaissance qui ouvre des perspectives aussi infinies qu’inconnues. Et effrayantes : des réseaux pédophiles paient gamins et gamines pour filmer leur sexe en échange d’argent de poche. Que le gouvernement s’occupe d’une convention internationale sur la circulation de ces images à travers le monde. Qu’il programme un enseignement aux « images ». Un enseignement à cette école du monde que sont les écrans : un enfant passe plus de temps devant les écrans qu’à l’école, qui l’ignore ? Interdire encore ? Interdire la télé ! 

    Interdire, uniformiser, telle serait la réponse à la complexité, à la multiplicité du monde. Quel aveuglement, quel renoncement. Quelle hypocrisie.

    L’islamisme, comme la bêtise, comme le fanatisme, se combat par la pensée, pas par la police. Par la culture, pas par l’uniforme. Par la liberté, pas par l’interdit. Aujourd’hui, tout le monde, en France, crie « à bas l’abaya ». 

    En attendant c’est de l’école qu’il s’agit. La grande dégringolade des programmes entamée voici bientôt 40 ans a réduit la méritocratie à l’état d’illusion. Elle menace le pays de déclassement. Regarder vers le haut, jamais vers le bas. La démagogie est le véritable ennemi de la démocratie.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Sénatoriales 2023 : pour qui voter ? 

    Sénatoriales 2023 : pour qui voter ? 

    En période électorale il y a les coups bas, les coups fourrés, les coups de Jarnac, les coups tordus, les rumeurs, les ragots, les trahisons, les fourberies, les officiels, les dissidents … et bien d’autres faits et gestes d’arrière-cour ou de mise en scène publique. Cette campagne pour les sénatoriales des Français de l’étranger n’échappe pas à cette tradition.

    Des idées pour les expatriés, y en a-t-il sur la table ? 

    Et pourtant, une élection ce sont aussi des programmes, des projets. « Les Français de l’étranger méritent mieux » a-t-on entendu dernièrement dans une des interviews du podcast « En toute confidence » publiée par lesfrancais.press. Alors des idées pour les expatriés y en a-t-il sur la table ? Quelles propositions émergent des seize listes engagées ? Et si, chers grands électeurs et lecteurs, le temps de cet article, nous oubliions les étiquettes politiques pour ne retenir uniquement que les engagements publics des candidates et des candidats. Voteriez-vous pour l’ensemble de ce programme ?

    Le statut de l’élu : pierre angulaire de cette campagne

    Le statut des Conseillers des Français de l’étranger est la pierre angulaire de cette campagne. Parmi les 532 électeurs, plus de 500 sont directement concernés. La « réforme est urgente », nous confie Mathilde Ollivier, certains élus estiment d’ailleurs qu’ils passent « plus de temps à se battre sur (nos) prérogatives qu’à défendre les Français de l’étranger ». Ronan Le Gleut propose ainsi de transposer le « statut de l’élu local publié par l’Association des maires de France (AMF) aux élus des Français de l’étranger. Il ne devrait pas y avoir deux catégories d’élus dans la mesure où leur légitimité émane du suffrage universel direct ». La question du nombre de représentants par pays se pose aussi. Olivia Richard constate que « la représentation proportionnelle entre le nombre de Français vivant dans le pays et le nombre désigné de Conseillers des Français de l’étranger n’est pas adéquate ». Au Gabon il y a actuellement trois élus consulaires, au Niger qu’un seul, pour ne prendre que des exemples récents, alors qu’ils sont sept en Belgique. Au regard des situations et du besoin d’aides en faveur de nos compatriotes expatriés, ce chiffre pourrait donc évoluer. 

    « Les résolutions votées à l’unanimité à l’AFE devraient être intégrées dans les propositions ou projets de lois »

    L’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) fait également l’objet de discussions. Hélène Degryse affirme que la réforme de 2013 « a précarisé les élus et marginalisé l’AFE », Marc Guyon parle d’« un simple club de gens sympathiques mais sans réel pouvoir » quand il évoque cette assemblée et demande ainsi que « tous les élus conseillers des Français de l’étranger puissent y siéger » pour améliorer la représentation. Concernant ses pouvoirs, la quasi-unanimité de tous les candidats se prononcent pour que l’AFE « puisse disposer de compétences délibératives », Christine Tuaillon ajoutant que « toutes les résolutions votées à l’unanimité à l’AFE devraient être intégrées dans les propositions ou projets de lois ».

    Stop aux Français de seconde zone 

    Alain Ouelhadj souligne que « dans la Constitution il n’est pas indiqué que les Français de l’étranger disposeraient de moins de droits et de devoirs que les Français de France ». Il conviendrait de stopper l’idée de Français de seconde zone : « Chaque expatrié au niveau santé, éducation, retraite, fiscalité… devrait disposer des mêmes possibilités que nos compatriotes vivant en France ».    

    Disposer des mêmes possibilités, cela passe par l’éducation, et Christine Tuaillon évoque « la gratuité des écoles » sans pour autant favoriser les groupes privés. Faciliter la vie de nos compatriotes à l’étranger c’est aussi les soutenir dans leurs initiatives. Pierre Brochet pointe la « difficulté à financer des projets à l’étranger » et met en avant la possibilité de faciliter « les crédits expats et de créer un système de mutualisation de garanties pour obtenir un prêt à l’étranger, aussi bien pour les acquisitions patrimoniales qu’entrepreneuriales. »   

    Les entrepreneurs, Franck Barthélemy souhaite les soutenir et demande que soit réalisé « un inventaire des entrepreneurs Français de l’étranger pour savoir combien ils sont et où ils sont exactement ». Cette initiative permettrait par la suite « de mieux cibler les aides et permettrait à l’Etat d’accompagner plus efficacement nos entrepreneurs à l’étranger, qui sont nos aussi nos ambassadeurs ». 

    Caisse des Français de l’étranger : il est grand temps de changer

    La Caisse des Français de l’étranger (CFE) est également au cœur du débat. Damien Regnard s’offusque que cet organisme « ne puisse définir sa politique tarifaire sans les contraintes de l’État, ni maîtriser la gestion de ses ressources humaines » ajoutant qu’ « il est grand temps » de changer cela. Franck Barthélémy s’engage à obtenir, pour la CFE, une « subvention d’équilibre » venant de l’Etat français pour « couvrir la solidarité nationale ».

    élections sénatoriales 2023
    Elections sénatoriales 2023 : des idées pour les expatriés, y en a-t-il sur la table ? 

    Un soutien « de bout à bout » 

    La vie de nos expatriés connaît les mêmes vicissitudes que celle de nos compatriotes vivant en France. Le basculement est possible et le drame humain existe aussi. Pour Thierry Masson, la création d’un mécanisme pour « venir en aide aux personnes (françaises) victimes à l’étranger de violences sexuelles et/ou conjugales pour les accompagner et les soutenir de bout à bout du moment où l’acte est constaté/déclaré à la solution pérenne trouvée », est indispensable au regard de situations existantes. Pour faciliter le retour en France en cas d’urgence pour des Français expatriés en situation difficile, Evelyne Renaud-Garabedian propose de créer une « banque de miles de transport » en lien avec Air France. Ainsi, celles et ceux qui « voyagent pourraient faire don de leurs miles pour en faire bénéficier les Français de l’étranger en situation de précarité ou d’urgence pour lesquels un rapatriement » est vital. Sophie Suberville évoque le cas du « conjoint suiveur » et de « son statut » quand celui-ci dépend de l’autre, et souhaite que des mesures soient adoptées pour éviter les situations compliquées.

    N’oublions pas les jeunes générations

    Hélène Degryse constate que « les jeunes ne consultent plus ni les e-mails ni les sites internet » mais utilisent leur smartphone. Pour répondre à cette situation, elle propose de créer une application type « France Consulaire » où seraient disponibles les informations culturelles, civiques, ainsi qu’un espace personnel (passeport, carte d’identité…). Cette application serait aussi l’occasion de poser les premières bases aux futures modalités « du vote par internet de demain », tant le système actuel a montré quelques difficultés (élections législatives annulées). Mathilde Ollivier insiste sur cette jeunesse expatriée et souhaite que certaines « instances représentatives des jeunes à l’étranger », notamment dans les établissements scolaires, « puissent intégrer les instances nationales » en France et « faire entendre leur voix ». 

    Un accompagnement sur mesure pour revenir en France

    Le retour sur le territoire national en dehors de toute urgence particulière fait aussi partie des propositions avancées. Pour Sophie Suberville, « un accompagnement sur mesure est indispensable pour chaque expatrié souhaitant revenir en France ». Hélène Conway, quant à elle, met sur la table l’idée d’un nouvel Erasmus pour « permettre aux bi-nationaux français, nés à l’étranger, de venir un semestre en France entre leurs 18 et 25 ans pour qu’ils connaissent notre pays, renforcer nos liens et promouvoir notre langue ».

    La place des Français de l’étranger dans l’inconscient collectif des Français

    Hélène Conway pose aussi un autre débat, celui de la place des Français de l’étranger dans l’inconscient collectif des Français : « Nous sommes les héritiers de la période faste de l’expatriation mais nous sommes aujourd’hui confrontés aux mêmes difficultés que les Français de France : service public, éducation, santé… avec les soucis et les réussites ». Or, poursuit-elle, « si dans l’inconscient nous restons des nantis, nous pourrons toujours demander du budget ou des réformes, on ne nous entendra pas ». Olivia Richard pense que « cela passe aussi par une meilleure articulation entre les différents représentants », et, pour être efficace, Damien Regnard insiste pour « que le ministre des Français de l’étranger soit rattaché au Premier Ministre ». En effet, toutes les propositions des candidates et candidats mentionnés précédemment, quelles que soient leurs couleurs politiques, montrent que les sujets des Français de l’étranger touchent tous les ministères, et pas uniquement celui des Affaires étrangères.

    Des idées, il y en a : concrétisez-les !


    Les 16 têtes de liste dans l’ordre alphabétique

    En cliquant sur les photos vous accéderez aux articles liés à la personnalité choisie

  • Le XV de France remporte son match face aux All Blacks

    Le XV de France remporte son match face aux All Blacks

    En ouverture de la Coupe du monde 2023, le XV de France a dominé, à la surprise générale, la Nouvelle-Zélande (27-13) et ses fameux All Blacks, vendredi soir, au Stade de France. Les Français installés dans cette île du bout du monde n’ont pas boudé leur joie alors que certains s’étaient réunis à Auckland pour regarder le match diffusé très tôt samedi matin (du fait du décalage horaire) !

    Un match tendu mais victorieux

    Longtemps en difficulté, les hommes de Fabien Galthié ont accéléré en seconde période pour infliger aux All Blacks la première défaite de leur histoire en phase de groupes d’un Mondial, et faire du même coup un immense pas vers les quarts de finale.

    En entrant sur la pelouse, les Bleus avaient une crainte : reproduire la contre-performance de leurs aînés, battus par l’Argentine lors du match d’ouverture des Bleus en 2007, là aussi sur le sol français. La « génération Dupont » pouvait compter sur un public enflammé pour tenter de faire tomber la montagne néo-zélandaise, mais Mark Telea s’est chargé de refroidir l’ambiance rapidement. Dès la deuxième minute, l’ailier des All Blacks terminait dans l’en-but et marquait le premier essai sur un amour de coup de pied de son arrière Beauden Barrett.

    Pris par surprise, les Bleus ont répondu par le pied de Thomas Ramos − qui a enchaîné les pénalités − pendant que le public se reprenait en lançant les premières Marseillaise, bien chauffé par la Pena Baiona entonnée durant la cérémonie d’ouverture. Trois pénalités de l’arrière toulousain plus tard (5e, 19e, 28e), les Bleus prenaient l’avantage et rentraient aux vestiaires avec un point d’avance (9-8).

    Heureusement, depuis le haut des tribunes, le sélectionneur français Fabien Galthié a rapidement repris confiance. Dans la foulée des remplaçants, les Bleus ont accéléré et ont définitivement pris le large grâce aux essais de Damian Penaud (55e) et Melvyn Jaminet (78e), pour conclure en beauté une soirée seulement assombrie par la blessure à la cuisse de Julien Marchand en première période.

    L’obstacle néo-zélandais passé, les Bleus vont maintenant pouvoir se tourner sereinement vers la suite de la compétition. Elle les mènera vers un duel face à l’Uruguay jeudi prochain, avant d’affronter la Namibie, puis l’Italie.

    Un président sifflé

    Alors qu’il s’apprêtait à donner le coup d’envoi officiel de la Coupe du monde de rugby 2023, le président de la République, Emmanuel Macron, a été copieusement hué par une partie du public du Stade de France à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Sur les réseaux sociaux, plusieurs figures d’opposition, dont le député Insoumis Antoine Léaument, se sont faits l’écho de cette difficile entrée en matière.

    Affichant un air surpris au moment de gagner son pupitre, Emmanuel Macron a ensuite déroulé son discours, et même suscité la clameur en faisant applaudir les équipes française et néo-zélandaise, sur le point de s’affronter pour ce premier match du Mondial.

    Une cérémonie incompréhensible

    La cérémonie d’ouverture a lancé le Mondial sur la pelouse du Stade de France. Jean Dujardin, Zaz, Vianney ou encore Philippe Lacheau étaient notamment les têtes d’affiche d’un show qui n’a pas manqué de faire réagir les Français.

    Durant un peu plus de 20 minutes, les spectateurs et téléspectateurs ont été plongés au cœur d’un village français des années 50 poétiquement baptisé « Ovalie », avec en toile de fond l’histoire d’amour d’un boulanger, Jean Dujardin, et d’une costumière, la danseuse étoile Alice Renavand. 44 artistes professionnels (danseurs et acrobates) et 240 bénévoles ont pris part au show pour tenter d’offrir un grand tableau au public.

    Jean Dujardin et un comédien déguisé en coq lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde de rugby, le 08/09/2023 © AFP

    Sur X (anciennement Twitter), les réactions que l’on qualifiera de mitigées ont été nombreuses. Entre gêne, incompréhension devant un certain désordre et même ennui, le spectacle proposé a eu du mal à trouver son public. Avec une mention spéciale pour ce comédien déguisé… en coq.

    https://twitter.com/paul_denton/status/1700219484261462034?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1700219484261462034%7Ctwgr%5Ec3a04d7834820e36e6f7ad747e925df2e384460b%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Frmcsport.bfmtv.com%2Frugby%2Fcoupe-du-monde%2Ffrance-all-blacks-entre-gene-et-incomprehension-la-ceremonie-d-ouverture-enflamme-les-reseaux-sociaux_AV-202309080825.html

    Si les internautes français n’ont pas hésité à faire part de leur scepticisme, le spectacle n’a pas été beaucoup mieux compris hors de nos frontières. Toujours avec ce fameux coq au centre de toutes les discussions. « Je ne vais pas mentir, cette cérémonie d’ouverture est horrible. ‘Tu sais, ce serait une bonne idée, courons après un chapeau partout et demandons à un vieux gars de prétendre qu’il est un poulet’ », peste par exemple un internaute anglais.

    « Qu’est ce que c’est que cette cérémonie d’ouverture ? Je pensais qu’une cérémonie d’ouverture était censée incarner le sport, avec du rythme et de l’énergie. Si j’avais voulu voir une comédie musicale, je serais allé au théâtre ».

    Même les médias internationaux n’ont pas vraiment saisi ce qui se tramait sur la pelouse du Stade de France. « Pour être honnête, je ne comprends pas tout à fait ce qui se passe, mais il y a eu beaucoup de nourriture, de musique et de mode jusqu’à présent », avouait par exemple en direct le journaliste chargé du direct commenté du match sur le site du Daily Mail.

  • Marrakech : la nuit de l’horreur

    Marrakech : la nuit de l’horreur

    Des scènes de panique et de désolation ont marqué la nuit du 08 au 09 septembre 2023. La région de Marrakech a été touchée par un puissant séisme. La secousse, de magnitude 7 sur l’échelle de Richter, a été ressentie jusqu’à Rabat. Les Français, tant les touristes que les expatriés, sont nombreux sur place, l’ambassade et le consulat se sont mobilisés dès les premières minutes !

    Mis à jour le 10 septembre à 15h15
    Vue des murailles extérieures de Marrakech ©AFP le 09/09/2023

    Un séisme puissant

    L’épicentre du tremblement de terre de magnitude 7 sur l’échelle de Richter se situait dans la province d’Al-Houz, au nord-ouest de Marrakech. 

    « Selon un bilan provisoire, ce séisme a entraîné la mort de 296 personnes dans les provinces et communes d’Al-Haouz, Marrakech, Ouarzazate, Azilal, Chichaoua et Taroudant »

    Le ministère dans un communiqué
    Caryl GERVEREAU
    Caryl GERVEREAU

    Au moment où nous mettons à jour cet article à 15h15 (CET) ce dimanche 10 septembre, le bilan fait état de 2012 morts dont 4 Français et 2059 blessés dont 15 blessés français. Parmi les gens hospitalisés, 1404 sont dans un état grave, a indiqué le ministère de l’Intérieur marocain. Le séisme a causé l’effondrement de plusieurs bâtiments, notamment dans les provinces et communes d’al-Haouz, Taroudant, Chichaoua, Ouarzazate et Marrakech. Si la situation des Français fut rapidement éclaircie, le consulat a indiqué à l’élu local, Caryl GERVEREAU, que leurs services avaient eu des difficultés à joindre 81 Français avec une inquiétude particulière pour un de nos compatriotes qui se trouvait en montagne et qui est, finalement, est décédé.

    « Nous déplorons le décès d’un ressortissant Francais à Agadir, suite à un malaise cardiaque pendant le séisme », a fait savoir le Quai d’Orsay, qui a par ailleurs identifié « huit ressortissants » blessés, avec lesquels il dit être « en contact étroit afin de (s’)assurer de leur bonne prise en charge

    Le quai d’Orsay ce samedi 09 septembre

    Le dispositif îlotier activé

    Dès 02h du matin, le dispositif ilotier a été déclenché par le consulat avec les conseillers locaux, M. Fouad Housni, M. Caryl Gervereau et M. Max Georgandelis. Une disposition prise aussi dans les autres grandes villes du pays qui ont ressenti le séisme.

    Rappelons le, le système des îlotiers divise le secteur concerné en zones confiées à des Français volontaires, qui sont équipés de moyens de communication mis à disposition, en amont, par les autorités françaises. Les volontaires ont comme mission de répertorier les Français inscrits au registre consulaire dans sa zone et de leur porter assistance si besoin et dans les tous les cas ils doivent remonter la situation de nos compatriotes au Consulat.

    Car si pour l’instant aucun mort n’a été signalé, l’événement a déjà laissé de grands traumatismes à nos compatriotes installés sur place.

    Tout va bien mais c était absolument effrayant et les bruits qui accompagnent les tremblements sont terrifiants. Abder, qui travaille pour nous, a des morts dans sa famille à Ouirgane. Je pense que maintenant que le jour se lève enfin, nous allons découvrir les dégâts dans la Médina et dans tous les villages de l’Atlas.

    Une Française vivant à quelques kilomètres de Marrakech

    Parmi les bâtiments touchés, la Résidence du consul de France nichée au pied du minaret de la Koutoubia, a subi de lourds dégâts comme la mosquée.

    Par ailleurs, nous relayons le message du consulat sur place : « Si vous rencontrez des ressortissants français dans cette situation, merci de communiquer toute information utile par téléphone au numéro ci-dessus ou par courriel à l’adresse : [email protected]« . La solidarité est un facteur déterminant dans ce type de situation. Il existe, aussi, un numéro de téléphone d’urgence 00 212 (0)5 37 68 99 00 mais attention de laisser les lignes libres afin que les Français sur place puissent s’informer sur les dispositions prises. Samedi matin, le standard était saturé. Depuis Paris a pris le relais, les appels y étant directement transférés.

    Les élus, l’AEFE, le ministère, mobilisés

    Le député des Français Karim Ben Cheikh a réagi dès hier soir sur Twitter, actuellement en déplacement à Dakar, il se rendra dans les prochains jours au Maroc si les conditions le permettent.

    Olivier Becht
    Olivier Becht

    A midi, les services du ministre des Français de l’étranger, Olivier Becht, nous ont transmis son message de solidarité avec les expatriés et le peuple marocain.

    « Très grande émotion après le séisme qui a endeuillé le Maroc cette nuit. Toutes mes pensées vont aux victimes et à leurs familles. La France se tient aux côtés du Maroc. Pour nos compatriotes sur place, une cellule de crise a été ouverte.« 

    Olivier Becht, ministre des Français de l’étranger

    Hélène Conway-Mouret, sénatrice des Français de l’étranger (PS) a voulu, elle, souligner l’engagement des élus consulaires dans un message publié sur les réseaux sociaux.

    Hélène Conway-Mouret
    Hélène Conway-Mouret

    « Pour la France pour celles et ceux qui veulent avoir des nouvelles par la cellule de crise du ministère que vous pouvez communiquer:
    +33 (0)1 43 17 53 53
    +33 (0)1 53 59 11 10 (numero réservé aux urgences)
    Pas de victimes Françaises signalées pour le moment. La France prépare l’envoi de secours en cas de demande de la part du Maroc. Quand les villages dans les montagnes seront secourus il faut s’attendre sûrement à de tristes bilans. Merci à tous nos conseillers sur place pour votre mobilisation exemplaire.
    « 

    Hélène Conway-Mouret, sénatrice des Français de l’étranger

    Enfin, le conseiller de coopération et d’action culturelle basé à l’ambassade de France indique que les établissements scolaires ont eu peu voire pas de dégâts, même celui de Marrakech qui serait donc potentiellement opérationnel lundi. L’AEFE n’a pas encore reçu de consignes des autorités marocaines ou françaises pour les prochains jours.

    Cependant, la nouvelle directrice de l’AEFE, Claudia Scherer-Effosse, comme tout le personnel à Paris ou au Maroc, sont mobilisés. Il en est de même pour les équipes de la Mission laïque française, très implantée dans le royaume chérifien.

    « À ce stade, aucun signalement de victime ou constat de dégâts dans les établissements homologués au Maroc. Nous exprimons notre solidarité avec le Maroc et toutes les personnes touchées par le séisme survenu le 9 septembre 2023. L’AEFE et le poste diplomatique indiquent qu’à ce stade, aucune victime n’a été signalée parmi les communautés scolaires et aucun dégât n’a été constaté dans les établissements. L’Agence reste en contact avec le poste et les chefs d’établissement pour assurer le suivi de la situation.« 

    Communiqué de l’AEFE publié ce 09 septembre à midi

    La mobilisation s’organise depuis ce matin, Nicolas Arnulf et les autres élus des circonscriptions consulaires au Maroc tentent avec les autorités d’organiser le transport de matériel médical depuis la France à destination des zones touchées. Nous vous informerons des modalités pour participer à cette action.

    Solidarité internationale

    Catherine Colonna, la ministre des Affaires étrangères françaises, a réagi au cœur de la nuit pour apporter la solidarité de notre pays au Maroc, et ce malgré les tensions diplomatiques actuelles.

    « Solidarité avec le Maroc et le peuple marocain ami suite au terrible séisme de cette nuit. Pensées émues pour les victimes et leurs familles et admiration pour le travail des sauveteurs qui secourent les blessés sans relâche »

    Catherine Colonna, ministre française des Affaires étrangères

    Ce matin, c’est Emmanuel Macron qui a apporté son soutien envers les victimes du tremblement de terre.

    Enfin, en France, plusieurs élus locaux ont déjà annoncé leur aide envers les Marocains sinistrés. Si « Marseille et ses @marinspompiers participeront à l’effort de la communauté internationale afin de venir en aide aux populations sinistrées« , comme indiqué par Benoît Payan, la région Ile-de-France, elle, « sera aux côtés des forces de secours & des associations à l’œuvre pour venir en aide aux victimes« , selon Valérie Pécresse.

    L’Union européenne a aussi proposé son aide au gouvernement marocain par la voix du porte-parole de la diplomatie commune.

    ‘Mes pensées vont au peuple marocain, touché par un terrible tremblement de terre qui a secoué le pays pendant la nuit causant des centaines des morts. l’UE se tient prête à fournir au Maroc l’assistance qu’il souhaitera »

    Josep Borrell, porte-parole de la diplomatie européenne.
    Ruelle de la Médina à Marrakech le 09/09/23 ©AFP
  • En toute confidence : Franck Barthélémy, candidat aux élections sénatoriales – Sans étiquette

    En toute confidence : Franck Barthélémy, candidat aux élections sénatoriales – Sans étiquette

    podcast interview politique

    En toute confidence

    « En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.

    Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.

    Animé par Caroline Ettori.

    Marchand d’art, conseiller des Français de l’étranger pour une partie de l’Inde, du Sri Lanka, du Bangladesh et du Népal, Frank Barthélémy est également conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE), administrateur de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) et conseiller au commerce extérieur. A l’occasion de ces élections sénatoriales, il conduit la liste « Avec vous et pour vous sur le terrain au service des Français », une liste « différente » et non « dissidente » de la majorité présidentielle. Réforme de la Caisse des Français de l’Etranger, reconnaissance des entrepreneurs français de l’étranger, résidence de repli sont par ailleurs quelques-unes des priorités identifiées par le candidat.

    « Une liste différente et non dissidente de la majorité présidentielle »

    Dans ce podcast, Franck Barthélémy nous explique qu’il mène une « liste différente et non dissidente de la majorité présidentielle ». Il évoque ainsi le pragmatisme des personnes qui ont rejoint son équipe. Il partage aussi sa façon de faire de la politique et met en avant des « engagements fermes » de sa part « plutôt que des programmes » qui ne sont généralement pas respectés.

    Franck Barthelemy
    Franck Barthelemy

    Une « subvention d’équilibre » de l’Etat pour la Caisse des Français de l’étranger

    Franck Barthélémy s’engage à réformer la Caisse des Français de l’Etranger (CFE) notamment en modifiant le conseil d’administration pour une meilleure représentation des adhérents de la CFE, et souhaite la création d’une « subvention d’équilibre » venant de l’Etat français pour « couvrir la solidarité nationale ».

    « Un inventaire des entrepreneurs Français de l’étranger »

    La reconnaissance des « entrepreneurs Français de l’étranger pour ce qu’ils font » est aussi un axe développé par le candidat lors de cet interview. Pour Franck Barthélémy : « ils sont les vrais ambassadeurs de la France » auprès des populations. Il demande que soit réalisé « un inventaire de ces entrepreneurs Français de l’étranger pour savoir combien ils sont et où ils sont exactement ». Cette initiative serait la première démarche à effectuer pour ensuite obtenir de l’Etat une reconnaissance de ces entrepreneurs et cibler un soutien efficace à leurs activités.

    Résidence de repli : « Pour le moment on ne voit rien »

    Le sujet de la « résidence de repli » est également abordé dans le podcast. Pour rappel, aujourd’hui une résidence située en France et détenue par un Français de l’étranger reste considérée comme une résidence secondaire avec notamment toutes les charges, taxes et autres qui l’accompagnent. La résidence de repli aurait pour objectif de créer un statut particulier pour pouvoir notamment accéder aux mêmes aides que celles accordées à la résidence principale. Cette question est actuellement en débat et le gouvernement a créé un groupe de travail sur ce sujet incluant des parlementaires de plusieurs étiquettes politiques. « Pour le moment on ne voit rien  de concret sur ce sujet », nous confie Franck Barthélemy, affirmant qu’il s’engage à obtenir « quelque chose avant la fin de la mandature du Président de la République ».
    En conclusion, Franck Barthélémy affirme : « je veux être un pont entre les Français de l’étranger et le Sénat et être un législateur pour tous ».

    En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes










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