Cette semaine sur Lesfrancais.press avec La French Radio Hong-Kong, nous avons eu le plaisir de discuter avec Agnès Seelinger, metteur en scène de la pièce « Les Zinzins », qui sera présentée au Fringe Club Festival 2026 à Hong Kong. Ce festival, qui se tient du 30 décembre au 8 février, célèbre le thème « Breeding Bold. Breaking Boundaries. », un événement rassemblant plus de 300 artistes autour de 100 programmes innovants alliant théâtre, musique, danse, et plus encore.
Écouter le podcast avec Agnès Seelinger
Les Zinzins ou la perte de la raison ?
Lors de notre échange, Agnès nous a éclairés sur l’inspiration derrière « Les Zinzins« , une œuvre où la raison semble avoir abandonné les personnages. Loin d’être une simple comédie, la pièce met en lumière le défi d’écouter autrui dans un monde où chacun s’accroche à son propre point de vue.
« Lorsque l’on veut impérativement démontrer que l’on a raison, on devient sourd à l’écoute de celui qui essaie de vous parler. »
Agnès Seelinger
Au cours de ce podcast, Agnès explique que cette dynamique provoque des situations hilarantes et décalées, illustrant le fait que vouloir prouver que l’on a raison peut nous rendre sourds aux voix des autres. Un autre point marquant de cette production est la présence d’acteurs amateurs passionnés, qui, selon Agnès, sont bien plus que de simples débutants. Parmi la troupe, on retrouve Delphine Canard-Moreau, Bertrand Leduby, et une jeune fille de 12 ans, Niki, qui jouera le rôle de maître de cérémonie, ajoutant une touche surprise à la pièce.
« Les Zinzins » Mise en scène par Agnès Seelinger
Côté artistique, la musique est signée Stéphane Lam, avec qui Agnès a déjà eu une belle collaboration. Leur créativité commune promet une ambiance riche et immersive.
« Je veux que le public ressorte presque ivre après 45 minutes de spectacle effréné »
Agnès Seelinger
Repousser les limites artistiques est au cœur de cette création. Avec une durée de 45 minutes remplie d’un rythme effréné, Agnès aspire à faire vivre au public une expérience presque euphorique. Elle compare même le spectacle à une performance de stand-up, où chaque élément (diction, émotion, gestes) s’imbrique pour captiver les spectateurs.
Le Fringe Club Festival
Pour inciter les auditeurs à découvrir « Les Zinzins », Agnès insiste sur le caractère unique de cette pièce, entièrement conçue au sein de la Seelinger Art Foundation. Les recettes générées seront reversées à cette fondation pour soutenir d’autres projets artistiques en direction de la communauté française de Hong Kong.
« L’art et le théâtre sont essentiels pour retrouver une connexion humaine, loin du virtuel »
Agnès Seelinger
Enfin, Agnès nous rappelle l’importance de l’art et du théâtre, surtout dans un contexte où les connexions humaines sont souvent remplacées par le virtuel.
Elle encourage le public à renouer avec des expériences authentiques, loin des écrans, et à redécouvrir la richesse des relations humaines à travers le spectacle vivant.
« Les Zinzins » se jouera du 5 au 8 février 2026 au Fringe Club Festival. Ne manquez pas cette occasion de vous immerger dans l’absurde et de célébrer la créativité vivante !
Infos pratiques :
“Les Zinzins”, mise en scène d’Agnès Seelinger au Fringe Club, Hong Kong Du 5 au 8 février 2026
En France, l’autodénigrement a été porté au rang d’art majeur. Quand celui-ci est doublé d’un pessimisme existentiel, considérer que la France a des atouts appartient à la déraison. À force de commenter à l’infini les déficits, la dette, la désindustrialisation, l’insécurité supposée ou l’instabilité politique, la population a fait sienne l’idée que la France était en déclin et qu’elle était devenue la risée du monde. Ce qui prouve que l’autoflagellation n’empêche pas le nombrilisme. Or l’économie française, si elle est incontestablement sous tension, n’est ni exsangue ni condamnée. La première force de la France provient de sa démographie. Certes, elle n’échappe pas au vieillissement de sa population et à la baisse du taux de fécondité, mais sa situation est bien meilleure en la matière que celle de la grande majorité des pays de l’OCDE. Sa population active continue de croître, ce qui est un atout indéniable pour la croissance. L’économie est une affaire de générations. Un pays plus jeune est plus ouvert sur le progrès, les nouvelles technologies, les nouveaux modes d’organisation.
Une technicité reconnue dans le monde
À cette démographie s’ajoute un capital humain d’une rare densité. La France continue de former des ingénieurs, des chercheurs, des cadres et des techniciens parmi les plus recherchés au monde. Ses grandes écoles, ses universités, ses centres de recherche, internationalement reconnus, alimentent son tissu productif. Un pays qui attire et forme reste un pays qui compte.
Contrairement à une idée trop répandue, la France n’a pas cessé de produire. Son appareil productif est certes plus étroit qu’il ne l’était il y a quarante ans, mais il demeure qualitativement puissant. L’aéronautique, la défense, le luxe, l’agroalimentaire, la pharmacie, l’énergie, les infrastructures constituent des piliers solides, exportateurs, souvent excédentaires. La désindustrialisation française est réelle, mais elle est moins synonyme de vide que de recomposition. Tous les pays se tertiarisent, les États-Unis en tête. Le problème n’est pas tant l’absence d’industrie que sa concentration excessive sur quelques filières et territoires.
L’innovation française souffre du même procès en invisibilité. Trop discrète, trop éclatée, elle peine à s’incarner dans un récit collectif. Pourtant, la France figure parmi les pays européens les plus actifs en matière de recherche, de brevets et de start-ups à vocation technologique. Elle innove davantage qu’elle ne le croit. Ses pépites éprouvent des difficultés à grandir et à accéder au marché mondial pour des raisons de financement et d’étroitesse du marché national. Mais le talent est présent, comme le prouve Arthur Mensch avec son entreprise Mistral.
À cela s’ajoutent des infrastructures de premier plan. Réseaux de transport, énergie, télécommunications, logistique : cet héritage accumulé sur plusieurs décennies nous est envié. Le réseau autoroutier, construit en ayant recours aux concessions, est aujourd’hui d’une densité remarquable et bien entretenu. Peu de pays disposent d’un tel socle. L’Allemagne est ainsi contrainte de réaliser un effort conséquent pour rattraper son retard en la matière.
Un pays plébiscité par les investisseurs étrangers
La France peut compter sur une épargne abondante et un système financier performant, l’un des plus puissants du monde. Les ménages français disposent d’un stock d’épargne important qui permet de financer l’État et les entreprises. Les banques comme les assureurs jouent un rôle d’intermédiation de premier plan. Depuis plusieurs années, l’épargne est de plus en plus investie vers des produits permettant le financement des entreprises. Le succès du Plan d’Épargne Retraite, avec une montée en puissance des unités de compte dans l’assurance-vie, est le symbole de cette évolution.
En France, la critique de l’État est un sport national. Pour autant, celui-ci a permis au pays de traverser les dernières crises, que ce soit celle du Covid ou celle liée à la hausse des prix de l’énergie avec le déclenchement de la guerre en Ukraine. Cette capacité a un coût budgétaire, mais elle constitue aussi une assurance collective.
Malgré ses rigidités et ses débats internes, la France demeure l’un des premiers pays d’accueil des investissements étrangers, preuve d’une attractivité élevée. Celle-ci repose sur la stabilité juridique, la qualité des infrastructures, la compétence de la main-d’œuvre et la taille du marché.
Autre force trop souvent négligée : la diversification du modèle économique. La France combine industrie, services, agriculture, tourisme, finance et culture. Cette diversité n’est pas toujours optimale en période d’euphorie, mais elle devient précieuse lorsque les cycles se retournent.
Le principal risque pour l’économie française n’est donc pas l’absence d’atouts, mais l’excès de doute. À force de se raconter que leur pays décline, les Français finissent parfois par s’auto-convaincre et s’auto-contraindre. La tentation de l’abandon et du repli sur soi transcende les générations et les Républiques. Ce grand nombre d’atouts explique peut-être une indolence, un manque de volonté. L’histoire économique française invite à la prudence face aux diagnostics définitifs. La France doute souvent d’elle-même au moment précis où elle prépare, sans toujours le savoir, son propre rebond. Elle a traversé des phases bien plus critiques, financières, démographiques, géopolitiques, sans jamais disparaître du jeu économique international.
Chaque année, le Henley Passport Index publie son classement des passeports les plus « puissants » au monde. Concrètement, le palmarès reflète la capacité de voyager sans visa, éviter les formalités interminables aux frontières et multiplier les destinations qu’offre un passeport. Une liberté de circulation qui est indispensable pour les Français de l’étranger au quotidien. Mais elle est aussi révélatrice des équilibres diplomatiques mondiaux. Le classement 2026 confirme une hiérarchie bien installée, marquée par la puissance de l’Asie et la solidité persistante de l’Europe. Mais derrière les chiffres se dessinent aussi des fractures géopolitiques profondes. Qu’en est-il du passeport français, lui qui était premier en 2024 ? On fait le point pour les expatriés !
La France résiste, à la quatrième place !
La France partage sa quatrième place avec l’Autriche, la Belgique, la Finlande, l’Allemagne, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, les Pays-Bas et la Norvège. Elle voit son score légèrement diminuer par rapport aux années précédentes. L’an passé, le passeport français offrait encore un accès sans visa à 189 destinations, contre 135 aujourd’hui auxquels s’ajoutent 41 pays où un simple visa d’entrée est à solliciter à l’arrivée, il est nécessaire d’obtenir un visa avant le départ uniquement pour 25 pays.
Ainsi depuis le 1ᵉʳ avril 2025, la Namibie, l’une des destinations touristiques les plus a rétabli l’obligation de visa pour les ressortissants de 31 pays dans le monde dont la France. Cette décision intervient dans un esprit de réciprocité avec les pays qui bénéficient d’une exemption de visa, sans pour autant offrir le même avantage aux détenteurs d’un passeport namibien. Le Sénégal a, lui aussi, annoncé qu’il souhaitait « appliquer la réciprocité » aux pays qui imposent le visa aux citoyens sénégalais, citant notamment la France et les États-Unis.
Désormais, la France, bien que toujours dans le top 5, subit une concurrence accrue de la part des Émirats arabes unis et d’autres nations émergentes. L’année 2026 s’annonce tortueuse diplomatiquement mais la distance qui s’instaure entre la politique américaine et européenne pourrait jouer en faveur de nos passeports européens.
Liste des pays exigeants un visa pour un porteur du passeport français
Le rapport Henley & Partners souligne un « réétalonnage géopolitique profond » : les États-Unis et le Royaume-Uni, autrefois leaders, continuent de perdre du terrain, tombant respectivement à la 10ᵉ et à la 6ᵉ place.
Outre-Atlantique, la baisse s’explique de manière assez rationnelle. En effet, plusieurs pays ont durci leurs conditions d’accès aux citoyens américains en réponse aux restrictions imposées par Washington, notamment en matière de visas et de politiques migratoires.
Désormais 5e, les Émirats arabes unis enregistrent une progression « sans précédent », a déclaré le Dr Christian H. Kaelin, président de Henley & Partners et créateur de l’indice, avec un accès à 184 pays sans visa ou visas automatiques. Cette montée dans le classement est le fruit d’ « une diplomatie proactive et de partenariats internationaux renforçant la mobilité des citoyens », a précisé le Dr Christian H. Kaelin.
La Hongrie, le Portugal, la Slovaquie et la Slovénie se partagent également la 5e place avec le même nombre de destinations. D’autres pays comme la Malaisie, qui permet à ses ressortissants de voyager dans 180 pays, ainsi que plusieurs nations des Balkans occidentaux, progressent également dans le classement.
Top 10 des passeports les plus puissants au monde en 2026
C’est une station de sports d’hiver suisse, Davos, que se tient, chaque année, le Forum économique mondial ou FEM. Cette année, il est le théâtre d’un bras de fer inédit opposant l’Europe, menée par Ursula von der Leyen et Emmanuel Macron, et les USA avec Donald Trump, en personne, à la manœuvre. On fait le point pour les Français de l’étranger sur ce nouveau monde qui émerge sous nos yeux !
Un séminaire pour milliardaires ?
Créé en 1971 par l’économiste allemand Klaus Schwab,le Forum est devenu une plateforme de coopération mondialement respectée, réunissant des dirigeants issus du monde des affaires, des gouvernements, des organisations internationales, de la société civile et du milieu universitaire afin de façonner les progrès sur les questions déterminantes de notre époque. Le FEM est géré par une fondation à but non lucratif et est financé par des grandes entreprises.
Mais c’est surtout un lieu d’échanges et de discussions informelles, qui permet de prendre le pouls de l’économie mondiale. L’événement doit accueillir environ 3 000 participants lors de son édition 2026, dont 850 grands patrons. Pour cette édition, le programme est organisé autour de cinq grandes thématiques, la géopolitique bien sûr, mais aussi les nouvelles sources de croissance avec un accent sur la technologie (les prix Nobel 2025 Philippe Aghion et Peter Howitt seront présents), les investissements dans la population (éducation, formation, santé), l’environnement, et l’intelligence artificielle.
Cependant, c’est bien la venue de Donald Trump mercredi qui volera la vedette à tous les grands patrons. En s’attaquant frontalement aux Nations unies avec la création d’un « Conseil de paix » et en menaçant huit pays européens de nouvelles taxes douanières en raison de leur opposition à ses projets d’annexion du Groenland, l’imprévisible président américain a une nouvelle fois mis le feu aux poudres. Les échanges en marge du Forum s’annoncent tendus.
Multilatéralisme VS impérialisme
Intervenant ce mardi au Forum économique mondial en Suisse, le président français, Emmanuel Macron a vivement critiqué la politique commerciale américaine, estimant qu’elle vise à « affaiblir et subordonner l’Europe ». Une déclaration qui intervient en réponse directe aux menaces de surtaxes douanières brandies par le président américain Donald Trump.
Le chef de l’État a dénoncé une « concurrence des États-Unis d’Amérique » reposant sur une stratégie commerciale agressive, fondée sur l’exigence de « concessions maximales ». Il a notamment évoqué l’instrument européen « anti-coercition », souvent qualifié de « bazooka » commercial, conçu pour répondre à des pressions économiques jugées abusives.
Dans un discours aux accents politiques marqués, Emmanuel Macron a opposé sa vision du multilatéralisme à celle de Washington.
« Je préfère le respect plutôt que les brutes, l’État de droit plutôt que la brutalité »
Emmanuel Macron à Davos ce mardi 20 janvier 2026
Il a ainsi rappelé l’attachement de la France et de l’Europe à la souveraineté nationale, à l’indépendance des États et au rôle central des Nations unies. Logiquement, il a également pris ses distances avec le projet américain de créer un nouveau « Conseil de paix » mondial, initiative portée par Donald Trump, estimant qu’elle s’inscrivait dans une logique unilatérale.
Le Groenland au cœur des tensions mondiales
Qui l’aurait cru ? Cette île (la plus grande du monde) perchée tout au nord de notre planète va peut-être faire exploser une alliance vieille de plus d’un siècle. En effet, Le président américain veut s’emparer de ce territoire autonome appartenant au Danemark, invoquant des motifs de sécurité face aux Russes et aux Chinois. Un sujet qui braque ses alliés européens au sein de l’Otan et qu’il a néanmoins imposé à l’ordre de jour de la réunion annuelle du Forum économique mondial.
En réponse, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président français, Emmanuel Macron, ont haussé le ton mardi dans la station suisse face aux menaces répétées sur le Groenland de Donald Trump.
« Nous plonger dans une spirale descendante ne ferait qu’avantager les adversaires que nous sommes tous deux déterminés à tenir à l’écart. Notre réponse sera donc ferme, unie et proportionnelle »
la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen
Plus tard dans la journée, Emmanuel Macron a appelé l’UE à « utiliser » les outils « très puissants » dont elle dispose en matière commerciale quand elle « n’est pas respectée« . Message reçu à Bruxelles, le Parlement européen a gelé la ratification de l’accord commercial, conclu le 27 juillet 2025, avec les États-Unis. Ce texte devait réglementer les droits de douane sur les produits européens exportés aux États-Unis, dont la plupart devaient être taxés à hauteur de 15%. Les groupes politiques ont annoncé geler cette ratification suite aux menaces de Donald Trump d’augmenter les droits de douane si les Européens s’opposaient à l’annexion du Groenland.
Une position que partagent de nombreux participants au FEM comme Mark Carney, Premier ministre du Canada, qui apporte, lui aussi, son soutien « ferme » au Groenland et au Danemark, soulignant « leur droit unique » à décider de l’avenir de cette grande île arctique.
Comme le déclarait Emmanuel Macron, lors de son discours au Forum économique de Davos, « nous passons à un monde sans lois, un monde où la loi n’est plus celle que nous connaissons mais devient celle du plus fort ».
En fin de journée, Emmanuel Macron est allé jusqu’à remettre en cause le caractère d’allié des États-Unis quand RTL lui a posé la question.
« C’est à lui d’apporter la réponse. Ce ne sont pas tout à fait des comportements qui vont avec cette qualification »
Emmanuel Macron au micro de RTL
On attend désormais la réponse du président américain qui devrait se rendre à Paris jeudi.
Comme en chaque début de l’année, les classements tombent les uns après les autres. Aujourd’hui, on se penche sur le palmarès 2026 des voyages et des nouvelles découvertes à faire cette année. Parmi tous ceux publiés, c’est l’édition de Lonely Planet qui est toujours celle que l’on attend avec impatience ! Et cette année, c’est un département d’outre-mer français qui est sacré première destination de l’année ! Zoom sur La Réunion et 5 autres destinations !
La Réunion, première destination 2026 pour Lonely Planet
C’est une destination française qui occupe la tête du classement de Lonely Planet. Le célèbre guide a choisi La Réunion (556 000 touristes en 2024) pour ses 400 microclimats, qui favorisent la biodiversité endémique, son héritage créole et multiculturel et, bien sûr, ses paysages spectaculaires.
Montagnes classées à l’Unesco, cirques démesurés et l’inévitable Piton de la Fournaise : La Réunion se positionne comme l’île sauvage par excellence dans l’océan Indien, où la nature règne en maître. Plus qu’aux clichés de lagons enjôleurs, les cartes postales de La Réunion font la part belle aux images de hameaux perdus, de crêtes étroites, de plaines d’altitude et de flots de nuages cotonneux évoluant entre les sommets. Elles parlent de cirques, d’un volcan, de ravines et de sentiers reliant l’ensemble… Île volcanique et montagneuse culminant à plus de 3 000 m, La Réunion est un paradis pour les randonneurs, avec une infinité d’itinéraires.
Autre originalité, faites comme les habitants de l’île qui ne ratent jamais une occasion de découvrir son environnement d’une nouvelle façon. Depuis quelques années, explorer les entrailles du volcan en se glissant dans les tunnels des laves creusés par les éruptions dans le Grand Brûlé est ainsi devenu l’une des activités incontournables du Sud sauvage. Étonnante et instructive, cette initiation à la volcano-spéléologie permet de voir une autre facette du piton de la Fournaise : sous la surface, on observe des formations de magma qui n’ont pas été altérées, des laves de différentes viscosités, de la plus pure ressemblant à du chocolat à la plus noire et rugueuse, des formations mates ou brillantes, des grottes et fontaines de lave solidifiées… Une expérience fascinante !
La “cuisine Péi”, cuisine du pays, ou cuisine locale, mêle les saveurs des traditions culinaires françaises, indiennes, chinoises et créoles. Son premier ambassadeur est le cari, ragoût parfumé à base de poulet, de poisson, de viande de porc, de canard, de saucisses ou de fruits de mer, traditionnellement servi accompagné de riz blanc, de grains (haricots, lentilles, pois) et d’un condiment épicé, le rougail.
En 2026, découvrez La Réunion et laissez-vous porter par la devise locale, “Florebo quocumque ferar” (“Je fleurirai partout où je serai portée”).
Sur les traces des Incas
Deuxième au classement 2026 du guide, Lonely Planet, le Pérou. Bénéficiant désormais de ses nouvelles infrastructures, comme l’aéroport de Huaraz et celui de Chinchero près de Cusco, le pays est plus accessible et ouvre la voie vers les Andes et le Machu Picchu.
Car le patrimoine inca est désormais mieux préservé grâce à une gestion durable des sites, incitant les voyageurs à découvrir des trésors plus discrets tels que Choquequirao ou le réseau ancestral du Qhapaq Ñan.
Quant à Lima, elle confirme son statut de grande capitale gastronomique, avec plusieurs établissements parmi les meilleurs du monde. Sa gastronomie Nikkei, fusion des cuisines péruvienne et japonaise, dont l’une des spécialités est le tiradito (poisson cru finement tranché et accompagné de sauces épicées et colorées), est devenue un véritable symbole de la créativité péruvienne.
Si vous êtes courageux, on ne peut que vous inviter à découvrir le Sentier pédestre le plus célèbre du continent, le Chemin de l’Inca serpente sur 43 km, gravissant des marches en pierre et traversant l’épaisse brume de forêts de nuages. Véritable pèlerinage, cette randonnée de 4 à 5 jours s’achève à Intipunku (porte du Soleil), où les marcheurs aperçoivent pour la première fois le majestueux site archéologique de Machu Picchu. Si d’innombrables sentiers préhispaniques sillonnent tout le pays, le Chemin de l’Inca, ponctué de vues magnifiques, de splendides cols montagneux et de ruines, demeure le favori des voyageurs.
Chaque année, plusieurs milliers de personnes effectuent sac au dos cette randonnée de 4 jours, la plus célèbre d’Amérique du Sud. Bien que la distance ne soit que de 39 km, le chemin tracé par les Incas entre la Vallée Sacrée et Machu Picchu serpente entre les montagnes et franchit trois cols élevés, ce qui lui a valu le surnom “d’Inca Trial” (l’“Épreuve de l’Inca”, et non le “Chemin de l’Inca”, Inca Trail). La vue spectaculaire sur les sommets enneigés, les hameaux où paissent les lamas, la forêt de nuages où croissent les orchidées et la découverte des ruines blotties sur les falaises font de ce trek une expérience inoubliable.
L’Afrique à l’état brut au Botswana
Pour boucler le podium, Lonely Planet part en safari ! Direction le Bostwana, en Afrique australe, afin de découvrir, du delta de l’Okavango aux dunes du Kalahari, des paysages offrant une diversité spectaculaire dans lesquels évoluent éléphants, hippopotames et lions.
Le Botswana mise par ailleurs sur un tourisme à faible impact avec campements limités, infrastructures légères et safaris éthiques, dans le respect de la faune locale. Depuis quelques années, des opérateurs comme Beyond ou Wilderness proposent des safaris éthiques encadrés par des guides d’élite respectant les consignes officielles imposant des campements limités, des infrastructures légères et le respect absolu de la faune.
Classée géoparc mondial de l’UNESCO, Jeju-do est une île spectaculaire où volcans, falaises et plages s’unissent dans un décor à couper le souffle. On y randonne sur le Jeju Olle Trail, on gravit le Hallasan, toit de la Corée, et on plonge dans des eaux claires peuplées de coraux.
Mais Jeju, c’est aussi une île d’art et de lumière : musées audacieux, galeries à ciel ouvert et œuvres signées Tadao Ando ou Yayoi Kusama y côtoient les paysages de lave noire. Et pour compléter ce voyage des sens, les haenyeo, plongeuses légendaires, servent poissons grillés, porc noir et mandarines sucrées sur les marchés animés de Seogwipo.
Cinquième et dernière destination qu’on explore, la Tunisie. En effet, Lonely Planet s’emballe pour le « renouveau créatif » qui agite la Tunisie. Artisans, chefs, musiciens et designers réinventent les traditions avec audace, estime le célèbre guide.
On redécouvre aussi les charmes incontournables de la Tunisie. Des médinas classées à l’Unesco aux sites antiques, des îles paisibles aux oasis du sud, le pays se découvre par ailleurs facilement grâce à un réseau routier et ferroviaire bien développé.
On vous invite particulièrement à explorer le parc national d’Ichkeul. Il est le seul site naturel tunisien inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco (les autres étant des sites culturels). Lac d’eau douce pendant une moitié de l’année et d’eau saumâtre pendant l’autre, l’écosystème du lac Ichkeul est unique en Afrique du Nord et extrêmement fragile. Ces conditions particulières attirent un nombre impressionnant d’oiseaux (environ 230 espèces différentes) et le site est un véritable paradis pour les ornithologues ou autres amateurs de l’observation des oiseaux. Les flamants roses sont très populaires, mais cigognes et poules sultanes notamment viennent compléter le tableau. Mais attention, il est nécessaire d’obtenir une autorisation pour accéder au parc. Faites-en la demande auprès d’une agence de voyage locale plusieurs semaines à l’avance.
Revenir s’installer en France après plusieurs années d’expatriation n’a rien d’un simple retour au pays. Pour des dizaines de milliers de Français établis hors de France, la réinstallation passe d’abord par un véritable parcours administratif, et notamment par la réouverture des droits à l’Assurance maladie. Or, aujourd’hui, lorsque le lien avec la Sécurité sociale a été interrompu, un délai de carence de trois mois s’applique avant de retrouver une couverture santé. Une situation jugée injuste et dangereuse par la sénatrice des Français de l’étranger Mélanie Vogel, qui a porté au Parlement un amendement pour supprimer ce délai.
Écouter le podcast avec Mélanie Vogel
Trois mois sans couverture sociale, une faille du système
Le principe est simple, rappelle la sénatrice écologiste : « comme l’affiliation de la Sécurité sociale est territoriale, on n’est plus affilié à la Sécurité sociale » lorsqu’on vit à l’étranger. Et au retour, même après avoir cotisé toute une vie, « on n’a pas automatiquement droit à être de nouveau couvert par la Sécurité Sociale ».
« La question du retour en France (…) dans un monde où les démocraties sont menacées, est une question qui se pose avec beaucoup plus de prégnance »
Mélanie Vogel, sénatrice Les écologistes des Français établis hors de France
Résultat : « il y a un délai de carence de trois mois » pendant lequel les personnes rentrées en France ne bénéficient d’aucun remboursement de soins, sauf exceptions (CFE, rapatriement, situations particulières). Une période que Mélanie Vogel juge particulièrement risquée : « c’est un délai assez long… il peut se passer beaucoup de choses et des personnes peuvent être en situation de grande difficulté sans couverture sociale ».
Un amendement voté, puis censuré par le Conseil constitutionnel
Lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale, la sénatrice a fait adopter un amendement supprimant ce délai. Malgré un avis défavorable du gouvernement, le texte a recueilli un large soutien parlementaire. « Il a été adopté au Sénat à l’unanimité », rappelle-t-elle, et « il est resté dans le projet final de la Sécurité sociale » après le passage à l’Assemblée nationale.
Mélanie Vogel, Sénatrice écologiste des Français établis hors de France
Mais la réforme a finalement été retoquée par le Conseil constitutionnel, non sur le fond, mais pour un motif de procédure : « le Conseil constitutionnel a déclaré que cet amendement n’avait pas sa place dans le projet de loi de la Sécurité sociale et donc il est tombé ». Une décision sur laquelle la sénatrice Les écologistes dit avoir « été surprise », tout en soulignant que « ce n’est pas du tout que la suppression du délai de carence en soi… était contraire à la Constitution ».
Le retour en France : un contexte international qui change tout
Si le sujet prend aujourd’hui une telle ampleur, c’est aussi à cause de la situation mondiale. « La question du retour en France, dans un monde bouleversé, dans un monde où les démocraties sont menacées, est une question qui se pose avec beaucoup plus de prégnance », explique la sénatrice. Lors d’un déplacement aux États-Unis, elle dit n’avoir « jamais entendu autant de gens s’inquiéter des conditions dans lesquelles ils pouvaient rentrer en France ».
« Savoir que pendant trois mois, vous n’aurez pas de remboursement de vos frais de santé… ça peut être très, très anxiogène »
Mélanie Vogel, sénatrice Les écologistes des Français établis hors de France
Pour beaucoup d’expatriés, le délai de carence devient ainsi un véritable frein au retour, surtout pour les personnes fragiles : « vous êtes peut-être diabétique, vous êtes peut-être asthmatique, vous êtes peut-être enceinte », énumère-t-elle. Or « savoir que pendant trois mois, vous n’aurez pas de remboursement de vos frais de santé… ça peut être très, très anxiogène », précise-t-elle.
La fin du délai de carence : un coût budgétaire jugé « très faible »
À ceux qui invoquent une injustice ou un coût pour l’État, la sénatrice répond que l’impact financier est minime : « on parle seulement d’un delta de trois mois sur un nombre réduit de personnes », ce qui est « vraiment très, très faible » au regard du budget de la Sécurité sociale. Pire, selon elle, retarder les soins coûte plus cher : « des soins qui ont été retardés sont toujours plus chers ».
Mélanie Vogel, sénatrice des Français établis hors de France, membre du parti Les Ecologistes
Sur l’argument des cotisations, elle rappelle que la majorité des personnes concernées « ont déjà cotisé à la Sécurité sociale par le passé et vont commencer à cotiser » dès leur retour. L’enjeu relève donc aussi de la « santé publique ».
Une pétition qui révèle l’ampleur du malaise
Pour appuyer sa démarche, la sénatrice a lancé une pétition qui a recueilli un écho massif : « plus de 10 000 signatures en une semaine », venues « du monde entier ». Pour elle, cela prouve qu’ « on n’est pas sur un sujet partisan. On est sur un sujet d’intérêt général ». Désormais, notre invitée en appelle directement au pouvoir exécutif « le seul acteur qui peut faire de ceci une réalité, c’est le gouvernement », via un simple décret respectant la volonté du Parlement.
Dans un monde instable, où de plus en plus de Français envisagent un retour précipité, la fin du délai de carence apparaît ainsi comme une mesure de sécurité élémentaire. Un test aussi, pour la capacité des pouvoirs publics à entendre la voix des Français de l’étranger.
« Pour la fin du délai de carence à la Sécurité sociale pour les Français·es de l’étranger » de la sénatrice Mélanie Vogel.
L’idée selon laquelle la société serait aujourd’hui plus polarisée, plus violente et plus conflictuelle qu’autrefois est largement admise. Pour autant, ce ressenti est loin d’être pleinement confirmé par les faits. Les actes délictueux sont, selon les statistiques, en légère augmentation ces dernières années, après avoir reculé des années 1970 aux années 2010. S’agissant du débat public, les populations n’ont sans doute jamais été aussi homogènes qu’aujourd’hui. La France a connu une véritable lutte des classes jusque dans les années 1980, qui a en grande partie disparu. Les modes de vie convergent davantage, que ce soit dans l’usage des smartphones ou dans les manières de se vêtir. Autrefois, un ouvrier ne s’habillait pas comme un cadre, ni un jeune comme une personne âgée. Des différences subsistent, mais elles sont moins visibles.
Une étude du CRÉDOC, publiée au mois de décembre dernier, souligne d’ailleurs la moindre conflictualité de la société française.
Une société française homogène
Sur les grands sujets de société, les Français affichent des opinions relativement homogènes. En 2025, 77 % d’entre eux se déclarent favorables au mariage entre personnes de même sexe, et 67 % approuvent la possibilité pour ces couples d’adopter un enfant. En 2007, ces proportions n’étaient respectivement que de 55 % et 40 %. En moins de vingt ans, l’opinion majoritaire s’est donc nettement déplacée. Les enquêtes internationales confirment ce mouvement. Selon l’European Values Survey, seuls 42 % des répondants jugeaient l’avortement « justifié » en 1981, 43 % le divorce et 40 % l’euthanasie. Quatre décennies plus tard, les opinions favorables atteignent respectivement 67 % pour l’avortement, 73 % pour le divorce et 70 % pour l’euthanasie. Trente ans ont été nécessaires pour que l’adhésion à l’avortement passe de 40 % à 60 %, 27 ans pour le divorce, 21 ans pour le travail des femmes, 18 ans pour l’euthanasie et seulement 12 ans pour l’adoption par des couples de même sexe.
Ce mouvement s’accompagne d’un rapprochement progressif des générations. Les seniors, longtemps les plus réservés à l’égard de ces évolutions, tendent à converger vers les positions des plus jeunes sur le mariage entre personnes de même sexe, l’avortement, le divorce ou l’euthanasie. Certes, de nouveaux clivages sont apparus. En 2025, 58 % des Français se disent favorables à la gestation pour autrui, contre 42 % défavorables. L’introduction d’un genre « autre » sur les papiers d’identité divise davantage encore, avec 44 % d’opinions favorables contre 56 % défavorables. Toutefois, à niveau de clivage comparable, ces débats génèrent aujourd’hui moins de positions extrêmes que par le passé. En 2007, le mariage entre personnes de même sexe suscitait 32 % de réponses « tout à fait d’accord » et 32 % « pas du tout d’accord ».
La gestation pour autrui ne mobilise en 2025 que 19 % d’adhésions très fortes et 21 % de rejets absolus. De même, l’introduction d’un genre « autre » suscite une opposition franche de 34 % des répondants, un niveau inférieur au rejet radical de l’adoption par les couples de même sexe en 2007, qui atteignait alors 41 %.
Un sentiment de division
Cette convergence des opinions n’empêche pas les Français de penser que leur société est profondément divisée. En 2019, une enquête du think tank Destin Commun montrait que neuf Français sur dix considéraient le débat public de plus en plus agressif. En 2023, le baromètre Edelman Trust Barometer indiquait que 70 % des Français estimaient leur pays plus fragmenté qu’auparavant, contre 53 % des Espagnols et 35 % des Japonais.
Cette perception d’une montée des tensions n’est pas nouvelle. Dès 2016, une enquête de la Fondation de Dublin révélait déjà une forte inquiétude quant à la cohésion sociale. Elle traduit sans doute une attente élevée vis-à-vis d’un débat public apaisé, voire idéalisé, dépassant les seules questions de mœurs pour intégrer d’autres thématiques structurantes, comme l’environnement ou la redistribution fiscale.
Une crispation récente apparaît néanmoins au sein de la société française. Entre 2023 et 2025, la part des personnes « tout à fait ou assez d’accord » avec le mariage entre personnes de même sexe recule de 4 points. Ce recul ne s’explique pas par une montée des oppositions les plus dures, mais par un affaiblissement des adhésions les plus marquées : la part des Français se disant « tout à fait d’accord » passe de 53 % en 2023 à 43 % en 2025, soit une baisse de 10 points en deux ans. Ce phénomène est particulièrement visible chez les jeunes hommes et les personnes peu diplômées. Sur les sujets plus récents, le mouvement est encore plus net. La proportion de personnes fermement opposées à l’introduction d’un genre « autre » sur les papiers d’identité atteint 34 % en 2025, soit 5 points de plus qu’en 2022. Chez les jeunes, le rejet progresse fortement : 31 % en 2025, en hausse de 9 points en trois ans, aussi bien chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes.
Le rôle des médias classiques et alternatifs
Les réseaux sociaux et les chaînes d’information contribuent à cliver le débat, conformément à leur modèle de développement. Le débat public s’est chargé d’une intensité émotionnelle accrue. L’analyse des programmes de BFM TV, LCI et CNews, à partir des données de data.ina.fr, met en évidence une augmentation de 10 % du langage émotionnel depuis 2015. Dans le même temps, les registres positifs reculent. Ces chaînes évoquent moins les réussites et les éléments valorisants : les termes associés au bonheur diminuent de 19 %, tandis que les émotions négatives progressent de 15 %. La colère enregistre la hausse la plus marquée, avec une augmentation de 37 % depuis 2015. Des travaux du CEPREMAP montrent une évolution comparable dans les discours tenus à l’Assemblée nationale.
L’influence des réseaux sociaux sur les comportements des citoyens est désormais considérable. Selon le baromètre du numérique 2024 du CRÉDOC, 90 % des internautes sont présents sur les réseaux sociaux, et près des trois quarts les consultent quotidiennement. Or, 64 % des Français estiment que les points de vue les plus extrêmes y occupent une place excessive, et 45 % considèrent qu’ils constituent une menace pour le fonctionnement démocratique. Cela ne les empêche pourtant pas d’y être présents et de relayer des informations dont ils savent qu’elles peuvent être sujettes à caution.
Les Français expriment par ailleurs de plus en plus leur mécontentement. Entre 2017 et 2022, 704 pétitions ont été enregistrées sur le site de l’Assemblée nationale, la plus soutenue recueillant 31 115 signatures. Entre 2022 et 2024, 1 144 pétitions ont été déposées en moitié moins de temps, avec un record à 263 887 signatures. En 2025, la pétition contre la loi Duplomb a franchi le seuil des deux millions de signataires en plein été.
La société apparaît ainsi à la fois plus apaisée dans ses opinions de fond et confrontée à une montée des registres émotionnels négatifs, favorisée par une médiatisation continue des oppositions. Tout dossier donne lieu à l’expression d’une contestation bénéficiant d’un droit de parole, même lorsque sa représentativité initiale est faible.
Chacun pour soi ?
La montée aux extrêmes des émotions est également la conséquence d’une société plus individualiste. Tout fait divers tend à devenir un drame national, chacun se sentant potentiellement menacé dans son intégrité. Il en a été ainsi lors des agressions au couteau dans le quartier de l’Opéra ou des menaces proférées dans les rues d’Ajaccio. Le renforcement des liens sociaux constitue, à cet égard, un enjeu central. Les travaux issus de la théorie du contact montrent que la sociabilité réduit les préjugés et favorise la confiance. Dans l’enquête Conditions de vie de juillet 2024, seuls 21 % des personnes socialement isolées déclarent faire confiance aux autres, contre 29 % parmi celles disposant d’un réseau relationnel, et 42 % chez celles bénéficiant de deux réseaux ou plus.
La polarisation perçue de la société française tient ainsi moins à une radicalisation des opinions qu’à une transformation des conditions dans lesquelles elles s’expriment. Les convergences sociales et culturelles sont réelles, mais elles coexistent avec une exposition permanente aux conflits, amplifiée par les médias et les réseaux numériques. La défiance et l’émotion prennent le pas sur l’analyse, alimentant un sentiment de fragmentation qui ne reflète qu’imparfaitement l’état réel des opinions. Dans ce contexte, l’enjeu central n’est pas tant de réduire les divergences, inhérentes à toute démocratie, que de restaurer des cadres de débat et de sociabilité capables de les contenir, de les hiérarchiser et de les dépasser.
Alors que les tensions autour du Groenland s’intensifient, la France se retrouve confrontée à un dilemme stratégique inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Washington affiche des ambitions territoriales et sécuritaires qui mettent à l’épreuve l’ordre transatlantique établi depuis plus de sept décennies. Dans ce contexte, associé à la fin de première année de présidence de l’Administration Trump, le site Partir à New York a commandé à l’IFOP une enquête nationale, réalisée en ligne du 15 au 16 janvier 2026 auprès de 1 000 Français représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus.
Les résultats dressent un portrait clair de l’opinion publique : un rejet massif des velléités expansionnistes américaines, mais une prudence stratégique notable et des fractures profondes sur les moyens d’y répondre.
Une opposition massive mais nuancée
L’enquête révèle que 70 % des Français souhaitent que la France continue à s’opposer aux velléités expansionnistes des États-Unis sur le Groenland. Ce rejet traverse presque toutes les sensibilités politiques, confirmant un consensus relatif sur la défense du droit international et la souveraineté européenne. Toutefois, certains électeurs, notamment à l’extrême-droite, se montrent plus partagés sur ce principe.
Dans le détail, près de deux Français sur trois (63 %) approuvent la participation de la France à une mission militaire au Groenland, même si cette opération symbolique a été invoquée par l’administration américaine pour justifier une hausse des tarifs douaniers à l’égard des pays participants, dont la France et la Suède. La mission, calibrée avant tout pour envoyer un message politique, bénéficie d’un soutien large dans l’opinion, mais ne traduit pas un désir d’affrontement militaire.
« Comme en 1939 (…) c’est aujourd’hui à l’extrême-droite qu’on trouve la plus forte réticence à défendre militairement le droit international contre les menaces expansionnistes »
IFOP
L’opinion reste partagée sur la possibilité d’empêcher « au besoin par la force » une annexion américaine du Groenland : 43 % y sont favorables, 33 % contre, 24 % sans opinion. Ce chiffre contraste avec celui de juin 1939 face au projet nazi d’annexion du couloir de Dantzig, où 76 % des Français souhaitaient empêcher l’Allemagne par la force.
Pensez-vous que si les États-Unis tentent de s’emparer du Groenland, la France doit l’en empêcher, au besoin par la force ?
Cette comparaison illustre une érosion de la culture de défense collective, même si la menace actuelle est perçue comme moins directe, liée à des territoires situés à des milliers de kilomètres de l’Hexagone. L’IFOP explique : « Comme en 1939 face aux projets d’expansion nazis lorsque Marcel Déat, néosocialiste et future figure de la collaboration, refusait de réagir à l’impérialisme nazi dans sa fameuse tribune ‘Faut-il mourir pour Dantzig ?’, c’est aujourd’hui à l’extrême-droite qu’on trouve la plus forte réticence à défendre militairement le droit international contre les menaces expansionnistes. »
Proportion de Français souhaitant que la France s’oppose aux États-Unis s’ils décidaient…
« Cette réticence témoigne sans doute d’une fascination pour le modèle trumpien de puissance nationale décomplexée, au point de tolérer ses dérives impériales. À l’inverse, le centre, historiquement atlantiste pendant la Guerre froide, a progressivement développé une posture anti-impérialiste qui s’applique désormais y compris aux États-Unis, perçus comme une menace pour l’ordre international libéral fondé en 1945. »
Escalade militaire : prudence et clivages
Les options militaires les plus radicales ne recueillent pas l’adhésion majoritaire des Français : seuls 31 % se prononcent en faveur d’une sortie de l’OTAN et 41 % soutiennent une intervention militaire directe au Groenland, contre 38 % d’opposants. Ces chiffres mettent en lumière un attachement persistant au cadre stratégique euro‑atlantique, tout en laissant ouverte la possibilité d’interventions à portée symbolique.
« 65 % des Français soutiennent un boycott des produits américains
IFOP
L’examen par clivages politiques révèle des contrastes marqués :
Les sympathisants de LFI et les électeurs de Mélenchon en 2022 affichent un soutien massif, avec 42-43 % favorables à la sortie de l’OTAN et 86 % à une intervention militaire directe chez LFI.
Les électeurs centristes (Renaissance, électeurs Macron) et de la droite modérée (LR) se montrent nettement plus prudents, avec seulement 16 % favorables à la sortie de l’OTAN et 34 % à une intervention militaire. Enfin, l’extrême‑droite exprime une réticence marquée à défier frontalement Washington, rappelant certaines postures observées dans la société française en 1939 face aux menaces expansionnistes germaniques.
La primauté des mesures économiques
Face à une éventuelle occupation forcée du Groenland, les Français privilégient nettement des mesures de rétorsion économiques : 65 % soutiennent un boycott des produits américains, 61 % la suspension des séjours aux États-Unis, 64 % la suspension des achats de matériel militaire américain et 63 % un alourdissement de la fiscalité sur les GAFAM. « Cette hiérarchisation traduit un consensus clair : frapper Washington par des leviers économiques tout en évitant l’escalade militaire. « Ce contraste entre le consensus sur les mesures économiques et la division sur les options militaires radicales illustre la permanence d’une culture de prudence stratégique dans l’opinion française. »
Si les États-Unis prenaient le contrôle du Groenland, seriez-vous favorable à ce que la France et les autres pays de l’Union européenne…?
« Les Français semblent conscients qu’une intervention militaire directe contre les États-Unis n’a pas vocation à résister militairement si Washington décide de passer en force. D’où cette préférence pour des leviers économiques qui peuvent être activés collectivement au niveau européen sans engager la France dans un affrontement militaire solitaire et hasardeux. »
« Cette lucidité sur les rapports de force explique également pourquoi les options radicales ne séduisent que les franges les plus idéologisées du spectre politique, principalement à l’extrême-gauche où l’opposition de principe à l’impérialisme américain l’emporte sur les considérations pragmatiques, » analyse l’IFOP.
Les États-Unis : d’allié historique à menace perçue
La perception des États-Unis par l’opinion française connaît une mutation spectaculaire. Aujourd’hui, 51 % des Français considèrent Washington comme une menace militaire, un niveau presque équivalent à celui attribué à la Chine (58 %). La part de ceux qui voient les États-Unis comme un « pays ennemi » a fortement progressé, passant de 30 % en avril 2025 à 42 %, tandis que seulement 24 % continuent de les percevoir comme un allié, contre 31 % neuf mois plus tôt.
42 % des Français voient aujourd’hui dans les États-Unis un pays ennemi, contre 30% en avril 2025
Les clivages politiques accentuent cette divergence : la menace américaine est particulièrement ressentie chez les sympathisants LFI (68 %), suivis des électeurs socialistes (52 %) et des électeurs de Macron en 2022 (54 %), alors qu’elle demeure moindre à l’extrême-droite (33 %).
Parallèlement, l’attachement à l’Europe et un positionnement progressiste sur le plan sociétal renforcent la méfiance envers Washington, soulignant que cette perception négative est autant idéologique que géopolitique.
La popularité de Donald Trump en chute libre
La cote de popularité du président américain reste extrêmement faible en France : seulement 19 % des Français ont une bonne opinion de Donald Trump, contre 81 % de mauvaise opinion. Les divergences selon l’appartenance politique sont nettes : l’extrême-gauche se montre particulièrement critique (18 %), la gauche classique et le centre-gauche/centre-droit n’accordent que 10 à 12 % de bonne opinion, la droite modérée (LR) atteint 27 %, tandis que l’extrême-droite conserve un soutien notable, avec 40 % chez les sympathisants RN et jusqu’à 48 % parmi les très conservateurs sur le plan sociétal.
« 26 % des Français estiment que le président de la République, Emmanuel Macron, est à la hauteur des enjeux »
IFOP
« En faisant exploser l’ordre international fondé à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, Donald Trump semble avoir réussi à inverser l’image des États-Unis qui, de pays allié, devient pour beaucoup un pays ennemi. Et si les Français rejettent massivement les velléités impériales de Trump au Groenland, cette opposition cache des fractures politiques profondes sur les modalités de la réponse. Les mesures de rétorsion économique bénéficient d’un large consensus, mais les options radicales (sortie de l’OTAN, intervention militaire) ne séduisent que l’extrême-gauche, quand l’extrême-droite manifeste une réticence à défier frontalement Washington, reproduisant les clivages de 1939 face à l’expansionnisme nazi. La menace constituée par cette administration américaine aux décisions aussi erratiques n’est toutefois pas encore perçue comme vitale par la plupart des Français, sans doute parce qu’elle affecte surtout des territoires éloignés de l’Hexagone », souligne l’IFOP.
Vers une autonomie stratégique européenne
Une majorité claire des Français (64 %) estime qu’une défense européenne totalement indépendante serait plus efficace pour assurer la paix et la stabilité dans le monde. Cette aspiration à l’autonomie stratégique se retrouve avec encore plus d’intensité selon les affiliations politiques : 72 % chez les sympathisants LFI, 65 % chez les électeurs PS, 72 % chez les écologistes et 74 % chez les électeurs Renaissance.
Cette préférence manifeste un désir de disposer d’un levier européen capable d’agir sur la scène internationale sans dépendre exclusivement de la puissance américaine, traduisant une réflexion pragmatique sur l’avenir de la sécurité du continent et la capacité de l’Europe à défendre ses intérêts stratégiques.
Le président Macron face aux tensions transatlantiques
Interrogés sur la capacité d’Emmanuel Macron à répondre aux tensions liées à la politique étrangère de Donald Trump, les Français se montrent majoritairement réservés : seulement 26 % estiment que le président français est à la hauteur des enjeux, dont 5 % « tout à fait à la hauteur » et 21 % « plutôt à la hauteur ».
26% des Français estiment qu’Emmanuel Macron est à la hauteur des enjeux
À l’inverse, une large part de l’opinion se montre critique : 34 % répondent « pas vraiment à la hauteur » et 40 % « pas du tout à la hauteur ». Cette répartition illustre une perception mitigée de la gestion de la crise par l’Élysée et souligne les défis auxquels le président est confronté pour concilier fermeté diplomatique et relations avec Washington.
Malgré le Brexit, Londres reste l’une des principales destinations d’expatriation pour les Français. Capitale économique, culturelle et universitaire, la ville continue d’attirer des profils variés (jeunes actifs, familles, étudiants ou entrepreneurs), même si les conditions d’installation et de vie ont profondément évolué ces dernières années. En 2026, vivre à Londres lorsqu’on est Français expatrié implique de composer avec un cadre administratif plus contraignant, un coût de la vie élevé et un climat politique parfois tendu. Cela permet toutefois de bénéficier de réseaux francophones solidement implantés et d’opportunités professionnelles toujours réelles.
Une diaspora nombreuse, mais invisible dans les statistiques
Il n’existe pas de chiffre officiel précis sur le nombre de Français vivant à Londres. Les inscriptions consulaires restant partielles, les estimations évoquent plusieurs centaines de milliers de ressortissants dans le Grand Londres, ce qui classe cette communauté parmi les plus importantes communautés françaises à l’étranger.
« Le Brexit n’a pas entraîné de départ massif des Français déjà installés, mais il a nettement ralenti les nouvelles arrivées »
Cette présence se traduit par une vie associative dense, des commerces et des médias francophones, ainsi qu’une activité soutenue sur les réseaux sociaux. Des groupes Facebook comme « Les Français à Londres » ou « Français de Londres » comptent tous deux des dizaines de milliers de membres. Ils jouent un rôle clé dans l’entraide quotidienne : logement, emploi, démarches administratives, scolarité et vie sociale. Un troisième groupe, Bons plans Français à Londres, rassemble également beaucoup de monde.
Depuis le Brexit, une expatriation sous conditions
Depuis la fin de la liberté de circulation, s’installer ou rester au Royaume-Uni nécessite l’obtention d’un statut migratoire clairement défini. Les Français arrivés avant 2021 ont pu bénéficier du EU Settlement Scheme, tandis que les nouveaux arrivants doivent désormais recourir à des visas de travail, d’études ou familiaux, souvent coûteux et soumis à des critères stricts. Ce nouveau cadre n’a pas entraîné de départ massif des Français déjà installés dans la capitale britannique, mais il a nettement ralenti les nouvelles arrivées, en particulier parmi les jeunes actifs et les profils disposant de ressources financières limitées.
Des carrières attractives, un coût de la vie dissuasif
Londres demeure un pôle majeur de l’emploi, notamment dans la finance, la tech, la santé, les industries créatives, le conseil et les services professionnels. Les perspectives salariales y restent élevées, en particulier pour les profils qualifiés et internationaux. Le coût de la vie constitue toutefois l’un des principaux freins à l’installation. Le logement, en particulier, affiche des niveaux de prix supérieurs de 30 à 40 % à ceux de Paris, ce qui le hisse au rang de premier poste de dépense et de principal facteur de ségrégation résidentielle.
Budget mensuel moyen d’une famille à Londres (zone 2)
Loyer : 2 500 £ (≈2 950 €)
Énergie : 130 £ (≈154 €)
Alimentation : 480 £ (≈567 €)
Transport (2 adultes) : 336 £ (≈397 €)
Assurances/divers : 300 £ (≈354 €)
Total mensuel : 3,746 £ (≈4 422 €)
Les courses alimentaires représentent également un poste conséquent, avec un panier hebdomadaire oscillant autour de 100 à 130 livres dans les grandes enseignes britanniques, dans un contexte où l’inflation alimentaire demeure soutenue.
Maison Bertaux à Londres
Les transports pèsent aussi lourdement, un abonnement mensuel en zones centrales dépassant les 160 livres, même si les enfants bénéficient de la gratuité ou de tarifs réduits. À l’inverse, la récente baisse de l’inflation énergétique au Royaume-Uni a rendu la facture d’électricité et de gaz ponctuellement plus avantageuse qu’en France, un renversement notable après plusieurs années de flambée des prix.
Parcours de salarié expatrié
« Londres est exigeante, mais la qualité de vie peut être réelle »
Arrivé à Londres en septembre 2024 dans le cadre d’un transfert interne, Mathieu Plaisant, originaire du nord de la France, s’est installé avec un Skilled Worker Visa. « Sur le plan professionnel, tout s’est relativement bien déroulé. Je n’ai pas eu à chercher d’emploi, ce qui a supprimé une grande source de stress liée à l’installation », nous a-t-il indiqué. Mais la recherche de logement a constitué un premier choc. « Le marché londonien est très différent de celui de Paris. Les biens partent extrêmement vite, parfois via des mécanismes proches des enchères. J’ai finalement trouvé une colocation avec un autre Français, dans l’Est de Londres. »
« À Londres, le coût de la vie constitue toutefois l’un des principaux freins à l’installation. »
Malgré un coût de la vie nettement plus élevé, il estime avoir gagné en qualité de vie. « La ville est plus étendue, moins dense, avec de nombreux espaces verts. On respire davantage qu’à Paris. » Il souligne également la diversité culturelle et un rapport au travail qu’il juge plus apaisé. Reste une contrainte structurelle : « La dépendance au visa et à un employeur sponsor crée une pression réelle. Et je sais que mon expérience serait très différente avec un salaire plus modeste », prévient-il.
Parcours d’entrepreneure française : « Être Française n’a jamais été un frein »
Installée à Londres depuis onze ans, Samantha Gnimavo incarne une expatriation durable, construite autour de l’entrepreneuriat. Nutritionniste et coach de santé spécialisée dans la santé des femmes, elle a fondé sa clinique en ligne, Happy Body Ltd, fin 2022. « La simplicité des démarches m’a frappée. L’enregistrement de mon entreprise m’a coûté 12 livres sterling. » La principale difficulté concerne la fiscalité et la comptabilité avec le HM Revenue and Customs.
Boulangerie Paul à Londres
« Les chiffres ne sont pas mon point fort, mais, comparé à la France, la charge administrative reste limitée et l’impôt sur les sociétés, autour de 19 %, demeure raisonnable. » Contrairement à certaines idées reçues, sa nationalité française ne lui a jamais porté préjudice. « Le profil international est souvent perçu comme un atout. Être Française n’a jamais été un frein, bien au contraire. » En parallèle de son activité, elle s’apprête à rejoindre le Lambeth Council comme responsable de l’éducation nutritionnelle, afin d’accompagner enfants et parents vers une alimentation plus saine.
Parcours de cadre français dans la finance : « Londres offre des perspectives que la France ne permet plus »
Installé à Londres depuis six ans, Antonin attend la naturalisation britannique et n’envisage pas un retour à court terme. « La ville est chère, et débuter dans une petite chambre en colocation, même avec un bon diplôme, peut être déstabilisant. » Il considère néanmoins Londres comme un puissant accélérateur de carrière.
« La ville est chère, et débuter dans une petite chambre en colocation, même avec un bon diplôme, peut être déstabilisant »
Antonin, un expatrié français à Londres
« Les salaires dans la finance et la tech dépassent souvent de 40 à 60 % ceux de Paris. Pour certains profils, cela compense largement le surcoût du logement. » Il met en avant la diversité culturelle de son environnement professionnel et se dit confiant pour l’avenir, tant sur le plan de la santé que de la retraite, grâce aux systèmes de couverture privée et de capitalisation.
Insécurité : que disent réellement les chiffres ?
La sécurité demeure également un thème central du débat public britannique. Le maire de Londres, Sadiq Khan, appelle régulièrement à s’appuyer sur les données plutôt que sur les perceptions anxiogènes. S’il reconnaît des difficultés persistantes, notamment liées aux inégalités sociales et à la violence juvénile, il rappelle que Londres reste, rapportée à sa taille, une métropole relativement sûre. Le plan de lutte contre la criminalité 2025-2029 prévoit un renforcement de la police de proximité et une approche préventive fondée sur un modèle de santé publique.
Éducation française : plusieurs options, mais un coût élevé
Lycée Charles de Gaulle à Londres
Pour les familles françaises, la scolarité constitue un enjeu central.
Londres compte plusieurs établissements du réseau français ou bilingue, dont le Lycée Français Charles-de-Gaulle et le Lycée International de Londres Winston Churchill.
Ces structures offrent notamment une continuité avec le système éducatif français, mais leurs frais de scolarité élevés conduisent de nombreuses familles à se tourner vers l’enseignement public britannique ou vers des écoles bilingues privées.
Londres en 2026 : une destination toujours rêvée, mais plus élitiste
En 2026, vivre à Londres en tant que Français demeure une expérience riche, formative et porteuse d’opportunités, mais nettement plus exigeante qu’avant le Brexit. Contraintes administratives, pression économique et sélection par le niveau de revenu redessinent les trajectoires d’expatriation.
Pour les cadres de la finance et de la tech, les entrepreneurs, les couples bi-actifs sans enfants ou les jeunes diplômés cherchant une valorisation internationale de leur parcours, la capitale britannique conserve un fort pouvoir d’attraction. Pour les autres, elle apparaît de plus en plus comme une ville d’opportunités… à condition d’en avoir les moyens.
« On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va », écrivait Christophe Colomb. Pour nombre de Français, Londres reste cette promesse d’horizon. Mais en 2026, la capitale britannique n’est plus une porte grande ouverte : c’est un sas. On y entre encore, mais sous conditions, après sélection, et souvent au prix d’efforts durables. Cela en vaut-il la chandelle ? À chacun expatrié sa réponse.
Voyager ou vivre à l’étranger est une aventure enrichissante, mais cela peut aussi comporter des risques. En tant que Français de l’étranger, il est essentiel de connaître les démarches à suivre en cas d’urgence : accident, agression, catastrophe naturelle, acte terroriste, ou décès d’un proche. L’administration consulaire a publié un guide complet pour vous aider à vous préparer et à réagir efficacement. Lesfrancais.press vous résume l’essentiel et bien sûr en fin d’article vous pourrez télécharger la dernière version officielle mise en ligne par le ministère des affaires étrangères.
La check-list des indispensables
La sécurité à l’étranger commence par une bonne préparation. Quelques réflexes simples permettent de faciliter une prise en charge en cas de problème. Voici les 4 points clés :
Inscription au registre consulaire dans votre pays de résidence ce qui permet aux autorités françaises de vous informer mais aussi de vous prendre en compte en cas d’évacuation du pays ou de catastrophe naturelle.
Inscription sur Ariane : Avant tout voyage de moins de 6 mois, inscrivez-vous sur le portail Ariane du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Cela permet au Centre de crise et de soutien de vous contacter par SMS ou courriel en cas de crise locale.
Vérification des assurances : En tant qu’expatrié, vous devez vous affilier au régime local que vous pouvez compléter avec la Caisse des Français de l’étranger (CFE). S’il n’y a pas de prévoyance organisée par l’Etat où vous vous êtes installés, il faut penser à souscrire une assurance privée ou s’affilier complètement à la CFE. Lors de vos voyages de loisir ou professionnels, assurez-vous que vos contrats (habitation, carte bancaire, mutuelle) couvrent les frais d’hospitalisation, le rapatriement sanitaire ou les recherches en montagne. Sans assurance spécifique, tous les frais seront à votre charge. La banque en ligne dédiée aux non-résidents, France pay, vous propose si vous payez le voyage avec sa carte bancaire Premier, de vous rapatrier soit dans votre pays de résidence soit en France. Un avantage que ne propose pas les cartes locales dont les assurances ne prévoient que le rapatriement dans le pays de la banque émettrice de la carte.
Documents d’identité : Numérisez votre passeport et vos visas pour les envoyer sur votre propre boîte mail. Pensez à installer France Identité En cas de vol, cela facilitera grandement la délivrance de laissez-passer consulaire par exemple.
Que faire en cas d’urgence en tant que Français de l’étranger ?
Déjà définissons qu’est-ce qu’une urgence ? Ce terme pour l’administration consulaire englobe les décès, les agressions, les accidents de la circulation comme les actes de terrorisme ou les catastrophes naturelles. La palette est donc large. Mais que faire si on est confronté à une telle situation ?
Agression physique ou sexuelle
En cas d’agression, mettez-vous en sécurité et consultez immédiatement un médecin local. L’examen médical est crucial pour étayer une future plainte.
En cas de viol : Rendez-vous à l’hôpital dans les 72 heures pour recevoir un traitement préventif contre les IST et une contraception d’urgence.
Dépôt de plainte : Déposez plainte auprès des autorités de police locales et exigez-en une copie. Vous pouvez également déposer plainte en France à votre retour.
Accident de la circulation
Tout d’abord, n’oubliez pas que les règles de conduite et les responsabilités varient d’un pays à l’autre.
Constat amiable : Utilisez un formulaire de constat amiable, de préférence en français, car les modèles sont standardisés en Europe.
Preuves : Prenez des photos de la scène, des véhicules et recueillez les témoignages des passants.
Assurance : Prévenez votre assureur dans les 5 jours ouvrés.
Décès d’un proche
La perte d’un proche loin de France est une épreuve administrativement lourde.
Signaler le décès : Contactez immédiatement le consulat français ou le Centre de crise et de soutien à Paris (01 53 59 11 00).
État civil : Le consulat transcrira l’acte de décès local dans les registres de l’état civil français, ce qui est indispensable pour les successions en France.
Rapatriement : Les frais de transport du corps ou des cendres incombent à la famille ou à l’assurance du défunt. Le consulat supervise les formalités de transport et de mise en bière.
Acte de Terrorisme
Se mettre en sécurité : Suivez les consignes des autorités locales et signalez-vous à l’ambassade ou au consulat.
Conserver les justificatifs : Gardez tous les documents relatifs à l’événement et aux préjudices subis.
Vous voyagez à l’étranger : Ayez les bons réflexes sur diplomatie.gouv.fr
Catastrophe Naturelle
Se mettre en Sécurité : Suivez les consignes des autorités locales et signalez-vous à l’ambassade ou au consulat.
Conserver les justificatifs : Gardez tous les documents relatifs à l’événement et aux préjudices subis.
Que peut faire la France pour vous ?
Votre premier interlocuteur c’est, Le consulat. C’est le contact de proximité a privilégié en cas de difficulté, s’il n’y a pas de consulat, vous trouverez le soutien nécessaire au sein de la section consulaire logée dans l’ambassade. Cependant, ambassade ou consulat ont des pouvoirs qui ces derniers sont encadrés par la loi internationale et sa latitude dépend bien sûr de la relation entre la France et le pays où les faits se sont déroulés.
Ce que le consulat peut faire :
Vous communiquer les coordonnées de médecins, d’avocats ou d’interprètes.
Prévenir votre famille en cas d’accident grave ou de décès.
Délivrer un titre de voyage d’urgence en cas de vol de passeport.
Ce que le consulat ne peut PAS faire :
Payer vos amendes, vos frais d’hôtel ou vos factures d’hôpital.
Vous rapatrier aux frais de l’État (sauf cas exceptionnels de crise majeure).
Intervenir dans le cours de la justice locale pour obtenir votre libération.
En cas de binationalité et si vous possédez la nationalité du pays où vous vous trouvez, la protection consulaire française peut être limitée, voire impossible.
Mais la France, ce n’est pas que le consulat ou l’ambassade. Ainsi, même si les faits se sont déroulés à l’étranger, vous disposez de recours en France pour obtenir réparation. Étant de nationalité française, vous pouvez saisir la CIVI pour obtenir une indemnisation, même si l’auteur n’est pas identifié ou est insolvable. Pour les Français résidant à l’étranger, la CIVI du tribunal judiciaire de Paris est compétente et vous disposez de 3 ans après les faits pour déposer votre requête.
Contacts utiles
Urgence à l’étranger : Contactez le consulat de France local.
Centre de crise et de soutien (Paris) : 01 53 59 11 00 (24h/24).
Aide aux victimes (France Victimes) : 116 006 (gratuit depuis la France) ou +33 1 80 52 33 76.