Défense : France et Allemagne deux piliers encore fragiles.

Défense : France et Allemagne deux piliers encore fragiles.

Les budgets militaires de la France et de l’Allemagne sont équivalents, de l’ordre de 45 à 48 milliards d’euros pour 2020  la France dépassant encore l’Allemagne. Ce sont les budgets les plus importants d’Europe, de loin, qui sont du même ordre de grandeur que le budget militaire britannique. Dans le voisinage, seule la Russie a un budget supérieur.

L’Allemagne a accru son effort militaire ces dernières années, qui n’étaient que de 33 milliards d’euros en 2010. Si l’Allemagne dépensait autant que la France en proportion de son Pib, comme le lui demandent les Etats-Unis qui considèrent que les Européens doivent assumer leur part de dépense, il atteindrait 65 milliards d’euros. En effet, il devrait passer de 1.17% du Pib en 2012 à 1.5% en 2024.

Mais derrière les chiffres, qu’en est-il de la capacité opérationnelle de ces deux piliers, hypothétiques, de la défense européenne ?

Les salaires de la Bundeswehr 25% plus élevés qu’en France

La Bundeswehr peine à recruter. Plus de 20.000 postes restent vacants pour 182.000 militaires. Pourtant, les salaires sont plus élevés qu’en France de 25% : la moyenne des dépenses de personnel par soldat est de 72.000 € en Allemagne contre 58.000€ en France.

Conséquence, malgré un budget équivalent, les dépenses d’investissement et d’équipement sont très inférieures en Allemagne à ce qu’elles sont en France : 12.6 milliards en Allemagne, 19.7 milliards en France. Pour la recherche et le développement, l’Allemagne investit seulement 1.5 milliard, la France, 5.5 milliards.

Plus d’investissements en France 

La dissuasion nucléaire explique en partie ces écarts, mais pas seulement. Même en excluant celle-ci la France dépense en investissements 18% de plus que l’Allemagne. Ce n’est pas seulement faute de moyens, et cela reste mystérieux : en 2019, 1.1 milliard ont été rendu sur le budget d’investissement, soit 13% des crédits.

Pourtant, les besoins sont là : selon les rapports, en 2018, seulement 105 des 224 chars Léopard, 5 des 13 frégates, 3 des 15 A400M, et 16 des 72 hélicoptères étaient utilisables. En France aussi, le taux de disponibilité est faible, mais il est en moyenne de 75%, alors que la France est engagée sur différents théâtres d’opérations extérieures, ce qui n’est pas le  cas de l’Allemagne. Ceci explique peut-être cela.

Faible disponibilité

Car l’expérience du terrain et de vrais conflits permet de juger l’efficacité et les besoins réels des forces armées. Les interventions françaises à l’extérieur permettent de mesurer besoins et efficacité sur le terrain.  

Cela étant, un rapport du Sénat explique que « l’activité opérationnelle des Forces armées est préoccupante ». Il explique que sur 14 indicateurs de « norme Otan », un seul est conforme : celui du nombre d’heures des pilotes de l’aéronavale. Pour l’armée de terre, la cible de 90 jours de préparation opérationnelle n’a plus été atteinte depuis 2015. La remontée de l’activité opérationnelle pour atteindre les standards internationaux a été repoussée à 2025.

L’objectif de la loi de programmation militaire pour l’entretien n’a jamais été atteint lors de ses trois premières années : Il manque 2 milliards.

Conclusion : la Bundeswehr n’est pas au niveau, la France est un peu juste. Le fonds d’investissement européen pour la défense et la sécurité a été doté de huit milliards. Le gouvernement allemand prévoit d’augmenter les ressources financières. C’est maintenait qu’il faut accroitre la coopération franco-allemande, non seulement pour l’industrie mais aussi pour l’opérationnel.

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