Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Constance Labbé, comédienne et scénariste

    Constance Labbé, comédienne et scénariste

    Après être notamment passée par le Cours Viriot, ou encore au HB Studio à New York, Constance Labbé joue beaucoup au théâtre tout en multipliant les castings pour le petit et grand écran. Connue en 2016 pour le personnage d’Adèle dans la saison 8 de Camping Paradis qu’elle incarnera le temps d’une saison, l’actrice enchaîne films et téléfilms. 

    En 2021, elle rejoint la saison 4 de la série policière Balthazar portée par Tomer Sisley et succède pour l’occasion à Hélène de Fougerolles dans la peau d’un nouveau personnage, Camille.

    Avec nous aujourd’hui pour nous parler en tant que membre du jury du 25ème festival de la fiction de La Rochelle, présidé cette année par Audrey Fleurot, et soutenu par la chaine mondiale francophone TV5 Monde et qui s’est ouvert ce mardi 12 septembre. Nous avions déjà suivi l’édition de l’année dernière.

    Ecoutez le podcast avec Constance Labbé

    Le festival de la fiction de La Rochelle

    Le Festival de la fiction est un incontournable de septembre pour découvrir durant 5 jours, tous les inédits de la création audiovisuelle de la saison. Une soixantaine de fictions françaises et européennes y sont d’ailleurs présentées lors de séances ouvertes gratuitement au grand public (dans la limite des places disponibles).

    Chaque année, une sélection d’œuvres françaises sont projetées dans le cadre d’une compétition officielle dont le jury est présidé par un acteur ou une actrice star. Des films encore jamais vus et qui reflètent le meilleur de la création audiovisuelle y sont à découvrir : téléfilms, séries 90, 52 ou 26 minutes, programmes courts, séries web et digitales. Vous serez au cœur de l’actualité du petit écran !

    En marge de la compétition, les chaînes présentent également leurs fictions inédites, grands rendez-vous de la rentrée audiovisuelle lors de projections qui se déroulent chaque soir à La Coursive, au cœur de La Rochelle.  

    Cet événement est aussi l’occasion unique pour les professionnels du secteur de se réunir pour débattre et construire la fiction de demain autour d’études de cas, de tables rondes, de cours magistraux… Ce sont chaque année plus de 2000 professionnels qui se retrouvent ainsi à La Rochelle.

    Constance Labbé
    Constance Labbé

    TV5 Monde, partenaire du festival

    Chaque année, le Festival de la Fiction de La Rochelle offre un aperçu de la créativité française et internationale en matière d’œuvres télévisuelles et de web-séries. Logiquement, TV5 Monde, la chaîne francophone mondiale, en est le principal partenaire. 

    Et cette année la compétition française présente un éventail de fictions et de séries qui témoignent de la richesse de la création hexagonale. Côté fiction unitaire, on note la sélection d’Un destin inattendu (Mother Production), de Sonia Rolland, téléfilm inspiré de son histoire personnelle, La Fille qu’on appelle (Image & Compagnie) de Charlène Favier, « thriller minimaliste » sur l’injustice sociale et les dérives du pouvoir politique, Droit de regard (Cinétévé) de Julie Manoukian, dans lequel une trentenaire perd progressivement la vue à cause d’un glaucome, ou encore L’Enchanteur (247 Max) de Philippe Lefebvre, où Charles Berling se glisse dans la peau de l’écrivain Romain Gary.

    Parmi les séries de 52 minutes retenues, Les Espions de la terreur (TetraMedia Fiction) de Franck Philippon, réalisé par Rodolphe Tissot, une immersion dans les services secrets français au moment des attaques terroristes de novembre 2015, Follow (Bonne Pioche Story) de Louis Farge, l’histoire de Léna, jeune community manager au sein de la préfecture de police de Paris qui va se risquer à un jeu dangereux ou encore La Tribu (Mother Production, Federation Studios France) de Manon Dillys, Anaïs Carpita, Clémence Dargent, série comique sur une famille recomposée.

    Constance Labbé

    Au cinéma, Constance Labbé incarne la plupart du temps des personnages secondaires dans des comédies portées par de grandes stars, comme en témoignent ses prestations dans L’Embarras du choix (2016), L’Un dans l’autre (2017), Joyeuse retraite ! (2019), Belle-Fille (2020) ou encore Le Bonheur des uns… (id.). La comédienne joue également dans le téléfilm Coup de foudre en Andalousie, où elle incarne la sœur d’Agustin Galiana qui a mystérieusement disparu juste avant son mariage…

    En 2018, Constance Labbé prête ses traits à Camille, la compagne de Vincent (Lannick Gautry), dans Noces Rouges, une saga familiale mêlée à une intrigue policière se déroulant dans la très cinématographique ville de Marseille.

    L’actrice joue aussi dans Groom, une série décalée développée par Studio Bagel pour Youtube, et dans Calls, un programme Canal+ où des enregistrements sonores témoignent d’événements tragiques. 

  • Niger : notre compatriote Stéphane Jullien libéré

    Niger : notre compatriote Stéphane Jullien libéré

    La nouvelle circule depuis hier soir, c’est maintenant officiel. L’élu consulaire et chef d’entreprise Stéphane Jullien a été libéré. 

    Arrêté par les forces de sécurité nigériennes le 8 septembre, la France a annoncé ce jeudi que notre compatriote avait pu regagner dans la nuit l’Ambassade de France à Niamey.  

    « La France se réjouit de la libération de Stéphane Jullien », a déclaré ce matin Anne-Claire Legendre, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, sans autre précision.

    Stéphane Jullien ©Ambassade de France
    Stéphane Jullien à son arrivée à l’Ambassade de France cette nuit ©Ambassade de France

    Olivier Becht : « Heureux de ce dénouement rapide » 

    Nombreux sont les collègues de Stéphane Jullien, élus des Français de l’étranger, à faire part de leur soulagement ce matin. Le ministre délégué aux Français de l’étranger, Olivier Becht, se dit « heureux de ce dénouement rapide ». Selon des proches du dossier, l’équipe de l’Ambassade de France au Niger, avec Sylvain Itté à sa tête, a été très efficace dans ce processus de libération.

    Cette libération est-elle le premier signe d’un apaisement dans les relations diplomatiques entre Paris et Niamey ? 

    Des relations tendues entre Paris et Niamey

    Cette affaire est intervenue dans un contexte extrêmement tendu entre Paris et Niamey, depuis le coup d’État militaire du 26 juillet au Niger. Paris considère toujours le président renversé Mohamed Bazoum, retenu captif par la junte, comme le chef de l’État légitime, et refuse jusqu’à présent de répondre aux revendications des putschistes. 

    Ces derniers réclament le départ de l’ambassadeur à Niamey et ont dénoncé les accords de défense avec la France, qui déploie 1 500 soldats au Niger. Avant le coup d’État, le Niger était un de ses derniers alliés au Sahel et pays clef dans le dispositif français de lutte contre le terrorisme.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • L’intelligence artificielle, un danger pour la démocratie ?

    L’intelligence artificielle, un danger pour la démocratie ?

    L’histoire est remplie de complots, de fausses dépêches, de mensonges et de phantasmes. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication permettent d’amplifier cette pratique. 

    Sous la Révolution française, la diffamation, le mensonge, la désinformation étaient légions avec, comme conséquence, la guillotine pour un certain nombre de personnes. En 1918, lors de la grippe espagnole, les « antivaccins » de l’époque avaient mené une campagne de désinformation en envoyant de faux messages officiels afin de saborder l’action des pouvoirs publics. En 1968, dans le cadre de l’affaire Markovic, de fausses photos ont été diffusées afin de salir l’ancien Premier Ministre et potentiel candidat à la présidence de la république, Georges Pompidou. Dans les années 1930, dans le cadre d’émissions radiodiffusées, Orson Welles n’avait-il pas fait croire à l’arrivée des extra-terrestres ? Jusqu’à maintenant, la désinformation est le fruit de la malhonnêteté humaine. Mais demain ?

    Des fausses interviews, des fausses vidéos peuvent être ainsi diffusées à grande échelle sur les réseaux sociaux

    L’intelligence artificielle générative (IA) permet, en effet, de rédiger du texte ainsi que de créer des images et des vidéos réalistes. Des fausses interviews, des fausses vidéos peuvent être ainsi diffusées à grande échelle sur les réseaux sociaux. Cette pratique pourrait entraîner des conséquences sur le déroulement des prochaines campagnes électorales avec un risque de manipulation des électeurs. 

    Déjà, depuis une dizaine d’années, des officines ont, lors de campagnes aux États-Unis ou en France, adressé de faux mails et diffusé sur les réseaux de fausses informations afin d’infléchir le sens du vote. Sans utiliser l’intelligence artificielle, les partisans de Donald Trump ont, en 2020, inondé Internet d’informations affirmant que l’élection présidentielle avait été truquée par les Démocrates. En Inde, les militants du BJP (« parti indien du peuple ») répandent dans les groupes WhatsApp des rumeurs pour discréditer les autres partis. Les propagandistes du Parti communiste chinois diffusent de nombreuses informations contre le gouvernement de Taïwan en ayant recours à des sites a priori sérieux.

    intelligence artificielle
    L’intelligence artificielle permet de rédiger du texte et de créer des images et des vidéos réalistes.

    Des réseaux de robots de propagande

    Avec l’intelligence artificielle, les risques de manipulation sont accrus. Elle autorise une production en masse de fausses informations qui, en outre, peuvent être difficiles à distinguer des informations certifiées. La réalisation de fausses vidéos utilisant la voix des candidats peut prêter à confusion et à erreur sur la réalité des propos tenus. L’intelligence artificielle permet, en outre, un microciblage. Les électeurs pourraient recevoir des informations personnalisées. Les réseaux de robots de propagande pourraient être rendus plus difficiles à détecter et à contrer. La multiplication de fausses informations ne peut qu’entretenir le climat de défiance des électeurs contre la presse et contre les pouvoirs publics. 

    Si le risque de manipulation existe, celui-ci ne doit pas être exagéré. Les électeurs sont moins crédules qu’il n’y paraît. Même si les algorithmes sont de plus en plus puissants, les vidéos virtuelles, par leurs excès, sont fréquemment démasquées par les internautes. Elles ne sont pas exemptes du risque de comporter des erreurs qui les discréditent. Microsoft vérifiera dans le cadre des prochaines campagnes électorales aux Etats-Unis comme en Europe l’utilisation de ChatGPT pour tenter de détecter les opérations d’influence politique. Les réseaux sociaux surveillent de plus en plus le contenu qui y est diffusé et n’hésitent plus à fermer des comptes au point qu’en 2020, aux États-Unis, certains s’en étaient offusqués au nom de l’atteinte à la liberté de communication. Néanmoins, Twitter rebaptisé « X » a supprimé son équipe de surveillance après son rachat par Elon Musk.

    Contraindre les candidats et les médias à mentionner l’origine et la nature des images utilisées

    En 2024, pour éviter une diffusion de fausses images, l’agence réglementant les élections aux États-Unis pourrait contraindre les candidats et les médias à mentionner l’origine et la nature des images utilisées. Certains aux États-Unis réclament un système de réglementation qui, comme en Chine, oblige les producteurs d’algorithmes d’IA à les enregistrer auprès d’un organisme public. En Chine, pour être acceptés, les algorithmes doivent respecter les valeurs fondamentales du parti communiste. Un système d’agrément semble en Occident peu compatible avec les valeurs démocratiques en cours. Si Internet est accusé d’être un espace géant de manipulation, il contribue également à la sincérité des élections. 

    Les réseaux, les sites d’information peuvent en temps réel dénoncer des manipulations et des mensonges prononcées par les candidats. Les électeurs peuvent accéder à de nombreuses informations concernant les candidats et vérifier la véracité de leurs propos, ce qui était impossible il y a quarante ou cinquante ans. 

  • Ursula von der Leyen, le discours sur l’état de l’Union 2023

    Ursula von der Leyen, le discours sur l’état de l’Union 2023

    Il n’y avait pas d’énormes surprises dans ce discours sur l’état de l’Union 2023. La présidente Ursula von der Leyen invite l’Europe à « répondre à l’appel de l’histoire ». Dans les 300 jours qui nous séparent des élections européennes de juin 2024, la tâche est encore importante : finir la négociation du pacte migratoire, achever le chantier législatif du « Pacte vert », décider rapidement d’une révision budgétaire pour soutenir l’Ukraine (50 milliards d’euros), les technologies propres, la gestion des frontières… Sans compter la prise en compte des enjeux éthiques et industriels de l’intelligence artificielle, la lutte contre l’inflation, la réforme du marché de l’électricité et la gouvernance économique de l’Europe (les critères de Maastricht).

    Ursula von der Leyen annonce, du reste, que la Commission organisera « une conférence internationale sur la lutte contre le trafic de migrants ». Pourquoi y penser si tard alors que les flux sont intenses depuis la crise syrienne de 2015 ?

    Voici les points forts à retenir de son discours.

    Ne pas opposer compétitivité et « Pacte vert »

    Dans l’esprit de la présidente de la Commission, l’énorme train de mesures pour lutter contre le réchauffement climatique n’est pas antinomique d’une amélioration de la compétitivité européenne. Elle ne se renie pas. Au contraire, si l’Europe doit rester dans la course, c’est parce qu’elle sera en mesure d’innover dans les « technologies propres ». « Au cours des cinq dernières années, le nombre d’usines sidérurgiques propres dans l’UE est passé de zéro à 38, insiste-t-elle. Nous attirons désormais plus d’investissements dans l’hydrogène propre que les États-Unis et la Chine réunis. »

    Depuis quelques mois, sa famille politique, le PPE (Parti populaire européen) commence à traîner des pieds sur le « Pacte vert », en considérant qu’une approche par trop « idéologique » finirait par faire le jeu de nos compétiteurs, chinois et américains. C’est particulièrement vrai du secteur automobile, si cher aux Allemands. Ursula von der Leyen a pris en compte cette préoccupation.
    « Il s’agit d’une industrie cruciale pour l’économie propre, avec un énorme potentiel pour l’Europe », lance-t-elle. « Mais les marchés mondiaux sont désormais inondés de voitures électriques chinoises moins chères. Et leur prix est maintenu artificiellement bas grâce à d’énormes subventions publiques. Cela fausse notre marché. Et comme nous n’acceptons pas cela de l’intérieur, nous n’acceptons pas cela de l’extérieur. Je peux donc annoncer aujourd’hui que la Commission lance une enquête antisubvention sur les véhicules électriques en provenance de Chine. L’Europe est ouverte à la concurrence. Pas pour un nivellement par le bas. »

    Alléger le fardeau des petites et moyennes entreprises

    Autre critique formulée par le PPE : les électeurs et les PME ne suivront pas le virage du « Green Deal » s’il est synonyme de surcoût et d’un surcroît de démarches administratives. Là aussi, von der Leyen donne des gages et promet de les associer à la mise en œuvre du « Pacte Vert » à travers. Elle nommera « avant la fin de l’année », « un envoyé européen pour les PME » qui relèvera directement de son autorité. On peut douter raisonnablement de l’efficacité de cette annonce un peu gadget qui dénote surtout de son penchant pour « l’hyperprésidence ». Le pauvre homme sera rapidement débordé, mal vu des États membres où les administrations sont jalouses de leur pouvoir, et finalement relégué au rang d’ambassadeur fictif…

    Mais elle promet aussi de veiller à ne pas surlégiférer dans les domaines qui touchent aux PME et TPE. « Pour chaque nouveau texte législatif, nous effectuons un contrôle de compétitivité par un comité indépendant », annonce-t-elle. « Et le mois prochain, nous présenterons les premières propositions législatives visant à réduire de 25 % les obligations de déclaration au niveau européen. »
    Ursula von der Leyen annonce qu’elle confie à Mario Draghi, l’ancien président du Conseil italien, la confection d’un rapport sur la compétitivité européenne. Une idée saluée par Manfred Weber, le président du PPE. Ce n’est pas un geste innocent. Mario Draghi plaide en faveur d’un nouvel emprunt commun qui succéderait et pérenniserait Next Generation EU (NGEU). « Les coûts d’emprunt de l’Union sont inférieurs aux coûts d’emprunt moyens pondérés de ses États membres, et ils sont presque identiques à ceux du mécanisme de financement mis en place pendant la crise, le MES, détaillait-il, lors d’une conférence en juillet. […] Cela suggère que les investisseurs ont largement confiance dans la capacité de l’Union à extraire de chaque pays participant le futur flux de recettes nécessaire au service de la dette sous-jacente. Cela signifie que nous disposons d’un potentiel inexploité d’intermédiation de la dette et de réduction des coûts d’emprunt globaux de l’Union. »

    Ursula von der Leyen Ce 13 septembre 2023, Ursula von der Leyen a prononcé un discours sur l’état de l’Union.

    Les agriculteurs enfin pris en compte

    Dans tous ses discours sur l’état de l’Union, Ursula von der Leyen n’avait jamais prononcé un mot pour le monde agricole alors que la PAC représente encore plus d’un tiers du budget de l’Union. Sa famille politique attendait ce geste. Il est arrivé. L’impératif de « sécurité alimentaire » que la guerre en Ukraine comme la pandémie ont mis en valeur revient en haut de la pile des dossiers. « Je profite de cette occasion pour exprimer ma gratitude à nos agriculteurs, pour les remercier de nous fournir de la nourriture jour après jour, » lâche-t-elle. Voilà qui fera rosir de plaisir les caciques du PPE, et en particulier l’ancien président Joseph Daul, agriculteur de son état et qui avait montré, en juillet dernier, une certaine frustration à son égard. En année électorale, ça ne peut pas faire de mal.

    Concrètement, quoi de neuf ? Là encore, elle en revient à ses principes : la préservation du climat et l’agriculture ne peuvent pas être opposées. Si les sécheresses se multiplient, les rendements agricoles en souffriront. Et le revenu paysan s’effondrera. Le « Pacte Vert » n’est pas l’ennemi des agriculteurs bien que l’UE leur demande de se passer, de plus en plus, des engrais chimiques, des pesticides, de restaurer des haies, de prendre garde à la qualité des cours d’eau… « Nous devons travailler de concert avec les hommes et les femmes du secteur agricole pour relever ces nouveaux défis. C’est la seule façon de garantir l’approvisionnement alimentaire pour l’avenir. Nous avons besoin de plus de dialogue et de moins de polarisation. » Elle annonce un « dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture dans l’UE », mais pas de pause dans la réglementation, à ce stade.

    À la recherche d’une solution contre l’inflation

    À vrai dire, Ursula von der Leyen n’a pas encore de solution contre cette inflation élevée et persistante contre laquelle la BCE lutte comme elle peut. La présidente von der Leyen constate néanmoins que les outils mis en place pour lutter contre l’affolement des prix de l’énergie ont fonctionné, en dépit du piège tendu par Poutine à l’Allemagne concernant sa dépendance au gaz. « La bonne nouvelle est que l’Europe a commencé à faire baisser les prix de l’énergie, se réjouit-elle. […] Beaucoup pensaient que nous n’aurions pas assez d’énergie pour passer l’hiver. Mais nous y sommes parvenus. Nous avons utilisé la masse critique de l’Europe pour faire baisser les prix et sécuriser notre approvisionnement, note-t-elle. Il y a un an, le prix du gaz en Europe dépassait les 300 euros par MWh. Il est désormais autour de 35. Nous devons donc réfléchir à la manière dont nous pouvons reproduire ce modèle de réussite dans d’autres domaines tels que les matières premières critiques ou l’hydrogène propre. »

    Réformes institutionnelles et élargissement

    Ursula von der Leyen ne brade pas le processus d’adhésion à l’UE qui reposera, comme jusqu’ici, sur les mérites propres à chaque État candidat, Ukraine, Moldavie ou les pays des Balkans occidentaux. Donc, pas d’adhésion hâtive et en bloc. Pas de date cible comme le suggérait Charles Michel (2030). Néanmoins, la dynamique doit être relancée et les réformes internes à l’Union pour absorber les nouveaux venus ne peuvent pas être constamment différées.

    « Nous ne pouvons pas – et nous ne devons pas – attendre que le traité soit modifié pour avancer dans la voie de l’élargissement, souligne-t-elle. Une Union adaptée à l’élargissement peut être réalisée plus rapidement. Cela signifie répondre à des questions pratiques sur la manière dont fonctionnera une Union de plus de 30 pays. Et notamment sur notre capacité à agir. »

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 14.09.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 14.09.23

    Bonjour à tous, nous sommes le jeudi 14 septembre, bienvenus dans votre flash quotidien des expatriés. Dans vos titres : Joelle Gariaud Maylam tire sa révérence – David Lisnard soutient les élus consulaires – La Russie exclue des jeux de Paris ? 

    La sénatrice, présidente de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN ne se présente pas 

    Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français de l’étranger depuis 2004, a décidé de laisser la place aux jeunes. Dans une longue interview donnée au site Lesfrancais.press, elle explique les raisons mais reviens aussi sur son parcours du Conseil d’administration de l’IHEDN, de Campus France, du Conseil Franco-Britannique, Presidente d’honneur de l’Association du Rayonnement français à la présidence de l’assemblée parlementaire de l’Alliance. Un parcours hors du commun à découvrir sur le site Lesfrancais.press.

    Joëlle Garriaud-Maylam
    Joëlle Garriaud-Maylam à Kiev en 2021 ©JGM

    Ronan Le Gleut joue la carte de l’Association des Maires de France 

    Dans un courrier reçu hier par les Grands électeurs, le sénateur sortant et président de la fédération des Français de l’étranger du parti Les Républicains, Ronan Le Gleut indique qu’il a reçu le soutien du président de l’AMF, le maire de Cannes et potentiel présidentiable, David Lisnard, pour une meilleure reconnaissance des élus consulaires. Le but aligné leur statut sur celui des élus municipaux. 

    Ronan Le Gleut
    Ronan Le Gleut

    Emmanuel Macron ne veut pas de drapeaux russes aux JO de 2024 

    Le président français Emmanuel Macron a estimé qu’il ne pouvait «pas y avoir le drapeau russe aux Jeux» olympiques de Paris, la Russie n’ayant «pas sa place à un moment où elle a commis des crimes de guerre», dans une interview au quotidien L’Equipe publiée le 07 septembre.

    Interrogé sur la présence possible d’athlètes russes à titre individuel aux Jeux olympique de l’été 2024, le chef de l’Etat a répondu: «Je souhaite que ce soit une décision en conscience du monde olympique (…) ce n’est pas l’Etat hôte qui doit décider de ce que le CIO doit faire (…) je fais totalement confiance à Thomas Bach», le président du Comité international olympique.

    Emmanuel Macron dans L’Equipe ©l’Equipe

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition 

    Ecouter le bulletin des Français de l’étranger

  • En toute confidence : Hélène Conway-Mouret, candidate aux élections sénatoriales – Parti Socialiste

    En toute confidence : Hélène Conway-Mouret, candidate aux élections sénatoriales – Parti Socialiste

    podcast interview politique

    En toute confidence

    « En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.
    Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.
    Animé par Caroline Ettori.

    Universitaire, femme politique, Hélène Conway-Mouret est sénatrice représentant les Français établis hors de France depuis 2011. Elle a également été ministre déléguée aux affaires étrangères, chargée des Français de l’étranger de 2012 à 2014 avant de retrouver les bancs du Palais du Luxembourg et exercer les fonctions de vice-présidente du Sénat de 2018 à 2020. Engagée dans la course aux sénatoriales, Hélène Conway-Mouret conduit la liste PS « Engagés avec vous, pour une union sociale, écologiste et solidaire ». En toute confidence, elle défend son bilan et revient sur les grands thèmes de sa campagne : développement durable, protection sociale et éducation.

    Un « lien complet, total et permanent avec le terrain »

    Dans ce podcast, Hélène Conway-Mouret décrit son « lien complet, total et permanent avec le terrain pour inspirer (son) travail législatif ». La candidate PS rappelle que si elle s’occupe en priorité des Françaises et des Français de l’étranger, son travail est aussi de s’intéresser « à des sujets régaliens », comme celui de la Défense.

    L’égalité femme-homme est une priorité

    Hélène Conway-Mouret fait également de « l’égalité femme-homme » une de ses priorités. Dans cette interview, la sénatrice sortante évoque ainsi son expérience et rappelle que dans le monde à « chaque crise politique ce sont généralement les femmes qui sont les premières victimes » tout en indiquant qu’en Europe « nous avons également des progrès à faire, et notamment en France ».

    Hélène Conway-Mouret
    Hélène Conway-Mouret

    « Nous sommes tous écologistes »

    Hélène Conway-Mouret évoque aussi son ambition pour le climat et affirme que « nous sommes tous écologistes » avec, ajoute-t-elle : « l’obligation pour nous et ceux qui nous suivent de limiter les erreurs précédentes ». La candidate PS propose de changer nos modes de consommation, y compris énergétique, alimentaires : « nous avons beaucoup de nouveaux gestes à adopter à tous les niveaux ».

    « Un devoir collectif » pour renforcer la Caisse des Français de l’étranger

    Partageant ses propositions sur la fiscalité, l’ancienne ministre se réfère au principe d’« égalité des droits » et trouve « injustifié que nos compatriotes à l’étranger ne soient pas traités de la même façon », prenant exemple de la CSG-CRDS. Hélène Conway-Mouret poursuit son interview sur la question de la protection sociale et appelle notamment « à un devoir collectif pour que la Caisse des Français de l’étranger puisse se renforcer et continuer à offrir ses services ». L’éducation est aussi un thème porté par la candidate PS « pour protéger et renforcer nos réseaux » et présente son action pour promouvoir le « LabelFrancEducation » créé en 2012.

    « Changer le regard de nos compatriotes dans l’hexagone »

    Concluant son « En toute confidence », Hélène Conway-Mouret souhaite poursuivre son action pour « changer le regard de nos compatriotes dans l’hexagone » sur ce que sont « véritablement les Français de l’étranger », à savoir « l’émanation de la société française avec ses faiblesses et ses atouts ».

    En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes










  • Qiti : la révolution numérique de la protection santé à l’international

    Qiti : la révolution numérique de la protection santé à l’international

    La start-up niçoise Qiti, une assurtech fondée en 2021, lance l’assistant virtuel intégré à son application. Pour en parler, nous recevons Christophe Bremard, le président de la société.

    La couverture santé : une priorité

    Grands voyageurs ou expatriés, tous ceux qui voyagent beaucoup connaissent la problématique de la couverture santé. Il existe de nombreuses solutions sur le marché, souvent régionalisées (un Etat, une zone géographique) et fastidieuses à modifier. 

    C’est face à ce constat que l’assurtech Qiti a décidé de combiner l’IA et les services d’un grand assureur, Allianz. Elle a, ainsi, construit une assurance santé internationale résiliable à tout moment, dont le caractère innovant est de se mettre à jour automatiquement à chaque passage de frontière pour conserver le même niveau de protection. Grâce à la géolocalisation, et en fonction du profil défini initialement par l’assuré, Qiti propose une mise à jour de contrat. 

    S’il n’y a pas d’incidence tarifaire, le contrat est même mis à jour automatiquement, sinon votre accord sera indispensable. La transparence est le maître mot de cette nouvelle application. 

    Qiti
    Christophe Bremard et Guillaume Dion, cofondateurs de Qiti

    Le couteau-suisse des voyageurs

    Qiti offre bien plus qu’une assurance voyage. Assuré(e) ou non, chaque voyageur pourra accéder à des services comme les alertes (météo, risque épidémique ou géopolitique…), un chat spécialisé utilisant une IA entraînée avec l’Inria, la télémédecine 24h/24, joindre le consulat, etc.

    « Qiti est toujours là pour vous au quotidien »

    Christophe Bremard

    Les utilisateurs de l’app pourront souscrire à ces services en dehors de tout contrat chez Qiti. Pour les assurés, ils seront compris dans les contrats qui couvrent pour l’instant la santé, le rapatriement, la responsabilité civile, et la protection juridique. Les formules sont accessibles à partir de 69 euros par mois.

    En sus, dès à présent, il est possible de contacter un professionnel de santé français et d’effectuer une téléconsultation sept jours sur sept, 24h sur 24, dans le cadre d’un parcours privé. À terme, Qiti ambitionne de démocratiser la télémédecine auprès des trois millions de nomades digitaux et expatriés français dans le monde.

    Ecoutez les podcasts avec Christophe Bremard

  • Bataille climatique : l’adhésion des peuples

    Bataille climatique : l’adhésion des peuples

    En ces temps de canicules à répétition, la tentation est grande d’imputer à l’être humain la responsabilité de toutes les catastrophes naturelles qui le frappent, oubliant qu’il en a été avant tout la victime depuis ses premiers pas sur terre. Comme dans toutes les guerres, la bataille climatique a un double visage. Si l’être humain tend à se prévaloir de pouvoirs divins en souhaitant contrôler la nature, il aime se draper dans une culpabilité totale de tous les maux. 

    La période actuelle qualifiée d’anthropocène, avec l’avènement des hommes comme principale source de changements et de dérèglements, traduit bien cette dualité. L’augmentation rapide des émissions des gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique, est d’origine humaine. Nul ne peut le nier. Elle est la conséquence des révolutions industrielles ayant permis une amélioration des conditions de vie grâce à la progression exponentielle des capacités physiques et intellectuelles des êtres humains.

    L’aspiration des populations à bénéficier des meilleures conditions de vie possibles est évidemment légitime 

    Elle est également la conséquence d’une extraordinaire expansion démographique, la population mondiale ayant été multipliée par huit de 1800 à 2023. Autrefois cantonné à une petite partie de l’humanité, le progrès technique se diffuse désormais rapidement. L’aspiration de l’ensemble des populations à bénéficier des meilleures conditions de vie possibles est évidemment légitime. Cette marche vers l’égalité concernant tous les aspects de la vie, de l’alimentation aux loisirs en passant par les logements et l’habillement, rime, en l’état actuel des techniques, avec une augmentation des émissions des gaz à effet de serre et des atteintes à la biodiversité. 

    L’objectif de la neutralité carbone pour 2050 fixé lors de la Conférence de Paris de 2015 apparaît inatteignable. Même s’il était peu ou prou respecté, il ne permettrait pas la résorption immédiate des émissions passées, la durée de vie du CO2 dans l’atmosphère étant d’une centaine d’années. Certains réclament une décroissance impossible quand d’autres optent pour un fatalisme tout aussi impossible. Au vu des dernières données fournies par le GIEC, le risque d’un emballement des températures n’est pas à exclure dans les prochaines décennies.

    Bataille climatique
    L’aspiration des populations à bénéficier des meilleures conditions de vie possibles est évidemment légitime 

    Sans les pays émergents et en développement, 7 milliards d’habitants, il n’y a pas de transition énergétique possible

    Le réchauffement climatique est une source de tensions internationales infinies pouvant dégénérer en guerres ouvertes. Il peut provoquer des réactions non coopératives de la part des différents États, en particulier en raison des migrations engendrées par la montée des eaux ou l’aridification des sols, ou en matière d’échanges commerciaux avec l’application de taxes carbone. Les pays occidentaux, responsables d’une grande partie du stock de CO2 émis depuis 1750, adoptent des mesures contraignantes visant à réduire leur empreinte. Ces mesures peuvent freiner voire annihiler l’essor des pays les plus pauvres. Or, sans la participation des pays émergents et en développement qui représentent près de 7 milliards d’habitants, il n’y a pas de transition énergétique possible. 

    Face à une menace planétaire avérée, il est assez surprenant que la communauté internationale n’ait pas institué une organisation dédiée. En 1944, les alliés ont décidé la création du Fonds Monétaire International afin d’éviter la réédition de la crise de 1929. Ils ont créé la Banque Mondiale pour aider les pays pauvres fraîchement décolonisés à disposer de moyens financiers pour sortir du sous-développement. Aujourd’hui, la Banque mondiale est amenée à financer tout à la fois l’aide au développement et la transition énergétique. Il manque une coordination générale. 

    La crise financière de 2008-2009 a donné lieu à une coopération internationale poussée avec l’avènement du G20 mais, depuis, le temps est à la segmentation et à l’égoïsme. Le durcissement des relations entre la Chine et les pays ainsi que la guerre en Ukraine aboutissent à une partition du monde. La création d’un Fonds Environnemental Mondial devrait être envisagée, associant de manière équilibrée tous les Etats. La transition énergétique devrait coûter, en investissement, des dizaines de milliers de dollars d’ici le milieu du siècle. Des systèmes de financement doivent être imaginés et mis en œuvre pour leur réalisation.

    La bataille climatique sera gagnée avec l’émergence d’une nouvelle croissance économique

    La bataille climatique sera gagnée avec l’émergence d’une nouvelle croissance économique, plus économe des facteurs naturels. Cette croissance ne sera possible comme la précédente que par l’obtention de gains de productivité et par le recours à la science. 

    Depuis quelques années, la transition énergétique donne lieu à une compétition technologique de grande ampleur entre la Chine, les États-Unis, l’Europe, le Japon ou la Corée du Sud. Cette concurrence sera positive si elle s’exerce de manière loyale. Or, les États ont tendance à multiplier les subventions et les réglementations afin d’attirer les investisseurs ou de bloquer les échanges. Ces pratiques sont susceptibles de générer des surcoûts. 

    Compte tenu des enjeux, de la nature sans frontière du réchauffement, comme ce fut le cas pour la Covid, des ruptures technologiques sont indispensables. Des programmes de recherche mondiaux doivent être lancés, que ce soit pour l’énergie ou la captation du carbone. Des règles pour la diffusion des brevets doivent être également prévues.

    La lutte contre le réchauffement climatique ne pourra pas se faire contre les peuples

    La transition énergétique est également un défi pour les démocraties, d’où le nom de bataille climatique. Pour la première fois, de manière réglementaire, les gouvernements décident de substituer aux énergies fossiles des énergies renouvelables ou décarbonées. Ils entendent changer les comportements des producteurs et des consommateurs. En soi, cette intrusion sans précédent dans la vie économique met en cause la liberté individuelle et la liberté d’entreprendre telles qu’elles sont reconnues et appliquées depuis plus de deux siècles. La lutte contre le réchauffement climatique ne pourra pas se faire contre les peuples. Elle suppose leur adhésion et surtout leur participation. L’une et l’autre sont nécessaires pour donner tort à Pascal Bruckner qui dans son essai « Le sacre des pantoufles » écrit : « les deux idéologies dominantes de l’Occident de nos jours, déclinisme d’un côté, catastrophisme de l’autre ». 

     

  • Des macronistes s’associent à la gauche pour défendre la régularisation des travailleurs sans papiers

    Des macronistes s’associent à la gauche pour défendre la régularisation des travailleurs sans papiers

    Une initiative rare réunit l’aile gauche de la majorité et plusieurs personnalités de la gauche en soutien à la régularisation des travailleurs sans papiers dans les métiers en tension, promise par le gouvernement mais aujourd’hui en danger.

    Le défaut de majorité absolue pour le camp présidentiel oblige, depuis maintenant plus d’un an, à des compromis avec les oppositions. Une cinquantaine de textes ont ainsi été adoptés, avec le soutien tantôt de la droite — relance du nucléaire —, tantôt de la gauche — développement des énergies renouvelables. Parfois, le gouvernement a été contraint de recourir à l’article 49.3 de la Constitution, pour les budgets et la réforme des retraites.

    Le combat sera d’autant plus délicat pour le projet de loi immigration à venir, débattu au Sénat à partir de début novembre. La droite, qui règne sur la chambre haute et est déterminante à l’Assemblée nationale, pose ses conditions, refusant notamment la régularisation des travailleurs sans papiers. Or c’est précisément les voix des Républicains que lorgne l’exécutif, Elisabeth Borne et Gérald Darmanin en tête.

    Les LR s’opposent fortement à la régularisation des travailleurs des métiers en tension, pourtant promise par le ministre de l’Intérieur lui-même il y a déjà plus d’un an. Il y est toujours favorable, mais pourrait être tenté d’exclure la mesure du projet de loi, pour la faire passer par voie réglementaire, afin de se garantir le soutien de la droite.

    Pour faire pression, l’aile gauche de la majorité s’est associée à une partie de la NUPES pour réaffirmer son soutien à cette mesure, qui doit, selon eux, être concrétisée et incluse dans la loi.

    La contre-offensive réunit, dans une tribune publiée dans le quotidien Libération du 12 septembre, entre autres, le président Renaissance de la commission des Lois Sacha Houlié, le leader communiste Fabien Roussel, la sénatrice socialiste Marie-Pierre de la Gontrie et la sénatrice Mélanie Vogel, co-présidente du Parti vert européen.

    Parmi les groupes représentés : Renaissance, le Modem, Europe Ecologie-Les Verts, le Parti socialiste, le Parti communiste français et des indépendants de LIOT. Signe des divergences dans la majorité, il n’y a aucune trace des parlementaires Horizons, représentants de l’aile droite. La France insoumise n’a pas non plus pris part à l’initiative.

    « Sortir de l’hypocrisie »

    Les signataires demandent au gouvernement de prendre trois mesures « pour l’accès des personnes étrangères au travail ». D’abord, la mesure phare est la régularisation – octroi d’un titre de séjour – des étrangers irréguliers déjà en poste « dans les secteurs en tension », à savoir « le BTP, l’hôtellerie-restauration, la propreté, la manutention, l’aide à la personne ».

    « Ces travailleurs sans papiers contribuent à l’économie et à la vie sociale de notre pays. Sans eux, ces secteurs et des pans entiers de notre pays ne pourraient fonctionner », rappellent-ils.

    Ils souhaitent aussi « rétablir le droit au travail pour les demandeurs d’asile », aujourd’hui soumis à « un délai d’attente de six mois avant de pouvoir demander une autorisation de travail ». Cette règle nuit autant à leur autonomie qu’à leur intégration, jugent les députés.

    Troisièmement, « la situation d’embolie des préfectures », qui ne pouvant répondre dans les temps à toutes les demandes, « conduit à fabriquer chaque jour de nouveaux sans papiers ». Ainsi, les élus demandent que soit fixé « un délai maximal à l’administration pour accorder un rendez-vous ».

    Sacha Houlié, l’un des instigateurs de l’initiative, défend la nécessité de « sortir de l’hypocrisie », mardi sur France inter. Selon le député, des parlementaires Les Républicains demandent en douce des régularisations au gouvernement dans leurs circonscriptions, alors qu’à Paris, dans l’hémicycle, ils s’y opposent. Les entreprises, premières concernées par les tensions sur le marché du travail, y sont également favorables.

    travailleurs sans papiers Sacha Houlié, l’un des instigateurs de l’initiative, défend la nécessité de « sortir de l’hypocrisie » en régularisant les travailleurs sans papiers. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

    Un examen délicat et un possible 49.3

    Le projet de loi, porté par Gérald Darmanin, doit être examiné à partir de début novembre au Sénat, avant de passer à l’Assemblée nationale au début de l’année 2024.

    Il n’est pas exclu que, faute de majorité, le gouvernement soit contraint de recourir une nouvelle fois à l’article 49.3 pour faire adopter le texte sans vote. En effet, la droite demande non seulement de faire une croix sur les régularisations, mais également de permettre de déroger à la législation européenne en matière d’immigration. Ce que le ministre de l’Intérieur qualifiait en mai dernier de « Frexit migratoire ».

    Pour éviter l’adoption sans vote, le gouvernement doit s’assurer de l’abstention d’élus de gauche — qui ne voteront pas en faveur en raison du durcissement des expulsions —, sur le vote favorable de quelques députés de droite et des indépendants de LIOT. À condition, avant tout, que la majorité elle-même ne se fracture pas.

● Radio en direct
En pause