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  • «Faire sauter la banque»

    Les clients des banques sont avant tout des clients et doivent être traités comme tels.

    Gros temps sur les banques. Les établissements n’en finissent plus d’annoncer des suppressions de postes. Ainsi HSBC a entrepris de se séparer de 7 % de ses effectifs mondiaux. Il est à craindre que nous n’en soyons qu’au début d’un long toboggan.

    N26 et Revolut, les néo-banques allemande et anglaise, pourraient faire passer Boursorama et ING Direct, nées au siècle dernier, pour des dinosaures à l’ère du numérique. Ces dernières dominent néanmoins toujours, en France, le classement des banques en ligne selon Culture Banque. On ne compte plus les nouvelles enseignes apparues ces dernières années : Orange Bank, Compte Nickel, Hello Bank, Ma French Bank, etc.

    Les banques de détail historiques se doivent de se réinventer face à des consommateurs hyper-connectés ayant généré de nouveaux liens de proximité que seuls les guichets et les conseillers particuliers ne peuvent désormais établir. Exit les «banques à l’ancienne» pour reprendre les mots de Benoît Legrand, directeur de l’innovation d’ING dans son essai désormais prophétique Changeons la banque ! Plaidoyer pour une banque qui rend plus autonome paru en 2015 aux éditions du Cherche Midi. L’auteur y pointe un secteur bancaire où l’immobilisme et l’opacité sont des remparts au changement.

    Le monde a changé. Indépendant, expert et versatile, le consommateur souhaite «jouer» / «jongler» avec ses comptes bancaires comme il le fait avec n’importe quelle application disponible dans la télécommande de vie qu’est devenu son smartphone. Simplicité, fluidité, réactivité et instantanéité en sont là aussi les maîtres mots. La prime va à l’efficacité.

    Pour en avoir fait l’expérience, un compte dans une néo-banque s’ouvre en moins de dix minutes, chrono en main. Les professionnelles ne sont pas en reste avec une facilité tout aussi déconcertante sur des services tels que Qonto. Moins chères et perçues plus à l’écoute, les banques en ligne sont plébiscitées. Bankin, un agrégateur de comptes bancaires, a mené une large enquête auprès de consommateurs particulièrement avertis puisqu’ils en sont ses utilisateurs pour en établir le classement. En matière de frais bancaire et de satisfaction, la première des banques traditionnelles pointe le bout de son nez en dixième position sur une cinquantaine d’enseignes testées.

    De plus, les clients des banques traditionnelles ne veulent plus être pris pour des enfants. A quoi bon se faire réprimander par son conseiller pour un découvert que les deux savent pourtant très rémunérateur pour l’établissement bancaire ? A quoi bon faire appel à ce dernier pour un service informatique qui peut désormais être opéré directement ? Difficile dès lors pour un banquier de pas apparaître comme le représentant d’un dispositif processé. La relation avec ses clients s’en trouve dès lors affectée, voire tendue.

    C’est aussi une des raisons du succès du Compte Nickel, créé en 2012, qui revendique près de 1,5 million de comptes. Lesquels ont la particularité d’avoir été ouverts en ligne ou dans un débit de tabac. Car l’ambition initiale de son fondateur, Hugues Le Bret, était de «réparer une injustice de l’exclusion bancaire.» Sans service bancaire de base permettant de régler des dépenses courantes et de percevoir la moindre rémunération, le risque de déclassement social est inévitable. Ainsi les clients de ce compte sans banque «peuvent reprendre le contrôle» leur permettant «de savoir où ils en sont et de sécuriser leurs moyens de paiement». De fait, il y a un manque à gagner pour les banques traditionnelles dont les clients les plus fortunés et les plus pauvres contribuent le plus à leurs marges.

    Et ce n’est pas un hasard si une banque héritière du Comptoir national d’escompte de Paris et du Comptoir d’escompte de Mulhouse, créés en 1848, BNP Paribas, a acheté cette pépite de la technologie financière. Ainsi elle peut améliorer sa courbe d’apprentissage et développer la connaissance de ses anciens / nouveaux clients alors même qu’elle avait lancé sa propre banque en ligne, Hello bank, dont l’accueil a été mitigé. De fait, les banques traditionnelles sont contraintes de revoir leurs structures de coûts fixes.

    Résistance. Et gare à ceux qui voudraient faire de la résistance en tentant de construire des lignes Maginot. Certaines entreprises et administrations pensaient pouvoir imposer d’avoir un compte bancaire établi en France pour s’acquitter de ses factures. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCCRF) et le Centre européen des consommateurs France (CEC) leur ont clairement rappelé en septembre par la publication d’un communiqué commun que les consommateurs sont libres d’utiliser au quotidien un compte bancaire européen. Bienvenue donc aux IBAN commençant par «GB» et «DE».

    S’il se sent captif de sa banque, le client s’en détournera tôt ou tard. Charges aux banques de favoriser la liberté d’entreprendre et de consommer. Elles sont assises sur des mines de données dont l’exploitation ne pourra que renforcer la qualité des services qu’elles entendent rendre et ainsi remplir parfaitement leur fonction de tiers de confiance.

    David Lacombled est président de La Villa numeris.

  • Xavier Dupont de Ligonnès, retour sur un emballement médiatique

    « A la suite des tests réalisés,il a été déterminé que l’homme arrêté n’était pas Xavier Dupont de Ligonnès » – Police écossaise

    Des tests ont démontré que l’homme interpellé vendredi à l’aéroport de Glasgow n’est pas Xavier Dupont de Ligonnès, suspecté d’avoir assassiné sa famille et recherché depuis avril 2011, a annoncé samedi la police écossaise, laissant entier le mystère entourant cette affaire hors norme. « A la suite des tests réalisés (pour confirmer son identité), il a été déterminé que l’homme arrêté (vendredi) n’était pas l’homme » recherché par les autorités françaises et il a donc été remis en liberté, peut-on lire dans un communiqué de la police écossaise.

    Ce dernier rebondissement vient s’ajouter aux nombreuses fausses pistes auxquelles se sont heurtés les enquêteurs tout au long de huit années d’investigations pour tenter de déterminer le sort de ce père de famille soupçonné d’avoir tué sa femme et leurs quatre enfants à Nantes (Loire-Atlantique). Visé par un mandat d’arrêt international, l’homme d’aujourd’hui 58 ans est introuvable depuis le 15 avril 2011.

    Une issue à cette affaire, objet de plusieurs livres et documentaires, semblait pourtant s’esquisser après l’arrestation vendredi d’un homme à la descente d’un avion sur le tarmac de l’aéroport de Glasgow, en Ecosse.

    Sur la base d’empreintes digitales, il a pendant plusieurs heures été soupçonné d’être le principal suspect de la tuerie de Nantes, dont le visage s’affichait en une de plusieurs quotidiens français ce samedi, tandis que ce coup de théâtre présumé bousculait la programmation des chaînes d’information.

    Le doute n’a cessé de grandir dans la matinée, alimenté par les témoignages des voisins de l’homme interpellé, un retraité habitant à Limay dans les Yvelines. Les empreintes digitales relevées sur cette personne ne correspondent que très partiellement à celles de Xavier Dupont de Ligonnès, seulement cinq points sur 13 étant identiques, a dans un premier temps rapporté BFM TV. L’âge de la personne et son physique ont encore renforcé les interrogations. Des tests ADN l’ont finalement mise hors de cause, avait précisé une source policière française.

    « Je reste prudent. Des enquêteurs partent en Ecosse ce matin avec des éléments d’identification » – Pierre Sennès – Procureur de Nantes

    RECHERCHÉ DEPUIS PLUS DE HUIT ANS

    Dans un entretien accordé à Ouest-France, le procureur de Nantes avait réitéré ce samedi son appel à la prudence. « Je reste prudent. Des enquêteurs partent en Ecosse ce matin avec des éléments d’identification », avait déclaré Pierre Sennès au quotidien régional. « Il convient d’attendre le résultat de cette investigation demandée par le juge d’instruction pour avoir des certitudes ».

    Xavier Dupont de Ligonnès a été repéré pour la dernière fois en 2011 aux abords d’un hôtel de Roquebrune-sur-Argens (Var). En proie à des problèmes d’argent, Il avait acheté un silencieux et des munitions qui semblent avoir servi au crime. Il s’était inscrit à un club de tir peu avant le quintuple meurtre. Il mentait sur ses activités professionnelles, se disait ruiné et envisageait de supprimer sa famille plus d’un an avant les faits, dans un courriel adressé en janvier 2010 à sa maîtresse, retrouvé par la police. Au long de ses huit années et demie d’incertitudes, l’enquête a oscillé entre les pistes d’un suicide ou d’une fuite, tentant d’exploiter des centaines de signalements.

    Autopsie d’une affaire médiatique

    Tout commence, peu après 20h30 donc, ce vendredi, Le Parisien annonce que, selon « ses informations », Xavier Dupont de Ligonnès a été arrêté à Glasgow. La nouvelle est exceptionnelle, l’affaire étant l’une des plus grandes énigmes criminelles de ces dernières décennies en France. Ce coup de théâtre enflamme donc les rédactions, qui s’activent pour confirmer son arrestation. A 21h01, l’AFP, qui est liée par contrat à la plupart des médias d’information dont L’Express, confirme l’info en citant une « source proche de l’enquête ». D’où sa reprise à la Une de nombreux sites, radios, télés, et quotidiens papiers alors en plein bouclage pour leur publication du lendemain matin.

    Au total, l’Agence dispose de quatre sources policières françaises différentes, comme elle le révèle ce samedi. D’après ces contacts, « selon la police écossaise » les empreintes digitales de l’homme interpellé à Glasgow « correspondent » à celles du suspect numéro 1 du quintuple assassinat de Nantes. Il n’y a donc pas de conditionnel dans ce que rapportent les Ecossais à leurs collègues français. Les enquêteurs, prudents, attendent cependant « les comparaisons ADN pour être complètement certains », selon ces sources.

    Peu après 23h, la police écossaise, sollicitée par le bureau de l’AFP à Londres, indique dans un communiqué transmis à l’Agence : « Un homme a été arrêté à l’aéroport de Glasgow et demeure en garde à vue à la suite d’un mandat d’arrêt européen émis par les autorités françaises ». « L’enquête se poursuit pour confirmer son identité ». C’est la seule communication officielle de la police écossaise à ce stade. Par ailleurs, une autre source souligne auprès de l’AFP que l’homme voyageait avec un passeport volé en 2014. Sur celui-ci figure le nom de Joao Guillaume, résident à Limay (Yvelines), dont le pavillon est perquisitionné. De nombreux journalistes se rendent alors sur les lieux, bien qu’à cet instant, une première réserve est officiellement émise: le procureur de Nantes Pierre Sennès appelle, auprès de l’AFP, à la « prudence ».

    Aucune explication sur l’origine de l’erreur

    Les enquêteurs « vont donc faire des vérifications en Ecosse auprès de la personne » arrêtée « pour s’assurer que c’est bien Xavier Dupont de Ligonnès », indique le procureur. « Donc il convient, en l’attente de ces vérifications, d’être prudent (…) Il y a une suspicion sur les empreintes, mais c’est en cours de vérification, en cours de confirmation ». Tôt samedi matin, les voisins et amis de Joao Guillaume, expriment de forts doutes sur un lien possible avec le fugitif. Trop connu à Limay, trop impliqué chez Renault où il travaillait, trop rond de visage, trop vieux et surtout trop différent puisqu’il lui manque un doigt, pour être l’homme recherché.

    Parallèlement, les sources policières de la veille expriment aussi leur doute sur la correspondance des empreintes et sur l’identité de l’homme interpellé. L’AFP fait état de ce doute peu avant 11h, ce samedi. Enfin, à 12h55, elle annonce que l’individu arrêté à Glasgow n’est pas Xavier Dupont de Ligonnès après un test ADN, en citant une source proche de l’enquête. A ce stade, les sources françaises ou écossaises citées n’ont fourni aucune explication sur l’origine de l’erreur.

    De son côté, Le Parisien a présenté samedi ses excuses à « la famille des victimes » et à la personne interpellée à tort en Ecosse. Par la voix de Stéphane Albouy, directeur des rédactions, le quotidien exprime aussi pour l’ensemble de ses lecteurs, ses « plus sincères regrets d’avoir rendu publique une information qui s’est révélée être erronée ». Pour sortir ce qui s’apparentait à un immense scoop, sa rédaction s’était appuyée sur cinq sources judiciaires françaises, « à différentes strates de hiérarchie, autant centrales que régionales. C’était à un très haut niveau de vérification ». A l’évidence, pas suffisant.

  • America ! les traces françaises en Amérique #5 La Nouvelle-Orléans

    En dehors des villes du Québec, la Nouvelle-Orléans est sans nul doute la ville d’Amérique du nord la plus marquée par la présence française.

    Philippe d’Orléans, régent de France qui donna son nom à la ville

    Nommée ainsi en 1718 par les colons français en hommage au Régent, duc d’Orléans, la ville eu un rôle crucial dans la naissance de la nation américaine.

    Vendue, avec le reste de la Louisiane, en 1803 par Bonaparte, elle se modernisa, s’enrichit considérablement, avant, dans la seconde moitié du XXème siècle, de voir sa population se paupériser. L’ouragan Katrina en 2005, détruisit une part très importante de la ville et engendra le départ d’un tiers de la population. Un traumatisme toujours vivace aujourd’hui.

    Le jazz, le blues, la culture créole

    Lieu mythique de la musique afro-américaine, en particulier le jazz et le blues, la Nouvelle-Orléans est aussi un haut lieu de la musique créole.

    Le quartier français de la Nouvelle-Orléans

    La culture française et francophone n’est pas en reste : à travers le légendaire quartier français, via des institutions comme le Conseil pour le développement du Français en Louisiane , avec le Lycée français, le consulat, l’alliance française

    Grand port, lieu majeur du secteur des croisières et de l’industrie pétrolière, la Nouvelle-Orléans n’en demeure pas moins une ville pauvre, éloignée des grands centres économiques américains. Elle est cependant riche de sa culture pluri-centenaire. Ville légendaire de la culture vaudou, narré également dans autant en emporte le vent, un tramway nommé désir …. La Nouvelle-Orléans est aussi un haut lieu de la gastronomie cajun et créole.

    La vie et l’histoire de la Nouvelle-Orléans ne furent ainsi pas un long fleuve tranquille, à l’image du Mississipi qui joue et a toujours joué une importance majeure pour la ville. Cela contribue sans doute, aussi, à son caractère unique au sein des métropoles américaines et à son charme si particulier.

  • France, championne du monde de la fiscalité

    «Ubi fiscus, ibi imperium», «où est l’impôt, là est le pouvoir», vieux principe de l’antiquité tardive. La France, un des plus anciens Etats de la planète, suit la règle plus qu’aucun autre. Les Français de l’étranger en sont les mieux et les moins bien informés. 

    Les mieux informés, parce qu’en comparant la fiscalité de leur pays de résidence avec celle de la France, ils ont de grande chances de constater ce que répètent les enquêtes internationales: la France est championne du monde de la fiscalité.

    36ème sur 36

    LaTax Fondationla classe 36èmesur 36 parmi les pays développés de l’OCDE. Elle a les impôts les plus élevés pour l’impôt sur les sociétés (35ème) et sur le revenu (35ème). Les taxes foncières les plus élevées, plus un impôt sur la patrimoine immobilier (IFI), un impôt sur le transactions financières, un impôt assez lourd sur les successions. C’est aussi et surtout le pays qui a une des fiscalités les plus complexes, la plus incertaine quant à la jurisprudence, et la plus changeante. Les entreprises françaises paieraient 35 milliards d’impôts de production de plus que les entreprises allemandes. Autant de handicaps par rapport à leurs concurrentes, autant de moins pour leurs marges, leurs clients, leurs salariés, leurs actionnaires, leurs investissements. Les pertes de l’emploi industriel seraient, en partie, là.

    Cette situation de la France par rapport à quasiment tous les pays du monde, fait que certains en France, notamment parmi les parlementaires, considèrent que ceux qui vivent à l’étranger sont favorisés. Ou plutôt, le mot est lâché: «privilégiés». Un récent rapport parlementaire fourmille donc de propositions ingénieuses pour mettre fin à ces «abus». «Ubi fiscus, ibi imperium» n’est ce pas?

    Les Français de l’étranger privilégiés? Une stupidité

    Aujourd’hui, les Français de l’étranger sont un brouillard absolu. Selon qu’ils vivent en Europe ou hors d’Europe, ils paieront, ou non, une CSG qui ne leur apporte aucun droit ni service. Selon les conventions fiscales en vigueur, dont beaucoup sont en train d’être renégociées, ils paieront ou  non, sur leurs retraites, différemment selon leur origine, privée ou publique. Compte tenu du nouvel impôt forfaitaire, ils risquent de toute façon de payer, dés le premier euro, une taxe d’au moins 20%.

    Rien n’est tout à fait clair. Beaucoup espèrent encore que le régime voté sera amendé lors de cette session. Comme les élections consulaires approchent, le gouvernement pourrait être sensible. Ou non. Tant certains sont convaincus que les Français de l’étranger sont vraiment des privilégiés. Et que de toute façon, le privilège d’être français se paie. De là à en faire une punition, c’est peindre le patriotisme aux couleurs du fisc. «Ubi fiscus, etc…»

    Aligner la fiscalité française sur celle des autres  

    La bonne réflexion eut été non d’exporter le pire de ce que nous avons,  le maivais génie d’une fiscalité débordante mais plutôt d’importer les bons exemples de modération fiscale de nos voisins. Peut-on considérer qu’Estonie, Irlande, Canada, Israël, Etats-Unis, Portugal, Luxembourg, Nouvelle-Zélande, Hongrie, Suède, Finlande, Slovaquie … sont tous des paradis fiscaux?

    Ne serait-ce pas la France qui s’isolerait dans un abus fiscal improductif? Pourquoi la France ne chercherait-t-elle pas à imiter les autres pays? Loin de s’aligner sur les pays voisins, le gouvernement vient de repousser le schéma prévu initialement par Francois Hollande (et son ministre d’alors, Emmanuel Macron), celui d’une baisse progressive de l’impôt sur les sociétés pour diminuer l’écart avec les pays voisins. Mauvais choix, mauvais signe.

    Plutôt que de vouloir aligner les Français de l’étranger (qui paient déjà des impôts dans leur pays de résidence) sur les Français de l’intérieur, le bon sens voudrait que l’on aligne la France sur la taxation moyenne des  autres pays, ce que recommande l’Ocde.

    L’impôt juste et justifié

    Considérer les Français de l’étranger comme des privilégiés est une injustice, en plus d’une stupidité. La plupart conservent un bien en France, ou tentent de le constituer. Ils ont de la famille. Ils organisent leur vie entre la France et leur pays de résidence. Ils paient des impôts. Ils sont des vecteurs de développement, de croissance, d’influence de la France. Si certains ont choisi de partir pour de raisons fiscales, (une minorité) peut-être faut-il aussi s’interroger sur cette anomalie qu’est leur départ.

    Comme s’il fallait les punir! Et tous les autres en prime! L’État n’existerait plus que par cela: l’impôt? Ce serait une perversion: l’impôt est une contribution des citoyens au fonctionnement de la communauté. Il doit être juste, et justifié. L’état de droit suppose un Etat soumis au droit, pas un Etat qui modifie les règles, dans l’incertitude la plus totale, cherchant  à maximiser ses profits, parant son avidité d’un pitoyable discours moralisateur.

    Le gouvernement fait fausse route. Quelqu’un, au Parlement, aura-t-il la bonté de le lui expliquer, et la chance de se faire entendre? Il rendrait service à ses concitoyens, à son pays, et même à ses électeurs.

  • Dans l’impasse, Bruxelles refuse toute réforme de sa politique commerciale

    Alors que Bruxelles refuse de revoir en profondeur sa politique commerciale, elle n’a pour alternative que de subir une stratégie de confrontation commerciale avec Donald Trump, ou la Chine, sans être armée, estime Maxime Combes.

    Maxime Combes est économiste, porte-parole d’Attac et auteur de Sortons de l’âge des fossiles !.

    Présentée comme un « sans-faute » par le social-démocrate Bernd Lange, l’audition du commissaire désigné au commerce Phil Hogan le 30 septembre dernier par le Parlement européen, a donné le ton. Toute réforme d’ampleur de la politique commerciale européenne est écartée. Sous le précédent mandat, le désormais ex-Commissaire à l’agriculture a d’ailleurs toujours travaillé main dans la main avec Cécilia Malmstrom pour augmenter les quotas d’importation réservés au bœuf américain, finaliser le très discutable accord avec le Japon ou encore soutenir le très décrié accord avec le Mercosur.

    Prisonnier du jeu de Donald Trump

    Alors que Donald Trump ne cesse de menacer de relever les droits de douane sur les exportations européennes – que ce soit autorisé par l’OMC ou non – Phil Hogan affirme qu’il « fera de [son] mieux pour persuader les États-Unis d’œuvrer en faveur d’un partenariat positif, équilibré et plus mutuellement bénéfique ». Déjà, en juillet 2018, Jean-Claude Juncker avait accepté d’augmenter les importations de soja et de gaz naturel liquéfié pour tenter d’amadouer Trump. Sans succès : ces importations ont explosé – respectivement + 121 % et + 272 % – mais Trump n’a pas changé de stratégie.

    Pour écarter temporairement la menace d’une augmentation unilatérale des droits de douane sur l’automobile européenne, Bruxelles avait également consenti au printemps dernier à ouvrir des négociations commerciales sectorielles. A chaque fois, Bruxelles se soumet aux desiderata de Trump et/ou, attendant patiemment que les Etats-Unis reviennent dans le jeu commercial traditionnel, se lie les mains tant que Trump n’y consentira pas.

    Dépendance envers les dirigeants chinois

    Face à la Chine, dont la puissance ne cesse de s’affirmer, Hogan promet de « rééquilibrer les relations commerciales », faisant sienne la demande de Macron et Merkel en faveur d’un multilatéralisme « plus équilibré ». S’adressant tout particulièrement à l’opinion publique française, Hogan prétend qu’il n’hésitera pas à « utiliser les instruments de défense commerciale » qui, théoriquement, permettent d’empêcher les entreprises chinoises de se positionner sur des appels d’offres publics en Europe si Pékin n’ouvre pas ses marchés aux entreprises européennes.

    Si désireux d’obtenir un accord d’investissement protégeant les investisseurs européens en Chine, les décideurs politiques européens sont devenus dépendants du bon vouloir de leurs homologues chinois. La forte dépendance de l’industrie européenne, notamment allemande, à la demande chinoise et la volonté d’attirer des investisseurs chinois pour d’autres privent également l’UE d’une voix commune face à l’affirmation de la puissance chinoise autour des « nouvelles routes de la soie » dans plusieurs pays européens (Grèce, Italie etc).

    Une doctrine commerciale dépassée ?

    Continuellement « ouvrir des marchés » reste l’horizon indépassable de la politique commerciale européenne. Hogan affirme vouloir « tirer tous les avantages des accords déjà conclus » et « mener à leur terme les négociations en cours » (Australie, Nouvelle-Zélande, etc) ainsi que celles sur le commerce électronique au sein de l’OMC. Quant au continent africain, il doit devenir « une priorité encore plus grande ».

    C’est la stricte réitération de la doctrine commerciale imaginée en pleine période de la globalisation triomphante : lever les barrières tarifaires et non tarifaires au commerce, gagner de nouveaux marchés, donner de nouvelles protections aux investisseurs, capter et sécuriser les approvisionnements en ressources naturelles stratégiques. Qu’importe que le monde ait changé et que la crise écologique se soit aggravée.

    Et le climat ?

    « Nous le faisons déjà». Telle est la réponse de Hogan à ceux qui le questionnent sur la prise en compte du développement durable ou du climat. Comme si les critiques envers les accords UE-Mercosur, CETA etc pouvaient être balayées d’un revers de la main. S’il affirme vouloir contribuer à « l’élaboration et à l’instauration d’une taxe carbone aux frontières », c’est en précisant tout de suite que sa mise en œuvre doit être « totalement conforme aux règles de l’OMC ». Ce qui revient à strictement conditionner les politiques de « protection » au respect des règles du commerce international plutôt que rénover ces dernières – et la politique commerciale de l’UE – à l’aune de la crise écologique.

    Quand il est poussé dans ses retranchements, Hogan renvoie toute évolution – y compris la prise en compte des objectifs onusiens du développement durable – à la très hypothétique réforme de l’OMC. Alors que l’opinion publique a désormais majoritairement basculé dans de nombreux pays contre la multiplication de ces accords de commerce, pourquoi l’UE ne pourrait-elle pas déjà transformer sa propre politique commerciale, quitte à désobéir aux vieilles règles de l’OMC ?

    Erreur de diagnostic et manque d’ambition coupable

    Phil Hogan propose de se contenter de minuscules ajustements. Comme si Trump était un accident malheureux, mais provisoire, comme si la Chine allait bien finir par rentrer dans le rang, comme si Bruxelles pouvait continuer à dépendre des décisions prises à Pékin et Washington. Comme si les critiques envers les accords de commerce et d’investissement étaient marginales et passagères. Comme si la crise écologique n’imposait pas de changement de logique.

    C’est une erreur de diagnostic qui porte en germe de graves conséquences : en refusant d’ouvrir la porte à une alternative, Bruxelles ne peut que nourrir les replis identitaires et conservateurs qu’elle prétend combattre.

  • Recalage de Sylvie Goulard: Macron tire le mauvais numéro

    Le Parlement européen à Strasbourg

    « Coup de tonnerre » pour les journalistes Valéry Lerouge et François Beaudonnet, « prix nobel de la loose » pour François-Xavier Bourmaud du Figaro, « terrible humiliation » pour le Sénateur LR Bruno Retailleau, preuve d’arrogance de la part du Président pour Yannick Jadot (EELV) et Raphael Glucksmann (groupe socialistes et démocrates), le recalage par le Parlement européen de la candidate française à la Commission européenne est, selon Marine Le Pen, un « désaveu cinglant » pour le Président de la République.

    Ce n’est pas peu dire que la scène politico-médiatique française et européenne s’est gaussé de cette décision, historique en ce qui concerne un candidat français, de rejetter Sylvie Goulard au poste important de Commissaire au Marché intérieur, à l’Industrie au Numérique, à la Défense et à l’Espace.

    « Votre candidature nous pose un vrai problème éthique » – Dita Charanzova (députée tchèque du même groupe que les élus Renaissance-LREM

    Un manque de transparence mis en avant par les détracteurs du Président

    Accusée de conflits d’intérêts lors de son mandat de parlementaire européen alors qu’elle combinait ce poste avec une fonction, floue, dans un think tank financé par un milliardaire américain, Sylvie Goulard subit surtout les accusations d’emploi fictif qui payent sur elle et son parti le MoDEM.

    Autres incertitudes: la capacité de Mme Goulard de couvrir un poste aussi large, et inédit au sein de la Commission. Les réponses évasives de l’ancienne ministre sur plusieurs sujets de son portfolio et sur sa démission éventuelle en cas de mise en examen ont, semble-t-il, achevé de convaincre le PPE (droite), les verts et la gauche radicale à s’opposer à cette nomination.

    « Votre candidature nous pose un vrai problème éthique » selon la députée tchèque Dita Charanzova. Députée de la même formation, Renew Europe, que Mme Goulard et dont le propre Premier Ministre est cependant lui même l’objet d’enquêtes de la part du parquet financier européen.

    Le député des Français du Benelux au secours de Mme Goulard

    Le député des Français du Benelux Anglade

    Egalement issu de ces rangs, d’abords chez les libéraux tchèques comme assistant parlementaire, puis dans l’entourage de Mme Goulard, le député des Français du Benelux Pieyre-Alexandre Anglade s’évertue, lui, à défendre sa championne, parlant depuis cet échec de la candidate de défaite pour l’Europe, d’un jeu politique pour destabiliser la Commission européenne, d’une offensive des conservateurs qui refuseraient de voir leur position dominante être mise en question.

    Un positionnement qui interpelle cependant: la présidente de la Commission Mme von der Leyen est elle même issue des rangs conservateurs, la proposition de nommer Mme Goulard s’est faite de concert avec le Président Macron et d’autres formations politiques, verts et de gauche radicale notamment, ont également voté contre la nomination de Mme Goulard. En sus, il est connu de tous à Bruxelles que le jeune député doit beaucoup à Mme Goulard, elle fût d’une aide précieuse pour obtenir son investiture « En Marche » aux législatives en 2017.

    Pour notre nation, il est temps de se demander si la présidence a fait preuve d’arrogance  et/ou de naïveté à une époque où la transparence est un sujet majeur, sinon indispensable?

  • Le député Petit, élu des Français d’Europe centrale, reste indépendant au sein de la majorité présidentielle

    Frédéric Petit, député de la 7ème circonscription des Français établis hors de France (l’Europe centrale et orientale dont l’Allemagne, les Balkans, la Pologne, la République Tchèque), élu MODEM et membre de la majorité présidentielle, nous a accordé un long entretien, franc et sans concession.  La réforme des institutions, politique européenne, l’assemblée des français de l’étranger

    « il y a trop d’assemblées consultatives  »  – Frédéric Petit 

    M. Petit, qui a participé à la semaine de l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger), souligne que certains de ses collègues n’ont pas saisi l’utilité de cette instance et de ses membres, comme dans le cadre du débat national où ils ont été actifs mais finalement peu écoutés par Paris.  Alors que ces élus de proximité sont  d’un grand avantage à ses yeux,  l ’AFE  crée  « de la compétence citoyenne, des personnes qui travaillent et qui apportent un témoignage mais ne sont pas forcément dans la revendication mais deviennent des spécialistes. Il s’agit de gens très compétents. »

    Pour M. Petit cependant, « il y a trop d’assemblées consultatives mais il est intéressant de voir des citoyens engagés. Il serait utile d’avoir des représentations moins éclatées. Mais l’idée d’avoir des corps intermédiaires de citoyens qui deviennent des spécialistes est une bonne chose ». Une manière de légitimer une assemblée, l’AFE, qui est parfois dénigrée par d’autres élus nationaux.

    Les élus consulaires, un rôle flou à Paris mais un atout pour les Français résidant à l’étranger

    Sur la loi de 2013, qui réforme les instances des Français hors de France, M. Petit souhaite une évolution, en particulier sur les conseillers consulaires qui ne sont pas définis dans le texte, « et leur rôle est flou malheureusement pour eux et pour nos compatriotes à l’étranger« . Il souhaite  travailler à des circonscriptions avec 3 à 6 conseillers pour plus de cohérence. Aussi il regrette qu’aucune pédagogie n’est été mise en place sur le mandat de conseiller consulaire et celui-ci n’est, donc, pas toujours compris du citoyen. Alors que pour Frédéric Petit, ils ont « un regard affuté et exigeant sur qu’est-ce que souhaitent nos citoyens de la circonscription« .

    Une opposition farouche au projet de réforme institutionnelle

    « je suis plus que réservé – et c’est un euphémisme – concernant la circonscription monde, je suis pour la réduction du nombre de députés mais contre la circonscription monde »

    Les 11 députés des Français à l’étranger

    Sur la possibilité d’une réforme institutionnelle, et en particulier au passage à une circonscription unique pour le monde lors de l’élection des députés des Français résidents hors de France, M. Petit est catégorique:  « je suis plus que réservé – et c’est un euphémisme – concernant la circonscription monde, je suis pour la réduction du nombre de députés mais contre la circonscription monde, pour une dose de proportionnelle à l’assemblée nationale globale mais cela doit rester des circonscriptions, je suis un bon député parce que j’y habite, nous éloignerions les gens, on perdrait le lien fort qu’on est en train de construire« . Une position qui va donc à l’encontre des annonces de la majorité concernant cette réforme importante annoncée du quinquennat.

    « Je suis un bon député parce que j’y habite » – Frédéric Petit 

    Une circonscription diverse avec des enjeux majeurs

    Emmanuel Macron et Andrej Babis

    Concernant sa circonscription, M. le député a beaucoup à dire et notamment sur la Pologne qu’il connait particulièrement bien pour y avoir résidé plus de 20 ans. Sur le parti au pouvoir, le « PiS », il est assez sévère: « Pour exister, le PiS a besoin de créer du clivage et n’hésite pas, pour cela, à jouer sur les peurs anciennes – celle du communisme – et à désigner de nouveaux boucs émissaires, notamment l’Europe accusée de vouloir imposer sa vision libérale. Il doit cependant composer avec une société polonaise profondément européenne ».

    Concernant la stratégie européenne à adopter, le député Petit se positionne pour la création d’un nouveau groupe centriste au Parlement européen, il déplore que les représentants de la majorité, comme le M. Europe de la majorité, le député du Benelux Anglade, aient rencontré des partis locaux assez marginaux. Cela  a sans doute contribué à la déception relative lors de la  tentative de constitution d’un large groupe centriste au Parlement européen, faute d’appuis majeurs dans les urnes et donc parmi les élus européens.

    Le député Petit garde donc son indépendance, en tant qu’élu MODEM et ne s’aligne pas sur tous les sujets avec la majorité présidentielle. Engagé et expatrié depuis de longues années, il prône la proximité et la connexion avec le citoyen la plus directe.

     

  • Pourquoi le Parlement européen a rejeté la candidate française ?

    Les commissions parlementaires ont rejeté la candidature de Sylvie Goulard au Parlement européen, officiellement pour des motifs éthiques. Mais la droite notamment allemande envoie aussi un message de défiance à l’égard de Macron.

    3 heures d’audition, 50 pages de réponses écrites à des questions, puis de nouveau 1h30 d’explications orales n’auront pas suffi : la candidate Sylvie Goulard a été refusée par le Parlement européen, jeudi 10 octobre.

    Les députés de trois commissions parlementaires différentes, celle de l’industrie, du marché unique et de la culture, ont voté à 89 voix contre elle et 29 voix pour. Seulement 12 voix en dehors du parti Renew ont soutenu la candidate française, ce qui est un véritable camouflet pour la France.

    C’est la première fois que la candidate d’un grand pays est retoquée, et la première fois que la France voit son cheval renvoyé au bercail.

    Une Commission européenne sans majorité

    Les eurodéputés ont aussi pris la responsabilité de fragiliser l’équipe d’Ursula von der Leyen avec ce vote de défiance qui lui est aussi adressé : la faible majorité qu’elle avait obtenue en juillet dernier, avec seulement 9 voix d’avance, n’existe plus, puisque les élus de son propre parti n’ont pas soutenu sa propre candidate.

    Les critiques sur l’éthique sont principalement venus de ce parti, de droite, et d’ordinaire moins regardant sur les revenus confortables de ses différents élus. Au Parlement européen, on indique que « tous les groupes ont gardé en travers de la gorge le fait que les chefs d’Etat, et surtout Emmanuel Macron, aient refusé le système des Spitzenkandidaten, mais c’est surtout Manfred Weber qui a tenu à se venger « . Les principaux chefs du parti social-démocrates avaient en effet conclu un accord pour soutenir la Française, que les élus n’ont pas suivi si l’on en croit le résultat des votes.

    Défiance anti-Macron

    Candidat malheureux à la présidence de la Commission européenne, Manfred Weber aurait du metttre en place son équipe, ce que tous les eurodéputés allemands, y compris les Verts, défendaient. La droite a montré le plus d’animosité, voire d’agressivité à l’égard de la candidate française, quand bien même sur le fond le parti qui a le plus d’affinités politiques avec elle.

    Une erreur de communication a d’ailleurs montré à quel point la moutarde était montée au nez des élus PPE : dans un message interne partagé sur twitter, un membre de l’équipe de communication précisait « We are going to kill Goulard for the vote » (Nous allons la tuer lors du vote).

    L’Elysée a indiqué que sa candidate avait été victime d’ »un jeu politique qui touche la Commission européenne dans son ensemble », tentant de nier le fait que la défiance vienne de l’ensemble des partis politiques : les Verts, la gauche radicale, la gauche social-démocrate sont tout autant responsables de cette situation, et se sont réellement braqués pour des motifs éthiques, et sans doute politiques pour les Français.

    Les élus français du parti socialistes et de LR comme de France Insoumise ont en effet largement pris leur part dans ce jeu de massacre, ce qui risque aussi de compliquer les relations dans le futur entre l’exécutif et les représentants européens.

    La question cruciale qui se pose maintenant sera celle de sa remplaçante : le portefeuille est très large, et cousu sur mesure pour une candidate chevronnée. Les autres candidates potentiels, comme Florence Parly, ou Nathalie Loiseau, ne seront pas forcément mieux traitées par un Parlement qui a aussi exprimé, par la voix d’élus allemands principalement, une forte défiance envers la France, et ne souhaite pas qu’elle prenne une place trop importante en Europe. « La réduction de l’ampleur du portefeuille est devenue incontournable aujourd’hui » assure-t-on au Parlement européen.

  • Sylvie Goulard devra passer une seconde audition devant le Parlement européen

    La candidate française à la Commission européenne devra passer un second examen de passage devant les eurodéputés, a annoncé le Parlement européen ce mercredi 9 octobre. L’audition aura lieu jeudi 10 au matin.

    Les eurodéputés ont décidé mercredi 9 octobre, après les réponses de Sylvie Goulard à leurs questions écrites, de lui demander de passer une nouvelle audition, qui aura lieu dès jeudi matin. La nouvelle Commission européenne doit entrer en fonction le 1er novembre.

    Les eurodéputés souhaitent des éclaircissements sur l’affaire des assistants des eurodéputés Modem où elle est impliquée, ainsi que sur son travail de consultante pour plus de 10 000 € mensuels, pour un groupe de réflexion américain, l’institut Berggruen, entre octobre 2013 et janvier 2016, alors même qu’elle était eurodéputée.

    Sylvie Goulard a déjà donné ses arguments

    La candidate française pour la Commission européenne a déjà longuement répondu lors d’une première audition devant les eurodéputés le 2 octobre. Elle avait alors rappelé que le cas concernant son ancien assistant relevait d’une procédure de licenciement trop longue et que l’argent avait été remboursé depuis.

    Sur la question du travail mené auprès du cercle de réflexion américain, elle avait expliqué que la rémunération correspondait aux habitudes dans les organisations internationales et que les services du Parlement européen n’avaient jugé bon d’entamer une procédure contre elle.

    Dans ses réponses écrites, la candidate française à la Commission européenne a exclu mardi de démissionner automatiquement de l’exécutif européen si elle était mise en examen dans l’affaire des emplois fictifs des assistants des eurodéputés Modem.

    Convocation jeudi matin                              

    Les coordinateurs des groupes politiques du Parlement européen ont tout de même décidé de convoquer Sylvie Goulard pour une seconde audition jeudi matin afin de lui permettre de dissiper les doutes sur son intégrité, a-t-on appris auprès d’un groupe parlementaire.

  • Les Français en Inde.. Pondichéry, son lycée, sa communauté…le business

    L »ancien comptoir français compte toujours une présence française significative, bien installée, cette communauté connait quelques remous. Dernièrement, les Français de Pondichéry scrutèrent les élections au sein des conseils d’établissement de son Lycée français. Et  c’est l’association de parents d’élèves APE-LFP qui a remporté très significativement ce scrutin. Près de 70% des parents ont accordé leurs voix à l’association, qui a désormais 2 sièges sur 3 au conseil d’établissement et 7 sièges sur 11 au conseil d’école. Cela fait suite à une situation compliquée dans laquelle cette association contestait la façon dont les précédents scrutins étaient organisés.

    Le lycée français de Bombay

    L’Inde compte également des écoles françaises à Bombay et à New Delhi. Par ailleurs, l’immense pays qui compte principalement des établissements de prestige en langue anglaise, compte cependant 14 alliances françaises à travers tout le territoire.

    Les 10 000 Français inscrits sur le territoire selon l’ambassade, beaucoup plus en réalité en comptant les bi-nationaux et les non-inscrits, peuvent aussi bénéficier du réseau associatif, avec des associations telles que Delhi accueil, Bombay accueil, Bangalore accueil

    Une relation cordiale, avec d’importants contrats commerciaux

    La France en Inde peut se féliciter d’un exploit à l’export: celui de la vente de 36 rafales dont le premier, issu d’un partenariat avec les acteurs locaux indiens, a été livré ce mardi 8 octobre à la « plus grande démocratie du monde ».

    Le Président Macron et le Premier Ministre Modi

    La communauté française en Inde, elle est riche de sa diversité. Bi-nationaux, familles et ingénieurs, mais aussi, à Pondichéry, la très ancienne communauté locale, héritage du comptoir français antérieur même aux Indes britanniques.

    Alors que le Premier Ministre Modi, controversé pour ses positions religieuses et communautaires, semble continuer à mener son pays vers la modernisation, aidé par une forte croissance, les liens entre les deux pays vont probablement continuer à progresser.

    A l’avenir? Peut-être de nouveaux établissements français? De nouveaux contrats sans nul doute, de nouvelles aventures aussi pour les Français d’Inde et ce alors que l’histoire française en Inde, à Pondichéry notamment, continue …