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  • Accord de dernière minute sur le Brexit

    Après trois ans d’effort, plus personne n’y croyait. Le Royaume-Uni et l’UE sont pourtant parvenus à un accord peu avant midi jeudi 17 octobre. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker demande désormais aux chefs d’Etat de ratifier l’accord en question.

    « Il est grand temps de terminer le processus de retrait, et de passer le plus rapidement possible à la négociation pour le partenariat futur entre le Royaume-Uni et l’UE ».

    « Là où il y a une volonté, il y a un accord – nous en avons un ! Il s’agit d’un accord juste et équilibré pour l’UE et le Royaume-Uni et que témoigne de notre engagement à trouver des solutions. Je recommande que le Conseil européen l’approuve » a immédiatement réagit sur Twitter le président de la Commission Jean-Claude Juncker.

    Michel Barnier, le négociateur européen pour le Brexit doit donner une conférence de presse pour présenter l’accord, qui devra être validé par les chefs d’Etat et de gouvernement à Bruxelles, à l’occasion du sommet européen qui ouvre ces portes cet après-midi.

    De son côté, le premier ministre britannique, Boris Jonhnon s’est également félicité de l’accord.

    « Nous avons obtenu un très bon nouvel accord  qui reprend le contrôle de la situation – maintenant, le Parlement parachever le Brexit samedi pour que nous puissions passer à d’autres priorités comme le coût de la vie, la santé (NHS), les crimes violents et l’environnement « .

    Le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré avoir trouvé « excellent nouvel accord » de Brexit avec l’Union européenne.

    La parti d’Irland du Nord DUP a toutefois indiqué qu’il s’opposait à l’accord. C’est déjà lui qui avait soulevé des enjeux de douane et de TVA pour contester l’accord final, qui ressemble visiblement beaucoup au premier accord négocié par Theresa May.

    Le Parlement britannique doit se pencher sur l’accord trouvé et le ratifier, et la résistance de ce parti pourtant allié à la majorité au pouvoir risque de poser problème.

    L’absence de majorité au Parlement britannique pour approuver toutes les propositions d’accord qui lui ont été faites explique le délai considérable qui s’est écoulé entre le referendum, le 23 juin 2016, et l’accord de sortie.

  • Retraite : la grande reculade du gouvernement

    Selon « Les Échos » le gouvernement étudie plusieurs scénarios de mise en place du nouveau système des retraites, qui pourrait s’appliquer aux générations nées après 1963.

    Les délais de mise en oeuvre de la réforme des retraites pourraient bien changer. C’est ce que révèle Les Échos, après avoir pu consulter un document de travail transmis aux différents partenaires sociaux.

    Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, reverrait-il ses plans? Alors que le projet de retraites par points doit être mis en application à partir de la génération de Français nés en 1963, l’échéance pourrait bien changer.

    Deux pistes à l’étude

    Selon les informations du quotidien économique, le gouvernement, soucieux de ne pas s’enliser à nouveau dans un mouvement social d’ampleur, pourrait bien la retarder pour « certaines catégories socioprofessionnelles très mobilisées ».

    Entre autres, Jean-Paul Delevoye réfléchit à appliquer cette réforme « aux nouveaux entrants sur le marché du travail ». Une façon par exemple d’apaiser les syndicats de la RATP qui prévoit une grève illimitée au mois de décembre. Un système qui se rapprocherait de ce qui a été fait à la SNCF où seuls les nouveaux agents perdent leur statut, rappelle de son côté BFMTV.

    L’autre option observée est de repousser la réforme non pas aux personnes nées en 1963 mais aux « générations postérieures »: « On nous a demandé de concerter sur les leviers de la transition, mais nous n’avons pas de scénario technique avec la première génération concernée », signale Matignon auprès des Échos. Ces deux autres pistes sont en tout cas « soumises à la concertation ».

  • Commission européenne: et si l’Elysée choisissait Sébastien Soriano ?

    Plusieurs personnalités du monde du numérique estiment que le président du régulateur des télécoms a les épaules pour le poste, et qu’un tandem avec Magrethe Vestager donnerait du poids à l’UE face aux Gafa. Un article de notre partenaire Euractiv.

    Jusqu’à présent, Emmanuel Macron privilégiait un profil politique pour représenter la France à la Commission européenne. Mais le récent rejet de la candidature de Sylvie Goulard par les eurodéputés pour gérer le marché intérieur, l’industrie et la défense, pourrait changer la donne. Le président de la République, qui doit désormais sauver le périmètre très large du portefeuille français, pourrait changer son logiciel. Et possiblement choisir un profil plus expert, en particulier dans le numérique, pour affirmer la souveraineté économique de l’Europe face aux Gafa. Dans cette perspective, le nom de Sébastien Soriano, l’actuel président de l’Arcep, le régulateur des télécoms, pourrait émerger.

    Le polytechnicien, ancien directeur de cabinet de la ministre Fleur Pellerin sous François Hollande et ex-cadre de l’Autorité de la concurrence, était déjà sur la liste de l’Elysée, sans être dans le haut du panier. Il bénéficie aujourd’hui du soutien de plusieurs personnalités du monde du numérique. Ce lundi, une dizaine d’entre eux se sont fendus d’une tribune dans le journal Le Monde. Ils appellent l’exécutif à confier le portefeuille prévu pour la France à « une personne qui maîtrise finement les enjeux technologiques et de transformation numérique ». Et non à un politique.

    « Les termes technocratiques de ‘marché intérieur’ cachent des responsabilités essentielles pour la compétitivité et la souveraineté de l’Europe : normes, industrie, entrepreneuriat et startups, numérique, télécoms, spatial, industries de défense…, justifient-ils. […] Regardons les choses en face : le numérique est une culture vaste que n’appréhendent que de manière approximative nombre de nos élites et de nos politiques. Ne prenons pas le risque d’une longue courbe d’apprentissage ou, pire, d’un profil inadapté à notre temps, tant l’enjeu est pressant et déterminant. »

    « Il ne faut pas laisser l’administration prendre le pouvoir »

    Dans la foulée de cette tribune, plusieurs de ses signataires ont pris publiquement, sur Twitter, position pour Sébastien Soriano. C’est le cas de Gilles Babinet, « digital champion » de la France auprès de la Commission européenne (« Et pour ma part, je pense que le nom qui coche toutes les cases est celui de Sébastien Soriano »). Ou encore d’Alexandre Zapolsky, le fondateur de l’éditeur de logiciels libres Linagora (« Je pense que la France et surtout l’Europe gagneraient à ce que Sébastien Soriano soit notre futur commissaire »).

    Également signataire de la tribune, Salwa Toko, la présidente du Conseil national du numérique, affirme à La Tribune qu’elle ne pense « que du bien » du patron de l’Arcep. « Il maîtrise extrêmement bien les sujets numériques et technologiques, poursuit-elle. La seule chose que je regrette, c’est qu’on n’ait pas plus de candidatures féminines pour ce poste. » Gilles Babinet, lui, milite clairement pour Sébastien Soriano. « Ce poste nécessite quelqu’un qui comprenne la technique, c’est très important, insiste-t-il. On ne peut pas se permettre de ne pas avoir un spécialiste, on ne peut pas laisser les administrations prendre le pouvoir. »

    Le patron de l’Arcep reste peu connu

    Même son de cloche pour Alexandre Zapolsky. A ses yeux, Sébastien Soriano est qualifié pour défendre l’Europe face aux Gafa. Mais surtout, ce proche d’Emmanuel Macron juge qu’il a les épaules pour développer plus largement « une politique numérique européenne, ou une ‘troisième voie’ », voulue par le président de la République, entre celles des États-Unis et de la Chine.

    « A travers ses expériences au cabinet de Fleur Pellerin [lorsque qu’elle était ministre en charge des PME, de l’Innovation et de l’Economie numérique, Ndlr] où il a participé à la création de la French Tech, et à l’Arcep, il a fréquenté tous les grands industriels des télécoms et du numérique, poursuit-il. Or dans le portefeuille de la France, il y a cette dimension de politique industrielle. On le voit notamment à travers cette réflexion sur le lancement d’un fonds souverain européen de 100 milliards d’euros pour investir dans l’innovation et la technologie. »

    Pour Alexandre Zapolsky, une question demeure : « Est-ce que le président serait capable de soutenir quelqu’un comme Soriano qui, malgré son parcours, reste peu connu ? »

    Le choix déterminant du représentant hongrois

    Pour ces soutiens, Sébastien Soriano pourrait constituer un tandem de choix avec Magrethe Vestager, la nouvelle vice-présidente exécutive pour l’Europe numérique et à la Concurrence, pour accélérer la numérisation de l’Europe tout en régulant les Gafa. Sébastien Soriano s’intéresse depuis longtemps à cette dernière problématique. Le mois dernier, il a plaidé pour une réforme radicale des règles concernant les géants américains du Net dans une note (« Briser le monopole des big techs : réguler pour libérer la multitude ») pour le cercle de réflexion Digital New Deal Foundation.

    La balle est désormais dans le camp d’Emmanuel Macron. Quoi qu’il en soit, une éventuelle proposition de Sébastien Soriano dépendra aussi du choix de la Roumanie. Comme Paris, Bucarest s’est fait retoquer son candidat par le Parlement européen. La France et la Roumanie ne pourront pas tous deux proposer un homme. Sinon, la parité de la Commission, chère à Ursula von der Leyen, la nouvelle présidente de l’institution, ne sera pas respectée. Interrogé sur son intérêt pour la Commission, Sébastien Soriano ne fait pas de commentaire.

  • Les Belges racontés par le journaliste Jérémy Audouard

    Notre compatriote Jérémy Audouard connaît bien la Belgique pour y vivre depuis une dizaine d’années, et y travailler notamment pour la télévision publique RTBF, ainsi que pour des agences de presse internationales et pour l’émission Quotidien sur TMC.

    Contrairement à certains Français de Belgique, et en particulier parmi le personnel des institutions européennes, Jérémy Audouard ne reste pas dans le microcosme des expats dans leur bulle, mais au contraire, curiosité journalistique oblige, parcourt le Royaume à la rencontre de ses habitants. En ressort un livre, « Belges », qui en 148 pages reprend les principales spécificités du pays, de l’histoire de la lutte entre catholiques, libéraux et socialistes, à Bruxelles et ses problèmes…

    Que leur reste-t-il en commun ?

    Une question que beaucoup se posent en constatant les tensions récurrentes entre partis flamands et francophones, partis séparés comme la quasi totalité des institutions du pays (universités, chaînes de télévision, système éducatif …), ont-ils encore des choses en commun ?

    Les Diables rouges sans doute. L’institution monarchique probablement également. Et la complexité des institutions, un « verrou pour l’indépendantisme et notamment Bruxelles » pour l’auteur.

    Des rencontres locales

    Philippe Geluck et son chat

    Le livre reprend aussi les analyses et commentaires de personnes variées, rencontrées au fil de l’écriture. Des familles wallonnes et flamandes interviewées « sur place », des personnalités de la société belge comme Philippe Geluck et le philosophe Philippe Van Parijs, ainsi que des Français de Belgique comme le journaliste Jean Quatremer.

    Il est disponible dans toutes les bonnes librairies, à la Fnac et sur Amazon. L’auteur sera à la célèbre librairie bruxelloise Filigranes pour rencontrer les lecteurs le 6 novembre à partir de 18 heures !

    « Belges » par Jérémy Audouard

    Editions Ateliers Henry Dougier

    Crédits photos : Lucas Mathieu, Céline Boyer, Nicolas Landemard

  • Le pacte Erdogan-Poutine en Syrie menace les Européens.

    Les postures ne font que rendre l’imprévision et l’inaction plus douloureuse. Trahison américaine, impuissance européenne, défaite kurde et sunnite, succès russe, syrien, turc, résurgence d’Al Qaida, tout est clair, tristement, dans ce dossier kurde.

    Lorsque Trump avait annoncé sa volonté de retirer ses soldats, j’avais osé proposer que les Européens, en particulier la France et l’Allemagne, les remplacent, signant ainsi la naissance de la puissance européenne. Y laisser des troupes insuffisamment protégés ne rime à rien: dans une bataille, il faut s’engager ou renoncer. L’entre-deux anticipe l’abandon, comme l’avait écrit un officier relevé pour sa franchise.

    Les troupes américaines étaient au nombre de 2500. Un effort européen n’aurait pas été démesuré. Ce qui compte, c’est la protection et la couverture, elle n’est pas inatteignable. Rien n’a été fait, ni essayé. Si la diplomatie américaine est honteuse, la nôtre est pour le moins inefficace.

    L’accord secret Poutine Erdogan

    Regardons ce qu’arrivent à faire les Russes et les Turcs, avec presque rien. Car il faut compter pour presque rien leur forces militaires. Face à une force occidentale, surtout avec le back office américain -ou seulement israélien- les forces turques et russes en Syrie ne peuvent pas grand chose. La passivité des Russes face aux raids israéliens en est la preuve.

    Mais Russes et Turcs ont déployé plus que des chars et des avions: une diplomatie active. Car l’invasion turque ne peut se faire sans l’aval de Poutine, et Poutine n’a pas donné son accord sans rien en échange. Il existe un accord secret, paraphé par le veto russe au conseil de sécurité et le rôle des Russes sur le terrain.

    Le partage du Kurdistan rappelle celui de la Pologne

    Sur le terrain, les Turcs engagent artillerie et chars, et recyclent les anciens combattants d’Al Qaida. En face, l’armée syrienne se joint aux Kurdes, mais recule plus vite que ces derniers. Sous l’oeil de Moscou, qui envoie sa chasse surveiller les combats sans intervenir, sinon pour séparer Turcs et Syriens. L’Armée syrienne n’intervenant que pour récupérer ce que les Turcs ne prendront pas.

    Erdogan et Poutine se sont partagés le Rojava. Les Kurdes n’ont désormais d’autre choix que de reconnaître l’autorité de Bachar El Assad, qui protège leurs retraites et leurs civils.

    Le partage du Kurdistan se fait au bénéfice des alliés de Poutine: Iran, Turquie et Syrie. Erdogan veut coiffer l’auréole du vainqueur ayant réglé le problème kurde, humilié l’Europe, tenu tête à l’Amérique. Le nationalisme turc est chauffé à blanc. Peu à peu, les tensions en Turquie, politiques, ethniques, religieuses et économiques, grandiront, et Erdogan aura encore une fois recours à la guerre pour soigner sa popularité. Ainsi s’enchaine l’engrenage des régimes qui reposent sur les conflits, intérieurs et extérieurs. Ceux-ci atteindront l’Europe, car elle est la vraie convergence russo-turque.

    L’engrenage des conflits vers l’Europe

    Poutine donnera à Assad la majeure partie du Rojava. Il sera à nouveau considéré comme légitime par ceux qui étaient les fers de lance de son opposition armée, contraints de passer un accord avec lui. Il laissera dans la nature -ou les réutilisera- les milliers de prisonniers d’Al Qaida. Ils peuvent terroriser l’Occident, surtout l’Europe.

    Les perdants sont les Kurdes, les Européens, notamment les Français et les Britanniques, qui ont envoyé des troupes. Les Américains aussi ont perdu, bien sûr, mais uniquement par leur propre inconséquence. Leurs alliés sont défaits: Arabie, Jordanie, Egypte, Israël. L’armement nucléaire américain entreposé sur la base turque d’Incirlik est pris en otage.

    Pourtant, tout n’est pas fini.

    Tout d’abord, l’accord secret entre Poutine et Erdogan n’a pas réglé toutes les zones d’ombre. Poutine accorde une largeur de 10 km le long de la frontière turque, Erdogan en veut trente. Les forces sur le terrain n’agissent pas comme des pions sur une carte. Quand on envoie des chars, ils peuvent tirer, brûler, ils peuvent aussi déraper. Comme chacun se prend pour un stratège de génie mais ne croit qu’au rapport de force, chacun va essayer de gagner quelques villages pour renforcer sa main dans ces négociations en continu. Il est peu probable que Russes et Turcs se fassent vraiment confiance. Aussi, tout peut s’embrouiller assez vite. Jouer à la guerre est un jeu dangereux.

    Tout n’est pas fini

    Enfin, il n’est pas impossible que les Américains se reprennent. Que les Kurdes résistent. Que les Européens cessent de se plaindre et agissent. La Turquie et la Russie ont besoin des Européens plus que l’inverse. Faudrait-il prendre des leçons de real politik  chez les Américains?  Trump menace «des sanctions qui ruineraient la Turquie», l’Union Européenne n’a-telle pas des moyens de pression économiques et financiers? L’UE est le principal client de la Turquie: 85 milliards de dollars. Dix fois plus que les Etats-Unis.

     

    Les Européens pleurent et se lamentent mais ne réalisent pas que ce drame nourrit un danger mortel pour eux. On veut bien s’indigner, on ne veut pas s’engager car on ne veut pas mourir pour Kobane et Dantzig. Il y a quelque chose du pacte germano-soviétique dans l’accord Poutine-Erdogan, ce qui montre sa fragilité. Et rappelle que l’Europe est en première ligne, plus que les Etats-Unis. Les Européens ont-ils enfin compris, grâce aux errements de Trump, qu’ils sont seuls? Seuls et autonomes. Et riches. Et forts. S’ils le veulent. La Turquie est la frontière de l’Europe, la Méditerranée son avenir, le Proche-Orient sa faiblesse. L’Europe est seule, elle n’est pas condamnée à être faible.

    L’Europe est seule, il ne tient qu’à elle de ne pas être faible.

    Proposer la constitution d’une force européenne pour pallier les déficiences américaines ne revient pas à caresser la chimère d’une volonté de puissance impériale. Ni même à revenir à un devoir d’ingérence régénéré par l’amitié forgé avec les Kurdes. Il s’agit stupidement de notre intérêt.

    On objectera que nous ne sommes pas prêts à envoyer des soldats. On aurait pu l’être, car ce drame était annoncé. On pourrait s’y préparer. On peut aussi prendre des mesures vis à vis des Turcs, non pas militaires, mais financières. Ah, c’est vrai, cela coûterait.

    Dans cette tragédie, l’indignation est le premier réflexe, légitime, de l’opinion et des gouvernants. Mais l’indignation est le degré zéro de la politique. Elle mène rarement à l’action. Encore moins à l’action réfléchie. L’intérêt est déjà un meilleur guide. Il devrait être compris par ces Européens que l’on dit mercantiles. Mais l’intérêt seul n’est pas suffisant, il conduit à des politiques à courte vue. On doit concevoir l’interêt durable. Surprise: il repose sur des valeurs.

    Concevoir l’intérêt durable.

    La meilleure politique étrangère recherche l’alliance durable. Cela même qu’est en train de détruire Trump. Chacun le comprend d’instinct. La faiblesse des Russes, Syriens, Turcs et Iraniens, c’est que leurs intérêts divergent et qu’ils seront incapables de les surmonter. L’alliance franco-allemande démontre l’inverse: malgré des intérêts divergents, construire une alliance durable est à long terme profitable à tous.

    Sur quoi reposent des alliances durables? Sur la volonté politique, soit, mais aussi sur la culture et la géographie. Nous avons des valeurs communes avec les Américains, mais aussi avec les Israéliens ou les Libanais. Désormais avec les Kurdes, les plus laïcs des Sunnites. Nous avons une géographie commune avec les Russes, les Turcs et tous les pays de la Méditerranée. C’est pourquoi nous ne pouvons nous permettre le luxe de les avoir pour adversaires, à moins de les maitriser.

    Peut-on compter sur nous?

    Ils sont devenus nos adversaires parce qu’ils ont fait l’expérience de notre impuissance. Nous nous sommes donc placés dans une situation de faiblesse face à des voisins qui ne pensent qu’en termes de force. Et nous démontrons à nos amis que nous ne pouvons rien pour eux. Sans réaction forte, nous serons condamnés à subir. Nous préparons, pis que les humiliations, les menaces, déstabilisations, invasions, et oukases de demain. Et demain il n’est pas sûr que nous trouvions des Kurdes pour nous aider.

    Cette affaire est une honte (et une défaite) pour les Etats-Unis. Mais ce n’est pas un danger pour eux. C’est un danger pour nous.

    Turcs, Russes, Iraniens, sans compter ceux qui ne nous veulent pas forcément du mal, discuteront de notre sort avec les Américains. Quelqu’un pense-t-il encore qu’ils sont fiables? Sur qui peut-on compter demain dans les Balkans, au Maghreb, en Afrique?

    A part sur nous, je ne vois personne. Peut-on compter sur nous?

    Laurent Dominati

    Editeur de lesfrancais.press.

    Ancien Ambassadeur de France

    Ancien Député de Paris.

     

  • L’Espagne divisée contre elle-même.

    Les neuf à treize ans de prison pour « sédition » pour les neuf anciens dirigeants indépendantistes catalans qui avaient organisé le référendum « illégal » sur l’indépendance de la Catalogne, ne régleront pas le problème.

    On entend bien le Premier ministre espagnol expliquer que la justice est indépendante. On veut bien le croire. On entend bien le Président Macron dire que l’Espagne est un pays démocratique et que c’est un état de droit. On comprend que l’Union Européenne, qui sait parfois être très pressante, vis-à-vis de la Hongrie ou de la Pologne, considère qu’il s’agit là d’une affaire seulement interne, on sait aussi qu’elle n’est, après tout, qu’une fédération d’Etats. On sait bien que les dirigeants condamnés ont agi en dehors de la loi, voire contre la loi.

    Mais, à la fin, non, on ne comprend pas.

    On ne comprend pas parce qu’il n’y a eu qu’un acte politique, publique, transparent, annoncé, partagé par deux millions de personnes.

    Tous en prison ? Si les lois espagnoles condamnent à neuf et treize ans de prison des dirigeants qui ont été élus et réélus, qui ont –certes illégalement, mais pouvaient-ils le faire légalement ? -organisé un vote, alors il faut changer les lois espagnoles.

    Et les politiques espagnols et européens ne doivent pas, sur des questions politiques, se défausser sur les juges.

    Car il s’agit bien de politique, non de criminalité. Ce verdict plonge forcément une partie de Catalans vers la révolte et la solidarité, tant elle est injuste. Et d’autres vers la rigidité, car ils se réjouissent de voir la justice confirmer leur opinion. C’est un tort : cette décision est plus néfaste à l’unité de l’Espagne que le referendum.

    On a le droit d’être indépendantiste, en Espagne, au Danemark, en Ecosse, en France, dans tout pays démocratique qui se respecte. On a aussi le droit d’être antinationaliste, n’y voir qu’un rétrécissement intellectuel, un égoïsme petit bourgeois, un patriotisme de supporters de football, exalté et vide de sens. On a le droit d’être humaniste, animaliste, transhumaniste, communiste, conservateur, trotskyste, socialiste, libéral, réactionnaire, écologiste, même franquiste. Aucun juge n’a le droit d’envoyer quelqu’un en prison pour cela. S’il met des bombes, fait payer un impôt révolutionnaire, séquestre ou tue des gens, cela devient du droit commun. Un prétexte au crime. Ce ne fut pas le cas. Dans tous les cas, la réponse doit être proportionnelle.

    La première tentative de coup d’Etat de 1981 du colonel Tejero fut sanctionnée de sept mois de prison. C’était un coup d’Etat. Le référendum était une palinodie. Il était illégal ? Il ne fut pas reconnu, les dirigeants furent destitués. Déjà, les mettre en prison était exagéré. La fuite de Puigdemont ne fit pas honneur à l’Espagne. Pas plus, à vrai dire, que sa proclamation d’indépendance n’avait attiré le respect.

    Si des responsables politiques accomplissent des actes illégaux, ils peuvent être condamnés, mais au regard des responsabilités qu’ils exercent: déchéance des mandats, interdiction d’être candidat, amendes, voire privation temporaire de droits civiques : la prison, jamais. Que ferait-on s’ils avaient posé des bombes ? La violence doit être punie ; pas l’action politique. Les délits politiques ne conduisent pas en prison.

    Les Indépendantistes peuvent se frotter les mains. Cette condamnation sonne comme un rappel à la violence. Elle amplifie le rejet de l’Espagne par bon nombre de Catalans, elle met de leur coté de nombreux Européens. Elle amplifie aussi le rejet de la Catalogne par beaucoup d’Espagnols. Tout ce qui grandit la faille profite aux plus radicaux.

    Les élections à venir du 10 novembre risquent de leur donner un coup de fouet. Et rendre, par contre coup, l’Espagne difficilement gouvernable. Les Libéraux de Ciudadanos se retrouveront en position d’arbitrage.

    Le gouvernement espagnol socialiste, en pleine campagne, veut croire le contraire. Il a peu de temps pour le prouver, et convaincre d’une voie sérieuse et consensuelle est possible. Cela semble peu probable, puisque le Parti Populaire entend interdire toute mesure de grâce et veut renforcer la législation contre la propagande indépendantiste. Cela s’explique par la surenchère nationaliste de Vox, le nouveau parti de droite.

    Les nationalismes catalan, basque, corse, flamand, espagnol, français, allemand, anglais traduisent, la plupart du temps, un esprit de revanche, une recherche identitaire en fait assez pauvre et finalement dangereuse. Ils singent ce qu’on appelle le patriotisme qui est l’expression d’une gratitude envers le pays qui a permis de devenir ce que l’on est, à l’image de la reconnaissance que l’on éprouve pour ses parents. Cet amour n’a pas besoin d’exaltation particulière, ou de revendication. Sauf quand il est niée, rabaissée, humiliée, meurtri. Alors surgissent des drapeaux que l’on cherche à brandir plus haut que les autres. Et, avec les drapeaux, parfois la violence, puis la répression, dans un cycle infernal de bêtises et d’outrances dont on ne sait comment sortir.

    Les Indépendantistes catalans, avec leur référendum mal fagoté, leurs excès, leur indifférence vis-à-vis des Catalans non indépendantistes avaient lassé et agacé. Les juges leur ont donné un sacré coup de main. Ils ont plus fait pour le séparatisme catalan que les dirigeants condamnés. « Toute maison divisée contre elle-même périra » (Mathieu 12.25). Tous les Espagnols devraient se rappeler qu’il y a plus fort que la justice : le pardon. Ils l’ont prouvé : c’est ainsi qu’ils surent construire leur démocratie.

  • Faut-il relancer l’économie de la zone euro ?

    Avec le ralentissement économique au sein de la zone euro, de nombreuses voix s’élèvent en faveur de la mise en œuvre d’une politique de relance qui concernerait en premier lieu l’Allemagne. Ce pays ayant d’abondants excédents extérieurs et intérieurs, disposerait de marges de manœuvre suffisantes pour accroître sa demande intérieure.

    La demande intérieure serait entravée en zone euro par la faiblesse des rémunérations et par le sous-emploi. Certains mettent l’accent sur le fait que la France bénéficie d’un taux de croissance plus élevé que ses partenaires grâce au plan de soutien du pouvoir d’achat décidé par le Président de la République après la crise des « gilets jaunes ». Cette affirmation peut être relativisée. Une partie non négligeable des gains de pouvoir achat ont été épargnés. Si la France est résiliente au ralentissement en cours, elle le doit au caractère plus tertiaire de son économie qui est, de ce fait, moins exposée aux variations du commerce international.

    Les politiques monétaires montreraient leurs limites en étant incapables de relancer l’inflation et d’assurer une croissance pérenne. Il est certainement trop demandé aux politiques monétaires. Il est assez étonnant de constater que, tout en étant contestées, celles-ci sont jugées incontournables dès la manifestation des premiers signes de ralentissement économique. Au cours de l’été, devant la multiplication des pressions politiques et médiatiques, les banques centrales européenne et américaine se sont senties obligées de baisser leurs taux directeurs.

    La pression semble aujourd’hui se tourner vers la politique budgétaire. Avec des taux d’intérêt bas, les États auraient des possibilités accrues pour dépenser en s’endettant. Avec un déficit public revenu en dessous de 1 % du PIB au sein de la zone euro, les États membres pourraient désormais opter pour une politique d’augmentation des dépenses. Ce relâchement vaut avant tout pour l’Allemagne qui a dégagé un excédent budgétaire de 2 % du PIB ces dernières années et dont la dette publique est revenue autour de la cible des 60 % du PIB.

    Le recours à la relance budgétaire est-il justifié ? Quel serait son effet sur la croissance ?

    La montée des inégalités au sein de plusieurs États membres inciterait les États à tenter de les corriger en jouant sur le volet des prestations sociales. Les inégalités ont augmenté en Allemagne et dans certains pays d’Europe du Nord.

    Les populations des États membres, en particulier en France ou en Italie, réclament une réelle augmentation du pouvoir d’achat. Ce dernier a stagné voire diminué pour certaines catégories sociales. Le sentiment de précarité s’est diffusé et cela au-delà même des publics concernés. Il est ainsi admis que les contrats à durée déterminée sont devenus la règle même si, dans les faits, leur progression sur une longue période est assez limitée. Dans des pays comme la France ou l’Italie, le problème semble venir du rapport au travail. Pour les 20 % des Français les plus modestes, près de la moitié des revenus proviennent des prestations sociales. Dans les pays latins, le chômage est très concentré sur certaines parties du territoire et chez les jeunes de moins de 30 ans. L’augmentation du coût du logement dans les grandes métropoles et de celui des transports est un facteur de mécontentement social important.

    La demande de protection tend à s’accroître dans tous les pays européens et se traduit par une aversion croissante aux risques. La demande sociale que ce soit en santé ou en retraite augmente. Cette situation n’est pas sans poser le problème de crédibilité d’une éventuelle politique de relance. Les messages sont en effet contradictoires. D’un côté, il est demandé des efforts pour assurer l’équilibre des comptes sociaux, de l’autre qu’il est possible de dépenser plus pour soutenir le pouvoir d’achat et la demande intérieure.

    Même si la zone euro affiche un excédent extérieur, ce qui révèle normalement une insuffisance de demande, le taux de chômage de la zone euro est proche du taux de chômage structurel. Les marges de manœuvre sont donc limitées. La relance se traduirait par un accroissement des importations et non pas par une augmentation de la production.

    L’amélioration du pouvoir d’achat des ménages à travers une baisse des impôts ou une hausse des prestations sociales pourrait s’accompagner par une progression du taux d’épargne. Par crainte du caractère temporaire de ce surcroît de revenus, les ménages pourraient non pas augmenter leurs dépenses de consommation mais renforcer leur l’épargne de précaution.

    Dans ces conditions, une relance jouant sur la demande aurait des résultats incertains. Il apparaît évident qu’il serait préférable de jouer sur l’offre mais une telle politique est électoralement moins séduisante. L’objectif serait de redresser la croissance potentielle, en augmentant le taux d’emploi et en améliorant la productivité du travail.

    Certains pays dont la France, l’Italie ou l’Espagne pourraient accroître de manière substantielle leur taux d’emploi, ce qui suppose un effort de formation en amont. Ces pays devraient engager des programmes de réduction de leur chômage structurel. Par nature, les gains ne se feront sentir que sur le long terme. Il en est de même en matière de productivité. Celle-ci augmente, au sein de la zone euro, de moins de 0,5 % par an depuis la fin de l’année 2018 contre 1 % sur longue période (productivité par tête). Cette productivité est érodée par la polarisation des emplois et la tertiarisation de l’économie.

    Avec la digitalisation et la robotisation, des emplois occupés par les classes moyennes sont remplacés par de nombreux emplois à faible valeur ajoutée et par quelques emplois à très forte qualification. De son côté, le secteur des services offre, par nature, moins de gains de productivité que l’industrie. Une montée en gamme de la production avec une spécialisation plus poussée en matière économique en privilégiant les secteurs de pointe devrait être recherchée.

    Un plan de relance devrait donc être avant tout axée sur la formation, les infrastructures, et la recherche. Par ailleurs, il faudrait éviter l’éparpillement des crédits sur un grand nombre de projets et de régions comme cela a été trop souvent le cas ces dernières années.

  • La France fait barrage à l’élargissement européen

    La France a bloqué l’ouverture des négociations d’adhésion de la Macédoine du Nord à l’UE. Celle-ci avait pourtant promis de récompenser Skopje par un ticket d’entrée pour l’UE grâce à l’accord historique de Prespa conclu avec la Grèce.

    Le 15 octobre, les ministres européens se sont rencontrés au Conseil des affaires générales (CAG) à Luxembourg pour débattre de l’ouverture des négociations d’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine du Nord à l’UE. Une telle réunion avait déjà eu lieu en juin et les ministres avaient conclu que la décision serait reportée au mois d’octobre. Cette rencontre, toutefois, était la dernière sous le joug de la Commission Juncker et était décisive.

    Seule la France s’est opposée à l’ouverture de négociations concernant l’adhésion de la Macédoine du Nord, alors que les Pays-Bas et le Danemark l’ont soutenue, mais ont bloqué la procédure pour l’Albanie. La Finlande a proposé que l’adhésion de l’Albanie soit considérée indépendamment de celle la Macédoine du Nord, ce que la France a refusé.

    Refiler la patate chaude au sommet européen

    La ministre finlandaise des Affaires européennes, Tytti Tuppurainen, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’UE, a déclaré qu’en l’absence d’accord, le problème serait inscrit au programme du sommet européen.

    Les leaders européens se rendront à Bruxelles les 17 et 18 octobre et le programme prévu est pour le moins hétéroclite. Comment empêcher un Brexit dur ? Comment répondre à l’offensive militaire turque en Syrie ? Voici, entre autres, les sujets qui y seront abordés.

    Selon la ministre française des Affaires européennes, Amélie de Montchalin, l’Hexagone est opposé à l’ouverture des négociations avec les deux pays des Balkans occidentaux.

    À ses yeux, davantage de réformes doivent être mises en place dans les deux pays. Elle a néanmoins souligné que des points plus essentiels devraient être réglés, notamment la façon dont la Commission conduit les négociations et la fuite des cerveaux constatée dans ces régions.

    La fuite des cerveaux et en effet un problème, mais il n’a pas fait l’objet d’interrogation pour la Serbie et le Monténégro, les deux pays des Balkans occidentaux dont les négociations d’adhésion sont en cours.

    Crédibilité

    D’après Amélie de Montchalin, tout est question de « crédibilité » : les critères ont été établis en 2018 et ils devraient être respectés. Dans le cas de la Macédoine du Nord, elle a précisé qu’une réforme du Bureau de Procureur spécial (SJO) était dans l’impasse.

    Ceux qui s’opposent à la position française affirment que c’est l’UE qui perd en crédibilité, car le bloc n’honore pas ses promesses envers Skopje.

    À Paris, un représentant du président français a indiqué que le gouvernement Macron refusait, pour le moment, d’ouvrir les négociations.

    « Ces pays feront un jour partie de l’Union européenne, mais il est trop tôt pour amorcer les négociations à des fins d’élargissement », ajoute-t-il.

    Bisbille avec Berlin ?

    À Berlin, un représentant du gouvernement a déclaré qu’entamer les négociations d’adhésion était une priorité pour l’Allemagne, qui organise un sommet annuel avec la France ce mercredi 16 octobre.

    « La chancelière, Angela Merkel, s’entretiendra avec Emmanuel Macron à ce sujet », affirme le porte-parole, ajoutant qu’elle abordera aussi la problématique lors du sommet européen des 17 et 18 octobre. « C’est une question stratégique pour le navire européen. »

    Une source proche du dossier a dévoilé à Euractiv que la France pourrait revoir ses positions lors du sommet seulement en cas de compromis majeur, par exemple si Berlin se range derrière Paris concernant la réforme de la zone euro.

    Emmanuel Macron pense déjà aux élections présidentielles de 2022. Il cherche aussi à ne pas s’attirer les foudres de Moscou, qui voit d’un mauvais œil les procédures d’adhésion des territoires qu’elle surveillait de près, notamment la Serbie, le Monténégro, la Macédoine du Nord. Podgorica a rejoint l’OTAN, la Macédoine espère en faire de même au début 2020, mais Belgrade ne l’envisage pas.

    La plupart des autres États membres de l’UE ont exprimé leur frustration par rapport à la position française.

    L’ouverture des négociations est une étape importante, mais la procédure de négociations peut durer plusieurs années, et les États membres ont un droit de véto si les engagements et les réformes du pays candidat ne convainquent pas.

    Les considérations géopolitiques 

    Nombreux sont les pays pour qui l’ouverture des négociations — avec l’Albanie et la Macédoine du Nord — est de la plus grande importance, au vu des tensions géopolitiques actuelles. En Macédoine, l’opposition VMRO-DPMNE ne pourrait que profiter du refus français et peut-être se rapprocher de la Russie. Du côté albanais, le rejet de Paris pourrait donner l’impulsion au gouvernement afin de former une Grande Albanie.

    Les États membres les plus favorables à l’élargissement de l’UE en sont les nouveaux membres.

    La tension est toujours palpable entre la Bulgarie et la Macédoine, mais Sofia a décidé de soutenir Skopje et d’utiliser son véto si le pays voisin décide de ne plus œuvrer à l’élaboration d’un traité bilatéral visant à résorber leurs contentieux.

    « Il est crucial de donner un signal politique pour montrer que l’élargissement est toujours d’actualité », conclut George Ciamba, le ministre roumain des Affaires européennes.

  • Les meilleurs restaurants du monde arrivent à Madrid ! Le World Chefs Tour fait escale en 2020 dans la capitale espagnole

    Les meilleurs chefs du monde se retrouveront de janvier à octobre à l‘hôtel Villa Magna à Madrid en Espagne pour célébrer le World Chefs Tour, la Tournée Mondiale des Chefs. Pendant neuf mois, pour les français résidant à Madrid et ceux qui en profiterait pour découvrir la capitale espagnol, vous  aurez l’opportunité de vivre les expériences gastronomiques les plus exclusives créées par neuf des meilleurs chefs du monde.

    Le World Chefs Tour est une nouvelle expérience gastronomique unique dirigée par Rocío Herrero Pidal, Nicolás Luca de Tena et Yago Cachafeiro, trois épicuriens espagnols passionnés de gastronomie, qui possèdent une vaste expérience professionnelle dans l’organisation d’événements et le conseil en matière de stratégie de communication pour le compte de grandes marques renommées.

    Ils vous invitent à 9 des plus grands chefs, chacun cuisinera pour seulement 80 invités privilégiés pendant une période d’une semaine. Cette première édition du World Chefs Tour réunira des chefs renommés tels que Mauro Colagreco (Mirazur, France), The World’s Best Restaurant ou Massimo Bottura (Osteria Francescana, Italie), Best of the Best. Sur une période de neuf mois, tour à tour pendant une semaine, chacun des chefs proposera une expérience gastronomique spéciale dans le restaurant éphémère de l’hôtel Villa Magna. Madrid deviendra un lieu de rencontre incontournable de la haute gastronomie et du luxe.

    Les chefs dont la présence au World Chefs Tour 2020 (Madrid) est confirmée :

    28 janvier – 2 février : Mauro Colagreco (Restaurant Mirazur – Menton, France) – The World’s Best Restaurant

    17 – 23 février : Julien Royer (Odette, Singapour) – The Best Restaurant in Asia

    16 – 22 mars : Massimo Bottura (Osteria Francescana – Modène, Italie) – Best of the Best

    20 – 16 avril : Manish Mehrotra (Indian Accent – New Delhi, Inde) – The Best Restaurant in India

    18 – 24 mai : Rodolfo Guzmán (Borago – Santiago, Chili) – The Best Restaurant in Chile

    15 – 21 juin : Mitsuharu Tsumura (Maido – Lima, Pérou) – The Best Restaurant in Peru

    13 – 9 juillet : Jorge Vallejo (Quintonil – Mexico, Mexique) – Latin America’s 50 Best Restaurants

    21 – 27 septembre : Vladimir Mukhin (White Rabbit – Moscou, Russie) – No 13, The World’s 50 Best Restaurants

    19 – 25 octobre : Ángel León (Aponiente – El Puerto de Santa María, Espagne) – Grand Prix de l’Art de la Cuisine

    Ces expériences consisteront en trois événements principaux qui réuniront les dernières nouveautés et les produits gastronomiques les plus prestigieux. Les convives commenceront « le voyage » en profitant de l’un des meilleurs vignobles du monde. Ils poursuivront avec l’un des meilleurs restaurants du monde, dont ils pourront déguster certaines de leurs dernières créations. Et ils finiront par l’une des meilleures distilleries au monde qui tentera de les surprendre avec une proposition très spéciale inspirée par le chef-hôte. Neuf expériences uniques particulièrement intéressantes pour les entreprises et les passionnés de networking, qui recherchent des opportunités exclusives pour rencontrer des gens, faire des affaires ou divertir leurs clients les plus importants.

    Le World Chefs Tour reversera 10% du total des bénéfices nets aux organismes caritatifs

    Les réservations pour le World Chefs Tour, Villa Magna Madrid 2020, ont commencé le 8 octobre sur le site officiel. Les gourmets auront l’opportunité unique de savourer neuf dîners exceptionnels de neuf des meilleurs restaurants du monde pendant toute la saison (de janvier à octobre 2020). Ils disposeront de différentes options de réservation, allant d’une table pour la saison entière pour les neuf chefs à partir de 7 000 euros par personne, à des tables pour chacun des chefs à des prix allant de 750 euros à 990 euros par personne, et par expérience, selon le chef.

    Le World Chefs Tour reversera donc 10% du total des bénéfices nets aux organismes caritatifs sélectionnés par les chefs eux-mêmes et Action contre la Faim, une ONG qui depuis 40 ans promeut des initiatives de solidarité dédiées à la lutte contre la famine et la malnutrition infantile sur la planète. En outre, l’hôtel Villa Magna versera un euro par chambre occupée à la BK Foundation, qui soutient des causes liées à l’éducation et à l’environnement.

    Après cette première édition, le World Chefs Tour prévoit d’être implanté au cours des prochaines années dans certaines des villes les plus importantes au monde, telles que Londres, Dubaï, Hong Kong ou New York.

     

  • Le défi de la transition démographique en Afrique

    La population africaine sera multipliée par 11 en un siècle, passant de 287 millions à 2,5 milliards d’habitants de 1950 à 2050. À la fin du siècle, le continent africain pourrait compter plus de 4,2 milliards de personnes à moins que la transition démographique ne s’accélère. L’accroissement naturel est de 2,5 % par an et est assez proche de l’évolution du PIB, ce qui ne permet pas une amélioration substantielle des conditions de vie des habitants.

    La forte croissance démographique est la conséquence d’une baisse sensible de la mortalité qui devance celle de la fécondité. Cette situation concerne essentiellement les pays d’Afrique subéquatoriale. Cette dichotomie a été enregistrée lors de toutes transitions démographiques, en Europe comme en Asie ou en Amérique latine.

    La mortalité infantile en Afrique subsaharienne a été divisée par quatre de 1950 à 2018 passant de 31 à 8 %. Cette diminution ne s’est pas encore traduite au niveau de la fécondité. La réduction du nombre de naissances est faible en raison des mariages des femmes qui restent précoces. Plus de 50 % des femmes en Afrique subsaharienne ont été mariées avant 20 ans. Ce taux atteint plus de 75 % dans de nombreux pays. La contraception reste peu utilisée. Au niveau mondial, 63 % des femmes de 15 à 49 ans ont recours à des moyens contraceptifs. Ce taux est inférieur à 25 % en Afrique (hors Maghreb). Au Tchad, en Guinée ou en Mali, ce taux est inférieur à 10 %. Pour les Africains, avoir de nombreux enfants demeure une priorité. Au Tchad, selon une étude de l’ONU, les hommes souhaitent avoir plus de 13 enfants et les femmes 9.

    L’évolution démographique de ces prochaines années dépendra de celle des comportements. Si le nombre d’enfants par femme passe de 5 à 3, la population africaine s’élèvera à 3 milliards contre 4,2 milliards selon le scénario moyen retenu par l’ONU. Plusieurs pays ont réussi, en mettant en place des moyens de formation des familles et des plans de contraception, à accélérer leur transition démographique. En Algérie, en Égypte, au Maroc et en Tunisie le nombre d’enfants par femme est ainsi passé de 5 à moins de 3 en une vingtaine d’année. Dans ces pays, 60 à 70 % des femmes de 15 à 49 ans ont recours à des techniques de contraception, ce qui correspond à la moyenne mondiale. La réussite des plans gouvernementaux en matière de régulation des naissances passe par l’éducation des femmes. En 2015, 39 % des femmes africaines n’avaient reçu aucune éducation ou n’avaient suivi aucun cycle primaire complet. Ce taux est de 30 % pour les hommes. Les pays comme l’Algérie ou le Maroc où le taux d’alphabétisation des femmes est élevé, connaissent des transitions démographiques plus rapides. Il en est de même pour les pays où les droits des femmes sont les mieux respectés.

    La question démographique est majeure pour les pays de l’Afrique subsaharienne. Si elle n’est pas traitée, les risques de déstabilisation de la région, déjà élevés, ne pourront que s’accroître tout comme les migrations. Cette explosion démographique s’accompagnera d’une urbanisation importante nécessitant la réalisation d’infrastructures en matière de transports, d’alimentation en eau, d’assainissement, d’énergie et de communication. Il conviendra également d’améliorer les rendements de l’agriculture africaine afin de pouvoir approvisionner la population.