Qui sont les nouveaux commissaires européens ?

Les gouvernements ont désigné leurs candidats pour la prochaine Commission européenne qui sera présidée par Ursula von der Leyen. Ils doivent désormais être auditionnés par le Parlement européen.

26 août : c’est la date butoir pour proposer un candidat à la nouvelle Commission européenne qui prend ses fonctions le 1 novembre 2019. Les candidats seront auditionnés par les commissions du Parlement européen fin septembre et les eurodéputés voteront en octobre.

Retrouvez-ici la liste mise à jour de la nouvelle équipe, pour être incollable sur le nouvel exécutif européen.

Ursula von der Leyen (PPE) – La présidence de la Commission européenne a fait l’objet de négociations compliquées. L’éclatement des forces au Parlement européen a rendu l’élection de la candidate des chefs de gouvernement délicate : Ursula von der Leyen a obtenu une faible majorité. Première femme présidente de cette institution, elle a déjà fait montre lors de son premiers discours d’une détermination solide en faveur de l’environnement et du climat, des questions sociales et des femmes, tout en se montrant sévère à l’égard de l’extrême-droite.

Johannes Hahn (PPE) – L’actuel commissaire européen à l’élargissement et à la politique européenne de voisinage a été nommé pour un nouveau mandat à Bruxelles, après son arrivée au siège du Berlaymont en 2010 en tant que commissaire européen à la politique régionale.

Didier Reynders (Renew Europe) — Selon la presse belge, le ministre belge des Affaires étrangères obtiendrait le feu vert après avoir échoué au Conseil de l’Europe, alors que le pays n’a toujours pas de gouvernement en place à la suite des élections nationales de mai. Didier Reynders était en lice pour un poste de commissaire sous la présidence de Jean-Claude Juncker, mais n’a finalement pas réussi, car le chef sortant de la Commission voulait une candidate, un souhait finalement réalisé par Marianne Thyssen, une femme politique flamande. Selon un accord tacite, un francophone devrait obtenir un poste à la Commission cette fois-ci, ce qui augmenterait donc les chances de Didier Reynders.

Mariya Gabriel (PPE) – La commissaire européenne à l’Économie et à la Société numériques sous Jean-Claude Juncker a succédé à Kristalina Georgieva, qui a quitté son poste de vice-présidente de la Commission européenne en 2016, et a depuis prouvé au Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, qu’elle méritait une autre chance.

Stella Kyriakides (PPE) — Actuellement députée chypriote, Stella Kyriakides a également été présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

Dubravka Šuica (PPE) : L’eurodéputée Dubravka Šuica, qui en est à son deuxième mandat au Parlement européen, est la candidate la plus probable, après les ministres des Finances Zdravko Marić et Davor Božinović, qui semblent avoir été écartés. Elle lorgne l’économie, l’agriculture, la cohésion ou l’élargissement.

Margrethe Vestager (Renew Europe) – Après avoir échoué dans sa tentative de succéder à Jean-Claude Juncker, Margrethe Vestager est en lice pour un poste de vice-présidente senior dans l’administration d’Ursula von der Leyen. Actuellement commissaire européenne à la Concurrence, la Danoise pourrait s’en tenir à ses responsabilités actuelles ou absorber d’autres domaines politiques comme l’industrie, l’énergie ou le climat.

Josep Borrell (S&D) – Les pourparlers pour les postes clés l’ont donné haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères. Sa nomination n’est toutefois pas sans controverse, étant donné ses bavures diplomatiques, la question catalane et son âge. Lors de son audition, les eurodéputés risquent de ne pas le ménager.

Kadri Simson (Renew Europe) – La candidate estonienne vient remplacer Andrus Ansip, qui a décidé d’occuper son siège de député européen. Kadri Simson est en bonne posture pour se voir attribuer des responsabilités dans les domaines de l’énergie, des transports ou du marché intérieur, étant donné son expérience dans ces domaines.

Jutta Urpilainen (S&D) — Sa nomination a fait taire toutes les rumeurs selon lesquelles l’ancien candidat au poste de président de la Commission, Alexander Stubb, pourrait être le choix de la Finlande. Jutta Urpilainen, ancienne ministre des Finances, a cependant un parcours similaire à celui d’Alexander Stubb.

Mystère mystère – Emmanuel Macron a joué le rôle de faiseur de rois lors des négociations avec Ursula von der Leyen, mais il n’a pas encore confirmé son choix. L’eurodéputé et président de la commission chargée de l’environnement au Parlement européen, Pascal Canfin, est toujours sur le devant de la scène, tandis que les noms de Michel Barnier, Sylvie Goulard ou Brune Poirson sont encore mentionnés. Le président français attendra de voir quel portefeuille sera attribué avant d’arrêter son choix, s’en tenant à son argument selon lequel la compétence est plus importante que le nom ou l’affiliation politique. Emmanuel Macron serait en train de former plusieurs binômes homme-femme en fonction des portefeuilles disponibles.

Margaritis Schinas (PPE) — Pilier de la salle de presse de la Commission grâce à son rôle de porte-parole principal, Margaritis Schinas pourrait se voir attribuer n’importe quel portefeuille après trois décennies d’expérience sur la scène européenne.

László Trócsányi (PPE – suspendu) – Ancien ministre de la Justice et actuel député européen, László Trócsányi sera certainement mis sur le grill parlementaire des députés européens. Encore faut-il qu’Ursula von der Leyen accepte la nomination de Budapest et au vu des positions de Viktor Orbán sur les questions d’état de droit, rien n’est moins sûr.

Phil Hogan (PPE) – Le commissaire européen à l’agriculture et au développement rural sous Jean-Claude Juncker reste à Bruxelles et serait intéressé par le commerce, mais n’exclut pas non plus ses fonctions actuelles.

Affaire à suivre : plusieurs noms ont été mentionnés, du patron sortant de la BCE Mario Draghi au Premier ministre par intérim Giuseppe Conte. La démission de son gouvernement le 20 août fait planer le doute. En termes de portefeuille, Conte a affirmé que l’Italie obtiendrait un poste de vice-président et peut-être la concurrence, en raison du soutien apporté à la candidature d’Ursula von der Leyen devant le Conseil européen. Il n’est pas certain que cet accord soit honoré, en particulier avec la crise politique qui traverse le pays.

Valdis Dombrovskis (PPE) – Le vice-président de la Commission européenne chargé de l’Euro et du dialogue social et commissaire à la Stabilité financière, aux Services financiers et à l’Union du marché des capitaux, Valdis Dombrovskis, est également l’un des commissaires qui cherchent à rempiler pour un mandat.

Virginijus Sinkevičius (Verts/ALE) – Le ministre de l’Économie de 28 ans sera sans doute le plus jeune commissaire de l’histoire ainsi que le deuxième représentant écologiste. Originaire du Parti des agriculteurs et des Verts, qui n’est en fait pas affilié à son équivalent européen, Virginijus Sinkevičius a été critiqué par son propre parti pour son manque d’expérience. Il garderait sur son bureau une casquette de baseball « Make America Great Again ».

Nicolas Schmit (S&D) – Sa nomination a été décidée par un accord gouvernemental conclu après les élections générales de 2018. Elle a mis fin aux espoirs de Bruxelles de voir Claude Turmes, ancien député européen influent connu pour sa maîtrise de la politique énergétique, devenir commissaire.

Helena Dalli (S&D) – Elle devrait remplacer Karmenu Vella au poste de commissaire en charge de l’environnement, et n’a aucun lien de parenté avec son prédécesseur et homonyme, John Dalli, poussé à la démission de la commission Barroso pour ses liens avec l’industrie du tabac.

Frans Timmermans (S&D) – Candidat malheureux à la présidence de la Commission européenne, Frans Timmermans s’est vu de nouveau promettre un poste de vice-président, son poste actuel. Des sources de la Commission affirment qu’il garderait la responsabilité des enjeux  d’État de droit, qui l’ont rendu très impopulaire aux yeux des pays d’Europe centrale et de l’Est.

Krzysztof Szczerski (CRE) – Actuel chef de cabinet du président Andrej Duda, Krzysztof Szczerski serait intéressé par un portefeuille économique, voire celui de l’énergie.

Pedro Marques ou Elisa Ferreira (S&D) – Le Portugal a respecté la demande d’Ursula von der Leyen de nommer un candidat de chaque sexe. Ainsi, le Premier ministre Antonio Costa a proposé une ancienne et un actuel eurodéputé pour remplacer Carlos Moedas.

Věra Jourová (Renew Europe) — La commissaire européenne à la Justice, aux Consommateurs et à l’Égalité des genres sous Jean-Claude Juncker serait intéressée par les portefeuilles du commerce ou du marché intérieur.

Dan Nica ou Rovana Plumb (S&D) – Bucarest a aussi donné deux noms, comme l’a demandé Ursula von der Leyen. La Roumanie aura eu trois commissaires différents durant l’année 2019 puisque Ioan Mircea Paşcu a remplacé Corina Creţu, qui a pris son siège au Parlement européen.

Personne ? Le nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson assure que le Royaume-Uni quittera l’UE à minuit le 31 octobre, ce qui signifie qu’aucun nom n’a été proposé malgré les précédentes rumeurs selon lesquelles le diplomate Julian King garderait son portefeuille de la sécurité en cas de nouvelle prolongation du Brexit.

Maroš Šefčovič (S&D) – Le responsable slovaque reste à Bruxelles pour un nouveau mandat en tant que commissaire, et devrait garder son poste de vice-président en charge de l’Union de l’énergie.

Janez Lenarčič – L’ancien pays yougoslave a choisi l’ambassadeur slovène auprès de l’UE en tant que nouveau commissaire. Janez Lenarčič est diplomate de carrière, non affilié politiquement et sa nomination signifie que la commissaire au transport, Violeta Bulc, ne retournera pas au Berlaymont.

Ylva Johansson (S&D) – La ministre de l’Emploi, Ylva Johansson est en bonne place pour remplacer la commissaire suédoise au commerce actuelle, Cecilia Malmström.

ET le SECRETAIRE GENERAL A LA COMMISSION ?  Après le départ de Martin Selmayr, dans des conditions houleuses, l’exécutif de l’UE aura besoin d’un nouveau haut fonctionnaire et s’efforcera d’éviter le scandale qui a accompagné le mandat de Selmayr. Le siège est actuellement gardé au chaud par la Lettonne Ilze Juhansone, qui pourrait être nommée de manière permanente.

 

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