Les Libanais ont subi depuis 2019 une inflation permanente, un effondrement des banques, une catastrophe économique et sanitaire liée à la Covid-19 ainsi qu’une explosion meurtrière à Beyrouth. Face à l’incompétence de leurs dirigeants, plus de 60% de la population du Liban est tombée dans la pauvreté et dépend désormais de l’aide alimentaire dispensée par les occidentaux.
Deux ans après la mobilisation historique au Liban rassemblant des citoyens de toutes confessions pour réclamer le départ d’une classe politique corrompue, l’intervention du président Emmanuel Macron, les Libanais dressent un bilan amer de l’évolution de leur pays. À Beyrouth, dimanche 17 octobre, peu de citoyens se sont mobilisés pour marquer cet anniversaire, alors que le pays du Cèdre s’enfonce, chaque jour un peu plus, dans une crise sans fin.
Des violences quotidiennes
Jeudi, des centaines de miliciens d’Amal et du Hezbollah s’étaient déployés dans les rues du secteur de Tayouné, proche du Palais de Justice, près de l’ancienne ligne de démarcation au cours de la guerre civile (1975-1990) entre les quartiers musulmans et chrétiens.
Les circonstances exactes des violences qui se sont produites dans ce secteur restent confuses. L’armée a fait état « d’échanges de tirs » « au moment où les manifestants étaient en route pour protester devant le Palais de Justice ». Le ministre de l’Intérieur Bassam Mawlawi a affirmé que des « francs-tireurs » avaient tiré sur les manifestants.
La tension est restée vive vendredi, décrété jour de deuil national, malgré le déploiement en force de l’armée libanaise dans les quartiers qui ont été le théâtre des affrontements, selon des correspondants de l’AFP.
Ces violences viennent accroître la tension politique dans le pays, où le Hezbollah et ses alliés exigent le départ du juge Tareq Bitar qui, malgré les fortes pressions, veut poursuivre plusieurs responsables dans le cadre de son enquête sur l’explosion au port de Beyrouth du 4 août 2020 (plus de 200 morts).
Les stigmates de l’explosion d’août 2020
Le 4 août 2020, un incendie au port de Beyrouth provoquait une déflagration des plus puissantes de l’histoire. L’explosion de centaines de tonnes de nitrate d’ammonium a tué plus de 200 personnes, défiguré la capitale libanaise et profondément traumatisé toute une nation. Le cataclysme a été ressenti jusqu’à Chypre, à environ 200 kilomètres. L’ampleur des dégâts, semblables à ceux d’une guerre ou d’une catastrophe naturelle, a choqué le monde entier.
Mais tout aussi grave que ce qui s’est passé ce jour-là: ce qui n’a pas eu lieu depuis. Aucun coupable n’a été jugé. Bien souvent, les familles des victimes n’ont reçu ni visite ni explication des autorités. Et le seul juge qui veut pousser l’enquête à son bout, Tareq Bitar, est menacé de mort et ses investigations sont entravées.

La France comme soutien
Il y a un peu plus d’un an, Emmanuel Macron se rendait pour la deuxième fois, en un mois, au Liban pour y rencontrer les responsables politiques libanais. La visite du président français avait pour but d’apporter de l’aide, humanitaire et financière. Mais en contrepartie, Emmanuel Macron a fixé un certain nombre d’objectifs, notamment sur le plan politique.
Le premier objectif, qui consistait en l’établissement rapide d’un gouvernement de réformateurs et de technocrates indépendants, chargés du redressement du pays, a été un échec. Pour autant, comme l’a affirmé Emmanuel Macron, la France ne « lâchera pas le Liban« .
La France continuera donc de soutenir le Liban, dans les nombreuses réformes réclamées par le peuple libanais. Parmi celles-ci : la rénovation du secteur de l’énergie, la lutte contre la corruption mais aussi la refonte de l’administration.
« En tant qu’ancien banquier, Emmanuel Macron va suivre, tout particulièrement, la restructuration banquière. Il a très bien compris ce qui s’était passé au Liban et c’est pour cela qu’il a dénoncé un système crapuleux, mis en place par le gouverneur de la banque du Liban« , ajoute-t-il.
































