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  • L’Etat Papa

    L’Etat Papa

    En 1968, Jacques Dutronc chantait «viens ici, mets-toi là, attention prends pas froid, ou sinon gare à toi, mange ta soupe, allez, brosse-toi les dents ». En 2020, entre la Covid-19 et la canicule, les Français pourraient reprendre les paroles de cette chanson, les parents ayant été remplacés par l’État qui façonne de plus en plus le quotidien de notre vie privée, sociale et économique. Les réglementations se succèdent en rafale avec, à la clef, quelques erreurs et des contradictions.

     

    Vivre normalement

    D’un côté, les pouvoirs publics demandent aux ménages de vivre normalement, de consommer, de partir en vacances, d’aller dans les restaurants, de reprendre le travail ; de l’autre, ils appellent à la vigilance, à la prudence et soulignent que demain pourrait être bien plus sombre qu’aujourd’hui. Ces messages traduisent évidemment le désarroi des gouvernements face à une épidémie d’une ampleur sans précédent depuis un siècle qui a frappé des économies reposant sur une multitude d’échanges.

    Compte tenu de l’importance prise par les réseaux sociaux, par l’information en temps réel, la dictature de l’actualité et de l’immédiateté s’impose à toutes et à tous. Pour ne pas être jugé inconséquents, inefficaces, les pouvoirs publics se doivent d’être sur le front 24 heures sur 24 au risque de ne plus avoir de politique ni de stratégie dans la durée. Depuis la canicule de 2003 et l’émergence d’Internet comme outil de communication, en permanence sur le terrain, les dirigeants politiques doivent faire preuve d’empathie et résoudre tous les problèmes, du petit bobo à la catastrophe nationale. Il n’y a plus de recul, plus de répit.

     

    Une aide omniprésente

    Sur le terrain économique, le gouvernement est ainsi amené à aider au fil de l’eau des secteurs et des entreprises en difficulté, tout en inscrivant sa démarche dans le cadre de la transition énergétique. Par ailleurs, il a prévu d’annoncer un grand plan de relance le 24 août censé dessiner la France des prochaines années tout en reprenant toutes les mesures prises depuis le mois de mars.

    Cette omniscience et cette omnipotence de l’État répondent certainement aux attentes de la population qui exprime pourtant, sondage après sondage, un fort sentiment de défiance à l’égard des pouvoirs publics. Elle est également le signe d’une relative absence des corps intermédiaires. Certes, les collectivités locales ont, depuis le mois de mars, manifesté leur volonté de participer à l’effort de guerre contre le virus, mais souvent en opposition à l’État et en jouant parfois la surenchère plus que la complémentarité.

    La France demeure un État vertical à la différence de l’Allemagne où le pouvoir est partagé entre l’État fédéral, les Länder, les collectivités de communes et, par ailleurs, entre les partenaires sociaux ou les grandes entreprises familiales, ou des ÉtatsUnis où l’initiative entrepreneurial subsiste. Depuis quarante ans, la décentralisation a donné lieu à de multiples lois qui, si elles ont modifié un peu l’organisation administrative et politique du territoire, n’ont pas changé l’état d’esprit. Le nombre des responsables politiques régionaux ayant une influence nationale tout comme celui des grandes entreprises dont le siège social ne se situe pas en Île-de-France tendent à diminuer. À l’exception de Lyon et de Lille, les grands bassins d’emploi dépendent de la capitale ou des commandes publiques.

    Lors de son discours de politique générale, le Premier Ministre, Jean Castex, a déclaré que « pour réussir la reconstruction, nous allons donner davantage de libertés aux territoires ». Il a également indiqué qu’il déposerait une nouvelle loi de décentralisation et de déconcentration, signifiant bien que c’est l’État qui reste au cœur du dispositif. Un changement de mode de gouvernance passe sans nul doute par l’instauration d’un système fédéral tel qu’il existe en Allemagne, en Espagne voire en Italie.

    Par ailleurs, une reconnaissance d’un domaine social indépendant géré par les partenaires sociaux permettrait d’éviter la remontée au sommet de tous les problèmes et de toutes les initiatives.

  • Liban : Jean-Baptiste Lemoyne au chevet des expatriés et des libanais

    Liban : Jean-Baptiste Lemoyne au chevet des expatriés et des libanais

    Le Secrétaire d’Etat, Jean-Baptiste Lemoyne, se rendra ce mercredi 19 aout au Liban. Plusieurs objectifs à ce voyage, rassurer les Français et les binationaux présents sur place tout en apportant un soutien aux libanais francophones.

    Le consulat de France à Beyrouth se consacra, immédiatement avec un accueil téléphonique dédié,  aux conséquences psychologiques et matérielles de l’explosion du 5 aout 2020. Mais dès le 14 aout, il ouvrait de nouveau ses portes au public, nombreux et impatient. Après l’explosion qui ravagea le port et la visite du Président de la République, Emmanuel Macron, dès le jeudi 6 aout, l’attente des Français expatriés et des libanais est forte, les espoirs grands.

    C’est dans ce cadre, que le Secrétaire d’Etat au Tourisme et aux Français de l’Etranger se rendra au coeur de la capitale libanaise, Beyrouth, près de 15 jours après l’explosion ravageuse.

     

    La France ouvre ses frontières aux libanaisJPEG

    Malgré les restrictions liées à la Covid-19, le gouvernement français a décidé de lever les obstacles à l’établissement de VISA. Ceux qui avaient été suspendus sont désormais immédiatement valables.

    Ce geste est la démonstration de la solidarité qui existent entre les deux peuples, née de l’histoire et enrichie au fil des épreuves. la France démontre, ainsi, sa fidélité au Liban.

    Ce lien a transpiré au fil des générations dans les peuples. Les Binationaux sont nombreux, les Français installés sur place sont plus de 20 000, les entreprises françaises sont indispensables à l’économie locale, etc.

     

    La solidarité nationale renforcée et élargie… aux libanais

    La proximité des deux nations se concrétisent dans les actions que mènent la France sur place. Alors que le Fonds de Solidarité d’Urgence dédié aux conséquences de la pandémie mondiale peine à trouver son public (les obstacles sont nombreux et les enjeux, pour un particulier, modestes), l’Etat français a réorienté une partie du budget pour venir en soutien aux trésoreries des institutions françaises sur place.

    Premier bénéficiaire ? Le réseau scolaire homologué au Liban ! En effet, alors que des bourses d’exception ont été mises en place pour aider les parents français dans le monde à payer la scolarité (payante à l’étranger) dans les établissements français, une partie des fonds alloués seront désormais accessibles aux enfants libanais inscrits dans les établissements homologués par l’AEFE. 

    Jean-Baptiste Lemoyne - Secrétaire d'Etat aux Français hors de France
    Jean-Baptiste Lemoyne – Secrétaire d’Etat aux Français hors de France

    Le Secrétaire d’Etat, Jean-Baptiste Lemoyne, devrait annoncer de nouvelles mesures à destination de la communauté française expatriée sur place lors de la réception à la Résidence des Pins. Car les Français sur place ont été lourdement touchés par le drame du Mercredi 05 aout. Maisons, sièges sociaux, entrepôts, les dégâts matériels sont nombreux et les assurances peu courantes dans cette partie du monde. L’éducation est le socle du partage de culture des deux pays, mais les hommes sont les piliers du pont entre les deux nations. .

    Si la France désire confirmer son implantation dans le seul pays francophone de la région, elle doit apporter assistance et soutien aux hommes qui bâtiront le Liban de demain. 

     

     

  • la rentrée des socialistes expatriés : 2 tables rondes virtuelles, ouvertes à tous !

    la rentrée des socialistes expatriés : 2 tables rondes virtuelles, ouvertes à tous !

    Chaque année, la rentrée politique de la Fédération des Français de l ’Etranger du Parti Socialiste est marquée par l’organisation d’une convention fédérale. Cette année, Covid-19 oblige, celle-ci se tient en format virtuel, avec deux tables rondes ouvertes à tous.

    Pour leur rentrée politique, les socialistes français à l’étranger travailleront sur les sujets d’actualité tels que les mouvements citoyens contre le racisme suite au meurtre de Georges Floyd, l a crise sanitaire mondiale et ses conséquences, comment apporter des réponses durables aux crises – sanitaire, sociale, écologique, politique et économique à venir ?

    Cette convention sera par ailleurs le moment idéal pour ce mouvement de réfléchir à un projet politique global en direction des Français à l ’étranger alors que 2021 verra l ’organisation des élections consulaire et sénatoriale et que 2022 sera l’année des élections législative et présidentielle. Le spectre de la disparition flotte sur cette fédération. Les résultats des élections législatives et présidentielles ont été des déflagration pour le vénérable parti. Sans un sursaut des militants et des sympathisants, le PS risque l’expulsion de la scène politique des Français de l’Etranger dès 2021.

    Comme pour ses deux dernières éditions, la Fédération des Français de l ’Etranger du PS a souhaité ouvrir deux de ses débats au public. Cette année, ceux-ci se tiendront en format virtuel, avec deux tables rondes virtuelles.

     

    La Citoyenneté des Français à l’étranger

    Ils vous donnent rendez-vous pour une premier rendez-vous Dimanche 23 août 2020 de 14h00 à 16h00 pour un webinar ZOOM sur le thème de “La Citoyenneté des Français à l’étranger”.

    En présence de l a vice-Présidente du Sénat Hélène Conway-Mouret (autrice de la loi créant l es Conseillers consulaires) et de Marie-Christine Peltier-Charrier, sociologue, chercheuse à l ’EHSS-CNRS à l ’initiative d’une thèse sur Les Français de l ’étranger. L’ambition des organisateur est   de tirer les leçons du passé en matière de politique publique pour es Français à l’étranger. Les nombreux cafouillages sur les dispositifs liés à la Covid-19 seront de bons cas d’école à décortiquer.

    Les débats seront animés par Laure Pallez (Secrétaire fédéral chargée des Français de l’’étranger, Etats-Unis, ) et Florian Bohême (Porte-parole de la FFE PS, Cambodge)

    Pour participer à ce webinar, il suffit de vous inscrire en cliquant-ici

    Francophonie et réseaux culturels français à l’étranger ?

    Autre thème au coeur du Softpower à la française : la Francophonie. Le Parti socialiste vous invite donc le Samedi 5 septembre 2020 de 14h00 à 16h00 pour un webinar ZOOM sur le thème de “Quel avenir pour la francophonie et le réseau culturel français à l’étranger ?”

    Les invités de cette table ronde seront : Claudine Lepage, Sénatrice des Français établis hors de France, membre de l ‘Assemblée Parlementaire de la Francophonie, Jérôme Clément, ancien président de l a fondation Alliance Française et président-fondateur d’Arte, Anna Bilos, directrice de l ‘Institut Polonais de Paris et présidente de EUNIC Paris, Antoine Lissorgues, directeur de l ‘Alliance Française de Cuenca et coordinateur du réseau des Alliances Françaises d’Équateur.

    Les débats seront animés par Cécilia Gondard (1ère Secrétaire de l a Fédération des Français à l’étranger du Parti socialiste, Belgique)

    Pour participer à ce webinar, il suffit de vous inscrire en cliquant-ici

  • Haut-commissariat au Plan : Bayrou doit imaginer la France de 2050

    Haut-commissariat au Plan : Bayrou doit imaginer la France de 2050

    La nomination du maire de Pau et ancien garde des Sceaux, François Bayrou, au poste de Haut-commissaire au Plan ne fait presque plus l’ombre d’un doute et devrait avoir lieu le mois prochain, à en croire une information de France Inter divulguée ce lundi 17 août. Mais que revêt cette fonction et à quoi ce haut-commissariat pourrait-il ressembler ?

    Le Premier ministre, Jean Castex, l’avait déjà fait savoir le 8 juillet dernier : la France a aujourd’hui besoin d’un haut-commissariat au Plan, pour «rééclairer l’action publique d’une vision de long terme».

    Au lendemain de la prise de parole du chef du gouvernement, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, avait alors, à l’occasion d’un déplacement dans l’Oise, comparé le haut-commissariat au Plan à une «boussole», dont le but serait de décider, sur le très long terme, «des bons choix économiques et industriels pour la France».

    «Le haut-commissariat au Plan, création du général de Gaulle, garde toute sa pertinence», avait-il ajouté. L’idée d’une institution qui orienterait l’exécutif dans la planification économique du pays n’est donc pas nouvelle et, comme l’avait indiqué Bruno Le Maire lui-même, cela a, en France, déjà été expérimenté.

    A VIEILLE IDÉE, NOUVEAUX DÉFIS

    Né de la volonté du général de Gaulle, et fondé par Jean Monnet le 3 janvier 1946, un commissariat général au Plan, ou commissariat général du Plan (CGP), a en effet déjà existé dans en France, et cela jusqu’en 2006, année où l’institution a été contrainte de fermer ses portes sur ordre de Dominique de Villepin, alors Premier ministre.

    A ses débuts, soit moins d’un an après l’armistice du 8 mai 1945 signant la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe, l’activité du commissariat général au Plan consistait surtout à établir des rapports sur les cinq branches jugées essentielles au redressement économique du pays : charbon, électricité, sidérurgie, ciment et transports.

    Des rapports qui devaient alors préciser non seulement les buts à atteindre pour chacune de ces branches, mais aussi les moyens à employer pour fixer les limites de l’effort à accomplir. Ils se concrétisèrent ensuite progressivement en l’élaboration de plans quinquennaux, qui de période de cinq ans en période de cinq ans donc, permirent à la France de s’ancrer durablement dans la reprise économique.

    Aujourd’hui, à l’aune de la crise du Covid-19 et des impératifs écologiques, rappelés d’ailleurs de façon pressante par les Français lors des dernières élections municipales où les écologistes ont ravi plusieurs grandes villes, si l’idée reste la même, c’est-à-dire accompagner la reprise de la France, les chemins à prendre pour y parvenir seront, eux, définitivement à forte empreinte verte.

    C’est du moins ce qu’avait promis Emmanuel Macron, qui lors du discours de la Convention climat à l’Elysée le 29 juin dernier, avait assuré «qu’un fonds de transformation écologique de notre économie» serait mis en place dans le plan de relance à venir et «soumis au parlement dès la fin de l’été». Pour y parvenir, le chef de l’Etat avait même indiqué que ce sont «quinze milliards d’euros supplémentaires sur deux ans qui seront injectés».

    FRANÇOIS BAYROU EN INSPECTEUR DES TRAVAUX FINIS

    A présent, si le projet est sur les rails, qui serait à même de le piloter une fois mis sur pied ? A ce sujet, le nom de François Bayrou, semble désormais acquis.

    D’après France Inter, c’est en tout cas une certitude. Pour la radio publique, le Haut-commissaire au Plan Bayrou sera même nommé courant septembre. Contacté par France Inter, l’intéressé n’a toutefois pas souhaité s’exprimer publiquement à ce sujet.

    Reste que François Bayrou souhaiterait par ailleurs que son poste soit directement rattaché au chef de l’État, afin de se «libérer des contraintes gouvernementales et de l’immédiateté», selon son entourage.

    Si cela se confirme, le futur Haut-commissaire n’assisterait donc pas au Conseil des ministres et ses bureaux ne seraient pas hébergés dans les murs d’un ministère. Autant de gages d’«indépendance» demandés par le président du MoDem à Emmanuel Macron.

    Pour mémoire, dans son livre «Résolution française», paru en 2017, François Bayrou s’était déjà dit favorable à la création d’une institution «de prestige» de ce type, «indépendante du gouvernement et du Parlement, mais rapportant aux deux chambres» et qui serait rattachée au président de la République.

  • L’échange automatique des données bancaires…Ou la fin du secret bancaire dans le monde

    L’échange automatique des données bancaires…Ou la fin du secret bancaire dans le monde

    L’échange d’informations entre les Etats afin de lutter contre la fraude est issue en fait d’un processus entamé depuis plusieurs années par les gouvernements. C’est le cas avec le GAFI (Groupe d’Action Financière) organisme intergouvernemental créé en 1989 qui a élaboré une série de recommandations reconnues comme étant la norme internationale en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massives.

     

    La chasse aux blanchisseuses d’argent

    La lutte contre le blanchiment d’argent sale afin de lutter contre le terrorisme et le crime organisé et la lutte contre la fraude fiscale ont amené petit à petit les Etats, comme les USA et  les états européens à mettre en place un ensemble de mesures destiné à renforcer la coopération entre les gouvernements. Cette coopération a eu notamment pour effet de communiquer des informations qui jusque-là étaient couvertes par le secret bancaire.

     

    Les USA ont la norme FATCA, le Foreign Account Tax Compliance Act  qui oblige les banques des pays ayant accepté un accord avec le gouvernement des États-Unis  à lui communiquer tous les comptes détenus par des citoyens américains ou par des personnes qui  résident aux USA.

     

    Une norme portée par l’OCDE

    Le Common Reporting Standard (CRS) ou échange automatique de données bancaires est une norme élaborée par l’OCDE en 2014 d’échange automatique d’information entre pays partenaires à des fins de lutte contre l’évasion fiscale. Elle s’applique à chaque pays engagé dans le CRS et l’ayant transposé dans son droit local. A ce jour, près de 90 pays ont signé l’accord multilatéral sur l’échange automatique de données bancaires. Tous les pays européens bien sûr mais aussi des pays comme les Bermudes, British Virgin Island, Gibraltar, Honk-Kong, Malte, Monaco, Panama, la Suisse, etc…

     

    Pour leur clients non-résidents les banques de ces pays doivent désormais communiquer, via les autorités fiscales des pays où se situent les banques, des données financières relatives aux titulaires de ces comptes aux autorités fiscales des pays où résident ces clients.

     

    Ainsi, si vous résidez à Lisbonne ou à Marrakech (pour le Maroc l’entrée en vigueur se fera en 2021) et que vous avez un compte bancaire en Suisse ou aux British Virgin Island, les autorités fiscales de votre pays de résidence auront connaissance de ce compte bancaire.

     

    Les données sont principalement : l’identité du titulaire, le solde bancaire au 1er janvier, l’ensemble des revenus et plus-values financiers enregistrés sur le compte au cours de l’année.

     

    Les particuliers comme les sociétés

    Les mêmes données seront communiquées en ce qu’elles concernent les bénéficiaires économiques des sociétés dites passives (à savoir les sociétés dont plus de 50% de l’actif est constitué d’un patrimoine financier et/ou dont plus de 50% des revenus sont des revenus financiers (dividendes, intérêts, etc…) ; Ainsi, si vous avez une société qui ne détient qu’un portefeuille-titres, les informations bancaires de cette société et donc de ce portefeuille seront communiquées au fisc de votre pays de résidence. Il en sera de même pour les trusts (les banques communiqueront les données de bancaires de ces trusts comme celles relevant de la personne qui contrôle le trust).

     

    Il convient de préciser qu’en cas de doute sur la résidence fiscale d’une personne les banques doivent communiquer les données à tous les pays dont elles supposent que le contribuable peut être résident.

     

    Enfin, il faut préciser à toutes fins utiles que désormais la quasi-totalité des banques réclament aux titulaires de compte résident à l’étranger l’identifiant fiscal du pays de résidence, l’origine des revenus et fréquemment le justificatif de déclaration fiscale dans le pays de résidence.

    Frédéric ELBAR

    Fiscaliste international

    Membre du réseau IPM (International Patrimony Management)

  • Le Moyen-Orient entre le nitrate et la paix.

    Le Moyen-Orient entre le nitrate et la paix.

    L’explosion de Beyrouth est à l’image de ce qui arrive dans tout le Moyen-Orient. Un peu partout, des stocks d’explosif, des factions prédatrices, des identités religieuses plus claniques que mystiques, des économies ruinées, des frontières factices, des ingérences multiples, des pouvoirs méprisés, durs à la chair des opposants. Et puis de l’argent, plus souvent capté, taxé, volé que produit d’un travail, d’un investissement, d’un service. Tous ces pouvoirs gourmands finalement appauvris jouent leur partie maniant armes, peuples et finances comme des pièces sur un échiquier.

     

    Le Moyen-Orient peut-il, comme Beyrouth, exploser ?

    C’est en partie déjà fait. Beyrouth ne vient qu’après l’Irak, la Syrie et le Yémen. Le Printemps arabe, c’était il y a dix ans, déjà. Seule la Tunisie persévère, espère. Mais elle n’est pas au Moyen-Orient. A ses frontières, la Lybie se déchire, l’Algérie s’étouffe. Les régimes, religieux ou non, ont partout resserré leur étreinte, légitimés, si l’on peut dire, par les menaces islamistes. Daech a mis fin aux Printemps arabes.

    De nouvelles contestations sont-elles possibles, comme on le voit à Beyrouth, comme on l’a vu en Irak, comme on le devine en Iran ? Une société civile, ou plutôt une société politique non fondée sur des critères religieux est-elle possible?

    Quelle que soit la sympathie que l’on peut avoir pour la jeunesse, la liberté, la démocratie, le réalisme oblige à reconnaitre qu’il y a peu de chances. A moins que la donne ne change. Or elle change. Un peu. Peut-être.

    La racine des conflits est assez classique en matière de pouvoir : une querelle de légitimité, cette fois politico-religieuse. S’il ne s’agissait que d’un conflit chiite-sunnite, il serait réglé par des partages historiquement stables. Mais il s’agit de légitimité. La révolution iranienne a fait de l’Iran un phare, qui alimente la contestation, y compris chez les Sunnites, de l’autorité saoudienne en matière religieuse. Celle-ci est d’autant plus fragile qu’elle est récente. La lignée des Chérifs de La Mecque n’est pas la dynastie saoudienne, mais celle des Hachémites, aujourd’hui en Jordanie, qui continuent de contrôler, avec les Palestiniens, l’administration de la Mosquée de Jérusalem. Se voulant les meilleurs défenseurs de la foi, les Saoudiens s’appuient sur une doctrine rigoriste, mais qui correspond peu à la tradition de la plupart des pays musulmans.

    Dans cette rivalité avec les Iraniens, les Saoudiens font un grand écart permanent, entre intégrisme, propagande religieuse, et alliance américaine, sans lesquels ils sont incapables de défendre leur assise. Le front avec l’Iran s’exprime au Liban, au Yémen, en Irak en Syrie, et au sein du monde sunnite contre les Frères Musulmans. Ceux-ci sont interdits ou considérés comme une organisation terroriste par bien des gouvernements: Egypte, Arabie, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Jordanie, Syrie et … Russie. Ils sont en revanche soutenus par le Qatar, ce qui explique sa mise à l’écart, et la Turquie d’Erdogan, qui soutient ses Frères en Lybie.

    Une initiative spectaculaire vers la paix

    L’initiative spectaculaire des Emirats Arabes Unis de normaliser les relations avec Israël suscite l’approbation des uns et la condamnation des autres. Sur la ligne de la dénonciation : Iran, Turquie, Hamas, Hezbollah, et Autorité Palestinienne. Sur celle de l’approbation des monarchies du Golfe, l’Egypte, la Jordanie, avec les Etats-Unis et les Européens. La Russie, les pays du Maghreb, se font discrets.

    S’affiche une alliance de fait, entre Israël, les Etats-Unis, et les régimes anti iraniens ou anti Frères musulmans. Mais la nébuleuse des Frères est complexe et variable : elle s’étend jusqu’au Maroc…

    Explosion libanaise, normalisation d’un troisième pays arabe avec Israël, raidissement Turc, cela sur un fond de guerre permanente et d’effondrement économique, voilà un glissement de terrain en préparation au Moyen-Orient.

    Ce ne sont pas les manifestations de rue qui vont sortir le Liban de la crise, même si elles peuvent y contribuer en permettant une alternative à l’alliance du Hezbollah avec Aoun.

    La reconnaissance d’Israël par les Emirats n’est pas qu’une conséquence de relations déjà établies. Elle signifie que le maintien du conflit est une impasse. Pour tous. A commencer pour les Palestiniens. Ils se sentent abandonnés, non sans raison. Ont-ils  agi de manière à être soutenus ? S’ils ne comprennent pas qu’il leur faut vite la paix, alors leur abandon n’ira qu’en s’accroissant.

     

    Un chemin pour le Liban

    Comme au Liban. Si ces derniers ne s’affranchissent pas de l’Iran, s’ils ne deviennent pas « Libanais », alors ils s’enfonceront. D’autant que l’Iran, économiquement, militairement,  s’effondre. A cause des sanctions, de la guerre, et du cours du pétrole. Comme toutes les monarchies du Golfe, qui, paradoxalement, ont d’autant plus besoin des Etats-Unis que ceux-ci se désengagent. L’Iran aussi a intérêt à la paix. De plus en plus. Cela signifierait accepter de renoncer à son activisme régional. Et à la bombe nucléaire, ce qu’elle n’aura de toute façon jamais, les attaques israéliennes l’en empêchent.

    Les révolutions de la rue ne l’emportent pas sur les seigneurs de la guerre. En revanche, une révolution diplomatique peut être soutenue par la rue. Et par la crise économique. Sortir du clanisme religieux et militaire est possible parce que chaque pouvoir devient de plus en plus instable, fragile, et pauvre. Mohammed Ben Zayed, avec la paix, ne prend pas le risque d’un Sadate. La rue arabe ne le conspue nulle part. Au contraire, il renforce la sécurité de son pays -le troisième du monde en revenu par tête d’habitant-.

    En retour, un grand dirigeant israélien devrait saisir cette occasion pour aller au delà : Tendre la main aux Palestiniens. Et aux Libanais. L’autorité palestinienne est au bord de la débâcle. Le Liban au bord de la disparition. C’est quand on est fort qu’il faut proposer la paix, éviter humiliation et désespoir. La paix rend plus fort que la guerre. On ne peut vivre riche et en paix entourés de voisins désespérés et armés.

    Sans doute faudra-t-il attendre le résultat de l’élection américaine. Et peut-être le successeur de Netanyahou.

    D’ici là, la France, qui fait pour l’instant un sans faute au Liban, qui parle avec tout le monde, avec le Qatar et l’Arabie, les Palestiniens et Israël, les Etats-Unis et l’Iran, la Russie et les Kurdes, peut agir. En espérant le soutien de l’Europe, dont la timidité, par exemple face aux Turcs, devient coupable. C’est pourtant une chance dont elle ne devrait pas se priver : la Méditerranée et le Moyen-Orient, ce sont d’abord des questions de sécurité européenne, plus qu’américaines, russes, ou chinoises.

    Laurent Dominati

    Fondateur de lesfrançais.press

    Ancien Ambassadeur de France, ancien Député de Paris

     

     

     

     

  • Ile Maurice : catastrophe écologique – un podcast vidéo

    Ile Maurice : catastrophe écologique – un podcast vidéo

    A l’Île Maurice, le scénario tant redouté s’est produit : le Wakashio, échoué depuis le 25 juillet, s’est brisé en deux. (une vidéo de notre partenaire TV5 Monde)

     

    Un podcast vidéo de TV5 Monde

  • Les épidémies, autre spectre du réchauffement climatique

    Les épidémies, autre spectre du réchauffement climatique

    Réveil d’un virus préhistorique congelé, retour de la variole, la dengue s’installant en Europe… Ces scénarios dignes d’un film catastrophe sont sérieusement étudiés par les scientifiques, inquiets du risque épidémique lié au réchauffement climatique. Un article de notre partenaire Euractiv.

    La pandémie de Covid-19, avec son virus sans doute né chez la chauve-souris, a mis en lumière les dangers des interférences de plus en plus poussées entre les activités humaines et la nature, qui favorisent la transmission de maladies de l’animal à l’Homme.

    Mais le risque d’épidémies peut aussi venir d’une autre conséquence désastreuse des activités humaines: le changement climatique, qui provoque le déplacement des moustiques porteurs du paludisme ou de la dengue, et un début du dégel du permafrost où sont congelés des microbes plus ou moins anciens.

    « Dans mes moments les plus sombres, je vois un avenir vraiment horrible pour l’Homo sapiens », lâche Birgitta Evengard, microbiologiste à l’université d’Umea, en Suède.

     

    « Notre plus grand ennemi est notre propre ignorance, parce que la nature est pleine de microorganismes », notamment le permafrost, « véritable boîte de pandore », explique-t-elle à l’AFP.

     

    Ces sols gelés en permanence, qui recouvrent un quart des terres de l’hémisphère nord, en Russie, au Canada, ou en Alaska, sont déjà une bombe à retardement climatique: une partie « importante » pourrait dégeler d’ici 2100, libérant des dizaines voire des centaines de milliards de tonnes de gaz à effet de serre, selon les experts climat de l’ONU (Giec).

    Et ce n’est pas tout. « Les microorganismes peuvent survivre dans un espace gelé pendant très longtemps », souligne le Pr Vladimir Romanovsky, de l’université d’Alaska à Fairbanks.

    « Dès que le sol dégèle, l’eau commence à couler au travers, emmenant avec elle particules, matières organiques ou microorganismes isolés depuis des centaines ou des milliers d’années », explique le géophysicien.

    La science a prouvé que certains de ces microorganismes peuvent être réveillés.

    « Quand vous mettez une graine dans un sol gelé pendant des milliers d’années, il ne se passe rien. Quand vous réchauffez le sol, la graine va pouvoir germer. C’est la même chose avec un virus », explique à l’AFP le Pr Jean-Michel Claverie.

     

    Mammouths et Néandertaliens

    Avec son équipe de l’Institut de microbiologie de la Méditerranée, il a réussi à réactiver des virus sibériens datant d’au moins 30.000 ans.

    Ces organismes réveillés ne s’attaquaient qu’à des amibes. Mais dans ces régions glacées, « des hommes de Néandertal, des mammouths, des rhinocéros laineux ont eu des maladies, sont morts, sont tombés. Probablement que tous les virus qui ont causé leurs problèmes à l’époque sont encore dans le sol », poursuit-il.

    Le nombre des bactéries ou virus emprisonnés là est incalculable. Mais la vraie question est: sont-ils dangereux ? Les scientifiques sont partagés.

    « L’anthrax prouve qu’une bactérie peut dormir dans le permafrost pendant des centaines d’années et être ranimée », estime Birgitta Evengard.

    En 2016, en Sibérie, un enfant avait été tué par la maladie du charbon (anthrax), disparue depuis 75 ans dans la région.

    Cette contamination est attribuée parfois au dégel d’un cadavre ancien de rennes pris dans le permafrost. Certains experts estiment toutefois que les carcasses étaient simplement dans le sol de surface qui dégèle chaque année, cet événement ne prouverait donc pas qu’un pathogène congelé depuis bien plus longtemps dans le permafrost puisse encore tuer.

    D’autres pathogènes connus, comme les virus de la grippe de 1917 ou de la variole, sont aussi potentiellement présents dans les cimetières arctiques accueillant les victimes d’épidémies anciennes préservées dans les couches glacées.

    Si certains, comme Vladimir Romanovsky, estiment qu’ils sont « probablement désactivés », d’autres sont moins sûrs.

    Dans tous les cas, pour la variole, grâce au vaccin, « on s’en sortirait, même si une épidémie locale ferait des dégâts », indique le Pr Claverie.

    Pour lui, « le vrai danger » est bien plus profond, dans les couches qui peuvent dater de 2 millions d’années et qui renferment potentiellement des pathogènes inconnus.

    Encore faut-il qu’un virus réveillé, ancien ou non, trouve un hôte. Une rencontre que le changement climatique faciliterait, en ouvrant toujours plus les routes du Grand Nord.

    « Avec l’exploitation industrielle de l’Arctique, on a toutes les conditions du risque réunis: un danger potentiel, avec la présence de gens », insiste Jean-Michel Claverie.

     

    Invasion du moustique tigre

    Le réchauffement de la planète pourrait aussi devenir un allié de poids pour des virus bien plus actuels, qui font déjà des ravages à travers le monde.

    Paludisme, dengue, chikungunya, zika… Certains moustiques vecteurs de maladies « tropicales » pourraient se retrouver comme chez eux en Europe ou en Amérique du Nord.

    « Les moustiques étendent leur portée vers le Nord et sont désormais capables de survivre à l’hiver dans certaines régions tempérées », souligne ainsi Jeanne Fair, chercheuse au Laboratoire américain Los Alamos, qui travaille sur des modèles pour prédire jusqu’où ils pourraient s’installer.

    La présence de ce vecteur (tique, moustique, mouche) ne suffit pas. Il faut bien sûr un hôte. Et « des conditions particulières de température pour que le pathogène puisse se répliquer dans le moustique », insiste Cyril Caminade, épidémiologiste à l’université de Liverpool.

    Par exemple, le moustique tigre (Aedes albopictus), originaire des forêts tropicales d’Asie du Sud-est mais devenu l’une des pires espèces invasives au monde, est désormais présent en Europe sur quasi toute la côte méditerranéenne, même à Paris, et pourrait poursuivre son avancée vers le nord.

    Pour l’instant, le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC) n’a répertorié que quelques cas autochtones des maladies qu’il peut transmettre: une quarantaine de cas de dengue entre 2010 et 2019, deux cas de zika en France en 2019, et plusieurs centaines de chikungunya entre 2007 et 2017, principalement en Italie.

     

    « Apéritif » du réchauffement

    Mais le tigre, souvent montré du doigt, n’est pas le seul. Un autre moustique (Aedes aegypti), principal vecteur de la dengue, est également sous surveillance.

    « Une augmentation de la température moyenne pourrait conduire à une transmission saisonnière de la dengue dans le sud de l’Europe si le A.aegypti infecté par le virus s’y établissait », met en garde l’ECDC.

    Quant au risque du retour du paludisme dans des régions où il était autrefois endémique, en Europe ou en Amérique du Nord, il est moins clair: la prévalence de cette maladie transmise par les anophèles et pour laquelle un traitement existe, est largement liée aux conditions socio-économiques.

    Selon une étude parue en 2011, citée par le dernier rapport de référence du Giec, 5,2 milliards de personnes pourraient vivre en 2050 dans des zones touchées par le paludisme, si on ne limite pas le réchauffement. Mais en ajoutant des facteurs de forte croissance économique et de développement social, ce nombre baisserait à 1,7 milliard.

    Malgré tout, « des expériences récentes en Europe du Sud démontrent à quel point la maladie peut rapidement réapparaitre si les services de santé fléchissent », insistait le Giec, en référence notamment à la résurgence de cas en Grèce après la crise de 2008.

    Quant à l’Afrique, qui comptait en 2018 plus de 90% des 228 millions de cas de paludisme, elle risque de voir les moustiques monter en altitude, par exemple sur le plateau éthiopien et au Kenya.

    De manière générale pour ces maladies tropicales, pour l’instant, les signaux « sont inquiétants en terme de présence des vecteurs, pas forcément de transmission », résume Cyril Caminade.

    « Ça montre les prémices », note-t-il. Et « on n’en est qu’à l’apéritif du changement climatique ».

  • Redémarrage contrasté de l’économie française

    Redémarrage contrasté de l’économie française

    Après son arrêt sur image, l’économie française monte en puissance suivant un scénario en « aile d’oiseau », pour reprendre l’expression de la Banque de France.

    Après un redémarrage vigoureux lié à la fin du confinement, la reprise trouve un rythme de croisière plus mesuré mais permettant semaine après semaine, de combler l’écart d’activité par rapport à la situation normale d’avant-crise. Dans la note de conjoncture publiée le 10 août dernier, les économistes de la banque de France ont indiqué que l’activité en juillet n’était plus que de 7% inférieure à celle de la moyenne de ces dernières années. Au mois de juin, l’écart était de 9%. Pour le mois d’août, la banque centrale considère que l’écart devrait demeurer de 7%.

     

    Une reprise contrastée d’un secteur à l’autre

    Selon les chefs d’entreprise interrogés, l’activité continue de se redresser en juillet, dans l’industrie comme dans les services et le bâtiment, mais à un rythme moins rapide que le mois précédent. Dans l’industrie, l’activité se rapproche de son niveau d’avant crise dans des secteurs tels que l’agroalimentaire ou la pharmacie, mais reste « très dégradée » dans des secteurs d’activité tels que la métallurgie, l’automobile et la catégorie des autres transports.

    Dans les services, l’activité est tout aussi contrastée. Sans surprise, le secteur du tourisme et des transports est à la peine en raison de l’absence de touristes étrangers. La restauration commence à retrouver quelques couleurs mais accuse un manque d’activité de 30 %.

    Les autres activités tertiaires en difficulté sont celles de la location, de la publicité ou des études de marché. En revanche, l’activité est proche de son niveau d’avant-crise dans la réparation automobile ou les services d’information. Dans le bâtiment, l’activité continue de se redresser et se rapproche même de ses niveaux d’avant-crise, mais les carnets de commandes s’effritent.

     

    Pas de retour à la normale avant 2022

    L’amélioration apparaît fragile pour les économistes de la Banque de France. Les incertitudes liées à l’évolution de l’épidémie rendent difficiles toute prévision pour la rentrée. Dans tous les cas, la Banque de France estime que le PIB de l’Hexagone ne retrouvera pas son niveau d’avant la pandémie, au mieux à la mi-2022. À la lecture de ce rapport, de nombreux commentateurs en ont conclu que la reprise s’essoufflait. En l’état actuel, la prudence est de mise. En effet, avec l’absence de touristes internationaux, le secteur du tourisme ne peut que tourner qu’au ralenti. Premier pays d’accueil pour les touristes étrangers, la France ne peut qu’être touchée quand ces derniers font défaut. Les hôtels, les restaurants, les activités culturelles et de loisirs, les transports connaissent évidemment une situation exceptionnelle. Les Français ont préféré prendre leur véhicule et éviter les lieux collectifs d’hébergement. Par crainte de lendemains qui pourraient déchanter, certains ont même renoncé à leurs vacances.

    Le déficit de l’industrie à fin juillet est à mettre sur le compte des problèmes d’approvisionnement, sur la faiblesse de la demande internationale et sur les effets des mesures de distanciation qui réduisent les capacités de production. Le calendrier n’est pas favorable à un retour rapide à la normale. Le déconfinement est intervenu au mois de mai, juste avant l’été, ce qui a conduit les entreprises à ne pas relancer l’ensemble de leurs forces de production. La décision des autorités de garantir les vacances a également joué en ce sens.

     

    Les risques sanitaires handicapent l’avenir

    La force de la reprise ne sera appréhendable qu’avec la rentrée du mois de septembre. Celle-ci dépendra de l’évolution de l’épidémie et de la restauration de la confiance. Pour les effets du plan de soutien qui sera dévoilé par les pouvoirs publics à la fin du mois d’août, il conviendra d’attendre la fin de l’année, voire le début de l’année 2021, pour en mesurer les effets.

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