Les Français de l’étranger sont-ils des privilégiés ou des victimes?
A écouter certains politiques, ils bénéficieraient des services de l’Etat français, notamment de la protection et de l’assistance, sans pour autant participer à la vie de la Nation et payer des impôts comme ceux restés en France. C’est sur ce préjugé que fut créée l’exit tax, que l’idée d’un impôt fondé sur la nationalité s’insinue. A lire le Rapport ministériel sur la fiscalité des Français de l’étranger, on est surpris par le refus catégorique d’envisager une taxation des revenus comme pour les autres contribuables ou de revenir à la situation antérieure.
De même qu’on reste stupéfait par l’attitude de l’administration qui consiste à demander aux Français de l’étranger de faire des recours contentieux pour que soit appliquer le droit. Indéfendable aussi le paiement de la CSG par les Français résidents hors de l’Union européenne alors que les principes juridiques de la Cour de Justice, quelle que soit sa compétence territoriale, parlent pour tous.
Expatriés privilégiés ?
Tout cela indique simplement que les Français de l’étranger sont considérés comme des privilégiés, non seulement par quelques politiques, mais surtout par l’administration. Ce qui est une dévalorisation de notre pays, puisque l’on considère comme chanceux ceux des Français qui n’y vivent pas. Etrange autodénigrement. Soit : la plupart des pays peuvent être considérés comme des paradis fiscaux par rapport à la France : par le montant des impôts, par les prélèvements sociaux, par la complexité de la règlementation. Cela ne fait pas des Français de l’étranger des profiteurs. Encore moins des suspects (Voir l’article de Fréderic Elbar sur l’automatisation de transfert des données bancaires).
D’autant qu’ils paient les impôts dans leur pays de résidence, et qu’ils paient aussi sur leurs revenus français. (Voir l’article de Jean Calvignac : « un deal possible ? »). Qu’enfin l’expatriation a un coup, surtout si, ce qui est le cas de la quasi totalité d’entre eux, on garde des attaches avec la France, qu’on envisage d’y retourner un jour. Qu’enfin, les Expatriés n’ont pas accès aux services publics, aux équipements, aux aides que fournit la puissance publique sur le sol national.
Plusieurs actualités récentes témoignent de ce mépris ou de cette méprise. Un avocat pugnace vient de faire annuler par le Conseil d’Etat la disposition qui demandait aux Français de retour en France de produire un test PCR. Le fond de l’argumentation est le droit, pour tout Français, de revenir en France, et le principe d’égalité entre les citoyens. Deux points de droit, de principe, qui doivent réjouir tous les expatriés. (Voir l’article de Fabien Ferasson, « l’obligation de tests PCR retoquée par le Conseil d’Etat »)
Les écoles françaises à l’étranger commencent à savoir à quelle sauce elles vont être mangées. Des 100 millions promis par le gouvernement, la moitié seulement sera donnée. Si l’on cherche un service public gratuit pour les Français, c’est bien l’école. Sauf pour les expats. (Voir l’article de Loïc Pautou, l’impact du Covid 19 sur le réseau scolaire français).
Actuellement, beaucoup de consulats sont fermés, Covid oblige. Le retour en France est compliqué. Les écoles ouvrent dans des conditions incertaines. Les frais scolaires augmentent de près de 30%. Les ressources des expatriés sont amputées, puisque tous les pays sont en crise. Ils ne bénéficient pas des programmes sociaux de leurs compatriotes restés en France. Les subventions aux associations sont été presque supprimées. L’accès au fonds d’aide est si compliqué que les crédits sont inutilisés. Le traitement réservé au Ministère des Affaires étrangères depuis des années traduit une jalousie infondée.
Vivre en France, une chance ?
Il serait facile de poursuivre la liste des revendications, des plaintes ou des demandes. L’essentiel n’est pas là. Ceux qui ont fait le choix de partir l’ont fait en prenant leur risque. Mille raisons y poussent. Non que la France ne soit pas belle, que la vie n’y soit pas agréable, ou qu’elle représenterait un enfer que quelques-uns seulement aurait la chance de fuir! – non, au contraire : Vivre en France est une chance. Mais le goût de l’autre, de l’ailleurs, de l’aventure, la chance, la vie, poussent à aller loin. Les expatriés ne veulent être ni des victimes, ni des privilégiés. Des Français comme les autres qui ne demandent ni avantage ni punition.
Il est injuste qu’ils soient considérés comme des privilégiés, et qu’en conséquence ils deviennent victimes de traitements discriminants, vexatoires. Ils sont une chance pour la France, son rayonnement, sa sécurité, son influence, son commerce, son économie, sa culture, sa langue. Nombreux sont les jeunes français, qui tôt ou tard, partiront, reviendront, essaimeront, s’appuieront sur le réseau France, sur la diaspora française. La France est grande parce qu’elle se pense universelle. Qui, mieux que les expats, peut faire vivre cette universalité ?
Laurent Dominati
Fondateur de lesfrançais.press
Ancien Ambassadeur de France, ancien Député de Paris
Le plan de relance pour l’Europe et la fiscalité constitueront les priorités majeures de la présidence allemande du Conseil de l’UE au cours du deuxième semestre 2020. Ainsi, de nouvelles ressources sont nécessaires pour aider l’UE à se reconstruire post COVID-19.
Plan de relance pour l’Europe
Dans une lettre écrite à l’intention de ses homologues européens, Olaf Scholz, le ministre allemand des Finances, a indiqué que la « première tâche » de l’Allemagne à la tête de l’UE consistera à mettre en place le plan de relance pour l’Europe.
Parallèlement, M. Scholz a déclaré que son pays œuvrerait à la concrétisation « d’une imposition minimale sur les sociétés multinationales » ainsi qu’à la finalisation de l’union bancaire et de l’union des marchés des capitaux (UMC).
En outre, le Conseil de l’UE et le Parlement européen devront s’accorder d’ici à la fin de l’année sur les derniers détails de l’instrument de relance à 750 milliards d’euros, le « Next Generation EU » (NGEU), et du cadre financier pluriannuel (CFP) à 1 000 milliards d’euros ; tous les deux approuvés par les leaders européens en juillet. L’objectif consiste à rendre cet argent disponible à partir au 1er janvier 2021.
Ces missions colossales demanderont des négociations d’ordre technique et nécessiteront l’aval des députés européens ainsi que des États membres pour bon nombre de sujets, notamment la réglementation du CFP et sa législation sectorielle, l’accord interinstitutionnel avec la Commission européenne, la décision relative aux les ressources propres et le cadre juridique du NGEU.
La décision relative aux ressources propres, requise pour renforcer la capacité de l’UE à emprunter les 750 milliards d’euros auprès des marchés financiers, doit recevoir l’aval de tous les États membres par l’entremise des parlements nationaux.
Les États membres disposeront d’un accès à « la facilité pour la reprise et la résilience », le pilier central du NGEU, en élaborant des plans d’investissement et de réforme à l’échelle nationale. Les premières propositions en la matière devraient être présentées à l’automne, dans le cadre de la soumission des ébauches de plans budgétaires nationaux pour 2021.
La révision du pacte de stabilité et de croissance (PSC), notamment la réactivation des règles fiscales suspendues en mars, devrait également faire l’objet de discussions plus tard cette année.
Au mois de juillet, le commissaire à l’économie, Paolo Gentiloni, a souligné qu’il était primordial d’amorcer des débats au sujet du PSC, car « il façonnera probablement la politique économique pour les années à venir ».
Fiscalité
Alors que la Commission européenne cherche à financer son plan de relance, le Parlement européen a été le plus fervent défenseur de la mise en place de nouvelles ressources propres pour ce faire.
Les premières initiatives bientôt finalisées devraient mettre en exergue une taxe sur les plastiques à usage unique ou permettre un élargissement du système européen d’échange de quotas d’émission. Une taxe numérique ou une taxe sur les transactions financières, une autre priorité de la présidence allemande, pourraient faire l’objet de nouveaux prélèvements.
Dans le même temps, le Parlement souhaite également renforcer la réponse de l’UE contre l’évasion fiscale, l’érosion fiscale et le transfert de bénéfices dans l’UE. La nouvelle sous-commission permanente chargée de ces questions entrera en fonction en septembre.
La commission a pris des premières mesures avant la pause estivale, étant donné qu’elle cherche à renforcer le régime fiscal du bloc.
Ainsi, Bruxelles a présenté un plan d’action le 15 juillet pour lutter contre l’évasion fiscale et simplifier les régimes fiscaux.
« Une fiscalité équitable et efficace sera d’autant plus importante dans les mois et les années à venir alors que le navire européen et la communauté internationale tentent de se relever des répercussions de la crise sanitaire liée à la COVID-19 », indique le document.
Le plan de relance pour l’Europe prévoit une myriade de propositions dans les mois et années à venir sur la TVA et la coopération en matière de fiscalité.
Par exemple, un texte non contraignant sur le plan juridique concernant la fiscalité des entreprises sera rédigé au cours du dernier trimestre 2020.
L’Allemagne a annoncé qu’elle donnerait la priorité à ces dossiers. En même temps, Berlin souhaite remettre deux autres propositions délaissées au goût du jour : l’assiette commune consolidée pour l’impôt des sociétés et la taxe sur les transactions financières.
Autres initiatives
La mise en œuvre du plan de relance pour l’Europe et la révision du système fiscal devraient être les thèmes principaux du Conseil « Affaires économiques et financières » (Ecofin) informel, qui se tiendra les 11 et 12 septembre à Berlin.
La réunion débutera toutefois par un examen d’une décennie de crises, des leçons tirées et des domaines dans lesquels les ministres voient un potentiel d’intégration accrue pour renforcer l’UE.
Les ministres des Finances réfléchiront également à l’impact des services numériques sur les marchés financiers.
À cet égard, la Commission européenne présentera un plan d’action sur FinTech au troisième trimestre, comprenant une stratégie sur un marché intégré des paiements dans l’UE. En outre, l’exécutif européen dévoilera sa proposition tant attendue visant à réglementer les actifs cryptographiques, y compris la monnaie numérique controversée de Facebook, le « Libra ».
La nasse des taux nuls n’en finit pas. La situation économique en cours depuis une dizaine d’années tend à faire converger vers 0% les taux d’intérêt, les gains de productivité, la croissance et l’inflation ainsi que l’évolution des salaires.
Un monde sans inflation ?
Depuis une vingtaine d’années, les gains de productivité mesurés à partir de la productivité par tête s’affadissent. Ils sont ainsi passés pour la zone euro de 1% dans en 2002 à 0,3% en 2019 (taux moyen lissé sur cinq ans). De ce fait, la croissance potentielle qui s’élevait à 2% au début du siècle était descendue au-dessous de 1 point avant même la crise sanitaire. Malgré des politiques monétaires très accommodantes, l’inflation n’arrive pas à atteindre l’objectif de 2% assigné par les banques centrales.
La concurrence générée par la mondialisation et par l’émergence du digital explique la disparition de l’inflation. La perte de pouvoir de négociation des salariés avec la réduction de la taille de l’industrie, l’avènement de nouvelles formes de travail et la succession des crises limitent la hausse des salaires. Les augmentations des revenus passent de plus en plus par les baisses des prix et par la hausse des prestations sociales que par les majorations salariales.
Le freinage de l’inflation concerne les salaires, les biens et les services mais ne touche pas les actifs immobiliers et financiers qui connaissent depuis vingt ans une forte appréciation. Malgré tout, l’inflation sous-jacente tend vers zéro depuis le milieu des années 2010 au sein de la zone euro. Pour contrarier ce processus, les banques centrales n’ont eu de cesse de maintenir des taux bas, nuls voire négatifs. Le taux repo de la zone euro qui était de 4% en 2007 est nul depuis 2016. Les taux des obligations d’État à 10 ans de la zone euro hors Grèce est nul, lui aussi, depuis 2019. Ce taux était encore de 4% en 2012.
Et sans croissance ?
Cette convergence vers zéro peut annihiler toute politique économique. Faute de croissance, faute d’inflation, le poids de l’endettement ne peut que s’accroître rendant ainsi de plus en plus nécessaire le recours à la monétisation. L’autre option serait de poursuivre la baisse des taux d’intérêt en s’enfonçant en territoire négatif avec comme conséquence des taux nominaux de long terme nettement inférieurs à zéro. L’argent abondant ne valant plus rien, il perd au fil du temps sa valeur. Les agents économiques qui décident de conserver des encaisses importantes seront pénalisés. Il s’agit alors de « répression par les taux » de l’épargne. Ce processus qui a cours au Japon depuis les années 1990 tend à se généraliser.
Pour échapper cette convergence vers le point 0, une hausse de la croissance potentielle apparaît indispensable. Elle suppose soit une augmentation de la population active occupée, ce qui suppose un recours à l’immigration au sein de la zone euro, soit une augmentation de la productivité. Celle-ci pourrait être obtenue par une diminution du salaire nominal, ce qui est très difficile, voire impossible, à réaliser en période de faible inflation.
Les politiques monétaires mises en œuvre depuis une dizaine d’années conduisent donc à une fuite en avant tout en réduisant au fur et à mesure les marges de manœuvre.
Le système ne tient que par le caractère mondial voire universel de la monétisation des dettes. Si, à un moment où un autre, une défiance intervient, le blocage pourrait être alors violent. Pour certains, il pourrait être surmonté par un effacement partiel des dettes, pour d’autres, par l’avènement d’un autre système monétaire.
Mali : cinq jours après le coup d’État militaire, les pourparlers se poursuivent entre la junte au pouvoir et les médiateurs ouest-africains. Le sort du Président déchu Ibrahim Boubakar Keïta, fait l’objet de longues discussions.
A une semaine de la rentrée scolaire, les questions s’accumulent. Maintien de la rentrée en présentiel ? Normes françaises ou locales ? Coûts des cours ?
La France est le pays qui dispose du plus important réseau scolaire au-delà de ses frontières. Ce réseau accompagne la mobilité croissante des familles françaises à l’international. Il est aussi un instrument de rayonnement grâce à l’accueil d’élèves de nationalités étrangères (60 % des effectifs). Il remplit ainsi une mission de scolarisation des enfants des familles françaises établies hors de France et de formation d’une partie de la jeunesse de 139 pays.
Par cette double mission, le réseau scolaire participe à l’image, à la présence et à l’influence de la France dans le monde et porte, partout, les valeurs universelles humanistes qui sont le fondement de son modèle républicain.
Cependant, comme en France, et même encore plus, il fut déstabilisé par les fermetures, l’instauration de nouvelles normes, la mise en place de cours à distance.. Alors que les rentrées commencent un peu partout dans le monde, lesfrancais.press font le point pour vous sur les mesures prises dans le cadre de la pandémie.
Les dates de rentrée scolaire adaptées à la situation de chaque pays
Lycée franco-péruvien de Lima (Pérou) fermé jusqu’en 2021
Alors que les premiers établissements français ont fermé en janvier, plus d’un tiers d’entre eux subiront une rentrée décalée au cours du premier trimestre et pour certains ça serait au plus tôt en 2021. Comme au Pérou où aucune rentrée scolaire ne peut être organisée avant le mois de février.
Chaque pays émet ses propres recommandations que les établissements scolaires présents sur place doivent respecter. La décision de procéder à l’accueil ou non des élèves dépend, en effet, de 3 acteurs, comme indiqué les autorités locales mais aussi le Chef de poste diplomatique (ambassadeur ou consul) et l’AEFE.
Au Maroc, les autorités du Royaume Chérifien ont décidé de reporter au lundi 7 septembre la rentrée des classes pour les élèves des établissements d’enseignement français au Maroc. Cette décision a été prise conjointement par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, l’AEFE, la CCPL Maroc et l’Ambassade de France au Maroc.
La rentrée se fera, donc, le mardi 1er septembre pour les enseignants et le personnel encadrant les élèves de ces établissements afin de préparer un retour des classes dans les meilleurs dispositions sanitaires possibles. Les mesures à adopter seront diffusées par le gouvernement marocain d’ici la fin du mois d’août.
Tandis qu’aux USA, pays frappé de plein fouet par la Covid-19, les rentrées ont, tout de même, commencé. Sur le pays continent, les situations sont différents d’un Etat à l’autre. S’appuyant sur l’expérience accumulée depuis le début de l’année civile, l’AEFE a déployé 3 kits pédagogiques à la disposition des directeurs d’établissements français allant du 100% numérique au tout présentiel.
3 scénarios possibles pour les rentrées scolaires des établissements français
L’AEFE a donc prévu 3 scénarios pour les rentrées des petits écoliers français à travers le monde. L’un ou l’autre sera mis en place selon les décisions prises au niveau local. Dans tous les cas, l’accent sera mis sur la consolidation des acquis des années précédentes et une révision des cours du dernier trimestre de l’année 2019/2020.
Premier cas : les cours à distance
La fin des cours en présentiel a marqué un véritable changement de logique pédagogique qui a obligé à mettre en place et à développer rapidement des outils d’enseignement et d’accompagnement en ligne. Ce défi s’est traduit par une mobilisation sans précédent des équipes de l’AEFE – inspecteurs, conseillers pédagogiques, enseignants formateurs. Celles-ci ont élaboré un vade-mecum, constitué de fiches thématiques, pour aider les équipes de direction et les enseignants du réseau. Régulièrement actualisé, ce recueilen est aujourd’hui à sa quatrième version.
30 000 actions de soutien individuelles ou collectives ont également été menées par les enseignants formateurs pour améliorer l’offre éducative à distance. C’est donc sur le corps professoral et la volonté de ses titulaires d’accompagner leurs élèves que le réseau comptent pour animer les cours via les outils mis en place sur la plateforme du CNED et de l’AEFE « Ma classe à la maison » depuis le début de l’année 2020.
Deuxième cas : un mix entre présentiel et cours en ligne
AEFE | Lycée français international Charles-de-Gaulle de Pékin
Dans certains pays, il ne sera pas possible d’accueillir tous les élèves pour tous les cours. Plusieurs raisons à cela, les normes dans les pays de résidence qui peuvent demandes des distanciations physiques incompatibles avec la vie d’une classe de 20 à 30 élèves. Et plus prosaïquement, les professeurs n’ont pas, tous réussi, à rejoindre leur lieu d’affectation. Comme à Pékin, où il manque un cinquième du corps professoral.
Dans les deux situations, il pourra être mis en place une rotation des élèves présents et l’organisation de cours en ligne pour ceux qui ne peuvent être dispensés en classe. Certains professeurs pourraient voir leur gamme de matière enseignée élargie afin de palier à l’absence des professeurs bloqués par les mesures liées à la Covid-19. Si il n’y a pas de solutions locales, les cours seront assurés via le module en ligne.
Troisième cas : le tout présentiel
Enfin si cela est possible, la priorité sera donné à un retour à la normale même si certaines normes devront être respectées comme le port du masque lors des déplacements, le respect des distances physiques, etc. C’est le scénario qui sera privilégié en Europe. Cependant rien n’empêche selon l’évolution de la pandémie dans le pays, qu’un établissement qui a commencé en 100% présentiel de basculer sur un autre scénario comme le 100% numérique.
En tout cas, des consignes ont été transmises à tous les professeurs, quelque soit la matière, d’être particulièrement attentif à l’élocution et à la maitrise du français pour les non-nationaux. En effet, plus de la moitié des élèves ne sont pas Français, ils ne pratiquent donc pas la langue à la maison. Leurs longues absences des bancs de l’école depuis février, pour certains, ont pu mettre en péril l’acquisition du Français, surtout pour les plus jeunes.
Un financement toujours pas bouclé !
Le gouvernement a annoncé ce printemps une avance faite par France Trésor de 100 millions d’euros au réseau de l’AEFE, à rembourser sous 12 mois. Les parents auraient, donc, dû rembourser ce prêt indirectement sur les frais d’écolage. Les sénateurs et élus consulaires ont demandé que cette somme ne soit plus un prêt mais inscrite au programme 185 pour permettre à l’AEFE de faire face à la crise (Le programme 185 est la ligne budgétaire correspondante au budget de l’enseignement Français à l’étranger). ils ont également demandé que la distribution de cette aide ne soit pas centralisée à Paris au sein de l’AEFE mais qu’il y ait une remontée des ambassades, des services culturels et des élus locaux pour faire un état des lieux de la situation locale.
La grande déception est que seuls 50 millions d’euros seront effectivement versés dans le budget sous la forme de crédits dont pourra bénéficier complètement l’AEFE et 50 millions resteront une avance France Trésor.. toujours à rembourser en Mai 2021.
Des familles en « grogne »
Pétition lancé sur le groupe « Avenir des lycées français en danger »
Cependant de nombreuses familles sont touchées de plein fouet par les conséquences économiques de la crise sanitaire. Elles se sont mobilisés entre autre dans le groupe « Avenir des Lycées Français en danger » et ont même lancé une pétition depuis le 1 juin qui a plus de 3800 foyers.
En effet, Certaines enregistrent une importante baisse de leurs revenus, tandis que d’autres sont confrontées à la perte de leur(s) emploi(s). La situation est particulièrement préoccupante dans les pays touristiques, où beaucoup de parents travaillent dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, du voyage.
L’impossibilité pour ces familles d’assurer le paiement des frais de scolarité du troisième trimestre, doublée du sentiment que ces frais sont disproportionnés par rapport au service rendu à distance par les enseignants, a fait naître un mouvement de contestation, à coups de pétitions et de courriers, très actif dans certaines zones.
Face à cette « grogne grandissante » selon les termes de certaines associations de parents d’élèves, des établissements dotés d’une trésorerie suffisante ont décidé de mettre en place des mesures pour aider les familles les plus en difficulté (échelonnement des paiements, remise sur les frais de scolarité du troisième trimestre, attribution de bourses exceptionnelles, mobilisation de fonds de solidarité…).
L’AEFE refuse toute remise
Malheureusement de son côté, l’AEFE a adopté une position très ferme à l’égard des velléités de non-paiement ou de réduction des frais de scolarité. Comme l’a expliqué son directeur au groupe de travail du sénat qui a émis un rapport sur l’impact de la Covid-19 sur la culture et l’éducation , la multiplication des « ristournes » provoquerait un effet boule de neige d’un établissement à l’autre et entraînerait le réseau sur une voie dangereuse.
À terme, c’est l’ensemble de son fonctionnement qui s’en trouverait menacé, celui-ci reposant entre 60 à 70 % sur les droits d’écolage. Pour le seul troisième trimestre, les frais de scolarité représentent une rentrée financière de 650 millions d’euros, tous établissements confondus (établissements en gestion directe, établissements conventionnés et établissements partenaires).
Une hausse des coûts scolaires à prévoir pour cette année 2020/2021
Si le mouvement de contestation des frais de scolarité de ces dernières semaines est d’abord lié à une conjoncture exceptionnelle, il révèle aussi un problème structurel, celui du niveau de ces frais.
Le constat est bien connu : les montants moyens des frais de scolarité dans le réseau français, s’ils demeurent deux à trois fois inférieurs à ceux des autres systèmes scolaires internationaux,ont sensiblement augmenté au cours des dernières années. Entre 2012 et 2019, ils sont ainsi passés de 4 290 eurosà 5 658 euros en moyenne, soit une hausse de 31,9 %.En détaillant par statut d’établissement, pour l’année 2019-2020, les frais de scolarité par élève se sont élevés à12(*) :
4 584 euros en moyenne dans les établissements en gestion directe ;
6 042 euros en moyenne dans les établissements conventionnés ;
5 852 euros en moyenne dans les établissements partenaires.
Cette augmentation masque toutefois de grandes disparités selon les zones géographiques, le statut des établissements, et même selon la nationalité des élèves. Si la scolarité est gratuité dans certains établissements, pour des raisons essentiellement historiques (en Allemagne, par exemple), les frais peuvent atteindre plusieurs milliers voire plusieurs dizaines de milliers d’euros dans d’autres.
Une augmentation cachant des disparités
L’écart est ainsi flagrant entre le lycée français de Tananarive, où la scolarité est inférieure à 10 000 euros et le lycée français de New York, où la scolarité se chiffre à plus de 30 000 euros. De plus, les modalités de détermination des frais de scolarité varient selon le statut de l’établissement : pour les Etablissement en Gestion Directe, les frais de scolarité sont déterminés par le directeur de l’AEFE, sur proposition de l’établissement ; pour les établissements conventionnés et partenaires, les frais de scolarité sont librement fixés. Enfin, les frais de scolarité peuvent être modulés en fonction de la nationalité des élèves. Ainsi, hors de l’Union européenne, les élèves de nationalité française sont parfois bénéficiaires de tarifs plus favorables que les élèves de nationalité étrangère.
La hausse des frais de scolarité doit aussi être mise en regard de la baisse de la part des crédits publics, composés de la subvention pour charges de service public et de l’aide à la scolarité (bourses), dans les recettes de l’AEFE. Aujourd’hui, les frais de scolarité assurent entre 60 % et 70 % du financement de l’AEFE, contre 52 % en 2012.
Gel des frais et du développement
La bonne nouvelle viendra peut-être des sages de la haute assemblée, en effet, le rapport émis par le Sénat préconise, conformément à l’article L. 452-2 du code de l’éducation qui prévoit que l’Agence veille « à la stabilisation des frais de scolarité », de contenir leur inflation en gelant, à son niveau actuel, la participation des familles au financement du réseau.
Pour cela, les Sénateurs demandent un moratoire sur le plan développement du réseau issu de la volonté présidentielle. En effet, Emmanuel Macron avait annoncé en 2018 le doublement des élèves dans le réseau français à l’étranger… C’était avant la crise financière et avant la Covid-19.
Envie de changer d’air ? Les plages de sable blanc de la Barbade n’attendent que vous. Le gouvernement barbadien vient de délivrer un nouveau visa spécial COVID-19 vous permettant d’y vivre et d’y télétravailler pendant 12 mois.
Depuis le 24 juillet, il est possible d’appliquer facilement pour ledit visa en ligne. Le plus beau, c’est qu’on peut aussi y traîner sa famille. Il suffit simplement de fournir une photo de passeport, la date de naissance, un certificat de naissance et les documents prouvant les liens de parenté entre tous ceux inclus dans la demande. Il ne semble pas y avoir de limite d’enfants.
Il faudra aussi fournir des détails sur la nature du travail que vous ferez à distance sur l’île. Vous ne pourrez pas y trouver un emploi. Le présent visa ne le permet pas.
Autre exigence : vous devez prévoir faire un salaire annuel d’au moins 50 000$ US, soit l’équivalent d’environ 43 000 euros.
Un service haut de gamme
Mais l’accès aux plages paradisiaques de sable fin et au soleil de feu a un prix. Les autorités frontalières barbadiennes réclameront 2000$ US pour une demande en solo ou un montant fixe de 3000$ US pour une famille entière.
Le gouvernement barbadien assure délivrer le visa «12-month Welcome Stamp» dans les sept jours suivants la demande. Le but est de relancer l’économie du pays qui a fortement souffert de la crise sanitaire.
les expatriés devront porter un masque et délivrer un certificat pour prouver qu’ils n’ont pas le COVID 19. Le test devra être effectué une semaine à l’avance.
Comme l’explique Mia Amor Mottley, premier ministre de la Barbade, il s’agit d’une opportunité en pleine pandémie de Covid-19 afin de se “délocaliser et travailler depuis l’une des destinations de tourisme préférées de la planète”. Détail important pour le télétravail, Sunil Chatrani, le directeur de Barbados Tourism Marketing Inc., précise dans un communiqué de presse que le pays dispose de la connexion internet à la fibre et des services mobiles les plus rapides des Caraïbes.
Les Barbades : comment y vit on ?
Ancien repaire des pirates des Caraïbes, la Barbade est aujourd’hui la perle chic des Antilles. Entre sable blanc et rochers noirs, portrait d’une île au goût de rhum et d’océan.
La Barbade a longtemps été considérée comme une référence de prospérité dans la Caraïbe orientale. Du XVIIe siècle à l’indépendance en 1966, le développement du pays s’est appuyé sur l’industrie de la canne à sucre. La fin des préférences tarifaires européennes a contraint le pays à réorienter et diversifier son économie en s’ouvrant à l’industrie légère, au tourisme et au secteur financier. Aujourd’hui, ces activités dominent largement.
L’économie de la Barbade a été fragilisée par la crise internationale de 2008-2009, avec une récession (-4,2 % en 2009) suivie d’une croissance atone depuis lors. Les secteurs financiers et bancaires off-shore ont également souffert de l’impact des faillites des consortia trinidadiens et barbadiens CLICO et BAICO (4,5 % du PIB). Néanmoins, ils représentent toujours la seconde source d’activités du pays (21 % du PIB). Cette faible croissance s’est accompagnée d’un creusement du chômage, de l’ordre de 9,6 % en 2019. Le déficit public a atteint 4 % du PIB en 2017, et la dette publique est évaluée à 157,3 % du PIB.
En matière de transparence fiscale, le gouvernement barbadien déclare vouloir se mettre en conformité avec les normes internationales en matière de transparence fiscale, de supervision financière et de lutte contre le blanchiment d’argent pour en faire un avantage comparatif. La Barbade a été inscrite le 5 décembre 2017 sur la liste « noire » des juridictions non coopératives de l’Union européenne, avant d’être placée sur la liste « grise » en janvier 2018. Le 12 mars 2019, la Commission européenne, considérant que les engagements fiscaux de la Barbade restaient insuffisants vis-à-vis de l’UE, a réinscrit la Barbade sur la liste « noire » avant de la réinscrire sur la liste « grise » le 17 mai 2019.
A la suite des engagements pris et mis en œuvre par le gouvernement, la Barbade a été retirée de la « liste grise » de l’Union européenne le 18 février 2020.
Petit bémol est de taille, dans la loi l’homosexualité est condamnée mais en pratique, c’est de plus en plus accepté.
La communauté des expatriés français sur place est relativement petite. Moins de 1000 personnes sont inscrites au Registre Consulaire. Mais elle est très active dans la restauration (plus de 5 restaurants français pour une population officielle de 280 000 personnes), les loisirs et le tourisme.
Jérémy Weltmann et Gil Bourgeois, deux français vivant à Hong Kong ont décidé de s’associer pour créer la société TwentyCinco avec pour unique objectif de promouvoir et valoriser le monde du “street art” et plus généralement de la culture urbaine. Tous deux sont de la génération du hip hop et du graffiti et ont grandi avec ce mouvement qu’ils connaissent bien.
Jérémy Weltmann et Gil Bourgeois créent TwentyCinco, une société dédiée au « Street Art »
Jérémy Weltmann a très vite voyagé à travers le monde. Il découvre l’Afrique avec ses bois et ses masques qu’il va chiner pour des collectionneurs. C’est à cette période que le Français commence à mieux connaître l’art primitif. Après quelques années africaines, s’enchainent dix années de voyage à travers le globe et plus particulière autour de l’Hémisphère sud, avec l’Amérique latine, le Moyen Orient et l’Asie. Son entrée en Asie se fera par l’Inde, il y a une vingtaine d’année. Puis, le travail de son épouse l’entraine au Japon où il restera quelques années. Suivra une année à New York puis le retour en France.
Installé à Bordeaux, Jérémy garde l’âme d’entrepreneur et il développe une marque de vêtement pour les femmes et jeunes femmes, « B You K », 1998. « Cette ligne, je l’ai voulu basée sur le principe d’être soi-même, be yourself, avec la volonté d’assumer ses différences », explique l’entrepreneur. Très rapidement, ce sont onze boutiques à Londres, en France et en Belgique qui voient le jour, en plus d’une présence au sein de grands magasins. La marque cessera son activité en 2010. De là, le globetrotter s’envole pour la Martinique où il va poser ses valises quatre ans avant d’arriver finalement à Hong Kong.
De son côté, Gil Bourgeois connaît la Chine depuis quelque temps. C’est en 2004 qu’il découvre Canton et Hong Kong, il avait alors 23 ans. Diplômé de l’Institut supérieur des arts appliqués (ISAA), il travaille dans l’entreprise familiale, une chaine de boutiques de décoration. En charge de la partie sourcing et création, il en prend la tête huit ans plus tard. Agé aujourd’hui de 39 ans, Gil a évolué dans ce monde du graffiti et du street art, « je n’ai pas oublié mes premiers amours de street art et de graffiti. Toutes les relations et connaissances que j’avais dans ce monde, je les ai gardé, aujourd’hui c’est avec eux que l’on a commencé à travailler, avec Jérémy », précise Gil.
Les deux hommes se rencontrent lors d’un événement artistique et l’alchimie prend immédiatement. « Très vite, nous nous sommes retrouvés avec un grand nombre de points commun, comme nos débuts dans le monde du graffiti, mais aussi en terme de connivence et de regard que l’on porte l’un et l’autre sur ce mouvement et sur la culture urbaine en général », explique Jérémy Weltmann. Ils vont se revoir et vont s’enchainer des discussions passionnées et passionnantes autour de cette culture urbaine. « Nous évoquions de façon assez légère la possibilité de faire quelque chose autour de ça mais jamais de façon concrète. Maintenant c’est fait, la structure est créée », ajoute Gil Bourgeois.
Hong-Kong une destination naturelle
S’installer à Hong Kong a été une décision assez naturelle pour Gil. « J’y trouvait d’une part un réel intérêt pour mon activité à travers l’accès direct aux marchés asiatiques aussi bien en sourcing qu’en export, mais c’est aussi pour l’environnement général que j’ai fait ce choix. Hong Kong est le meilleur endroit pour entreprendre. Cette énergie que l’on trouve ici est assez unique, moins violent dans les rapports humains que ce que l’on pourrait rencontrer dans des endroits comme New York », indique-t-il. « Il y a quelque chose ici qui est assez fascinant avec cette idée de pouvoir jumeler l’entreprenariat, les opportunités professionnelles et une qualité de vie. Vous passez de la plage à la ville en quelques minutes toute l’année, c’est aussi une véritable porte vers l’Asie », ajoute-t-il.
Aujourd’hui les deux hommes se sont réunis pour créer TwentyCinco. “Un nom qui est apparu dans l’esprit de Gil, la sonorité nous a plu, le mélange des langues aussi et l’idée de rajouter une 25ème heure à l’horloge nous a amusé”, précise avec humour Jérémy.
La mission première de la société reste l’accompagnement de collectionneurs, d’amateurs d’art et d’investisseurs en leur proposant des oeuvres d’artistes qu’ils représentent.
“Le street art reste très ludique et très accessible, c’est un art complexe sans être compliqué. C’est quelque chose qui rassemble avec une devise qui pourrait être, ni élitaire, ni élitiste », explique Jérémy.
Compte tenu la situation épidémique à Hong Kong, les deux hommes sont assez organisée. Leur première étape est de faire connaître auprès du plus grand nombre, la culture urbaine, et ensuite expliquer que cela peut être valorisable.
« Nous avons la chance d’avoir des personnes qui nous connaissent et nous font confiance. Ils croient vraiment en cet art. Ces personnes là font parti de ceux qui cherchent à diversifier leurs investissements en ce moment, surtout sur du moyen terme », précise Gil Bourgeois.
Professionnel sur le marché secondaire de l’art, Jérémy a un nombre important de clients qui lui font confiance et le suivent. « Beaucoup de mes clients sont ici et peuvent venir voir les différentes œuvres que nous avons. Avec les mesures de distanciation sociale, nous faisons des visites privées, sur rendez-vous », tient à indiquer Jérémy.
« Nous fonctionnons aujourd’hui avec plusieurs artistes, l’Atlas, Tanc, Johanna Tordjman et un street artiste chinois, Fansack et plus recemment Nasty. Johanna Tordjman vit actuellement un succès médiatique assez fulgurant elle est déjà dans le classement Forbes des 30 personnes en dessous de 30 ans les plus influentes pour 2020 alors que sa carrière est assez récente. Elle connaît bien Hong Kong et était contente de pouvoir travailler avec nous. Nous sommes en discussion pour trois autres artistes, l’idéal pour nous est de travailler avec une dizaine d’artistes, pas plus », précise Gil.
Sous le soleil de la Côte d’Azur, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont affirmé jeudi 20 aout la « convergence » de vues du couple franco-allemand face aux crises internationales et leur détermination à continuer à faire front commun en Europe.
Dans l’ambiance décontractée du fort de Brégançon, la résidence d’été des présidents français, seul le football a réussi à séparer, sur le ton de la blague, la chancelière allemande et le président, la première souhaitant une victoire du Bayern de Munich et le second celle du PSG dimanche en finale de la Ligue des Champions.
Sur le reste, le président et la chancelière ont affiché publiquement la même unité que lors du dernier sommet européen de Bruxelles qui, en juillet, avait acté le plan de relance post-Covid 19 de 750 milliards d’euros.
« L’Allemagne et la France coopèrent de la manière la plus efficace une fois qu’elles ont défini des objectifs en commun », a résumé Emmanuel Macron face à la presse entre un entretien bilatéral de deux heures et le dîner de travail pris au coucher du soleil sur la terrasse du fort.
Cette coopération, les deux dirigeants veulent la mettre en oeuvre pour tenter de peser dans les crises actuelles, que ce soit au Liban, au Mali ou au Bélarus, pour lequel ils proposent une médiation européenne en liaison avec la Russie.
Alexeï Navalny
Ils se sont également déclarés « prêts à apporter toute l’assistance nécessaire » à l’opposant russe Alexeï Navalny, en réanimation dans un hôpital en Sibérie. Angela Merkel s’est dite « bouleversée » par son sort et a réclamé « la transparence », tout comme qu’Emmanuel Macron, « extrêmement préoccupé et attristé ».
Ils ont en outre tenu à aplanir les différences de vue sur le dossier sensible de l’attitude face à la Turquie dans le contexte de tensions en Méditerranée orientale.
« Notre objectif stratégique est le même: la souveraineté européenne et la stabilité », a affirmé le président français, en reconnaissant que les approches de Berlin et Paris n’avaient « pas toujours été les mêmes dans leurs modalités ».
La France a ainsi vivement critiqué le président turc Recep Tayyep Erdogan, que l’Allemagne ménage. « Avec la Turquie il faut rétablir les choses lorsque des provocations sont faites ou des excès sont commis », a estimé Emmanuel Macron, en réaffirmant son soutien à la médiation menée par Berlin.
Pour eux, une forte coopération entre les pays européens est également jugée nécessaire pour faire face à la poursuite de la pandémie de Covid-19, qui a poussé Angela Merkel à exclure cette semaine tout nouvel assouplissement des règles sanitaires en vigueur en Allemagne.
Alors que la France a enregistré 4.771 nouveaux cas de Covid-19 au cours des dernières 24 heures, une progression inédite depuis mai, Emmanuel Macron a implicitement exclut tout reconfinement au niveau national. « On ne va pas mettre notre pays à l’arrêt mais on va devoir vivre avec le virus en veillant à ce qu’il ne se propage pas plus vite et ne touche pas les personnes les plus âgées qui sont, on le sait, les plus fragiles », a-t-il dit.
« Base commune »
Paris et Berlin insistent particulièrement sur la nécessité de s’entendre, « sur une base commune », sur les mesures prises aux frontières afin d’ »éviter les erreurs qui ont été faits tout au début de la crise », selon Emmanuel Macron.
Sur les dossiers européens, les deux dirigeants comptent sur la présidence allemande de l’UE jusqu’à la fin de l’année pour faire avancer des dossiers sensibles, comme le climat ou les migrations.
Avant d’arriver à Brégançon, Angela Merkel avait reçu à Berlin Greta Thunberg, une figure du mouvement pour le climat, qui a de nouveau dénoncé « l’inaction politique » des Etats face au changement climatique.
Le Brexit représente une autre préoccupation commune de Berlin et Paris alors que les difficiles négociations ont repris cette semaine sans avoir réellement progressé ces derniers mois.
Après la Britannique Theresa May en 2018 et le Russe Vladimir Poutine l’an dernier, Angela Merkel était la troisième dirigeant à être invité à Brégançon par Emmanuel Macron qui a fait de ce fort un lieu où accueillir des hôtes de marque en échappant à la solennité du palais présidentiel parisien de l’Elysée.
Emmanuel Macron y terminera ses vacances, « calmes et studieuses » selon ses services, avant de rejoindre Paris, où il présidera le conseil des ministres de rentrée mardi. Pour le préparer, il s’est entretenu vendredi à 12H00 à Brégançon avec le Premier ministre Jean Castex.