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  • Rugby, Séries, Docs, plonger dans l’univers de TV5MONDEplus

    Rugby, Séries, Docs, plonger dans l’univers de TV5MONDEplus

    Pour finir le mois de mai, TV5MONDEplus vous propose une sélection haut de gamme des programmes francophones et toujours gratuitement. Finale franco-française de la Champion Cup européenne en direct, immersion dans la fabrique des infox et enfin plongée dans les méandres des meilleurs séries à suspens dont l’intégrale de Centrale Nuit. On finit mai en beauté avec TV5MONDEplus.

    Sports et documentaires

    EPCR champions cup 2021 Finale La Rochelle / Toulouse

    La campagne idyllique des clubs français de rugby en Champions Cup se poursuit. Cinq équipes en quarts de finale, trois en demies, et deux en finale : Toulouse, quadruple vainqueur de l’épreuve, affrontera samedi 22 mai La Rochelle, novice à ce stade de la compétition européenne.

    Vous pouvez voir le match sur TV5MONDEplus en direct le 22 mai à 17h40 (heure de Paris, 12h40 heure de Buenos Aires, le 23 à 00h40 heure de Tokyo).

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    La fabrique du mensonge

    Avec Internet et les réseaux sociaux, nos accès à l’information se sont démultipliés. Une chance ? Oui, lorsque celle-ci est vérifiée et vérifiable. Mais combien de mensonges et de fausses vérités circulent et se partagent parmi ce flot de nouvelles ?

    Voilà quelques unes des questions à laquelle ce reportage diffusé sur France 5 et TV5MONDE, la chaîne, tente de répondre. Un doc qui vient en contre-pied au succès phénoménal du film Hold-Up, qui reprend, lui, la théorie du Grand remplacement et l’assaisonne à la sauce Covid. Le virus serait au service d’une substitution ethnique visant à dégager les Blancs d’Europe pour les remplacer par des immigrés, probablement musulmans. Une thèse, qui s’appuie sur une multitude d’autres tout aussi farfelues, déjà maintes fois mise à mal par… la réalité – mais les complotistes n’en démordent pas.

    C’est ce fantasme de la vérité altérée qu’interroge La fabrique du mensonge. Comment a-t-on pu arriver à une telle méfiance envers toutes les institutions (politiques, sanitaires, médiatiques…) qui forment l’espace public? 

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    3 séries au suspens intense

    Centrale nuit, l’intégral de la série culte

    Série policière co-créée par Olivier Marchal, Central nuit nous entraîne dans le quotidien d’une brigade de nuit parisienne. Un polar Tv de haut calibre qui a fait de les beaux jours des 2èmes parties de soirées de France2. 

    Olivier Cruveiller, Michel Creton

    Les nuits sont agitées pour la brigade du commissaire Victor Franklin . Entre les crimes, les vols à l?étalage, les cambriolages ou autres trafics en tout genre, les enquêtes abondent pour ces flics de nuit parisiens. Comme son nom l’indique, Central Nuit nous fait découvrir le quotidien d?une brigade de police parisienne de nuit. Cette série, diffusée pour la 1ère fois le 14 septembre 2001 sur France 2 dans la Soirée de Polars, a été créée par Mathieu Fabiani, Bernard Marié, Marc-Antoine Laurent et Olivier Marchal (ex-flic reconverti dans le cinéma à qui l’on doit notamment 36, Quai des Orfèvres. Ce dernier apporte son expérience du milieu et une dimension réaliste et humaine de la vie des hommes et des femmes travaillant dans la police.

    Contrairement à d’autres séries policières, Central Nuit ne joue pas la carte de la surenchère, et c’est justement ce qui fait son charme. Le rôle principal du commissaire Victor Franklin a été confié à Michel Creton, comédien de renom qui a joué avec les plus grands (Depardieu, Serrault, Belmondo etc.) et un habitué des série policières françaises puisqu’il a fait des apparitions dans Commissaire Moulin et Navarro . A ses côtés, de nombreux comédiens chevronnés apparaissent au fil des saisons (au nombre de 7, soit un total de 44 épisodes ): Lucie Jeanne dans le rôle de Blanche Clovis Cornillac campe le rugueux Viking ou encore Vanessa Demouy incarne Anne Dumont. Dotée d’une ambiance feutrée minutieusement calibrée, ainsi que d’une touche de dérision et d?excellents comédiens, cette série en 7 saisons est à retrouver en intégrale sur TV5MONDEplus et toujours gratuitement.

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    Ennemi public, la série à succès belge

    Dans cette série, originaire du plat pays, l’inspectrice Chloé Muller est chargée d’escorter le célèbre meurtrier Guy Béranger qui a demandé à vivre sa conditionnelle à l’abbaye de Vielsart. Tandis que la présence de l’ancien criminel perturbe la vie paisible des moines et des habitants du village, une fillette disparaît mystérieusement….

    Ennemi public s’inspire librement de l’affaire Dutroux, sujet ayant traumatisé la Belgique en 1996 et connu un retentissement mondial : le principal protagoniste de l’affaire, Marc Dutroux, est, entre autres, auteur de viols et de meurtres sur des enfants et de jeunes adolescentes, ainsi que d’activités relevant de la pédophilie, et fut condamné pour ces faits. Or son épouse et complice Michelle Martin a obtenu la liberté conditionnelle en 2012 et résida durant 3 ans chez les sœurs clarisses de Malonne, près de Namur, ce qui ne manqua pas de soulever l’émoi de l’opinion publique belge.

    Loin d’en être une adaptation, le personnage criminel Guy Béranger de la série est un genre d’« Hannibal Lecter, un psychopathe manipulateur, fascinant et pervers à la fois ». L’un des deux réalisateurs Matthieu Frances précise que « le naturalisme n’est pas dans notre culture, dans celle de notre génération. On ne cherchait pas à coller à la réalité. Le plus important pour nous, c’était de raconter notre histoire. Mais les questions soulevées par la série sont des questions réelles. La distance de notre histoire permet au public de réfléchir à froid sur ces questions-là et nous orientons des réponses

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    Bulle, la dernière oeuvre d’Anne Deluz

    C’est dans un paysage de carte postale, une « bulle » protectrice et consensuelle que vivent les AUBERT dont l’équilibre explose alors qu’ils sont brutalement confrontés à la maladie d’Alice, 35 ans. Une onde de choc qui crève la bulle dans laquelle chacun s’est installé et qui fait ressurgir le passé, réel, fantasmé ou occulté. Toute la famille se trouve alors obligée de s’ouvrir : non seulement au présent et à l’avenir, mais à l’étranger, et à l’étrangeté. Voilà le cadre de la dernière oeuvre d’Anne Deluz, la célèbre réaliste suisse décédée le 16 novembre 2019.

    La série Bulle est le résultat d’une œuvre totalement originale et personnelle. A l’affiche de cette série inédite, un casting cinq étoiles : l’héroïne principale, Alice, touchée par la maladie est incarnée par Elodie Bordas, sa mère Jeanne par la splendide Suzanne Clément et sa grand-mère Marthe par la grande actrice Claudia Cardinale. Le reste de la famille Aubert est composée de Pascal, mari d’Alice (Nicolas Bridet), Louis, frère de Jeanne et oncle d’Alice (Antoine Basler) et Mathieu, fils d’Alice et de Pascal (Axel Rouèche).

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  • Baccalauréat des expatriés : le casse-tête

    Baccalauréat des expatriés : le casse-tête

    Inde, Philippines, Cambodge mais aussi Irlande et Ontario, les régions ou pays en plein confinement sont encore nombreux. Pourtant les épreuves du Baccalauréat approchent.. Comme en France, les aménagements ont été nombreux un peu partout dans le monde. Trop pour certains, qui reprochent au gouvernement d’avoir dénaturé l’examen. Cependant, l’organisation des quelques épreuves encore présentes reste un casse-tête pour l’administration mais aussi les professeurs.

    « Ce qui est complexe c’est l’hétérogénéité des situations, en raison de l’avancée de l’épidémie mais aussi suivant les réactions des pays face à l’apparition de nouveaux cas ou de nouvelles vagues. Il est important de faire confiance à l’expertise locale et au dialogue social. Les représentants des personnels de l’UNSA Éducation ont participé activement à la rédaction de protocoles sanitaires adaptés et tenant compte de la législation locale. Nous accompagnons nos adhérents en ce sens.« 

    Adrien Guinemer Conseiller national « Hors de France » : AEFE, MLF, MEAE

    Les aménagements mis en place

    Pour les candidats qui ne sont pas autorisés, dans leur pays de résidence, à se déplacer dans leur centre d’examen pour passer leurs épreuves terminales du baccalauréat, des aménagements ont été fixés par l’Éducation nationale avec une forte proportion de notations en continue, ne laissant plus qu’1 à 3 examens en place selon les pays.

    Après avoir été longuement et fortement refusé, tant par les enseignants que par les lycéens, et leurs syndicats respectifs, le contrôle continu est désormais plébiscité, par les mêmes. Ceux qui étaient révulsés par la perspective de l’introduction d’une dose (même faible) de contrôle continu se mobilisent aujourd’hui pour que le bac soit attribué selon cette seule modalité d’évaluation comme en 2020.

    Certes, les candidats bacheliers de cette année ne sont plus à strictement parler les « mêmes » que ceux des joursd’avant la réforme « Blanquer », et de la Covid-19. Mais la nouvelle place du contrôle continu dans une perspective d’évaluation finale pose la question du maintien d’un examen comme le Baccalauréat. Cependant, le corps professoral plaide pour une refonte et harmonisation de ce mode de notation si il devait devenir la référence.

    « Le contrôle continu est une bonne mesure. Mais le SE-Unsa plaide pour une évaluation continue qui devienne plus qualitative et plus certificative, fruit d’un travail collectif en amont surtout, et en aval de l’évaluation. La réforme du baccalauréat complexifie considérablement les statuts et rythmes de l’évaluation, entre contrôle continu, épreuves communes, de spécialité, épreuves finales ou non, à échéances variées.
    Un contrôle continu de qualité, plus lisible, permettrait de guider plus sereinement les élèves vers les attendus en faisant baisser la pression évaluative, et de l’inscrire comme une course de fond, et non comme une course d’obstacles. Il doit être revalorisé comme mode d’évaluation car il est, de fait, le support essentiel de l’orientation des élèves dans l’enseignement supérieur. De la reconnaissance par tous les acteurs de sa qualité dépendra la suppression de la mention du lycée d’origine dans Parcoursup, gage de démocratisation de notre système scolaire. »

    Adrien Guinemer Conseiller national « Hors de France » : AEFE, MLF, MEAE

    Pour l’épreuve de philosophie, la moyenne du contrôle continu sera aussi retenue. Mais concernant le Grand Oral, maintenu en France en présentiel, l’épreuve sera organisée par des «moyens de communication audiovisuelle, validés par les services académiques de rattachement», précise la foire aux questions du site du ministère. De telles mesures, justifiées par «un cas de force majeur», est-il ajouté.

    Toutes les sessions en juin

    Un décret datant du 1er février, «relatif aux épreuves de remplacement du baccalauréat général et du baccalauréat technique à compter de la session 2021», prévoyait l’organisation des épreuves de remplacement. Il y est stipulé que les élèves qui n’auront pas pu passer les épreuves terminales en juin «présenteront les épreuves de remplacement en septembre».

    Ce report entrainerait de nombreux problèmes pour les élèves pour leur entrée dans le monde universitaire: qu’en sera-t-il si l’examen est reporté? Devront-ils faire une année sabbatique? Ou auront-ils des places réservées dans l’optique d’une rentrée décalée exceptionnellement?

    Finalement, la semaine dernière, l’AEFE et le ministère de l’Education nationale se sont ravisés, tous les élèves passeront le Bac en juin, d’une façon ou d’une autre. Une sessions qui sera surveillé comme le lait sur le feu.

  • La délicate sortie de l’épidémie de Covid-19

    La délicate sortie de l’épidémie de Covid-19

    Le deuxième semestre 2021 est attendu de pied ferme car il est censé être celui de la reprise économique favorisée par l’engagement des plans de relance américains et européens. Il marquerait l’entrée dans une nouvelle ère de croissance. L’expérience issue des précédentes épidémies semble le confirmer : avec leur reflux, l’activité reprend ses droits avec néanmoins l’apparition d’importants et dangereux déséquilibres. 

    En 1832, la France fut frappée, comme le reste de l’Europe, par une épidémie qui provoqua, en plusieurs vagues, plus de 134 000 morts. Paris fut particulièrement touchée, perdant près de 3 % de sa population en un mois. Les hôpitaux furent rapidement débordés par des patients dont les médecins ne pouvaient pas expliquer les maux. Durant la première vague, de nombreux commerces durent fermer, les échanges se ralentirent. Au cours de la deuxième vague, face à l’hostilité de nombreux salariés et travailleurs indépendants, le gouvernement fut contraint d’alléger les mesures sanitaires. A partir de 1834, la fin de l’épidémie fut suivie par un essor économique qui permit à la France d’entrer de plain-pied dans la première révolution industrielle initiée par la Grande-Bretagne.

    Crises sociales 

    Cette période d’enrichissement s’accompagna d’une montée des tensions politiques et sociales. le Roi Louis Philippe fit face à près de dix attentats entre 1832 et 1848 avant de devoir abdiquer lors de la révolution de 1848. Cette période agitée de l’histoire de France sert de trame au roman de Victor Hugo « Les Misérables » qui souligne la montée de la pauvreté et la dureté des relations sociales. 

    Après quatre ans de guerre et deux ans d’épidémie de grippe espagnole, responsables, de plus de 40 millions de morts, les États-Unis et l’Europe entrèrent dans les années folles. Le retour à la normale fut plus lent que ce que l’histoire a voulu retenir. L’épargne excédentaire aux États-Unis n’a été réduit que de 20 % lors des deux premières années de la décennie, les ménages ayant la crainte d’un retour de la guerre ou de l’épidémie. Malgré tout, entre 1920 et 1929, l’économie occidentale a crû en moyenne de 4,2 % par an. 

    Des innovations comme la radio, le téléphone, l’automobile, l’avion et l’électricité commencent à se diffuser au sein des populations. La production industrielle française dépasse en 1929 de plus de 40 % celle de 1914. Celle des automobiles est multipliée par plus de quatre. Cette période de forte croissance s’accompagne d’un emballement du prix des actions.

    Emballements 

    Entre août 1921 et septembre 1929, l’indice Dow Jones a été multiplié par six, pour atteindre son plus haut niveau le 3 septembre 1929. Cette décennie est celle de tous les excès avec notamment l’hyperinflation allemande, en partie provoquée par la question du remboursement de la dette de guerre. Le Royaume-Uni resta en retrait de la croissance en raison de sa volonté de conserver une monnaie forte. Les années folles débouchèrent sur le krach de 1929, la récession, la guerre des changes, le protectionnisme puis…. la Seconde Guerre mondiale. 

    Que ce soit en 1833 ou en 1920, la volonté de tourner la page, d’oublier l’épidémie fut un sentiment amplement partagé. Même si la covid-19 continue à se diffuser au sein de pays émergents ou en développement comme l’Inde, les pays occidentaux veulent croire au rebond postpandémique.

    Les gouvernements lèvent les mesures sanitaires restrictives avec la montée en puissance des campagnes de vaccination qui réduisent les hospitalisations et les décès dus au virus. De nombreux prévisionnistes révisent à la hausse les taux de croissance et en premier celle des États-Unis qui pourrait dépasser 6 % cette année, soit au moins quatre points de pourcentage. 

    Une accélération synchronisée de l’activité au sein de nombreux pays est un phénomène rare. Il faut remonter à la période des années 1950 pour retrouver une situation comparable. Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis mirent en place un cadre de financement de reconstruction de l’Europe avec le plan Marshall qui avait également comme avantage de favoriser la reconversion de l’économie de guerre américaine. La reprise fut assez longue à se matérialiser avec le maintien des rationnements en Europe jusqu’en 1950 et l’apparition des menaces de guerre avec l’URSS. Les États-Unis connurent la récession en 1948 et 1949. 

    Toute épidémie, toute guerre provoque des effets de court et long terme. Dans un premier temps, les femmes et les hommes souhaitent retrouver la vie d’avant, dépenser, sortir. Au-delà de la soif de vie, les crises amènent les entreprises à innover et à changer les méthodes de travail. Il y a également une diffusion plus rapide du progrès, le conservatisme ayant été mis à mal par la nécessité de faire face. 

    Après la Première Guerre mondiale, le taylorisme et le travail à la chaîne se sont développés. De même, après la Seconde Guerre mondiale, la couverture sociale des salariés s’est développée en parallèle avec « l’American way of life ».

    Innovations 

    Après l’épidémie de peste noire, au XIVe siècle, les Européens, dont la moitié avait succombé, se sont mis à être plus aventureux, à monter des expéditions maritimes au long cours. L’épidémie a permis une concentration des capitaux, dont certains ont été affectés à de grands projets. La rareté relative de la main d’œuvre facilita l’émergence de solutions techniques pour accélérer les travaux agricoles. La Renaissance qui concerne tout à la fois les arts, les techniques agricoles, l’industrie et la science de la guerre a été, ainsi, en partie, le produit de la peste noire. Celle-ci a contribué à l’essor de l’imprimerie. Le partage des connaissances s’effectuait avant tout de manière orale jusqu’à la Renaissance. La confection des livres était réalisée par des prêtres. Avec l’épidémie, leur nombre baissa ce qui laissa le champ libre aux imprimeurs. 

    Selon une étude réalisée par le National Bureau of Economic Research des États-Unis, publiée en 1948, la création d’entreprises a connu une forte progression à partir de 1919. La crise sanitaire de covid-19 que ce soit aux États-Unis ou en Europe donne également lieu à un renouveau entrepreneurial. 

    Les épidémies accélèrent l’automatisation des processus de production. Les entreprises souhaitent limiter leur exposition aux maladies en substituant les machines aux hommes. Les robots ne contaminent pas leurs proches et ne tombent pas malades. Depuis le début de la crise sanitaire, ce sont les pays ayant le plus grand nombre de robots qui ont enregistré les reculs les plus faibles de leur PIB, l’Allemagne, les États d’Europe du Nord, le Japon ou encore la Corée du Sud. 

    Les années 1920 ont également été une ère d’automatisation rapide en Amérique. Les industries de l’automobile et du téléphone qui employaient de nombreux salariés ont fait l’objet d’un processus de rationalisation.

    Epargne

    Toutes les grandes épidémies comme les grandes guerres ont amené les ménages à épargner tant en raison de l’impossibilité de dépenser que par crainte de l’avenir. Dans la première moitié des années 1870, lors d’une épidémie de variole, le taux d’épargne des ménages de la Grande-Bretagne avait doublé. Cette épargne a été remise dans les circuits après 1875 avec à la clef une accélération de la croissance. Au Japon, le taux d’épargne avait plus que doublé pendant la première guerre mondiale. Aux États-Unis, durant l’épidémie de grippe espagnole, les ménages ont plus épargné en deux ans que pendant les vingt années qui suivirent. Leur taux d’épargne remonta entre 1941 après la déclaration de guerre des États-Unis et jusqu’à l’armistice du 8 mai 1945 pour atteindre 40 % du PIB. En 2020, le taux d’épargne a augmenté de manière importante dans tous les pays. En France, il est passé de 15 à plus de 20 % du revenu disponible brut. 

    Hausse des salaires

    Dans l’Histoire, les épidémies et les guerres ont provoqué des mouvements de hausse des salaires. Après avoir traversé des épreuves, les revendications salariales se multiplient. Le regard face aux travailleurs tend également à changer. Le débat en France sur la revalorisation de certains métiers en est la preuve. Aux États-Unis, le nouveau Président, Joe Biden, a annoncé une forte augmentation du salaire minimum. 

    Que ce soit en,1835, 1920, en 1945 ou en 2020, les populations sont, après un choc de grande ampleur, généralement plus sensibles aux questions d’inégalité qu’auparavant. Une étude du London School of Economics souligne qu’une majorité des Européens serait favorable à des mesures sociales. Le traitement de la crise sanitaire n’est en rien comparable à celui qui a prévalu après 1832 ou en 1920. Les Etats ont engagé des plans représentant de 5 à plus de 10 % du PIB. Il n’en demeure pas moins que l’opinion publique est en attente d’une protection sociale plus ample.

  • Bras de fer franco-américain sur le conflit israélo-palestinien

    Bras de fer franco-américain sur le conflit israélo-palestinien

    La France et les États-Unis ont engagé à l’ONU un bras de fer sur le conflit israélo-palestinien, première crise ouverte entre les deux alliés depuis l’arrivée au pouvoir de Joe Biden qui avait promis un réengagement américain dans la diplomatie multilatérale. 

    Après huit jours de blocage au Conseil de sécurité des États-Unis à l’adoption d’une déclaration condamnant les violences au Proche-Orient, la France, avec le concours de l’Égypte, la Jordanie et la Tunisie, a dégainé mardi (18 mai) un projet de résolution appelant à une « cessation des hostilités » et à « un accès humanitaire » notamment à Gaza.

    Un isolement croissant des États-Unis

    Sans proposer de date de vote. Bluff ? Pression accrue sur les États-Unis pour qu’ils durcissent leur position à l’égard d’Israël ? Le président américain a réclamé mercredi (19 mai) une désescalade immédiate.

    Et la réponse sèche à la France des États-Unis, qui ont été un des rares membres sur les 15 du Conseil de sécurité à bénéficier d’un accès au texte, selon un diplomate, ne s’est pas fait attendre, avec une menace de veto pure et simple. « Nous avons été clairs et cohérents sur le fait que nous nous concentrons sur les efforts diplomatiques intensifs en cours pour mettre fin à la violence et que nous ne soutiendrons pas les actions qui, selon nous, sapent les efforts en faveur d’une désescalade », a dit à l’AFP une porte-parole de la mission américaine à l’ONU.

    « La position américaine sera tout à fait déterminante […] C’est vrai qu’on a constaté des États-Unis un peu en retrait de tout cela », a déclaré à Paris le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

    « La prolongation des actions ne sert personne. Il faut absolument éviter une offensive terrestre israélienne qui ouvrirait une phase vraiment incontrôlable », a-t-il ajouté, en soulignant que « la première action à mener, c’est la cessation des hostilités le plus vite possible ».« Nous souhaitons vraiment qu’il puisse y avoir des mesures humanitaires très rapidement », a précisé le ministre.

    La politique de Washington, premier allié d’Israël, depuis dix jours à l’ONU n’a pas varié malgré son isolement croissant. Les États-Unis ont rejeté trois propositions de déclarations présentées par la Chine, la Tunisie (représentant le monde arabe au Conseil) et la Norvège. Et ils ont aussi rechigné à l’organisation de réunions du Conseil, quatre depuis le 10 mai, provoquant même le report de l’une d’entre elles finalement tenue dimanche et en public.

    « Une responsabilité collective »

    Du côté des alliés européens traditionnels des États-Unis et même au-delà, c’est l’incompréhension. « Les membres du Conseil ont une responsabilité collective pour la paix et la sécurité internationales. Il est grand temps que le Conseil intervienne, brise son silence et s’exprime », s’est agacée mardi l’ambassadrice d’Irlande, membre non permanent, Géraldine Byrne Nason.

    « Nous demandons simplement aux États-Unis de soutenir une déclaration du Conseil de sécurité qui dirait des choses similaires à celles qui sont dites bilatéralement par Washington », relevait récemment un de ses homologues européens, sous couvert de l’anonymat.

    « C’est un peu étrange si l’on pense à l’attente que nous avions tous d’un retour des Américains dans la diplomatie multilatérale », indique à l’AFP un autre ambassadeur, également sous couvert d’anonymat. « Nous avions pensé aussi que les États-Unis seraient désireux de montrer la pertinence du Conseil de sécurité dans des situations comme celle-ci », ajoute-t-il.

    Des tensions palpables

    Les tensions palpables entre la France et les États-Unis pourraient laisser des traces et affecter d’autres dossiers.

    À l’ONU, les deux pays ont affiché, également mardi, un sérieux désaccord sur l’aide à apporter à la force anti-djihadiste G5 Sahel.

    Paris, très engagé politiquement et militairement dans la région, milite depuis des années pour un soutien financier, logistique et opérationnel de l’ONU à cette force de 5 000 militaires sous-équipés, fournis par le Niger, le Tchad, la Mauritanie, le Mali et le Burkina Faso, et qui peine à convaincre de son efficacité depuis sa création en 2017.

    Sous l’administration républicaine de Donald Trump, cela avait été un refus catégorique et la France espérait bien qu’avec son successeur démocrate Joe Biden, un revirement allait s’opérer. Négatif à nouveau, a fait savoir en début de semaine Washington qui préfère comme sous la précédente administration privilégier l’aide bilatérale plutôt que s’engager dans un financement onusien qui pourrait être sans fin.

  • Retour en France, vaccination obligatoire dès mi-juin ?

    Retour en France, vaccination obligatoire dès mi-juin ?

    Les chefs d’Etats de l’Union européenne se sont accordés pour conditionner l’entrée dans l’espace européen à la vaccination pour tous les voyageurs provenant d’un pays tiers.

    Vaccination obligatoire

    A l’approche de la saison touristique estivale, les ambassadeurs des 27 ont approuvé cette recommandation proposée par la Commission européenne, qui n’est toutefois pas d’application contraignante pour l’instant.

    C’est, cependant, un feu vert à rendre obligatoire la vaccination pour valider son certificat numérique européen pour les non-résidents. En pleines négociations entre les membres de l’Union européenne et la commission sur le périmètre d’application du certificat numérique européen, c’est un signal fort des chefs d’Etats.

    USA/UE : vaccination et réciprocité

    Nous l’indiquions déjà le 26 avril, Ursula von der Leyen tient à verrouiller au maximum les frontières externes de l’Union européenne. L’objectif est d’empêcher toute nouvelle vague au sein des 27 membres et ainsi préserver la circulation interne.

    Elle avait déjà proposé aux USA que les touristes et les non-résidents venant de ce pays ne soient autorisés à visiter l’Europe qu’à condition d’être vacciné. Ce que lui avait concédé Joe Biden qui va imposer lui aussi la vaccination pou passer les frontières américaines. Le « Ok » des ambassadeurs laisse les mains libres à la présidente de la commission pour continuer sa politique.

    Et les nationaux ?

    Il va falloir donc attendre quelques jours que les règles du dispositif du Certificat numérique européen soient précisées pour connaitre les conditions qui seront appliquées aux nationaux et non-résidents des 27 pays membres de l’Union européenne.

    Les conventions internationales prévoient explicitement qu’un Etat ne peut refuser l’entrée de son territoire aux individus détenant sa nationalité. La France a inscrit ce principe dans sa constitution, comme la plupart des textes européens. C’est d’ailleurs sur ce principe que le Conseil d’Etat avait invalidé la décision du gouvernement de conditionner l’accès au territoire pour les expatriés hors de l’UE à des motifs impérieux.

    Voyager ne sera plus jamais aussi simple qu’avant mars 2020 ! Il va falloir s’habituer à un encadrement sanitaire important, qui espérons le chassera le risque d’une nouvelle pandémie…

  • Une reprise cruciale pour l’Institut français à Londres

    Une reprise cruciale pour l’Institut français à Londres

    Le 17 mai, l’Institut français, un lieu centenaire, où rayonne la culture française ouvrira de nouveau ses portes et accueillera son public. Depuis cinq mois, l’Institut était fermé à cause des mesures restrictives du Covid 19. Mais, il avait su se réinventer et proposé de nombreuses activités en ligne. Comme le Festival de la Nuit des Idées qui avait été couronné de succès.

    Un institut réinventé

    Pendant ces mois de fermeture, les bâtiments se sont offert un lifting et pour les visiteurs, un parcours amélioré avec de nouveaux panneaux et écrans pour afficher au mieux l’information.

    Le Centre Culturel, composé du Ciné Lumière aux sièges confortables, de La Médiathèque et du chaleureuxCafé Tangerine, vous recevra de nouveau en respectant les mesures d’hygiène et les gestes barrières

    Un riche programme vous sera proposé, allant des projections de films aux débats animés, des activités pour enfants aux concerts.

     “Nous sommes ravis de vous accueillir de nouveau sur place, car rien ne peut remplacer la magie de regarder un film sur grand écran, de partager une expérience culturelle dans la vraie vie ou de débattre autour d’un verre de vin ; en d’autres termes, être ensemble.”

    Bertrand Buchwalter, le nouveau directeur de l’IF à Londres

    Clap d’ouverture pour le centre culturel

    Le public découvrira des nouveautés et des festivités, dont un foyer totalement rénové avec un nouvel espace, L’Atelier.

    Dédié aux jeunes visiteurs, « L’Atelier » accueillera les classes, les enfants, les adolescents et toute la famille pour profiter, découvrir et apprendre davantage sur la culture et la langue française, dans une ambiance conviviale.

    Il est réalisé grâce aux généreux soutiens des administrateurs ainsi que des mécènes et donateurs auxquels le directeur de l’Institut français tient à exprimer sa gratitude.

    Quant au ciné Lumière, il sera équipé d’un second ascenseur menant au rez-de-chaussée inférieur, où se trouve le deuxième écran Ciné Lumière II.

    Les espaces publics sont désormais 100% accessibles à tous.

    C’est un lieu où l’innovation rencontre le patrimoine. Les magnifiques éléments Art déco sont mis en valeur, avec de nouveaux meubles design ajoutant une touche élégante à l’espace. Un éclairage spécial et un traitement acoustique contribuent à créer une atmosphère agréable.

    Et, la Médiathèque (Bibliothèque pour adultes et Bibliothèque Quentin Blake) ouvrira de nouveau ses portes l’après-midi, du mercredi au samedi, et le Centre linguistique poursuivra ses cours de Français, principalement en ligne, avec un nouveau trimestre d’été à attendre avec impatience, à partir du 8 juin.

    Les festivals à l’honneur

    Côté événements, l’Institut français organisera la 4eme édition du Festival de littérature Beyond Words qui aura lieu sur place et en ligne, à vous de choisir. Lors du festival dédié au meilleur de la littérature française en traduction anglaise, une grande sélection sera présentée, comprenant les auteurs acclamés Maylis de Kerangal, Laurent Binet, Ananda Devi, Douglas Stuart ou Éric Vuillard, et de nouvelles voix comme Rebecca Watson, Alice Zeniter, Julia Kerninon et Delphine Minoui, pour n’en citer que quelques-uns. Un programme riche et diversifié, complètement renouvelé.

    De plus, une multitude de nouveaux films sera proposée pour toute la famille, dont une avant-première du film The Father, lauréat des Oscars et des BAFTA 2021 en présence scénariste Christopher Hampton et le chef décorateur Peter Francis. Et, beaucoup d’autres films européens seront à voir comme Nomadland ou The Human Voice dePedro Almodóvar.

    Un nouvel air franco-britannique

    Bertrand Buchwalter s’inspire de la devise  » la « Nuit des idées » de cette année, « Ensemble »

    Ensemble nous avons la force de traverser ces moments difficiles, et ensemble l’Institut nous rapproche. Avec nos amis britanniques, nous continuerons à tisser un avenir commun, non seulement à Londres, mais aussi dans tout le Royaume-Uni, en profitant de nos programmes phares franco-britanniques qui soutiennent les artistes et la création des deux côtés de la Manche. Ensemble, nous continuerons d’imaginer un avenir meilleur, plus inclusif et plus durable. »

    Bertrand Buchwalter, le nouveau directeur de l’IF à Londres

    Le directeur et son équipe se réjouissent d’accueillir à nouveau du public à l’Institut depuis le lundi 17 mai. Sans aucun doute la communauté française à Londres est heureuse de retrouver l’Institut français et de déguster le délicieux gâteau à la polenta et à l’orange au Café Tangerine ou de regarder un film au Ciné Lumière.

  • La Chine, l’Inde et le reste du monde…

    La Chine, l’Inde et le reste du monde…

    Deux géants. Deux géants qui, à eux seuls, représentent plus du tiers de la population mondiale : 19% pour la Chine (1,44 Milliard d’habitants), 18% pour l’Inde (1,39 Milliard). Deux voisins qui, au cœur du continent asiatique, ne pouvaient pas ne pas entrer tôt ou tard en confrontation, tout en se ménageant, par respect l’un pour l’autre, de longues plages de coopération, voire d’amitié.

    La religion y est pour quelque chose, même si le bouddhisme, passé de l’Inde à la Chine (on pense au fameux « Voyage vers l’ouest » du moine Xuan Zang au VIIème siècle), a quasiment disparu de la première pour s’installer durablement dans la seconde sous ses formes Mahayana et tantrique (au Tibet et en Mongolie). Et le commerce également qui, à certaines périodes, fut assez intense comme en attestent les échanges entre les Chola tamouls et la dynastie Song au XIème siècle. Dans la période contemporaine, c’est bien souvent la confrontation qui prit le dessus mais sous l’influence de puissances étrangères, notamment de la Grande-Bretagne.

    Une rivalité dans le cadre du « grand jeu »

    Les choses vont devenir sérieuses avec la première guerre de l’opium, qui aboutit en 1842 à la cession de Hong Kong à la Grande-Bretagne. L’opium venait de l’Inde, de même que les soldats Gurkhas qui assurèrent la défense de Hong Kong jusqu’à la fin du XXème siècle. Puis ce fut la question tibétaine. Là encore les deux principaux intéressés se sont trouvés pris dans des rivalités qui n’étaient pas de leur fait. C’est en effet dans le cadre du « Grand Jeu », qui opposa les empires russe et britannique en Asie centrale, que l’Angleterre, soupçonnant la Russie d’avoir des vues sur le Tibet, envahit ce dernier et imposa, le 17 septembre 1904, une convention avec le seul Tibet qui devenait un quasi-protectorat de l’Inde (britannique). Pékin, qui n’avait pas reconnu cet accord, obtint, le 27 avril 1906, le traité de Pékin qui plaçait le Tibet sous la suzeraineté de la Chine, ce qui amena le 13ème Dalai Lama (le « grand treizième ») à se réfugier en Inde en 1910. 

    La révolution de 1911 en Chine rebattit les cartes : le Dalai Lama revint à Lhassa en 1913 et l’Angleterre, profitant de l’instabilité de la jeune République de Chine, obtint que le traité de Simla (3 juillet 1914) reconnût la fameuse ligne McMahon comme frontière entre la Chine et l’Inde. Cette ligne attribuait à l’Inde le Ladakh et la North-East Frontier Agency ou NEFA (devenue depuis l’Etat d’Arunashal Pradesh), an nord de l’Assam. La grande voyageuse française Alexandra David-Néel dénonça à l’époque la mainmise de l’Angleterre sur le Tibet : Londres considérait en effet que Pékin exerçait une suzeraineté sur le Tibet et non la souveraineté.

    On voit qu’il s’agissait d’une rivalité entre la Grande-Bretagne et la Chine et non pas entre l’Inde et la Chine. D’ailleurs, dès l’indépendance de l’Inde, Londres cessa de s’intéresser au Tibet et Nehru refusa de reprendre à son compte les positions britanniques. Le 1er janvier 1950, Pékin et New-Delhi établirent des relations diplomatiques et le 29 avril 1954, un accord sur la frontière fut signé pour huit ans, sur la base des cinq principes de coexistence pacifique. Un an plus tard, à Bandung, Nehru et Zhou Enlai siégeaient côte à côte et apparaissaient comme les leaders de ce que l’on allait appeler le Tiers Monde. Mais les pressions de Pékin sur le Tibet s’accentuèrent et l’Armée Populaire de Libération l’envahit  en 1959. Incapable de résister, le 14ème Dalai Lama (l’actuel), se réfugia à Dharamsala, en Inde donc, et l’accord de huit ans ne fut pas reconduit.

    En 1962, la guerre sino-indienne

    En octobre 1962, c’est une véritable guerre qui opposa l’Inde et la Chine, sur toute la longueur de la frontière. Les armées chinoises s’emparèrent rapidement de l’Aksai Chin (la corne nord-est du Ladakh, au nord du Cachemire) et franchirent rapidement la ligne McMahon à l’est pour envahir la NEFA et menacer les plaines de l’Assam. Cette démonstration de puissance de la Chine créa une véritable émotion au niveau mondial, l’équilibre régional se trouvant sérieusement menacé. Mais Pékin arrêta son offensive et les armées chinoises se retirèrent au nord de la ligne McMahon. Que s’était-il passé ? Pékin avait-elle subi des pressions de la part des puissances étrangères ? On pense surtout à l’URSS, qui se présentait en protecteur de l’Inde, et qui n’allait d’ailleurs pas tarder à rompre ses relations avec la Chine. Ou peut-être les dirigeants chinois ont-ils fait preuve de sagesse et voulu préserver l’avenir de leurs relations avec l’Inde. 

    Il y a eu depuis de nombreux incidents de frontière, plus ou moins graves, notamment à Nathula et Chola au Sikkim en 1967, ou, dernier en date, à Galwan, au Ladakh, le 16 juin 2020. A l’heure actuelle, l’Aksai Chin est toujours occupé par la Chine et revendiqué par l’Inde, et l’Arunashal Pradesh (ex-NEFA) est toujours aux mains de l’Inde et revendiqué par Pékin. La Chine continue de faire peser des menaces sur ce segment oriental de la frontière. Elle est en train de construire sept barrages sur le Brahmapoutre, dont elle dit qu’ils serviront à produire de l’électricité et à réguler le cours du fleuve, mais qui pourraient aussi constituer d’énormes réserves d’eau capables de noyer tout le centre de l’Assam.

    Les voisins de mes voisins.

    Les voisins immédiats de l’Inde ne peuvent pas ne pas se ressentir de cette rivalité. Le Pakistan, tout d’abord, que trois guerres successives ont opposé à l’Inde, la troisième, en 1971, ayant abouti à la sécession du Pakistan oriental et à la création du Bangladesh. Dans ce conflit, Moscou soutint New-Delhi tandis que Pékin était du côté d’Islamabad. Le Premier ministre pakistanais, Ali Bhutto, devint un allié inconditionnel de la Chine.

    Le Népal, quant à lui, a connu des avatars politiques dignes de l’Antique. A la suite de l’assassinat de la quasi-totalité de la famille royale en 2001 et de la victoire aux élections de 2008 du Parti communiste unifié (maoïste), la monarchie fut abolie. Le 28 octobre 2015, c’est la candidate du Parti Marxiste-Léniniste Unifié, Mme Bidya Devi Bhandari qui fut élue Présidente de la république. En décembre 2019, le Premier ministre (marxiste-léniniste) demanda le retrait des troupes indiennes qui stationnaient au Népal depuis 1960, alors que le Premier ministre indien, Narendra Modi, avait revendiqué la région de Kalapani. Actuellement, la situation est un peu confuse puisqu’il existe deux factions au sein du Parti Communiste Népalais, l’une pro-chinoise et l’autre pro-indienne. On ne peut dire, de la Chine ou de l’Inde, qui tirera le plus de profit de cette situation. Quant au Bhoutan, dont on parle peu, il n’échappe pas à l’attention de Pékin qui aurait créé un nouveau village, Gyalaphug, dans une zone revendiquée par la Chine mais reconnue, au plan international, comme faisant partie du district de Lhuntse, au nord du Bhoutan. Le grignotage continue.

    Une nouvelle dimension 

    Depuis quelques années, la rivalité sino-indienne a pris une nouvelle dimension. Elle s’est en quelque sorte internationalisée. Pour deux raisons principales :

    – d’une part le durcissement de l’Inde et son rapprochement avec les Etats-Unis. Tout le monde a pu voir, lors de la visite d’Etat du Président américain à Delhi en février 2020, que Modi et Trump s’entendaient à merveille.

    – d’autre part, le projet de Nouvelles Routes de la Soie (Belt and Road Initiative) lancé par le Président chinois Xi Jinping. Il est clair que l’Inde, par sa situation géographique, gêne. Elle constitue un énorme bloc, séparé de la Chine par les plus hautes montagnes. Un bloc qu’on ne peut traverser mais qu’on peut contourner. C’est à cela que s’attache la Chine.

    Le contournement de l’Inde par la voie maritime s’appuie principalement sur la création de trois ports, l’un en Birmanie, Kyaukpyu, le second au sud de Sri Lanka, Hambantota, et le dernier au Pakistan, à Gwadar, au débouché de la route de Kashgar (au sud-ouest du Xinjiang) qui traverse le Karakorum et constitue ce qu’on appelle le Corridor Economique Sino-pakistanais (CPEC).

    Ces entreprises de contournement ne pouvaient que déplaire à l’Inde, qui veille jalousement sur la région des Andaman et des Nicobar, dans le golfe du Bengale. Un Commandement des Andaman et Nicobar a été créé en 2001 avec pour tâche principale de surveiller le détroit de Malacca. De l’autre côté de la péninsule indienne, le commandement de la Marine nationale indienne est établi à Cochin, au Kerala, entre Sri Lanka et le Pakistan. 

    Une alliance pour l’Inde

    Mais cela ne suffit pas et l’Inde cherche à créer une sorte de cordon de sécurité autour de la Chine, une sorte de seconde ligne de « containment ». C’est ainsi que le QUAD (Quadrilateral Security Dialogue) a été créé en 2007 et relancé en 2017. Il réunit l’Inde, l’Australie, le Japon et les Etats-Unis et n’est censé fournir qu’un cadre de discussion mais début novembre 2020, les Marines de ces quatre pays, auxquels s’était joint Singapour, ont participé à l’exercice annuel « Malabar », dans le golfe du Bengale. Au même moment était lancé le cinquième des six sous-marins de classe Scorpène développés et fabriqués par la France. Une réunion des Ministres des Affaires étrangères a eu lieu le 6 octobre 2020 et un Sommet le 12 mars 2021. Et il est question d’élargir le QUAD et d’y inclure les pays de la région partageant les mêmes valeurs (« like-minded countries ») comme la Corée du sud, la Nouvelle-Zélande, voire le Vietnam.

    Des accords de coopération pour la Chine

    De son côté, la Chine joue la carte de la séduction et du développement économique. Elle participe aux réunions des BRICS, où elle retrouve l’Inde. Elle crée en 2001 l’Organisation de coopération de Shanghai, à laquelle se joignent en 2017 l’Inde et le Pakistan. Et, coup de maître, elle lance en novembre 2020 un accord de libre-échange Asie-Pacifique avec 14 autres pays mais dont les Etats-Unis sont exclus (on a parlé du « dernier échec de Trump ») et auquel l’Inde refuse de participer, peut-être par crainte d’être submergée par les produits chinois (M. Modi n’est apparemment pas aussi naïf que M. Raffarin, qui estime que les nouvelles routes de la soie permettront la circulation des produits « dans les deux sens »).

    La France dans le jeu

    La France ne reste pas les bras croisés. Elle est l’une des principales puissances des deux océans Indien et Pacifique. Dans l’océan Indien elle peut revendiquer de très larges régions maritimes définies par les Zones Economiques Exclusives autour des Kerguélen, des Crozet, de Saint-Paul et d’Amsterdam, sans oublier bien entendu nos deux Départements d’Outre-mer de la Réunion (où sont basées les unités de notre Marine) et de Mayotte, ainsi que les îles Eparses autour de Madagascar. 

    Dans l’océan Pacifique, nous sommes présents en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Wallis et Futuna et à Clipperton (la ZEE autour de ce petit atoll est à peu près de la taille de la France métropolitaine). Malheureusement, nous n’avons pas les moyens de surveiller toutes ces zones et nos ressources halieutiques sont allègrement pillées, soit par les Chinois dans l’océan Indien, soit par les Américains (qui ne reconnaissent pas la Convention de Montego Bay) autour de Clipperton. Une coopération avec la Marine indienne, dans ces conditions, ne pourrait être que bénéfique. Et d’ailleurs, lors de la visite de M. Le Drian en Inde le 14 avril dernier, il a été annoncé que la France allait rejoindre l’IPOI (Indo-Pacific Oceans Initiative) créé par le Premier ministre indien Modi en novembre 2019, pour assurer la sécurité et la stabilité dans le domaine maritime.

    Coopération maritime et militaire 

    Mais que faire dans le Pacifique, où les ambitions chinoises sont de plus en plus visibles ? Nous avons déjà fait preuve de faiblesse (d’irresponsabilité ?) en autorisant Pékin à ouvrir un Consulat Général à Papeete où la minorité chinoise, peu nombreuse mais très active, était plutôt jusqu’alors proche de Taipei mais pourrait changer d’allégeance (on peut compter, pour cela, sur l’activisme des diplomates de Pékin). Mais la situation est encore plus inquiétante en Nouvelle-Calédonie où le référendum de 2022 pourrait bien déboucher sur l’indépendance. Compte tenu de l’importance stratégique et économique de la Grande-Ile, il n’y a pas à douter que la Chine ne demanderait pas mieux que de prendre notre place. Il faudra prendre sérieusement cet élément en considération s’il doit y avoir des négociations sur l’indépendance avec les Calédoniens. Et il ne faudra pas sous-estimer le pouvoir d’attraction du yuan qui a permis à Pékin, au cours des dernières années, d’arracher à Taipei la reconnaissance diplomatique de Panama et des îles Salomon.

    Gérard Chesnel

    Ancien Ambassadeur de France

    Cofondateur de Geopragma

  • La CEDH valide le refus de reconnaître la filiation d’un enfant né d’une GPA à l’étranger

    La CEDH valide le refus de reconnaître la filiation d’un enfant né d’une GPA à l’étranger

    La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a avalisé mardi la décision des autorités islandaises de ne pas reconnaître « un lien parental » entre un couple de femmes et un enfant né d’une GPA à l’étranger, dans la mesure où la « vie familiale » avait été préservée.

    La gestation pour autrui

    La cour avait été saisie par ce couple de femmes islandaises mariées, « parents d’intention » d’un garçon né par gestation pour autrui (GPA) aux Etats-Unis.

    Les deux femmes avaient demandé l’inscription à l’état civil islandais du garçon comme leur fils, et comme citoyen islandais.

    Si l’enfant avait bien obtenu la nationalité islandaise, les deux femmes, n’ayant pas de lien biologique avec lui, n’avaient pas été enregistrées comme ses parents, la GPA étant interdite en Islande.

    L’enfant avait fait l’objet d’une mesure de placement en « accueil familial » auprès du couple de femmes. Celles-ci avaient également pu entamer une démarche d’adoption, interrompue lorsqu’elles avaient divorcé.

    Reconnaissance du lien de filiation non obligatoire

    Saisie de ce dossier, la CEDH a jugé qu’il n’y a pas eu de violation du droit au respect de la vie privée et familiale, garanti par la Convention européenne des droits de l’Homme.

    Les magistrats européens ont souligné que l’Etat islandais « avait pris des mesures pour protéger la vie familiale des requérants ».

    Ils ont également rappelé que les États disposaient d’une « marge d’appréciation » compte tenu des « questions éthiques que pose la GPA ».

    Selon la jurisprudence de la CEDH, la reconnaissance du lien de filiation entre un enfant et sa mère d’intention ne s’impose pas aux 47 Etats membres du Conseil de l’Europe dont elle est le bras judiciaire. Toutefois, lorsque ce lien n’est pas reconnu, d’autres modalités doivent être envisagées, comme l’adoption.

    « L’impossibilité générale et absolue » d’obtenir la reconnaissance du lien entre un enfant né d’une GPA pratiquée à l’étranger et la mère d’intention « n’est pas conciliable avec l’intérêt supérieur de l’enfant », souligne ainsi la CEDH.

    Cette décision rendra donc difficile de s’opposer à un éventuel refus de reconnaitre le lien familial du Conseil d’Etat. Un long combat qui s’annonce comme celui pour les parents divorcés au Japon.

    Pour rappel, le principe français

  • France : l’euphorie des terrasses

    France : l’euphorie des terrasses

    Notre pays ne déroge pas à sa réputation, il aime la table. Privés de restaurants depuis des mois, nos compatriotes se sont jetés sur les terrasses dès les premières heures du matin… Quelque soit la météo, les Français retournent au restaurant, même les chaines télé faisaient leurs matinales depuis les cafés parisiens. Mais d’autres allégements se concrétisent aujourd’hui. On fait le point sur les mesures.

    Actualité CORONAVIRUS : Controle de Police Municipale vérifiant l’attestation de déplacement dérogatoire à Eaubonne (95)

    Couvre-feu à 21h

    Depuis le 3 mai dernier, plus question d’attestation pour vos déplacements de 10 km ou plus. Plus de limite non plus si vous voulez sortir de votre département ou région. Mais le couvre-feu était resté fermement en place à 19h. Ce sera donc une des principales mesures en place ce 19 mai : le recul du couvre-feu à 21h. Pratique pour les retours de week-end un peu tardifs, ou coincés dans les bouchons. Mais attention : les attestations dérogatoires seront nécessaires passé cette heure.

    Cinémas, théâtres et spectacles 

    Retour également des cinémas, des théâtres et des spectacles, mais là encore les restrictions sont strictes. La jauge est fixée à 35% de leur capacité d’accueil, avec un maximum de 800 personnes dans une même salle. Ces jauges devraint être remontées à 65% le 9 juin, et enfin 100% le 30 juin. Attention, il faut garder les masques même une fois assis.

    Magasins et centres commerciaux

    Les commerces classés comme « non-essentiels » ont aussi pu rouvrir leurs portes, avec une limite de 8m2 par client. Une limite qui devrait être abaissée à 4m2 le 9 juin prochain, avant d’être supprimée le 30 juin.

    Terrasses à 50%

    Les terrasses des restaurants, des cafés et des bars sont donc autorisées à rouvrir. Pour le moment, et jusqu’au 9 juin prochain, la capacité des terrasses est limitée à 50% de leur potentiel, avec 6 personnes par table au maximum. L’intérieur des restaurants et des bars resteront fermés au moins jusqu’au 9 juin. Attention, il faut là aussi garder les masques à table, en dehors, évidemment, des moments de consommation effective.

  • Lancement poussif de la campagne des Consulaires

    Lancement poussif de la campagne des Consulaires

    Ce 17 mai marquait le lancement de la campagne des Consulaires 2021. Le soir même, le Secrétaire d’Etat aux Français établis hors de France, Jean-Baptiste Lemoyne tenait une réunion avec les parlementaires et le président de l’Assemblée des Français de l’étranger, Marc Villard.

    Singapour, Cambodge, Malaisie, Philippines, Inde, Madagascar, Canada

    Pour les Français expatriés à Singapour, au Cambodge, aux Philippines ou en Inde, il n’y aura pas d’élections à priori. La situation de la pandémie à Madagascar et en Malaisie n’évoluant pas, les scrutins seront aussi surement décalés. En Ontario, au Canada, il reste, là aussi, une inconnue quant à la possibilité de tenir l’élection

    L’administration consulaire rendra publique les circonscriptions concernées le vendredi 21 mai soit le jour de l’ouverture du vote électronique. Le prestataire ne pouvant intervenir dans un délai aussi court, se pose la question du devenir des votes qui auront été validés dans l’intervalle. Les garder pour les prochaines élections ? Les supprimer ? Un détail technique mais qui aura tous son sens lors du décompte des votes.

    Des SMS mal identifiés

    A peine commencée, la campagne pour le vote électronique se trouve confrontée à la réalité du terrain. Ce 17 mai, les Français enregistrés au registre consulaire, et qui avaient communiqué leur numéro de téléphone, ont reçu un SMS du MEAE, comprendre du Ministère des Affaires étrangères et européennes. Alors que les alertes sur les piratages se multiplient dans le monde, par réflexe les électeurs, sans autre indication, ont préféré supprimer le code qui devait valider leur vote.

    Jean-Baptiste Lemoyne a indiqué qu’il était possible de se faire renvoyer le SMS. Pour cela, il existe une méthodologie. Dans ce cas, vous pouvez obtenir un nouveau mot de passe en cliquant sur le lien « Mot de passe perdu ou non reçu » sur la page de connexion du portail de vote, que vous avez reçu par mail :

    1. Renseignez votre numéro d’identification consulaire (NUMIC) ainsi que votre adresse électronique.
    2. Cliquez ensuite sur le lien que vous aurez reçu par courriel.
    3. Renseignez enfin votre identifiant reçu par courriel : votre nouveau mot de passe s’affichera à l’écran. Copiez-le et conservez-le précieusement.

    AFE et sénatoriales

    Des élections consulaires, qui sont des scrutins directs par le peuple, dépendent deux élections indirectes celle des Conseillers à l’Assemblée des Français de l’étranger et celle des Sénateurs.

    Pour Marc Villard, renouveler l’AFE par circonscription, comme le prévoit l’amendement du gouvernement voté la semaine dernière, n’a pas de sens. Elle ne peut pas non plus se constituer partiellement lors de la session prévue en octobre. Pour son président, l’AFE ne pourrait être renouvelée qu’après la sénatoriale. Les trois groupes de l’Assemblée des Français de l’étranger soutiennent la proposition de Marc Villard.

    Du coté des sénatoriales, Evelyne Renaud-Garabedian (ASFE- assimilée LR) rappelle que le Conseil constitutionnel a été très clair, il faut un collège électoral renouvelé à plus de 50%. Les élections devraient donc pouvoir se tenir normalement à la rentrée 2021.

    Le Sénat vote l’amendement remanié

    Le dernier round, à quelques heures de l’ouverture du vote électronique, s’est déroulé ce mardi 18 mai au Sénat qui a voté un amendement que les sages avaient remanié.

    Pour les sénateurs, le calendrier, par l’Assemblée nationale, prévu pour d’éventuelles élections partielles laisse dubitatif. Beaucoup de nos compatriotes résidant à l’étranger rentrent en France pendant les vacances estivales, et ne pourraient donc voter (du moins à l’urne) si une élection partielle était convoquée en juillet ou en août, indiquent-ils.

    Pour ces raisons, les Sénateurs ont modifié l’amendement. Celui du Sénat prévoit que, dans les circonscriptions où l’élection consulaire prévue les 29 et 30 mai 2021 n’aurait pas pu être organisée du fait de la situation locale, une élection partielle devrait être organisée entre le mois d’octobre et le mois de décembre 2021, dès que la situation sanitaire le permettrait.

    Le gouvernement s’est montré hostile à cette proposition, voulant lui des élections au plus tard, en septembre 2021. Une commission paritaire d’urgence va se réunir entre les représentants de l’Assemblée nationale et du Sénat. La constitution étant faite ainsi, ce sont les députés qui auront le dernier mot.

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