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  • Ukraine : la reconnaissance des régions séparatistes par Vladimir Poutine pousse l’UE à adopter des sanctions

    Ukraine : la reconnaissance des régions séparatistes par Vladimir Poutine pousse l’UE à adopter des sanctions

    La reconnaissance par le Président russe Vladimir Poutine des Républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Louhansk, dans l’est de l’Ukraine, ce lundi 21 février, devrait contraindre l’Union Européenne à accélérer sa décision d’imposer des sanctions à Moscou.

    Alors que les ministres des Affaires étrangères de l’UE se réunissaient à Bruxelles, M. Poutine a présidé une réunion soigneusement mise en scène de son puissant Conseil de sécurité nationale au cours de laquelle de hauts responsables de l’administration ont demandé à Moscou de reconnaître l’indépendance des deux régions ukrainiennes contrôlées par les rebelles.

    « Ceux qui ont choisi la voie de la violence, de l’effusion de sang et de l’anarchie n’ont pas reconnu et ne reconnaissent pas d’autre solution au problème du Donbas que la voie militaire », a déclaré M. Poutine dans une allocution télévisée, après avoir discouru pendant près d’une heure.

    « C’est pourquoi je pense qu’il est nécessaire de prendre la décision, attendue depuis longtemps, de reconnaître sans délai l’indépendance et la souveraineté de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Louhansk », a-t-il déclaré.

    Kiev peut maintenant soit accepter la perte d’une énorme partie du territoire, soit risquer d’être entraînée dans une escalade militaire avec son voisin beaucoup plus puissant, qui aurait massé près de 190  000 soldats à ses frontières selon les responsables occidentaux.

    Ces derniers jours, ceux-ci ont averti que les dirigeants séparatistes avaient entrepris des opérations « sous faux drapeau », cherchant apparemment à créer un prétexte pour une intervention militaire russe en Ukraine.

    Les autorités séparatistes ont également lancé une évacuation de civils à grande échelle, affirmant qu’il y aurait une attaque imminente des forces armées ukrainiennes.

    Le Président ukrainien Volodymyr Zelenskiy a nié à plusieurs reprises ces allégations et a déclaré que ses forces avaient reçu l’ordre de rester calmes.

    cracked concrete wall with painted eu, russia and ukraine flags ©Stock Adobe

    Des sanctions, mais quand ?

    La décision russe met l’UE au pied du mur et l’oblige à mettre à exécution ses menaces de sanctions.

    Avant l’annonce de Poutine, Josep Borrell, le chef de la diplomatie du bloc, avait confié aux journalistes dans la matinée que, si nécessaire, il convoquerait une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l’UE pour « présenter les sanctions au moment opportun », lesquelles pourraient ensuite recevoir le feu vert politique et être approuvées via la phase écrite de la procédure d’imposition de sanctions.

    Selon un diplomate européen, l’un des scénarios envisagés était de savoir si les États membres décideraient d’imposer des sanctions à la Russie si celle-ci venait à reconnaître les Républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Louhansk dans l’est de l’Ukraine.

    « S’il y a annexion, il y aura des sanctions, et s’il y a reconnaissance, je mettrai les sanctions sur la table et les ministres décideront », a déclaré M. Borrell aux journalistes après la réunion des ministres des Affaires étrangères du bloc à Bruxelles qui a duré près de dix heures.

    « Nous appelons le Président Vladimir Poutine à respecter le droit international (…) Nous sommes prêts à riposter en faisant un front uni et fort au cas où il déciderait d’ignorer ces appels », a annoncé M. Borrell aux journalistes.

    La décision de la Russie a annulé de facto les accords de paix de Minsk de 2015, qui visaient à résoudre le conflit entre la Russie et l’Ukraine, et a torpillé une tentative de dernière minute de l’Occident d’organiser un sommet pour éviter la guerre.

    Au cours des derniers mois, l’UE s’est employée à dresser une liste de sanctions en représailles à une éventuelle agression militaire de Moscou, sans pour autant divulguer trop de détails sur son contenu, tandis que le seuil de déclenchement de ces mesures punitives restait à déterminer.

    Selon plusieurs diplomates européens, une « grande majorité » s’est dégagée lundi en faveur de « sanctions claires et rapides », tandis qu’une poignée seulement est restée du côté de la prudence pour « attendre et voir ce que M. Poutine fera ».

    Dans une déclaration en réaction à cette reconnaissance russe de Donetsk et de Louhansk, les dirigeants de l’UE ont déclaré que le bloc répondrait par des sanctions « contre ceux qui sont impliqués dans cet acte illégal ».

    Toutefois, cela suggérerait des sanctions individuelles et ciblées plutôt que de mettre en œuvre le paquet de sanctions en tant que tel, ce qui risque de ne pas être bien accueilli par les fervents partisans d’une réponse plus ferme à l’égard de Moscou.

    L’Ukraine et l’Europe de l’Est font pression

    Les États-Unis et leurs alliés européens ont déclaré que toute attaque déclencherait des sanctions sévères à l’encontre de Moscou, mais Kiev souhaite que celles-ci soient imposées dès à présent. C’est en tout cas ce qu’a déclaré le ministre des Affaires étrangères ukrainien, Dmytro Kuleba, à Bruxelles plus tôt dans la journée de lundi.

    « Nous attendons que des décisions soient prises », a déclaré M. Kuleba aux journalistes dans la matinée.

    « Nous pensons qu’il y a des motifs valables et légitimes pour imposer au moins certaines sanctions dès maintenant afin de démontrer que l’UE ne se contente pas de parler de sanctions, mais qu’elle joint également le geste à la parole », a-t-il ajouté.

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que l’UE et ses partenaires réagiraient « avec unité, fermeté et détermination », mais que la décision finale revenait aux États membres.

    La Lettonie et la Lituanie ont soutenu la demande d’imposer immédiatement certaines sanctions prévues à l’encontre de la Russie pour « montrer que l’UE réagit », contrairement à la majorité des États membres de l’UE.

    Le ministre lituanien des Affaires étrangères, Gabrielius Landsbergis, a estimé que l’UE « devrait envisager plus qu’une simple invasion » pour déclencher des sanctions, car l’Ukraine subit déjà des conséquences économiques et autres du renforcement militaire russe à ses frontières.

    « Certaines choses ont déjà commencé, elles entraînent déjà un coût, et elles devraient justifier une réponse », a expliqué M. Lansbergis aux journalistes à Bruxelles.

    Un fonctionnaire de l’UE a confié à EURACTIV que « nous sommes maintenant dans une période exceptionnelle et les exceptions à la procédure habituelle sont toujours possibles — à condition que les États membres en conviennent [à l’unanimité], ils peuvent proposer des solutions nouvelles, flexibles et innovantes [à condition que le traité le permette] afin que les sanctions soient adoptées rapidement ».

    Au-delà des sanctions contre la Russie, la Lituanie a également appelé l’UE à imposer des sanctions supplémentaires à la Biélorussie pour avoir accueilli des troupes russes sur son territoire, suggérant que de telles mesures pourraient cibler les exportations de pétrole et de potasse et ainsi combler les failles dans les sanctions qu’elle a déjà imposées à l’encontre de Minsk.

    « Nous devons être très clairs sur le coût du renforcement actuel pour la Biélorussie », a expliqué M. Landsbergis aux journalistes à Bruxelles.

  • Présidentielle et discours xénophobes

    Présidentielle et discours xénophobes

    Chrysoula Zacharopoulou, députée européenne du groupe Renew, se confie sur les propos blessants de certains discours de la campagne présidentielle. 

    La gynécologue de formation et coprésidente du mécanisme Covax a passé un tiers de sa vie en Grèce, un autre en Italie et le dernier en France. Invitée sur le plateau de TV5MONDE, elle se désole des discours xénophobes entendus en France en cette période électorale. Elle revient d’ailleurs sur l’expression “Français de papiers” tenue par la candidate LR Valérie Pécresse lors d’un meeting au Zénith de Paris le 13 février. 

    Elle se dit “très fière d’être Française” et se sent citoyenne de l’hexagone car elle porte en elle les valeurs du pays et les défend. L’eurodéputée entend donc continuer à combattre les discours divisionnaires et haineux qui ne “sont pas à la hauteur de ce pays”. 

    Valérie Pécresse en meeting – ©AFP-Fred MARVAUX

    Un reportage de TV5MONDE 

  • La BCE prépare son changement de cap monétaire

    La BCE prépare son changement de cap monétaire

    Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque Centrale Européenne, et François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, qui ne sont pas les défenseurs les plus zélés de l’orthodoxie monétaire ont, cette semaine, appelé à la fin des achats nets d’obligations dans le cadre du programme d’achats d’actifs (APP – asset purchase programme). Ils justifient leur position par la nouvelle hausse record de l’inflation en janvier et par la baisse du chômage qui a atteint son plus bas niveau historique de 7 % dans la zone euro.

    Isabel Schnabel a déclaré que « le risque d’agir trop tard a augmenté ». Lancé en 2015 pour éviter la déflation, le programme d’achats avait été arrêté en 2018 avant d’être repris avant même la crise sanitaire, à la fin de l’année 2019, dans un climat économique morose. Le taux d’inflation stagnait alors autour de 1,2 %. François Villeroy de Galhau dans un discours à la London School of Economics a indiqué qu’il fallait désormais faire redescendre l’inflation vers la cible de 2 %. Il a déclaré qu’il « n’y a plus vraiment de raison aujourd’hui d’appuyer sur la pédale d’accélérateur en augmentant notre stock d’actifs ». Il a ajouté également que « maintenir sans limitation les achats nets d’actifs jusqu’à octobre ne semble pas approprié, car cela nous lie les mains trop longtemps ». Le gouverneur de la Banque de France propose de renforcer le rythme de réduction des achats annoncé lors de la réunion de décembre.

    À l’époque, pour atténuer les effets de la fin du programme spécial pandémie (PEPP), il avait été prévu une augmentation temporaire de l’enveloppe de l’APP en mars, puis une diminution progressive chaque trimestre. Il recommande de procéder à des ajustements tous les deux mois, voire tous les mois, afin d’arriver à un arrêt des acquisitions nettes « au cours du troisième trimestre ».

    François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France

    Hausse des taux d’intérêts

    La perspective d’une fin des achats de l’APP a provoqué une hausse des taux d’intérêt des pays d’Europe du Sud. Le taux italien à 10 ans a atteint, mercredi, 2 %, un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis mai 2020. Le pays est l’un des premiers bénéficiaires du soutien de la Banque centrale. Isabelle Schnabel n’a, par ailleurs, pas exclu une remontée des taux directeurs de la Banque centrale d’ici la fin de l’année tout en temporisant. Elle a précisé que la remontée des taux pourrait survenir à la fin du processus d’arrêt des rachats nets d’actifs. François Villeroy de Galhau propose de supprimer cette indication temporelle pour offrir plus de souplesse à la BCE afin notamment de prendre en compte l’évolution des perspectives économiques à l’automne.

  • Ukraine : les Français hésitent

    Ukraine : les Français hésitent

    Alors que la tension et l’incertitude sont à leur comble à la frontière ukrainienne, le gouvernement français appelle désormais tous ses ressortissants à quitter l’Ukraine. Le ministère des Affaires étrangères appelle ceux se trouvant dans les zones les plus exposées au risque de guerre dans l’est du pays à s’en éloigner « sans délai ».

    https://twitter.com/FranceenUkraine/status/1495070240677453825?s=20&t=DAKLqhAHmGAj7LuT5dwzuA

    Négociations diplomatiques

    Alors qu’un sommet entre les présidents américain Joe Biden et russe Vladimir Poutine sur l’Ukraine est « possible », signe d’une accalmie, les Français sur place hésitent. Conscients que les clés sont dans les mains du maître du Kremlin, l’inquiétude grandit. Cependant la présidence française déclare, après une série d’échanges entre Emmanuel Macron et ses deux homologues, qu’« Il est possible aujourd’hui d’aller vers un sommet, de réunir les parties prenantes », certains Français sur place veulent y croire.

    Transport difficile

    De toute façon, ont-ils réellement le choix ? La compagnie aérienne Air France a annoncé la décision de mettre fin à ses rotations hebdomadaires dès ce lundi 21 février, « au regard de la situation sur place et à titre conservatoire ». Dans un communiqué, elle ajoute qu’elle « réévaluera régulièrement la situation et rappelle que la sécurité et sûreté des vols, de ses clients ainsi que de ses équipages, est un impératif absolu ». Jusqu’à présent, Air France assurait deux rotations par semaine entre Paris et Kiev, le mardi et le dimanche. La compagnie néerlandaise KLM, qui appartient à la même alliance, a de son côté suspendu jusqu’à nouvel ordre tous les vols dans l’espace aérien ukrainien depuis le 12 février. 

    Les compagnies allemandes, américaines ou du golfe ont déjà pris de telles mesures depuis la semaine dernière. Si les expatriés veulent quitter l’Ukraine, il ne reste que la route.

    Plan d’évacuation

    En cas de début réel des hostilités, soit une invasion massive du pays par les Russes, la France a prévu un plan d’évacuation qui peut être déclenché en quelques heures. Ce départ se ferait par la route, en convoi. Par précaution et anticipation, l’ambassadeur de France à Kiev a demandé aux Français sur place de préparer leurs papiers, de faire des réserves d’eau, de nourriture, et de faire un plein de carburant en cas de départ précipité.

    Frontière entre l’Ukraine et la Russie (côté ukrainien) ©AFP

    Si l’ambassadeur donne l’ordre d’évacuation, les îlotiers préviendront les familles dont ils sont responsables. Ils se retrouveront en un point donné, et rejoindront le convoi de l’ambassade afin de quitter le territoire ukrainien sous protection militaire française.

    Des départs anticipés

    On le voit, certains, désirent tenter l’aventure et restent donc sur place. En grande majorité, ce sont des hommes seuls. Du côté des familles, profitant de l’avancée des vacances scolaires dans les établissements français du pays, les retours ont été nombreux ce week-end.

    Lycée français Anne-de-Kiev

    Ainsi un professeur d’une école française avait prévu de partir en vacances ce dimanche. En attendant le vol, il comptait les heures avant le décollage.

    « Je peux affirmer que certains amis, plus sereins que moi, commencent un petit peu à paniquer« 

    Professeur dans une école française voulant garder l’anonymat

    Ainsi ces derniers jours à l’aéroport de Kiev, on pouvait croiser des Français qui quittaient déjà le pays, avec le sentiment d’une guerre toute proche. 

  • Voyage en France ? Quelles règles selon votre pays de départ ?

    Voyage en France ? Quelles règles selon votre pays de départ ?

    La situation continue de s’améliorer. Les règles imposées par les autorités françaises pour les voyages depuis l’étranger diffèrent en fonction de la couleur du pays d’origine, classées vert ou orange. Le rouge n’est toujours pas revenu sur la carte, c’est la bonne nouvelle. Et même ce 15 février 2022, de nombreux pays sont passés en vert, à l’image du Maroc, de l’île Maurice ou de Cuba.

    Circulation du virus en baisse sur la planète

    Vous le savez, les autorités françaises mettent à jour régulièrement leurs recommandations de voyage depuis et vers les pays étrangers. En vigueur depuis le 9 juin, la classification par couleur des pays du monde dépend du niveau de circulation du virus et de la présence de variants de la Covid-19. Initialement composée de trois puis quatre couleurs, elle n’en figure depuis le 4 février plus que deux : vert, le niveau le plus favorable, et orange, le plus défavorable. Classification confirmée par une nouvelle mise à jour, le 16 février 2022, accompagnée d’allègements des restrictions pour le retour en France.

    En provenance d’un pays vert

    La situation sur place selon le gouvernement : «pays ou territoires connaissant une circulation négligeable ou modérée du virus, en l’absence de variant préoccupant émergent».

    Pays concernés au 16 février 2022 : les pays de l’espace européen (27 États membres + Andorre, Islande, Liechtenstein, Monaco, Norvège, Saint-Marin, Suisse et Vatican), auxquels s’ajoutent l’Arabie saoudite, le Bahreïn, Cap Vert, le Cambodge, la Colombie, la Corée du Sud, la Côte d’Ivoire, Cuba, l’Équateur, les Émirats arabes unis, le Gabon, le Ghana, la Guinée, la Guinée équatoriale, la Guinée Bissau, le Honduras, Hong Kong, les Îles Fidji, l’Île Maurice, les Îles Samoa, l’Indonésie, le Japon, le Koweït, le Laos, le Maroc, la Mauritanie, le Népal, le Nicaragua, la Nouvelle-Zélande, l’Ouganda, le Qatar, le Rwanda, le Sénégal, le Sri Lanka, Taïwan, la Tanzanie, le Tchad, le Togo, le Vanuatu, le Venezuela et le Vietnam.

    En provenance d’un pays orange

    La situation sur place selon le gouvernement : «pays ou territoires connaissant une circulation active du virus, en l’absence de variant préoccupant émergent et ne présentant pas d’échappement vaccinal ou immunitaire».

    Pays concernés au 16 février : tous les pays n’étant pas inclus dans les listes des pays «verts». Par exemple, en Europe, le Royaume-Uni et les pays des Balkans comme la Bosnie- Herzégovine ou l’Albanie. La Turquie et les États-Unis en font partie.

    Attention au retour

    A priori, voyager vers la France ne comprend donc rien de bien compliqué. Sauf que, et c’est là que le bât blesse, chaque État reste libre d’imposer des mesures supplémentaires aux voyageurs, comme des tests, des quarantaines, voire une pure et simple interdiction d’accès. Classé en «vert» par le gouvernement et l’Europe, le Japon n’accepte pas, par exemple, la venue des touristes étrangers, dont les Français, les résidents légaux eux peuvent rentrer dans le pays mais doivent justifier de motifs impérieux pour sortir de l’archipel. Et il y a presque autant de règles que de pays…

  • La décarbonation de l’énergie en Europe est en marche

    La décarbonation de l’énergie en Europe est en marche

    Au sein de l’Union européenne, en 2020, les combustibles fossiles représentaient 70 % de l’énergie brute disponible. Ce pourcentage a diminué de 13 points au cours des vingt dernières années en lien avec la montée en puissance des énergies renouvelables.

    En 2020, Malte (97 %) était l’État membre de l’Union avec la part la plus élevée de combustibles fossiles dans l’énergie brute disponible, suivi des Pays-Bas (90 %) et de Chypre (89 %). La plupart des autres États membres avaient des parts comprises entre 60 % et 85 %. Seuls la Suède (31 %), la Finlande (41 %), la France (48 %), la Lettonie (57 %) et le Danemark (59 %) avaient des parts inférieures à 60 %.

    Au cours de la dernière décennie, tous les États membres de l’Union ont enregistré une diminution de leur part de combustibles fossiles dans l’énergie brute disponible. La plus forte baisse a été mesurée en Estonie (de 91 % en 2010 à 66 % en 2020), suivie du Danemark (de 81 % à 59 %) et de la Finlande (de 57 % à 41 %). En revanche, la plus faible baisse a été mesurée en Belgique (de 78 % à 76 %), suivie de l’Allemagne (de 81 % à 78 %) et de Malte (de 100 % à 97 %).

    Une pompe à chaleur

    Les énergies renouvelables représentent 23 % de l’énergie totale utilisée pour le chauffage et la climatisation

    En 2020, les énergies renouvelables représentaient 23 % de l’énergie totale utilisée pour le chauffage et la climatisation au sein de l’Union européenne. Ce ratio était de 12 % en 2004. Cette croissance est similaire à celle observée pour la part globale des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie au sein de l’Union. Cette part est, en effet passée de 10 % en 2004 à 22 % en 2020.

    L’évolution du secteur industriel, des services et des ménages (dont l’électrification du chauffage par l’utilisation de pompes à chaleur) a contribué à la croissance des énergies renouvelables dans le chauffage et le refroidissement. Les sources d’énergie renouvelables utilisées pour le chauffage et le refroidissement comprennent le solaire thermique, la géothermie, la chaleur ambiante captée par les pompes à chaleur, les biocarburants solides, liquides et gazeux et la part renouvelable des déchets.

    Parmi les États membres, la Suède arrive en tête pour l’utilisation des énergies renouvelables pour le chauffage et la climatisation, avec un ratio de 66 % en 2020 (principalement la biomasse et les pompes à chaleur). L’Estonie et la Finlande (chacun 58 %), la Lettonie (57 %), le Danemark (51 %) et la Lituanie (50 %) suivent avec plus de la moitié de l’énergie utilisée à ces fins provenant d’énergies renouvelables. La France avec un taux de 23 % se situe dans la moyenne européenne. En revanche, en Irlande (6 %), aux Pays-Bas et en Belgique (8 % chacun), les sources renouvelables ont le moins contribué au chauffage et à la climatisation.

  • Le Parlement européen adopte la directive « Eurovignette » 

    Le Parlement européen adopte la directive « Eurovignette » 

    Les révisions controversées des règles de l’UE relatives aux péages routiers ont été adoptées par le Parlement européen jeudi (17 février), franchissant ainsi le dernier obstacle dans cette véritable odyssée législative qui avait débuté en 2017.

    Les nouvelles règles adoptées devraient grandement profiter aux opérateurs de poids lourds fonctionnant à l’hydrogène et à l’aide de batteries électriques, qui bénéficieront d’importantes réductions au niveau des péages. Elles devraient également mettre fin, pour la plupart, aux redevances basées sur la durée au profit de tarifs calculés sur base de la distance.

    Les règles du compromis, élaborées à la suite de négociations en trilogue entre le Parlement et les gouvernements du bloc en juin dernier, ont été vivement contestées par une alliance peu commune du Parti populaire européen (PPE) de centre-droit et des Verts, qui s’opposaient tous deux à ce qu’ils considèrent comme des failles trop importantes dans le texte.

    Toutefois, le soutien du groupe centriste Renew Europe et du groupe de centre-gauche des Socialistes & Démocrates (S&D) a permis à la législation d’obtenir le feu vert lors de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg. Les États membres ont maintenant deux ans pour transposer ces dispositions dans leur droit national.

    La directive « Eurovignette » avait été présentée par la Commission européenne en mai 2017 dans le cadre de son premier « paquet mobilité », visant à rendre les règles relatives à la taxation des poids lourds plus cohérentes et plus respectueuses de l’environnement.

    En vertu de ces nouvelles règles, les redevances routières pour les camions circulant sur les principales artères d’Europe passeront pour la plupart d’une tarification basée sur la durée à une tarification basée sur le nombre de kilomètres réellement parcourus d’ici 2030.

    Le passage à un système de tarification basé sur la distance, plus précis, a pour but de mieux inscrire le principe de « pollueur-payeur » dans la législation européenne.

    Néanmoins, la règle n’est pas exhaustive : les États membres peuvent conserver l’ancien système basé sur la durée, celui de la « vignette », pour certaines sections de la route s’ils peuvent prouver que son abandon entraînerait une baisse importante des rentrées d’argent. Les États membres qui choisissent de faire payer les véhicules plus légers, tels que les voitures de particuliers et les camionnettes, peuvent également choisir d’appliquer une vignette basée sur le temps.

    Les États membres seront tenus de fixer des tarifs de redevance routière différents en fonction des émissions de CO2 pour les camions et les bus, et en fonction des performances environnementales pour les camionnettes et les minibus à partir de 2026.

    Les transporteurs routiers utilisant des camions écologiques peuvent s’attendre à bénéficier d’une réduction de 50 % sur les péages routiers d’ici mai 2023 – une incitation financière considérable étant donné que les péages peuvent coûter jusqu’à 25 000 euros par an par camion.

    La contribution des poids lourds à la pollution atmosphérique sera également facturée dans le cadre de cet accord révisé. Cependant, les États membres peuvent demander une exemption à la Commission européenne si l’inclusion de ces véhicules entraîne une déviation importante du trafic avec des conséquences négatives.

    Au cours des négociations, le rapporteur du Parlement sur le sujet, Giuseppe Ferrandino du groupe S&D, a fait pression pour que les recettes des péages soient affectées au financement de mesures en faveur de la mobilité verte.

    Bien que le texte final comprenne une disposition relative à l’affectation des taxes aux infrastructures de transport alternatives, elle ne s’applique qu’aux taxes sur les embouteillages, dont l’application n’est pas obligatoire pour les États membres, ainsi qu’aux marges réalisées par les péages.

    Les gouvernements ont toutefois accepté de rendre compte publiquement des sommes perçues sur leur territoire et également de montrer la manière dont ces recettes sont dépensées. Cette obligation de transparence deviendra obligatoire trois ans après l’entrée en vigueur de la règle.

    Afin de s’assurer que les voyageurs qui utilisent les routes peu fréquemment – comme les touristes – ne se voient pas imposer une taxe exorbitante lorsqu’ils traversent un pays, le législateur a également plafonné le prix des vignettes que les voitures de particuliers peuvent se voir imposer.

    « Une révolution copernicienne »

    Le groupe S&D n’a pas tari d’éloges quant à la directive, saluant la législation comme « une révolution copernicienne dans le réseau de transport transeuropéen ».

    « L’élimination de la vignette pour les véhicules lourds permettra d’uniformiser un système qui est actuellement beaucoup trop fragmenté. Nous encouragerons le monde du transport à utiliser des véhicules plus propres », a déclaré l’eurodéputé Giuseppe Ferrandino dans un communiqué.

    L’eurodéputé bulgare Petar Vitanov (S&D) a salué l’adoption comme une avancée vers « un transport routier durable et plus équitable ».

    « Ce cadre [de tarification routière] est l’un des principaux instruments du Pacte vert européen et constituera un tournant dans la décarbonation du transport routier », a-t-il déclaré.

    L’ONG Transport & Environment (T&E), spécialisée dans la mobilité propre, s’est montrée tout aussi enthousiaste, qualifiant la législation de « tournant décisif pour le camionnage vert », qui se montrera bénéfique pour le climat dans les années à venir.

    Giuseppe Ferrandino, eurodéputé italien du groupe Alliance progressiste des socialistes et démocrates

    Un véritable « Far West »

    Cependant, la liste des dérogations accompagnant ces règles a rendu furieux les législateurs d’autres groupes politiques.

    L’une des critiques les plus virulentes du texte, l’Autrichienne Barbara Thaler (PPE), a prévenu que la directive créerait « une situation de “Far West” sur nos routes ».

    Selon l’eurodéputée chrétienne-démocrate, le texte permettrait en réalité aux gouvernements successifs de passer outre les règles.

    Qualifiant la législation de « bâclée », Mme Thaler a affirmé qu’elle « conduirait à une fragmentation complète du marché routier intérieur, donnant aux États membres la possibilité de modifier leur système selon leurs préférences après chaque élection ».

    « Les redevances d’infrastructure, les redevances environnementales et les redevances sur le CO2 : tout peut être adapté et modifié, partout et à tout moment. Tout serait possible, de la quasi-absence de péage à une tarification excessive », a-t-elle estimé.

    Les Verts ont également fait part de leur mécontentement vis-à-vis de la législation, affirmant que les dérogations impliquent que la loi ignore largement le principe du pollueur-payeur.

    « La réforme se contente de dérogations et de failles et fait obstacle à l’élan dont a besoin de toute urgence le virage dans le secteur des transports, et elle cimente la concurrence déloyale entre les différents modes de transport », a déclaré la législatrice écologiste Anna Deparnay-Grunenberg.

    L’industrie du fret routier a également critiqué la législation. L’Union internationale des transports routiers (IRU), une organisation mondiale représentant les exploitants d’autobus, d’autocars, de taxis et de camions, a averti que les nouvelles règles imposeraient des coûts supplémentaires aux transporteurs, ce qui pourrait faire augmenter le coût des produits transportés par la route.

  • De quoi avoir peur ? 

    De quoi avoir peur ? 

    « Qu’ils me haïssent, pourvu qu’ils me craignent », disait Caligula. Le pouvoir fait peur, la pouvoir a peur, la peur gouverne. Il y a prolifération de collapsologues (notamment en France). Le virus est tout autant un virus de la peur que biologique. Entre le climat, le plastique, le nucléaire, le pétrole, le gaz, la baisse de la natalité, la pression migratoire, le vieillissement, le rêve (cauchemar) chinois, le terrorisme, l’islamisme radical, le transhumanisme et le wokisme déconstructeur, tous aux abris ! Mais lesquels ? On resterait volontiers dans son salon à regarder la télé, si les infos n’étaient un catalogue d’horreurs, les films des massacres. Rien n’est plus laid que la télé. 

    Dans cette brume angoissante, il faut consulter les plus grands trouillards du monde, les spécialistes de la peur : les financiers.

    Que disent les spécialistes de la peur : les financiers ?

    Indispensables comme les bourreaux, ils sont jalousés par les entrepreneurs, parce qu’ils s’enrichissent sans produire. Sensibles à l’air du temps comme les grenouilles, psychologiquement fragiles, ils sont écrasés par le poids de leur responsabilité. On leur confie de l’argent, il faut qu’ils le fassent fructifier. Cela a l’air simple ? Essayez. 

    Ceux dont on parle ne sont pas les gestionnaires de portefeuilles que vous connaissez, qui prennent un pourcentage sur l’assurance-vie et vous font gagner 2% en dix ans, quand ils ne vous en font pas perdre : « Hélas, ma bonne dame, la crise, que voulez-vous ! » Non, les vrais financiers sont les spécialistes des spécialistes, ceux que suivent les institutions financières, qui les prennent, un moment seulement, pour des génies. Puis les jettent, comme étaient écartées les vierges oraculaires épuisées par les plantes psychotropes.

    Bank of America a sondé 314 financiers, 1000 milliards d’actifs.

    Bank of America a sondé 314 financiers. 314, ce n’est pas beaucoup. Un sondage, selon la méthode des quotas, nécessite 800 personnes a minima pour être crédible. Ces 314 sont les meilleurs. Ils représentent à eux seuls 1000 milliards d’actifs sous gestion.

    Pour se donner une idée, c’est le PIB des Pays-Bas. C’est aussi, en un mois, la chute des cryptomonnaies : leur cours, divisé par deux, aurait fait fondre 1000 milliards de dollars.

    1000 milliards de dollars est une somme suffisante pour orienter le marché, en tout cas selon Bank of America. Ces 314 investisseurs donnent le ton, un peu comme les grands couturiers annoncent ce que sera la mode, la fantaisie en moins. Leur guide, c’est plus la peur de perdre sa cassette que l’aventure multicolore. 

    Que disent-ils, en cet hiver? Qu’ils ont la trouille. Ils ont de l’argent et ne savent pas quoi en faire. La part de liquidités dans leur portefeuille représente 5.3%, de leurs avoirs, plus qu’en mai 2020 au moment du grand confinement : 5%. 

    Mais de quoi ont-ils peur, que diable ! Le printemps revient, le chômage baisse, les banques engrangent des profits records, que craindre ? 

    Ils ont de l’argent et ne savent pas quoi en faire 

    Une guerre avec l’Ukraine ? Poutine n’est qu’un épouvantail figé dans la boue du passé. Dans l’enquête, le risque d’un choc géopolitique n’est retenu qu’à 7%. La Covid ? Tout mou la Covid : 4%. Le risque d’une récession mondiale? Pas vraiment : 8%. L’inflation ? Ah, oui, l’inflation ! L’inflation qui ronge l’épargne, rogne les salaires, sape la monnaie, voilà le danger ! Provisoire seulement: 23% pensent que le risque est réel, mais 56% estiment qu’elle sera transitoire. 

    Le vrai risque, c’est une politique restrictive de la Banque centrale, la Réserve fédérale américaine : 41% craignent la hausse des taux. Une hausse des taux change tout. L’argent facile, c’est fini. Si cela inquiète les financiers, ceux qui ne le sont pas devraient s’angoisser eux aussi. De là à en avoir peur, plus que de la guerre ?

    La crainte des financiers, c’est qu’ils ne savent pas où va la Fed, la Réserve fédérale américaine. Ils craignent de mauvaises décisions, la boulette tragique, comme en est capable tout pouvoir disproportionné.

    Attentifs à tout battement de sourcil du Gouverneur, ils le psychanalysent en permanence. Généralement, ils savent, cette fois, ils ne savent plus. Plus de théorie sur l’inflation ou la monnaie. Inflation ou hausse des prix ? Dollar, petrodollar ou crypto dollar ? Le baril est passé de 37$ à 100$. Le nombre d’utilisateurs du Crypto-yuan a atteint 256 millions d’utilisateurs. Que vont devenir Visa, MasterCard, banques et virements? Les fausses crypto monnaies, celles des Etats, vont-elles chasser les vraies ? Vont-elles permettre la création monétaire ex nihilo ? La surveillance instantanée du consommateur citoyen? Le capitalisme d’Etat porté à son paroxysme ? Prends garde, un œil noir te regarde : Le crypto-yuan. C’en sera de même pour les futurs e-dollars et e-euros.  

    Rarement dans l’histoire de l’humanité, le pouvoir n’aura été si concentré. Bank of America prend le pouls de 314 investisseurs qui gèrent 1000 milliards de $, inquiets des erreurs d’un Gouverneur. Est-ce lui le maître ? Seulement Grand prêtre. Mais la grille de lecture des signes est déréglée. Or les financiers gèrent le crédit, c’est-à-dire les paris sur l’avenir.

    Rarement l’humanité n’aura été si sensible aux devins

    Rarement l’humanité n’aura été si sensible aux devins. Tous vivent dans l’obscurité de l’anticipation. Experts sanitaires, experts climatologues, experts monétaires, soufflent des vents peureux et planétaires. 

    Halte au pessimisme ! Il faut renverser les problèmes : les financiers ont peur de pas grand-chose, ni d’une guerre, ni d’une récession, ni même de l’inflation. Le pétrole à 100$ ? On gère. L’Iran et ses missiles ? Anecdote. Un méchant variant? Bon pour la recherche. Le climat ? L’énergie est une question de prix. Les grandes menaces ne sont, pour les trouillards du premier rang, que de petits soucis : bonne nouvelle pour l’humanité !

    La guerre « hors la loi » par la finance. Aristide Briand et Gandhi dépassés.

    A y regarder de près, par rapport aux désastres possibles, les craintes des financiers de Wall Street sont peu de choses. Voici des chars à la frontière de l’Ukraine, le G7 leur oppose non des canons, mais le bannissement de Swift, le système international d’échanges bancaires internationaux. Voici la guerre « hors la loi » par la finance. Aristide Briand et Gandhi dépassés. Ca ne marche peut-être pas, mais c’est mieux que les tranchés.

    Vue artistique d’un survivant à l’apocalypse nucléaire ©Stock Adobe

    Une période heureuse de l’histoire

    Peut-êre vivons nous au contraire une période heureuse de l’histoire. Peut-être sommes nous à l’aube, non des grandes catastrophes, mais d’horizons nouveaux.

    Jamais, par exemple, l’humanité toute entière n’eut le luxe de se cloitrer pour un virus, ni de fabriquer de l’argent magique au point de craindre un surplus de liquidités. Les financiers ne sont ni des créateurs, ni des devins, ils rendent disponibles des crédits pour de multiples essais d’innovations, qui, forcément, perturbent toute position acquise. C’est ce qui explique Licornes, Gafas, Tesla, mais aussi digitalisation médicale, e-learning, biotechnologies… 

    Caligula finit assassiné. On ne demande pas aux dirigeants de faire rêver, mais de ne pas avoir peur. Après tout, la peur gouverne moins bien que l’envie, le désir, la recherche, parfois maniaque, « à tout prix » diraient les 314, du « nouveau ». 

    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de Franced

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Les candidats à l’élection présidentielle et l’Education à l’étranger

    Les candidats à l’élection présidentielle et l’Education à l’étranger

    Alors qu’une des dernières lois du quinquennat, qui sera promulguée, concernera la gouvernance de l’AEFE, nous faisons le tour des propositions des candidats à l’élection présidentielle connues pour le réseau des écoles, collèges et Lycées français à l’étranger, l’Education à l’étranger !

    Macron, une ambition décalée à 2030

    Emmanuel Macron considère que les établissements du réseau AEFE et consorts sont « la colonne vertébrale » de l’enseignement du français à l’étranger. En 2018, fort de ce constat, il annonçait vouloir doubler le nombre de lycéens qui y sont inscrits « d’ici à 2025 ».  « Ce réseau sera consolidé et dynamisé », avait déclaré le chef de l’État lors d’un discours à l’Académie française en mars 2018. 4 ans plus tard, c’est l’heure de faire le bilan.

    Emmanuel Macron lors de son discours du 20 mars 2018 à l’Académie Française

    Avec 375 000 élèves inscrits en 2021, on est loin du doublement espéré en 2018 pour 2025. En une décennie (2010-2020), le nombre d’inscrit a progressé de 30% et aucune accélération n’a été noté e depuis les déclarations du Président de la République. Les autorités de tutelle du réseau, les ministères des Affaires étrangères et de l’Education nationale, ont ramené les ambitions présidentielles à un objectif s’il n’est plus atteignable, il est plus lointain, doubler les élèves, oui, mais pas en 2025 mais pour 2030.

    Pour cela, le gouvernement a prévu des ajustements. Menée par Samantha Cazebonne (sénatrice LREM des Français de l’étranger et ancienne proviseur d’un Lycée en Espagne), une réforme est en cours. Elle est plus motivée par les conséquences de la Covid que par l’objectif de 2030. Plus de formation pour les professeurs, plus d’accompagne des élèves, plus d’écoute des parents, mais c’est surtout l’augmentation prévue des ouvertures d’établissements créés par des capitaux privés et homologués AEFE qui devraient permettre d’atteindre le fameux doublement du nombre d’élèves.

    A gauche, comme chez les syndicats des professeurs, on dénonce la privatisation rampante du réseau et les risques de voir les inégalités se creuser.

    Pecresse, plus de bourses pour tous

    A droite, on ne reprend pas la proposition de Nicolas Sarkozy, l’ancien Président de la République voulait rendre gratuite la scolarité des Lycées (exclusivement, la Seconde, la Première et les Terminales), mais on s’en inspire.

    Dans une interview qui sera publiée le 27 février sur les site Lesfrancais.press, la candidate du parti Les Républicains, Valérie Pécresse, annonce qu’elle veut créer deux gammes tarifaires pour les élèves. En distinguant les élèves de nationalité française et les autres. Le réseau des écoles espagnoles hors d’Espagne ne fait pas différement. Les parents des petits Espagnols n’ont que 300 à 500 €/an à débourser pour la scolarité tandis que les autres nationalités se voient appliquer des tarifs plus élévés.

    Un dispositif qui a un vrai sens dans notre réseau. En effet, dans la dernière étude de la Fédération des associations de parents d’élèves des établissements d’enseignement français à l’étranger publiée sur l’année 2018, les petits Français ne représentent que 35% des effectifs totaux.

    Et pour aller plus loin, elle propose de rénover les critères pour les bourses scolaires afin que les classes moyennes aient eux aussi accès à la gratuité pour l’Education française où qu’ils soient dans le monde.

    Melenchon : augmenter l’enveloppe dédiée aux bourses

    Du côté de la France Insoumise, si Jean-Luc Mélenchon ne s’est pas encore exprimé sur le sujet, on connait la position du parti.

    Logiquement, le développement du secteur privé envisagé par Emmanuel Macron ne passe pas. Au contraire, la France Insoumise milite pour un renforcement de l’enveloppe budgétaire des bourses mais surtout le parti de gauche veut démocratiser l’accès à l’information. Pour eux, le problème vient surtout de la faible connaissance du dispositif boursier par les Français de l’étranger. A quand l’hologramme pour vous rappeler de remplir le dossier pour votre petit benjamin ?

    Hidalgo : reconstruire un réseau meurtri par la Covid-19

    Pour les Socialistes, le réseau des Lycées français à l’étranger a été meurtri pendant la crise de la Covid malgré les « fanfaronnades » de LREM. La priorité est donc pour eux d’assainir les comptes des établissements, redonner la priorité aux professeurs détachés et travailler, pour eux aussi, sur l’outil boursier.

    Le Parti socialiste réclame par la voix de sa fédération depuis 2020 que les seuils d’exclusion, notamment liés à l’immobilier, soient relevés et que les critères d’éligibilité soient assouplis. Là, aussi, on pense aux classes moyennes.

    EELV, réinvestir pour les services publics

    L’éducation s’inscrit dans un constat général que font les écologistes : le désengagement de l’Etat des services publics dédiés aux expatriés. Eux aussi militent pour une limitation de la création des établissements privés et désirent plutôt voir une « vraie politique d’investissement au profit des établissements à l’étranger » se mettre en place.

    Très engagés auprès des professeurs, la nouvelle sénatrice Melanie Vogel a été une des seules parlementaires des expatriés à apporter son soutien à la grève massive de novembre 2021, les responsables d’EELV désirent revenir sur les modifications statutaires et celles sur les recrutements imposées par le Ministre de l’Education National, M. Blanquer et le Ministre des Affaires étrangères M. Le Drian.

    Le Pen et Zemmour

    Le Rassemblement National n’a jamais eu de succès à l’étranger, ils n’ont pas (encore) développé un programme pour les Français établis hors de France.
    Du côté de Zemmour, le succès chez les expatriés n’avait pas été anticipé malgré la création très amont d’un pôle dédié aux Français de l’étranger.

    Que ce soit pour l’une ou pour l’autre, nous ne manquerons pas de les questionner lors de nos interviews dédiées à la présidentielle.

  • Le biathlon a porté l’équipe de France aux Jeux Olympiques de Pékin

    Le biathlon a porté l’équipe de France aux Jeux Olympiques de Pékin

    Les Jeux olympiques de Pékin se sont terminés ce dimanche 20 février. Zhangjiakou, Yanqing et la capitale chinoise ont été le théâtre des exploits de 2874 athlètes, nouveaux olympiens ou participants confirmés dont 88 Français.

    Le tableau des médailles est désormais figé. Les dernières ont été distribuées ce dimanche matin et les Jeux olympiques de Pékin sont officiellement terminés pour les athlètes français. Après deux semaines de compétition, d’exploits et d’émotions, le clan tricolore peut désormais dresser le bilan des 14 médailles récoltées.

    7 médailles pour les biathlètes

    Dont 5 médailles remportées par chacun des biathlètes français, Quentin Fillon Maillet, Johannes Thingnes Boe, Marte Olsbu Roeiseland, et le fondeur Alexander Bolshunov sur ces Jeux olympiques. En tout l’équipe de France de biathlon repart de Pékin avec sept médailles dont trois d’or, son meilleur bilan comptable après les six de Vancouver en 2010.

    « Un joli bilan » en ski alpin pour Fabien Saguez

    Deuxième discipline la plus pourvoyeuse de médailles historiquement, le ski alpin a permis à la France de glaner trois médailles (or pour Clément Noël en slalom, argent pour Johan Clarey en descente et bronze pour Mathieu Faivre en géant). « Ce qui est très satisfaisant, c’est que l’équipe a répondu présent. Il y a quand même de la densité dans cette équipe, puisque Alexis Pinturault repart sans médaille alors que c’était notre leader » se satisfait Fabien Saguez. « C’est un joli bilan, je suis très content de l’équipe de France de ski. »

    Patinage artistique : l’arbre qui cache la forêt

    Grâce à la médaille d’or de Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, le patinage artistique français paraît briller de mille feux aux Jeux olympiques de Pékin. Pourtant, à y regarder de plus près, une autre réalité s’impose : le patinage artistique tricolore suffoque.

    Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron lors de leur victoire le 14 février ©Phillipe Millereau / AFP

    Il suffit déjà de jeter un œil au bilan comptable des patineurs français lors des principales compétitions internationales (JO, Mondiaux, et championnats d’Europe) de ces 25 dernières années. Entre 1998 et 2010, 40 médailles ont été remportées. Entre 2011 et 2022, le bilan chute ainsi à 24 breloques, dont 13 pour le seul couple star de danse sur glace. 

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