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  • La campagne présidentielle loin des expatriés ?

    La campagne présidentielle loin des expatriés ?

    Vous êtes nombreux à participer à nos consultations, réaffirmant votre attachement à la France et à son destin. Pourtant la campagne présidentielle a laissé peu de place aux sujets liés aux Français établis hors de France, même si pour la première fois des candidats ou des porte-paroles nationaux ont accepté de participer à nos interviews exclusives. En effet, cette année, les déplacements hors de France ont été, le plus souvent, non programmés voire annulés. La Covid, mais aussi la crise en Ukraine et la déclaration tardive du Président de la République, ont ainsi parasité la campagne.

    Et pourtant, si les Français établis hors de France n’étaient que 385 000 en 2002, ils sont passés à 1,268 million en 2017 et sont aujourd’hui, selon les chiffres du 1er janvier dernier, 1,614 million d’expatriés inscrits sur les listes consulaires. Un vote qui peut donc jouer lors d’une élection serrée.

    « Dans un second tour, cela peut faire la différence »

    Roland Lescure, député LREM de la circonscription d’Amérique du Nord au journal Le Parisien

    Rappelez vous en 2017, les expatriés avaient très largement voté pour Emmanuel Macron (40,4 % au premier tour, contre 24,1 % pour l’ensemble des Français), devant François Fillon (26,3 %) et Jean-Luc Mélenchon (15,8 %). Les votes des expatriés avaient ainsi permis à Emmanuel Macron d’être au second tour. Au final, 93 % des expatriés ont choisi le jeune candidat conte 66,10 % pour l’ensemble des Français. 

    Environnement, protection sociale et éducation

    Si 90% des expatriés sont satisfaits de vivre à l’étranger, ils s’intéressent tout de même à l’élection présidentielle de 2022. Selon la troisième édition de l’Observatoire de l’expatriation, publiée mardi 15 février par OpinionWay pour le compte de la Banque Transatlantique et de l’Union des Français de l’étranger, 78% des expatriés sont intéressés par la campagne. Ils sont même 84% à dire qu’ils iront voter. Une part qui grimpe à 88% chez les moins de 35 ans. Des moyennes largement supérieures à la moyenne nationale.

    Dans la même étudie, les expatriés se déclarent particulièrement attentifs à trois enjeux : l’environnement (58%), la protection sociale (54%) et l’éducation et la formation (49%).

    De manière générale, les Français expatriés aimeraient que leurs préoccupations soient davantage prises en compte par les candidats à la présidentielle. Pour preuve : 86% des sondés ont le sentiment que leur situation n’est pas assez abordée dans les programmes. La protection sociale fait partie des points qui les préoccupent. Ainsi, 52% d’entre eux attendent que les candidats évoquent les droits à la retraite (52%) et la couverture santé (40%). Ils sont aussi très attentifs au fait que le soutien de la France, lors des crises économiques et sanitaires, reste aussi une priorité.

    Des propositions peu nombreuses

    Ces thèmes ont été retransmis par les équipes dédiées aux Français établis hors de France des partis politiques et on retrouve donc ainsi des propositions adaptées dans certains programmes alors que d’autres font simplement l’impasse.

    Emmanuel Macron

    Du coté d’Emmanuel Macron, le programme sera connu en début de semaine, nous recevrons Samantha Cazebonne, ancienne députée des Français de la péninsule ibérique et de Monaco, actuelle sénatrice des Français de l’étranger et en charge de la campagne chez les Français établis hors de France. Elle nous promet des projets en adéquation avec les écueils rencontrés au cours des 5 dernières années. Spécialisée dans l’éducation, on s’attend à des mesures fortes. Le programme devrait, aussi, répondre à ceux qui ont été marqués par les motifs impérieux sans oublier les volets fiscaux (après la réforme avortée de 2019/2020) et sociaux.

    Valérie Pécresse

    Les Républicains disposent de nombreux élus chez les expatriés et ont une longue histoire avec eux. Logiquement, c’est dans leur programme, qu’on retrouve pour l’instant, le plus de mesures en faveur des Français établis hors de France. Réforme des bourses scolaires, création d’un statut de résidence d’attache (pour un bien détenu en France et qui aurai les même avantages qu’une résidence principale), mise en place d’un fonds pérenne de solidarité, accompagnement au départ comme au retour, le sénateur Ronan Le Gleut a construit pour la candidate un programme complet.

    Jean-Luc Mélenchon

    Jean-Luc Mélenchon n’aborde l’expatriation quasiment qu’avec le volet fiscal. Le leader de la France insoumise espère toujours mettre en place un impôt universel pour les entreprises et les citoyens français. Concrètement, sous le modèle américain (comme quoi l’inspiration peut venir de partout), Jean-Luc Mélenchon veut pouvoir imposer selon les normes françaises tous les revenus des expatriés où qu’ils aient été générés. Si les USA sont arrivés à imposer cette norme, en dépit des conventions fiscales qui régissent normalement ces situations, il n’est pas évident que la France puisse le faire. Cette mesure s’inscrirait dans une série de dispositions pour lutter contre la fraude fiscale en France.

    Autre point du programme qui touche les Français établis hors de France, le renforcement des Alliances françaises et des Instituts français, une bonne nouvelle, alors que le mandat d’Emmanuel Macron aura été marqué par des fermetures en série de ces outils du rayonnement français.

    Anne Hidalgo

    Chez les socialistes, le programme consacre 1 point aux expatriés, le numéro 68. Anne Hidalgo, bi-nationale espagnole, veut revenir sur les coupes budgétaires qui ont frappé l’administration consulaire. Et ce alors que la directrice de ladite administration, Laurence Haguenauer, lors d’un déjeuner pendant la dernière session de l’Assemblée des Français de l’étranger (du 14 au 17 mars 2022), alertait les élus consulaires sur la mouture 2023 de la Loi de finances que prépare déjà le gouvernement d’Emmanuel Macron.

    La candidate socialiste veut aussi revenir sur les barèmes des bourses scolaires et développer les accompagnements au départ comme au retour.

    Eric Zemmour

    La candidature surprise, qui a bien bouleversé l’échiquier politique français, preuve de sa fragilité actuelle, d’Eric Zemmour, a fait mouche chez de nombreux expatriés. Reconquête, son parti, affirme avoir plus de 7500 militants dont une partie très audible hors d’Europe, avec plus de la moitié des sympathisants mais aussi un succès inattendu au cœur de l’Union européenne avec plus de 1200 inscrits au Bénélux.

    Et pourtant, l’expatriation est un peu une « terra incognita » pour les soutiens d’Eric Zemmour. Lors d’une réunion publique à Bruxelles, Nicolas Bay comme Jean-Frédéric Poisson découvraient que les Lycées français étaient payants pour les nationaux. Ils s’en sont bien évidemment offusqués et on promit d’y remédier. Mais connaissent-ils vraiment les coûts et les implications ?

    Marine Le Pen

    Du côté du Rassemblement national, c’est l’incompréhension ! Alors que le parti de Marine Le Pen n’a jamais vraiment réussi à s’implanter malgré l’élection de 3 conseillers consulaires en mai 2021 (Portugal, Russie, Thaïlande), les responsables des expatriés restent dubitatifs face au succès d’Eric Zemmour.

    Pourtant dans son programme, Marine Le Pen promet de renforcer les Lycées Français dans le monde en augmentant leur budget sans pour autant promettre la gratuité aux jeunes expatriés. Elle veut aussi venir au chevet des outils de rayonnement français comme les Alliances et Instituts français. Enfin, elle désire aussi mettre en place une imposition universelle, mais uniquement pour les entreprises.

    La partie n’est pas finie

    Pendant les 15 jours qui nous séparent du premier tour, nous recevrons les porte-paroles ou les candidats de 3 mouvements, LREM, RN et LFI. L’occasion pour eux de nous, vous, expliquer leurs programmes et leurs ambitions pour la France et ses citoyens du bout du monde.

  • CFE : un nouveau conseil d’administration pour relever les défis

    CFE : un nouveau conseil d’administration pour relever les défis

    La 36e session de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) était la première des nouveaux élus qui furent renouvelés en automne 2021 suite aux élections des Conseillers consulaires de mars 2021. Parmi leurs premières tâches, ils devaient élire les nouveaux représentants des assurés et de l’AFE au conseil d’administration de la Caisse des Français de l’étranger (CFE).

    L’occasion pour nous de revenir sur le mode de gouvernance de la « sécu des expatriés » et d’anticiper les défis qui attendent les nouveaux administrateurs.

    Une gouvernance coupée des assurés ?

    Les orientations de la CFE sont fixées par le conseil d’administration. Celui-ci est composé de 21 membres ayant voix délibérative auxquelles s’ajoutent 3 à 5 « experts » qui eux ne participent pas au vote. Ils se réunissent deux fois par an pour définir les priorités de l’organisme, nommer les dirigeants, et contrôler les comptes.

    L’organisation et la désignation des membres du conseil d’administration ont été repensées sous le mandat de François Hollande. Et donc depuis le 1er janvier 2016 il se compose ainsi :

    • 15 membres représentant les assurés, élus par l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) ;
    • 3 membres représentant l’AFE, élus par l’AFE ;
    • 2 représentants du Mouvement des Entreprises de France (MEDEF) ;
    • 1 représentant de la Mutualité.

    Tous les membres élus ont un mandat de 6 ans.

    Comme nous l’évoquions plus haut, des « experts » désignés participent aussi aux séances du conseil d’administration. Ils sont :

    • des représentants des ministères en charge des Affaires sociales et du Budget, en qualité de commissaires du Gouvernement ;
    • 2 personnalités qualifiées (un représentant du ministre des Affaires étrangères et un représentant de l’Assurance Retraite) ;
    • un représentant du personnel de la Caisse.

    Si la présence de 15 membres représentant les assurés semble donner le pouvoir aux cotisants de la CFE, ils sont nombreux parmi les affiliés à dénoncer un trompe l’oeil ! Pourquoi ?

    Car ces 15 administrateurs ne sont pas élus par les assurés, alors qu’ils sont censés les représenter. En effet, ce sont les élus à l’AFE qui en plus de leurs 3 représentants choisissent ceux qui porteront le mandat des clients de la CFE. Le problème, c’est que la grande majorité ne sont pas affiliés à la « sécu des expatriés » ! En sus, le rôle des élus à l’Assemblée des Français de l’étranger est de représenter leurs pairs, les 450 conseillers consulaires et non les 200 000 assurés de la CFE (assurés payants et ayant- droits). La CFE étant indépendante financièrement, les intérêts de ses affiliés peuvent être différents de ceux de la grande communauté des expatriés (entre 2,5 et 3 millions de citoyens).

    ©CFE

    Une élection marquée par une alliance étonnante

    La loi étant la loi, c’est donc selon les règles votées par les deux chambres du parlement français qui s’appliquent. Lors de l’élection, c’est un drôle de jeu qui s’est révélé. Loin des priorités des assurés, l’élection au Conseil d’administration de la CFE s’est transformé en « coup politique ».

    En effet, alors que le groupe Indépendants, Démocrates et Progressistes (IDP) dont la grande majorité des membres sont issus des listes LREM (parti d’Emmanuel Macron), la liste qu’il présenta ne recueillit pas la majorité des sièges. C’est une liste où se retrouvent les LR et certains membres du PS, de LFI et d’EELV qui remporta la mise pour représenter les assurés.

    Pour représenter les assurés, l’AFE a élu :

    • Liste pour une protection sociale solidaire des Français du monde : 45 voix. Sont élus Isabelle Frej, Julien Ducourneau, Stéphanie Héricher, Hervé Proust, Catherine Blanche, Pierre-Yves DupuisHala Salem et Avraham Benhaim
    • Liste Renouveau – faire de la CFE l’assurance préférée des Français de l’étranger : 16 voix. Sont élus Franck BarthélemyZaïda Marie Slaiman et Jean-Hervé Fraslin
    • Liste une CFE solidaire et indépendante : 14 voix. Sont élus Karim Dendène et Nadia Veleine Daby Seesaram
    • Liste une CFE indépendante : 14 voix. Sont élus Thierry Consigny et Radya Rahal

    Tandis que pour représenter l’Assemblée des Français de l’étranger, c’est la loi des groupes qui s’est pleinement appliquée, et le groupe IDP est donc arrivé en tête.

    Pour représenter l’AFE, les conseillers ont élu :

    • Liste des indépendants, démocrates et progressistes : 25 voix. Est élue Nadine Fouques-Weiss
    • Liste écologie et solidarité : 23 voix. Est élue Khadija Belbachir-Belcaid
    • Liste pour une couverture sociale adaptée aux Français établis hors de France : 22 voix. Est élu Gérard Senac
    • Liste pour une CFE solidaire et indépendante : 19 voix et pas d’élu.

    Nouvelle grille tarifaire, situation des handicapés, les défis sont nombreux

    Le nouveau conseil d’administration va devoir élire son président. A priori, il devrait toujours être encadré par Eric Pavy, le directeur général et Pierre Pinet, son adjoint. Ensemble, ils devront relever les défis qui attendent la Caisse des Français de l’étranger.

    Confrontée à une stagnation voire à une baisse de ses effectifs, la CFE a profondément modifié sa grille tarifaire. Animée par la volonté de simplifier et de rendre plus transparents les tarifs, l’ancienne présidence avait fait le pari de déconnecter les revenus du tarif. Une solution qui a le mérite de rendre plus lisibles les tarifs et de faciliter la collecte des cotisations. Mais elle eu comme effet de ne plus se rendre accessible aux plus faibles revenus.

    Cette modification s’est accompagnée d’une modification des modalités de remboursement qui n’a pas plu aux assurés historiques. Problème de couverture des ayant-droits, prise en charge fortement limitée dans les pays où la santé est onéreuse comme aux USA, la CFE est confrontée depuis plusieurs mois à une fronde qu’on retrouve sur les réseaux sociaux.

    L’handicap semble aussi avoir été négligé lors de la refonte, même si depuis des ajustements ont été apportés. Mais il n’y a pas que des éléments négatifs. Sous l’égide d’Eric Pavy, la réorganisation en interne a été menée tambour battant, ce qui a eu des effets positifs, comme une meilleure accessibilité des services (qui disposent désormais de guichets à Paris) et une nette diminution des délais de remboursement qui sont désormais inférieurs à 5 jours ouvrés.

    Le nouveau conseil d’administration dispose de 6 ans pour mener à bien sa mission et imprégner sa marque sur la gestion de la Caisse des Français de l’étranger.

  • Le « sentiment océanique » au cœur de la Saison France-Portugal

    Le « sentiment océanique » au cœur de la Saison France-Portugal

    Le 12 février a débuté la Saison France-Portugal. Jusqu’en octobre, des évènements conjoints sont organisés dans les deux pays afin de mettre en lumière les jeunes talents qui construiront le monde de demain.

    Depuis 1985, l’Institut français organise chaque année des « saisons » ou des « années », afin de mettre en avant les liens unissant la France et un autre pays. A l’origine, le dialogue s’harmonisait autour de célébrations, colloques et animations culturelles et artistiques, mais il s’est aujourd’hui étendu aux domaines de la science, de l’environnement, de l’éducation, du sport ou encore des questions sociales.

    L’amitié franco-portugaise

    En 2018, le président français Emmanuel Macron et le premier ministre António Costa souhaitent créer une saison commune afin de « célébrer les liens puissants et profonds » qui unissent les deux pays. De plus, ils veulent la faire coïncider avec les présidences françaises et portugaises de l’Union européenne de 2022, pour appuyer l’importance du duo.

    « Pays précurseurs de l’humanisme européen, la France et le Portugal sont unis par l’histoire et des affinités culturelles fortes. […] Cet esprit d’ouverture s’incarne aujourd’hui par la présence dynamique en France de luso-descendants et de Français au Portugal qui constituent un lien humain exceptionnel entre nos pays. »

    Emmanuel Macron à propos de la Saison France-Portugal

    L’océan au cœur de la Saison

    L’océan recouvre environ 70% de la planète, et pourtant nous ne connaissons qu’une infime partie de ses profondeurs. Il y a plus d’hommes à s’être rendus sur la Lune que dans la fosse des Mariannes, et nous avons de bien meilleures cartographies de Mars et Vénus que de nos fonds.

    Mais si nous avons une grande méconnaissance de l’océan, nous savons que l’activité humaine l’impacte profondément. Effectivement, le Gulf Stream ralentit, les littoraux sont menacés par la montée des eaux, les récifs coralliens meurent et pourtant seuls 7% des eaux sont protégées d’après la base de données mondiale sur les zones protégées des Nations Unies. Dans l’idée de s’interroger et de trouver des solutions face à l’urgence climatique, la Saison France-Portugal est consacrée au grand bleu.

    Depuis février et jusqu’à l’automne, scientifiques, étudiants, ingénieurs mais aussi artistes se retrouvent pour s’exprimer et échanger afin de trouver des parades pour protéger nos océans.

    La ville de Porto au Portugal

    Une programmation foisonnante

    Avec près de 500 dates organisées dans près de 140 villes portugaises et françaises, une programmation particulièrement riche a déjà débuté. Expositions, spectacles, conférences, débats mais aussi forums européens organisés avec la présidence française de l’union européennes, animent l’année culturelle.

    La « Saison sur le sentiment océanique » s’est ouverte sur le concert « La Mer » à la Philarmonie de Paris. Un moment de suspens interprété par la pianiste Maria João Pires, connue notamment pour avoir enregistré l’un des plus grands enregistrements du Concerto pour piano n°2 de Chopin.

    Exposition hommage à Manuel Casimiro

    Au Portugal, le bal s’est ouvert au rectorat de l’Université de Porto avec une exposition hommage à l’artiste Manuel Casimiro. Peintre, photographe, metteur en scène ou encore designer, l’héritage du Portugais est immense et traverse les frontières. Effectivement, il a passé une importante partie de sa vie dans l’hexagone et n’a cessé de voyager à travers le monde pour photographier les grandes personnalités de son époque. Un évènement disponible jusqu’au 30 mars.

    Pour découvrir davantage cette figure de l’art, le documentaire « Manuel Casimiro : peindre l’idée » sera projeté le 2 avril à l’Archipel Butor à Lucinges. L’exposition de ses œuvres réalisées à quatre mains avec celles du Français Michel Butor, suivra la séance.

    Exposition Agnès Varda à Porto 

    Du 1er avril au 30 octobre sera disponible une exposition des œuvres d’Agnès Varda, au Caso do cinema Manoel de Oliveira à Porto. Projections, photographies, collages, un panel de la vie de l’artiste de la Nouvelle vague sera présenté, et notamment des pièces réalisées au Portugal dans les années 1950. 

    Le Panthéon à Lisbonne, Portugal

    Expositions simultanées sur les deux panthéons

    Depuis le 13 février et jusqu’au 30 juin, des expositions gratuites et en plein air sont organisées simultanément sur les grilles du Panthéon de Paris et du Panteão de Lisbonne. L’occasion de s’interroger sur ces lieux chargés d’histoire qui bordent les deux fleuves des capitales, le Tage et la Seine. 

    Par ailleurs, cycles de films, conférences, débats et expositions sont également organisés jusqu’en octobre dans plusieurs villes portugaises. Toute la programmation de la Saison France-Portugal sur le thème « du sentiment océanique » est à retrouver sur leurs sites internet, disponibles en français et en portugais.

  • Algérie : retour sur le 19 mars 1962 et le cessez-le-feu.

    Algérie : retour sur le 19 mars 1962 et le cessez-le-feu.

    La France a commémore ce samedi 19 mars le 60e anniversaire des accords d’Evian et du cessez-le-feu en Algérie. Lors d’une cérémonie organisée à l’Elysée où quelque 200 témoins de la guerre ont été conviés (appelés, combattants indépendantistes, harkis et rapatriés), Emmanuel Macron a déclaré que cette date « ne fut ni le début de la paix, ni la fin de la guerre ». Le candidat à sa réélection a ajouté : « Cette date ne peut ni être la seule, ni être reniée, bousculée, oubliée. »

    Cérémonie à Paris le 19 mars 2022 ©AFP

    Car depuis la loi du 6 décembre 2012, le 19 mars est la « journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc ».

    Regardez le reportage de TV5MONDE sur les accords d’Evian

  • Présidentielle 2022 : Macron présente son programme

    Présidentielle 2022 : Macron présente son programme

    Le président sortant et candidat à sa propre réélection a détaillé son programme pour l’élection présidentielle d’avril prochain pour « une Nation indépendante dans une Europe plus forte ».

    Lors d’une conférence de presse, jeudi 17 mars, le président et candidat Emmanuel Macron a proposé sa vision de la France, inspirée par la « confiance dans le progrès » et l’« humanisme », a-t-il précisé.

    En premier lieu, Emmanuel Macron souhaite développer l’indépendance du pays, en particulier en renforçant « la capacité à se défendre de la France » par la poursuite de l’investissement dans les armées, tant à l’échelon national qu’européen, et la généralisation du service national universel ainsi que le doublement des réservistes.

    L’agriculture fait également partie de cette stratégie, et le président sortant propose la poursuite de la transformation entamée lors du mandat qui s’écoule et « une action pour le renouvellement des générations d’agriculteurs ».

    Concernant la stratégie européenne « de la ferme à la fourchette », qui prévoyait une réduction de la production agricole, M. Macron veut revenir sur ce principe, car des « crises alimentaires profondes » sont à attendre — notamment hors d’Europe — et qu’il faudra y faire face.

    Afin de faciliter la production sur le sol français et aider les entreprises, des baisses d’impôts ultérieures sont annoncées en cas de réélection, ainsi qu’un investissement de 30 milliards dans les secteurs d’avenir, dont les mini-lanceurs spatiaux, les semi-conducteurs, les biomédicaments, le Cloud.

    En matière énergétique, le président confirme la stratégie déjà entamée, construite autour du développement massif des énergies renouvelables et du nucléaire, accompagnées par une réduction progressive de la consommation, avec l’objectif notamment de sortir la France de la dépendance du gaz, du charbon et du pétrole. La rénovation thermique de 700 000 logements par an est un objectif fixé par le candidat.

    Du point de vue de « l’indépendance culturelle », M. Macron affirme vouloir protéger l’information libre et indépendante et entend soutenir la création et les artistes par une stratégie de commande publique ainsi que, de manière plus étonnante, la construction d’« un métavers européen ».

    Cette indépendance implique un financement massif de la recherche — à hauteur de 25 milliards d’euros sur 10 ans —, permettre davantage d’autonomie des universités et la formation d’un million de personnes dans les secteurs d’avenir.

    Afin de financer ces chantiers, des réformes devraient permettre des économies importantes, notamment à travers la réforme de l’assurance chômage et la réforme des retraites. L’âge légal de départ à la retraite sera « progressivement » amené à 65 ans, tandis que la nouvelle indemnisation du chômage sera plus ou moins protectrice en fonction de la conjoncture économique.

  • Corse : le sujet de l’autonomie ressurgit 

    Corse : le sujet de l’autonomie ressurgit 

    Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a lancé le sujet d’une possible autonomie de la Corse. Une décision historique qui arrive après deux semaines de tensions sur l’île. 

    Le mercredi 2 mars, le militant indépendantiste corse Yvan Colonna a été agressé dans la prison d’Arles où il est incarcéré depuis 2016. Une attaque perpétrée par un de ses  co-détenus condamné pour “terrorisme”. 

    L’évènement a secoué l’île de Beauté, et des scènes de tensions sont observées depuis deux semaines. Effectivement, si Yvan Colonna a été incarcéré à perpétuité pour le meurtre du préfet Claude Érignac en 1998, cela fait une dizaine d’années que sa famille demande à ce qu’un rapprochement de la famille soit opéré, en vain. De plus, les manifestants et les élus dénoncent une négligence de surveillance de la part du personnel pénitentiaire. Ainsi, depuis deux semaines des émeutes ont cours. 

    Yvan Colonna

    Vers une possible autonomie de la Corse 

    A bientôt trois semaines du premier tour de la présidentielle, le dossier corse apparaît comme une épine dans le pied pour le gouvernement. De fait, le ministre de l’Intérieur a pris une décision historique en évoquant la possibilité d’une autonomie de l’île. 

    Invité de la matinale sur le plateau de RMC, le chef de la police a cependant tenu à spécifier que le dossier de l’autonomie ne sera pas traité “en deux jours” et nécessitera de passer par de « nombreuses étapes”. 

    Par ailleurs, une autonomie ne sera pas synonyme d’indépendance. Effectivement, si l’île méditerranéenne sera la garante de ses politiques sociales, économiques ou sanitaires, les problématiques régaliennes, à l’instar de la justice, la défense et la sécurité, seront gérées par Paris. En d’autres termes, il s’agira d’une forme de “décentralisation poussée”. 

    Aujourd’hui, la demande d’indépendance a quasiment disparu du vocabulaire des Corses, qui demandent essentiellement à être reconnus par l’État aux niveaux historiques, culturels et politiques

    Si Beauvau a ouvert l’hypothèse de l’autonomie, il demande à un retour au calme en amont de toute discussion. 

    Un reportage de TV5MONDE

  • Parcoursup : bientôt la fin des inscriptions

    Parcoursup : bientôt la fin des inscriptions

    Le 29 mars prochain va marquer la fin de la phase de la formulation des vœux sur la plateforme Parcoursup. Retour sur la procédure pour les Français de l’étranger. 

    Depuis le 20 janvier dernier, les lycéens du monde entier peuvent formuler leurs vœux pour venir étudier en France à la rentrée prochaine. Cette procédure prendra fin le mardi 29 mars. Tous les ans, cette période est source d’anxiété pour de nombreux futurs étudiants : non compréhension de la démarche, problèmes informatiques ou encore crainte de ne pas voir ses choix être acceptés. Pour les Français de l’étranger, s’ajoutent les difficultés rencontrées pour inscrire son parcours estudiantin. 

    Démarche d’inscription pour les lycéens des Lycées français à l’étranger

    Les élèves inscrits dans un lycée français à l’étranger sont voués à passer un Baccalauréat français. Ainsi, ils possèdent un numéro INE (Identifiant National Étudiant) – aussi appelé numéro BEA – mentionné sur leurs bulletins scolaires ou leur dossier. Composé de onze chiffres, il permet de s’inscrire sans difficulté sur Parcoursup. 

    Au moment de votre inscription sur le site Internet, il vous sera tout de suite demandé votre date de naissance et votre numéro INE. Une fois les données entrées, vous pourrez remplir votre dossier sans complication : fiches personnelles et parentales, parcours scolaire et brève présentation de votre situation. 

    S’ensuit le moment d’entrer vos souhaits pour la rentrée universitaire. Pour se faire, une carte de la France et ses formations vous est présentée. Vous pouvez également trouver directement une formation particulière dans la barre de recherche. 

    Vous pouvez formuler dix vœux maximum. 

    Démarche d’inscription pour les lycées non-inscrits dans un lycée français à l’étranger 

    Pour les élèves affiliés à un lycée local à l’étranger, et donc non rattaché à l’éducation française, la démarche est quasiment similaire. 

    Lorsque vous créez votre profil Parcoursup, vous devez également entrer votre date de naissance et votre numéro INE. Or, vous n’en possédez pas. Il vous faut donc cocher la case “Je n’ai pas d’INE” présente à droite de la page.

    Ensuite, à l’instar de vos camarades, vous pouvez remplir votre dossier Parcoursup. Au moment du remplissage de la page “Scolarité”, il vous est demandé votre niveau d’étude mais établi sur le modèle français (Terminale, Première, Seconde). Sélectionnez simplement votre équivalent. De même pour la filière choisie : littérature, générale, scientifique, professionnelle etc. Par exemple, si vous étudiez principalement la littérature ou les sciences, choisissez en fonction. 

    Enfin, vous pourrez accéder à votre profil Parcoursup afin d’entrer vos vœux pour septembre prochain. Vous pouvez formuler dix vœux maximum. 

    Campus.

    Rappel des dates butoires 

    • 29 mars : date butoire pour formuler ses vœux. Après cette date, il n’y aura pas de phase de rattrapage pour les élèves ayant manqué la phase d’inscription. 
    • 7 avril : date butoire pour constituer son dossier et confirmer ses vœux. 
    • 2 juin : ouverture de la première phase d’admission. A compter de ce jour, vous recevrez les réponses des écoles et universités pour lesquelles vous avez postulé. Si vous recevez une réponse favorable, vous aurez un certain laps de temps pour donner votre réponse. 
    • 23 juin : ouverture de la phase complémentaire. Si vous n’avez reçu aucune réponse positive ou que vous n’êtes pas satisfait de vos choix, vous aurez jusqu’au 16 septembre pour en formuler de nouveaux. 
    • 15 juillet : date finale pour vous inscrire à la formation choisie. 
    • Avant fin juillet : inscription dans l’établissement souhaité. Nous vous conseillons de vous inscrire directement après avoir validé votre choix, car les universités sont généralement en vacances durant tout le mois d’août. Ainsi, il est quasiment impossible de réaliser son inscription à cette période de l’année. 

    Les derniers salons virtuels de l’orientation 

    Si vous êtes encore légèrement confus quant à votre orientation, plusieurs salons virtuels sont encore organisés. Effectivement, jusqu’au 29 mars, jour de la clôture des vœux sur Parcoursup, Studyrama organise des évènements sur l’orientation. A titre d’exemples, vous pouvez vous inscrire pour le Salon des formations et métiers du BTP, ou des formations du sport du 22 mars ; ou encore à celui des formations et métiers de l’audit et de la gestion du 29 mars. 

    Retrouvez la liste complète des salons virtuels organisés à l’adresse suivante : https://diplomeo.com/actualite-calendrier_salons_virtuels_etudiants_mars

    CROUS – Dossier de bourse 

    Le CROUS est l’organisme gérant les bourses étudiantes. Sur le site internet, vous pouvez y faire une demande de bourse sur critères sociaux et d’un appartement en résidence étudiante. 
    SI vous souhaitez être boursier à la rentrée prochaine, vous avez jusqu’au 15 mai pour entrer votre candidature. Après cette date, il vous sera très compliqué d’en obtenir une, mais non impossible. Seulement, vous percevrez vos premiers mois de bourses avec de nombreux mois de retard.

  • STAFE : les élus consulaires reprennent la main

    STAFE : les élus consulaires reprennent la main

    Le STAFE (dispositif de soutien au tissu associatif des Français à l’étranger) repose sur l’attribution de subventions à des projets dont l’objet est de nature éducative, caritative, culturelle ou d’insertion socio-économique et qui contribuent au soutien des Français à l’étranger. 

    Lors de la première commission du vendredi 11 mars, 110 dossiers ont été rejetés et plus de 60 % du budget n’avait pas été alloué par l’administration consulaire. C’est pourquoi les conseillers des Français de l’étranger ont exprimé leur frustration et leur mécontentement concernant ces prises de décisions lors de la session plénière de l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE) qui se termine ce jeudi 17 mars.

    Nous sommes allés à la rencontre de Patricia Connell, porte parole du groupe à l’AFE « Indépendants, Démocrates et Progressistes » (IDP) largement dominé par les élus de la majorité présidentielle ainsi que d’autres élus en Europe.

    Comme Gaëlle Lecompte qui nous rappelle le rôle du STAFE.

    “Il a été créé pour remplacer la réserve parlementaire qui était de 3 millions d’euros et le dispositif a été créé en 2018 pour une enveloppe évaluée à 2 millions d’euros. Déjà il y a eu une perte de 1 million d’euros dans les budgets et ce STAFE est continuellement à la baisse. Nous constatons qu’il y a de moins en moins d’argent dans l’enveloppe, donc les 2 millions d’euros ne sont jamais dépensés et on observe une chute des objets déposés par les associations.”

    Gaëlle Lecomte est élue consulaire des Français de l’étranger à Madrid depuis 2016 et elle est élue AFE pour la Péninsule Ibérique depuis cette mandature

    L’incompréhension face au rejet des dossiers

    Patricia Connell est aussi élue conseillère La République en Marche en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord, elle se dit “très frustrée de ce qui s’est passé. Nous nous sommes vus refuser des dossiers. Sur la ville de Londres, il y avait plusieurs dossiers rejetés. Seulement deux ont été acceptés. C’était des projets pour aider les personnes en détresse ou les personnes âgées et malgré cela ils ont été refusés.”

    Patricia Connell comme d’autres conseillers consulaires s’étonnent qu’après que les Conseils consulaires aient approuvé les projets souvent à l’unanimité, l’administration les rejette sans explication. Pourtant les élus affirment avoir suivi les critères de sélection transmis par l’administration et par les consulats. Et malgré cette rigueur, l’administration à Paris a décidé de ne pas allouer les budgets alors que 2 millions d’euros avaient été crédités dans la Loi de financement. Seulement 750,000 euros avaient été accordés.

    Les élus se sont interrogés !

    « Qu’est-ce qu’il advient du reste de cet argent ? Pourquoi ça n’a pas été donné alors que les projets tenaient la route ? Le budget existe. Le gouvernement nous a donné le budget. « 

    Patricia Connell, porte parole du groupe IDP (LREM et indépendants) de l’AFE

    Lundi 14 mars, logiquement lors de l’ouverture de la session de l’AFE, les élus ont exprimé leur mécontentement au ministre Jean-Baptiste Lemoyne. Message entendu car immédiatement, dans son introduction il indique : « Nous allons refaire une commission. »

    Les dossiers ont donc été réexaminés et représentés dans une nouvelle commission STAFE le mardi 15 mars. Les conseillers qui y siègent ont pu faire en sorte que ces dossiers soient récupérés et approuvés, mais il n’existe aucune garantie que le processus ira à son terme.

    En sus, pour les élus le mal est fait. L’administration ne respecte pas les conseillers consulaires qui travaillent avec les consulats et qui ont pris la décision d’accorder une aide financière grâce à leur connaissance du terrain.

    « Nous sommes tous outrés et choqués de ce qui s’est passé. Les élus de la majorité ne sont pas contents.”

    Patricia Connell, porte parole du groupe IDP (LREM et indépendants) de l’AFE

    Modification des règles

    La colère des élus s’explique par une modification des règles d’attribution pour la 2e année consécutive, par l’administration parisienne après le dépôt des dossiers par les associations et après l’examen de ces candidatures par les commissions locales.

    Il a donc résulté de ce changement de critères que seuls 94 dossiers sur les 242 initialement retenus par les conseillers des Français de l’étranger ont été acceptés par l’administration parisienne et 38 ont été revus à la baisse. Seulement 795 000 euros de fonds ont été alloués, soit moins de 40 % des deux millions budgétés par l’État. Au total, 110 dossiers ont été rejetés équivalant à 1,1 million d’euros.

    « Cette pratique de l’administration des Français à l’étranger du Ministère des Affaires étrangères est inacceptable et montre le mépris qu’elle a pour le travail formidable qu’effectuent les associations pour les communautés françaises à l’étranger. Nous avons été entendus par Jean-Baptiste Lemoyne, ministre délégué chargé des Français de l’étranger. Une nouvelle commission a été réunie. Au terme de cette deuxième réunion et sous réserve de confirmation finale par l’administration, 76 % des dossiers ont maintenant été acceptés (183 dossiers sur les 242) pour un montant total de 1,3 million d’euros. 9 dossiers sont en cours de validation après examen de la faisabilité financière de leur projet. Au Royaume-Uni, sous réserve de confirmation par l’administration, les dossiers du Dispensaire français – Société française de Bienfaisance, de la Fédération des Associations Françaises en Grande Bretagne, du Parapluie FLAM, de l´école FLAM de Jersey ont finalement été validés (les montants seront précisés directement aux associations)”

    Patricia Connell, porte parole du groupe IDP (LREM et indépendants) de l’AFE

    “Les associations sont découragées.”

    Gaëlle Lecomte, élue en Espagne, est surtout inquiète du retour qu’elle a de ses différents collègues soit à l’AFE ou par les conseillers des Français de l’étranger.

    Les associations sont de plus en plus découragées parce que depuis 2018, certaines déposent des dossiers et à chaque fois se voient refuser leurs projets. Nous avions la commission nationale qui se tenait vendredi 11 mars pour une enveloppe budgétaire de 2 millions d’euros. Nous sommes arrivés en commission et des 242 dossiers validés localement par les conseillers français de l’étranger et les administrations locales, Paris n’en a validé 120 ou 122. Ça donnait 1 dossier sur 2 validé par l’administration et pour une enveloppe de 721 000 euros donc très loin de l’enveloppe des 2 millions d’euros. Cette réunion a duré cinq heures. J’ai expliqué qu’il y avait des élus locaux qui avaient étudié les dossiers, qui avaient débattu et qui avaient fait remonter leurs inquiétudes et pousser certains dossiers parce qu’ils connaissent le travail notamment des entraides, des Alliances Françaises et au final ce travail des élus, de l’administration locale et des consulats se retrouve bafoué par Paris. Cette situation a généré une grogne auprès des élus, mais aussi des associations. Nous avons des associations qui se sont mobilisées pendant la crise de la Covid. Tout le culturel par exemple était nécessaire donc quand Paris décide d’exclure, de rejeter des projets en lien avec le culturel ou l’éducation c’est particulièrement scandaleux. Le ministre Jean-Baptiste Lemoyne a tenté de rattraper un peu la situation. Lundi dans son allocution d’ouverture de l’AFE  il a décidé de faire une commission bis. C’est quelque chose qui ne s’est jamais fait depuis la création du dispositif afin de revoir les dossiers. Cette commission bis s’est tenue ce mardi 15 mars. Au final des 242 projets dossiers validés par les postes consulaires, on est a priori à 186 dossiers acceptés validés plus 31 sous réserve de complément d’information et donc 56 dossiers rejetés. Tout le monde grogne, car les associations font un effort de monter un projet. Nous essayons de travailler en bonne intelligence avec nos consuls et collègues et au final le fait qu’on soit retoqués par l’administration c’est complètement incompréhensible, et quel manque de respect pour les élus et le tissu associatif surtout quand on sort d’une crise sanitaire. Et pourtant j’ai toujours insisté pour que les associations respectent les critères d’éligibilité. Parce qu’on parle d’argent public et la transparence est fondamentale. J’étudie la transparence et la lutte anti corruption à l’Université du Sussex au Royaume-Uni. Pour moi la lutte anti corruption et la transparence c’est fondamental. J’insiste vraiment là-dessus, mais les critères d’éligibilité ne sont pas clairs et ne sont pas adaptés donc Madame Haguenauer, la directrice des Français de l’étranger, avait proposé vendredi un groupe de travail pour revoir ces critères. Le problème c’est que dans trois semaines auront lieu des élections et que du coup le cabinet ministériel ne sera plus le même, que le nouveau cabinet va mettre du temps avant d’être mis en place, de vraiment être fonctionnel et ce groupe de travail sera lancé quand ? On ne le sait pas. Sauf que la campagne du STAFE 2022 va être lancée à la rentrée probablement. On risque de se retrouver dans un an à avoir exactement la même situation.” 

    Gaëlle Lecomte est élue consulaire des Français de l’étranger à Madrid depuis 2016 et elle est élue AFE pour la Péninsule Ibérique depuis cette mandature

    Les Français de l’étranger mieux pris en compte dans le débat politique en France ?

    Pour Gaëlle Lecompte, le problème est plus profond et touche à la place des expatriés.

    “Nous avons besoin de plus de visibilité par nos compatriotes tout simplement parce que nous participons au rayonnement de la France à l’étranger et malheureusement nous ne sommes pas assez considérés. Je suis indépendante et je ne suis lié à aucun parti politique. Je ne fais pas la promotion d’aucun candidat. De manière objective je pense que les Français à l’étranger ne sont pas pris en compte dans le débat présidentiel et politique en France. Nous contribuons au rayonnement de la France dans le monde et à sa diplomatie d’influence.”  

    Gaëlle Lecomte est élue consulaire des Français de l’étranger à Madrid depuis 2016 et elle est élue AFE pour la Péninsule Ibérique depuis cette mandature

    Pour Patricia Connelll et Olivier Bertin (lui aussi à Londres), la péripétie du STAFE se finit de manière positif. Pour ceux, c’est un gain de cause. Par contre pour Gaëlle Lecompte, il reste beaucoup de travail à faire pour que les expats à l’étranger soient entendus. Elle dénonce l’opacité des critères. Au final, le dispositif découragerait les associations. Pour l’élu madrilène, la position des élus LREM et des indépendants (associés dans un groupe unique à l’AFE) est une récupération politique électoraliste. Comme de nombreux élus, elle demande des faits concrets, pas des effets d’annonce.

    La mésaventure, même si elle se finit bien, ouvre la voie à une vraie réflexion sur les critères et le processus pour éviter que cette situation se répète les années suivantes.

  • La situation scandaleuse du lycée Alexandre Dumas d’Haïti – lettre ouverte à Jean-Baptiste Lemoyne 

    La situation scandaleuse du lycée Alexandre Dumas d’Haïti – lettre ouverte à Jean-Baptiste Lemoyne 

    Monsieur le Ministre,

    Lors de ma dernière journée à Port-au-Prince, j’ai pu visiter le lycée Alexandre Dumas d’Haïti, fermé aux élèves depuis août 2021 suite à l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet dernier.

    En novembre 2021, j’avais été sollicité par Christelle Chignard-Paul,  Conseillère des Français de l’étranger, pour intervenir sur le sujet. Nos Sénateurs ont saisi les Ministres de tutelle, dont votre cabinet, notre élu à l’assemblée des Français de l’étranger, Gérard Signoret, a saisi la DFAE.

    J’avais alors promis d’aller en Haïti, ce qui est chose faite et nous avons eu plusieurs réunions de travail sur le sujet.

    Seul établissement scolaire fermé sur l’île

    La situation est scandaleuse. En effet comment comprendre que le lycée Français d’Haïti soit le seul de ce pays a être fermé en présentiel ? Même les écoles américaines sont ouvertes !

    Le Conseil du lycée a proposé des formations en double hybride, acceptées par l’AEFE, par l’Ambassade, par les parents, par le proviseur, par l’immense majorité des professeurs (locaux comme expatriés), par le personnel d’encadrement et l’administration.

    Comment le Ministère des affaires étrangères peut-il bloquer, depuis Paris, un projet construit d’ouverture qui fait l’unanimité localement ? Pour se couvrir sur le dos des enfants avant des élections ?

    Certes, la situation sécuritaire en Haïti est extrêmement tendue, préoccupante et peut évoluer de façon défavorable à tout moment (ce qui justifierait une fermeture, du moins temporaire, du Lycée).

    Certes, la sécurité des enfants doit être la priorité absolue, mais de nombreuses mesures ont été prises : gardes armés, parking sécurisé, système de caméras, système de sécurisation des accès du lycée, etc.

    Si l’emplacement du lycée est si dangereux que cela, alors comment expliquer que les bureaux de vote aient été déplacés au lycée cette année ?

    Un lycée prêt à accueillir les élèves

    Le lycée est très bien adapté en termes d’impératifs pédagogiques pour de l’EAD et/ou du hybride.

    Le désengagement de la France, organisé à pas rapides par ce gouvernement (fermeture de l’institut Français en mai, réduction des effectifs de l’ambassade avec rapatriement de nombreux fonctionnaires, etc.), doit-il faire du lycée un dommage collatéral alors que les enfants ont déjà dû subir 2 ans de EAD avec toutes les conséquences que l’on connaît ?

    Haïti a connu des périodes bien plus difficiles et le lycée n’a jamais été fermé. Plusieurs pays en « rouge » ont maintenu leurs lycées ouverts !

    Monsieur le Ministre, je vous demande d’agir afin que le Ministère des affaires étrangères et le Ministère de l’éducation, autorisent, avant la fin des cours en juin, l’ouverture en double hybride du Lycée Alexandre Dumas de Port-au-Prince, accompagnée d’un suivi de la situation sécuritaire.

    Si cela n’est pas fait, plus de 500 élèves seront sacrifiés sur l’autel du manque de courage politique alors qu’il y a unanimité localement sur le sujet.

    Si cela n’est pas fait, cela peut, de fait, provoquer la fermeture définitive du lycée et le départ des enfants vers les écoles américaines.

    Dans cette attente, veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes salutations dévouées.

    Bertrand Dupont

    Conseiller des Français de l’étranger au Brésil – Candidat aux élections législatives 2022 pour la 2ème circonscription des Français de l’étranger

  • Défis européens

    Défis européens

    En une dizaine d’années, nous accumulons malheurs et déboires. Nous avons connu en 2008 une crise à l’époque qualifiée de centennale ; en 2012, l’euro et les économies européennes sont menacées par la crise des dettes souveraines ; en 2020, une épidémie sans précédent frappe l’ensemble de la planète, puis en 2022, le vieux continent est en proie à une guerre d’une ampleur inconnue depuis 1945. Ces évènements, se produisent avec, en toile de fond, la sourde menace du réchauffement climatique qui, année après année, met en danger notre écosystème. Serions-nous victimes d’un signe indien ou payons-nous le prix de notre inconscience, de nos erreurs passées, de nos égoïsmes ?

    Une montée aux extrêmes des émotions

    La médiatisation de nos vies et de notre quotidien a changé en profondeur notre rapport à l’actualité. Les chaînes d’information en direct et les réseaux sociaux génèrent une montée aux extrêmes des émotions et du catastrophisme. Elles s’en nourrissent et nous en sommes également les catalyseurs.

    Au-delà des drames que subissent les populations concernées par la guerre, la guerre opposant la Russie à l’Ukraine donne également lieu à une bataille de la communication. Pour la première fois, un pays dirigé par un ancien comédien et peuplé d’habitants ultra-connectés est au cœur d’un conflit militaire. En France, en Allemagne, aux États-Unis mais aussi au Brésil, cette guerre est vécue en direct. Les avancées, les échecs de l’armée russe et la résistance des Ukrainiens sont vécus en direct par l’intermédiaire des vidéos et des images. L’invasion ukrainienne a chassé de nos écrans le virus du Covid qui pourtant demeure présent dans l’ensemble des pays. Toutes les données sont bien absorbées sans filtre avec, à la clef, l’apparition de peurs bien souvent irrationnelles.

    L’augmentation du cours du pétrole est l’expression d’une peur

    Ainsi, l’augmentation du cours du pétrole, du gaz, des matières premières et des produits agricoles n’est en aucun cas la conséquence d’une pénurie, d’une raréfaction de l’offre; elle est l’expression d’une peur, d’une anticipation d’hypothétiques embargos. Par autoréalisation, les agents économiques se fabriquent leur propre crise.

    L’invasion ukrainienne rappelle tristement à l’Union européenne qu’elle n’évolue pas en dehors de l’histoire. De l’échec du référendum français sur le traité constitutionnel en 2005 au Brexit finalisé en 2021, en passant par la crise grecque, les États membres ont subi les évènements et négligé le monde extérieur. Ils ont cru à « la fin de l’histoire » en vertu de laquelle les démocraties avaient définitivement gagné la partie. Considérant que la paix était définitive, ils ont entendu profiter de ses dividendes en se désarmant, tout en continuant à compter sur le supposé soutien indéfectible de l’allié américain.

    La montée en puissance de la Chine et la résurgence des phénomènes nationalistes n’ont pas donné lieu à une véritable réflexion d’ensemble. Si les migrants sont devenus un problème avec l’Europe, celui-ci a été avant tout cantonné aux pays dits périphériques au risque de fragiliser l’unité de l’ensemble. L’épidémie de Covid a souligné que les virus ne prêtaient guère attention aux égoïsmes des peuples européens en passant d’une frontière à une autre. L’Union après quelques tergiversations a réagi en mettant en place un plan de relance de nature fédérale.

    Un village à Brandenburg, Allemagne.

    La question énergétique au cœur du projet européen

    L’invasion ukrainienne a rappelé que l’isthme européen, cette bande étroite de terres aux confins du continent asiatique, morcelée en de multiples États constitue un ensemble fragile. Nous devons renouer avec l’esprit des pères fondateurs de la construction européenne. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, ceux-ci avaient mis la question énergétique au cœur du projet européen en créant la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier puis Euratom en charge du nucléaire.

    La décarbonation de l’économie ne pourra être réalisée que dans l’union des États membres. Pour la première fois dans l’Histoire, nous devons, en un laps de temps réduit, modifier tous nos processus de production et apprendre à nous passer des hydrocarbures qui depuis plus de cent ans sont au cœur de nos économies. Ce défi majeur qui exige des financements incommensurables, suppose un grand sens des responsabilités et des solidarités de la part des Européens.

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