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  • L’impôt minimum mondial se heurte au désaccord des États membres sur la directive européenne

    L’impôt minimum mondial se heurte au désaccord des États membres sur la directive européenne

    Les ministres des Finances des États membres de l’UE ne sont pas parvenus à un accord unanime sur la directive européenne visant à mettre en œuvre l’impôt minimum mondial sur les grandes entreprises, lorsqu’ils se sont réunis à Bruxelles mardi 15 mars.

    L’impôt minimum mondial est l’un des deux piliers qui constituent un vaste accord fiscal international conclu en octobre 2021 par plus de 130 pays afin de mettre un frein à la concurrence fiscale internationale.

    Tous les États membres de l’UE ayant adhéré à l’accord fiscal, la Commission européenne a présenté une proposition de directive européenne visant à mettre en œuvre l’impôt minimum de manière uniforme dans toute l’UE.

    La mise en œuvre de l’accord fiscal mondial est l’une des priorités de la présidence française du Conseil des ministres de l’UE, qui se termine fin juin 2022.

    Certains gouvernements restent à convaincre

    Cependant, malgré les efforts de la France pour formuler un compromis, les gouvernements de la Suède, de la Pologne, de Malte et de l’Estonie ont encore exprimé des inquiétudes au sujet de la directive et ont refusé de soutenir le compromis, bien que la ministre estonienne Keit Pentus-Rosimannus se soit déclarée « très positive quant au fait qu’une bonne solution puisse être trouvée très bientôt ».

    Le ministre suédois des Finances, Mikael Damberg, a déclaré qu’« il est trop tôt pour convenir d’une approche générale sur la directive », estimant que tous les points techniques n’ont pas encore été résolus.

    Étant donné que les questions fiscales nécessitent le soutien unanime des gouvernements des États membres pour devenir une loi européenne, chaque gouvernement d’un État membre peut opposer son veto à la directive, ce qui complique la tâche du ministre français des Finances, Bruno Le Maire, qui a présidé la réunion.

    Légèrement frustré, il a rappelé à ses collègues ministres des Finances que leurs pays avaient tous accepté l’accord fiscal international en octobre dernier et que la directive actuellement sur la table n’était rien d’autre que la mise en œuvre de cet accord.

    Parvenir à un compromis

    Pour parvenir à un compromis, les Français ont proposé de retarder d’un an la mise en œuvre de la directive et de rendre volontaire la mise en application de certaines parties de l’impôt minimum mondial pour les États membres qui n’ont que peu d’entreprises concernées par la directive, au cours des cinq premières années.

    Plusieurs ministres des Finances ainsi que le commissaire à l’Économie Paolo Gentiloni, qui est responsable de la directive du côté de la Commission européenne, ont critiqué cette déviation du texte original, mais ont tout de même soutenu le texte, « dans un esprit de compromis ».

    Pour quatre ministres des Finances, cela n’était pas suffisant. La secrétaire d’État polonaise Magdalena Rzeczkowska a plaidé pour un lien plus fort et juridiquement contraignant entre l’impôt minimum mondial et l’autre pilier de l’accord fiscal international.

    Cet autre pilier de l’accord permettrait d’attribuer une partie des impôts des grandes entreprises très rentables comme Apple ou Facebook aux lieux où elles réalisent leur chiffre d’affaires plutôt qu’à ceux où se trouve leur siège social.

    Toutefois, les détails de cet accord sont encore en cours d’élaboration et donneront lieu à une convention internationale. C’est pourquoi M. Le Maire et la Commission ont fait valoir qu’un lien juridiquement contraignant entre les deux piliers ne pouvait être mis en œuvre dans la directive européenne à l’examen.

    Mikael Damberg, ministre suédois des Finances

    Trois semaines supplémentaires

    Néanmoins, M. Le Maire semble déterminé à combler les dernières divergences entre les ministres des Finances de l’UE.

    « Nous travaillons sur des formulations, aucune n’est insurmontable » a-t-il déclaré.

    « J’ai appris la patience », a-t-il ajouté, précisant qu’il travaillait sur ce dossier depuis maintenant cinq ans.

    « Si cela prend trois semaines de plus, ce n’est pas grave », a-t-il ajouté, semblant convaincu qu’il parviendrait à un accord d’ici début avril, moment où les ministres des Finances de l’UE se réuniront pour la prochaine fois.

  • Législatives 2022 : Ahmed Eddarraz, « le mandat de la preuve d’amour »

    Législatives 2022 : Ahmed Eddarraz, « le mandat de la preuve d’amour »

    Les élections législatives se rapprochent doucement et les candidats pour le poste de député pour les FDE se déclarent peu à peu. Rencontre avec Ahmed Eddarraz pour la IXème circonscription. 

    Ahmed Eddarraz est candidat au poste de député pour les Français de l’étranger du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, dont le premier tour aura lieu le 05 juin prochain.

    Originaire de l’Aveyron, il a toujours entretenu des liens forts avec le Maghreb. Ses parents, tous deux marocains, lui ont transmis ce sentiment d’attachement au Royaume et à la région. Aussi, il a continuellement eu un goût prononcé pour la politique. Depuis plusieurs années, nombre de ses amis installés dans la IXème circonscription lui font part de leur détresse. Il a donc décidé de s’engager personnellement dans cette lutte pour les représenter. 

    Une candidature alternative 

    Actuellement en plein procès pour agression sur le socialiste Boris Faure, l’actuel député LREM M’jib El Guerrab, souhaite tout de même se présenter à sa réélection. Si Ahmed Eddarraz estime ne pas avoir à se prononcer sur cette décision et désire laisser la justice faire son travail, il tient à proposer une candidature alternative. 

    Dans le même temps, il réfute les rumeurs sur l’entrée en jeu de Christophe Castaner pour les Français de la IXème circonscription des Français de l’étranger. 

    Le programme 

    Ahmed Eddarraz a fait connaître son programme en même temps que sa candidature aux législatives. S’il gagne la confiance des Français de l’Afrique du Nord, il compte mettre un certain nombre d’actions en place dès les six premiers mois de son mandat. 

    D’un côté, son premier déplacement ne se fera pas en circonscription, comme c’est l’usage habituellement, mais au Centre national d’état civil des Français de l’étranger à Nantes. Il se donne pour mission de finaliser la numérisation de tous les documents de nos concitoyens installés à l’étranger, car il trouve “inacceptable et intolérable” qu’ils n’aient pas accès à leurs papiers avec la même facilité que les Français de France. 

    Son deuxième cheval de bataille est l’éducation. Il envisage de modifier le système des bourses conditionnées sur les revenus des parents. 

    Enfin, il lutte pour créer un groupe transpartisan d’élus des Français de l’étranger, qui se retrouverait “a minima” tous les quinze jours afin d’échanger et trouver des solutions pour leurs électeurs

    “Si on veut réellement réussir à transformer et répondre aux inquiétudes, aux problématiques de nos concitoyens, ça ne se fera que dans l’unité”. 

    Ahmed Eddarraz, candidat au poste de député de la IXème circonscription des Français de l’étranger
    Ahmed Eddarraz à droite de l’image

    Le bilan des cinq dernières années 

    Aux yeux du candidat LREM, le gouvernement a tenté de faire au mieux pour répondre présent auprès des expatriés. Seulement, il avoue que le système doit être repensé pour les éventuelles futures crises ou vagues épidémiques. 

    Face aux problématiques rencontrées par ses concitoyens de l’étranger sur le thème de la vaccination (vaccins non-reconnus par l’Agence européenne du médicament), l’ancien socialiste appelle les ministères de la Santé, des Affaires étrangères et de l’Armée à se réunir et créer une stratégie vaccinale. Il aimerait que les doses de vaccins reconnues dans l’hexagone soient acheminées vers les ambassades et consulats en fonction du nombre de citoyens inscrits sur le registre des Français de l’étranger. 

    Par ailleurs, il réclame la création d’un poste de médiateur de la République pour les FDE au sein du Quai d’Orsay, dans le but que leur représentation soit optimale et omniprésente. 

    De plus, Ahmed Eddarraz ambitionne de plafonner les prix des billets d’avion pour les Français expatriés, dans un accord avec la compagnie Air France. Effectivement, il trouve aberrant que certains Français ne puissent pas rentrer dans leur pays à cause des prix onéreux. 

    Finalement, l’aspirant député revendique un mandat proche des électeurs. A ses yeux, il s’agira du “mandat de la preuve d’amour pour les Français de l’étranger”

    Un débat entre les compétiteurs

    Si Ahmed Eddarraz se voit franchir la barrière du second tour, il ne souhaite pas faire de pronostics quant à son concurrent. En outre, il quémande un débat entre tous les candidats, car “c’est un exercice démocratique auquel les Français de l’étranger ont droit.”

    Ecoutez le podcast avec Ahmed Eddarraz

    Un podcast à retrouver sur toutes vos plateformes préférées

    Podcast liste
  • Mali : preuve de vie d’Olivier Dubois 

    Mali : preuve de vie d’Olivier Dubois 

    Dans une nouvelle vidéo, le journaliste Olivier Dubois retenu en otage au Mali apparaît en bonne santé. 

    Il y a onze mois, alors qu’il couvrait des reportages au Sahel, il a été enlevé avec deux autres journalistes maliens, par un groupe djihadiste affilié à Al Qaida. 

    Dans cette vidéo, le reporter envoie un message à sa famille avec des mots bien choisis. Effectivement, lorsqu’il reprend les mots de son père, il fait référence à des messages de ses proches diffusés sur Radio France Internationale (RFI). Pour Canèle Bernard, sa sœur, il s’agit d’une aide précieuse lui permettant de poser une date approximative sur la vidéo. 

    Mali, Olivier Dubois, otage
    Manifestation pour libérer Olivier Dubois

    D’après Canèle Bernard, la vidéo a donc été enregistrée il y a peu. Un signe d’espoir pour sa famille qui tente par tous les moyens de mobiliser les citoyens pour libérer “le seul otage Français dans le monde”. Une pétition a été lancée sur Internet, disponible sur Change.org.

    Un reportage de TV5MONDE

  • L’UE s’accorde sur des règles visant à imposer des appels d’offres ouverts

    L’UE s’accorde sur des règles visant à imposer des appels d’offres ouverts

    Les négociateurs du Parlement européen et des gouvernements des États membres se sont mis d’accord, lundi 14 mars, sur de nouvelles règles pour limiter l’accès aux 2  000 milliards d’euros d’appels d’offres publics, dans une démarche visant à faire pression sur des pays comme la Chine pour qu’ils ouvrent leurs marchés.

    Les règles font partie d’une initiative de l’UE visant à développer une politique commerciale plus affirmée et insister sur le fair-play après le Brexit, les affrontements avec la présidence Trump et le nouveau réalisme imposé par la Chine.

    Les parlementaires du Parlement européen et la France, qui assure la présidence tournante de l’UE, se sont mis d’accord sur un texte lundi, ouvrant la voie au lancement de l’instrument relatif aux marchés internationaux (IPI) plus tard cette année.

    « L’Europe naïve, c’est du passé », a déclaré le ministre délégué au Commerce Franck Riester, expliquant que, désormais, l’accès aux marchés publics européens serait conditionné à la réciprocité.

    Si les marchés publics européens sont généralement ouverts à la concurrence internationale, les pays tiers en limitent souvent l’accès pour favoriser leurs entreprises nationales.

    Cette situation a conduit la Commission européenne à proposer l’IPI il y a dix ans. Toutefois, en raison de la résistance de certains États membres, l’instrument est resté bloqué dans le processus décisionnel de l’UE jusqu’en 2019.

    La Commission a alors exhorté les gouvernements de l’UE et le Parlement à relancer les discussions sur un texte révisé, en soulignant le défi posé par la Chine, que les membres de l’UE considèrent désormais avec plus de suspicion.

    Les conflits commerciaux entre les États-Unis et la Chine et la détérioration générale de l’environnement du commerce multilatéral ont amené l’UE à adapter sa stratégie commerciale pour adopter une position plus affirmée, ce qui a rendu possible l’accord de l’UE sur l’IPI.

    « Nous continuons à privilégier le dialogue pour résoudre ces questions. Mais en dernière instance, ce nouvel instrument nous donnera un levier supplémentaire pour éliminer ces obstacles et promouvoir une concurrence équitable au bénéfice de tous », a déclaré Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne, dans un communiqué.

    L’IPI charge désormais la Commission européenne de déterminer si les pays tiers accordent un accès équitable à leurs appels d’offres publics aux entreprises de l’UE.

    Si les entreprises européennes ne bénéficient pas d’un accès équitable dans un pays, l’UE peut appliquer des sanctions aux entreprises de ce pays. Par exemple, cela peut signifier que les offres de ce pays seront considérées comme offrant un prix beaucoup plus élevé, jusqu’à 100 % de plus, que le prix proposé.

    Selon les règles de l’IPI, l’UE peut même exclure les offres de certains pays.

    Les règles s’appliqueraient aux gouvernements centraux et à toute autorité locale comptant 50  000 habitants ou plus, et couvriraient les appels d’offres d’au moins 15 millions d’euros pour les travaux et les concessions, comme la construction de routes, et de 5 millions d’euros pour les biens et les services.

    Des dérogations ne seraient autorisées que si les seules offres provenaient de pays ciblés ou en cas d’intérêt public prépondérant, comme pour la santé.

    « Cela met fin à la longue liste d’exemples marquants dans lesquels des soumissionnaires de pays tiers remportent d’illustres marchés publics dans l’UE alors que leurs marchés nationaux sont de facto interdits aux soumissionnaires de l’UE », a déclaré Daniel Caspary, l’un des législateurs du Parlement européen en charge de ce dossier.

    Selon la Commission, les marchés publics représentent généralement 10 à 20 % du PIB d’un pays et constituent un marché mondial de 8  000 milliards d’euros.

    L’IPI est l’un des nombreux instruments sur lesquels l’UE travaille actuellement pour permettre une politique commerciale plus affirmée et faire respecter l’ouverture des échanges de manière unilatérale.

    En décembre 2021, la Commission européenne a proposé un instrument anti-coercition qui permettrait à l’UE de prendre des contre-mesures contre les pays qui tentent de contraindre les pays de l’UE à suivre une certaine voie, comme c’est le cas actuellement avec la pression chinoise sur l’économie lituanienne.

  • Crise ukrainienne : le dilemme pour les banques centrales

    Crise ukrainienne : le dilemme pour les banques centrales

    Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, le cours des matières premières, de l’énergie et d’un certain nombre de biens intermédiaires, notamment les engrais connaissent une augmentation brutale au point que, désormais, l’appellation de choc pétrolier est avancée pour caractériser la situation.

    Fin 2021, l’économie mondiale se remettait à peine des effets de la crise sanitaire de 2020 au prix d’un endettement en forte hausse et d’une inflation résurgente. Celle-ci qui devait être temporaire ne peut que s’amplifier. Avec la crise ukrainienne, elle prend une autre tournure. Née de la désorganisation de l’offre et d’une demande portée par les plans de relance dans un contexte d’abondantes liquidités, elle est désormais le résultat d’un choc d’offre.

    Les chocs d’offre sont provoqués par le rôle joué par la Russie et l’Ukraine sur les marchés des produits agricoles, des matières et de l’énergie ainsi que sur ceux de plusieurs biens intermédiaires. La Russie est, en effet, un des principaux producteurs de matières premières et d’énergie. La hausse des cours constatée depuis le début du conflit n’est pas la conséquence d’une pénurie. Jusqu’à maintenant, les quantités produites, vendues et distribuées n’ont pas diminué. L’augmentation des prix est le fruit d’anticipations et d’inquiétudes face à des menaces d’approvisionnement.

    Une nouvelle vague d’inflation ?

    L’inflation qui était portée depuis le milieu de l’année 2021 par les plans de relance décidés lors de la crise sanitaire est désormais alimentée par le conflit entre la Russie et l’Ukraine, deux pays qui sur plusieurs secteurs sont des acteurs importants du commerce international. L’énergie, les métaux, les engrais, les produits agricoles sont touchés par ce conflit et par les sanctions qu’il a provoquées.

    Le choc pétrolier

    Le baril se rapproche de son record absolu de l’été 2008 où il avait atteint 147 dollars. L’augmentation d’alors avait conduit les banques centrales à relever leurs taux directeurs afin de lutter contre l’inflation, hausse qui avait conduit à la crise des subprimes. Entre 2011 et 2012, le pétrole avait connu une nouvelle progression de son prix qui, en pesant sur la croissance, a rendu plus criants les déséquilibres financiers de la Grèce. À compter des années 2010, la montée en puissance du pétrole de schiste a provoqué une forte baisse des cours qui se sont même effondrés durant l’été 2016 à 27 dollars du fait du refus de l’Arabie Saoudite de jouer le rôle de régulateur en dernier ressort. Après plusieurs mois de guerre des prix, les pays membres de l’OPEP et la Russie ont conclu un accord de limitation de la production qui a été reconduit depuis. Ce dernier a même été durci au moment de la crise sanitaire qui lors des premiers confinements avait entraîné une baisse sans précédent du baril (17 dollars le baril au mois d’avril 2021). Depuis le début du conflit en Ukraine, la hausse des cours est alimentée par la crainte d’un embargo sur le gaz et le pétrole russe.

    La Russie est le premier exportateur de gaz et le deuxième pour le pétrole brut. Les États d’Europe figurent parmi ses principaux clients dont certains sont en situation de dépendance élevée. En cas d’embargo, les pays importateurs devront se tourner vers d’autres fournisseurs disposant de capacités de production excédentaires. Si les pays du Moyen-Orient sont dans cette situation, ils n’entendent pas contrarier la Russie qui s’est avérée un partenaire loyal dans la cadre des accords de régulation de la production. Par ailleurs, en raison d’un sous-investissement chronique, les pays producteurs seraient peut-être dans l’incapacité de répondre immédiatement à une demande plus forte qui leur serait adressée. Plusieurs problèmes logistiques devront être résolus. Pour le gaz, le nombre de méthaniers serait insuffisant pour acheminer du gaz en provenance des États-Unis ou du Canada. De même, le nombre de terminaux pouvant recevoir du gaz liquéfie est limité. Pour développer les capacités d’importation, la réalisation d’infrastructures serait nécessaire.

    Les pays les plus dépendants du gaz russe sont l’Autriche, l’Allemagne et l’Italie pour lesquels il joue un rôle important dans le mix énergétique. La République tchèque, la Suède ou la Finlande important 100 % ou presque de leur gaz de Russie sont peu dépendantes car la proportion du gaz dans la consommation est relativement faible. En Italie, en revanche, le gaz représente plus de 40 % du mix énergétique, soit presque deux fois plus que la moyenne européenne. Le poids du gaz dans le mix français est inférieur à 17 %.

    Pour le pétrole, la dépendance des pays européens est moindre à l’exception de quelques pays d’Europe de l’Est. Les possibilités de substitution sont un peu plus nombreuses et faciles techniquement.

    Le choc agricole ?

    Comme pour le pétrole, avant même le conflit, les prix étaient orientés à la hausse en raison d’un rebond de la demande et de problèmes d’acheminement. L’Ukraine et la Russie sont des puissances exportatrices de premier rang pour de nombreux produits agricoles. L’Ukraine est le cinquième exportateur de blé au niveau mondial quand la Russie se place première. Ces deux pays représentent environ un tiers des exportations de blé. L’Ukraine est, par ailleurs, le quatrième exportateur mondial de maïs avec 33,8 Mt prévu à l’export en 2021-2022 (soit 19 % des échanges mondiaux). L’Ukraine assure 50 % des exportations mondiales d’huile de tournesol. Ce taux est de 79 % avec la Russie (29 %). Sur les mois d’hiver, l’Ukraine est à l’origine de près de la moitié des exportations mondiales.

    Les plaines de l’Est de l’Ukraine qui ont donné lieu aux premiers combats sont à l’origine de 30 % de la production d’orge du pays, de plus de 40 % de celle de tournesol, de blé et du maïs. Dans les prochaines semaines, les acheminements pourraient être compliqués en raison des opérations militaires en cours et de la prise de contrôle par les Russes des ports ukrainiens. L’augmentation du cours des céréales a des incidences sur la filière animale qui utilise notamment le soja, le maïs ou le tournesol.

    La dépendance aux engrais

    La Russie, la Biélorussie et l’Ukraine sont des exportateurs importants d’engrais, notamment les engrais azotés fabriqués à partir du gaz naturel via l’hydrogène et l’ammoniac. La Russie assure 13 % du commerce de produits intermédiaires d’engrais. Ce pays représente 24 % des exportations mondiales d’ammoniac, 40 % de celles de nitrate d’ammonium, 17 % des engrais phosphatés et 20 % de la potasse. Il est à l’origine de 16 % des échanges d’engrais finis.

    Plusieurs pays sont dépendants des engrais russes. Le Brésil achète près de 60 % des volumes d’engrais azotés de Russie. L’Europe est dépendante à près de 25 % de la Russie. Une diminution de la consommation d’engrais au Brésil qui est le troisième producteur mondial de maïs aurait des conséquences sur les marchés de céréales et sur les filières animales. La Russie est également un important producteur d’engrais azotés indispensables aux céréales, à la canne à sucre et à la betterave. Ce pays fournit 17 % du marché des engrais phosphatés.

    Pour la potasse, Russie et Biélorussie assurent 42 % des exportations mondiales. Ils ont comme principal client le Brésil. Le Canada, l’Allemagne, Israël et la Jordanie ne pourraient pas compenser en totalité l’absence d’exportations russes pour ces produits. En cas de carences en potasse, la production de betteraves ou de pommes de terre pourrait connaître une forte baisse de ses rendements. La France subira les hausses de prix pour les engrais sachant que le pays importe la moitié de sa consommation d’engrais. Parmi les engrais minéraux, seul l’ammonitrate est fabriqué en France et en Europe en ayant recours au gaz…

    Pour réduire sa dépendance à cette matière première, l’industriel Yara, leader mondial des engrais minéraux azotés, vient d’annoncer que 30 % de ses ammonitrates seront issus de l’hydrolyse de l’eau – et non de gaz – à compter de 2023. Cette technologie nécessite des investissements massifs, l’engrais ainsi produit coûtant 4 à 5 fois plus cher que les carbonés.

    Matières premières, des conséquences pour les énergies renouvelables

    La Russie est le deuxième producteur de terres rares derrière la Chine. Ces terres rares sont incontournables pour les productions des microprocesseurs et pour celles de batteries. La Russie est en position de force pour l’aluminium, le nickel ou le palladium. Le groupe russe Rusal est le deuxième producteur industriel d’aluminium du monde. Il exportait auprès de nombreuses entreprises européennes que ce soit dans le secteur de l’automobile ou de l’aéronautique. Le cours de l’aluminium a dépassé 3800 dollars la tonne, à la Bourse des métaux de Londres (LME), début mars.

    Le nickel qui est utilisé notamment dans les batteries électriques est sujet également à une forte hausse. Les cours en un an ont progressé de plus de 67 %. La Russie est un des acteurs majeurs du marché. En 2019, ce pays était le troisième producteur de minerai de nickel derrière l’Indonésie et les Philippines. Il occupe la deuxième place pour le nickel raffiné, derrière la Chine. De 7 à 10 % des exportations pourraient être remises en cause pour le nickel raffiné. La France avec la Nouvelle-Calédonie arrive en quatrième position juste devant le Canada et l’Australie.

    La Russie contrôle 50 % du marché du palladium. Cette matière première est utilisée notamment par l’industrie de l’automobile en intervenant dans la fabrication des pots catalytiques. Le titane, métal dont la légèreté et la très haute résistance, sont exploitées par l’industrie aéronautique est également un enjeu indirect du conflit. La société russe VSMPO-Avisma, est le premier fournisseur de l’aéronautique mondiale. Le groupe français Safran ne dispose que de quelques mois de stocks.

    Le retour de la stagflation

    La crise ukrainienne peut provoquer un choc de nature stagflationniste, l’inflation continuant à progresser accompagnée d’un recul des salaires réels. L’inflation se rapproche de 8 % aux États-Unis et de 6 % en Europe. Les salaires nominaux connaissent des hausses plus modérées, autour de 4 % en rythme annuel que ce soit aux États-Unis ou en zone euro. L’inflation est un phénomène monétaire qui prend forme sur fond de déséquilibre entre l’offre et la demande. En 2021, l’excès de la demande et la désorganisation de l’offre du fait de la crise sanitaire ont attisé les prix sur fond de liquidités abondantes. En 2022, le conflit ukrainien crée un choc d’offre avec la progression des prix de l’énergie et des matières premières ainsi que ceux de certains biens intermédiaires.

    Envisagé il y a quelques semaines, le durcissement de la politique monétaire visait à contenir une inflation alimentée par la demande. Ce durcissement devant prendre la forme d’un arrêt des rachats d’obligation et d’un relèvement des taux directeurs est possiblement inadapté à la nouvelle donne économique.

    Une hausse des taux d’intérêt pourrait accroître le ralentissement de la croissance qui est provoqué par l’augmentation des prix des matières et de l’énergie. Celle-ci réduit le pouvoir d’achat des ménages ce qui devrait se traduire par une diminution de la consommation globale.

    Le dilemme des banques centrales

    Dans un tel contexte, les banques centrales pourraient décider un report dans le temps de la normalisation des politiques monétaires. Les investisseurs anticipent un tel report et par ailleurs privilégient les actifs jugés sûrs en période de crise, les obligations d’État. Cette anticipation et cette préférence font baisser les taux.

    Dans un contexte économique moins porteur, une normalisation trop rapide de la politique monétaire de la BCE conduirait à une crise de la dette publique dans certains pays périphériques où les taux d’endettement public sont élevés. En 2011/2012, la crise grecque est justement survenue dans un contexte de hausse du cours du pétrole. Ce pays dont la dette publique dépasse désormais 200 % du PIB est exposé à un risque financier en cas de hausse des taux intervenant en même temps qu’une baisse de la croissance. Il en est de même pour l’Italie, l’Espagne et le Portugal dont les dettes publiques s’élèvent à plus de 120 % du PIB. La France est juste derrière avec un taux d’endettement de 113 % du PIB. Avant la survenue de la crise ukrainienne, l’Espagne, l’Italie et le Portugal à la différence de la France n’avaient pas encore effacé la perte de richesse provoquée par l’épidémie.

    Le changement de pied des banques centrales est ressenti plus durement par les pays périphériques que par ceux du cœur de l’Europe. Depuis le début de l’année, les écarts de taux ont commencé à augmenter en lien avec les anticipations de hausses des taux directeurs. Une hausse des taux d’intérêt est estimée comme inefficace pour lutter contre la hausse du prix du pétrole, du gaz ou des matières premières. La hausse des taux freinera l’investissement au moment où justement il faut les augmenter pour décarboner les sources d’énergie et pour digitaliser.

    L’inflation est actuellement liée aux chocs d’offre, et plus particulièrement aux anticipations de pénuries ou d’embargos. L’indice des prix de l’énergie est en augmentation de près de 30 % depuis le début de l’année. En revanche, l’inflation sous-jacente (hors prix des produits volatils et prix réglementés) est plus sage. Elle est de 3 % en zone euro quand l’inflation avoisine 6 %.

    Les banques centrales et la BCE en tête sont condamnées à une grande prudence pour éviter la survenue d’une crise de la dette dans certains États et une récession. Logiquement, en ce mois de mars, la BCE devait mettre un terme à son programme de rachats d’actifs d’urgence mis en place au début de la pandémie (PEPP). Cette fin devrait traduire en acte la fin de crise sanitaire. La BCE a injecté plus de 2000 milliards d’euros pour soutenir l’économie de la zone euro en deux ans. La guerre en Ukraine l’oblige à revoir ses plans.

  • Circonscriptions géantes, le casse-tête des procurations !

    Circonscriptions géantes, le casse-tête des procurations !

    Notre rédaction a été alertée la semaine dernière sur la situation de nos compatriotes qui dans certaines circonscriptions se retrouvent dans l’incapacité de voter pour l’élection que ce soit eux-mêmes à l’urne ou via une procuration. Pourquoi ? Car il n’est toujours pas possible de voter par correspondance ou en ligne pour l’élection présidentielle.

    Voter à l’élection présidentielle

    Le premier tour de l’élection présidentielle se tiendra le 9 avril pour le continent américain et les Caraïbes et le 10 avril pour le reste du monde. Le second tour se tiendra le 23 avril pour le continent américain et les Caraïbes et le 24 avril pour le reste du monde.

    Pour faire entendre sa voix, le citoyen hors de France ne pourra pas compter sur le vote en ligne. Les risques de piratage par une puissance étrangère étant considérés comme trop importants par les services du Ministère de l’intérieur. Pour cette élection, les électeurs expatriés disposeront uniquement de deux modalités de vote : à l’urne, et par procuration.

    Pour les circonscriptions moyennes, pas trop de souci, les consulats ont publié la liste des bureaux de vote qu’ils ont pu ouvrir dans différentes villes, on pense ici au Royaume-Uni, la Belgique, l’Allemagne, etc. Dans ces pays à la taille comparable à la France, le réseau consulaire est bien dense et les bureaux de vote à proximité relative.

    Voter dans les pays continents

    Les difficultés commencent dans les pays qui sont bien plus vastes. On pense ici aux USA, à la Russie, à la Chine mais aussi au Brésil. Et dans ce pays, la situation est particulièrement tendue comme nous l’a indiqué Xavier Noel-Bouton, Conseiller des Français de la circonscription de Brasilia – Recife – Paramaribo. Dans ce pays, si vastes, les premiers bureaux de vote peuvent être situés à des centaines de kilomètres.

    « Cette situation est extrêmement dommageable car les distances ajoutées aux prix des transports et à la qualité du réseau routier font qu’automatiquement, nous aurons une participation réduite. »

    Xavier Noel-Bouton, Conseiller des Français de la circonscription de Brasilia – Recife – Paramaribo

    La solution pourrait être la mise en place généralisée du vote par procuration. Mais là un autre écueil apparait quand on regarde le mécanisme permettant de mettre en place le mandat pour le jour du vote.

    Une procédure pas totalement dématérialisée

    En effet, si l’électeur peut commencer sa démarche pour établir une procuration à un tiers pour voter en son nom au premier et/ou second tour en utilisant le site maprocuration.gouv.fr, pour la finaliser auprès d’une autorité compétente, une mairie, un commissariat de Police nationale et donc pour les expatriés, le consulat. Et ce dernier, dans les pays comme le Brésil, se situe à des centaines, voir plus, de kilomètres.

    La tournée consulaire

    Pour y palier, dans la plupart des pays concernés, les autorités consulaires ont organisé des tournées de leurs agents afin de collecter les procurations en souffrance.

    Mais au Brésil, aux distances s’est ajouté un problème budgétaire !

    « Le résultat est que cette tournée consulaire en vue de l’établissement des procurations a été tronquée de manière unilatérale et, je dirais même avec une tentative évidente d’endormir les élus par des réponse fallacieuses.« 

    Xavier Noël-Bouton, Conseiller des Français de la circonscription de Brasilia – Recife – Paramaribo

    En effet, oh surprise, on découvre que le Consul général de la circonscription consulaire de Brasilia – Recife – Paramaribo, Hugues Fantou, n’est pas lusophone. Si son engagement est total, comme le souligne les élus dans un courrier adressé au Consul adjoint, Jérémy Faucon, le fait est que le Consul général a induit des coûts non budgétés et qui ont aujourd’hui un impact sur l’organisation de l’élection présidentielle dans ce pays.

    « Vous avez réanimé, auprès des français du Nordeste une relation que les équipes précédentes n’ont pas réussi à maintenir.« 

    Xavier Noël-Bouton, Conseiller des Français de la circonscription de Brasilia – Recife – Paramaribo
    L’équipe consulaire à l’Ambassade de France à Brasilia

    En effet, chaque déplacement du Consul général a entrainé celui du Consul adjoint qui lui est lusophone. Conclusion, le budget déplacements a explosé. Et par ce dépassement, rabroué par l’administration centrale, le consulat en charge de la circonscription a dû tailler dans le vif. Et ce sont donc les tournées consulaires qui en ont pâti.

    Pour exemple, des tournées consulaires en Alagoas et à Sergipe ont été annulées sous prétexte que le personnel consulaire était passé en 2021. Il fallait donc bien en amont être informé qu’on pouvait voter par procuration et qu’on désirerait voter via ce mode. Autant dire qu’aucune personne n’a fait la démarche aussi loin de la date butoir.

    Comme le souligne le Conseiller des Français de la zone, Xavier Noël-Bouton, comment motiver les expatriés à participer au vote si on ne donne pas les moyens à l’administration consulaire d’établir les conditions optimales pour que nos concitoyens puissent exercer leur droit fondamental à voter ?

    « On ne peut « en même temps » pleurnicher sur les chiffres de participation et ne pas donner les moyens à ces électeurs de voter normalement. »  

    Xavier Noël-Bouton, Conseiller des Français de la circonscription de Brasilia – Recife – Paramaribo

    La solution, la plus simple, même si elle ne fait pas consensus, dans ses modalités d’exécution, serait de mettre en place un vote en ligne via des procédures simplifiées dans leur usage mais renforcées sur le point sécuritaire. Le sujet devra être remis sur la table pour les prochaines échéances. Déjà, aux élections législatives, le vote en ligne sera possible, espérons que son utilisation sera plus aisée que lors des Consulaires 2021. Rien de moins sûr vu les premiers tests réalisés en ce premier trimestre 2022.

  • UWC, l’Eldorado de l’éducation

    UWC, l’Eldorado de l’éducation

    Arame Kobar, une élève du lycée français Jean Mermoz de Dakar au Sénégal, nous fait découvrir le réseau d’établissements de l’United World College (UWC). 

    Depuis sa chambre à Dakar, Arame Kobar nous présente le programme UWC. Fondé en 1962 par Kurt Hahn, ce réseau d’établissements scolaires semble être l’Eldorado de l’éducation. Installés dans dix-huit pays, les établissements accueillent des élèves du monde entier afin de passer un Bac International dans un esprit de partage des cultures, de compréhension des différences, de la compassion et la bienveillance et bien entendu de l’excellence académique. Chaque année, le comité UWC France envoie une quinzaine d’enfants représenter et faire rayonner leur pays à l’international. Arame est l’une d’entre eux. 

    Installée dans sa chaise de bureau, la jeune fille se tient droite, parle calmement et choisit ses mots avec attention. Pour la rentrée prochaine elle rêve d’être prise au UWC au Nouveau-Mexique aux États-Unis. Mais l’intégrer coûte cher. Alors, pour l’heure, l’élève du lycée français Jean Mermoz de Dakar essaie de récolter un maximum de fonds afin de financer les bourses dont ses camarades et elle ont besoin pour rejoindre le réseau. C’est dans cette démarche qu’elle a contacté Lesfrancais.press. 

    Une salle d’art dans un établissement de l’UWC – Crédit photo : UWC

    L’expérience UWC 

    « C’est une expérience de vie qui va au-delà de l’académie” confie Béatrice Trébaol, présidente du comité UWC France. De fait, les lycées de l’United World College s’apparentent à l’École d’Athènes version moderne. Effectivement, les élèves ne se limitent pas seulement à l’apprentissage scolaire mais ont l’obligation de pratiquer une activité sportive, artistique et altruiste. Ainsi, leur enseignement repose sur le triptyque : travail du corps, de l’esprit et de l’engagement. De plus, étant quasiment tous internes, ils y apprennent la vie en communauté en s’adaptant à la culture de chacun. 

    Pour les parents d’Arame, Marième et Birame, l’UWC est une belle opportunité assurant “la suite logique par rapport à ce que [leur fille] a vécu.” 

    En effet, si la lycéenne franco-sénégalaise vit actuellement au Sénégal, elle est originaire de la région parisienne. Elle a donc déjà vécu une expérience d’adaptation et de mélange des cultures. Aussi, particulièrement curieuse, elle a pratiqué toutes sortes d’activités telles que le kick-boxing, le théâtre, le piano ou encore l’apprentissage du mandarin. 

    Lorsque le départ d’Arame est évoqué, un sourire attendrissant vient se poser sur le visage de Marième. De toute évidence, voir son enfant partir à l’autre bout du monde la couvre de mélancolie, mais elle y voit une opportunité si incroyable que ses sentiments ne la submergent pas. “C’est une expérience très riche pour l’ouverture d’esprit. UWC prône des valeurs humanistes si importantes actuellement qu’il est magnifique d’avoir cette opportunité. » 

    Le Bac International 

    Tous les élèves des lycées de l’UWC sont inscrits dans le Programme du diplôme du Baccalauréat International (IBDP). Élaboré pour les jeunes âgés de 16 à 19 ans, il se présente sous différentes formes et peut être proposé dans différents lycées du monde. Il se différencie de l’option du Baccalauréat Français International – option disponible dans les lycées français de l’étranger – par la sensibilisation des étudiants à “ l’importance de l’activité physique et du travail communautaire”. 

    Organisé en six blocs de matières, les élèves ont à choisir parmi un panel d’une trentaine de matières pour l’année à venir. Littérature, art, individus et société, sciences, langue et mathématiques, leur éducation se veut vaste et complète. 

    Après UWC 

    A l’instar de tous les élèves du monde, les bacheliers de l’IBDP sont voués à poursuivre leurs études. Mais, ces derniers ont la chance de pouvoir prétendre à une bourse dans 95 universités partenaires aux Etats-Unis, grâce au programme “Davis UWC Scholars”. Aussi, durant leur formation, de nombreuses universités ou écoles de renom viennent présenter leurs cursus dans les locaux de l’UWC, afin d’accompagner les futurs étudiants dans leur orientation. 

    Les destinations privilégiées par les élèves français en post-Bac sont les États-Unis (31%), la France (27%), le Royaume-Uni et les Pays Bas (14% chacun) et le Canada (8%). 

    Par ailleurs, l’UWC compte dans ses rangs d’anciens élèves des personnes hautement placées à travers le globe. Telles que Chrystia Freeland, la ministre des finances et vice-première ministre du Canada, Jorma Ollila, l’ancien PDG de Nokia ou encore Marina Catena, la directrice du programme alimentaire mondiale pour les Nations Unies. 

    Le campus UWC au Nouveau Mexique où Arame rêve d’entrer – crédit photo : UWC

    La campagne de fundraising 

    “C’est très cher mais l’opportunité est offerte à tout le monde !” appuie Birame. En effet, si les frais de scolarité varient entre 16 900 et plus de 30 000€ l’année dans les dix-huit établissements du groupe, 86% des élèves sont boursiers. Une campagne de levée de fonds est donc organisée annuellement auprès des particuliers et des entreprises, par les futurs étudiants et l’organisme. Arame a ainsi eu l’idée de passer par les Responsabilités sociales des entreprises (RSE) et Lesfrancais.press afin de recueillir un maximum de dons et de faire connaître le programme, avant la date fatidique du 31 mars. 

    Campagne de recrutement

    Avant de pouvoir être prise parmi les 2400 élèves retenus dans le monde, Arame a dû passer un important casting. Lorsque la campagne de recrutement s’ouvre à la fin septembre, les postulants doivent préparer un dossier d’une trentaine de pages. Questions-réponses, lettres de motivation, de recommandation des professeurs, des parents mais aussi de deux référents, le jury français composé de soixante-cinq personnes essaie de cerner la personnalité de chaque candidat. Si le dossier académique compte dans les critères de recrutement, il n’est pas la composante majeure. Les membres de la commission regardent en premier lieu l’engagement des aspirants.

    Ensuite, les retenus sont invités à un “week-end de sélection” organisé à Paris à la fin janvier. Débats, conférences, jeux collectifs, travaux individuels et en équipes, puis entretiens avec les cinq jurés ponctuent le séjour. Enfin, une quinzaine de participants sont choisis, parmi eux, des jeunes Français de l’étranger. 

    Arame et ses camarades sélectionnés pour représenter la France au sein de l’UWC

    Finalement, si vous souhaitez aider Arame et ses camarades à réaliser leur rêve, vous pouvez le faire aux adresses suivantes : 

    https://www.helloasso.com/associations/uwc-france/formulaires/2

    https://app.lacagnottedesproches.fr/cagnotte/en-route-pour-uwc-2024/#histoire

  • Qu’est-ce qu’une nation ?

    Qu’est-ce qu’une nation ?

    Il nous parle ce pays qui ressemble à une question posée sur le tableau noir d’une école française. L’Ukraine nous parle, elle crie et nous l’entendons : qu’est-ce qu’une nation ? La nation est toujours un appel. Ernest Renan l’écrivain français a tenté de nous le rappeler : qu’est-ce au juste qu’une nation ? Pas seulement une langue mais une histoire aussi, une communauté humaine qui sait qu’elle peut disparaître.

    À l’école on a essayé de nous l’apprendre. Mais souvent nous l’oublions : ça s’abime, ça se dissout, ça se ferme, ça s’abandonne. Parfois même nous perdons pied. Car c’est compliqué. Pas seulement un territoire que l’on défend, qui s’est construit au fil des ans, comme une grande maison pour tout un peuple. C’est aussi des malheurs partagés, des bonheurs, des églises, des paysages, des villages, des places publiques et des querelles, une mémoire, des guerres… Et tout naturellement, comme dans la nature la plus sauvage des prédateurs… Pour nous, ce fut souvent l’Angleterre, devenue une alliée, puis une Allemagne devenue notre amie. Cela s’est fait lentement car nous n’avons jamais voulu mourir. Il y eut des poètes, des chanteurs, des récits et des légendes, des instituteurs, des guerres, des famines, et de beaux alexandrins ; Victor Hugo : « l’illustre acharnement à n’être pas vaincu ».

    Alors vient cette évidence : c’est fou comme l’Ukraine nous ressemble et nous rassemble ! Ses blessures sont les nôtres, ces femmes et ces enfants, ces balluchons, ces pleurs, ça ne vous rappelle rien ? « Si j’avance je meurs, si je recule je meurs… Pourquoi reculer ? » On pense à un vieux texte français :
    « frère humain qui après nous vivez n’ayez pas trop le cœur contre nous endurci car si pitié de nous avez, Dieu en aura de vous merci » … On pense à Jean Moulin et à René Char, le capitaine Alexandre, à Gavroche, à tous nos malheurs : Azincourt, Verdun, le siège de Paris par les Prussiens et Hitler place de la Concorde. L’Ukraine c’est nous…

    Alors prenons l’adversaire à l’envers, revenons à ce qui fut si longtemps ce sang transfusé entre la France et la Russie : la danse, la musique, l’art, l’écriture et Kant à Königsberg que l’on dit aujourd’hui se nommer Kaliningrad.

    Nous avons fait ce travail avec l’Allemagne et notre seul « ennemi héréditaire » aujourd’hui, c’est la peur…

    Plus que les blindés, les missiles, la sauvagerie, les meurtres et la haine, la grandeur d’une nation c’est de s’opposer par la culture à la pulsion de mort.

  • Fin des mesures Covid en France 

    Fin des mesures Covid en France 

    La France abandonne ce lundi 14 mars presque toutes les mesures sanitaires anti-Covid, ce qui suscite toutefois quelques craintes vu le récent rebond épidémique.

    Plus de pass vaccinal, fin presque totale du masque obligatoire… Le gouvernement français lève dès aujourd’hui l’essentiel des restrictions anti-Covid, suivant l’exemple d’autres pays européens malgré de premiers signes de reprise de l’épidémie. Au programme, « la levée de presque l’intégralité des mesures restantes à compter de lundi prochain », a résumé mercredi 9 mars le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à la sortie du conseil des ministres.

    Fin du masque et du Passe vaccinal 

    Deux ans après le premier confinement anti-Covid, « ces avancées nous les attendions depuis très longtemps, les Français les attendaient, elles marquent un pas décisif », s’est-il félicité, alors que les restrictions avaient déjà été progressivement allégées ces dernières semaines dans un contexte de déclin de l’épidémie.

    L’étape du lundi 14 mars se résume à deux grandes mesures. Le pass vaccinal, qui impose d’être vacciné contre le Covid pour accéder à de nombreux lieux, sera levé même si sa version «sanitaire», qui fonctionne aussi avec un test négatif au virus, sera maintenue dans les établissements de santé au sens large : hôpitaux, Ehpad… Le masque, lui, ne sera plus obligatoire, à l’exception des transports et, là encore, des établissements de santé. Cet allègement concerne notamment les écoles, les commerces et les entreprises, qui garderont le choix de l’imposer ou non à leurs employés. Les cinémas, restaurants ou musées n’étaient déjà plus soumis à cette obligation depuis fin février.

    Le poids de l’élection présidentielle 

    Avec ce vaste allègement, la France suit l’exemple de plusieurs pays européens, à commencer par le Danemark qui a lancé le mouvement début janvier. Mais la date choisie apparaît paradoxale au moment même où « le nombre de cas (…) semble ne plus diminuer », selon les termes de M. Attal, un euphémisme alors que l’épidémie enregistre un petit rebond depuis plusieurs jours. Celui-ci est en partie lié à une moindre vigilance des Français – logique alors que la fin des restrictions est annoncée depuis des semaines – et à l’essor de «BA.2», une version particulièrement transmissible du variant Omicron, déjà très contagieux dans sa précédente incarnation. Le gouvernement se dédit donc, car il avait dit qu’il ne mettrait fin au pass vaccinal que si l’épidémie cessait sa progression.

    Une autre condition, évoquée voici plusieurs semaines par le ministre de la Santé, Olivier Véran, n’est pas non plus remplie pour l’heure. La fin du pass était censée intervenir à moins de 1.500 personnes hospitalisées en réanimation avec le Covid. Plus de 1.800 patients étaient encore dans ce cas en cette fin de semaine. Certes, M. Véran a tempéré vendredi l’enthousiasme du gouvernement, promettant de rester « extrêmement vigilants ».

    Cela ne suffit pas à rassurer certains médecins et chercheurs qui regrettent un allègement qu’ils jugent illisible, trop précoce et suspect de démagogie à un mois de l’élection présidentielle lors de laquelle le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, est candidat à un nouveau mandat. Le gouvernement obéit plus à des « considérations électorales que de santé publique », a estimé cette semaine dans le journal Libération l’épidémiologiste Dominique Costagliola.

    Au-delà du consensus politique, le gouvernement peut aussi s’appuyer sur des prévisions relativement optimistes de l’Institut Pasteur, dont les modélisations servent de base au conseil scientifique qui, en retour, conseille l’État dans la crise sanitaire. Même dans le pire des cas, l’Institut estime que la vague sera loin du pic observé en début d’année à plus de 300.000 cas par jour. Quant aux effets sur les hospitalisations, l’enjeu le plus crucial, ils seraient limités par le fait qu’Omicron – dans sa version BA2 comme dans sa précédente incarnation – apparait nettement moins dangereux que son prédécesseur Delta, qu’il a désormais presque totalement supplanté.

    Et les voyages ?

    Depuis le 12 février, le gouvernement a levé l’obligation de tests PCR ou antigénique pour les voyageurs provenant d’un pays hors Union européenne. La preuve de vaccination est donc suffisante pour arriver en France, quel que soit le pays de provenance. Mais que faire si nous ne sommes pas vacciné ? 

    Pour les voyageurs non vaccinés, l’obligation de présenter un test négatif pour se rendre en France demeure. Mais les mesures à l’arrivée – test, isolement – sont levées lorsqu’ils viennent de pays de la liste verte. 

    Enfin, les non vaccinés provenant d’un pays de la liste « orange » devront continuer de présenter un motif impérieux et pourront toujours être soumis à un test aléatoire à leur arrivée. Les voyageurs qui seraient testés positifs devront alors s’isoler.

    Retrouvez les listes des pays dans notre article.

  • Où est passé l’esprit initial du dispositif STAFE ?

    Où est passé l’esprit initial du dispositif STAFE ?

    Où est passé l’esprit initial du dispositif STAFE ? C’est la question que se pose Thierry Masson, le président du groupe LREM à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), sur cet outil qui a remplacé le système de la réserve parlementaire. Chaque député et sénateur disposait d’une somme qu’il pouvait allouer aux associations ou aux agences que l’élu voulait soutenir dans sa mission ou pour un projet spécifique. Elle avait été jugée opaque et fut donc remplacée par le STAFE à l’arrivée d’Emmanuel Macron. Si son intitulé est clair, Soutien au Tissu Associatif des Français à l’Etranger, la mise en pratique par l’administration interroge de nombreux élus consulaires.

    STAFE : un mécanisme pyramidale

    Doté de deux millions d’euros, le STAFE a été créé en 2018. Il repose sur l’attribution de subventions à des projets dont l’objet est de nature éducative, caritative, culturelle ou d’insertion socio-économique et qui contribuent au soutien des Français à l’étranger, comme le précise le site Diplomatie.gouv.fr. Les associations locales peuvent présenter des projets, mais aussi les associations de droit français (Loi 1901), si le droit associatif local est contraignant.

    Alors comment les projets des associations sont-ils sélectionnés ? Après avoir déposé un dossier auprès du consulat dont ils dépendent, les dirigeants des associations sont, le plus souvent, auditionnés par les élus consulaires de la circonscription. Ces derniers réunis en Conseil sélectionnent les dossiers qu’ils iront défendre à Paris lors d’une réunion avec les autres élus et les représentants de l’administration. Il faut bien savoir qu’au final, cette commission donne un avis facultatif, le dernier mot revenant finalement à l’administration.

    Des critères aussi opaques que la réserve parlementaire

    « L’interprétation des critères », voilà l’expression qui cristallise toutes les tensions entre associations, élus et administrations. Si on retrouve ces mots dans le communiqué de presse du groupe IDP (indépendants et la majorité présidentielle), l’avis est partagé par toutes les factions de l’Assemblée des Français de l’Etranger.

    Élise Léger

    « Le STAFE avait vocation à remplacer la réserve parlementaire qui était opaque et donnait lieu à des conflits d’intérêts. L’administration a interprété de façon bien trop restrictive les critères initiaux qui lui donnaient beaucoup plus de largesse. Il faut redonner le pouvoir de décision aux élus locaux qui ont l’expertise du terrain. »

    Élise Léger, conseillère AFE élue en Australie

    En effet, depuis 2018, année de la création, les fameux critères ont évolué en toute opacité. Aujourd’hui, les élus et les associations ne peuvent en aucun cas anticiper ces derniers et préparer les dossiers en conséquence. Il en résulte, tout naturellement, une exclusion des « vraies » associations fondées et animées par des expatriés au profit des associations « filles » d’administrations ou d’agences parapubliques.

    Marie-Chrisitine Hartiçalde

    « Je siège dans cette commission depuis sa création. La première année le budget a été alloué dans sa quasi-totalité. Je constate que les critères ont évolué de façon restrictive et que les élus locaux ne sont pas respectés dans leur appréciation. Une enveloppe de 2 millions d’euros existe. Elle doit pouvoir bénéficier aux projets présentés par les associations des Français de l’étranger. »

    Marie-Chrisitine Hartiçalde, conseillère AFE établie au Chili.

    Moins de 800 000 euros pour les associations d’expatriés

    Car au final qui va toucher les 2 millions d’euros du dispositif STAFE, normalement dédiés à faciliter l’animation de la vie consulaire ou à soutenir des missions de solidarité ? Selon Thierry Masson, c’est donc « moins de 40% des deux millions budgétés par l’État » qui seront affectés aux projets présentés par les communautés locales et défendus par leurs élus en commission jusqu’à « cinq heures durant« .

    En effet, cette année c’est donc uniquement « 94 dossiers sur les 242 initialement retenus par les conseillers des Français de l’étranger » qui ont été acceptés par l’administration. Certains ont même vu leur budget raboté ! Car au final, sur les deux millions, c’est bien uniquement 1 100 000 euros qui seront affectés aux projets des administrations et agences qui en dépendent.

    Thierry Masson

    Si les élus ne contestent pas la participation de ces associations liées à l’Etat au dispositif STAFE, ils aimeraient y contribuer en connaissant les critères ! Ceci afin de préparer les associations au montage des dossiers et faire leur choix en étant pleinement informés. Ainsi, Thierry Masson réclame « un réexamen des dossiers de STAFE passés lors de cette commission et une réforme des critères pour revenir à l’esprit initial du dispositif« . En effet, pour lui c’est « au moins 600 000 euros de fonds supplémentaires » qui « auraient dû être alloués » aux associations soutenues par les élus selon les critères dont ils ont la connaissance.

    La situation va-t-elle évoluer à la différence de 2021 ? Le Ministre Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat aux Français établis hors de France, a répondu positivement à la demande des élus lors de l’ouverture de la session de l’AFE ce lundi 14 mars 2022. Une nouvelle commission devra donc êtree réunie sous peu et elle sera présidée par le Secrétaire d’Etat en personne. Affaire à suivre !

    Le communiqué de presse du groupe IDP présidé par Thierry Masson

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