Le suivi de la vaccination Covid-19, un modèle à développer selon les experts européens

Le suivi de la vaccination Covid-19, un modèle à développer selon les experts européens

Les États membres de l’UE doivent continuer à développer des outils de suivi pour surveiller les taux de vaccination. C’est ce qu’a déclaré la directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) dans le cadre des discussions sur le rôle central des données de santé.

« Le système de suivi de la Covid est un bon exemple de l’utilité des données numériques dans le domaine de la santé », a déclaré Andrea Ammon, directrice de l’ECDC, lors d’une conférence (7-9 février) sur l’importance de la prévention de maladies et du développement du numérique en santé.

La directrice nationale de Pfizer Allemagne Aylin Tüzel, également présente à la conférence, a convenu que la pandémie a été une véritable occasion de mettre en avant les avantages du numérique en santé, notamment grâce aux plateformes en ligne de collecte des données sur la Covid-19, comme le site Covidtracker.

« En termes de couverture vaccinale par exemple, nous savons combien de personnes sont réellement vaccinées [contre la Covid-19] pour chaque groupe d’âge », a déclaré Mme Ammon, ajoutant que cela était très difficile à déterminer pour les autres vaccins.

Toutes deux ont soutenu la possibilité que le site web Covidtracker puisse être utilisé comme un outil pour améliorer les campagnes de vaccination à venir. Selon Mme Tüzel, l’utilisation des données de santé des citoyens pourrait jouer un rôle accru dans la vaccination, en envoyant par exemple des notifications de rappel à ses utilisateurs pour les inviter à se faire vacciner.

« Les taux de vaccination sont très faibles dans d’autres cas, comme pour le vaccin contre la grippe. Il s’agit maintenant de transposer ce système pour les 40 autres vaccins », a déclaré Mme Ammon.

« Ce registre des données de vaccination serait tellement précieux et utile. Il est nécessaire pour amener les gens à se faire vacciner », a abondé Mme Tüzel.

Les systèmes de traçabilité pour les vaccins auraient pu permettre d’accélérer les campagnes de vaccination en Europe, où, à la date du 9 janvier, près de 70 % des Européens avaient été entièrement vaccinés.

Prenant l’exemple du certificat numérique Covid de l’UE, le fameux passe sanitaire, Mme Ammon a déclaré qu’il s’agissait d’une étape majeure, « pas nécessairement pour les voyages, mais surtout pour que les gens sachent quelle est leur situation sanitaire sur le plan de la vaccination ».

Le numérique en santé aussi au menu à Bruxelles

À Bruxelles, les données de santé sont également au cœur de l’agenda politique. Les ministres de la Santé européens et Sandra Gallina, DG Santé de la Commission, se sont réunis mercredi (2 février) afin d’établir des règles d’éthiques pour le numérique en santé.

Lors de la réunion, organisée dans le cadre de la présidence française de l’UE, Olivier Véran a présenté à ses homologues et à Mme Gallina une série de mesures visant à encadrer les données de santé des citoyens européens.

Ces mesures ont été validées en amont par le réseau E-Health Network, créé par la directive européenne sur les soins transfrontaliers. Le certificat Covid numérique  est l’un des exemples concrets de cette instance, qui a pour but de numériser les données de santé en Europe.

À l’issue de cette réunion informelle, Sandra Gallina a déclaré que l’espace européen des données en santé marquait « une nouvelle ère » qui permettrait de « renforcer les droits des personnes sur leurs données de santé » et de « soutenir la réutilisation des données de santé d’une manière sûre et fiable ».

Mettre l’accent sur la prévention

Outre le développement du numérique en santé, Mme Tüzel et Mme Ammon ont également discuté de l’importance de la prévention des maladies, des futures épidémies ainsi que des leçons à tirer de la pandémie de Covid-19.

Mme Tüzel a constaté une baisse des taux de vaccination depuis mars 2020. « En Allemagne, il y a eu 30 % de vaccinations en moins en 2021 », a-t-elle souligné, ce qui peut s’expliquer par une plus grande difficulté d’accès aux services de santé, qu’elle a qualifiée de véritable « fardeau » pour les patients pendant la crise.

Mme Ammon a indiqué que la situation est similaire presque partout en Europe, les États devant encore faire face aux répercussions de la crise. « [Il y a eu une] baisse des taux de vaccination. Pour des maladies comme la tuberculose ou le VIH, les centres de traitement ont dû en partie fermer parce que le personnel travaillait sur la Covid », a-t-elle déclaré.

En Allemagne, 97 % du budget des soins de santé sont consacrés aux traitements, et une toute petite partie est consacrée à la prévention, a indiqué Mme Tüzel.

« Si nous investissons dans la prévention des maladies, cela pourrait empêcher les gens de tomber malades. Logiquement, cela éviterait aux gouvernements d’autres coûts de santé tels que ceux liés aux soins », a-t-elle précisé.

Pour la directrice de l’ECDC, la prévention contre la transmission de maladies doit faire partie intégrante du quotidien des citoyens à l’image du lavage des mains, un geste essentiel qui démontre que la prévention ne doit pas nécessairement entraîner une lourde charge financière.

Elle a ajouté que tout le monde devrait faire sa part en ce qui concerne les soins préventifs, soulignant particulièrement la responsabilité des écoles et des employeurs.

« La pandémie nous a apporté beaucoup d’outils et nous avons beaucoup appris, comme avec le suivi quotidien des données sur la Covid-19. Ces outils seront indispensables pour la prévention de certaines maladies. Nous devons passer à l’étape suivante », a conclu Mme Aylin Tüzel.

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