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  • Les pays pétroliers et la bataille du réchauffement climatique

    Les pays pétroliers et la bataille du réchauffement climatique

    Total Energies, ExxonMobil, Shell et les autres grandes compagnies pétrolières sont les cibles parfaites des militants luttant contre le réchauffement climatique. Elles symbolisent le capitalisme de ces cent dernières années et sont accusées d’être les principaux responsables du dérèglement climatique. Elles sont les bouc-émissaires idéaux du fait de leur notoriété mondiale. Dans les faits, elles ne sont qu’un rouage de l’économie carbonée, certes important mais leur condamnation ne saurait suffire pour renverser le réchauffement climatique.

    Les majors occidentales produisent moins de 20 % de la production mondiale de pétrole

    Contrairement à une croyance bien établie, les majors pétrolières ne sont pas les principaux producteurs de pétrole. Les compagnies pétrolières nationales comma Saudi Aramo, QatarEnergy, Adnoc (Emirats Arabes Unies) et PDVSA (Venezuela) sont bien plus puissantes que les majors occidentales. Elles produisent les trois cinquièmes du brut mondial et la moitié du gaz naturel, contre un peu plus d’un dixième pour les grandes sociétés pétrolières internationales. Elles disposent des deux tiers des réserves de pétrole et de gaz découverts dans le monde. Elles peuvent produire encore plus de quatre décennies. Les majors occidentales produisent moins de 20 % de la production mondiale de pétrole et détiennent environ 15 % des réserves.

    Dans les cinq premières compagnies intervenant dans le secteur des hydrocarbures figurent une société saoudienne, une société iranienne, une société chinoise et deux sociétés russes. Exxon arrive en 6e position, BP en 7e, Shell en 8 et Total Energies en 13e position. Avec un prix du baril à 100 dollars, les compagnies nationales enregistrent des gains records. Si ce prix se maintenait jusqu’en 2030, leurs gains supplémentaires se chiffreraient à plus de 1100 milliards de dollars. La moitié de cette prime irait aux compagnies nationales émiratis, koweïtiens, qatariens et saoudiens. Les entreprises russes telles que Rosneft, malgré les embargos occidentaux, grâce à leurs ventes en Chine et dans les autres pays asiatiques, capteraient près d’un cinquième de ce gain.

    Les entreprises pétrolières d’Etat moins impliquées dans la transition énergétique

    Les compagnies nationales productrices d’hydrocarbures réalisent peu d’efforts pour décarboner leurs activités. Selon le cabinet de conseil Wood Mackenzie, on estime que les géants publics consacrent moins de 5 % de leurs dépenses d’investissement à la transition énergétique, contre 15 % en moyenne pour les entreprises américaines et européennes. Entre 2005 et 2020, les entreprises nationales ont également déposé moins de demandes de brevet pour des idées vertes que leurs rivales internationales.

    Les entreprises pétrolières d’Etat les moins impliquées dans la transition énergétique sont celles des pays peu ou pas démocratiques. La PDVSA vénézuélienne ne réalise aucun investissement pour la décarbonation quand, en revanche, Equinor, en Norvège s’investit dans les énergies renouvelables. Il convient de signaler qu’il en est de même pour Aramco qui est une société saoudienne mais cotée. Petronas en Malaisie et Ptt en Thaïlande, se tournent de plus en plus vers les énergies renouvelables. Ptt se lance également dans les véhicules électriques. La compagnie de Colombie, Ecopetrol, a investi dans des projets éoliens et solaires et a récemment acquis une société de transport d’électricité.

    Décarboniser la production pétrolière

    Le Cnooc chinois veut maintenant que ses émissions de carbone atteignent leur maximum d’ici 2028 et promet que l’énergie non fossile représentera plus de la moitié de sa production intérieure d’ici 2050, conformément à l’engagement du président Xi Jinping selon lequel les émissions chinoises commenceront à baisser avant 2030. La compagnie brésilienne Petrobras estime que la production de pétrole de ses nouveaux gisements entraîne 40 % d’émissions de gaz à effet de serre en moins par baril que la moyenne mondiale.

    Plutôt que de miser sur les énergies renouvelables, la société brésilienne décarbonise les opérations pétrolières en investissant dans des installations de production et des navires entièrement électriques. Elle a récemment obtenu un prêt vert de 1,3 milliard de dollars, où le taux d’intérêt baisse si l’entreprise émet moins de carbone, et a lié la rémunération des dirigeants aux objectifs d’émissions. Aramco a développé des centres de recherche pour favoriser l’essor d’énergies vertes. Les Saoudiens ont investi sur des techniques de captation des émissions de CO2. Ils ont financé, pour 5 milliards de dollars, un projet d’hydrogène vert dans une ville en plein milieu du désert, Neom, avec l’objectif de devenir le premier exportateur mondial d’hydrogène. Les entreprises algériennes et vénézuéliennes émettent trois à quatre fois plus de carbone dans la production de pétrole que les entreprises les mieux gérées sur le plan géologique telles que Adnoc et Aramco, et brûlent sept à dix fois plus de gaz par baril que QatarEnergy.

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    Plateforme pétrolière

    Un pouvoir économique qui devrait perdurer au minimum jusqu’au milieu du siècle

    Les petites compagnies nationales ou celles qui détiennent d’importantes réserves n’entendent pas modifier leur mode de développement.

    Le pétrole reste incontournable encore pour de nombreuses années tant en matière d’énergie qu’en tant que matière première. Les pays producteurs disposent d’un pouvoir économique qui devrait perdurer au minimum jusqu’au milieu du siècle. A partir des années 1960 et surtout 1970, ils ont entendu contrôler leur rente en créant de grandes compagnies nationales dont l’objectif n’était pas de restreindre la consommation de pétrole mais bien d’en retirer tous les avantages.

    Les pays producteurs doivent néanmoins gérer l’épuisement des réserves et la transition énergétique qui suppose une sortie des énergies fossiles. Cette sortie sera progressive mais elle entraînera des changements dans les rapports de force entre les Etats. Si certains préparent demain et après-demain, force est de constater que d’autres tendent à espérer que la rente perdurera.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 16/08/22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 16/08/22

    Bonjour à toutes et à tous ! Nous voici de retour pour le flash info des Français de l’étranger, après une petite pause estivale. J’espère que votre été est bon où que vous soyez ! On revient aujourd’hui avec le délai pour les pièces d’identité, les feux de forêts qui dévastent la France et une Savoyarde qui crée le buzz en Afrique du Sud !

    Une longue attente pour ses papiers d’identité

    Des délais toujours plus longs pour obtenir ses papiers d’identité ! Que ce soit en France ou à l’étranger, renouveler son passeport et/ou sa carte d’identité est un véritable parcours du combattant. Les manques de moyens et de personnels sont à l’origine de ces problèmes dans les consulats. Heureusement, certains citoyens font preuve d’initiative et vous aident à connaître les créneaux disponibles chez vous. C’est le cas avec le site rdv-consulat.fr ! Et si nous attendons des solutions apportées par le gouvernent, le nouveau ministre des Français de l’étranger Olivier Becht a promis d’en faire un de ses chevaux de bataille pour son mandat !

    papiers d'identité

    La France brûle

    On continue avec les feux de forêts qui dévastent la France depuis le début de l’été. De la Gironde au Jura en passant par la Normandie, la France a été et est toujours victime des flammes d’origines criminelles ou naturelles. Face à cela, le président Emmanuel Macron a déclaré vouloir tirer des enseignements des événements, et pour cela il se réunira avec les acteurs des départements concernés une fois les feux éteints pour réfléchir au modèle de prévention et de lutte contre les incendies». Un vaste chantier devrait donc s’ouvrir dans les prochains mois.

    Des pompiers luttent contre un incendie de forêt à Belin-Beliet, en Gironde, dans le sud-ouest de la France. ©EPA

    French Touch en Afrique du Sud

    Puis on termine avec une Savoyarde qui crée le buzz en Afrique du Sud. Julie dit Kazeli enflamme les réseaux sociaux avec sa chanson Reste toi. Née d’un savant mélange de pop française et d’amapiano, un style propre au pays, elle a enregistré plusieurs milliers d’écoutes sur Tik Tok, YouTube et Apple Music ! Aujourd’hui Kazeli et ses amis musiciens cherchent à financer le clip vidéo et en appellent à la solidarité. Si vous le souhaitez vous pouvez participer en cliquant sur le lien disponible dans l’article du site Lesfrançais.press.

    Afrique du Sud, musique, amapiano

    Et voilà c’est terminé pour aujourd’hui on se retrouve demain pour un nouveau flash ! En attendant je vous souhaite une très bonne journée et je vous quitte en musique !

    Ecoutez le flash du 16 aout 2022

  • La guerre de Chine n’aura pas lieu (tout de suite)

    La guerre de Chine n’aura pas lieu (tout de suite)

    « Réaliser la réunification de la patrie par des moyens pacifiques est dans l’intérêt général de la nation chinoise, y compris des compatriotes de Taïwan … La réunification de notre pays peut être réalisée et le sera. » Afin qu’on le prenne au sérieux, Xi Jinping, que les opposants chinois appellent Winnie l’Ourson, a mimé un blocus naval de Taïwan, et envoyé plusieurs missiles pour protester contre la visite de Nancy Pelosi dans l’île. Taïwan a répliqué en tirant quelques obus en l’air. En Chine, les feux d’artifices ont une signification impériale, c’est à dire de prestige, ce qui revient au même. Est-on à l’aube d’une guerre de Chine ?

    Beaucoup s’affolent de risques de guerre, jusqu’à fustiger la légèreté de Nancy Pelosi, comme si la numéro 3 dans l’ordre protocolaire des États-Unis rendait visite à Taïwan de son seul chef. Avec l’Ukraine, (et après la déroute afghane) les États-Unis rappellent leurs règles.

    La Chine ne peut pas faire la guerre à Taïwan

    Xi Jinping a donc répondu à une provocation par la provocation. Comme ses missiles, elle est tombée à l’eau : la Chine ne peut pas faire la guerre à Taïwan sans se ruiner. Bien sûr, il faut se méfier de quelqu’un capable de censurer Winnie l’Ourson et d’inscrire sa « géniale pensée » dans la Constitution. Plus encore quand il met en jeu sa couronne dans quelques mois, se faisant réélire pour un troisième mandat, contrairement aux règles antérieures. Plus encore quand son économie toussote. L’intérêt d’un pays ne suffit pas à expliquer les décisions des dirigeants, sinon leur seul intérêt.

    Entre le géant chinois et l’îlot taïwanais, Taïwan peut gagner

    La Chine n’a aucun intérêt à une guerre avec Taïwan, qu’elle pourrait bien perdre. Et qui, de toute façon, la détruirait en grande partie. Cela peut paraitre absurde : entre le géant chinois et l’îlot taïwanais, Taïwan peut gagner.

    Il y a un esprit de défense qui vient de loin. Taïwan n’est pas vraiment chinois, ou plutôt, est une autre Chine. La population de Taïwan est au départ austronésienne (comme les Polynésiens). Les Chinois s’y installent à partir du XVIème siècle ; la colonisation progressive ne se conclut qu’en 1885, juste avant que l’Empire cède l’île au Japon. 200 000 Taïwanais ont servi l’armée japonaise pendant la guerre jusqu’en 1945. Puis Tchang Kai Chek s’y réfugie avec deux millions de ses fidèles, sur une population de six millions. Il y impose sa dictature et rêve de reconquête. C’est surtout lui qui crée le mythe d’une « seule Chine ». 

    Tout mirage est piège : peu à peu les pays ne reconnaissent comme « Chine » que la République Populaire (à commencer par De Gaulle) et l’ONU remplace Taipei par la Chine continentale en 1971, dans un épisode peu glorieux. Il ne reste aujourd’hui que quatorze Etats qui maintiennent une ambassade à Taipei, généralement parce qu’ils reçoivent des subsides plus importants de Taïwan que ceux que promettent la Chine.

    Diffusion des tirs chinois sur la télévision publique ©CCTV

    Le Japon, la Corée, le Vietnam et les Philippines craignent l’impérialisme chinois

    Mais Taïwan n’est pas à ce point isolée : 58 pays maintiennent une « représentation » à Taïwan. Les États-Unis ont signé des traités d’amitié avec Taïwan, dont le Taïwan relation Act, voté en 1979, qui garantit à Taïwan les moyens « militaires » de son indépendance de fait. S’il n’y a pas d’alliance militaire, cela y ressemble beaucoup. La France elle-même vend du matériel militaire à Taïwan, avions et frégates. La modernisation de ces derniers fait d’ailleurs l’objet d’un nouveau contrat qui doit être mis en œuvre en 2023. 

    En cas de confrontation, c’est plutôt la Chine qui serait isolée. Le Japon, la Corée, l’Australie, le Vietnam et les Philippines craignent l’impérialisme chinois …

    La Chine a construit, en volume mais non en qualité, la première marine militaire du monde. En 2030, le tonnage de la marine chinoise devrait être 2.5 fois supérieur à celui de la marine américaine. Or le problème de la Chine, c’est que sa façade maritime est relativement faible : elle est bornée par le Japon et… Taïwan.

    Les Taïwanais se sentent de moins en moins chinois 

    L’armée chinoise serait-elle capable d’envahir Taïwan ? En théorie, et à condition que les États-Unis n’y interviennent pas, c’est possible. Cela exigerait une telle préparation et concentration de troupes pour franchir les 180 km du détroit que c’est quasiment impossible par surprise. Les Taïwanais, même sans le secours immédiat des États-Unis, pourraient infliger des pertes colossales aux Chinois. Taïwan est une puissance industrielle de haute technologie. Elle a une vraie capacité de défense. Qui plus est, une fois sur place, l’occupation de l’île ne pourrait quasiment pas se faire sans la détruire. 

    D’autant que les Taïwanais, face aux discours chinois, se sentent de moins en moins chinois. Seulement 5% de la population souhaite la réunification (26% en 1994) . Le parti démocratique (DPP) de la présidente Tsai Ing Wen est pour l’indépendance. Ce que craint le PCC, c’est qu’un jour Taïwan ne déclare son indépendance et que celle-ci soit reconnue par un certain nombre de pays, voire par les États-Unis. 

    De fait, les États-Unis avaient proposé la reconnaissance de deux Chine au Parti Communiste Chinois dans les années 70. Taïwan a demandé plusieurs fois sa réintégration à l’ONU, la pression de la Chine l’en a toujours empêché. Mais dans un contexte de tension, l’occasion peut se représenter.

    Une réussite économique et démocratique exceptionnelle  

    Taïwan est le 21éme PIB mondial. En Pib par habitant, il est au 15ème rang. C’est une réussite exceptionnelle depuis les années 80 et la marche vers la démocratie. C’est un pays considéré comme l’un des plus démocratiques du monde, devant la plupart des pays européens, y compris la Suisse… et la France. 

    Taïwan montre que la démocratie convient aux Chinois, comme aux Coréens, aux Japonais, et n’est pas un monopole occidental. Avec une réussite plus spectaculaire encore que la conversion chinoise au capitalisme contrôlé, c’est un contre-modèle ultraperformant, et gênant.  

    Enfin, principale raison de la vanité des menaces chinoises, Taïwan est le premier investisseur en Chine. L’économie chinoise, sans Taïwan, ne fonctionnerait plus. Les économies sont totalement interdépendantes. Ce qui explique d’ailleurs que Taïwan ne proclame pas son indépendance. Ce n’est pas l’envie qui manque, ni la peur qui paralyse, c’est la réalité des imbrications.

    Il n’y a pas un, mais deux modèles chinois

    La Chine a toujours considéré qu’avec le temps, la réunification se ferait naturellement, « par des voies pacifiques ». Mais l’Assemblée du Peuple a voté l’obligation d’une guerre immédiate si Taïwan déclarait son indépendance. Chacun montre ses lignes rouges. Mais la confrontation avec les Etats-Unis donne un autre cours au temps long : celui d’une indépendance possible de Taïwan. Les Taïwanais ne sont pas du tout conquis par le « modèle chinois du PCC » qui agit comme un répulsif, tandis que les Etats-Unis et leurs alliés voient de plus en plus la Chine comme une « menace », comme le rappelle la dernière réunion de Madrid de l’Otan. Sur fond de crise, la Chine, elle, décide peu à peu, d’un repli intérieur progressif. 

    La guerre de Chine n’aura pas lieu. Pas tout de suite. Une lutte se dessine. Ce ne sera pas une guerre de missiles. Elle sera globale, une « guerre hors limite » : pas vraiment militaire, ni seulement technologique ou économique, elle sera aussi, comme à l’origine, idéologique. Il n’y a pas un, mais deux modèles chinois. Qui sait si le petit ne contaminera pas le grand ? C’est bien ce que craint Winnie l’Ourson…

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Notice rouge d’Interpol : le nouvel embastillage ?

    Notice rouge d’Interpol : le nouvel embastillage ?

    Sébastien Raoult est incarcéré depuis deux mois au Maroc suite à l’émission d’une notice rouge d’Interpol à la demande des autorités américaines. Ce Français âgé de 21 ans, autiste, est soupçonné d’être membre d’un groupe de cybercriminels qui aurait visé des entreprises américaines. Sans aucun jugement et sans fournir aucune preuve, les USA, mais aussi d’autres Etats, peuvent ainsi via Interpol faire procéder à l’arrestation de citoyens français pour les extrader vers leur territoire lors du passage des frontières. Et ce alors que la France n’extrade jamais ses ressortissants. On vous détaille cette procédure, aujourd’hui dénoncée par les avocats aux quatre coins du monde.

    Les notices Interpol : fonctionnement

    Une notice rouge est un avis de surveillance. Il s’agit d’une demande aux forces de l’ordre internationales du monde entier de procéder à une arrestation provisoire d’un criminel présumé. Cet avis est une demande des forces de l’ordre d’un pays demandant l’aide d’autres pays pour résoudre un crime ou attraper un criminel. Sans cet avis, il est impossible de suivre les criminels d’un pays à l’autre. Ils procèdent à cette arrestation provisoire en attendant la remise, l’extradition ou toute autre action en justice.

    INTERPOL publie généralement cet avis à la demande d’un pays membre. Ce pays ne doit pas nécessairement être le pays d’origine du suspect. Cependant, il doit s’agir du pays où le crime a été commis. L’émission de notices rouges est traitée avec la plus grande importance dans tous les pays. Cela implique que le suspect en question est une menace pour la sécurité publique et doit être traité comme tel.

    La notice rouge n’est cependant pas un mandat d’arrêt international. Il s’agit simplement d’un avis de recherche. En effet, INTERPOL ne peut contraindre les forces de l’ordre d’aucun pays à arrêter une personne faisant l’objet d’une notice rouge. Chaque État membre décide de la valeur juridique qu’il accorde à une notice rouge et du pouvoir de ses autorités répressives de procéder à des arrestations.

    Mais il existe 7 types de notices qu’on vous détaille ci-dessous :

    7 types de notice Interpol

    • Orange: Lorsqu’un individu ou un événement constitue une menace pour la sécurité publique, le pays hôte émet un avis orange. Ils fournissent également toutes les informations dont ils disposent sur l’événement ou sur le suspect. Et il est de la responsabilité de ce pays d’avertir Interpol qu’un tel événement est susceptible de se produire sur la base des informations dont il dispose.
    • Bleu: Cet avis est utilisé pour rechercher un suspect dont le sort est inconnu. Les autres États membres d’Interpol mènent des recherches jusqu’à ce que la personne soit trouvée et que l’État d’émission soit informé. Une extradition peut alors être effectuée.
    • Jaune: Semblable à la notice bleue, la notice jaune est utilisée pour localiser les personnes disparues. Cependant, contrairement à la notice bleue, ce n’est pas pour les suspects criminels mais pour les personnes, généralement des mineurs qui sont introuvables. Il s’adresse également aux personnes incapables de s’identifier en raison d’une maladie mentale.
    • Rouge: La notice rouge signifie qu’un crime grave a été commis et que le suspect est un criminel dangereux. Il ordonne au pays dans lequel se trouve le suspect de garder un œil sur cette personne et de poursuivre et d’arrêter le suspect jusqu’à ce que l’extradition soit effectuée.
    • Vert: Cet avis est très similaire à l’avis rouge avec une documentation et un traitement similaires. La principale différence est que la notice verte concerne les délits moins graves.
    • Noir: La notice noire concerne les cadavres non identifiés qui ne sont pas citoyens du pays. L’avis est émis afin que tout pays demandeur sache que le cadavre se trouve dans ce pays.
    • Avis aux enfants : Lorsqu’un ou plusieurs enfants sont portés disparus, le pays émet un avis via Interpol afin que d’autres pays puissent participer à la recherche.

    La notice rouge est la plus sévère de toutes les notices et sa délivrance peut avoir des effets d’entraînement parmi les nations du monde. Cela montre que la personne est une menace pour la sécurité publique et doit être traitée comme telle. Le but d’une notice rouge est généralement une arrestation et une extradition.

    Crédit image: interpol.int/fr

    Un système ouvert aux abus

    Cependant, la notice rouge d’Interpol est, depuis quelque temps, dénoncée par des avocats et défenseurs des droits humains en France et ailleurs dans le monde. Ainsi certains estiment que les pays ne seraient pas assez contrôlés dans l’émission d’une notice rouge. Or le document, parfois très succinct, peut avoir d’importantes répercussions.

    C’est par exemple ce qu’il s’est passé pour Hubert Goutay. Ce Français de 65 ans, patron d’une société de négoce, est incarcéré depuis huit mois au Maroc suite à l’émission d’une notice rouge à son encontre. Le Royaume en avait fait la demande à la suite d’une nébuleuse affaire de cocaïne saisie dans un cargo au Bénin. Mais ce père de famille crie son innocence. 

    « Quand on lit la notice rouge, il y a quelques lignes, il n’y a rien sur notre père, il n’y a rien sur son implication. On ne comprend même pas pourquoi il a été arrêté. On était à 10.000 lieux d’imaginer qu’il allait pouvoir être interpellé, que ce soit en France ou au Maroc, par Interpol »

    Ariane Goutay, la fille d’Hubert Goutay

    Certaines associations de défense des droits de l’Homme s’inquiètent également de la politisation de ces notices rouges. Interpol en émet actuellement 69.000 mais certains pays font plus de demandes que d’autres. C’est le cas de la Russie de Vladimir Poutine. Presque à chaque fois, les fugitifs russes sont présentés de manière lapidaire par Moscou, souvent accusés de participer à une organisation terroriste. Or, ces accusations n’ont pas vocation à être vérifiées par Interpol.

    Que faire en cas d’arrestation au passage d’une frontière ?

    Si par malheur, lors d’un voyage, vous êtes confronté à un abus d’émission d’une notice d’Interpol à votre encontre, il faut bien évidemment demander l’assistance consulaire, trouver un avocat et vous armer de patience et de courage.

    Au niveau d’Interpol, afin de lutter contre les abus de certains Etats, prompts à émettre des notices rouges abusives, Interpol a institué une Commission de Contrôle de Fichiers (CCF). La procédure de contestation est longue et complexe et consiste en une analyse de la notice rouge afin de déterminer si celle-ci respecte les critères définis par l’article 83 du Règlement d’Interpol sur le Traitement des données.

    En règle générale, une notice rouge Interpol est valide si les critères cumulatifs suivants sont remplis :

    • L’infraction concernée est un crime grave de droit commun ;
    • L’infraction en cause est punie d’une peine privative de liberté d’au moins deux ans ou plus.

    Une notice rouge d’Interpol ne peut en revanche pas être publiée pour les catégories d’infractions suivantes :

    • infractions controversées relatives aux normes comportementales ou culturelles (ex. : adultère, homosexualité, etc.);
    • infractions à des lois ou réglementations de nature administrative ;
    • litiges privés ou commerciaux (chèques sans provision)

    Une notice rouge d’Interpol peut également être supprimée s’il apparaît que les poursuites sont motivées par des considérations politiques ou s’il est évident que, conformément aux normes internationales, les motifs de poursuites ne sont pas suffisants. Il reste enfin également possible de demander la suppression d’une notice rouge lorsque les droits fondamentaux de la personne mise en cause n’ont pas été respectés.

    Si la procédure suit son cours et que vous êtes condamné dans le pays émetteur, il vous restera toujours la possibilité de demander un transfèrement vers la France.

  • Des délais toujours plus longs pour renouveler ses papiers d’identité

    Des délais toujours plus longs pour renouveler ses papiers d’identité

    Les délais pour obtenir de nouveaux papiers d’identité depuis l’étranger ne cessent de s’allonger. Le résultat d’un manque de personnel et d’une chute des moyens octroyés depuis une décennie. Elus et personnalités de la communauté des expatriés ont interrogé le gouvernement et les responsables de l’administration. On fait le point avec les Français de l’étranger sur la situation rencontrée dans les services consulaires aux quatre coins du monde.

    Les conséquences de la pandémie ?

    Depuis l’amorce de la sortie de la crise Covid en 2021, les administrations françaises dans l’hexagone ou à l’étranger sont assaillies par les demandes de création ou de renouvellement des titres d’identité. Mais pas sur les mêmes plans. Effectivement, comme l’a relaté Le Monde, le 20 juillet dernier, les dépôts de dossiers de fabrication de papiers d’identité ont augmenté de 30% en mai et juin par rapport à l’année 2019. Cette hausse, expliquée par le retour de la possibilité de voyager à l’étranger, a donc accentué la période de délivrance desdits titres dans l’hexagone. Pour y faire face, le gouvernement a promis de débloquer une aide de 10 milliards d’euros au bénéfice des mairies. Une aide qui ne concerne cependant pas les administrations françaises à l’étranger qui rencontrent une autre difficulté. Effectivement, ce n’est pas le temps de remise des titres d’identité qui crée un blocage, mais celui pour prendre rendez-vous dans les postes consulaires afin de constituer son dossier. Le sénateur des Français de l’étranger Jean-Yves Leconte concède donc que “ne pas prendre en compte les consulats dans cette aide spéciale est une négation de la réalité”. 

    “Le problème que vous abordez est réel et ne date pas d’aujourd’hui. […] Des informations dont nous disposons, la situation tend à s’améliorer depuis l’année 2021. Je ne dis pas que tout va bien, ce que je dis c’est que factuellement le délai de traitement [des passeports] a diminué entre les années 2020 et 2021”, répondait le ministre Gabriel Attal, à la demande du sénateur Jean-Yves Leconte qui l’interrogeait sur une possible augmentation du budget alloué aux services consulaires français, lors du débat parlementaire du 2 août dernier. Un amendement rejeté par le gouvernement et la commission, bien que le ministre ait “bien conscience du problème”. Mais est-ce véritablement le cas ? Effectivement, ce dernier évoque une longueur des délais de délivrance des papiers d’identité pour les Français de l’étranger. Or, comme nous le disions et d’après les représentants de ces derniers, le problème réside davantage dans la durée afin d’obtenir un rendez-vous dans les postes consulaires que dans celle du traitement des dossiers. Selon les maints élus des Français de l’étranger contactés, cette situation est dûe à plusieurs facteurs. 

    Des baisses toujours plus importantes des moyens et du personnel consulaire

    Jean-Yves Leconte, sénateur des FDE

    Au même titre que Jean-Yves Leconte, les élus consulaires Gaëlle Barré (PS – Italie) et Bertrand Dupont (LR- Amérique Latine), ou encore le vice-président de Français du monde à l’AFE, Mehdi Ben Lahcen, accusent une insuffisance de moyens et donc de personnel dans les administrations à l’étranger. En effet, étant tous en place depuis un certain nombre d’années, ils font part des réductions d’effectifs dans les postes consulaires alors même que la communauté française hors de France ne cesse de croître au fil des ans. Un point que nous pouvons constater avec, par exemple, la suppression de certains postes de consuls honoraires, comme celui de Cancún au Mexique. Bien que cette ville réponde à de nombreux critères demandés afin d’ouvrir une agence consulaire, à savoir avoir une importante communauté française résidant sur place, un flux de touristes français non négligeable, et une distance importante avec l’autre administration la plus proche – ici Mexicó située à 1 300 km de la ville balnéaire – ce poste a été supprimé en 2021, mettant nos compatriotes dans l’embarras. 

    Une baisse de personnel qui ne date pas d’aujourd’hui 

    L’amoindrissement du nombre de fonctionnaires à l’étranger ne date pas d’aujourd’hui. Comme nous pouvons le constater dans un article signé Les Échos en 2018, Gérald Darmanin, à l’époque ministre de l’Action et des Comptes publics, annonçait la suppression de 10% de ces effectifs. Alors même qu’il y avait déjà eu des coupes de 11% entre 2007 et 2012, et de 6% entre 2012 et 2017. 

    Mehdi Ben Lahcen, vice-président de Français du monde à l’AFE

    Aux yeux de Mehdi Ben Lahcen, “les problèmes observés dans l’administration s’accentuent année après année, à chaque baisse de moyens lui étant octroyés”. Face à ces chiffres, il est donc logique de constater un accroissement des délais de traitement des dossiers de nos compatriotes. 

    De plus, cela a un impact sur le nombre de tournées consulaires effectuées chaque année. Celles-ci visent à aller à la rencontre des Français qui résident loin des postes consulaires, afin de leur éviter de faire plusieurs longs et onéreux déplacements jusque dans leur consulat. Seulement, avec moins d’effectifs et de budget, les tournées consulaires se font plus rares, comme le constatent Gaëlle Barré en Italie et Bertrand Dupont en Amérique Latine. 

    L’ambassade de France en Lettonie

    Des rendez-vous difficiles à prendre

    Lorsqu’un Français de l’étranger souhaite renouveler son passeport ou sa carte d’identité, il doit prendre rendez-vous dans son consulat. Seulement, les sites Internet de ces administrations permettent seulement de regarder les créneaux disponibles sur l’ensemble du mois. Pas sur les suivants. Or, entre la réduction des effectifs et la hausse des demandes évoquées précédemment, la majorité des plages horaires sont réservées rapidement. En réserver une devient donc un casse-tête pour les Français hors de France. 

    De plus, depuis l’année 2021, l’une des deux sessions de rattrapage par semaine a été supprimée, comme le rappelle Mehdi Ben Lahcen. Celles-ci permettent aux citoyens de vérifier si un créneau s’est libéré suite à l’annulation du rendez-vous par l’un de leurs compatriotes. Les Français de l’étranger ont donc de moins en moins de visibilité. 

    Des solutions apportées par les Français de l’étranger

    Des Français de l’étranger prennent donc le relais pour tenter de pallier certaines difficultés. Effectivement, depuis quelques temps nous voyons fleurir sur Internet et les réseaux sociaux des pages créées par des volontaires afin d’apporter de la visibilité sur les créneaux disponibles sur le long terme. 

    Julien Descamps

    Le 28 juillet dernier est, par exemple, apparue la page rdv-consulat.fr, à l’initiative de Julien Descamps, un jeune Français installé à Boston et d’après l’idée de l’élu consulaire aux Etats-Unis, Loïc Le Gland. Un dispositif “simple comme bonjour à mettre en place” selon l’étudiant. Si au lancement du site, Julien Descamps pensait ne recevoir qu’un petit nombre d’inscriptions, ce sont plus de 400 utilisateurs qui se sont enregistrés la première nuit. Ce nombre s’est élevé à 3 000 aujourd’hui et comprend toutes les régions du monde. Comme quoi le problème est global, bien qu’il se concentre principalement sur les consulats de Madrid (près de 400 inscrits), Lisbonne (plus de 200) et Barcelone. 

    Malgré le fait que nous ne puissions que saluer cette initiative, ce dispositif n’apporte pas de solutions concrètes aux manques de personnel et de moyens. De plus, son créateur confie que le dispositif “a vocation à disparaître » le jour où le service public améliorera les sites des consulats. 

    “Un certain nombre de défis à relever”

    Malgré les maints obstacles évoqués, nous pouvons noter quelques améliorations, comme l’envoi des titres d’identité des Français de l’étranger par la Poste (la liste des pays éligibles à l’envoi par pli sécurisé). En effet, jusqu’en 2017, les personnes devaient se déplacer dans leur administration afin de retirer leur passeport et autres papiers. Mais depuis peu elles peuvent demander à les recevoir directement chez elles, par courrier sécurisé. Pour cela, elles doivent être inscrits au registre des Français de l’étranger, demander expressément de bénéficier de ce service dès le début de la procédure, et disposer d’un accès à Internet. Si l’ensemble des élus contactés ont assuré que le dispositif fonctionnait correctement, ils regrettent qu’il entraîne un coût parfois élevé et qu’il ne soit pas étendu à l’ensemble des régions du monde. 

    Ainsi, à l’instar de France Consulaire, des améliorations restent à être apportées. A ce propos, dans son message adressé aux Français de l’étranger le 26 juillet dernier, le nouveau ministre les représentant, Olivier Becht, a reconnu qu’il y a “un certain nombre de défis à relever”. Il aborde d’ailleurs en premier lieu l’amélioration du service consulaire. L’élu au gouvernement évoque l’objectif de déployer la plateforme France Consulaire à l’ensemble des pays du monde, celle-ci étant actuellement présente dans uniquement treize pays.

  • Trois mois de procès pour le champion du monde, Mendy

    Trois mois de procès pour le champion du monde, Mendy

    Accusé de huit viols, une tentative de viol et une agression sexuelle, le champion du monde de football Benjamin Mendy a comparu mercredi au premier jour d’un procès prévu pour durer plus de trois mois à Chester, dans le nord-ouest de l’Angleterre. Âgé de 28 ans, le défenseur français, suspendu depuis un an par Manchester City, est accusé par sept femmes. Il risque la prison à perpétuité.

    Benjamin Mendy a quitté les pelouses depuis près d’un an pour le banc des accusés et les cellules des prisons de Liverpool et de Manchester, où il a passé plus de quatre mois, d’août 2021 à janvier 2022, en détention provisoire. Libéré début janvier, il avait été placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès. Le juge a accepté mercredi que son couvre-feu soit raccourci de 21H à 6H (contre 20H et 7H auparavant) pour lui permettre de «faire du sport» avant et après les journées d’audience. Mendy n’a plus disputé le moindre match de football depuis le 15 août 2021 avec son club de Manchester City.

    Dix chefs d’inculpation

    Le footballeur de 28 ans doit répondre de dix chefs d’accusation, concernant sept femmes différentes. Le natif de Longjumeau est accusé de huit viols, une tentative de viol et une agression sexuelle. Tous les faits se seraient déroulés entre octobre 2018 et août 2021 à son domicile de Prestbury, au centre de l’Angleterre.

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    Le joueur de football Benjamin Mendy

    Quinze semaines de procès

    Le procès devait initialement s’ouvrir le 25 juillet mais avait été reporté de deux semaines. Il est prévu pour durer quinze semaines, selon le tribunal.
    La première journée s’est concentrée sur le choix des jurés et l’organisation des audiences. Ainsi huit hommes et six femmes dont deux suppléantes – ont été tirés au sort et assermentés après avoir répondu à plusieurs questions, dont une sur leurs «liens» avec les clubs de Manchester City, où évoluait Mendy jusqu’à sa suspension, et de Manchester United, le rival local.

    Non coupable

    Benjamin Mendy a plaidé non coupable, comme il l’avait fait pour les neuf autres, d’une dixième accusation – la huitième de viol – ajoutée au dossier en juin et sur laquelle il n’avait pas eu l’occasion de se prononcer.

  • Kazeli, la Française qui crée le buzz en Afrique du Sud

    Kazeli, la Française qui crée le buzz en Afrique du Sud

    Depuis plus d’une semaine, la chanson “Reste toi” de Kazeli, enflamme tout sur les réseaux sociaux en Afrique du Sud. Un succès inattendu pour la Française expatriée sur place. 

    “Je veux juste être avec les personnes qui m’aiment”, murmure Kazeli d’une voix suave. Si derrière ce nom de scène se cache Julie, une Française originaire d’Aix-les-Bains, depuis une semaine c’est bien Kazeli qui est sous le feu des projecteurs. Sur les réseaux sociaux elle envoûte l’Afrique du Sud, son pays d’accueil, avec sa chanson “Reste toi”. Plus d’un million de fois visionnée sur Tik Tok, 60 000 fois sur YouTube, 10 000 fois écoutée sur Apple Music, et hissée à la 14e place de la musique la plus Shazamée dans le pays, le succès est fulgurant ! Et pour cause, le morceau est né d’un savant mélange des genres, de la rencontre de la pop française et de l’amapiano sud-africain. 

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    Pochette de l’EP de « Reste toi » par Blacknoise, Kazeli et Mashaya

    Le croisement des genres musicaux

    Apparu dans les années 2010 en Afrique du Sud, l’amapiano a des airs de house, mais son tempo lent lui donne des allures “plus sexy et sensuelles” assure Kazeli. C’est d’ailleurs pour cela que la chanteuse en est tombée amoureuse lors de son premier voyage dans le pays de Nelson Mandela. Mais il lui faudra attendre deux ans de plus et s’installer véritablement sur place afin de commencer à toucher à ce genre musical. Effectivement, à son retour dans le pays elle fait connaissance avec des musiciens et des producteurs locaux via le réseau social Instagram. De nombreux liens se tissent et des projets commencent à naître. Le dernier en date : “Reste toi”, la chanson du moment. 

    Alors que les paroles sont de la Française, la production est signée de la main de deux producteurs sud-africains surnommés Blacknoise et Mashaya. De par leurs influences et inspirations diverses, leur morceau est une belle rencontre de la France et de l’Afrique du Sud. 

    Un succès inattendu 

    Si le nombre d’écoutes est impressionnant, la jeune chanteuse ne s’attendait certainement pas à cela. Au départ, les trois musiciens ont fait la maquette de la chanson afin de postuler à un concours d’amapiano à Stellenbosch, la ville où ils vivent. Satisfaite du résultat, Kazeli la partage sur son compte Tik Tok, le réseau social musical. Le succès est direct. Le son est partagé et repris plusieurs centaines de fois et de nombreux internautes demandent à entendre une version complète. Le trio se dépêche donc de le finaliser et le partage sur un maximum de plateformes. Aujourd’hui, Julie a du mal à réaliser ce qu’il se passe, d’autant plus que c’est sa première “vraie création” et qu’elle ne se destine pas à vivre de la musique. 

    Venue initialement dans le pays des Springbok il y a six ans pour un voyage humanitaire, la Savoyarde est aujourd’hui étudiante à l’université de Stellenbosch, située proche du Cap et souhaite devenir psychologue en clinique. C’est justement lors de sa mission humanitaire dans un orphelinat qu’elle découvre l’amapiano. Effectivement, les enfants raffolent de ce genre et le font découvrir à la Française en même temps. Tandis qu’elle voulait donc se diriger vers ce genre par pur plaisir, aujourd’hui elle est parfois reconnue dans la rue grâce à lui ! 

    Afrique du Sud, amapiano
    Julie, dite Kazeli, lors de son voyage humanitaire dans un orphelinat en Afrique du Sud – 2019

    Un appel à la solidarité

    Bien que Julie ne veuille pas faire carrière dans le milieu artistique, elle compte aller au bout de cette aventure. Mais pour cela elle a besoin d’aide. Effectivement, les trois musiciens sont tous étudiants et ne roulent pas sur l’or. Ils sont donc actuellement à la recherche de sponsors ou de donateurs pouvant les soutenir pour financer le futur clip vidéo. Ainsi, ils ont créé une cagnotte Leetchi, dont le lien est disponible ci-contre, et sont également joignables par messages via les réseaux sociaux tels que Facebook, Instagram ou Tik-Tok. 

    Par conséquent, si vous souhaitez apporter de l’aide à l’une des 10 000 Françaises installées en Afrique du Sud, vous pouvez cliquer sur les liens ou bien partager la chanson. Un appel à l’aide auquel la fédération Savoyards du monde s’est déjà dite prête à répondre. Cette fédération regroupe une vingtaine d’associations de Savoyards et vient épauler les natifs de la région alpine qui ont décidé de migrer. Ainsi, n’hésitez plus et participez au rayonnement de cette communauté française riche et plurielle de la pointe de l’Afrique. 

    « Reste toi » de Kazeli, Blacknoise et Mashaya

  • 2 ans après, l’enquête sur l’attaque des six travailleurs humanitaires français au Niger

    2 ans après, l’enquête sur l’attaque des six travailleurs humanitaires français au Niger

    Le massacre le 09 août 2020, au Niger, des six travailleurs humanitaires d’Acted et d’Impact avait suscité l’indignation internationale : deux ans après leur assassinat, l’enquête se poursuit mais aucun participant à l’attaque revendiquée par Daesh n’a été arrêté.

    Une attaque pendant un safari

    Dans la matinée du 9 août 2020, six travailleurs humanitaires d’Acted et Impact – deux hommes et quatre femmes âgés de 25 à 31 ans – ont été exécutés, avec leur guide et chauffeur nigériens âgés tous deux de 50 ans, alors qu’ils visitaient la réserve de girafes de Kouré. Leur 4X4 blanc, portant le sigle de l’ONG sur les portières, a, pourtant, été pris pour cible par des hommes armés à motos.

    Siège de l’ONG Acted au Niger ©Acted 2021

    Une telle attaque contre des Occidentaux – revendiquée un mois plus tard par Daesh – fut inédite dans la réserve de Kouré, fréquentée par des touristes, des éleveurs et des cultivateurs. Aucun problème de sécurité n’avait été signalé dans ce sanctuaire d’environ 116 000 hectares non clôturés, où vivent les dernières girafes peralta. Néanmoins, des témoins ont évoqué la présence, plusieurs mois avant l’attaque, d’hommes armés à motos dans les environs d’une commune au nord-est de Kouré.

    Trois juges d’instruction antiterroristes français

    L’enquête, menée conjointement par la France et le Niger, a révélé que l’ONG n’était pas visée et qu’il s’agissait d’une « attaque d’opportunité », selon une source proche du dossier. « Les assassins étaient sur place depuis quelques jours et ont repéré le véhicule d’Acted. On en déduit qu’ils attendaient la première voiture de Blancs pour attaquer ». Trois juges d’instruction antiterroristes sont en charge depuis le 25 août 2020 d’une information judiciaire pour « assassinats en relation avec une entreprise terroriste ».

    Ils doivent répondre aux nombreuses questions des familles en France. Les mesures de sécurité étaient-elles suffisantes ? Cet attentat a-t-il été minutieusement préparé dans cette région, investie par les groupes terroristes ? Les humanitaires ont-ils été ciblés ou leur sort s’est-il décidé au moment de leur rencontre avec leurs assaillants ? Quel est l’éventuel commanditaire ?

    Deux des trois magistrats antiterroristes français ont reçu pendant plus de trois heures les proches des victimes le 11 octobre 2021. A l’issue, « les familles ont salué la qualité du travail mené, le sérieux de l’enquête », a rapporté l’un des avocats des parties civiles, Me Joseph Breham. « Il reste des zones d’ombre, mais nous avons eu des réponses à quasiment toutes les questions ».

    11 arrestations au Niger

    Du coté du Niger, en octobre 2021, l’enquête fit un bond. Logisticiens, guetteur, donneur d’ordre intermédiaire, en tout c’est 11 personnes soupçonnées d’avoir participé à l’assassinat des six humanitaires français, de leur guide et de leur chauffeur nigériens, en août 2020, qui ont été arrêtées au Niger ces derniers mois et placées en détention.

    Parmi ces 11 suspects figurent au moins un des guetteurs et un donneur d’ordre intermédiaire. Les autres appartiennent à deux cellules logistiques démantelées à Niamey, la capitale nigérienne, et dans un village proche de la réserve de Kouré, où le véhicule de l’ONG avait été pris en chasse par trois hommes armés à motos.

    L’arrestation de ces 11 personnes a été confirmée à l’AFP par une source proche du dossier. Les trois assaillants ont été identifiés mais n’ont pas été retrouvés. Les 11 suspects ont été arrêtés entre août 2020 et février 2021 au Niger, puis placés en détention par un juge nigérien. Aucune date de procès n’est connu alors que certains ont été libérés. Pour la France, les vrais coupables n’étaient pas identifiés.

    Une action militaire

    En conséquence, la France a agit sur le plan militaire. En effet, le 21 décembre 2021, le porte-parole de l’état-major, le colonel Pascal Ianni annonçait l’exécution d’un des membres du commando, Soumana Boura.

    « Hier (lundi), dans la région de Tillabéri (ouest), nous avons neutralisé par frappe aérienne un chef de groupe de l’EIGS, Soumana Boura, un des auteurs de l’assassinat de six ressortissants dans le parc de Kouré le 9 août 2020« , qui « avait filmé l’exécution et en avait assuré la médiatisation« , a déclaré à l’AFP

    Le colonel Pascal Ianni à l’AFP le 21 décembre 2021

    Soumana Boura dirigeait un groupe de plusieurs dizaines de combattants dans l’ouest du Niger, selon l’armée française. Il a été éliminé par un tir de drone alors qu’il était seul sur une moto. Une unité française avait été envoyée au sol pour fouiller la zone et identifier formellement le djihadiste, a détaillé l’état-major dans un communiqué, en précisant que cette opération avait été menée « en étroite coordination avec les autorités nigériennes« .

    La situation actuelle

    Le ministère des Affaires étrangères rappelle le risque d’attentat étant élevé, les Français résidents ou de passage à l’étranger sont appelés à faire preuve de vigilance maximale.

    Il convient en particulier de se tenir à l’écart de tout rassemblement et d’être prudent à l’occasion des déplacements. Il est également recommandé de se tenir informé de la situation et des risques, en consultant les recommandations des Conseils aux voyageurs. La menace d’enlèvement visant des Occidentaux demeure élevée au Niger y compris dans la capitale Niamey.

    Tout déplacement dans les zones formellement déconseillées (rouges) est à exclure. Dans les zones déconseillées sauf raison impérative (oranges), il convient, si le déplacement ou le séjour s’avère indispensable, de faire preuve d’une extrême vigilance et de prendre des mesures de sécurité renforcées, en particulier pour ce qui concerne les trajets et les hébergements.

    ©Ministère des Affaires étrangères français août 2022
  • A Gaza, missiles tactiques et messages stratégiques

    A Gaza, missiles tactiques et messages stratégiques

    Israël a attaqué les positions du Djihad islamique à Gaza, visant et tuant ses chefs militaires. L’opération « Aube » a provoqué une cinquantaine de morts, Israéliens et Djihadistes se rejetant la responsabilité des victimes civiles dont 15 enfants. Au bout de trois jours, considérant qu’il avait atteint ses objectifs, le gouvernement israélien a accepté une trêve proposée par l’Egypte. La plupart des commentateurs retiennent qu’il s’agit de la répétition des opérations israéliennes dans la bande de Gaza depuis qu’elle l’a évacuée en 2005, surtout depuis que le Hamas en a pris le contrôle en 2007. Cette fois, l’opération « Aube » montre bien des différences. La tactique s’est perfectionnée, le message stratégique est global. 

    La première fois qu’Israël mène une opération militaire sans avoir été provoqué

    C’est la première fois qu’Israël mène une opération militaire sans avoir été provoqué. En 2021, « Gardiens des murs » répondait aux tirs du Hamas. A chaque fois, Israël veillait à montrer que ses actions étaient des ripostes. Cette fois, il s’agit d’une opération préparée, programmée, volontairement limitée. Comme un message.  

    Le gouvernement israélien explique qu’il s’agit d’une opération préventive, car il s’attendait à une attaque du Djihad islamique après l’arrestation de son chef, Bassem Saadi, en Cisjordanie par les services israéliens. Il est possible que l’arrestation du chef du Djihad ait provoqué l’opération, mais elle était prête. Israël avait fait évacuer depuis trois jours les zones frontalières de la bande de Gaza. Elle s’inscrit dans une vision plus large.

    Capture d’écran publiée par l’armée israélienne le 7 août d’un tir de roquette du Djihad islamique qui retombe sur le camp de réfugié de Jabaliya à Gaza. La communication de l’armée a été immédiate.

    Précision des frappes et renseignement

    Le Djihad islamique (comme le Hamas et le Hezbollah) utilise ce qu’Amnesty international appelle dans la guerre en Ukraine l’usage de bâtiments civils pour abriter des positions militaires. Entrepôts, centres de commandement, sites de tirs, lancement de roquettes sont insérés dans le tissu urbain, dans les appartements. Israël mène des frappes avec une précision impressionnante. La maison qui abritait Khaled Mansour, commandant militaire du Djihad pour le sud de Gaza, est détruite, pas les immeubles accolés. L’appartement de Tayssir el Jabiri, commandant pour le nord, est détruit, pas l’immeuble. Rien à voir avec le labourage d’obus des Russes en Ukraine. Israël se présente ainsi comme cherchant à éviter les morts collatéraux, même si cela est impossible. La précision des frappes ne pourrait se faire sans un travail de renseignement permanent. C’est le plus remarquable.

    Est-il possible que l’aviation israélienne agisse au Liban, en Iran, de la même manière ? C’est une partie du message envoyé. « Nous pouvons frapper avec précision les chefs et les objectifs militaires. Chaque dirigeant peut être atteint. Sans carnage. »

    Grâce au « Dôme de fer » Israël dit ne craindre aucune riposte 

    Pour prévenir la riposte, Israël a encore une fois testé son « Dôme de fer », avec une réussite presque totale : 95% des roquettes auraient été interceptées. Plus de 1000 roquettes auraient été tirées, rares sont celles qui ont touché le territoire israélien. En revanche, 200 seraient tombées à Gaza, tuant des civils, dont des enfants. Israël a vite publié des vidéos montrant ces roquettes pour rejeter la culpabilité des morts d’enfants sur le Djihad. Une excuse limitée, puisqu’aucune roquette n’aurait été tirée sans l’attaque.

    Le message était de dire au Hezbollah, au Hamas, à l’Iran : le « Dôme de fer » fonctionne. Israël ne craint aucune riposte. La protection de sa propre population offre au gouvernement une grande capacité d’initiative. Même si le système anti missiles pourrait être saturé, et a besoin de munitions qui coûtent cher. Le Hezbollah se targue de posséder 10.000 missiles, le Hamas en avait envoyé 4.000 en 2021.

    Aucun soutien du Hamas, sauf pour une trêve. 

    Le Hamas s’est abstenu de tout soutien au Djihad islamique. Pourtant, les appels n’ont pas manqué. Il est vrai que le Djihad et le Hamas sont rivaux, et règlent parfois leurs différends par les armes. Les deux sont financés par l’Iran, mais le Hamas a ses propres ressources puisqu’il contrôle la Bande de Gaza, et la gère. 

    Le Hamas n’a pas voulu prendre de risques, mais il fallait que la trêve arrive vite pour ne pas passer pour des faux frères. Le gouvernement israélien était convaincu que le Hamas n’interviendrait pas. Après l’opération destructrice de mai 2021 -onze jours de guerre, 260 morts palestiniens, 13 israéliens-, le Hamas avait négocié une sorte de retour à la normale avec les Israéliens. Les 14.000 autorisations de travail accordées pour les Palestiniens qui se rendent en Israël sont cogérées. Il a aussi traité avec les Egyptiens pour ne fournir aucun soutien aux « takfiristes » du Sinaï. Le Hamas, sachant qu’il peut tout perdre, se réserve pour « la grande confrontation », en sachant qu’il vaudrait mieux éviter qu’elle ait lieu. Ainsi, il devient plus important à ménager pour Israël, à activer pour l’Iran.

    Les Palestiniens sont devant un choix de plus en plus difficile. Ils avaient choisi Saddam ; ils ont, en partie, choisi l’Iran. Et les Frères musulmans. Ce qui les a coupés d’une bonne partie du monde arabe. En fait, plus personne ne s’intéresse vraiment à eux. La cause palestinienne est de moins en moins une cause. Il n’y a plus de front commun contre Israël. Depuis vingt ans, ils n’ont rien gagné, au contraire. Encore une génération de perdue.

    La cause palestinienne survivrait-elle à une attaque israélienne contre l’Iran ?

    Hamas, Djihad et Hezbollah sont affidés à l’Iran. La riposte iranienne à une attaque israélienne passera donc par eux. Or une attaque israélienne contre les installations du programme nucléaire iranien se précise. C’est pourquoi les frappes israéliennes contre les chefs du Djihad à Gaza ont suscité… une certaine indifférence dans le monde arabe. Protestations classiques, a minima. Et quand le chef du Hezbollah menace Israël le lendemain de la trêve, c’est à propos des explorations dans le champ gazier disputé au Liban, pas à propos de Gaza. Subliminal ? 

    La cause palestinienne survivrait-elle à une attaque israélienne pour empêcher l’Iran d’avoir la bombe atomique, si les Palestiniens prenaient, comme ils le devraient, le parti de l’Iran ? 

    Question vitale, non seulement pour les dirigeants qui sont des cibles, mais aussi pour l’avenir de la Palestine. La solution à deux Etats pourrait être définitivement enterrée. Il est significatif de voir que si la trêve a été vite conclue par les responsables du Djihad soumis au feu israélien à Gaza, le chef politique du Djihad islamique, à Téhéran, Ziyad al-Nakhalah, la rejetait. Les intérêts de Téhéran et des Palestiniens ne sont pas les mêmes.

    D’autant qu’en Israël aussi les choses changent. La décision a été prise alors que la Knesset est dissoute. Beaucoup voient dans l’opération menée une action positive pour le Premier ministre Yaïr Lapid, en pleine campagne électorale. Elle a été conçue et approuvée par le premier ministre, le ministre de la défense Benny Gantz et le chef d’état-major de l’armée, Aviv Kohavi. Mais aussi approuvée par Netanyahu, le principal rival pour les élections prochaines. Consensus politique total. Les Arabes israéliens, qui représentent 20% de la population et qui ont des représentants au sein de la coalition gouvernementale sortante, n’ont pas envisagé de répondre aux appels du Djihad. Ils offrent une tout autre perspective à leurs cousins de Cisjordanie et de Gaza.

    Un monde entre les Palestiniens de Gaza et ceux qui vivent en Israël.  

    C’est ce qu’a mis en valeur Yaïr Lapid quand il s’est adressé à la population de Gaza : « Je me tourne vers les habitants de Gaza pour leur dire qu’il y a une autre vie possible. Nous savons nous protéger de ceux qui nous menacent, mais nous savons aussi comment fournir du travail, des moyens de subsistance et une vie digne à quiconque souhaite vivre en paix à nos côtés ».  Il y a un monde entre les Palestiniens soumis au Hamas, au Djihad islamique de Gaza ou au Fatah de Cisjordanie et ceux qui vivent en Israël. Paradoxalement, le vrai danger pour Israël serait la solution à un seul Etat… C’était d’ailleurs pourquoi il s’était retiré de Gaza. 

    « Il y a une autre vie possible, celle que dessinent les Accords d’Abraham, le Sommet du Néguev, l’innovation et l’économie, le développement régional et les projets communs. La décision vous appartient. Votre avenir dépend de vous » voilà ce que dit Lapid, qui est aussi un message aux dirigeants du monde arabe. Le choix n’est pas entre Israéliens et Palestiniens, mais entre l’Iran, leurs alliés djihadistes, et le reste du monde arabe, avec leur nouvel allié : Israël.

    « Aube » serait le commencement d’opérations plus vastes.   

    Le Djihad islamique est considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, l’Union européenne et de nombreux autres pays. Cela n’explique pas totalement le relatif silence en réaction déclenchée pour la première fois à l’initiative d’Israël. Parce que chacun se demande s’il ne s’agit pas d’un début, et observe.

    « Aube » serait en effet le commencement d’opérations plus vastes. Le lendemain de la trêve, Ibrahim Al-Nabulsi, chef militaire des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, branche armée du mouvement Fatah de Mahmoud Abbas, a été tué en Cisjordanie. Hasard ? Le lendemain, un haut responsable palestinien du Fatah, Saeed Alaeddine al Asous, était assassiné dans un camp au Liban. Israël est montré du doigt. Mais ce peut être un règlement de comptes interne mis sur son compte, à un moment opportun. 

    L’Union Européenne a remis le texte « final » proposé aux Iraniens en même temps que la fin de l’attaque israélienne.

    La capacité militaire israélienne, dans laquelle le renseignement joue un rôle fondamental, n’a pas de rival à l’heure actuelle sur ce théâtre d’opération (et peut-être ailleurs). Est-ce suffisant pour détruire les installations iraniennes ? Pour contrer le Hezbollah ? Museler les tentatives de riposte palestiniennes ? Les chefs militaires israéliens en sont persuadés, les dirigeants politiques aussi. Reste le gouvernement américain : Joe Biden n’a convaincu ni les Israéliens ni les Saoudiens de sa capacité à empêcher les Iraniens de fabriquer l’arme nucléaire. Mais le gouvernement américain a les pièces de rechange et les munitions de l’armée israélienne, notamment celles qui sont nécessaire au « Dôme de fer ». 

    L’Union Européenne, coordinatrice des négociations-accords de Vienne sur le nucléaire a remis lundi, en même temps que la fin de l’attaque israélienne, le texte « final » proposé aux Iraniens. Ce texte, selon les diplomates de l’UE, ne sera pas renégocié. A prendre ou à laisser. Une proposition avec en toile de fond les attaques israéliennes. En astronomie, une telle coïncidence s’appelle une conjonction. Parlante.

  • Une France qui attire toujours autant

    Une France qui attire toujours autant

    La ministre Olivia Grégoire et son collègue Olivier Becht ont fait le point sur leur portefeuille respectif avant la pause estivale. Mme Grégoire lors de sa conférence de presse du mercredi 03 août a dressé un premier bilan de la saison touristique qui s’annonce exceptionnel, tandis que le Ministre des Français à l’étranger qui est aussi en charge du Commerce international faisait le point sur la balance commerciale de la France ce 05 aout par communiqué de presse.

    Les touristes déferlent sur la France

    La ministre en charge du Tourisme, Olivia Grégoire, après plusieurs visites sur le terrain et rencontres avec les représentants professionnels a tenu une conférence de presse avec les tendances de la saison 2022.

    Olivia Grégoire

    Ainsi on a appris que le nombre des étrangers fréquentant les grands sites touristiques français en juillet serait supérieur de 1,2 million au chiffre de 2019 pour la même période. Le seul Arc de Triomphe parisien affiche une hausse de fréquentation de 19% sur le mois. Une majorité de clientèle européenne est accompagnée du retour des visiteurs à plus longue distance, notamment Américains du nord comme du sud.

    Les arrivées dans les aéroports de Roissy et d’Orly cumulent à 7 millions de passagers, encore une fois sur le seul mois de juillet, un niveau très élevé par rapport aux années précédentes.

    Une pénurie de main d’oeuvre plane sur le secteur

    La gestion de la pénurie de main d’œuvre est au coeur des actions de la nouvelle ministre. Logiquement, Olivia Grégoire a décidé de poursuivre les initiatives engagées par le gouvernement précédent dans le cadre du plan de relance France Tourisme : une campagne de communication sur l’attractivité des métiers doit intervenir mi-septembre, un encouragement aux professionnels pour relever les salaires, de nouveaux dispositifs de formation et des solutions à trouver en matière de logement des saisonniers.

    L’autre annonce de la ministre, prenant acte des critiques émises par les professionnels sur les relations entre ces derniers et son prédécesseur, Jean-Baptiste Lemoyne, c’est de « remettre à plat l’écosystème de gouvernance du tourisme » et de chercher à améliorer les processus de décisions pour y inclure tous les acteurs. 

    La balance commerciale résiste

    Pour le tout nouveau ministre des Français de l’étranger et du Commerce international, Olivier Becht, l’exercice fut plus compliqué.

    Olivier Becht
    Olivier Becht

    Ainsi, si Olivier Becht a pu se targuer d’excellents résultats dans les services et du maintien de l’ attractivité de la France , il dut toutefois constater que la tendance générale est à la dégradation du solde commercial en France comme dans tous les Etats européens. Cette dégradation tient essentiellement à l’alourdissement de la facture énergétique. Sous l’effet de l’explosion des prix de l’énergie, la facture énergétique a, ainsi, atteint un nouveau record, passant de 27 Md€ au 2e semestre 2021 à 48 Md€ au 1er semestre 2022

    … »dans un monde très perturbé depuis l’agression de l’Ukraine par la Russie, la France connaît le même sort que les principaux pays de l’Union européenne : tous voient leur solde commercial se dégrader depuis le début de l’année 2022 du fait de l’explosion des prix de l’énergie.« 

    Olivier Becht, ministre des Français de l’étranger et du Commerce international

    139 000 sociétés exportatrices

    Malgré la crise énergétique, la balance commerciale de notre pays résiste, en raison des exportations de biens qui poursuivent leur reprise. Elles sont en hausse avec un chiffre d’affaires de 285 Md€ au premier semestre 2022, dépassant désormais largement leur niveau d’avant crise (+13 % par rapport au second semestre 2019). Pour Olivier Becht, le tissu entrepreneurial de notre appareil exportateur a fait preuve d’un grand dynamisme. Il annonce dans son communiqué de presse un nombre d’entreprises exportatrices qui approche les 139 000 fin mars 2022, bien au-delà du record établi en 2021.

    Agriculture et industries pharmaceutiques

    Si la balance commerciale résiste c’est grâce aux exportations qui ont fortement cru en sortie de crise pour les produits agricoles et agroalimentaires (+24 % par rapport au second semestre 2019), le secteur textile (+26 %) et les produits pharmaceutiques, chimiques, parfums et cosmétiques (+22 %).

    Toutefois, d’autres secteurs majeurs restent largement pénalisés, à la fois par les suites de la crise Covid, mais également en conséquence de l’agression russe de l’Ukraine qui a accentué la perturbation des chaines d’approvisionnement. Les exportations aéronautiques restent largement en-deçà de leur niveau du second semestre 2019 (-34 %), comme les exportations automobiles (-8 %), dans une moindre mesure.

    Team France export

    Olivier Becht a tenu aussi à rappeler que l’accompagnement à l’export des entreprises par la Team France Export continue. Ce dispositif a, pour lui, prouvé sa pertinence et sa résilience, avec plus de 27 000 entreprises accompagnées depuis 2018.

    Face à la crise, le gouvernement a, en effet, mis en œuvre des mesures spécifiques de soutien à l’export, tel le « volet accompagnement export » du plan France Relance, axé principalement sur les PME-ETI, et prolongé jusqu’à fin 2022 par le plan de résilience. Au 30 juin 2022, ce sont 12 496 chèques relance export et 1 354 chèques relance VIE qui ont bénéficié à près de 8 000 PME et ETI. Ce sont aussi des crédits pour le financement d’outils numériques de prospection, comme la création de e-vitrines sectorielles sur lesquelles plus de 4 100 entreprises ont été référencées.

    Une France attractive

    Que ce soit en B to B ou dans le secteur touristique, la France démontre qu’elle est toujours un pole d’attractivité forte dans le monde et en Europe en particulier.

    Le pays le plus visité au monde

    Numéro 1 des pays les plus touristiques du monde, la France creusera encore l’écart cette année. Avec ses 38 sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, la France accueille chaque année près de 89 millions de touristes, les pronostics estiment qu’on dépassera les 90 millions cette année.

    Le pays qui attire le plus de capitaux étrangers en Europe

    La France a su se rendre toujours plus attractive pour les investisseurs étrangers. Elle est restée en 2021 pour la troisième année consécutive le premier pays européen d’accueil de projets d’investissements étrangers (dernier classement Ernst & Young). Avec 1 222 projets recensés en 2021, la France établit un nouveau record européen en la matière, dans une Europe qui n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant crise. L’année 2022 s’annonce, selon Olivier Becht, très prometteuse avec déjà 6,7 milliards d’euros investis et 4 000 emplois pérennes.