Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Les arbres peuvent beaucoup mais pas tout

    Les arbres peuvent beaucoup mais pas tout

    Lors de la COP26, des institutions financières représentant près de 9 000 milliards de dollars d’actifs ont décidé d’éliminer la déforestation de leurs portefeuilles d’investissement. Elles ont ainsi décidé de participer à une initiative qui regroupe un grand nombre d’acteurs privés et publics en faveur des forêts.

    En 2014, les gouvernements, les entreprises et les organisations non gouvernementales s’étaient engagés à réduire, d’ici 2020, de moitié la déforestation et à y mettre fin d’ici 2030, dans le cadre de la déclaration de New York sur les forêts. Le premier objectif a été raté, le second semble être un point trop loin. Cette année, plusieurs États ont rallié l’initiative en faveur des forêts dont le Brésil et l’Indonésie. En revanche, l’Inde a refusé de la signer. Dans le cadre de ce projet, les États ont promis de dégager des fonds pour protéger et restaurer les forêts, y compris dans le bassin du Congo, et ont reconnu que les peuples autochtones sont les mieux placés pour prendre soin des forêts dans lesquelles ils vivent.

    La comptabilisation de l’apport réel des arbres reste embryonnaire

    Les forêts servent de « puits de carbone » épongeant, chaque année, un montant net de 7,6 milliards de tonnes de dioxyde de carbone. L’abattage, le brûlage ou l’éclaircissage d’arbres ou la dégradation des écosystèmes représentent 11 % des émissions de gaz à effet de serre. Les programmes de plantation et de protection des forêts ont été jugés essentiels pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris de limiter la hausse des températures moyennes mondiales entre 1,5 °C et 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels. Le texte de l’accord de Paris prévoyait notamment un équilibre entre émissions et puits anthropiques « dans la seconde moitié de ce siècle ». À cette fin, plusieurs programmes de plantation à grande échelle et de restauration des tourbières ont été, depuis, entrepris.

    Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les experts du climat ne disposent pas d’un système partagé capable d’évaluer la contribution des arbres à la séquestration du carbone. La comptabilisation de l’apport réel des arbres reste embryonnaire. En fonction des modes de calcul, l’arbre pourrait même être l’ennemi du bien. Actuellement, de nombreux États utilisent les arbres comme un moyen pour réduire comptablement leur empreinte carbone. La Chine et l’Inde ont ainsi de vastes programmes de plantation d’arbres. La Russie entend profiter du fait qu’elle abrite 20 % des forêts du monde, pour compenser ses importantes émissions de gaz à effet de serre. Le Bhoutan affirme avoir déjà atteint le zéro net émission grâce à ses plantations.

    Planter des arbres ne suffit pas

    Planter des arbres ne suffit pas pour résoudre les émissions des gaz à effet de serre. Tout dépend de leur exploitation sur la durée. Le cycle naturel du carbone dans lequel les arbres et autres plantes jouent un rôle important est bouleversé par l’activité humaine. Le cycle est normalement lent et autorégulé. Les arbres absorbent le CO2 de l’atmosphère, puis en renvoient une partie quand ils se décomposent ou brûlent dans des feux de forêt naturels. En l’absence d’intervention humaine, les sources et les puits de carbone s’équilibrent.

    La déforestation et la dégradation des forêts augmentent les émissions de gaz à effet de serre en accélérant la libération du carbone stocké. Le réchauffement climatique accentue les émissions de carbone par les arbres en raison d’un pourrissement plus rapide et par l’augmentation du nombre des feux de forêts. Par ailleurs, plus les arbres vieillissent, moins ils captent de carbone. Dans le même temps, l’émission de dioxyde de carbone provenant de combustibles fossiles dans l’atmosphère permet aux plantes d’avoir une croissance plus rapide, augmentant d’autant l’efficacité de la captation. Les plantations d’arbre peuvent, en revanche, accélérer le réchauffement par l’assombrissement de la terre. La multiplication des plantations amène également à un usage plus poussé du bois dans le cadre des différentes activités économiques, ce qui est également une source supplémentaire de carbone.

    Le cycle des arbres doit s’apprécier sur le long terme. Or des États sont amenés à faire de la compensation rapide afin de pouvoir maintenir des activités fortement émettrices de gaz à effet de serre. Ainsi, l’État de l’Asie du Sud-Est, Myanmar, indique qu’il émet chaque année 8 millions de tonnes de gaz à effet de serre provenant de l’industrie et de la combustion de combustibles fossiles, quand ses forêts aménagées absorbent 96 millions de tonnes. Fort de ce dernier chiffre, le pays, tout en revendiquant sa neutralité carbone en vertu des règles comptables convenues, se permet d’accroître la production d’énergie en ayant recours à des énergies fossiles.

    Sur une échelle bien plus importante, la Russie, quatrième émetteur mondial de CO2, a longtemps considéré que ses vastes forêts étaient le vecteur numéro un de sa politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’engagement de la Russie envers les objectifs de Paris stipule que d’ici 2030, elle réduira ses émissions de 70 % par rapport aux niveaux de 1990, « en tenant compte de la capacité d’absorption maximale possible des forêts et autres écosystèmes ». Grâce à ses forêts, la Russie peut effacer l’équivalent de 25 % de ses émissions industrielles de gaz à effet de serre. L’inventaire de ses forêts réalisé en 2020, pour la première fois en trente ans, a révélé que le volume des forêts de la Russie avait augmenté de 25 %. Une étude indépendante publiée dans la revue Nature a calculé que ce puits de carbone est, en Russie, de 47 % plus important aux prévisions précédentes. Une grande partie de l’augmentation du parc forestier est due à la croissance naturelle, à mesure que les forêts récupèrent des terres agricoles abandonnées. De telles révisions valent des centaines de millions de tonnes d’émissions de carbone et entrent dans les politiques de compensation. Néanmoins, selon le ministère russe de l’Environnement et des Ressources naturelles, les puits de carbone liés aux arbres devraient tomber à zéro d’ici quatre décennies compte tenu du vieillissement des forêts.

    Les émissions de CO2 selon l’ONU sont supérieures de 5,5 milliards de tonnes de CO2 par an à celles des inventaires nationaux

    Le recours à des normes communes pour l’appréciation de la contribution des arbres aux bilans « carbone » nationaux faciliterait la comparaison des progrès réalisés par chaque pays dans l’atteinte de ses objectifs climatiques. Pour le moment, entre les estimations réalisées par les États et celles des experts du GIEC, il n’y a pas d’interconnexion. Ainsi, selon les modèles climatiques de l’ONU, les émissions de CO2 sont supérieures de 5,5 milliards de tonnes par an à celles des inventaires nationaux. Cet écart est avant tout la conséquence de normes de comptabilisation différentes.

    Avec l’introduction d’un prix carbone, les terres amazoniennes vaudraient plus cher avec des arbres que sans.  

    La création d’un marché mondial du carbone supposerait une harmonisation des normes comptables. Un tel marché permettrait de peser sur la déforestation. Ainsi, au Brésil, avec l’introduction d’un prix carbone, les terres amazoniennes vaudraient plus cher avec des arbres que sans. La réduction du bilan carbone en achetant une parcelle de forêt est fragile. Les compensations carbone par les arbres ne sont pas totalement satisfaisantes. Il suffit que quelques années après l’achat, le propriétaire déboise pour annuler, de fait, la compensation.

    La question de la permanence de telle compensation se pose. Les passagers aériens sont incités, par de nombreuses compagnies, à participer à l’achat d’arbres pour compenser les émissions de CO2 de leurs billets. À cette fin, ils peuvent affecter les miles obtenus grâce à leur voyage. Ce recyclage est avant tout symbolique avec un effet réel sur le climat faible. La crainte de certains experts climatiques est que le réchauffement climatique entraîne la mort de nombreux arbres en particulier au sein de la zone tropicale voire dans le bassin méditerranéen amenant une montée des émissions de CO2.

    Si la plantation d’arbres peut contribuer à rafraîchir des terres par leur ombre et l’humidité qu’ils génèrent tout en embellissant les territoires, elle ne saurait être la solution unique au problème du réchauffement climatique. Les arbres peuvent néanmoins permettre des avancées au niveau des normes comptables concernant les puits de carbone.

  • Crise migratoire en Biélorussie : la réponse de Bruxelles

    Crise migratoire en Biélorussie : la réponse de Bruxelles

    L’Union européenne a décidé lundi de renforcer les sanctions contre la Biélorussie, accusée d’alimenter la crise migratoire à la frontière avec la Pologne.

    Migrants à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Paris, capitale de la diplomatie mondiale

    Paris, capitale de la diplomatie mondiale

    Le Quai sur le pont

    Quel boulot ! Quel ballet ! On se serait cru à la Conférence de la paix du siècle dernier : Paris, pour un instant, pour un instant seulement, est redevenue la capitale de la diplomatie mondiale. Le « Forum de la paix » d’un coté, la Conférence sur la Lybie de l’autre, les rendez-vous avec la Russie en travers, sans compter les zakouskis divers comme pour un dîner mondain : rencontres bilatérales en brochettes, un œil sur le feu de la Cop 26 à Glasgow, des canapés de Conférence générale de l’Unesco, un zeste de réforme en Conseil des ministres pour les Expats… cette semaine, nos amis du Quai auraient mérité la prime de Noël avant l’heure.

    Difficile de conclure par un bilan du Forum: si beaucoup d’idées ont été lancées –l’Appel de Paris sur le numérique semblant la plus prometteuse -, tous nos amis du Forum peuvent-ils parler de paix quand Russes, Turcs, Iraniens, Chinois ne sont pas là ? S’agit-il d’un club de valeurs pacifiques, comme le devient la Cop, de grands salons d’exposition des bonnes volontés, surtout du monde européen vis-à-vis des pays moins développés ? Comme le dit si bien le ministre indien : « les pays en développement doivent encore s’attaquer aux questions d’éradication de la pauvreté ». 

    Se placer au centre du jeu n’est pas négligeable. A condition d’avoir du jeu.

    Certes, pour la France, se placer au centre du jeu n’est pas négligeable. A condition d’avoir du jeu. Sinon, ce n’est qu’une pente douce de devenir une ONU bis, une ONG qui vendrait des armes, une Suisse neutre mais pauvre. A défaut de diriger le monde, il ne serait pas inutile de défendre nos intérêts. 

    Ce qui fut fait face aux Russes, sans que l’on sache déjà si la conversation aura des effets au Sahel, en Ukraine ou en Lybie. En regardant en arrière, on s’aperçoit que les talents du quai d’Orsay, la parole de la France, n’ont pas été toujours bien compris. Nous sommes en froid, sinon fâchés – pour d’excellentes raisons- avec : Le Royaume-Uni (pêche et sous-marins), les Etats-Unis et l’Australie (sous-marins), la Belgique et la Suisse (Rafales), le Maroc (visas), l’Algérie, le Venezuela (trop à gauche), le Brésil (trop à droite), le Mali (trop de soldats), le Pakistan, l’Afghanistan, la Turquie, l’Iran, le Liban, la Pologne, la Hongrie, et quelques autres. Tous ont tort, c’est sûr. Mais nous ne leur avons peut-être pas assez expliqué pourquoi ils ont tort. Peut-être aussi avons-nous quelques failles, soit dans nos informations, soit dans notre analyse du monde, soit dans notre façon de parler… Comme la France va prendre les rênes de l’Union européenne, peut-être faut-il ne pas confondre les lampions du Quai pour des fusées, ni prendre les lampistes pour des génies. « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ».

    Y a-t-il une place entre la Chine et les Etats-Unis ? 

    La seule question qui vaille, pour la France et l’Europe est celle-ci : y a-t-il une place – et une politique, entre la Chine et les Etats-Unis ? Le Royaume-Uni dit non. Les reculs des positions françaises en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient doivent poser à nos dirigeants, y compris quant ils parlent aux Russes ; qu’avons-nous dit sur le Nord Stream ?- la question de notre crédibilité. 

    (Photo by GONZALO FUENTES / POOL / AFP)

    Au lendemain du « Forum pour la Paix » et de la Cop 26, Joe Biden et Xi Jinping se sont parlé, pour la troisième fois, au téléphone.  L’un incarne la vieillesse et le déclin, l’autre la force et la sérénité. La pensée de Xi est officiellement devenue la quintessence de la Chine. Celle de Joe n’a pas cette prétention. La Chine affiche son irrésistible dessein de conquérir le monde, l’Amérique son retrait. En Chine, l’ordre règne. L’administration fonctionne aussi vite que la justice ; une classe de serviteurs dévoués dépasse toujours les objectifs fixés, l’idéologie agrège peuples et récalcitrants. Tout l’inverse de l’anarchie galopante qui submerge l’Amérique jusqu’au Capitole.

    Quel empire périra ? 

    A jeter un œil, on devine dans quel sens tourne le vent de l’Histoire. « L’araignée tisse les tentures dans le palais des Césars » chantait Mehmed le Conquérant de Constantinople, dans Sainte-Sophie ensanglantée. « Tout empire périra », dit-on plus sobrement au Quai. Mais lequel ? Le modèle ottoman, sa bureaucratie exemplaire, son idéologie inépuisable (l’islam), ses serviteurs dévoués, ses peuples heureux de vivre dans le plus paisible empire de la terre, finit, lui aussi, par sombrer. L’Europe anarchique, divisée, barbare, le dépassa, le dépeça. 

    La Vice-présidente américaine Kamala Harris à l’ouverture du Forum pour la Paix.

    Il est donc tout à fait possible que les images de paix du Forum, les échecs répétés des Cops, la lassitude affichée de l’Amérique, les divisions de l’Europe, ne dessinent que l’apparence des rapports de forces. La tradition pacifiste des Européens est assez modeste.

    Remettre en cause les outils et les habitudes 

    Tout cela remet en cause les habitudes. Tout d’abord celle de la proclamation des bons sentiments comme axe politique. Face aux migrants jetés aux frontières de la Pologne, l’Union européenne se retrouve prise dans les filets du cynisme, en décalage avec ses discours sur le droit d’asile, impuissante dans sa politique inefficace de sanctions. Cela remet en cause aussi les outils diplomatiques : le multilatéralisme n’est-il pas, lui aussi, à usage limité ? Les grands organismes de la diplomatie internationale, les sommets, sont ils encore efficaces ? Unesco, OSCE, OIT, OMC, OMS, ONU, ne sont ils pas un tant soit peu hors sol ? Ne fonctionnent-ils pas en vase clos, préoccupés de leur autopromotion ? Leurs discours ne véhiculent ils pas les clichés convenus plutôt que les réalités du monde ?  Ne sont- ils pas en train de rater les révolutions en cours ? Sur la monnaie, l’art, l’éducation, ils sont perdus.

    Beaucoup d’outils diplomatiques sont dépassés, comme le sont ceux de la force. Quelques cyberattaques en Europe, aux Etats-Unis, en Iran, ont transmis plus de messages qu’il n’y en eu au Forum de la paix. C’est cette nouvelle diplomatie que doit mettre en œuvre la Quai d’Orsay. La France pourrait ainsi régler quelques questions en Turquie, en Afrique et ailleurs sans avoir besoin de beaucoup de déclarations. Agir sans se fâcher, plutôt que se fâcher sans agir. Moins d’ambition, plus de succès.

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • CSG-CRDS : Le Sénat vote sa suppression pour les Français établis hors de France

    CSG-CRDS : Le Sénat vote sa suppression pour les Français établis hors de France

    En France, actuellement, le parlement examine la Loi de Finance de l’Etat pour l’année 2022. Chaque chambre examine les dispositions proposées par le gouvernement en termes de collecte de recettes mais aussi de dépenses.

    Vendredi 12 novembre, les sénateurs se sont penchés sur la CSG-CRDS.

    Exemption pour les résidents en Europe

    Les contribuables non domiciliés en France assujettis à un régime de sécurité sociale obligatoire d’un État de l’Union européenne, de l’Espace Économique Européen ou de la Suisse, sont exonérés de CSG – CRDS sur leurs revenus issus du travail réalisé en France ou pour le compte d’une entreprise française, du patrimoine et sur leurs produits de placement détenus en France.

    En revanche, depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2019, ils restent redevables d’un prélèvement de solidarité de 7,5 % sur certains revenus de source française :

    • Les revenus fonciers perçus depuis le 1er janvier 2018 ;
    • Les plus-values immobilières réalisées à compter du 1er janvier 2019.

    Pleine taxation pour ceux hors d’Europe

    Ronan Le Gleut

    Si cette avancée est à saluer, elle a été obtenue aux forceps devant les tribunaux européens,  il n’en demeure pas moins que les non-résidents « hors Europe » continuent d’être redevables de la CSG-CRDS sur leurs revenus, entraînant par là même une différence de traitement qui ne saurait se justifier.

    C’est cette injustice que les sénateurs ont voulu corriger en votant pour un amendement porté par le sénateur Les Républicains Ronan Le Gleut supprimant la CSG/CRDS pour les expatriés hors de l’Union européenne et des pays assimilés.

    La navette coulera l’amendement

    Pourtant, il ne faut pas espérer voir ce vote se concrétiser par une abaissement de vos prélèvements obligatoires. Dans notre constitution quand l’Assemblée nationale et le Sénat ne votent pas un texte identique, après un jeu d’allers-retours, désignés sous le terme de « navette », c’est celui voté par le Palais Bourbon qui est retenu.

    Les équipes du ministre LREM, Olivier Dussopt, ont été très claires, il est pas du tout prévu que la CSG/CRDS soit supprimée pour les expatriés hors de l’UE.

    Pourtant les sommes en jeu ne doivent pas être très importantes. Depuis 2019 Anne Genetet, pourtant élue de La République En Marche, attend, toujours, le montant de la part de Bercy qui ne daigne pas répondre à sa question posée au sein de l’hémicycle.

    Le refus est surtout motivée par la politique à la veille des élections de 2022, hors de question de faire un cadeau à ces « fraudeurs » qui ont fui le fisc français…

    Est-ce qu’un changement majeur en 2022 pourrait faire évoluer la situation ? On peut douter que le nouveau gouvernement ouvrirait sa politique fiscale en supprimant un impôt pour les non-résidents… eux qui votent peu… C’est peut-être par une mobilisation traduite en une forte participation lors des prochains votes que le salut viendra pour les expatriés hors UE.

  • Renforcement des mesures anti-Covid en cascade

    Renforcement des mesures anti-Covid en cascade

    Confinements, passes sanitaires, port du masque obligatoire : plusieurs pays dans le monde tentent de freiner la reprise de l’épidémie de Covid-19.

    La pandémie a fait plus de 5,088 millions de morts dans le monde depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan calculé samedi vers 16H00 GMT par l’AFP à partir de sources officielles.

    Les États-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de décès (762.521), devant le Brésil (610.491), l’Inde (463.245), le Mexique (290.872) et la Russie (254.167).

    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée à la Covid-19, que le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé que celui qui est officiellement établi.

    En tant qu’expatriés, nous sommes confrontés à ces mesures alors que la cinquième vague monte dans le monde, tout en préservant, encore, la France. Afin de simplifier vos déplacements, nous vous avons compilé les principales modifications concernant les possibilités de voyages et les conditions de « vie » sur place ayant eu lieu la semaine passée. On fait aussi le point sur les conséquences sociales et juridiques de la Covid-19.

    Pays-Bas : retour des mesures restrictives

    Le gouvernement s’apprête également à restreindre l’accès aux lieux de restauration et de loisirs après la période de trois semaines aux seules personnes vaccinées ou guéries du Covid, et plus à celles présentant un test négatif.

    Les nouvelles restrictions sont politiquement sensibles, des milliers de personnes ayant manifesté à La Haye dimanche après l’annonce par le gouvernement de la réintroduction des masques dans certains espaces publics.

    Jeudi, les Pays-Bas ont annoncé 16 364 nouveaux cas de Covid au cours des dernières 24 heures, battant ainsi le précédent record de 12 997 cas établi en décembre 2020.

    Allemagne: appel à un « effort national »

    Angela Merkel a appelé samedi à « un effort national » pour endiguer la quatrième vague épidémique en Allemagne, appelant notamment les derniers réfractaires à se faire vacciner.

    La chancelière sortante a jugé « urgent » que gouvernement fédéral et régions adoptent « une approche unifiée », et notamment une « valeur seuil » à partir de laquelle des mesures supplémentaires doivent être prises.

    Manif en Suisse

    Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Genève contre les mesures anti-Covid mises en place par le gouvernement fédéral et pour dire non à la loi Covid-19 qui va être soumise au vote populaire le 28 novembre.

    Man with a mask confined in quarantine to prevent coronavirus spread to the window.

    Couverture vaccinale insuffisante en Belgique

    A Bruxelles (+ 31 % de cas), où la vaccination progresse très lentement, le passe sanitaire a été rendu obligatoire le 15 octobre mais son utilisation est peu contrôlée. Le taux de vaccination atteint, en revanche, 70 % en Wallonie, où l’introduction du passe sanitaire, prévue pour le 1er novembre, a poussé beaucoup de personnes vers les centres. Mais dans le contexte actuel, les mesures d’allégement des restrictions au niveau national, qui étaient au menu de prochaines réunions ministérielles, risquent d’être reportées.

    Du côté français, on a réagi depuis le 13 novembre, les voyageurs de plus de 12 ans en provenance de Belgique qui ne sont pas complètement vaccinés doivent présenter le résultat négatif d’un test PCR ou d’un test antigénique réalisé moins de 24 heures avant leur départ.

    Autriche : les personnes non-vaccinées confinées à partir de lundi

    L’Autriche reconfine, mais seulement ses non-vaccinés. Le chancelier autrichien Alexander Schallenberg a annoncé, dimanche 14 novembre, l’entrée en vigueur dès lundi d’un confinement pour les personnes n’ayant pas reçu le vaccin ou qui n’ont pas contracté récemment la Covid-19 (35% de la population). Une mesure inédite pour tenter d’endiguer le nombre inégalé de cas détectés. Plus de 13.000 nouvelles contaminations ont été enregistrées samedi dans ce pays de 9,8 millions d’habitants. « La situation est grave. (…) Nous ne prenons pas cette mesure le cœur léger, mais malheureusement elle est nécessaire », a-t-il déclaré depuis Vienne.

    Renforcement au Maroc

    Le Maroc, important pays touristique, a décidé samedi de renforcer les contrôles à ses frontières en raison de la hausse des cas de contaminations à la Covid-19 en Europe.

    Outre le passe sanitaire obligatoire et des tests PCR négatifs, il sera procédé, à l’arrivée au Maroc, à un double contrôle, par caméras thermiques et thermomètres électroniques, ainsi que par tests antigéniques. Ces mesures concernent toutes les personnes en provenance des pays dits de « la liste B », soit la France, plusieurs pays de l’Union européenne ainsi que le Royaume-Uni, l’Algérie et la Tunisie.

    Carte du ministère de l’Europe et des affaires étrangères sur les conseils aux voyageurs au 10 novembre 2021

    USA: suspension de l’obligation vaccinale pour les employés

    Une cour fédérale américaine a confirmé vendredi la suspension de l’obligation vaccinale pour les employés de grandes entreprises, mesure voulue par l’administration Biden.

    Le texte suspendu laissait à l’employeur le soin de prendre les mesures qu’il jugeait adéquates, y compris disciplinaires, contre les réfractaires au vaccin et aux tests réguliers. Mais au pays des libertés individuelles, cette version américaine du passe sanitaire a provoqué un tollé dans l’opposition républicaine.

  • COP26 : un pacte de Glasgow contesté

    COP26 : un pacte de Glasgow contesté

    La COP26 vient de s’achever. Le « pacte de Glasgow » fait déjà polémique notamment en ne garantissant pas l’objectif de contenir le réchauffement de la Terre à 1,5 °C.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • La finance, un acteur clef de la transition énergétique

    La finance, un acteur clef de la transition énergétique

    Depuis une dizaine d’années, le secteur financier s’engage à favoriser la transition énergétique notamment à travers leur politique d’investissement. Les investisseurs disposent, en effet, d’un levier important en conditionnant leurs apports de financement aux entreprises au respect des normes environnementales. Les politiques d’exclusion se multiplient depuis quelques années visant en priorité les entreprises tirant une grande partie de leurs bénéfices du charbon ou du pétrole. Ces politiques d’exclusion visent tout à la fois à faire pression sur les secteurs qui en sont les victimes pour les inciter à changer de modèle de production et à faciliter l’orientation des capitaux vers des activités à faibles émissions de CO2.

    4 000 milliards de dollars d’investissements dans l’énergie propre sont attendus chaque année

    Le passage de l’économie des combustibles fossiles à des sources d’énergie propres nécessite un effort financier important pour financer les infrastructures nécessaires. D’ici 2030, environ 4 000 milliards de dollars d’investissements dans l’énergie propre sont attendus chaque année, soit le triple du niveau actuel. L’insuffisance des capitaux peut s’expliquer par la faiblesse de la rentabilité à court terme des investissements réalisés dans les énergies renouvelables. La pression publique et l’augmentation du prix du carbone constituent, néanmoins, des incitations de plus en plus fortes. Par ailleurs, l’afflux de capitaux vers le secteur décarboné est censé faciliter l’émergence de techniques à forte rentabilité.

    La sanction des marchés en matière d’émissions de gaz à effet de serre ne concerne néanmoins qu’une partie de l’économie. De nombreuses entreprises, en particulier au sein du secteur de l’énergie, ne sont pas cotées ou sont contrôlées par des États (Coal India en Inde ou Saudi Aramco en Arabie saoudite). Ces entreprises n’opèrent pas sous le contrôle des gestionnaires de fonds institutionnels ou d’actionnaires qui tiennent à leur réputation et qui se sont engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique.

    Les politiques d’investissement des établissements financiers ne peuvent pas tout résoudre surtout qu’elles comportent un certain nombre de biais. L’exclusion des activités à fortes émissions de CO2 comme la production d’électricité par le charbon ne conduit pas toujours à une réorientation des investissements au profit de secteurs jugés plus propres. Ainsi, les entreprises digitales profitent du retrait des investisseurs du secteur énergétique carboné. Or, les émissions de CO2 des GAFA progressent fortement. Elles représenteraient 5 % du total des émissions des entreprises de l’indice S&P500.

    Plant in carbon tax and the pollution concept – 3d rendering

    Externaliser les activités les plus polluantes

    Pour échapper à la vindicte du marché, des entreprises sont tentées d’externaliser leurs activités les plus polluantes. Des entreprises pétrolières ont ainsi confié à des fonds ou à des sociétés de capital-investissement non cotées des activités à fortes émissions de CO2. Face à la sanction des investisseurs, des entreprises peuvent être incitées à sortir de la cote, sachant qu’elles trouveront des actionnaires attirés par leur profitabilité. En sortant de l’écran radar de la bourse, elles subissent moins la pression des actionnaires et des ONG.

    Par ailleurs, les politiques d’exclusion peuvent punir des entreprises réalisant des efforts importants pour réduire leur empreinte carbone grâce à la force de leur recherche. Dans un souci de transparence, au niveau international, l’élaboration de règles communes en matière de reporting et de comptabilité est en cours de discussion, en particulier aux États-Unis. Cette clarification devrait s’appliquer à l’ensemble des acteurs économiques et notamment aux fonds de pension. L’instauration d’un prix carbone à l’échelle mondiale constituerait également un outil important afin d’éviter des distorsions de concurrence et de comparer plus finement les stratégies des entreprises dans leur lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

  • Arnaud Lacheret : « Les femmes jouent le rôle de micro-modèle »

    Arnaud Lacheret : « Les femmes jouent le rôle de micro-modèle »

    A l’occasion de la sortie de son nouveau livre, Femmes, cadres, musulmanes… Une intégration à la française, Arnaud Lacheret a accordé une interview à LesFrancais.press.

    Arnaud Lacheret vient de faire paraitre son nouveau livre Femmes, cadres, musulmanes… une intégration à la française, aux éditions Le Bord de l’eau. Dans cet échange, le docteur en sciences politiques et directeur de la French Business School, école de l’Essec à Bahreïn, revient sur la genèse de son livre et les thèmes abordés.

    La genèse du livre

    Arnaud Lacheret s’est installé au Bahreïn lorsqu’il a été missionné par le gouvernement français pour représenter l’Essec et l’excellence de l’enseignement supérieur français. Une fois sa mission terminée, le directeur de l’école lui a proposé de rester sous les mêmes conditions. Il s’est empressé de répondre par l’affirmative.

    Avant d’arriver au Moyen-Orient, Arnaud Lacheret a déambulé entre l’enseignement supérieur et la politique.  Plusieurs fois en poste dans des mairies de banlieues, il a commencé à percevoir et regarder le fait religieux et l’Islam de manière différente. Ce champ d’étude s’est élargi au Bahreïn et il s’est rendu compte qu’il avait un accès privilégié aux femmes musulmanes. C’est ainsi que son deuxième livre est né. Pour le troisième, celui présenté aujourd’hui, il a inversé la dynamique : il s’est posé la question de l’intégration des femmes d’origine arabo-berbère mais qui sont nées, ont grandi et travaillent en France. Des femmes cadres dont les origines sont invisibilisées en société.

    Les femmes musulmanes et leur rapport à la religion

    Dans le livre, les femmes interrogées n’ont pas coupé avec la religion mais nourissent un certain rapport avec elle. A leurs yeux, elles ont grandi en même temps que l’Islam, se sont modernisés ensemble.

    L’auteur nous explique aussi qu’il a voulu étudier le triptyque « femme – pères traditionnalistes – modernité » et la façon dont les rapports se font entre eux. Si les femmes musulmanes modernes tentent et réussissent à faire tendre leurs parents vers un Islam plus moderne.

    Les musulmans au cœur de la campagne présidentielle

    Arnaud Lacheret

    En cette année de campagne électorale, les thèmes abordés par Arnaud Lacheret et les interviewées, apparaissent comme tant de conseils donnés aux candidats. Le voile, bien que secondaire dans le livre, est évoqué. La relation entre le hijab et les femmes mais aussi avec la société et la politique.

    Le tandem, victimisation des musulmans (souvent perçu à gauche) et incrimination des mêmes musulmans (plutôt perçu à droite) est également traité. Les femmes nous expliquent où est-ce qu’elles se placent au milieu de ça et les moyens qu’il faudrait mettre en place pour éviter de tomber dans l’un ou l’autre des extrêmes.

    Mais, bien que la politique soit largement abordée dans le livre, Arnaud Lacheret n’a pas souhaité aller à la rencontre des femmes politiques françaises comme Rachida Dati ou Najat Vallaud-Belkacem car ce sont des modèles. Pour les jeunes filles susceptibles d’ouvrir ce livre, ces deux femmes apparaissent inaccessibles et ne peuvent pas véritablement expliquer comment elles sont parvenues à des postes tels que ministre. Alors qu’une femme musulmane cadre chez Orange aura plus de faciliter à le faire et pourra donner des outils pour y arriver à notre tour.

    Le Golfe pour les Français

    Dans cette dernière question, le journaliste et l’auteur discutent du mode de vie régnant dans les pays du Golfe. Si Arnaud Lacheret vit au Bahreïn, il pousse les auditeurs à aller voir l’évolution en cours en Arabie Saoudite et la façon dont les jeunes – femmes et hommes – sont en train de prendre leur vie en main.

    Retrouvez ce podcast sur toutes vos plateformes préférées.

    Podcast liste

    Acheter le livre

  • Cop26 : demi-échec ?

    Cop26 : demi-échec ?

    Les délégations de quelque 200 Etats sont tombées d’accord samedi en fin de journée sur un texte censé garder intact l’accord de Paris et limiter les émissions de gaz à effet de serre. Mais peu de pays partagent l’enthousiasme du gouvernement britannique hôte de cette 26ème réunion pour sauver la planète !

    La présidence britannique de la COP26 de l’Onu sur le climat a publié samedi une proposition visant à garantir le déblocage par les pays riches de financements suffisants pour permettre aux nations les plus pauvres de faire face au réchauffement de la planète, après des promesses non tenues. /Photo prise le 10 novembre 2021/REUTERS/Phil Noble

    Beaucoup de bla-bla ?

    Un sommet avec plus de 120 chefs d’Etat, des annonces en tout genre sur les forêts ou le méthane et deux semaines de négociations menées jour et nuit, Londres espérait conclure samedi la COP26 en «gardant en vie» l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris, limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. C’est chose faite : alors que le monde se trouve toujours, selon l’ONU, sur la trajectoire «catastrophique» d’un réchauffement de +2,7 °C, le nouveau projet de déclaration finale sur le climat, affiné lors d’une nouvelle séance plénière ce samedi après-midi, a été approuvé par les délégations de quelque 200 pays, réunis lors de la conférence sur le climat à Glasgow.

    Ce texte, qui devrait passer à la postérité comme le «Pacte climatique de Glasgow» est «imparfait» mais il y a un «consensus», a salué Alok Sharma, le président de la COP26 après les prises de parole de nombreuses délégations sur la troisième, et donc dernière, version de la déclaration finale. Il a ajourné les négociations avant la session finale qui devrait sceller officiellement cet accord multilatéral, cinq ans après celui de Paris.

    Le moins pire résultat possible ?

    En fin de journée, certains délégués à la tribune ont commenté le moment «historique» selon le mot d’Alok Sharma que la planète était en train de vivre. Le Guatemala a parlé d’un «verre à moitié plein» quand la Nouvelle-Zélande évoquait «le moins pire résultat» possible après quinze jours d’intenses tractations en Ecosse. «Cet accord n’apporte aucun espoir dans nos cœurs», a regretté le représentant des Maldives, dont la survie est menacée par la montée des eaux.

    La présidence britannique de la COP26 a défendu son projet tout au long de cette journée de prolongation, qui selon elle est «un ensemble équilibré [qui] fait réellement avancer les choses pour tout le monde», avec «des pas concrets pour la suite et des étapes très claires pour nous mettre sur les rails conduisant aux objectifs de l’Accord de Paris». Ce dernier vise à limiter le réchauffement de la planète «bien en deçà» de 2 °C et si possible à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle.

    Pas de soutien pour les plus pauvres

    Reste que l’ultime mouture n’a pas débouché sur les avancées espérées. De version en version, la portée du texte a même été vidée de sa substance. Il n’apporte pas de progrès sur le dossier au cœur des tensions de ces derniers jours de négociations : l’enveloppe financière pour aider les pays les plus pauvres, les moins responsables du changement climatique mais en première ligne face à ses impacts. Les pays en développement avaient notamment demandé un mécanisme spécifique de prise en compte des «pertes et préjudices», c’est-à-dire les dommages déjà causés par les impacts ravageurs des tempêtes, sécheresses et canicules qui se multiplient. Selon plusieurs observateurs et sources proches des négociations, les pays riches, et notamment les Etats-Unis et l’UE, ont fait barrage à cette proposition.

    Les différents groupes de pays en développement avaient indiqué un peu plus tôt qu’ils ne bloqueraient pas l’adoption d’une déclaration finale en raison des désaccords sur la question. «Dans un esprit de compromis nous pourrons vivre avec les paragraphes» évoquant cette question, a indiqué le représentant guinéen Amadou Sebory Touré, chef du groupe de négociation G77 + Chine (plus de 100 pays en développement et émergents). «Nous comprenons [que cette formulation] ne reflète ni ne préjuge la solution que nous souhaitons sur le financement des pertes et préjudices pour les plus vulnérables.» D’autres groupes de pays vulnérables ont parlé dans ce même sens.

  • 6 ans après les attentats, les hommages en plein procès

    6 ans après les attentats, les hommages en plein procès

    La cérémonie a débuté au Stade de France ce samedi matin, puis les hommages se sont poursuivis devant les restaurants attaqués pour s’achever au Bataclan, devant la plaque commémorative, dévoilée en 2016.

    Stade de France, Bataclan, etc.

    Six ans après l’horreur, la commémoration du 13 novembre organisée ce samedi fut plus symbolique que jamais, au moment où le procès historique actuellement en cours éprouve les victimes et façonne la mémoire collective de ces attentats. La pandémie avait empêché les victimes de se rassembler en 2020, avec une cérémonie réduite au minimum pendant le confinement. L’hommage de cette année est lui marqué par l’épreuve du procès, qui ravive depuis septembre avec force détails le souvenir de l’attaque terroriste la plus meurtrière jamais commise en France.

    «Le procès nous a tous rapprochés et il y a une envie très forte de se retrouver dans un cadre commémoratifLa commémoration va cristalliser un renforcement des liens entre les victimes. »

    Arthur Dénouveaux, le président de l’association de victimes Life for Paris

    Accompagné notamment de la maire de Paris Anne Hidalgo, le Premier ministre Jean Castex s’est rendu ce matin au Bataclan, devant le Stade de France et sur des terrasses de cafés à Paris, où des commandos téléguidés par le groupe État islamique (EI) avaient tué 130 personnes et fait plus de 350 blessés en 2015, semant l’effroi dans le pays.

    Plaque commémorative des attentats face à un restaurant attaqué le 13 novembre 2015

    Les commémorations

    Cette série d’hommages intervient deux semaines à peine après la fin de la première phase du procès, où plus de 350 parties civiles ont retracé à la barre le déroulé de cette soirée apocalyptique. Stress post-traumatique, culpabilité du survivant, décalage persistant avec le reste de la société… Pendant un mois, les témoignages des victimes et de leurs proches ont révélé les cicatrices indélébiles et l’ampleur des dégâts psychologiques de ces attentats sur des centaines de vies brisées.

    Pour affronter le reste de l’audience, qui doit se poursuivre jusqu’à fin mai, «les gens sentent qu’il faut se serrer les coudes», résume M. Dénouveaux. «Partager toutes ces expériences à la barre, ça a aussi accru le sentiment d’appartenir à une communauté qui a du sens. » D’où un besoin encore plus fort de participer aux commémorations, «seul moment où une catharsis collective peut se faire», ajoute ce rescapé du Bataclan.

    Cette année, son association enregistre une cinquantaine de participants supplémentaires à la cérémonie qu’elle organisa à la mairie du 11e arrondissement, après les différents hommages nationaux.

● Radio en direct
En pause