« Ca veut dire que c’est la fin »: les pêcheurs français ont exprimé jeudi (18 novembre) leur colère après que la ministre de la Mer Annick Girardin a évoqué un plan d’indemnisation pour ceux qui ne pourraient plus travailler àcause du Brexit, vu par les professionnels comme la reconnaissance d’une « défaite » de la France.
Face aux difficultés pour obtenir des droits de pêche, notamment de la part des autorités de l’île anglo-normande de Jersey, Mme Girardin a annoncé jeudi matin la préparation de « plans de sortie de flotte » pour indemniser les pêcheurs dont les navires n’obtiendraient pas de licence et resteraient in fine à quai.
L’annonce a fait l’effet d’une bombe aux assises de la mer organisées à Saint-Pol-de-Léon (Finistère), où élus locaux et professionnels ont immédiatement rejeté l’hypothèse d’un « plan massif de destruction des bateaux » pendant que les négociations se poursuivent avec Londres.
« La défaite, elle était prévisible (…). C’est un fiasco », a réagi auprès de l’AFP Pascal Delacour, patron d’un chalutier de Granville (Manche), en face de Jersey. « La France a baissé son froc et a abandonné ses jeunes marins car c’est surtout eux qui n’ont pas de licences ».
« La France baisse son froc », a lui aussi affirmé à l’AFP le président du comité des pêches des Côtes-d’Armor, Alain Coudray, pour qui, « avec les Anglais (…) il ne faut pas lâcher d’un centimètre, il faut montrer les dents, sinon… »
Alors que la France a déjà revu à la baisse ses exigences, les professionnels ont le sentiment d’un renoncement.
« C’est d’une visibilité dont vous avez besoin. Je vais donc être franche avec vous, il nous faut nous préparer à ces pertes », leur a déclaré la ministre dans la matinée.
Elle a précisé qu’« une enveloppe de 40 à 60 millions d’euros » pourrait « être mise sur la table », abondée par des fonds européens destinés à accompagner les conséquences du Brexit, afin d’indemniser les pêcheurs dont les navires ne pourront pas être repris et finiront à la casse.
Le Premier ministre britannique signant l’accord du Brexit
« Le gouvernement baisse pavillon »
« Le gouvernement est désarmé. Le plan de sortie de flotte, c’est le couperet. Ca veut dire que c’est la fin. (…) Le gouvernement baisse pavillon, alors qu’il avait promis des mesures de rétorsion », reproche le président du comité régional des pêches Hauts-de-France, Olivier Leprêtre.
Face au tollé, la ministre a passé une heure en fin de journée avec les professionnels. La « priorité du gouvernement est d’obtenir des licences », mais « cela n’empêche pas de prévoir l’avenir de la filière », y compris en indemnisant ceux qui resteraient à quai, a-t-elle insisté.
Elle a concédé que son discours du matin avait pu donner l’impression à certains que la France « baissait les bras », mais a assuré qu’elle « continuerai(t) à (s)e battre au côté des pêcheurs pour que personne ne reste sur le bord de la route ».
En vertu de l’accord de Brexit signé fin 2020 entre Londres et Bruxelles, les pêcheurs européens peuvent continuer à travailler dans les eaux britanniques à condition de pouvoir prouver qu’ils y pêchaient auparavant. Mais Français et Britanniques se disputent sur la nature et l’ampleur des justificatifs à fournir.
Dans les zones encore disputées, les gouvernements de Londres et des îles anglo-normandes ont accordé à ce jour près de 220 licences définitives. La France réclame encore quelque 150 licences (contre 170 il y a un mois), selon un décompte de l’AFP.
Mme Girardin a fait état d’avancées, notamment avec Guernesey, mais vigoureusement dénoncé l’attitude de l’île voisine, jugeant « évident que Jersey ne respecte pas l’accord de Brexit ».
Environ un quart des prises françaises (hors Méditerranée) en volume (environ 20 % en valeur) proviennent des eaux britanniques, très poissonneuses.
Alors que des dizaines de licences provisoires expiraient fin septembre, la France avait durci le ton, annonçant des sanctions, notamment une interdiction de débarque pour les bateaux britanniques et des contrôles douaniers renforcés, si aucun progrès n’était fait.
La menace s’était finalement éloignée, notamment après la rencontre entre le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Boris Johnson, mais la crise tend à s’enliser.
En 1947, à la tombée du « rideau de fer », deux mondes se firent face, l’Ouest contre l’Est, les démocraties libérales contre les régimes communistes, l’économie de marché contre la planification d’État. Sur ce dernier terrain, il n’y eut pas vraiment de combat. La victoire de l’Occident se dessina rapidement grâce au Plan Marshall auquel l’URSS refusa de participer. La compétition entre les deux systèmes dura un peu plus de quarante ans. Malgré plusieurs accès de fixation, en particulier lors de la crise des missiles à Cuba ou du blocus de Berlin, la dissuasion nucléaire joua le rôle d’une corde de rappel empêchant le basculement de la guerre froide vers la guerre totale.
Deux visions de la société voire de l’humain s’opposent
Trente ans après la disparition de l’URSS, une nouvelle confrontation prend forme autour des deux grandes puissances du XXIe siècle, les États-Unis et la Chine. Elle reprend certains atours de la précédente. Elle met en présence toujours les démocraties et un régime communiste, même si ce dernier se veut moins messianique que son ancien cousin russe.
Deux visions de la société voire de l’humain s’opposent malgré tout. D’un côté, une société libérale et individualiste, de l’autre une société holistique reposant sur des fondations marxistes et confucianistes. Les démocraties affirment toujours porter des valeurs universelles quand la Chine n’entend pas imposer son système à l’extérieur, ce qui ne lui interdit pas de vouloir étendre sa sphère d’influence pour sécuriser notamment ses approvisionnements.
L’interdépendance des deux mondes est totale.
À la différence du conflit précédent, avec la globalisation de l’économie, l’interdépendance de ces deux mondes est totale. L’Occident dépend de la Chine pour de nombreux produits dont les ordinateurs qui lui permettent, grâce à Internet, de mettre en avant sa valeur de liberté. La seconde a besoin des recettes d’exportations issues des pays riches de l’OCDE pour assurer son développement. Cette interdépendance trouve sa source dans la décision des Américains et, en particulier d’Henry Kissinger, dans les années 1970, de soutenir la Chine en l’intégrant au commerce mondial afin de créer un éventuel front contre l’URSS.
Grâce aux États-Unis, la Chine qui depuis le XVIe siècle avait opté pour un isolationnisme commercial forcené s’est ainsi ouverte au monde. En quarante ans, les exportations chinoises sont passées de 2 à 18 % du total mondial.
Cette interdépendance qui n’existait pas avec l’URSS ressemble sous certains traits à celle qui prédominait juste avant la Première Guerre mondiale, période marquée par une forte internationalisation des échanges. L’Allemagne, puissance montante, était considérée, notamment par les Britanniques, de plus en plus hégémonique en particulier en matière de construction de navires de guerre. Afin de limiter la puissance allemande, les Britanniques imposèrent des quotas de production.
Dollar et Yuan
Depuis plusieurs années, l’Empire du Milieu proclame sa volonté, de devenir, d’ici 2049, dans tous les domaines, la première puissance mondiale, et de supplanter l’Occident. Avec la nouvelle route de la soie, reproduisant les modèles britannique et américain, il tisse sa toile tout autour de la planète. L’interdépendance économique et l’arme nucléaire empêchent, pour le moment, une montée aux extrêmes tant que l’équilibre des forces en la matière se maintient.
Un décrochage technologique et militaire de l’Occident pourrait inciter le régime chinois à opter pour un dangereux aventurisme
En développant de nouvelles armes dont les missiles hypersoniques, la Chine souhaite prendre un ascendant sur les Etats-Unis. Un décrochage technologique et militaire de l’Occident pourrait inciter le régime chinois à opter pour un dangereux aventurisme, en particulier à l’encontre de Taïwan, petite île de 36 000 kilomètres carrés mais deuxième producteur mondial de microprocesseurs.
Au-delà, les deux conceptions du monde apparaissent incompatibles sauf à croire une synthèse possible. L’épidémie de covid 19 a révélé au grand jour que les deux mondes étaient mus par des visions radicalement différentes même si, face aux évènements, les Occidentaux ont accepté, à leur corps défendant, de mettre en place des mesures réduisant de manière temporaire les libertés. Au-delà des crises actuelles, l’histoire nous enseigne, avec le Cheval de Troie ou les accords de Munich, que la position défensive est rarement gagnante.
La République en Marche n’avait pas voulu répondre à notre journaliste ces derniers jours sur les listes que le parti présidentiel présentera aux élections indirectes de l’Assemblée des Français de l’étranger. Grâce à des indiscrétions, nous pouvons vous communiquer les 11 listes sur les 15 circonscriptions que LREM soutiendra (7 LREM et 4 d’alliances).
L’AFE, une élection indirecte
Pour rappel, Les 447 Conseillers des Français de l’étranger vont élire leurs représentants à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) le dimanche 05 décembre 2021. Sur 15 circonscriptions, les élus locaux, renouvelés en mai 2021 (en octobre pour 3 circonscriptions encore touchées par la pandémie ce printemps), vont devoir choisir parmi leurs pairs les 90 « super-élus » qui auront la lourde tâche de les représenter à Paris.
Ensemble, ils devront soulever les principales problématiques de leur circonscription auprès des hauts-fonctionnaires, membres du gouvernement et parlementaires au cours de 2 sessions organisées à Paris.
Connaitre sa circonscription, tisser des liens avec tous les conseils consulaires, sont donc des qualités précieuses. Alors que les autres partis se sont agités en coulisse afin de pouvoir constituer des listes dans toutes les circonscriptions quitte à présenter un candidat élu dans un conseil consulaire au Chili sur une circonscription européenne, LREM a fait le choix de présenter uniquement des candidats issus de la circonscription.
Avec cette règle, alors que le parti d’Emmanuel Macron n’a pas pu faire le plein de voix hors d’Europe (la gestion de la pandémie et les motifs impérieux ayant sévèrement entachés l’image de LREM hors de l’UE), ils n’ont pu constituer que 7 listes que nous vous présentons en exclusivité.
États-Unis d’Amérique: liste menée par Loïc Legland (LaREM / TDP) selon l’ordre suivant :
Loïc Le Gland
Pascale Richard
Richard Ortoli
Sophie Lartilleux-Suberville
Julien Cavanagh
Michèle Oliveres
Yves Jakubowicz
Europe du Nord : liste menée par Patricia Connell (LaREM) selon l’ordre suivant :
Patricia Connell
Enguerran Maigne
Noémie Altschul
Hugo Plagnol
Zaida Slaiman
Ousmane Ouedraogo
Anne-Clotilde Roche
Bruno Martinato
Benelux – liste menée par Thierry Masson (LaREM) selon l’ordre suivant :
Thierry Masson
Hélène Degryse
Frédéric Schauli
Marie-Christine Kok Escalle
Jérémy Michel
Christine Hugon
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse – liste menée par Bruno Pludermacher selon l’ordre suivant :
Bruno Pludermacher
Eléonore Caroit
Alexandre Col
Nadine Fouques-Weiss
Jean Marie Langlet
Odile Avezou
Nicolas Lang
Laurence Gromier-Heim
Jean-Pierre Renollaud
Marlène Colette
Henri Zeller
Europe du sud – liste menée par Hugues Le Cardinal avec l’ordre suivant :
Hugues Le Cardinal
Michelle Mauduit-Pallanca
Rémi Provendier
Peggy Hoffmann
Pascal Gentil
Afrique centrale, australe et orientale – liste menée par Jean-Hervé Fraslin, LaREM/MoDem. La liste n’était pas connue au moment où nous publions ces lignes (dimanche 21 novembre 18h).
Asie-Océanie– liste menée par Franck Barthélemy selon l’ordre suivant :
Franck Barthélemy
Élise Léger
Jean-Marc Lisner
Belma Yebka
Guillaume Mallet
Cécile Ojalvo d’Ascoli
Quentin Cloarec
Coralie Yuan
Hubert d’Aboville
Des listes d’alliances
En plus de ces listes, des stratégies d’alliances locales ont été mises en place dans les autres circonscription AFE. La commission d’investiture a donc apporté son soutien aux élus LaREM ayant choisi de rejoindre ces listes hybrides que ce soit :
– Yann Le Borgn au Canada
– Stéphanie Le Vaillant et Baudouin de Marcellus en Péninsule Ibérique
– Amélie Leclercq et Nicolas Megrelis en Europe centrale et orientale
Ils étaient une centaine d’expats vendredi 19 novembre 2021 devant l’hôtel Ibis, dans le quartier de Earls Court à Londres à attendre Éric Zemmour alors que la salle du centre de conférence ILEC était déjà comble avec 450 personnes.
“Après avoir suivi le processus normal, la RI a pris la décision d’annuler l’événement de location de salle et, par conséquent, M. Zemmour ne prendra pas la parole au RI”
Robert Davis, directeur du Royal Institut à Londres
Expatriés et journalistes attendant l’arrivée d’Eric Zemmour
Zemmour coincé dans les embouteillages !
Eric Zemmour a donc tenu réunion dans un hôtel Ibis (hébergeant le centre de conférence), où il est arrivé avec plus 1h15 de retard faisant patienter le public et les nombreux journalistes qui ont fait le déplacement de Paris.
Une personne dans la salle qui tient à conserver l’anonymat nous déclarait :
“Si je pouvais donner mon point de vue d’un point de vue de quelqu’un qui vit à Londres, ce discours de Zemmour est comme un meeting de la campagne du Leave avant le référendum sur le Brexit. Il y a beaucoup de jeunes et il y a très peu de femmes. C’est vraiment dominé par les hommes.”
Participant à la réunion avec Eric Zemmour
Des Français convaincus
Pour Clara qui était parmi les 450 personnes présentes dans la salle, ce fut “une heure et demi de rencontre. C’était trop court. Ce soir Zemmour a donné un très beau discours, axé sur les relations anglo-françaises. Plein de bons sentiments pour le Royaume-Uni et de positivité pour un meilleur avenir pour la France. »
Josue qui habite à Londres depuis 18 ans nous a dit qu’il a trouvé « une ambiance très chaleureuse. Je me suis inscris au travers de leur site internet. Oui je compte voter pour lui s’il se présente.”
Josue ajoute qu’il travaille dans une association chrétienne qui aide les jeunes défavorisés. “J’aime l’Histoire et je trouve qu’Éric zemmour est un excellent historien. Son discours est franc, il dit tout haut ce que les autres politiciens pensent mais n’osent pas exprimer.”
Statut international et financement
Pendant son séjour, le polémiste a donné une interview à la télévision sur la chaîne Bloomberg. Mais pas seulement, Éric Zemmour a aussi rencontré le journal pro Brexit et Conservateur, The Daily Telegraph. Le polémiste y a déclaré : “Sans la France, l’UE est morte ». Zemmour dévoile ainsi sa volonté « d’écraser Macron et Bruxelles.” Avec ce voyage, il veut renforcer sa sa stature internationale. Dans cet article, Eric Zemmour se voit comme le sauveur de la nation dans ce qu’il présente comme un choc des civilisations entre la France et l’Islam, dont il craint que cette dernière « écrase brutalement » sa terre natale.
Pendant le reste de son séjour à Londres, Éric Zemmour va rencontrer des députés conservateurs, des Français, des banquiers et selon des sources il aurait prévu de dîner avec des personnes travaillant à la City. Son équipe affirme avoir reçu des dizaines de milliers de petits dons. Et les grands donateurs? Selon nos confrères de LCI, cela serait “des profils similaires à ceux qui ont donné à Sarkozy en 2007 ou à Fillon en 2017.”
Brexit
Sur le Brexit, Éric Zemmour a dénoncé ce réflexe de la France et d’autres États membres pour qui “il faut montrer que partir de l’Union fait mal. Agir comme un grand frère, en disant à l’Angleterre : c’est mal ce que tu fais donc tu dois être puni. C’est stupide et irrespectueux.”
Manifestation contre la venue de Zemmour
A Londres, il n’y a pas que des Français fans de Zemmour. Charlotte Minvielle, co-Secrétaire de EELV au Royaume-Uni a organisé une manifestation devant le centre de conférence où le polémiste faisait son discours vendredi soir. Aussi l’opposition au presque candidat n’est pas venue que de la gauche française. Ainsi Le maire de Londres, Sadiq Khan, a déclaré que ceux qui “incitent à la haine contre des gens à cause de leur couleur de peau ou de leur religion ne sont pas les bienvenus.”
“Notre message est qu’on s’oppose fermement aux idées racistes, misogynes, et révisionnistes d’Eric Zemmour et on veut signaler qu’elles n’ont pas leur place ici. Nous avons demandé à notre Maire Sadiq Khan de déclarer Eric Zemmour comme n’étant pas le bienvenu et nous nous réjouissons de sa déclaration au conseil municipal d’hier qui va complètement dans ce sens. Ça montre qu’il y a une résistance à sa vision de la société.”
Charlotte Minvielle, co-Secrétaire de EELV au Royaume-Uni
Tous les midis dans l’émission Les Français parlent aux Français, un « Français dans le monde » est invité au micro de StereoChic pour échanger sur son expatriation, son métier, son expérience, etc.
Le lundi 11 octobre c’était Audrey qui était l’invitée. Avec son mari Christophe, ils ont passé dix ans en Afrique et le goût de l’ailleurs leur manque. Ils ont donc pris la grande décision de partir avec leurs quatre enfants pour un tour du monde en catamaran.
L’appel de la mer
Christophe a toujours nourri le rêve d’être marin et après dix années de travail intensif, il est enfin temps de réaliser ce rêve. Pour Audrey c’est le moment idéal car les enfants, âgés entre 9 et 2 ans, ne sont ni trop grands ni trop petits.
La préparation à la vie sur le bateau
Sur un bateau, comme dans tous les lieux clos, la promiscuité est extrêmement présente mais ça n’a pas l’air d’effrayer la famille. Entre l’expatriation et les confinements à répétition, les six membres de la famille est toute préparée à cela.
Ce à quoi ils sont moins préparés est la navigation. N’ayant jamais fait de voile, Audrey et Christophe disposent encore de 10 mois pour se former. Pour l’instant, ils suivent des formations sur la météorologie, le pilotage d’un bateau à moteur, la préparation d’un itinéraire, etc.
Logo du blog d’Audrey et de la famille
Tout est question d’organisation
Une fois sur le bateau, pas question d’abandonner l’école. Chaque matinée sera consacrée à l’apprentissage pour les trois filles, sauf les jours d’excursion. De même pour les repas, l’organisation est millimétrée : Audrey et Christophe se relayeront entre les filles et le petit dernier pour donner à manger et faire les courses.
L’envie de partager
Pour ce voyage de trois ans, toute la famille a décidé de partager son expérience sur les réseaux sociaux. Un blog, une page Instagram et même un compte Tik Tok ont été créés. Le but de ce voyage pour Audrey, est d’éduquer au mieux ses enfants à l’écologie et à l’altruisme, un message qu’elle compte bien divulguer sur les réseaux sociaux. Ces derniers vont aussi leur permettre de rencontrer et échanger avec des gens pendant leur traversée.
Pour Christophe, scientifique, les réseaux vont aussi être la plateforme lui permettant de partager et relayer des informations ou relevés scientifiques à des associations ou des centres d’étude.
Christophe, le papa, avec une de ses filles
Le financement
Pour cette grande traversée, Audrey et Christophe ont vendu leur maison avec la quasi-intégralité de leurs meubles. Ils en ont profité pour en racheter une plus petite qu’ils mettront à la location pour avoir une rentrée d’argent régulière. Lorsqu’ils étaient en Afrique, ils ont aussi fait des placements immobiliers permettant de financer le voyage.
Entre excitation et appréhension
A six mois du départ, les émotions sont confuses. L’excitation est bien présente mais l’angoisse est cachée juste derrière. Il arrive souvent à Audrey de faire des cauchemars au scénario catastrophe, mais Christophe avec son calme olympien arrive à éloigner ses inquiétudes. Savoir aussi que d’autres l’ont fait permet de relativiser et de s’apaiser.
Vous pouvez retrouver les aventures de la famille sur https://sailandsurfwiththeplanet.com
Un podcast à retrouver sur toutes vos plateforme préférées.
Le 5 décembre prochain seront élus les 90 membre de l’Assemblée des Français de l’Etranger. Les partis ont jusqu’au lundi 22 novembre pour finaliser les listes qui les représenteront dans chacune des quinze circonscriptions.
Les élections de l’Assemblée des Français de l’Étranger, déjà décalées d’un an à cause de la pandémie, auront bel et bien lieu cette année. A deux jours du dépôt des listes finales, les partis sont fin prêts. Enfin, quasiment prêts. Comme dans chaque course aux élections, les jeux d’alliances et les désaccords composent la vie politique. Petit tour d’horizon.
Europe Écologie-Les Verts sur la ligne de départ
Après leur forte progression aux élections consulaires partielles, le parti écologiste domine la gauche. D’après nos informations, c’est certain qu’il sera présent sur onze listes dont dix d’union. Parmi ces onze listes, cinq seront menées par EELV : celles du Canada, d’Europe du Nord, du Benelux, d’Allemagne, d’Europe centrale et orientale et celle d’Afrique centrale, orientale et australe. Les autres sont laissées aux mains de La France insoumise, du Parti socialiste, de Français du monde ou d’Agissons ensemble.
Pour ces six années à l’AFE, leurs objectifs sont les mêmes que pour les élections présidentielles, à savoir la santé et l’éducation. D’après Alexandre Château-Ducos, conseiller consulaire au Luxembourg et responsable de la fédération dédiée aux expatriés, ce sont les deux piliers du programme pour les Français de l’étranger.
Comme nous le disions en octobre dans notre article sur les élections présidentielles et les Français de l’étranger, le parti cherche à faciliter l’accès à la Caisse des Français de l’Étranger car face aux coûts que représentent les soins dans certains pays, de nombreux concitoyens abandonnent l’idée de se faire soigner. Un sondage réalisé par LesFrancais.press a également mis en lumière l’incompréhension du système de la CFE par ses adhérents et les Français de l’étranger.
Pour le Parti Socialiste l’union fait la force
Au PS, la technique est autre. En chute depuis quelques années quant au nombre de leurs représentants, ils souhaitent avant tout rassembler la gauche, contrairement au niveau national où chaque parti s’est lancé seul dans les présidentielles. C’est ainsi qu’ils appuient, soutiennent et font confiance aux élus locaux de chaque circonscription et refusent tout parachutage. Ils seront donc généralement présents dans des listes d’union avec des chef de file d’autres partis.
« Nous avons appuyé des élus locaux et ce, qu’ils soient PS ou Français du monde. Nous faisons confiance à tous nos élus localement, c’est pour cela que nous refusons les parachutages. Notre but est d’avoir un groupe qui reflète la diversité de la gauche et représente tout le monde. On ambitionne d’avoir le premier groupe à l’AFE. »
Cécilia Gondard, Secrétaire nationale pour le PS pour les Français de l’étranger
Pour le parti de la rose, la priorité est de renforcer l’accompagnement social et l’aide sociale. Les inégalités sont intensément ressorties avec la pandémie et d’après les socialistes, les aides sociales pour les Français de l’étranger n’étaient pas au rendez-vous. D’après Cécilia Gondard, de nombreux Français se sont endettés pour pouvoir rentrer en France pendant la crise et n’ont reçu aucun accompagnement une fois arrivés pour s’installer et se réadapter.
« Il faut avoir un vrai service social qui les aident pour le retour et ce au niveau des aides et des questions administratives. Quand on rentre en France, il n’y a aucun interlocuteur. Il y a bien France Horizon mais nous n’arrivons jamais à les joindre. »
Assemblée des Français de l’Étranger
Repenser l’AFE pour la France Insoumise
C’est un sujet qui touche de nombreux partis : repenser le fonctionnement de l’AFE. Chez les Insoumis, il est important de le faire pour remettre les Français de l’étranger au cœur de leur propre système politique.
« L’inscription au registre consulaire n’est pas obligatoire donc déjà nous perdons beaucoup en transmission d’informations. Donc derrière, si les Français ne se sentent pas inscrits dans cette communauté de Français de l’étranger, ils ne vont pas vouloir aller voter. »
Mélanie Montinard, élue consulaire LFI à Rio de Janeiro
Le parti de Jean-Luc Mélenchon souhaite ainsi repenser l’AFE en la transformant en un outil pratique et de proximité pour les Français de l’étranger. Comme nous l’explique l’élue de Rio de Janeiro, avant de rentrer dans cet environnement politique des élus consulaires, elle ne savait pas ce qu’était l’AFE et c’est le cas de bon nombre de Français de l’étranger. Elle a donc à cœur de réintégrer les Français au sein de leur communauté.
De son côté, Jean-François Deluchey, élu consulaire à Recife au Brésil, expose la volonté des insoumis à vouloir transformer l’AFE en un conseil régional et donc lui conférer un pouvoir délibératif et non plus seulement consultatif. Ce changement de statut permettrait d’avoir un budget propre alloué aux Français de l’étranger et que ces derniers puissent demander des comptes à leurs élus tout en connaissant les politiques appliquées à leur égard.
« Nous voudrions faire des Français hors de France une autre région. Ceci serait un grand symbole et enverrait le message que nous sommes des Français à part entière. »
Jean-François Deluchey, élu consulaire LFI à Recife
Français du Monde sur la même lignée qu’aux consulaires
L’association Français du Monde a été fondée en 1980 et est présente quasiment partout où il y a des Français de l’étranger.
D’après Mehdi Benlahcen, vice-président de l’association, FDM va soutenir seulement deux listes à l’AFE, à savoir celles de l’Afrique du Nord, avec en tête l’élue de Rabat Khadija Belbachir Belcaid et celle de l’Afrique occidentale menée par Baptiste Heintz.
Les Français du Monde ne souhaitent soutenir aucune des autres listes qui leur ont été présentées car ils ont constaté que certaines personnes inscrites ne sont pas des élus de la circonscription en question, alors qu’il y avait suffisamment de candidats sur place.
En ce qui concerne leur programme, l’association reste dans la même lignée qu’aux élections consulaires. Leurs objectifs sont donc l’accompagnement social pour tous et surtout auprès des plus démunis « en favorisant l’exercice de la citoyenneté » et la lutte pour la diversité des cultures à travers la scolarité.
La droite finalise les préparations
De son côté le MoDem ne nous a pas répondu. Nous pouvons nous attendre à des alliances entre eux et les personnes de chez LREM, comme ça va être le cas pour les présidentielles.
De leurs côtés, le mouvement LREM et Les Républicains n’ont pas désiré répondre à nos questions. D’après plusieurs membres des deux partis, les listes ne sont pas encore finalisées. Les négociations sont-elles particulièrement mouvementées ou bien ont-ils du mal à rassembler leurs troupes ? Nous aurons les réponses à toutes nos questions, lundi, à la lecture des listes officielles.
La crise de l’année dernière a mis en évidence la nécessité d’une Europe plus unie. Nous devons saisir cette opportunité pour faire de la Conférence sur l’avenir de l’Europe un véritable forum avec les citoyens pour travailler ensemble à la réalisation d’une Europe plus souveraine et démocratique, déclare Sandro Gozi, président de l’UEF (Union des Européens Fédéralistes) et député européen du parti Renew Europe.
Le projet de Communauté européenne est un exemple réussi de coopération. Il y a plus de 60 ans, la graine de cette grande idée a été semée, ce magnifique outil économique, politique et social qui a transformé un continent, autrefois désuni par la guerre, en un lieu de paix.
La pandémie a mis en évidence la nécessité d’approfondir l’intégration politique européenne si nous ne voulons pas agir « ad hoc » lors de futures crises. En outre, l’absence de compétences communautaires dans certains domaines est déjà intenable, tout comme l’absence des freins et contrepoids inhérents à toute démocratie pour les gérer. Si nous progressons en matière de compétences et de répartition des pouvoirs, nous nous dirigerons vers une Europe fédérale. C’est un objectif que nous poursuivons depuis le traité de Rome. Entre autres, l’achat de vaccins, le certificat numérique ou la NextGenerationEU sont les derniers pas dans cette direction qui ne laissent aucune place au doute.
La Conférence sur l’avenir de l’Europe doit être forte de propositions
En ce sens, nous devons comprendre la Conférence sur l’avenir de l’Europe comme un moyen d’arriver à nos fins. La Conférence doit faire des propositions claires et les traduire dans les traités. Il appartient aux gouvernements, institutions, partis et citoyens européens de prendre l’initiative et d’en faire un succès.
La question des progrès à réaliser en termes de compétences et de répartition des pouvoirs se pose. Des changements doivent être apportés afin de rapprocher l’horizon fédéral et d’accroître ainsi l’efficacité de la démocratie européenne.
Les idées recueillies dans la plate-forme numérique et dans les panels de citoyens couvrent une grande diversité de questions, mais les plus soutenues ont un point commun : les citoyens demandent une Europe plus démocratique et plus souveraine. Les contributeurs appellent à une restructuration des institutions européennes, voire à une fédéralisation de l’Union européenne.
David Sassoli, président du Parlement européen – Wikimedia
Pour une UE forte et communautaire
Aujourd’hui, les citoyens ont besoin et veulent une Union politique forte, légitime et correctement financée, capable de relever les grands défis transnationaux de notre époque, en agissant de manière décisive dans un large éventail de domaines politiques, du changement climatique aux inégalités sociales croissantes, en passant par la santé, la migration, les affaires étrangères et la défense. Les citoyens réclament une démocratie paneuropéenne plus forte — de véritables partis et mouvements politiques européens et de véritables campagnes pour les élections européennes, basées sur la création d’une circonscription paneuropéenne et de listes électorales transnationales dirigées par les candidats au poste de président de la Commission européenne.
Dans ce contexte, des réformes sont indispensables pour renforcer la dimension démocratique de l’UE en accordant de nouveaux pouvoirs directs au Parlement européen (PE) :
Le PE doit avoir des compétences fiscales. Comme dans toute démocratie, l’organe représentant les citoyens devrait pouvoir décider des ressources fiscales de l’Union, alors qu’aujourd’hui le PE se trouve dans la situation anormale de représenter les citoyens mais de ne pas avoir le pouvoir de taxer et de décider des ressources de l’Union. Ce changement est rendu urgent également par la nécessité de garantir la dette de l’UE de la prochaine génération par des mécanismes qui permettent la création de nouvelles ressources sans passer par une décision unanime des États.
Le PE doit avoir le pouvoir de décider, sur un pied d’égalité avec le Conseil, de la coordination des politiques économiques et de l’emploi des États membres.
Le Parlement doit avoir un pouvoir d’initiative législative en plus du pouvoir d’initiative de la Commission en cas d’inaction de celle-ci.
Son rôle doit être renforcé en ce qui concerne la procédure de révision des traités.
La crise de l’année dernière a mis en évidence la nécessité d’une Europe plus unie. Nous devons donc saisir cette opportunité pour faire de la Conférence sur l’avenir de l’Europe un véritable forum avec les citoyens pour travailler ensemble à la réalisation d’une Europe plus souveraine et démocratique. Ces réformes créeront la base d’une véritable vie politique démocratique au niveau européen, et en même temps une Europe efficace dans son action. Le moment est venu de le faire : c’est maintenant ou jamais. Ne laissons pas passer cette occasion.
Les expatriés connaissent très bien les espaces duty free des aéroports, ces lieux où l’on se balade pour tuer le temps entre deux avions et acheter un tas de merveilles à bon prix. Le principe est simple: si votre destination se trouve hors de l’Union européenne, la détaxe s’applique.
Mais saviez-vous qu’il est possible lorsqu’on est non-résident européen et qu’on achète des produits dans certains pays de se faire rembourser la TVA grâce à Zapptax. En France, mais pas seulement ! On vous explique comment augmenter votre pouvoir d’achat en cette période de crise !
Une procédure lourde et complexe ?
La détaxe, tout le monde connait ! En faite, connaissait ! Jusqu’à peu il n’y avait qu’un chemin. L’acheteur devait remplir un formulaire remis par chaque magasin fréquenté, le faire valider lors de son départ au guichet de la douane et enfin, renvoyer tous les documents au commerçant concerné. Comptez un délai de 1 à 3 mois pour récupérer la TVA suivant le pays visité.
Passez à la détaxe 2.0
Rien de plus simple. Vous téléchargez ZappTax sur l’App Store ou sur Android, vous prenez en photo les tickets d’achats, que vous transférez à la société grâce à votre smartphone. À la fin de votre séjour, ZappTax vous fera parvenir un document récapitulant vos emplettes, et qui sera à faire cacheter par le bureau de douane de votre point de sortie de l’Union européenne (généralement un aéroport international). Vous serez crédités de la TVA perçue moyennant déduction d’une commission moyenne de 20%.
Ergonomie et facilité d’utilisation
Avec une note moyenne de 4,9/5 sur FB , Zapptax récolte tous les suffrages. Rapidité, facilité d’utilisation, les compliments se succèdent sur les réseaux sociaux.
Zapptax, en France mais pas que…
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Par Jean-Philippe Duranthon, membre fondateur de Geopragma,
Chacun sait dans notre bon pays que l’Esprit y souffle plus que partout ailleurs sur le globe. Aussi la COP de Glasgow ne pouvait-elle pas connaître le même succès que celle que Paris a accueillie en 2015. Les frustrations et larmes de quelques participants ne sont donc pas surprenantes, mais chacun pourra faire valoir qu’en allant à Glasgow il n’a pas brûlé du kérosène pour rien. Les représentants des gouvernements se sont mis d’accord sur un texte final commun, ont signé des déclarations dont certaines traitent de sujets jusqu’alors peu débattus dans cette enceinte (le méthane, la déforestation) et ont prolongé d’une journée la conférence, montrant ainsi leur acharnement à se dévouer pour la planète. Les établissements financiers ont créé une structure de concertation dotée d’un joli nom, facile à retenir et à prononcer (GFANZ – Glasgow financial alliance for net zero), afin de montrer qu’ils veulent contribuer à la décarbonation de l’économie. Les ONG sont nécessairement déçues mais fières d’avoir donné mauvaise conscience aux grands de ce monde, par exemple en entreposant un bloc de banquise devant le bâtiment des débats. Chacun a donc fait et dit ce qu’on attendait de lui, alterné sourires et menaces et inventé quelques formules-choc susceptibles d’être reprises par les journalistes. Le Premier ministre des Fidji a résumé le sentiment général en évoquant « Glasgow malmenée et meurtrie, mais vivante » : on croirait entendre De Gaulle saluant en août 1944 « Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré ».
Un bilan mitigé
Mais sur quels résultats ce jeu de rôles débouchera-t-il concrètement ? Les textes adoptés ne sont que des « déclarations » d’intention non contraignantes, affichent des principes et des ambitions mais ne sont pas des traités liant leurs signataires et assortis de sanctions en cas de non-respect. On exhorte, appelle, demande, enjoint, réclame… on reste dans le domaine de l’incantation. Ce sont les mesures prises par les États qui déterminent la politique climatique effective. Or, à l’ouverture de la COP, 25 % des pays signataires de l’Accord de Paris de 2015 n’avaient toujours pas remis leur rapport (les NDC – nationally determined contributions) indiquant comment ils comptaient le mettre en œuvre, et peu l’avaient mis à jour sérieusement, si bien qu’on a dû leur donner un an de plus pour faire ce pensum.
On peut s’étonner que les participants, après avoir constaté que l’évolution actuelle conduit à un réchauffement de 2,7 degrés au lieu des 2 degrés prévus par l’Accord de Paris et du 1,5 degré espéré, aient consacré une bonne partie de leur temps à discuter pour savoir laquelle de ces deux cibles il convient désormais d’afficher, alors même que l’une et l’autre sont de plus en plus difficiles à atteindre au fur et à mesure que le temps passe ; il faudrait désormais réduire avant 2030 les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 45 % ou 50 % selon les « experts », ce qui serait plus qu’héroïque. On aurait pu penser que les participants se seraient surtout demandé pourquoi les politiques mises en œuvre ces dernières années ne parviennent pas au résultat escompté et auraient débattu des moyens d’avoir une action plus efficace. On a certes parlé des marchés du carbone mais pas d’une taxe carbone ; le soutien aux innovations technologiques n’est pas jugé digne de grand intérêt ; la place du nucléaire et la croissance démographique sont des sujets tabous. Les conséquences économiques et sociales (hausse des biens et services, suppressions d’emplois…) des évolutions souhaitées sont soigneusement passées sous silence au profit d’un discours angélique.
Quelques débats géopolitiques
A la recherche du consensus planétaire se mêle la défense des intérêts propres à chaque pays ou groupe de pays. Dans son discours d’ouverture, Joe Biden s’est attaché à replacer, de manière quelque peu artificielle, les débats de la COP dans le cadre de sa rivalité avec la Chine (et la Russie). Comme dans le théâtre classique une réconciliation générale est intervenue lors du dernier acte de la COP, les deux pays publiant un communiqué commun général et généreux par lequel ils s’engagent à coopérer pour le bien de la planète et créent pour ce faire un « Working Group on Enhancing Climate Action in the 2020s ». On sait l’efficacité de telles instances.
Surtout, le débat géopolitique s’est concentré sur la controverse opposant les « pays développés » aux « pays en développement », ceux-ci réclamant à ceux-là une aide, à la fois parce qu’ils disposent de davantage de moyens financiers et parce que l’accumulation de GES est le résultat de leur développement économique passé. A l’heure de la repentance généralisée il n’a même pas été possible de trouver un accord et de mettre en œuvre l’engagement pris en 2009 et portant sur la bagatelle de 100 Md$ par an. On peut cependant s’étonner encore qu’on ait beaucoup parlé des 20 Md$ « manquants » mais guère de l’usage qui est fait des 80 Md$ versés.
– l’Asie est responsable de 47,8 % des émissions mondiales de CO2 et ses émissions ont cru, entre 1990 et 2018, de 247 % (la Chine représente à elle seule 29,7 % des émissions mondiales et ses émissions ont augmenté de 370 % ; pour l’Inde les chiffres sont respectivement de 6,9 % et 341 %) ; en comparaison, l’Europe hors Russie est à l’origine de 11,9 % des émissions mondiales et ses émissions ont baissé de 26 % pendant la même période (l’évolution est identique en Russie – voir en annexe des données plus complètes, tirées d’une publication officielle) ;
– 40 % des émissions mondiales de CO2 proviennent du charbon, dont la consommation a augmenté de 60 % depuis le début du siècle. Or, la Chine et l’Inde brûlent à elles seules 64 % du charbon utilisé sur la planète (respectivement 52 % et 12 %), le pourcentage passant à 75 % si l’on ajoute l’Asie du Sud-Est (Viêt-Nam, Indonésie…). Le changement n’est pas pour demain puisqu’en Chine le charbon alimente 60 % des centrales électriques, 35 GW de centrales à charbon ont été mises en service en 2020, le gouvernement vient de rouvrir certaines mines de charbon pour faire face à la demande, etc ;
– la Chine et l’Inde sont les deux plus importants émetteurs de méthane : près de 2500 Mt d’équivalent CO2 à eux deux.
Or la Chine et l’Inde n’ont pas signé l’engagement de réduction des émissions de méthane dont la COP est si fière et ont bataillé conjointement pour obtenir un assouplissement des dispositions du document final relatives à l’usage du charbon, vidant ce dernier de tout contenu effectif sur ce sujet.
En 1983, lors de la crise des Pershing, le Président Mitterrand avait déclaré que « le pacifisme…, il est à l’Ouest et les euromissiles, ils sont à l’Est ; et je pense qu’il s’agit là d’un rapport inégal ». Pourquoi n’entendons-nous pas ses successeurs affirmer qu’aujourd’hui les émetteurs de gaz à effet de serre (GES) sont en Asie et au Moyen-Orient mais les politiques environnementales en Europe et que cette situation n’est pas très équilibrée ?
Au contraire, l’Union Européenne est à la pointe du combat environnemental et a porté de 40 à 55 % son objectif de réduction des GES en 2030. Cette ambition est parfaitement sympathique mais est-il logique que l’Europe s’impose des efforts plus importants que la Chine, l’Inde, l’Arabie Saoudite et d’autres qui, davantage qu’elle, sont à l’origine des émissions de GES et, à en juger par l’évolution récente de ces dernières, ne font pas grand-chose pour les réduire ? Ne risque-t-il pas d’en résulter une perte de compétitivité des entreprises européennes dont les concurrents asiatiques n’ont pas les mêmes contraintes, cette perte de compétitivité signifiant destruction d’emplois et difficultés sociales ? La problématique vaut notamment pour la France, dont les efforts répondent à une logique de solidarité mais pas à un critère d’efficacité : ne représentant que 0,9 % des émissions mondiales de CO2, l’influence de ses actions internes sur le réchauffement climatique est totalement marginale. En outre, les émissions de CO2 par habitant sont plus faibles en France que dans les pays voisins : 4,6 tonnes contre 5,4 au Royaume-Uni et 8,7 en Allemagne – et 8,2 en moyenne dans les pays du G20.
Il ne s’agit pas ici de contester le principe de la réduction des émissions de CO2 en France mais de s’interroger sur son rythme et sur le déséquilibre entre les efforts demandés à notre pays et ceux auxquels ses compétiteurs asiatiques et moyen-orientaux consentent. Arrêtons de faire du zèle, cela ne sert nullement à ralentir le réchauffement climatique et n’aboutit qu’à accroître nos difficultés économiques et sociales. Contentons-nous d’accompagner une évolution vis-à-vis de laquelle nous devons être plus modestes et prenons mieux en compte les intérêts de la population et des entreprises. Et demandons aux pays pollueurs d’amplifier leurs efforts.
ANNEXE :
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DES ÉMISSIONS DE CO2 DANS LE MONDE En Mt CO2 –
Source : Ministère de la Transition écologique, « chiffres clés du climat : France, Europe et monde »
Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance de la République française, et Vincent Van Peteghem, ministre des Finances du Royaume de Belgique, ont signé une nouvelle convention fiscale bilatérale le mardi 09 novembre. Plus de 250 000 Français vivent en Belgique tandis que 100 000 frontaliers travaillent et habitent des deux côtés de la frontière, l’enjeu est donc important pour les deux pays. Les nouvelles règles s’appliqueront en 2023.
Cette nouvelle convention modernise les règles prévues par la convention, en vigueur depuis le 10 mars 1964, qui n’étaient plus adaptées aux derniers standards internationaux, notamment les avancées du projet « BEPS » de l’OCDE (érosion de la base d’imposition et le transfert des bénéfices), auquel les deux Etats sont attachés.
Concrètement, dès le premier janvier 2023 les nouvelles dispositions vont avoir de lourdes conséquences pour les résidents belges (Belges ou Français) tant sur les revenus issus de l’immobilier et que pour ceux tirés des actions et autres placements.
Tout l’immobilier taxé en France
Alors qu’en Belgique, la taxation sur les biens immobiliers est quasiment inexistante (des évolutions sont en cours suite à une décision de la cour européenne), en France celle-ci est lourde. Afin de l’alléger, les Sociétés civiles immobilières ont été créées.
La SCI permet de profiter de nombreux avantages tels qu’une gestion et transmission facilitées. En effet, créer une SCI offre la possibilité de confier la gestion du patrimoine immobilier à une personne unique afin d’éviter les conflits familiaux liés à une mésentente. De plus, elle garantit la pérennité du patrimoine sur plusieurs générations. La SCI exclut la vente forcée du bien. L’associé qui souhaite partir peut seulement vendre ses parts sociales aux associés. S’il souhaite vendre ses parts à un tiers , il devra obtenir l’agrément préalable des autres associés. La SCI permet également de démembrer la propriété des parts de façon à affecter aux parts sociales des droits différents. La nue-propriété confère les droits politiques relatifs à la gestion alors que l’usufruit donne la jouissance du bien, dont les revenus.
Du côté belge de telles sociétés n’existent pas. Se basant sur la convention fiscale de 1964, les revenus tirés de telles sociétés n’étaient donc pas soumis à l’impôt sur la plus-value immobilière en France (qui peut atteindre 19%). La Belgique ignorant l’assimilation fiscale française, considérait que les revenus distribués par la SCI, société disposant de la personnalité juridique, devaient être considérés comme des dividendes visés à l’article 15 de la convention préventive de la double imposition de 1964 qui attribue le pouvoir d’imposition à l’Etat de résidence du bénéficiaire des dividendes (la Belgique). Les revenus tirés étaient donc soumis à l’imposition belge. Ce qui n’était pas forcément un avantage jusqu’en 2021, nous aborderons ce point dans la deuxième partie de l’article.
Signature de la nouvelle convention fiscale le mardi 9 novembre
Imposition par la France de l’immobilier détenu en propre ou en société
Ainsi, la nouvelle convention prévoit une clause qui confère à l’État où les immeubles sont situés le pouvoir d’imposer les gains de cession d’actions de sociétés à prépondérance immobilière.
Concrètement, « dès l’entrée en vigueur de la nouvelle CPDI, qui devrait intervenir en 2023, la France pourra taxer les plus-values de cession de parts de sociétés immobilières françaises par des résidents belges », explique Denis-Emmanuel Philippe, avocat-associé chez Bloom, au quotidien belge L’Echo, qui estime « considérable » l’impact que cela va avoir sur les nombreux particuliers et entreprises belges qui détiennent de l’immobilier en France au travers d’une société.
Les dividendes français plus taxés que les belges
La nouvelle convention fiscale entre la Belgique et la France réserve une autre mauvaise surprise aux investisseurs résidant en Belgique qui détiennent des actions de sociétés françaises.
De fait, la disposition relative à la quotité forfaitaire d’impôt étranger (QFIE) a disparu. Or, c’est sur base de cette disposition que le fisc accepte (après une longue bataille juridique), depuis 2021, de déduire, à hauteur de 15%, le précompte sur le dividende payé en France du précompte mobilier payable en Belgique. Ainsi, le dividende français n’est plus frappé d’un double précompte, il est même moins taxé qu’un dividende belge.
Mais cet avantage va disparaitre dès 2023 ! Dès l’entrée en vigueur du texte (au plus tôt au 1er janvier 2023), pour un dividende français de 100 euros, la France prélèvera sa part de 12,8%. Sur les 87,2 euros qui passent la frontière, la Belgique prélèvera le précompte mobilier de 30%, soit 26,16 euros. Au final, sur un dividende de 100 euros, il restera 61,04 euros à l’investisseur-contribuable (contre 70 euros s’il s’agit d’un dividende d’action d’une société belge).
Entrée en vigueur
L’entrée en vigueur du nouveau texte interviendra à l’issue du processus de ratification législatif à venir et au plus tôt le 1er janvier 2023.