La COP26: Vers une ambition française ou francophone?  

La COP26: Vers une ambition française ou francophone?  

Par notre envoyé spécial à Glasgow, Alexander Seale

La COP26 a commencé lundi 1er novembre 2021 et se terminera le 12 novembre 2021. Le sommet pour le climat se déroule à Glasgow dans un grand campus (Scottish Event Campus).  Rappelez-vous en 2015, 196 pays ont signé l’Accord de Paris avec pour objectif de limiter le réchauffement climatique à deux degrés Celsius, et de préférence à 1,5 degré, par rapport au niveau préindustriel.  

Ces derniers temps nous avons constaté que les effets du changement climatique étaient désormais visibles partout sur la planète. De ce fait, la COP26 est présentée comme la conférence sur le climat la plus significative depuis Paris.  

Emmanuel Macron, le garant de l’Accord de Paris ?  

Dans son discours le Président français a souhaité que « les plus gros émetteurs réhaussent leurs ambitions dans les 15 jours qui viennent » pour « rendre crédible » l’objectif de « 1,5 °C » 

Emmanuel Macron a ajouté que, « nous ne pouvons vaincre ces défis internationaux que si nous sommes coordonnés et si nous agissons ensemble » à l’échelle planétaire. Il faisait référence aux grands absents de la COP26 comme la Russie, la Chine et la Turquie.  

French president Emmanuel Macron gestures as he speaks during a plenary session as part of the World Leaders’ Summit of the COP26 UN Climate Change Conference in Glasgow on November 1, 2021. – COP26, running from October 31 to November 12 in Glasgow will be the biggest climate conference since the 2015 Paris summit and is seen as crucial in setting worldwide emission targets to slow global warming, as well as firming up other key commitments (Photo by ALAIN JOCARD / AFP)

Comment se déroule l’accueil des visiteurs à la COP26 ?

Nous avons voulu vous faire découvrir le cœur de la COP. Pour entrer dans ce grand campus, il faut montrer patte blanche. Tous les jours, nous devons montrer un test Covid qui doit être négatif ainsi que son accréditation plusieurs fois dans la journée. Des participants et activistes à Glasgow estiment que c’est pire qu’un aéroport ! Effectivement une fois à l’intérieur, des agents vérifient nos sacs, valises et ordinateurs. Là-bas la sécurité est gérée par la police des Nations Unies et une entreprise privée.  

Et, au cœur du centre de la COP26, des pavillons ont été dressés pour représenter des délégations présentes au sommet. Certains dirigeants et ministres y font un détour. Et, nous sommes allés à leur rencontre. 

Une délégation française présente en force

Pendant les deux semaines de la COP26, la délégation française est présente à Glasgow. En plus de participer aux négociations climatiques, elle pilote un Pavillon France. C’est le lieu de rencontres et d’échanges sur les grands enjeux du climat, cet espace entend proposer de nombreux événements : sessions thématiques, présentation de politiques publiques, rendez-vous presse. 

Barbara Pompili, la ministre de l’Écologie, était présente à Glasgow. Elle est venue pendant une matinée marathon signer des « deals », rencontrer ses homologues, débloquer des dossiers. Nous avons suivi son point presse au Pavillon France.  

La France a par exemple signé un accord international pour aider l’Afrique du Sud à sortir du charbon. Il y a eu aussi l’annonce d’accords de coopération environnementale entre la France et la Mauritanie.

“la France c’est le garant de l’Accord de Paris. La déforestation est l’un des enjeux clés du changement climatique et il ne faut pas oublier le méthane. Nous avons deux semaines de travail, mais il faut travailler ensemble au niveau européen.” 

Barbara Pompili, Ministre de l’Ecologie française
French President Emmanuel Macron (R) and French Ecological Transition Minister Barbara Pompili (L) arrive, for the start of the COP26 UN Climate Summit, in Glasgow, on November 1, 2021. – More than 120 world leaders meet in Glasgow in a « last, best hope » to tackle the climate crisis and avert a looming global disaster. (Photo by ALAIN JOCARD / AFP)

La « Climate Fresk » 

Nous continuons à découvrir les autres pavillons. Cédric Ringenbach est l’auteur de la Fresque du Climat. Il est également président de l’association qui porte le même nom et qui diffuse la Fresque du Climat.

“La Fresque c’est un outil pédagogique, c’est un jeu, un atelier ludique et pédagogique sur le changement climatique. Ça se passe autour d’une table avec 5-7 participants qui vont mettre des cartes dans l’ordre des causes et les effets avec un animateur qui va les guider. C’est un très bon exercice pour comprendre en très peu de temps les enjeux climatiques. C’est un outil qui se diffuse très rapidement parce que comme il est très auto porteur, on forme rapidement de nouveaux animateurs.” 

Cédric Ringenbach, auteur de la Fresque du Climat

En trois ans la Fresque du Climat est passée de 1 000 participants à plus de 200 000 et 10 000 personnes ont été formées à l’animation de la Fresque.  

“Des personnes sont venues nous voir soit ils nous connaissaient déjà et juste avant la COP, nous avons eu la conférence des jeunes. Ou alors des individus ont connu déjà la Fresque dans le passé. Nous avons aussi rencontré de nouvelles personnes qui sont venues nous rencontrer à la COP26.”  

Cédric Ringenbach, auteur de la Fresque du Climat

Cédric Ringenbach s’est réjoui de la présence de Barbara Pompili : “Le but c’est de prendre une photo avec elle et qu’elle exprime son soutien à la Fresque parce que c’est une très bonne ambassadrice et elle aime beaucoup notre projet.” 

Au centre Cédric Ringenbach et l’équipe présente à la COP26 (Twitter)

La cryosphère  

Au détour des allées, nous avons rencontré Heidi Sevestre, une glaciologue, qui habite dans les Alpes françaises. Elle explique ces enjeux aux responsables politiques. “Il y a peu de scientifiques à ces COP. Nous insistons beaucoup sur la politique scientifique. Ma première COP était la COP23, ensuite j’ai enchaîné avec la COP25 à Madrid et donc c’est ma troisième ici à Glasgow.” 

Heidi Sevestre nous explique ce que signifie la cryosphère.

Heidi Sevestre

“Ce n’est pas un mot qu’on utilise au quotidien. Ça décrypte tout simplement ces régions de neige et de glace sur terre. Dans cette cryosphère nous découvrons le manteau neigeux, nous trouvons aussi de beaux glaciers de montagne et la banquise, donc toutes ces choses réunies forment la cryosphère. Elle est extrêmement sensible aux changements climatiques et ce sont des ambassadeurs du changement climatique, car nous ne voyons pas l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère, mais cette glace rend cette neige très visuelle. Nous sommes en train de perdre notre banquise dans l’arctique et les glaciers de montagne. Notre futur aujourd’hui est directement lié au futur de la cryosphère.” 

Heidi Sevestre, glaciologue

Pour la scientifique, le monde est en train de courir tout droit vers une extermination de ces zones glaçières et “nous subissons de plein fouet les effets du dérèglement climatique. Nous pensons savoir que les glaces fondent, mais nous ne connaissons pas quel est leur impact. Nous avons un message à partager. Si nous dépassons la barre des 1,5 degré, nous irons vers des conséquences permanentes, irréversibles liées à la fonte de la cryosphère. Pour nous c’est 1,5 degré et pas au-delà.” 

Rise for Climate 

Grâce aux réseaux sociaux, nous avons rencontré Larry Moffett, Américain installé au plat pays, du mouvement citoyen Rise for Climate Belgium, qui se bat depuis trois ans pour que le gouvernement belge et les institutions européennes adoptent une politique climatique plus ambitieuse. Il est aussi membre délégué du club de la presse à Bruxelles.  

Lors de sa première journée a la COP26, il nous livre ses impressions.

Larry Moffett

« Après une très longue attente pour y entrer parce qu’il faut passer par toutes sortes d’obstacles, il faut présenter ses documents à la sécurité. C’est pire que l’aéroport ! Une fois à l’intérieur c’est extrêmement intéressant et enrichissant surtout de visiter les pavillons des différents pays et des différentes organisations internationales parce qu’ils organisent tous des débats, des discussions et présentent leurs projets. Nous rencontrons des personnes qui sont plus motivées que moi. Je suis ici jusqu’au 12 novembre.” 

Larry Moffett, Américain installé en Belgique, représentant du mouvement citoyen Rise for Climate Belgium

Pour Larry Moffett, le stand du Benelux l’a vivement interpellé. C’est cette union de la Belgique, du Luxembourg et des Pays-Bas.

“Nous n’entendons pas beaucoup parler d’eux. Ils viennent de lancer une plateforme pour le climat et c’est tout à fait ouvert aux partenariats. J’ai ensuite visité le stand des Nations Unies. Ça s’appelle Climate Action Centre et j’ai pu assister à des discussions fermes afin que chaque état agisse à son niveau. Mais pendant la présidence de Trump, tout était à l’arrêt pour le climat. Je sens qu’il y a maintenant beaucoup d’enthousiasme du côté des Américains sous la présidence de Joe Biden. Je trouve ça très positif.” 

Larry Moffett, Américain installé en Belgique, représentant du mouvement citoyen Rise for Climate Belgium

Larry Moffett craint que tous les pays ne puissent pas se mettre d’accord pour rester sous la barre des 1,5 %. « 

« Déjà nous voyons que le président Poutine et le président chinois ne se sont même pas déplacés. C’est déjà mauvais signe. Même s’il n’y a pas l’unanimité de tous les pays, même s’il y a une forte majorité, l’Europe, les États-Unis et le Canada peuvent avancer si les autres traînent derrière.” 

Larry Moffett, Américain installé en Belgique, représentant du mouvement citoyen Rise for Climate Belgium

Beaucoup d’activistes estiment que cette première semaine de la COP26 était un échec pour l’instant. Mais une chose est sûre c’est qu’il y a une véritable ambition francophone pour le climat  !

Auteur

  • Alexander Seale est franco-britannique. Né et habitant au Royaume-Uni, il est correspondant pour lesfrancais.press, LCI (France) et LN24 (Belgique) à Londres.

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