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  • Sentiments anti-français dans le monde musulman

    Sentiments anti-français dans le monde musulman

    Des effigies d’Emmanuel Macron brûlées, des appels au boycott des produits français et des violences. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté ces derniers jours dans le monde musulman pour protester contre la France, après les déclarations du président de la République défendant les caricatures de Mahomet.

    People chant slogans as they set fire to France’s flag during a protest against the cartoon publications of Prophet Mohammad in France and comments by the French President Emmanuel Macron, in Karachi, Pakistan October 31, 2020. REUTERS/Akhtar Soomro

    Cependant, il faut donner à ces manifestations une importance très faible. On fonctionne sur un effet loupe. Tous les acteurs sont en train de survaloriser un phénomène qui existe et qui avait existé lors de la publication des caricatures par Charlie Hebdo

    Des manifestations organisées par des islamistes et peu nombreuses

    Vendredi, les principales manifestations ont eu lieu au Bangladesh et au Pakistan. D’autres moins importantes se sont déroulées en Inde, au Moyen-Orient, au Maghreb et au Mali.

    Le monde musulman est composé de 57 États, là on parle de manifestations dans cinq-six pays qui sont parmi les plus petits comme le Qatar. Il y a plus d’un milliard 300 millions de musulmans dans le monde. Les manifestations existent, oui, mais elles ont été extrêmement limitées en nombre au final.

    Manifestation anti-française au Pakistan / REUTERS/Akhtar Soomro

    Une instrumentalisation par les pouvoirs politiques locaux

    Une bonne majorité des gouvernements dans les États musulmans ont échoué gravement sur le plan social et économique. Il est intéressant pour ces régimes politiques de pointer le doigt ou de laisser pointer le doigt sur l’ennemi extérieur. C’est très commode et très pratique, notamment sur la figure d’Emmanuel Macron, pour faire oublier à leur opinion publique que la gestion de leur pays est calamiteuse.

    On a un double effet de méconnaissance instrumentalisée dans la rue ou dans la mosquée, et à la tête de l’État une instrumentalisation cynique à des fins politiques. Outre Erdogan, le président indonésien Joko Widodo et le Premier ministre pakistanais, à la tête de deux des pays les plus peuplés du monde musulman, ont également vivement critiqué les propos d’Emmanuel Macron. Face à cette colère, le président français a joué l’apaisement dans une interview à Al-Jazeera, assurant comprendre que des musulmans puissent être « choqués » par les caricatures de Mahomet mais qu’elles ne justifiaient pas la violence.

    Regardez l’interview d’Emmanuel Macron

    Une vidéo de la chaîne Al-Jazeera

  • L’appel de Le Drian aux expatriés : « La menace est partout »

    L’appel de Le Drian aux expatriés : « La menace est partout »

    Au lendemain de l’attaque à Nice, qui a fait 3 morts, le chef de la diplomatie a adressé un message de mise en garde aux Français vivant à l’étranger, face au risque terroriste.

    Le ministre français des Affaires étrangères a appelé les ressortissants français vivant à l’étranger à la prudence au lendemain de l’attentat de Nice, estimant que la menace contre les intérêts français était « partout ».

    « Le message d’urgence attentat a été envoyé hier soir à l’ensemble de nos ressortissants à l’étranger, quels que soient les lieux, puisque la menace est partout »

    Jean-Yves Le Drian à l’issue d’un Conseil de défense.

    Des consignes aux ambassadeurs

    « On passe vite de la haine virtuelle à la violence réelle, et nous avons décidé de prendre toutes les mesures pour assurer la sécurité de nos intérêts, de nos ressortissants »

    Jean-Yves Le Drian à l’issue d’un Conseil de défense.

    Des instruction ont été données aux ambassadeurs afin qu’ils renforcent les dispositifs de sécurité autour des présences françaises dans le monde (ambassades, consulats mais aussi Alliances françaises ou établissements scolaires).

    Inquiétude pour les écoles

    Quelques semaines après l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty, décapité pour avoir montré à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression, le chef de la diplomatie française a évoqué une vigilance toute particulière autour des écoles.

    « Nous avons aussi pris la décision de n’autoriser les ouvertures d’établissements scolaires qu’à partir du moment où la vigilance aura été accrue et une attention aura été portée à l’égard à la fois des parents, des enseignants et des élèves »

    Jean-Yves Le Drian à l’issue d’un Conseil de défense.

    Jean-Yves Le Drian a relevé que ces mesures étaient prises « en relation avec les autorités locales qui, d’une manière générale, nous apportent leur concours ».

    Des manifestations anti-françaises et des appels au boycott des produits français se sont multipliés depuis le week-end dernier dans le monde musulman pour dénoncer le soutien apporté par le président Emmanuel Macron à la liberté de caricaturer.

  • Productivité en déclin,  précaution en hausse

    Productivité en déclin, précaution en hausse

    Au temps de Fulgence Bienvenüe à la fin du XIXe siècle, le père du métropolitain, la réalisation des lignes, à Paris, passait par l’ouverture de tranchées au niveau des rues. Pour traverser la Seine, les ingénieurs immergeaient des caissons après avoir excavé la vase et le lit du fleuve et en recourant à des techniques de congélation des sols. Ces techniques ont permis de réaliser en une quinzaine d’années la quasi-totalité des lignes de métro intramuros que nous connaissons actuellement. L’inauguration de la ligne 1 qui reliait alors la Porte de Vincennes à la Porte Maillot intervint le 19 juillet 1900 après un an et demi de travaux. Le premier passage de la Seine est réalisé avec la ligne 4 (Porte d’Orléans, Porte de Clignancourt) dont les travaux commencent en 1905 pour s’achever en 1908. L’actuelle ligne 12 reliant la Porte de Versailles à Montmartre est ouverte en 1910. 

    En 1900, une ligne de métro construite en en 18 mois

    A défaut de réaliser des tranchées à ciel ouvert, dans le passé, pour percer, les entreprises de travaux publics recouraient aux explosifs et étayaient de manière provisoire avec du bois avant d’utiliser du béton. Le développement des tunneliers et des voussoirs préfabriqués a révolutionné les techniques de construction des tunnels. Le tunnelier à guidage laser creuse, achemine en aval les roches et terres quand, dans le même temps, les voussoirs sur mesure préfabriqués en usine, amenés en continu par rail se déploient afin de constituer la voute du tunnel.

    Rue de Rivoli lors du chantier de la ligne 1 à Paris

    En 2020, la prolongation du métro prendra 11 ans 

    Si les tunneliers sont des machines allemandes ou américaines, les brevets concernant les voussoirs et les modalités d’installation sont principalement français. Cette révolution technique a permis de forer en profondeur et de réaliser des gains de productivité important sur la construction des voutes. Pour autant, les délais de réalisation des lignes de métro s’allongent au sein des pays avancés et tout particulièrement en France. Le quotidien « Le Parisien » soulignait dans un article publié au début du mois d’octobre que la réalisation de la prolongation de la ligne 12 à Aubervilliers nécessitera au minimum 11 ans. 

    Chantier du métro du Grand Paris en 2020

    Les lignes du Grand Paris décidées durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy commenceront à être mises en service au mieux en 2024 pour certaines d’entre elles et plutôt vers 2030. La multiplication des recours contre les travaux mais aussi les problèmes de compétences et de suivi des travaux expliquent cet allongement. Que ce soit pour le prolongement de la ligne E du RER ou de la ligne 12, une partie du retard provient de l’insuffisance des travaux préparatoires concernant l’étude des sols (non-prise en compte d’une canalisation d’eau ou de la nature spongieuse des sols). 

    La perte des compétences

    Les problèmes des compétences ont été également pointés du doigt au niveau de la réalisation de la centrale nucléaire EPR de Flamanville dont la mise en service prévue initialement en 2012 a été reportée à plusieurs reprises. Elle devrait intervenir en 2022 voire en 2024. Le coût de sa construction est passé de 3,4 à 19 milliards d’euros de 2008 à 2020. 

    Ce coût est deux fois plus important que celui des centrales équivalentes fabriquées par les Chinois. Cette dérive du budget ne concerne pas que Flamanville. La facture de l’EPR finlandais construit à la centrale nucléaire d’Olkiluoto par AREVA, qui s’élevait initialement à 3 milliards d’euros, a été réévaluée à 6,6 milliards d’euros en 2011 et pourrait in fine atteindre plus de 15 milliards d’euros. EDF comme Areva ont été confrontés à un manque de spécialistes capables de mener à son bon terme ce chantier. L’arrêt des constructions des centrales nucléaires à la fin du siècle dernier a conduit au démantèlement de la filière sur une génération. De nombreuses failles de qualité, notamment dans la réalisation des cuves ont fortement pesé sur le bon déroulement des chantiers. 

    Les retards et les surcoûts sont également liés à un accroissement des normes de sécurité après l’accident de la centrale de Fukushima intervenu le 11 mars 2011.

    Suradministration 

    L’ensemble du secteur du bâtiment et des travaux publics est concerné par l’allongement sans fin des chantiers. La rénovation de la Tour Montparnasse à Paris est attendue depuis une dizaine d’années mais toujours différée en raison de l’évolution permanente des règles d’urbanisme et des recours en cascade. Le code des marchés publics avec la priorité donnée au moins disant ne contribue pas à des choix toujours rationnels. Ainsi, des sociétés en grande difficulté peuvent être tentées de soumissionner à bas prix pour tenter de survivre. Leur faillite en cours de réalisation du chantier peut entraîner de nombreux retards et des liquidations en chaine chez les sous-traitants. 

    La productivité est aujourd’hui touchée par la suradministration qui génère des surcoûts. Même si évidemment les dispositions prudentielles sont essentielles pour garantir la pérennité de nombreux secteurs dont celui de la finance, elles peuvent provoquer des surcoûts et conduire à la paralysie. 

    Le numérique peut être un frein

    Internet et la multiplication de la circulation des données peuvent également avoir le même effet. Les outils numériques censés fluidifier et accélérer l’information peuvent au contraire ralentir les processus. 

    Le numérique multiplie le nombre des intervenants sur les projets. Par ailleurs, le processus de décision tend à se concentrer. Autrefois, dans les groupes, dans les administrations, les décisions étaient prises au niveau local par incapacité de tout faire remonter au siège. Aujourd’hui, cette remontée est techniquement possible mais elle peut entraîner des goulets d’étranglement. Les entreprises ont ces vingt dernières années regroupé leur présence déconcentrée sur le territoire. Les marges de manœuvre des responsables locaux tendent à diminuer. Au niveau bancaire, les autorisations de crédits pour les entreprises sont décidées souvent à l’échelon national et non au non au niveau local ou régional.

    Produire la complexité, sans la gérer 

    Dans l’histoire des civilisations, l’incapacité à gérer la complexité est un des facteurs clefs de leur déclin. Rome ne parvenait plus à maitriser les relations avec ses provinces éloignées. La chute d’Angkor au XVe siècle est en grande partie imputable à l’incapacité de gérer le réseau très complexe de l’eau. 

    Le système d’information lié au numérique peut constituer le maillon faible de la civilisation moderne. La capacité d’exploitation des données est facilitée par le recours à des algorithmes mais cela ne saurait être une garantie sur la qualité de l’analyse et des décisions qui en résulteront. La baisse du niveau des compétences dans plusieurs pays notamment occidentaux peut accélérer le processus de perte de maîtrise et de transmission de l’information.

    Aversions au risque 

    L’inflation des données se combine à aversion accrue aux risques. Les acteurs économiques s’engagent de plus en plus difficilement sur le long terme malgré la puissance de calculs des ordinateurs. Plus les prévisions s’affinent, moins l’Homme a envie d’investir, de prendre des risques. D’autres facteurs peuvent expliquer ce comportement dont celui du vieillissement. 

    La succession de crises que le digital n’a pas empêché, amène les agents économiques à être de plus en plus prudents. Les taux d’intérêt placés en territoire négatif n’ont pas réellement modifié le comportement des agents privés prouvant que le coût de l’argent n’était pas le seul problème en cause. 

    Que ce soit au niveau public et privé, une simplification des processus de décision s’impose pour éviter l’effacement des gains de productivité liés au progrès technique. Une meilleure répartition de ces gains qui sont captés en partie par certaines entreprises serait également nécessaire. Le système économique est en effet victime d’effets de rente qui sont préjudiciables aux salariés et aux consommateurs.

  • Jean-Hervé Fraslin, élu à Madagascar nous parle mandat, Covid-19, aides sociales etc

    Jean-Hervé Fraslin, élu à Madagascar nous parle mandat, Covid-19, aides sociales etc

    Jean-Hervé Fraslin

    Les Français.press ont échangé avec Jean-Hervé Fraslin, conseiller des Français de l’étranger à Madagascar et conseiller à l’Assemblée des Français pour la zone Afrique centrale, Afrique australe et Afrique orientale et océan indien.

    Le 6 septembre dernier, cet élu de terrain a publié une tribune remarquée concernant les aides sociales spéciales Covid-19 et la complexité de leur obtention au moment le plus crucial.

    Retour sur une épidémie


    Lors de cet entretien, nous revenons sur la première vague de la Covid-19, sur le rôle des élus consulaires (comme ils s’appelaient encore à l’époque) à Madagascar.

    Jean-Hervé Fraslin évalue sans langue de bois l’action de la présence française (notamment ambassade et consulat) durant la crise.

    Nous avons parlé du secours occasionnel de solidarité (SOS) et de sa mise en œuvre complexe. Nous avons abordé la question des aides aux entreprises des Français de l’étranger.

    Une Assemblée des Français de l’Etranger un peu particulière

    Pour finir Jean-Hervé Fraslin a partagé avec nous son bilan de la 33e session de l’Assemblée des Français de l’Etranger. En raison de la pandémie, cette session s’est tenue en format « hybride » avec 30 conseillers présents à Paris et le reste en distanciel.

    Un entretien qui offre une plongée dans l’univers d’un élu de terrain investi.

    Podcast Audio

    Rencontre avec Jean-Hervé Fraslin
  • Attaque au couteau au consulat de France de Djeddah, en Arabie saoudite

    Attaque au couteau au consulat de France de Djeddah, en Arabie saoudite

    Le consulat général de France à Djeddah a été ciblé par une attaque au couteau visant un vigile, ce jeudi 29 octobre au matin, annonce l’ambassade de France en Arabie saoudite. Cet attentat a eu lieu simultanément à ceux de Nice et Avignon.

    Un pakistanais résident dans le Royaume a été arrêté. Concernant le garde du consulat, « ses jours ne sont pas en danger », assure l’ambassade.

    La fête de Mawlid attise les extrémistes.

    Certains extrémistes pense que commettre ce type d’actes terroristes, un jour saint, est un gage de foi.

    Mawlid est une fête musulmane qui célèbre la naissance du prophète Mahomet. Elle se fête à la date du 12 de Rabia al Awal, troisième mois de l’année musulmane, soit le 29 octobre cette année.

    On retrouve cette célébration chez les Sunnites et les Chiites même si elle ne fait pas vraiment partie des fêtes sacrées. La première trace de célébration de Mawlid date de l’an 362 de l’Hégire, ensuite annulée en 972 ( soit 490 de l’Hégire) elle est rétablie en 1207. Mawlid reste une fête populaire, édifiante, joyeuse et charitable. Certains théologiens pensent que cette célébration est à classer dans les « innovations religieuses » mais d’autres estiment qu’elle est tout à fait légitime.

  • Attaques au couteau à Nice et à Avignon

    Attaques au couteau à Nice et à Avignon

    Une attaque à l’arme blanche a eu lieu ce jeudi 9h, à Nice, dans le secteur Notre-Dame, a annonce le maire de la ville Christian Estrosi. Suivie en fin de matinée par une autre tentative d’attaques contre les policiers à Avignon.

    3 morts, plusieurs blessés

    Cet acte terroriste a eu lieu dans le secteur de la basilique Notre-Dame de l’Assomption, à Nice, aux alentours de 9 heures, jeudi 29 octobre. Au moins trois personnes sont mortes, deux femme et un homme, et plusieurs ont été blessées, selon des sources policières. Les témoins rapportent des faits de tentative de décapitation et d’égorgements.

    Le parquet national antiterroriste s’est saisi des faits commis ce jour à Nice, selon une source du parquet à l’AFP. Une enquête de flagrance à été ouverte pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste, tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste et association  de malfaiteurs terroriste criminelle. L’enquête a été confiée a la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) et a la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI).

    Une tentative à Avignon

    Un homme armé d’un couteau a tenté d’attaquer des policiers en rue ce jeudi vers 11h15 à Avignon, selon Europe 1. L’agresseur aurait crié « Allah Akbar » et menacé les fonctionnaires de police, qui ont riposté en ouvrant le feu. Le suspect est décédé

    Une conséquence de la campagne anti-Charlie actuelle ?

    Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé sur Twitter la tenue d’une « réunion de crise », place Beauvau. Le premier ministre, Jean Castex, a quitté l’Assemblée nationale, où il se trouvait dans le cadre des débats sur les nouvelles mesures sanitaires contre l’épidémie de Covid-19, pour se rendre à la cellule de crise de Beauvau.

    Le Président Emmanuel Macron se déplacera à Nice dans la journée. Il aura la dure tache de préserver l’union nationale alors que les messages de propagande à destination des Français musulmans se multiplient. Les caricatures Charlie et le combat que mène la France pour la laïcité sont au coeur d’un important mouvement de grogne dans les pays musulmans contre notre pays.

  • Les expatriés et le confinement

    Les expatriés et le confinement

    Lesfrancais.press sont allés à la rencontre de Colin Miraglio, administrateur du groupe Facebook Français d’Irlande et de Véronique Lederman qui s’occupe du groupe Les Français de Belgique.

    Deux pays au coeur de la pandémie, l’Irlande qui fut la première à reconfiner et la Belgique, particulièrement frappée, avec le taux de contamination le plus élevé du monde.

    L’Irlande impose son modèle de confinement

    Entré en vigueur mercredi dernier, la mesure a confiné les 5 millions d’Irlandais avec interdiction de sortir, sauf pour faire de l’exercice dans un rayon de 5 km autour de leurs lieux de résidence. Il leur est également impossible de se réunir avec des personnes d’un autre foyer, que ce soit à l’extérieur ou chez eux.

    Les commerces non-essentiels ont tiré le rideau. Les restaurants et les pubs ne peuvent plus faire que de la vente à emporter. Les salles de sport et les associations, ont dû fermer. Les cérémonies religieuses sont obligatoirement virtuelles, à l’exception des mariages qui peuvent rassembler au plus 25 personnes. Ces mesures restrictives seront en vigueur au moins jusqu’au 1er décembre.

    Le gouvernement irlandais espère ainsi freiner l’épidémie afin de pouvoir « célébrer Noël correctement », a déclaré le premier ministre Michael Martin le lundi 19 octobre.

    La Belgique lutte contre la Covid-19

    Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), le pays enregistre désormais un taux d’incidence (le nombre de personnes infectées pour 100 000 habitants sur les quatorze derniers jours) de 1 165.

    Selon d’autres chiffres récents, le pourcentage de tests positifs y avoisine 20 % (34 % à Liège, 28 % à Bruxelles) et les admissions à l’hôpital ont augmenté de 94 % en une semaine.

    Trois semaines seulement après son entrée en fonction, le gouvernement du libéral belge Alexander De Croo est déjà sous le feu de la critique pour la manière dont il gère la crise liée au coronavirus. Le politiste Dave Sinardet parle déjà d’un « désaveu » de l’opinion.Celle-ci témoigne, en tout cas, de son incompréhension face à la réponse des autorités, jugée faible et inadéquate, à une deuxième vague particulièrement violente de l’épidémie.

    Comment les expatriés vivent-ils cette situation ?

    Avec Mathieu Hutin, nous allons essayé de comprendre les implications du confinement à l’irlandaise, avant de nous attarder sur la situation tendue à laquelle est confrontée, en Belgique, une des plus grandes communautés d’expatriés français au monde.

    Ecoutez le podcast audio

    Rencontre avec Colin Miraglio et Véronique Lederman
  • La plus chère campagne de l’histoire n’est pas si chère

    La plus chère campagne de l’histoire n’est pas si chère

    11 milliards de dollars : l’élection américaine est la plus chère de l’histoire, comme toutes les élections qui l’ont précédée, puisqu’à chaque fois, les candidats dépensent plus que leurs prédécesseurs. Cette fois, la progression est impressionnante : en 2016 les candidats n’avaient dépensé « que » 6.5 milliards, à peine plus qu’en 2012 : 6.3 milliards. 11 milliards c’est plus du double des dépenses de 2008, la première élection d’Obama, 5.3 milliards.

    Ces montants totalisent toutes les dépenses électorales de tous les candidats, l’élection présidentielle n’étant que la plus importante. Il y a, le même jour, des dizaines d’autres élections : la Chambre des Représentants, le tiers du Sénat, de nombreuses élections de gouverneurs et autres scrutins locaux. 11 milliards représente donc le coût global des élections, d’après le Center for Responsive Politics, une association indépendante qui se propose de suivre les liens entre argent et politique. Certaines projections, puisque les campagnes ne sont pas terminées , anticipent des chiffres encore plus élevés.

    Biden bat Trump pour les recettes comme pour les dépenses

    Joe Biden a dépassé Donald Trump pour les recettes et les dépenses, alors que Trump avait commencé à recueillir de l’argent dés son élection, il y a quatre ans. Biden aurait récolté 952 millions de dollars, Trump 601 selon les chiffres déclarés à la Commission électorale au mois d’octobre. Biden aurait à cette date dépensé 790 M$ et Trump 565. Mais selon le Center for Responsive Politics, Trump aurait disposé, avec les comités externes de 867 M$ et Biden de 1.380M$.  C’est ce qui fait dire aux Démocrates que Trump n’a plus les ressources pour rattraper son retard. Cette dernière semaine, Biden va étouffer Trump sous les spots publicitaires dans les Etats clés. 

    Le candidat qui a le plus dépensé est le milliardaire et ancien maire de New York Michael Bloomberg, candidat à la primaire démocrate, parti tard pour vite abandonner, après avoir dépensé plus d’un milliard de dollars. Comme quoi l’argent ne fait pas tout. Il faut dire qu’un clip diffusé pendant le Super bowl aurait couté à Bloomberg 10 millions de dollars. A ce prix là, çà va vite. Et çà fait très cher la voix. Bloomberg avait essentiellement puisé dans sa fortune personnelle.

    10 millions pour un spot

    Normalement, comme en France, les sommes dépensées sont plafonnées. Mais seulement quand le candidat a recours au financement public. Ce qui change tout, car les candidats « sérieux »  renoncent à l’argent public, qui limite les dépenses à un plafond de 84 millions de dollars, dérisoire. Les candidats se passent donc de l’argent de l’Etat, installent de multiples Comités locaux et s’appuient sur des comités d’action politique qui défendent des causes précises proches des leurs. 

    La Commission électorale est chargée de contrôler l’origine des fonds et les dépenses. Elle fonctionne assez mal, trois de ses six membres n’ayant d’ailleurs pas été remplacés par Trump et le Sénat. Plus de 350 requêtes sont en attente devant la Commission.

    Un indicateur du dynamisme d’une campagne

    Le montant des sommes récoltées est un bon indicateur du dynamisme d’une campagne. Les jeux semblent faits pour Biden depuis qu’il a récolté plus de 10 millions de dollars après le premier débat, un baromètre plus fiable que les sondages. Avec la nomination de la juge conservatrice Ruth Ginsburg à la Cour suprême, la plate forme démocrate de récolte de fonds Actblue a récolté 300m$. Cette plate forme, créée en 2004, a récolté plus de 7,5 milliards depuis cette date. 

    Les Démocrates recueillent et dépensent largement plus que les Républicains, presque le double, même en faisant abstraction du milliard de Bloomberg. 

    La bataille pour le Congrès atteint elle aussi des records, à plus de 5.6 milliards. Les candidats démocrates pour la Chambre des Représentants ont réuni 534M$,  les Républicains 424. Pour le Sénat, les Démocrates ont récolté 331M$, les Républicains 280. Les Démocrates bénéficient de plus de Comités externes alliés réunissant plus d’un milliard de dollar.

    Trump champion des petits donateurs 

    Les petits donateurs, ceux qui donnent moins de 200$, représentent 22% des sommes récoltées. Trump a reçu 252 M$ de petits donateurs, ce qui en fait le recordman historique. A l’opposé, les cent plus grands donateurs ont totalisé 756M$, soit 8% de l’ensemble. 

    La provenance géographique des dons a son intérêt. Ainsi Trump a de généreux donateurs en Californie, même s’il n’a aucune chance de l’emporter là bas : il y a récolté près de 64M$, autant qu’au Texas. Mais moins qu’au Nevada, 83M$, l’essentiel venant de Las Vegas. Le premier contributeur pour Trump est la Floride où il a récolté 85 M$.

    Joe Biden, lui, a récolté des sommes impressionnantes dans les bastions démocrates : 237M$ en Californie, 170 à New York, 128 à Washington, 54 M$ dans le Massasuchetts. De quoi en faire le candidat de l’élite de la côte est et de la côte ouest. 

    Les campagnes pour réunir de l’argent ont elles même un coût, qui représente environ 5% des sommes récoltées. Les dépenses de communication sont les dépenses les plus importantes, de 60% pour Trump à 75% pour Biden.  Les salaires sont le second poste. Mais cette année, à cause du coronavirus, il n’a y pas eu beaucoup de meetings et d’évènements. Nul doute que pour la prochaine présidentielle, ces plafonds exploseront avec le retour des grands meetings.

    Le coût de la démocratie, celui de la non démocratie

    Evidement ces sommes semblent indécentes. Surtout lorsqu’on s’aperçoit que les débats ont été réduits au minimum, en tout cas entre Trump et Biden. Le principe même de ces dépenses est de réduire les campagnes à des slogans et à du matraquage publicitaire.

    En France, la publicité à la télévision est interdite, ce qui fait certainement baissé les coûts. Récemment, les archives du Conseil constitutionnel ont révélé que lors des élections de 1995, aussi bien Edouard Balladur que Jacques Chirac avaient dépassé le plafond autorisé, bien bas par rapport aux normes américaines.

    La démocratie coûte, et aux Etats-Unis elle coûte cher. Cependant, Elle est plutôt économe par rapport à la non démocratie. Combien coûtent les services de truquage des urnes, la surveillance de la population l’entretien d’une police politique, sans compter la corruption toujours plus facile dans les régimes sans transparence ?

    11 milliards c’est colossal. C’est moins que ce que cachent certains dictateurs de pays bien moins riches que les Etats-Unis. D’autant que cet argent que cet argent est dépensé sur place.  Le plus dangereux, ce n’est pas le coût des campagnes, mais la qualité des candidats et le rôle des lobbys.

    44$ par électeur en âge de voter

    Rien de nouveau sous le soleil, Eisenhower dénonçait déjà le complexe militaro-industriel, dont Johnson était un des représentants, et Kennedy n’a gagné ses élections que grâce à un financement inédit, à l’époque.

    La démocratie américaine est étonnante, et n’en finira pas de nous étonner. Il ya quatre ans, 138 millions d’électeurs avaient voté. 50 millions ont déjà voté pour cette élection par correspondance. La participation promet d’atteindre des records. Elle n’a plus dépassé les 60% depuis 1968, calculée sur la base du nombre d’électeurs en âge de voter. Après tout, pour plus 250 millions d’électeurs potentiels, cela ne fait, avec 11 milliards, que 44$ par électeur. 

  • Les États membres veulent une autorité européenne pour lutter contre le blanchiment d’argent

    Les États membres veulent une autorité européenne pour lutter contre le blanchiment d’argent

    Les ministres des Finances de l’UE devraient appeler à la création d’une autorité européenne de lutte contre le blanchiment d’argent et exhorter le bloc à harmoniser les règles en la matière, d’après un projet de conclusions consulté par Euractiv.

    Un organe central de surveillance

    Le blanchiment d’argent est un problème persistant au sein du navire européen, malgré les cinq révisions de son cadre juridique. Le scandale de la Danske Bank à Copenhague en 2018 a mis en lumière les lacunes en la matière, ayant permis à 200 milliards d’euros d’origine douteuse de transiter par le marché intérieur du bloc.

    Les États membres sont désormais prêts à endiguer les deux problèmes principaux du système actuel : les failles dans la législation européenne en raison de ses diverses transpositions en droit interne et l’absence d’un organe central de surveillance.

    Le dernier projet de conclusions sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme devrait être adopté lors de la prochaine réunion des ministres des Finances le 4 novembre, bien qu’il soit toujours sujet à des modifications.

    Une réunion en visioconférence

    Au vu de la hausse du nombre d’infections par le nouveau coronavirus, le Conseil « Ecofin » sera organisé sous forme de visioconférence. Les ministres devraient accorder leur bénédiction politique avant que le document ne soit adopté en recourant à la procédure écrite.

    La Commission européenne planifie de présenter plusieurs projets au début de l’année 2021 afin de renforcer le cadre contre le blanchiment d’argent.

    Les ministres souhaitent que l’exécutif propose un règlement unique au bloc, dans le but d’éviter toute disparité nationale lors de sa transposition en droit interne. De plus, Bruxelles devrait esquisser la structure et l’objet d’un organe central de surveillance, « pour permettre l’élaboration simultanée, en raison de l’interdépendance de ces sujets », peut-on lire dans le document.

    Un superviseur européen avec des pouvoirs d’enquête

    La première responsabilité du superviseur européen ne se concentrera que sur un nombre limité d’entités choisies en fonction d’un critère de risque, mais il pourrait également intervenir dans des situations exceptionnelles et prendre la relève des superviseurs nationaux si ceux-ci n’assurent pas une surveillance adéquate.

    Le nouvel organisme pourrait mener des enquêtes générales, notamment sur le terrain, « conjointement avec le superviseur national » ainsi qu’émettre des instructions directes et imposer des sanctions.

    Parmi les institutions sous son contrôle figureraient des institutions de crédit, des établissements de paiement, des bureaux de change, des institutions de monnaie électronique, d’autres institutions financières, des dépositaires et autres prestataires de services numériques.

    Afin de décider si la surveillance devrait avoir lieu à l’échelle européenne, les conclusions proposent d’examiner les risques émanant de la clientèle, des produits, canaux de distribution et situation géographique de ces institutions.

    Un règlement unique

    Dans le cadre du règlement unique, les ministres ont souligné qu’il était primordial pour les règles d’être directement applicables afin de réduire les divergences nationales lors de leur transposition, qui en saperaient l’efficacité.

    Les domaines devant être harmonisés concernent les types d’entités tenues de respecter les règles relatives au blanchiment d’argent, les obligations de vigilance à l’égard de la clientèle, les dispositions relatives à la vigilance à l’encontre des personnalités nationales et étrangères politiquement exposées, la tenue de registres et les contrôles internes.

    La Commission européenne devrait en particulier œuvrer pour garantir « un niveau uniforme et élevé de vigilance appropriée à l’égard de la clientèle », notamment sur le plan de l’identification des clients et de la vérification de leur identité, la nature et l’objet des relations commerciales.

    « De telles procédures sont essentielles pour lutter l’entrée du blanchiment d’argent sur le marché intérieur par les maillons les plus faibles », révèle le texte.

    Les documents récemment divulgués à ce sujet, y compris les « Cyprus papers » mis en lumière par Al-Jazeera ou les « FinCen papers » publiés par Buzzfeed, ont dévoilé la façon dont les criminels pouvaient tirer profit des lacunes nationales afin de transiter sur le marché européen.

    un article de notre partenaire

  • La France se reconfine

    La France se reconfine

    Emmanuel Macron a pris la parole ce mercredi 28 octobre 2020 pour une allocution solennelle. Un discours au cours duquel il a annoncé des « mesures difficiles » pour lutter contre la violente résurgence du Covid en France.

    « Dans ce contexte ma responsabilité est de protéger tous les Français, en protégeant à la fois les plus âgées et les « plus jeunes ».

    Emmanuel Macron

    Le Président de la République a rappelé que le virus circule à une vitesse que même les prévisions les plus pessimistes n’avaient pas anticipées. Le nombre de contaminations a doublé en moins de deux semaines. A la différence de la première vague, l’ensemble des régions se trouvent aujourd’hui au seuil d’alerte.

    Confinement à partir de ce vendredi 30 octobre

    La montée brutale de la deuxième vague de Covid-19 a donc conduit le président de la République à annoncer, mercredi soir, un durcissement des mesures sanitaires.

    Dès ce vendredi, c’est donc le retour du confinement en France.

    Les seules sorties autorisées seront pour « se rendre au travail, à un rendez-vous médical, porter assistance, faire ses courses ou prendre l’air ».

    L’attestation dérogatoire sera donc remise en place.

    Les réunions privées sont exclues, tout comme les rassemblements publics qui sont interdits.

    Les déplacements d’une région à l’autre, à l’exception des retours de vacances de la Toussaint seront interdits. Il y aura, donc, une tolérance durant ce week-end de retour.

    Les bars, restaurants et commerces non-essentiels seront fermés.

    Le télétravail sera à nouveau généralisé.

    La prise en charge, par l’Etat, jusqu’à 10.000 euros par mois des pertes des entreprises fermées administrativemement.

    À l’inverse du premier confinement, les services publics, les usines, les exploitations agricoles et le BTP poursuivront leurs activités « dans le respect strict des protocoles sanitaires. »

    Les écoles, collèges et Lycées resteront ouverts

    Les expatriés pourront rentrer en France

    En conformité, avec les engagements pris entre les Etats européens à Bruxelles, les frontières internes de l’Union européenne resteront ouvertes.

    Pour les Français, hors de la zone Schengen, l’accès au territoire nationale sera possible. Des tests PCR seront mis en place à l’arrivée aux aéroports afin de procéder à des mises en quarantaine si nécessaires. Les modalités seront détaillées demain par le Premier Ministre, Jean Castex.

    Regardez l’allocution du Président

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