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  • Guide pour expliquer la position française quand on est expatrié en pays musulmans !

    Guide pour expliquer la position française quand on est expatrié en pays musulmans !

    Arnaud Lacheret

    Arnaud Lacheret est aujourd’hui expatrié et Directeur de la French Arabian Business School – Arabian Gulf University – Essec – Bahreïn. Précédemment, en France, il a dirigé les cabinets d’élus locaux et nationaux. Enfin, il publie deux livres, « Les territoires gagnés de la République? » et « La femme est l’avenir du Golfe : Ce que la modernité arabe dit de nous (sortie le 7 novembre 2020).

    Il écrit pour les lecteurs du site lesfrancais.press un mémento argumenté pour réagir à la campagne de diffamation contre la France.

    Memento sur les menaces portant sur la France

    Les questions, auxquelles les Français vivant à l’étranger, particulièrement en pays musulmans, peuvent être confrontés, portent évidemment sur la poussée de fièvre s’étant emparée des réseaux sociaux suite au discours du Président Emmanuel Macron à la Sorbonne.

    Samuel Paty, un héros tranquille

    Deux phrases sont apparues très critiquées :

    « Samuel PATY fut tué parce que les islamistes veulent notre futur et qu’ils savent qu’avec des héros tranquilles tels que lui, ils ne l’auront jamais. Eux séparent les fidèles, des mécréants. »

    Emmanuel Macron

    Cette phrase a été traduite en anglais et en arabe par des personnes aux intentions malveillantes. Ainsi le mot « islamistes », s’est transformé en « Muslims » alors qu’il est évidemment habituellement traduit par «Radicals».

    Le Président de la République désigne évidemment les radicaux et extrémistes qui font tant de mal partout dans le monde et donc nous savons que les musulmans du monde entier sont leurs premières victimes (en Algérie, en Afrique subsaharienne, en Tunisie, en Syrie, en Irak, en Afghanistan, ces radicaux ont assassiné de milliers de musulmans, souvent dans l’indifférence du monde occidental). 

    6 millions de musulmans en France

    La France a quant à elle systématiquement aidé les gouvernements qui le souhaitaient à combattre ces radicaux). Partout dans le monde est promu un islam modéré justement pour faire face aux extrémistes qui justifient et pratiquent le terrorisme.

    En France vivent 6 millions de musulmans, qui prient dans plus de 2500 mosquées et lieux de cultes dont le rythme d’ouverture s’accélère ces dernières années partout en France. 

    Près de 10% de la population se dit de confession musulmane en France et peut librement exercer sa religion, dans le respect de la liberté de conscience garantie par la République Française. La Grande Mosquée de Paris, première mosquée d’envergure en France fut inaugurée en 1926.

    Des personnalités ouvertement musulmanes sont très nombreuses en France et à tous les niveaux de la société. On trouve des présidents d’universités parmi les plus importantes de France, des recteurs d’académie, des chefs d’entreprise, des préfets, plusieurs membres du Gouvernement et parlementaires de confession musulmane sans que cela ne pose aucun problème en France.

    La laïcité, la liberté d’expression

    La deuxième phrase critiquée est : 

    « Nous défendrons la liberté que vous enseigniez si bien et nous porterons haut la laïcité. Nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d’autres reculent. Nous offrirons toutes les chances que la République doit à toute sa jeunesse sans discrimination aucune. »

    Emmanuel Macron

    Elle a été traduite de façon très négative en laissant entendre que le Président de la République promouvait les caricatures du prophète Muhammad. Rappelons que ces propos sont prononcés lors de l’hommage national à un enseignant décapité par un terroriste se réclamant de l’islam suite à une séquence où Samuel Paty a proposé de montrer en classe quelques caricatures non pas pour insulter l’islam, mais pour expliquer la liberté d’expression. 

    Conformément à l’esprit de ces caricatures, qui ne sont accessibles que si on achète le journal qui les publie, il a proposé aux élèves musulmans de ne pas les regarder.

    Emmanuel Macron, au moment où il prononce cette phrase, se trouve face au cercueil de ce professeur. 

    Emmanuel Macron face au cercueil de Samuel Paty

    Il insiste sur la liberté d’expression et indique que la France ne limitera jamais la liberté d’expression, et notamment celle de dessiner. Il ne prononce jamais le nom du Prophète de l’Islam mais indique que le terrorisme ne fera pas reculer la liberté d’expression car ce ne sont pas, en France comme partout ailleurs, les terroristes qui font la loi.

    Certaines critiques indiquent que la France restreint la liberté d’expression sur certains sujets et notamment sur le génocide des juifs durant la seconde guerre mondiale. En effet, contester publiquement le génocide des juifs est interdit en France car notre pays considère qu’il s’agit d’un fait historique incontestable et que 6 millions de juifs ont bien été exterminés durant le seconde guerre mondiale. Par contre, rien n’interdit de critiquer des croyances religieuses en France, quelles qu’elles soient et les journaux ne s’en privent pas, que ce soit la religion juive, les religions chrétiennes et la religion musulmane.

    Il est également reproché la laïcité française d’être contre les religions. 

    C’est évidemment entièrement faux : la laïcité permet de séparer la religion de l’Etat et donne justement une autonomie aux cultes religieux qui ne sont limités que par les lois civiles de la République. Il n’y a donc pas, en France de ministère des religions comme dans plusieurs pays, qui interfère dans l’exercice du culte religieux. Les religions sont donc libres de faire ce qu’elles veulent à condition de ne pas s’occuper des affaires de l’Etat en retour.

    La laïcité est également garante de la liberté absolue de conscience : chaque français est libre de croire ou de ne pas croire et les croyants sont protégés individuellement. Nul ne peut être discriminé en fonction de sa religion pour quelque motif que ce soit.

    La laïcité se double également d’un principe de neutralité de l’Etat et de ses agents. Autrement dit, tous les signes religieux trop visibles sont interdits chez les fonctionnaires d’Etat, mais aussi à l’école publique jusqu’à la fin du lycée. Il est possible de porter des signes discrets mais pas des signes apparents dans ce cadre. Cette interdiction n’est pas en vigueur à l’université où les étudiants peuvent porter le signe religieux qu’ils souhaitent.

    La France mène un combat contre le terrorisme aux côtés de ses alliés parmi lesquels de nombreux pays musulmans. Elle mène ce combat en combattant les extrémistes et les radicaux de toutes tendances mais aussi en combattant ceux, parmi les religieux, qui veulent remettre en question la laïcité et interférer dans les affaires de l’Etat. Cela a été le cas notamment avec des franges catholiques radicales opposées à des lois de la République tout comme c’est le cas contre des organisations islamiques radicales qui menacent les bases de la République françaises, notamment en contestant la laïcité et en désignant des cibles à de potentiels terroristes.

  • Trump : Le pire des présidents n’a pas un si mauvais bilan

    Trump : Le pire des présidents n’a pas un si mauvais bilan

    Les Etats-Unis sont vraiment un grand pays. Ils peuvent avoir des Présidents médiocres, voire vraiment mauvais, et engranger des succès. Trump en est le meilleur exemple, la caricature des caricatures, « le pire des Présidents » selon Obama. Pendant son mandat, l’image des Etats-Unis s’est dégradée dans la quasi-totalité des pays du monde. Selon un récent sondage du Pew Research Center, il ne reste que 26% des Allemands qui ont une bonne image des Etats-Unis, encore 31% des Français, 35% des Canadiens, et seulement 41% des Britanniques, l’allié par excellence. Rarement un Président n’aura suscité autant de rejet, y compris aux Etats-Unis, y compris dans son parti.

    Pourtant, le bilan de Donald Trump n’est pas aussi mauvais que son image internationale. Difficile, de l’extérieur, de juger son action en politique intérieure, d’autant que le système américain ne laisse pas le Président décider de tout, loin de là.

    Ce qui explique d’ailleurs que les critiques qui lui sont faites quant à la gestion du Covid tiennent plus à la polémique, qu’il a souvent lui-même lancée, que d’une véritable évaluation. Maires et gouverneurs ont autant de latitude dans la gestion de l’épidémie que le Président.

    En ce qui concerne la réponse économique et sociale à la crise, l’administration Trump a été rapide et efficace. Les plans de relance sont massifs, -2.200 milliards de dollars- et si les Démocrates en veulent plus, c’est qu’ils sont dans le rôle confortable de l’opposition. On peut expliquer que la Fed et le Congrès y ont leur part de responsabilité, ce qui est vrai, mais la Présidence aussi.

    Une croissance économique inédite 

    Dans cette surenchère de dépenses publiques et d’ « helicopter money », plus personne ne reproche à Trump ce qui reste pourtant une tache inquiétante sur sa politique économique : l’abyssal déficit budgétaire. Hors Covid, le déficit s’était déjà accru de 1000 milliards de dollars, -4.6% du PIB, pire que la France. C’est aussi ce qui a permis le grand succès de Donald Trump : une croissance de 2.5%, supérieure en rythme à celle connue sous Obama et prolongée, malgré tous les pronostics. Jamais les Etats-Unis n’avaient connu une telle période de croissance. On peut toujours dire qu’il n’y est pour rien, si cela avait été une récession, on le lui reprocherait. D’autant que sa politique de baisses d’impôts n’est pas étrangère à ce succès. L’impôt sur les sociétés a baissé de 35% à 21% et cela eu un effet considérable sur l’économie américaine.

    Il lui a été beaucoup reproché d’avoir baissé l’impôt des riches, sans relever que le chômage est à son plus bas, il est descendu de 4.7 à 3.5%. Le taux de pauvreté a baissé de 12.5% à 10.5% avant la coronacrise, soit son taux le plus faible jamais enregistré aux Etats-Unis.  L’accroissement du pouvoir d’achat des plus pauvres a été le plus important jamais enregistré. Les salaires ont augmenté de 3% par an en moyenne. Ce qui explique un soutien populaire qui reste élevé à la grande surprise des commentateurs européens, qui enregistrent surtout le talent de Trump pour mettre de l’huile sur le feu des maux de la société américaine. Trump aime le conflit, en politique intérieure comme en politique extérieure.

    Des baisses d’impôts efficaces, le protectionnisme en échec

    Ce succès économique se double d’une rhétorique agressive et d’une politique protectionniste. Elle n’a quasiment eu aucun effet sur le commerce extérieur. Elle aurait couté, selon Oxford Economics, 500.000 emplois et 0.5% de croissance. Ce ne sont pas les Chinois qui paient les droits de douane mais les contribuables et les entreprises américaines. Le déficit commercial américain n’a pas diminué, malgré le fait, pour les Etats-Unis, d’être devenu en 2018 exportateur net d’hydrocarbures grâce au gaz et au pétrole de schiste. 

    Les attaques contre l’Union européenne ont resserré les liens entre les pays membres. Ils n’ont pas renoncé à la taxe Gafa, engrangent les surplus commerciaux, continuent de signer des accords de libre échange.

    La renégociation des accords Alena avec le Mexique et le Canada n’a pas provoqué de relocalisation d’emplois industriels. La guerre commerciale avec la Chine non plus. Elle n’a même pas diminué le déficit commercial bilatéral.

    Le conflit avec la Chine, un axe stratégique 

    Il n’empêche : Personne ne reproche à Trump le durcissement de la politique américaine vis-à-vis de la Chine. Les Européens commencent à le suivre, surtout depuis les pressions sur Hong Kong et Taïwan.  Joe Biden, s’il est élu, ne reviendra pas sur ce qui est désormais perçu comme un axe stratégique de la politique étrangère américaine, qui fait consensus dans l’opinion publique américaine. La Chine communiste remplace la Russie comme rival géopolitique, idéologique et économique. 

    Sans doute Joe Biden reviendra-t-il sur l’attitude agressive vis-à-vis de l’Europe. Mais il n’est pas certain qu’il revienne sans négocier dans le cadre des accords de Paris, ni qu’il change d’attitude sur la taxe numérique ou Nordstream2.

    Pas sûr non plus qu’il change fondamentalement d’attitude vis-à-vis de l’Iran. Au Moyen-Orient, Trump n’a pas été plus fiable qu’Obama avec ses alliés et soutiens, et le retrait américain, dans le désordre, a laissé le champ libre aux Russes, Iraniens et Turcs. Avec, en sous main, l’intérêt et l’appui de la Chine.

    Mais Trump peut se targuer de succès qu’aucun président depuis Clinton n’avait obtenu, de quoi se moquer du prix Nobel d’Obama. Alors qu’on prédisait le pire après l’installation à Jérusalem de l’ambassade américaine, la question palestinienne est devenue un conflit quasiment local. Après l’Egypte et la Jordanie, de nouveaux pays arabes ont établi des relations diplomatiques avec Israël. Minimiser cette nouvelle donne serait de l’aveuglement. Elle est structurelle, c’est un changement considérable, historique, pour la région. 

    Succès pour la paix entre Israël et les pays arabes 

    Ce qui a marché au Moyen-Orient (ce qui ne signifie pas qu’il y tout réussi, mais quel dirigeant américain peut se targuer d’avoir réussi au Moyen Orient ?) n’a pas vraiment fonctionné en Corée et en Asie, mais explique peut-être cette audace qu’ont les inconscients ou les matamores et qu’illustre sa tentative avec la Corée du Nord. Comme si Trump avait refusé de voir que la Corée était un pays vassal de la Chine ; comme si, sûr de son charme, il croyait pouvoir chiper la fiancée de son rival Xi Jinping. Il s’est fait manipulé, il reste le seul à ne pas le voir. Sur le fond, ce n’est pas très grave, la stratégie américaine dans le bassin pacifique et en mer de Chine ne repose pas sur la Corée du nord, même si cette connivence surprenait et inquiétait ses alliés.

    Son retrait du Traité de Partenariat a laissé la place à la Chine. De même que son hostilité aux organisations internationales a permis à la Chine de développer une vraie stratégie d’alliances et de points d’appui. Biden, s’il est élu, reviendra sans aucun doute sur les retraits américains, il aura l’avantage de négocier le retour de l’Amérique en position de force, que ce soit à l’OMS, OMC ou l’Unesco, car il faut aussi reconnaitre que les critiques américaines ne sont pas toujours infondées. L’influence de la Chine sur l’OMS lors de la crise du Coronavirus l’a montré. 

    Sa politique mieux jugée que sa personnalité 

    Au total, l’Amérique de Trump est sans doute plus divisée qu’auparavant, elle est plus isolée, elle a refroidi ses alliés et inquiété ses amis, elle fait moins rêver, mais elle n’est pas moins attirante, son économie est structurellement plus forte.

    Comme la crise du coronavirus a plongé l’économie américaine, comme les autres, dans la récession, Trump n’en profitera pas. Le virus chinois l’a cloué. D’autant qu’à force de donner des coups de boutoir dans le système, il est vu comme une vraie menace pour le système démocratique. 

    Rares sont ceux qui le regretteront sur la scène internationale. Son caractère imprévisible inquiète ses alliés et maintient ses adversaires en alerte, voire leur a laissé le champ libre. Mais tout n’est pas à jeter dans la politique de Trump, et certains axes forts resteront. Quand on aura oublié sa personnalité, sa politique sera jugée plus objectivement.

    Le savoir faire de Biden

    Pour l’instant, à quelques jours du vote final, il semble qu’il a perdu toute chance de l’emporter. De nombreux analystes s’aventurent même à prédire un raz de marée démocrate. Biden semble avoir réussi à unifier -grâce à Trump- les Démocrates. Après 45 ans de vie publique son plus grand talent est de ne pas laisser voir trop précisément ce qu’il fera une fois Président. Il ne faut pas forcément le lui reprocher, c’était pareil pour Kennedy. Il ne faut donc pas mésestimer son savoir faire politique.

    La principale certitude que l’on peut avancer sur l’élection américaine, c’est donc que certaines des politiques définies sous la présidence Trump ne seront pas remises en cause par Biden, ni par le successeur de Biden, quel qu’il soit. Ce qui permettra à Trump de continuer à se prendre pour un génie, au moins sur Twitter. 

  • La France souhaite que l’UE fasse preuve d’ambition dans sa prochaine loi sur les services numériques

    La France souhaite que l’UE fasse preuve d’ambition dans sa prochaine loi sur les services numériques

    Pour la France, la réglementation sur les contenus en ligne dans le cadre du prochain paquet relatif aux services numériques (DSA) ne devrait pas se limiter uniquement au matériel illégal, mais devrait également couvrir la désinformation et les publications nuisibles.

    « D’après les autorités françaises, la limitation de la portée du DSA aux seuls contenus illégaux serait une erreur, car elle n’assurerait pas une lutte efficace contre les contenus illégaux ni ne garantirait la liberté d’expression », peut-on lire dans un document non officiel.

    « Au contraire, le champ d’application de la réglementation devrait couvrir l’ensemble de la fonction de modération assurée par les plateformes en ligne, y compris les contenus illégaux ainsi que tout contenu interdit par la plateforme, comme les publications nuisibles, mais légales et la désinformation. »

    La France souhaite la suppression du principe du pays d’origine

    D’après le texte, le « principe du pays d’origine » de la directive de 2000 sur le commerce électronique, selon lequel les fournisseurs de services ne doivent se conformer qu’aux lois de l’État membre dans lequel ils sont légalement établis lorsqu’ils opèrent à travers le bloc, devrait éventuellement être abandonné.

    « Au sein de l’UE, les prestataires devraient également respecter la législation nationale de l’utilisateur en matière de contenus illicites, quel que soit le pays d’établissement de la plateforme, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’UE »,indique le document.

    Les autorités françaises ont récemment relevé la barre en ce qui concerne la future réglementation des contenus en ligne, après avoir appris qu’une campagne avait fait surface sur les médias sociaux contre l’enseignant Samuel Paty, avant son assassinat.

    En effet, d’après les procureurs antiterroristes, M. Paty avait fait l’objet d’une campagne de haine en ligne après une de ses leçons pendant laquelle il avait montré des caricatures du prophète Mahomet, et ce dans le cadre d’un cours sur de la liberté d’expression.

    Cependant, le texte non officiel français aurait été rédigé par les autorités avant la tragédie, et serait donc en cours de modification.

    La loi sur les services numériques constitue un plan ambitieux à l’échelle européenne visant à réglementer les services en ligne. Elle couvrira plusieurs domaines de l’économie des plateformes, notamment la responsabilité pour le contenu, la dominance du marché, la publicité, la sécurité, les contrats intelligents, le travail indépendant en ligne et les prochains cadres de gouvernance.

    Le paquet de mesures doit être dévoilé par la Commission européenne le 2 décembre.

    De son côté, l’industrie numérique a tenu des mots durs à l’encontre de la position française.

    Dans une prise de position publiée début octobre, EDiMA, une association regroupant les principaux acteurs de l’économie des plateformes en Europe, a demandé que la prochaine loi européenne sur les services numériques introduise une « base juridique pour agir » sur l’hébergement de contenus illégaux, tout en évitant, pour l’instant, de réglementer les publications nuisibles.

    « En cas d’activité dite “nuisible”, mais pas illégale, un fournisseur de services devrait définir la limite entre la liberté d’expression et le droit à l’information et le préjudice éventuel causé aux utilisateurs », indique le document, soutenu par les membres de l’EDiMA tels que Google, Amazon, Facebook et Apple.

    Un article de notre partenaire

  • Sécurité des expatriés : « Risque réel » – Quai d’Orsay

    Sécurité des expatriés : « Risque réel » – Quai d’Orsay

    La tension continue de monter autour des caricatures alors que la France se prépare à se reconfiner. La sécurité, des expatriés et des rares touristes, est menacée selon le Ministère des Affaires étrangères français.

    Mardi 27 octobre, 40.000 personnes ont défilé contre la France au Bangladesh. En Libye comme à Gaza, les photographies d’Emmanuel Macron et le drapeau ont été brûlés. L’Algérie et le Maroc ont condamné les caricatures comme une « insulte à l’Islam ».

    Le boycott des produits français s’étend lui aussi. Lundi, le président turc Recep Tayyip Erdoğan avait appelé sa population à boycotter les produits français, boycott déjà effectif dans d’autres pays tels que la Jordanie ou le Qatar.

    Des manifestations qui peuvent déraper

    Les manifestations qui ont eu lieu dans certains pays musulmans inquiètent les autorités françaises. Ce mercredi, le Quai d’Orsay a mis à jour ses conseils voyages.

    « Dans plusieurs pays se sont développés au cours des derniers jours des appels au boycott de produits français, notamment agro-alimentaires, ainsi que plus généralement des appels à manifester contre la France « 

    Le ministère français des Affaires étrangères sur son site.

    Les mises à jour concernent déjà sept pays musulmans : Soudan, Bahreïn, Koweït, Turquie, Indonésie, Bangladesh et Mauritanie.

    le Quai d’Orsay qui recommande aux Français de faire preuve de vigilance notamment dans les lieux fréquentés par les touristes et les communautés expatriées.

    « Il convient d’éviter les zones où se tiennent ces manifestations, de rester à l’écart de tout rassemblement et de suivre les consignes de l’ambassade de France »

    Le ministère français des Affaires étrangères sur son site

     la Syrie, la Cisjordanie ou encore l’Irak ont aussi connu des manifestations. Attisée depuis Istanbul, la haine anti-français va-t-elle s’installer ?

  • La Société Générale Française de Bienfaisance de Barcelone fête ses 175 ans !

    La Société Générale Française de Bienfaisance de Barcelone fête ses 175 ans !

    Une des plus vieilles associations françaises à l’étranger

    Le 31 août 1845, Ferdinand de Lesseps, Consul de France à Barcelone, créa une association ayant pour but d’aider nos ressortissants en difficulté sous la dénomination « Société Française de Bienfaisance ». Réunis ce 27 octobre pour l’assemblée générale, c’est l’occasion pour lesfrancais.press de souhaiter un joyeux anniversaire à l’association et à ses membres.

    Le 18 février 1852 y fut ajouté une Caisse de Prévoyance qui fonctionna comme section de la Société Française de Bienfaisance qui assurerait aux membres de l’association des soins en cas de maladie et des secours pour infirmité ou vieillesse.

    Le 1er février 1857, l’association va plus loin. En constituant «les Écoles Françaises de Barcelone» qui fonctionnent sous forme d’une section de la Société de Bienfaisance, elle participe à l’essor du réseau.

    Enfin, le 18 février 1898 une Assemblée Générale de l’ensemble des trois sections : Bienfaisance – Prévoyance – Écoles décide de créer la « Société Générale Française de Bienfaisance » qui englobe lesdites sections.

    La Société Générale Française de Bienfaisance est gérée par un Conseil d’Administration dont les membres sont élus pour 4 ans. 5 membres du conseil constituent le bureau exécutif.

    Le Consul Général de France en poste à Barcelone est automatiquement Président d’Honneur de la Société Générale Française de Bienfaisance. Coté opérationnel, c’est Serge Bourgeois qui préside à la destinée de l’association depuis plus de 6 ans.

    Mais ancrée dans son siècle

    En 2009, l’association crée la « Fondation privée École Française Ferdinand de Lesseps » dirigée par 6 membres « patronos » dont le Président et le Vice Président de la Société Générale Française de Bienfaisance.

    L’École française Ferdinand-de-Lesseps, scolarisant les enfants de la petite section de maternelle au cours moyen deuxième année (CM2), est une école privée appartenant au réseau de l’Aefe (Agence pour l’enseignement français à l’étranger). Elle a signé une convention avec l’agence, à ce titre, elle respecte scrupuleusement le programme de l’Education nationale française.

    Aujourd’hui, l’association continue en plus de ses missions éducatives à soutenir nos compatriotes en difficulté en Espagne. Elle apporte une assistance mensuelle à plus de 30 familles sur la région catalane. Les membres de l’association interviennent aussi de façon épisodique auprès de Français en grande précarité. Ainsi, ils ont pu aider au rapatriement, mais aussi reloger des compatriotes condamnés aux locations à courte durée.. Plus que des services, ils peuvent aussi contribuer à un mieux vivre pour les plus faibles expatriés, en aidant, par exemple, à l’achat d’appareils auditifs pour nos ainés ou porter assistance dans les démarches administratives.

    Disposant d’un site internet, l’association est facilement identifiable. Les citoyens français qui participent aux actions sont aussi accessibles et disponibles et ne comptent pas leurs heures.

    Une association historique qui a su réinventer à chaque époque. Un exemple pour les nombreuses associations qui se constituent dans le monde au fil des arrivées de Français aux quatre coins de la planète.

  • Un Consul honoraire, pour quoi faire?

    Un Consul honoraire, pour quoi faire?

    Placées sous la responsabilité et le contrôle de l’ambassade de France dans leurs pays, les agences consulaires étendent le réseau consulaire au plus près des ressortissants français. Elles sont gérées par un(e) consul(e) honoraire.

    Les consul(e)s honoraires sont des personnalités, françaises ou non, qui ont accepté d’exercer localement des fonctions de représentation et une mission générale d’appui à l’action diplomatique, culturelle et économique de la France. Ils ou elles apportent également une assistance aux Français résidents ou de passage.

    Les consul(e)s honoraires ne sont pas des agents de l’État mais des particuliers qui exercent leurs fonctions à titre bénévole.

    Quels services dans les agences consulaires ?

    Une agence consulaire a pour mission essentielle la protection des français et de leurs intérêts dans la localité de sa résidence et le devoir de rendre compte aux autorités consulaires françaises des événements intéressant ces autorités. Par l’attribution de certaines compétences, il peut, en outre, délivrer ou faciliter l’obtention de documents administratifs.

    Des interventions auprès :

    • de la police lors de l’arrestation d’un Français ou d’un litige, accident
    • des prisons détenant des Français
    • des hôpitaux
    • des autorités administratives pour la délivrance de certificats (de décès par exemple)

    L’établissement de documents :

    • certificat d’existence
    • certificat administratif

    N’hésitez pas à vous adresser à votre agence consulaire qui saura vous conseiller, vous aiguiller dans vos démarches en vous redirigeant, si nécessaire, vers le Consulat général.

    Quel statut pour les consuls honoraires ?

    Le statut des fonctionnaires consulaires honoraires français est déterminé par le décret n° 76-548 du 16 juin 1976 relatif aux consuls généraux, consuls et vice-consuls honoraires et aux agents consulaires.

    Les fonctions consulaires honoraires étant exercées à titre bénévole, les intéressés ne perçoivent pas de traitement du ministère des affaires étrangères, mais ils conservent les droits de chancellerie, « à titre de frais de bureau et d’honoraires ». Le cas échéant, ils peuvent percevoir une subvention pour insuffisance de recettes. C’est notamment le cas lorsqu’ils louent des bureaux ou emploient un salarié. Cependant, cette subvention étant versée avec retard, certaines agences doivent faire l’avance de leurs frais de fonctionnement à l’État, de sorte que les fonctionnaires consulaires honoraires sont parfois contraints de faire peser sur leur activité professionnelle des charges de trésorerie liées à leur fonction consulaire.

    Cette situation engendre des difficultés, notamment de recrutement.

    Créer un cadre juridique rassurant

    Avec la crise sanitaire, les Consuls honoraires ont souvent été sollicités pour apporter assistance aux Français de l’étranger. Face aux mesures liées à la pandémie, ils ont du se mobiliser pour informer, mais aussi aider à déposer des demandes d’aides auprès des Etats locaux ou auprès du Consulat dans le cadre du Fonds d’Urgence aux Français hors de France. Etant habilités à remettre des passeports, ils furent souvent au coeur des dispositifs de rapatriement. Enfin, ils ont été appelés dans les hôpitaux pour assurer des tâches de traduction.

    Toutes ces missions sont indispensables et entrainent des responsabilités morales mais aussi légales du Consul honoraire envers le citoyen français mais aussi l’Etat de résidence. Et pourtant ces fonctionnaires bénévoles ne disposent d’aucune protection juridique et ne peuvent se reposer que sur eux-même en cas de mise en cause devant un tribunal.

    Face à ce constat, en juin, le sénateur Olivier Cadic (UDI), à la demande de plusieurs consuls honoraires, avait requis auprès du ministère des affaires étrangères la mise en place d’une assurance d’Etat pour couvrir la responsabilité civile des Consuls honoraires. Le sénateur en profitait pour demander aussi la création d’une garantie individuelle pour les risques liées à la maladie et aux accidents. Ancien résident en Grande-Bretagne, Olivier Cadic soulignait dans sa question au gouvernement que le Royaume-uni a mis en place un tel dispositif pour ses Consuls honoraires.

    Ce 22 octobre le gouvernement a repoussé l’idée en donnant sa réponse au sénateur. Il indique que le système mis en place par le Royaume-Uni “n’a pas vocation à être répété ni étendu”. Le ministère rappelle que les consuls honoraires “ne relèvent pas du statut d’agent de droit public de l’Etat”. Ils ont donc juste le droit de servir la France… en silence.

  • L’anomalie finlandaise

    L’anomalie finlandaise

    La Finlande qui a jusqu’à maintenant plutôt bien géré l’épidémie, fait figure d’exception en Europe. Le taux de mortalité compte parmi les plus bas d’Europe avec environ cinquante décès par million d’habitants, soit deux fois moins qu’en Allemagne et dix fois moins qu’en Suède ou en France.

    Peu de restrictions dues à la covid

    Les mesures de restriction y ont été plus faibles que dans la plupart des autres pays d’Europe. L’économie a été ainsi moins touchée. Au deuxième trimestre, le PIB s’est contracté de 4,5%, soit moitié moins que la moyenne des pays européens. 

    Le gouvernement finlandais a décidé malgré tout la mise en place d’un plan de soutien à son économie. Il a ainsi mis en place des mesures de soutien comportant des mesures d’aides directes aux entreprises, une augmentation de l’indemnisation du chômage et des prestations sociales ainsi qu’une baisse temporaire des cotisations retraite du secteur privé. Le ministère des Finances finlandais estime que ces mesures s’élèveront à un total de 6 milliards d’euros en 2020, soit environ 2,5 % du PIB de 2019. Comme dans les autres pays européens, le gouvernement a mis en œuvre des garanties de prêts pour plus de 10 milliards d’euros (4,2 % du PIB). Il a aussi prévu de recapitaliser certaines entreprises et d’assouplir le calendrier de paiement des impôts.

    Un plan de relance massif 

    Le FMI estime que l’ensemble des mesures (fiscales, de liquidité et réglementaires) du gouvernement pourrait représenter un stimulus équivalant à près de 30 % du PIB. Si la situation économique de la Finlande reste correcte au regard de la situation, elle demeure fragile car le pays est très dépendant des échanges de biens intermédiaires, ce qui le rend vulnérable aux perturbations des chaînes d’approvisionnement. 

    Le ralentissement du commerce international pourrait peser durablement sur la Finlande qui s’est fait une spécialité d’exportateur de produits à forte valeur ajoutée. Comme les autres pays européens, le pays devra gérer durant des années la facture covid-19. Le déficit public devrait atteindre, cette année, plus de 8 % du PIB et le ratio de dette publique sur PIB devrait s’accroitre de plus de douze points, à plus de 70%. Ce ratio demeure néanmoins bien plus faible que celui de la moyenne européenne. 

    La retraite indexée sur l’espérance de vie

    En Finlande, la question des retraités est également au cœur des débats en raison du vieillissement démographique. En 2014, le gouvernement a mis en place des réformes pour relever l’âge de la retraite à 65 ans et l’indexer sur l’espérance de vie à partir de 2027. 

    Le ratio de dépendance démographique des personnes âgées – défini comme le ratio entre le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans et celui de personnes en âge de travailler –, est de l’ordre de 36% en 2020. Il est parmi les plus élevés d’Europe, et, d’après Eurostat, il devrait atteindre près de 50% en 2050 et plus de 60% en 2100. 

    La Finlande apparait en bonne position au-delà de sa dépendance au commerce extérieure et du vieillissement démographique, pour rebondir rapidement à la fin de l’épidémie. La présence d’entreprises de haute technologie qui sont les gagnantes de la crise actuelle constitue un réel atout pour ce pays de 5 millions d’habitants qui est toujours classé triple A par les agences de notation.

  • Des pays arabes contre le boycott turc.

    Des pays arabes contre le boycott turc.

    Alors que le Président turc Erdogan a pris la tête de la campagne pour le boycott des produits français (liée aux caricatures), les pays européens ne sont pas les seuls à se montrer solidaires de la France. En Arabie saoudite, en Egypte et aux Emirats, une contre campagne s’organise.

    Le Conseil des Oulémas du royaume saoudien a publié un communiqué pour constater que  « diffamer les prophètes et les messagers ne leur fera jamais de mal, mais ne servira que les extrémistes qui veulent répandre des appels à la haine parmi les communautés ». Une position modérée quand on se rappelle les termes de la condamnation du Danemark.

    Modération en Arabie 

    Elle rejoint celle exprimée par le Secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, Mohammed Al Issa, ancien ministre de la justice saoudien, qui a déclaré à la chaine de télévision Al Arabiya : « les caricatures sont juste des bulles sans valeur ». « La place de la religion ne sera pas affectée par la folie et les guerres menées contre elle par la satire ignorante » a ajouté ce proche du Prince Ben Salman. 

    Mohamed Al Issa expliquait, après l’assassinat du Professeur Paty: «Des musulmans -ou ceux qui prétendent l’être- ont donné une mauvaise image de notre religion par leur extrémisme, leur fanatisme ou la violence du terrorisme. Ils ne sont en rien des représentants de l’islam et si nous leur trouvions des excuses, nous serions comme eux».

    En septembre 2019, à Paris il avait déclaré : «Tous les musulmans d’Europe doivent respecter les constitutions, les lois et les cultures des pays dans lesquels ils vivent. Ils ne doivent pas accepter l’importation de fatwas et d’idées étrangères».

    Ne pas jeter d’huile sur le feu 

    Aux Emirats arabes unis, le conseiller du Prince Mohamed Ben Zayed,  Abdelkhalek Abdellah, n’a pas hésité à accuser les Frères musulmans et la Turquie d’être derrière la campagne contre l’économie française.

    En Egypte, des chaines de télévision rappellent l’importance des entreprises et des investissements français et ont repris l’intervention d’Al Issa. 

    Cette modération s’explique d’une part par la volonté de ne pas jeter de l’huile sur le feu, mais aussi par la volonté de faire barrage à la Turquie. Egypte, Arabie, Emirats, sont en lutte avec l’alliance formée par les Frères musulmans sunnites, la Turquie et l’Iran.

    Ambigüité marocaine 

    La position du Maroc est ambiguë. Le gouvernement marocain est proche de la Confrérie, mais proche aussi de la France. Le Royaume a évité de s’en prendre directement au Président français et à la France mais a condamné « vigoureusement la poursuite de la publication des caricatures outrageuses à l’Islam et au prophète » dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. « Le Royaume du Maroc dénonce ces actes qui reflètent l’immaturité de leurs auteurs (…) La liberté d’expression ne saurait, sous aucun motif, justifier la provocation insultante et l’offense injurieuse de la religion musulmane ».

    Mais le gouvernement marocain rappelle sa « condamnation de toutes les violences obscurantistes et barbares prétendument perpétrées au nom de l’Islam ». Il appelle enfin à « cesser d’attiser le ressentiment et à faire preuve de discernement et de respect de l’altérité ».  Rien, en tout cas, qui légitime un boycott des produits français ou de la France.

    Fragilités turques

    Quant à la Turquie, elle peut craindre un boycott en retour de la part de l’Union Européenne, car, normalement, toute mesure prise contre un des membres de l’Union entraine la réaction de l’ensemble de l’Union. L’économie turque ne supporterait pas des sanctions européennes. La Livre turque continue de s’effondrer. L’économie turque est au bord du gouffre, ce qui explique d’ailleurs la tentative d’Erdogan d’utiliser la religion pour rassembler autour de lui et trouver des boucs émissaires.

    La Quai d’Orsay a lui aussi publié un communiqué  dénonçant les appels au boycott qui « dénaturent les positions défendues par la France en faveur de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de la liberté de religion et du refus de tout appel à la haine». 

  • Covid-19 : les frontières de l’UE devraient-elles rester ouvertes ?

    Covid-19 : les frontières de l’UE devraient-elles rester ouvertes ?

    À la suite d’une réunion avec les ministres européens à la Concurrence, le ministre allemand de l’Économie Peter Altmaier s’est prononcé en faveur de l’ouverture des frontières à travers le navire européen. Un article d’Euractiv Allemagne.

    La fermeture des frontières n’était pas la bonne réaction à adopter face au nombre grandissant des cas d’infections par le nouveau coronavirus, a déclaré Peter Altmaier lors d’une réunion informelle des ministres européens à la Concurrence qui s’est tenue vendredi 23 octobre et dont il était le président. Des propos appuyés par le commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton, selon qui une nouvelle fermeture des frontières ne devrait avoir lieu « sous aucun prétexte », car le marché intérieur de l’UE ne peut pas être démembré.

    Ce n’est pas la première fois que le gouvernement allemand met en garde contre la fermeture des frontières. La chancelière allemande Angela Merkel a d’ailleurs admis que la fermeture des frontières allemandes plus tôt dans l’année en réaction à la pandémie était « un réflexe national » et « surtout déraisonnable ».

    Toutefois, la Bavière n’exclut pas de réinstaurer des contrôles à ses frontières, comme l’a annoncé le ministre bavarois de l’Intérieur Joachim Herrmann (CSU) la semaine dernière. « Les discussions sur les contrôles aux frontières pourraient reprendre si la situation échappe à tout contrôle dans les pays voisins », avait-il indiqué dans un entretien avec Funke Mediengruppe.

    Tandis que le taux d’infection augmente fortement dans toute l’Europe, la situation devient également particulièrement préoccupante dans le Land allemand. La circonscription de Berchtesgaden a d’ailleurs imposé un confinement de deux semaines à ses 105 000 habitants, ordonnant la fermeture des commerces, restaurants et écoles. Le ministre de la Santé Jens Spahn (CDU) a salué les mesures prises, tout en admettant, lors d’un entretien avec ZDF, que les prochaines semaines seraient difficiles pour la population.

    Exclusion en demi-teinte ? 

    En outre, lors de la réunion, les ministres se sont accordés sur l’importance de la souveraineté technologique du bloc, notamment dans le cadre du développement de la 5G. « Nous disposons de bons fournisseurs, nous sommes bien préparés », a souligné M. Breton. Parallèlement, celui-ci a déclaré ne pas vouloir exclure les prestataires de pays tiers d’emblée, avançant que « nous accueillons tout le monde, mais ils doivent connaître nos règles », également en matière de sécurité.

    Le commissaire européen fait ici référence aux débats actuels concernant les fournisseurs de 5G chinois, en particulier Huawei. Plusieurs acteurs européens craignent que le matériel de ces firmes soit utilisé par Pékin à des fins d’espionnage ou de sabotage.

    Les discussions à cet effet sont toujours en cours en Allemagne : Berlin joue les funambules. Tandis qu’Angela Merkel ne veut exclure personne – contrairement à Boris Johnson -, les sociaux-démocrates partenaires de la coalition au pouvoir appellent à la mise en place de mesures de sécurité strictes.

    Les constats préliminaires de ces entretiens devraient aboutir sur une réforme de la loi concernant la sécurité informatique, selon laquelle les fournisseurs 5G seront non seulement soumis à un examen d’ordre technique, mais également d’ordre politique. En cas de risque d’ingérence de la part du prestataire, le gouvernement peut décider de l’exclure. Le projet devrait bientôt être débattu par le cabinet ministériel, reste à voir si et quel ministère opposerait son veto. Par ailleurs, il incombe aux autres États membres d’emboîter le pas, ou non.

    Nouveaux projets communs

    L’année prochaine, la Commission européenne devrait également présenter une nouvelle stratégie industrielle afin de garantir la concurrence du bloc à l’avenir. De plus, Peter Altmaier souhaite renforcer les projets importants d’intérêt européen commun – des projets soutenus financièrement par les 27 afin de faire avancer la recherche dans le domaine des sciences et du développement.

    Dernièrement, le ministre allemand de l’Économie a notamment utilisé cet instrument dans le cadre du projet « Gaia-X », visant à mettre en place une infrastructure de « cloud » à l’échelle européenne. La France y avait d’ailleurs largement pris part. Désormais, M. Altmaier entend utiliser les projets susmentionnés afin de stimuler la production d’énergie à partir de l’hydrogène. À l’issue de la réunion, cette initiative a été saluée par Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission européenne chargée de l’ère numérique.

  • La France trop humaniste?

    La France trop humaniste?

    « Voir la bêtise élevée aux plus hautes situations »[1] disait l’Ecclésiaste. Nous n’en sommes pas loin.

    Ainsi, sur une chaîne de télévision, un journaliste populaire, Eric Zemmour, pousse à la fin de sa diatribe : «  L’humanisme tue ». Si l’humanisme tue, qu’est ce qui sauve : l’inhumain ? A l’autre extrême du spectre politico médiatique, Mediapart explique qu’une « justice policière expéditive », en abattant le terroriste, a fait preuve de « barbarie »[2]. La Barbarie ne serait-elle pas de laisser les terroristes couper des têtes ?

    De la bêtise à la défaite

    Après l’odieux massacre du professeur Paty, les uns voudraient montrer des caricatures de Mahomet dans toutes les classes, les autres suspendre les Droits de l’homme, qui gêneraient notre combat. Les premiers oublient que le respect des enfants suppose de ne pas chercher à les heurter, les autres que parmi les «valeurs»  de la France, les Droits de l’homme occupent cette place de choix qui fait son honneur, sa grandeur, son unité aussi. S’en affranchir à chaque fois qu’une horreur se produit revient à donner victoire à ceux qui la haïssent.  

    Un franc-tireur, Dupont-Moretti, qui se demande parfois ce qui l’a amené au ministère de la justice, a le bon sens de rappeler :

    « Ce qui distingue la civilisation de la barbarie, c’est l’Etat de droit […]. S’en affranchir, sous le coup de l’émotion, signifierait que les terroristes ont gagné ». 

    Dupont-Moretti – Garde des sceaux

    La facilité avec laquelle la colère engendre la haine est banale et stupéfiante. Ici comme dans les pays musulmans.

    Respect de l’autre, primauté de la raison

    Notre civilisation se distingue de celles par cette conjugaison de primauté de la raison et du respect d’autrui. Le respect de l’autre s’affirme par les règles de droit, l’affirmation de la personne, de sa dignité, de sa liberté. La primauté de la raison rayonne par la confiance en la science, l’étude, la valorisation des connaissances, l’esprit critique. Conjuguer les deux est un exercice permanent, délicat, difficile, qui fait honneur à ceux qui l’exercent, et à ceux qui le transmettent, en première ligne : les enseignants.

    Les enseignants à l’étranger en première ligne 

    Et ceux qui l’enseignent à l’étranger sont dans une situation plus difficile et plus délicate que les autres. (C’est pourquoi le gouvernement devrait écouter les multiples alertes sur la ruine qui menace notre réseau d’enseignement à l’étranger).

    Aujourd’hui, dans beaucoup de pays musulmans, suite aux propos du Président de la République, les produits français sont boycottés. Beaucoup de Français ont peur. 

    Les enseignants expliqueront que si la liberté d’expression est la loi fondamentale, elle n’autorise pas l’insulte. L’injure est condamnable (in-juria signifie ce qui n’est pas dans le droit). « Ne pas renoncer aux caricatures », comme l’a dit Emmanuel Macron, ne veut pas dire que l’on en fait la promotion. Dire « je suis Charlie » ne signifie pas qu’on apprécie Charlie-hebdo. On peut même détester tel journal ou tel journaliste et défendre son droit à exister. La liberté d’expression suppose de laisser s’exprimer ce que l’on désapprouve.

    De même, la laïcité n’est pas une lutte contre les  religions. Elle installe un principe de neutralité, affirme la suprématie des règles de droit par rapport aux règles religieuses : c’est vrai pour le mariage, l’avortement, l’héritage, l’égalité entre les hommes et les femmes… elle différencie la censure et le blasphème.  

    Il n’y a pas d’affrontement entre la France et le monde musulman

    La laïcité respecte toutes les convictions religieuses. Ce serait une tragédie stupide que de souhaiter l’affrontement de la République et de l’Islam, de la France et du monde arabe. Ce serait la victoire du terrorisme. 

    Et cela n’aura pas lieu. 

    Qu’un Erdogan profite de cet état de crise pour insulter la France et se rêver en leader des islamistes révèle sa cause, son objectif et sa faiblesse. Il déteste la laïcité parce que la Turquie moderne a été bâtie sur elle. Les laïcs turcs sont ses adversaires. Les Frères musulmans agitent le monde arabe, mais la majorité du monde arabe ne veut ni des Frères, encore moins de la Turquie. Les déclarations des dirigeants de la ligue arabe de l’Egypte, d’Arabie saoudite, de Tunisie, après l’assassinat de Samuel Paty, le montrent clairement. 

    Aujourd’hui la vindicte place les Français en première ligne, du Maroc à l’Indonésie. Les provocations, les conflits et les haines alimentent les extrémistes. La France gagnera avec ses armes : la confiance, celle qu’inspire l’humanisme, la liberté, l’ouverture d’esprit, la culture, une modernité qui apaise, renforce, enrichit.

    La tâche de ceux qui enseignent à l’étranger est donc d’autant plus belle qu’elle est devenue de plus en plus difficile.

    Enseigner l’humanisme

    Beaucoup ont cité l’émouvante lettre d’Albert Camus remerciant son instituteur quand il reçut le prix Nobel. Il faut aussi rappeler la Lettre aux instituteurs de Jules Ferry[3], qui a créé l’enseignement républicain pour « assurer la liberté de conscience et des maîtres et des élèves ».  

    Ferry reste un bon guide: « Parlez (…) avec la plus grande réserve dès que vous risquez d’effleurer un sentiment religieux dont vous n’êtes pas juge ». « Ce que vous allez communiquer à l’enfant, ce n’est pas votre propre sagesse, c’est la sagesse du genre humain, c’est une de ces idées d’ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l’humanité. » Ce sont ces principes là qui abaisseront le fanatisme, l’injure et la bêtise.

    Laurent Dominati

    Editeur de lesfrancais.press. Ancien Ambassadeur de France au Conseil de l’Europe, ancien député de Paris. 


    [1] « Il y a un mal que j’ai vu sous le soleil, Comme une méprise échappée au souverain : La sottise élevée aux plus hautes situations. » Qohelet, X, 5

    [2]«  Applaudir une police qui tue de façon aussi sommaire et systématique les individus suspectés de terrorisme, c’est applaudir une barbarie c’est encourager la spirale mortifère des violences policières. », Mediapart, 

    [3] Lettre du 17 novembre 1883 adressée aux instituteurs par M. Jules Ferry sur l’application de la loi du 28 mars 1882.

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