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  • Besoin du passe vaccinal ? Mode d’emploi pour les expatriés

    Besoin du passe vaccinal ? Mode d’emploi pour les expatriés

    Vous êtes une ou un Français vivant hors de l’UE et vous avez été vacciné(e) dans votre pays de résidence ? Comme pour le passe sanitaire, il existe un dispositif mis en place par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pour obtenir le passe vaccinal désormais indispensable en France.

    Cette procédure permet aux expatriés français vaccinés avec des vaccins reconnus par l’Agence européenne des médicaments (AEM) ou équivalents à ces vaccins d’obtenir un passe vaccinal valable en France et dans l’espace européen. Pour l’avoir, il faut présenter une preuve de vaccination, avec une pièce d’identité et une preuve de résidence à l’étranger. Mode d’emploi !

    Vous avez déjà votre passe sanitaire ?

    Si vous avez déjà un passe sanitaire français valide, en ouvrant votre application #TousAntiCovid vous verrez qu’il s’est actualisé automatiquement et s’affiche désormais comme « passe vaccinal ».

    S’il s’est écoulé plus de 7 mois depuis votre 2e dose (attention ce délai passe à 4 mois, à compter du 15 février), ce passe vaccinal sera automatiquement désactivé. Si vous avez alors de nouveau besoin d’un passe vaccinal, vous pourrez redemander un code QR avec vos 3 certificats de vaccination, en suivant la procédure décrite ci-dessous comme pour les personnes sans passe sanitaire.

    Autre écueil à éviter, si vous êtes éligible à la dose de rappel, votre passe expire automatiquement 7 jours après la date limite à laquelle vous étiez censé recevoir votre dose de rappel, depuis le 15 janvier 2022, pour toutes les personnes âgées de 18 ans et plus. Pour savoir si vous êtes concerné par le rappel, consultez le simulateur de l’Assurance maladie Mon rappel Vaccin Covid.

    Aucun passe mais déjà vacciné(e) ?

    Comme pour le passe sanitaire jusqu’ici, il existe deux méthodes pour obtenir le nouveau passe vaccinal, soit en ligne en amont, soit en arrivant en France.

    Préparer son voyage en ligne  

    Avant de partir si vous répondez aux conditions de vaccination demandées, vous pourrez alors suivre les démarches en ligne en suivant le lien suivant : https://www.demarches-simplifiees.fr/commencer/passe-sanitaire-francais-de-l-etranger

    Pour cela, il vous faut disposer d’un compte service-public. Si vous n’en n’avez pas, vous pouvez en créer un en vous connectant avec vos identifiants fiscaux ou ceux qui vous permettaient de vous identifier auprès de la Sécurité sociale sur le site ameli.fr ! Si vous n’avez aucun identifiant, vous pouvez télécharger l’application Identité numérique du groupe La Poste, avec votre passeport et en suivant les instructions vous obtiendrez un accès universel à tous les services français.

    Obtenir son passe vaccinal en France

    Deuxième solution, c’est attendre d’être en France. Là aussi, il faudra pourtant vous organiser. Dès votre arrivée, il faudra vous rendre dans une pharmacie habilitée à vacciner (comme celle du Terminal 2E de l’aéroport CDG) ou chez un médecin. Selon les associations comme Français du Monde, la démarche en France permet de s’affranchir du caractère très aléatoire du délai d’obtention en ligne. On peut d’ailleurs très bien faire la demande une fois en France même si on a une demande en ligne en cours. Il faudra simplement penser à annuler celle-ci une fois votre passe obtenu.

    Une fois auprès du praticien, il faut avoir avec vous les 2 ou 3 preuves de vaccination, la version QR code mais aussi la version classique. Il faudra aussi avec vous soit une pièce d’identité avec votre adresse hors de France ou une preuve de résidence dans votre pays d’accueil. Dans tous les cas l’obtention du passe vaccinal est gratuite pour les ressortissants français, sur place en France, comme en ligne.

    Le passe vaccinal pour qui ?

    Pour demander un certificat vaccinal valable dans le cadre du « passe vaccinal »pour les plus de 16 ans ou du « passe sanitaire » pour les 12-15 ans en France, vous devez :

    • être de nationalité française ou ayant droit d’un ressortissant français ;
    • être âgé de 12 ans et plus. Les mineurs de moins de 12 ans ne sont pas soumis à l’obligation de passe sanitaire ;
    • être vacciné avec un vaccin accepté par l’Agence européenne des médicaments ou équivalent  ;
    • ne pas avoir été vacciné dans l’un des pays suivants : États membres de l’Union européenne , Albanie, Andorre, Arménie, Îles Féroé, Géorgie, Islande, Israël, Liechtenstein, Macédoine du Nord, Maroc, Moldavie, Monaco, Nouvelle-Zélande, Norvège, Panama, Royaume-Uni, Saint-Marin, Serbie, Suisse, Turquie, Ukraine, Vatican. Ces pays permettent l’obtention d’un certificat Covid numérique accepté en France ;
    • et être déjà en France ou dans l’Union européenne ou arriver en France bientôt.

  • Stéphane Vojetta, le député qui a défendu la binationalité franco-espagnole

    Stéphane Vojetta, le député qui a défendu la binationalité franco-espagnole

    Stéphane Vojetta est député des Français de l’étranger pour la 5ème circonscription, soit en péninsule ibérique. Arrivé en fonction le 6 octobre dernier, il a pris le relais de Samantha Cazebonne devenue sénatrice.

    2022 est une année placée sous le signe des élections comme nous le savons. La présidentielle sera suivie de peu des législatives, l’occasion pour LesFrancais.press de dresser un bilan du mandat présidentiel avec le député, et de savoir si personnellement il compte se représenter ou non. L’actualité chaude a également été abordée, avec les sujets de la double nationalité franco-espagnole et de la dématérialisation de la procédure pour renouveler ses papiers d’identité à l’étranger.

    La dématérialisation de la procédure de renouvellement de passeport

    Le secrétaire d’État au tourisme est aux Français de l’étranger, Jean-Baptiste Lemoyne, a annoncé lundi 31 janvier durant sa présentation des vœux pour l’année 2022, qu’une phase de test pour refaire son passeport en ligne allait être lancée dans le courant de l’année. Une démarche pensée pour les expatriés devant se rendre à leur consulat, souvent très éloigné de leur domicile. Pour l’instant, cela va être testé au Canada et au Portugal, deux pays où la communauté des Français hors de France est conséquente mais à taille humaine.

    Pour Stéphane Vojetta, député des Français du Portugal, « c’est une excellente nouvelle ». Effectivement, il défend le projet depuis sa prise de poste car de nombreux retours lui sont remontés quant aux difficultés pour prendre rendez-vous dans les consulats. Il espère vivement, que la période d’essai sera concluante et que la méthode pourra rapidement s’étendre au reste du monde.

    Bien qu’il ne connaisse pas exactement les techniques allouées pour remplir une demande de nouveau papier d’identité, il soumet plusieurs idées.

    La double nationalité franco-espagnole

    Le 27 janvier dernier a été voté en procédure accélérée, le texte de loi « autorisant la ratification de la convention relative à la nationalité entre la République française et le Royaume d’Espagne ». Autrement dit, les Français résidants en Espagne vont bientôt pouvoir demander la bi-nationalité.

    Effectivement jusqu’ici, seuls les Espagnols pouvaient être binationaux car la France ne demandait pas de contrepartie en échange de l’octroi de la nationalité française. A contrario, le gouvernement espagnol demandait aux Français souhaitant acquérir la nationalité espagnole, de se détacher de leur nationalité française.

    En mars 2021, s’est tenu un sommet à Montauban entre les deux chefs d’États pour revoir la convention internationale. Depuis, Stéphane Vojetta a été nommé responsable du texte par le groupe parlementaire LaREM pour le porter et le faire voter à l’Assemblé nationale.

    Dans le podcast, le parlementaire nous explique les règles à respecter pour pouvoir demander la binationalité, à quoi elle peut bien servir et combien de personnes elle concerne.

    « Je pense que c’est un pas symbolique, magnifique, qui démontre la proximité et le rapprochement entre nos deux pays. »

    Présidentielle et législatives

    Stéphane Vojetta ne se prononce pas sur sa volonté de se présenter aux prochaines législatives. A ses yeux, le plus important en ce moment, est de se concentrer sur les dossiers en cours, les Français de sa circonscription et pouvoir en faire le plus possible pour eux, en peu de temps. Il espère pouvoir être influent et actif à Paris, mais surtout en circonscription où il a « encore beaucoup à apprendre ».

    Depuis son arrivé à la tête de la circonscription, l’émissaire de Paris s’est attelé à connaitre au mieux les Français qu’il représente. Lui, le Français d’Espagne depuis dix-huit ans, reconnait en toute humilité qu’il a encore énormément à découvrir sur ses concitoyens du Portugal et des autres pays. C’est pourquoi il essaie d’aller à leur rencontre dès que possible.

    Par ailleurs, s’il ne parle pas de ses ambitions personnelles, il espère fortement que le président sortant va se représenter. Ainsi, il dresse fièrement le bilan du quinquennat d’Emmanuel Macron et confie avoir hâte d’aller le défendre en campagne.

    « Si Emmanuel Macron se représente, ce sera encore plus simple de le défendre car ce bilan est vraiment une incarnation du programme qu’il avait lancé en 2017. »

    Ecoutez le podcast avec Stéphane Vojetta

    Un podcast à retrouver sur toutes vos plateformes préférées

    Podcast liste
  • Deux ans après, quoi de neuf docteur ?!

    Deux ans après, quoi de neuf docteur ?!

    Depuis deux ans, l’économie mondiale compose avec la Covid-19. Après le choc des premiers confinements, elle a fait preuve d’une certaine résilience. Les acteurs se sont adaptés face aux différentes vagues de l’épidémie. La diffusion des vaccins à compter du début de l’année 2020 s’est accompagnée d’une reprise qui est devenue manifeste à compter de l’été dernier. En ce début 2022, une normalisation de la production et de l’emploi est en cours dans les pays de l’OCDE, dans un contexte financier restant porteur.

    La crise sanitaire a néanmoins laissé des traces profondes. Les taux d’endettement ont fortement augmenté tout comme l’offre de monnaie. Une déformation de la structure de la demande des services vers les biens sur fond de télétravail, de numérisation de l’économie et d’accélération de la transition énergétique, pousse à la hausse les cours des matières premières et génère d’importants goulets d’étranglement. Les salariés semblent moins enclins que dans le passé à accepter leurs conditions de travail provoquant, aux États-Unis notamment, une vague sans précédent de démissions.

    La normalisation de la production et de l’emploi

    Après avoir connu une chute de leur production de plus de 10 % au cours du printemps 2020, les pays de l’OCDE l’ont effacée l’année dernière au cours de l’été. En ce qui concerne l’emploi, la zone euro a retrouvé son niveau d’avant-crise dès le mois de septembre 2021. En revanche, les États-Unis restent en-deçà de ce niveau de 2 à 3 %. Les États européens ont privilégié le soutien aux emplois en jouant sur le chômage partiel quand les États-Unis ont opté pour une politique d’aide aux demandeurs d’emploi. Les licenciés du printemps 2020 n’ont pas tous repris, dans ce pays, le chemin du travail conduisant à une pénurie de main d’œuvre.

    Le rétablissement rapide des entreprises

    Dès la fin de l’année 2020, les résultats des entreprises ont dépassé leur niveau déjà élevé de 2019. Pour celles de la zone euro, il a fallu attendre le début de l’année 2021. Au mois de janvier 2022, les entreprises américaines enregistrent des résultats supérieurs de plus de 15 % à ceux de 2019. Au sein des pays occidentaux, et en France en particulier, le nombre de faillites est au plus bas. Les prêts garantis par l’État ont joué un rôle non négligeable en la matière. Ce rétablissement rapide obtenu grâce à un soutien sans faille des pouvoirs publics ne masque pas les stigmates de la crise.

    Des finances publiques en situation de profond déséquilibre

    Les déficits publics qui ne dépassaient pas 2 % du PIB avant la crise ont atteint plus de 12 % du PIB pour les pays de l’OCDE en 2020 avant de revenir autour de 6 % en 2021. La dette publique a augmenté par voie de conséquence, passant de 118 % à près de 140 % du PIB toujours pour les pays de l’OCDE. Cette augmentation est intervenue au moment même où de nombreux États occidentaux étaient déjà confrontés à des problèmes de dette publique (Italie, Grèce, voire États-Unis et France). Elle n’a pas de précédent en période de paix. Sa résorption suppose un effort budgétaire que peu de gouvernements sont disposés à imposer à leur population, ou le maintien de taux d’intérêt réels très faibles afin de garantir la solvabilité des États sur le long terme.

    Une augmentation déstabilisante de la masse monétaire

    La politique monétaire accommodante aboutit à une forte hausse de l’offre de monnaie, les banques centrales ayant monétisé les déficits publics pour en faciliter le financement et maintenir des taux d’intérêt à long terme bas. De 2019 à 2021, la base monétaire est passée de 15 000 à 25 000 milliards de dollars pour les pays de l’OCDE. De son côté, sur la même période, la monnaie détenue par les agents économiques (M2) est passée de 100 à 120 % du PIB. Les agents économiques ont augmenté leur effort d’épargne depuis le début de la crise en privilégiant les placements liquides de nature monétaire (comptes courants, livrets, etc.). La progression du volume de liquidités contribue à la hausse de la valeur de certains actifs. Depuis 2012, les indices « actions » des places financières de l’OCDE ont été multipliés par trois. L’indice américain S&P a été multiplié par quatre. En vingt ans, le prix de l’immobilier a été multiplié par 2,4 et de 20 % en moins de quatre ans.

    Un processus de rééquilibrage des portefeuilles est en cours, les agents économiques essayant de rééquilibrer la structure de leur richesse en achetant les différents actifs avec l’excès de monnaie qu’ils détiennent. Ce processus accentue la baisse des taux d’intérêt à long terme. Compte tenu du niveau négatif des taux d’intérêt réels, il peut perdurer quelques temps.

    Le retour de l’industrie

    Depuis une dizaine d’années, la demande en produits industriels progressait moins vite que celle en services, avec la crise sanitaire, une inversion est intervenue. Les besoins en équipements informatiques ont augmenté avec les confinements et l’essor du télétravail. Le recours croissant au commerce en ligne accroît cette demande. Les ménages souhaitent par ailleurs améliorer leur logement, ce qui conduit à un accroissement de la demande en biens durables. La transition énergétique, avec la nécessité de réaliser d’importantes infrastructures, est également consommatrice de biens d’équipement industriels. A contrario, les services restent pénalisés par les mesures sanitaires et la faible appétence des ménages.

    Fin 2021, la demande de biens au sein de l’OCDE était près de 15 % supérieure à son niveau de 2019 quand la demande de services a tout juste retrouvé son niveau d’avant-crise.

    Cette déformation de la demande explique les tensions sur les marchés de l’énergie et des matières premières. Elle occasionne des pénuries comme pour les microprocesseurs ou les conteneurs, ce qui conduit à des hausses des prix. Le prix du baril de pétrole Brent est passé de 17 à près de 90 dollars d’avril 2020 à janvier 2022 et le prix du cuivre a été multiplié par trois sur la même période, comme celui des microprocesseurs.

    À la recherche d’une nouvelle vie

    La crise sanitaire a modifié le quotidien de centaines de millions de personnes qui ont été contraintes d’arrêter de travailler ou de le faire à leur domicile. Elles ont dû faire l’école à la place des professeurs. Ces bouleversements ont laissé d’importantes traces. Le souhait de logements plus grands, plus ouverts sur la nature, s’est renforcé. La volonté de trouver des emplois moins pénibles, près du lieu d’habitation, est partagé par un nombre croissant d’actifs. Aux États-Unis, des jeunes, des seniors, des diplômés et des non-diplômés démissionnent en espérant trouver un emploi plus conforme à leurs attentes.

    Dans certains pays (États-Unis, Royaume-Uni), la crise sanitaire a conduit à un recul de l’offre de travail, certains salariés ayant décidé d’attendre avant de reprendre un emploi. Aux États-Unis, le taux de participation fin 2021 était inférieur de deux points à celui de 2019. Dans tous les pays, les salariés rejettent un certain type d’emplois (pénibles, à horaires atypiques, intermittents, etc.), ce qui fait apparaître de fortes difficultés d’embauche pour les entreprises des secteurs concernés (hôtellerie-restauration, construction, transports). Dans ces trois secteurs, l’emploi est en recul de plus de 10 % au sein de l’OCDE. Cette évolution des comportements des salariés conduit à un redressement du pouvoir de négociation des salariés, surtout aux États-Unis avec le recul de l’offre de travail, d’où une accélération des salaires. Outre-Atlantique, la hausse du salaire nominal atteint 4 % fin 2021.

    La course à l’innovation

    La crise sanitaire a mis l’accent sur le rôle clef des innovations. Les pouvoirs publics ont décidé d’augmenter les financements pour la recherche, que ce soit dans les domaines de la santé, de l’électronique, de l’énergie, etc. Les entreprises accélèrent également leurs programmes d’investissements dans la numérisation de leurs activités. Les dépenses totales de R&D de l’OCDE ont atteint 2,8 % du PIB, contre 2,6 % avant la crise et 2,1 % du PIB en 2002. Aux États-Unis, elles dépassent désormais 3,2 % du PIB. Les investissements dans les techniques de l’information et de la communication représentaient 4 % du PIB au sein de l’OCDE, contre 1,8 % en 2002.

    L’augmentation rapide des investissements pourrait aboutir à celle des gains de productivité et donc de la croissance potentielle. Depuis la crise des subprimes en 2008, les gains de productivité étaient très faibles, inférieurs à 1 %. Un rattrapage pourrait intervenir dans les prochaines années.

    Energie

    L’accélération de la transition énergétique

    Dans le cadre des plans de relance mis en œuvre par les gouvernements, la transition énergétique constitue une priorité. La prise de conscience des risques générés par la dégradation de l’environnement s’amplifie. Les pouvoirs publics profitent du relâchement de la rigueur budgétaire pour faire passer des projets coûteux.

    La transition énergétique nécessite un accroissement des investissements pour réaliser de nombreuses infrastructures (production d’énergies renouvelables, décarbonation de l’industrie, rénovation thermique des bâtiments et logements), de l’ordre de 4 points de PIB qui implique un effort d’épargne et, par voie de ricochet, une réduction de la consommation.

    La décarbonation de l’économie est source de hausse du prix de l’énergie avec le coût plus élevé des énergies renouvelables dû à l’intermittence de leur production.

    L’arlésienne n’en est plus une

    Depuis une dizaine d’années, les banques centrales de l’OCDE tentaient, par tous les moyens, d’obtenir une remontée de l’inflation autour de 2 %. Avec la crise sanitaire, la menace déflationniste a laissé la place à une résurgence de l’inflation. La désorganisation des chaînes d’approvisionnement, la déformation de la structure de production, le souhait des salariés de changer de vie créant des pénuries de main d’œuvre, la transition énergétique, le flot de liquidités déversé dans l’économie : tout concourt à une remontée des prix.

    Dans les derniers mois de 2021, l’inflation a atteint plus de 5 % au sein de l’OCDE et 7 % aux États-Unis.

    La crise sanitaire laissera de profondes traces au sein de l’économie mondiale. Avec l’arrêt du dopage monétaire et budgétaire, ces dernières pourraient apparaître encore plus nettement. L’épidémie pourrait amener des tensions sociales importantes alimentées par la reprise de l’inflation et une lassitude des opinions. Un resserrement des politiques monétaires pourrait provoquer des hausses de taux d’intérêt à long terme entraînant une instabilité financière plus importante.

  • Doragaïa, j’ai rétréci les Russes !

    Doragaïa, j’ai rétréci les Russes !

    Vladimir Poutine dut son ascension à un montage vidéo qui montrait le sosie d’un procureur menaçant pour Eltsine faire des galipettes avec des jeunettes. Le Procureur put être écarté, le clan Eltsine respira. Depuis ce succès, Vladimir reste convaincu que le bluff et le chantage fonctionnent. Conserver le pouvoir vingt ans et plus conforte ses certitudes. C’est pourtant un exploit assez banal chez ceux qui n’ont d’autre souci que d’éliminer la concurrence par la prison: Castro, Bongo, Kim il Sung, Eyadema, Franco, Moubarak, Mugabe et tant d’autres ont fait plus long. Tous ont affaibli leur pays parallèlement au renforcement du contrôle politique intérieur. Poutine est depuis plus de vingt ans au pouvoir (moins que Nazarbaiev, son cousin kazakh écarté), et la Russie, loin de se renforcer, s’affaiblit.

    L’industrie russe est obsolète

    Les Russes se sont beaucoup sacrifiés pour l’industrie. Celle-ci est obsolète. Les exportations russes reposent  à 60% sur le gaz et le pétrole. Le seul autre domaine d’exportation, les ventes d’armes, bénéficie d’un budget conséquent pour l’armée, sans rapport avec le PIB russe. Car le poids militaire et politique de la Russie est sans commune mesure avec son poids économique.

    La Russie n’est plus que la 11ème économie mondiale. Elle était encore la 8ème il y a sept ans. Son PIB, en 2020, était estimé à  1480 milliards de dollars, moins que l’Espagne et le Portugal réunis. Beaucoup moins que la France. La Russie, c’est 10% de l’économie chinoise, et cela se réduit chaque année.

    La population diminue

    Sa population diminue, malgré l’ajout de la population de la Crimée, et continuera de diminuer. D’ici la fin du siècle, la Russie aura perdu 20 millions d’habitants.

    La Russie dépend du gaz. La dépendance sans cesse répétée de l’Europe vis-à-vis du gaz russe (réelle, qu’il passe par l’Ukraine, la Pologne ou la Baltique) a pour contrepartie la dépendance de la Russie vis-à-vis de son client européen. 40% du budget fédéral dépend du gaz. Toute tension qui fait monter le prix du gaz et du pétrole sauve la Russie (et d’autres, comme les pays arabes et les Américains.)

    Tout ce qui trouble le doux commerce, notamment du pétrole, intéresse Poutine

    Voilà pourquoi Vladimir Poutine active partout les tensions au Moyen-Orient, en Ukraine, en Libye, ou au Mali. Tout ce qui trouble le doux commerce, notamment celui du pétrole, l’intéresse. On remarquera qu’il s’entend bien avec l’Iran, mais aussi avec l’Arabie saoudite. Avec la Syrie, mais aussi avec la Turquie. Avec l’Arménie mais aussi avec l’Azerbaïdjan. Et même avec Israël. De ce point de vue, Poutine est un pragmatique. Il sait jusqu’où ne pas aller trop loin.

    Pourtant à force, il a poussé trop loin, considérant l’Europe impotente et Biden affaibli. Et s’est découvert : la Russie ne peut pas envahir l’Ukraine parce qu’elle n’en a pas les moyens. Les sanctions brandies par les Américains et les Européens ne sont rien par rapport au désastre que serait une guerre longue et meurtrière en Ukraine. Ce sont les difficultés de l’Armée rouge en Afghanistan qui ont précipité la chute de l’URSS, et la victoire de la deuxième guerre de Tchétchénie qui a fait de Poutine le maître de la Russie. Une intervention de la Russie en Ukraine qui ne serait pas un succès militaire éclatant le menacerait personellement.

    Parce qu’à force d’agressions, Poutine a réduit l’aura de la Russie. Toutes les aspirations des populations du glacis russe attendent le dégel. La Géorgie est perdue depuis longtemps. A force de pressions (sur le gaz), d’humiliations et de gouvernements potiches, la Russie a perdu l’Ukraine. Il ne lui reste que la Crimée et le Donbass. Tout le reste a choisi l’Europe. Etonnant, alors que plus de 17% de la population ukrainienne a le russe comme langue maternelle. Même ces « Russes » préfèrent rester ukrainiens. L’agressivité russe a solidifié l’Ukraine.

    Idem en Biélorussie. Rarement dans l’histoire la Biélorussie a été indépendante. Elle a été polonaise, russe, mais biélorusse jamais. Elle le devient. Non seulement parce que Loukachenko s’oppose à tout mariage étatique avec la Russie, mais aussi parce que ses opposants, vraisemblablement plus de la moitié de la population, voient en la Russie et Poutine les partisans de leur oppression. Résultat : les Biélorusses ne veulent surtout pas des Russes.

    Le glacis russe espère un dégel

    Idem au Kazakhstan : les manifestations récentes (toujours liées au gaz) sont aussi des manifestations contre l’ami russe auquel Tokaïev a fait appel. Moyennant quoi les manifestants conspuent les Russes. A constituer son glacis par la force, Poutine accumule un réservoir d’hostilité, une banquise fragile.

    Installer un rapport de confiance avec les Européens lui aurait permis d’éloigner les Américains

    Poutine a donc réussi à diluer la Russie et sur le plan économique et sur la plan stratégique. Pouvait-il faire autrement ? Facilement. Contrairement à ce qu’il dit, il n’a pas été trompé par les Occidentaux. Ou alors il est stupide. Comment ne pas croire que les pays de l’Est, rejoignant l’Union européenne, ne seraient pas dans son alliance de fait ? Peu importe, in fine, que la Suède ou la Finlande n’adhèrent pas à l’Otan, ils sont, de fait, des alliés européens. Les Russes ont signé en 1997 (bien après l’engagement supposé de James Baker en 1990) l’acte de partenariat OTAN–Russie[1]. Que cet accord ait été décevant, c’est vrai. Ce que voulait la Russie, à l’époque, et ce qu’a raté Poutine, c’est l’installation d’un rapport de confiance avec les Européens, ce qui lui aurait permis d’éloigner les Américains. Etait-il possible d’intégrer les Russes dans l’OTAN, comme le regrette Baker aujourd’hui ? Ils ne le voulaient pas plus que les Américains.

    Le tour de force de Poutine, c’est d’avoir renforcé l’OTAN, d’avoir conforté les Américains comme maître du jeu de la sécurité en Europe. Aucune menace réelle ne pèse sur la Russie en Europe. Le bénéfice de frontières paisibles serait formidable pour la Russie, et pour l’Europe. Cela aurait permis à la Russie, seul pays asiatique de l’Europe, de jouer un jeu nouveau et important en Asie, ce qu’elle ne peut faire.

    Economiquement, Poutine aurait pu s’appuyer sur l’Europe. Rien qu’avec la France, les liens pourraient être amplifiés de façon spectaculaire : spatial, nucléaire, énergie: les compétences russes et françaises sont plus complémentaires que concurrentes. A tel point que la construction d’un avion commun fut un temps envisagé…

    On peut toujours incriminer les Européens, voire les Français de ne pas avoir été assez ouverts. La vérité oblige à dire que Poutine a fait une erreur stratégique: fidèle à la tradition de l’URSS de vouloir diviser l’Union européenne, il croyait trouver avec les Britanniques, Hongrois et quelques autres des « alliés » de l’intérieur. Sans voir que cela ne faisait que renforcer l’Union elle-même, et le poids des Américains. Il a cru jouer au plus fin avec Erdogan, le retirant de la « coalition occidentale ». Résultat : la Turquie s’est appauvrie et se retrouve encore plus dépendante de la Réserve fédérale américaine qu’elle ne l’était de l’UE.

    La Russie est le « pivot » de l’Eurasie. A ceci près que l’Eurasie n’existe pas

    L’option « occidentale » écartée, Poutine joue l’option « eurasiatique ». Belle idée sur une carte : la Russie est par la géographie le pivot de l’Eurasie. A ceci près que l’Eurasie n’existe pas. Il n’y rien de commun entre les cultures de l’Asie du sud-est et celles de l’Europe. Même si, on ne sait par quel miracle, une alliance se dessinait, appuyée sur le « rêve chinois » des « nouvelles routes de la soie », le maître en serait la Chine et non l’immense et faible Russie.

    La population diminue, l’armée se contracte, l’économie se concentre, le voisinage se raidit : la Russie, en un mot, rétrécit. Si cela continue, à vouloir jouer au dur avec les Occidentaux et au tendre avec les Chinois, elle finira par se faire avaler par le dragon du PCC, dans un long bâillement. Une autre route est-elle possible ? Puissent d’évidentes impasses obliger à ouvrir de nouvelles voies.


    [1] Cet accord historique signait la fin à la guerre froide, entérinait un premier élargissement de l’Otan, envisageait la Russie comme un partenaire de l’OTAN. Une excellente idée, qui supposait, comme le voulait la France, une transformation de l’OTAN, avec un pilier européen.

  • Les candidats à l’élection présidentielle 2022 et le nucléaire !

    Les candidats à l’élection présidentielle 2022 et le nucléaire !

    Pour ce premier bulletin d’information pour les Français établis hors de France dédié à l’élection présidentielle, nous vous proposons un dossier réaliser avec Julie Roussel de l’Agence France Electricité. Où qu’on soit dans le monde, le coût de l’énergie explose et la transition énergétique patine. Les prochaines années seront cruciales tant pour pouvoir se chauffer ou voyager que pour préserver notre écosystème. Ensemble, intéressons-nous à la position des principaux candidats.

    Pourquoi la question du nucléaire divise-t-elle autant ?

    Vu comme une bombe à retardement par certains, comme une solution d’avenir non-polluante pour d’autres, le secteur du nucléaire divise la classe politique française. C’est pourquoi nous nous sommes intéressés aux différentes propositions des candidats aux élections présidentielles de 2022 en matière de nucléaire.

    Le débat peut porter sur la défense ou non des milliers d’emplois que cette industrie génère. D’autres fois, certain·e·s politiques contestent le bilan carbone du nucléaire, par le transport et l’exploitation des métaux lourds et dénoncent le manque de sécurité des installations en invoquant les nombreuses catastrophes passées.

    Au contraire, les candidat·e·s assurent les progrès techniques en matière de sécurité et soutiennent que le nucléaire est la seule énergie capable de se conformer aux exigences écologiques en termes d’émission de CO2.

    D’un point de vue économique, la crise énergétique mondiale que nous traversons remet la question du nucléaire au centre du débat politique. Le coût de l’électricité s’envole et inquiète plus que jamais les ménages.

    Pour les besoins de cet article, nous traiterons ici des candidats présumés, bien qu’ils et elles ne se soient pas encore officiellement présentés ou n’aient pas rassemblé les fameuses 500 signatures.

    Carte des centrales nucléaires en France en 2021

    Qui défend le maintien du nucléaire et son développement ? 

    Celles et ceux qui défendent le nucléaire : 

    Valérie Pécresse LR, Emmanuel Macron LREM, Marine Le Pen RN, Éric Zemmour et Fabien Roussel PCF.

    Emmanuel Macron soutient le nucléaire

    La position du président sortant Emmanuel Macron a un peu évolué au fil du temps. Si en 2017, il ne se prononçait pas clairement et semblait vouloir emprunter le chemin de la sortie du nucléaire et suivre un mouvement initié par Angela Merkel, dans le contexte de crise énergétique que l’on connaît aujourd’hui, le président ne cache plus son soutien entier à cette industrie.

    Valérie Pécresse veut un nouveau réacteur

    Rien de nouveau chez Valérie Pécresse puisque celle-ci reprend la position unanime des candidats à la primaire LR. Le parti de droite défend une fois de plus le maintien et le développement de l’énergie nucléaire sur le territoire français.
    Cette conviction ne date pas d’hier puisqu’elle se réfère directement à l’ambition de De Gaulle, faire de la France le territoire européen du nucléaire. La candidate promet même la construction de 6 nouveaux EPR et la relance d’un nouveau réacteur dit de 4e génération. De son point de vue, le nucléaire serait la meilleure et la seule réponse valable pour lutter contre le réchauffement climatique.

    Une extrême droite unie face à l’écologie

    À l’extrême droite, où l’on a pour habitude de rejeter le sujet de l’écologie, voire de l’existence même d’une urgence climatique quelle qu’elle soit, la question du nucléaire fait encore moins débat.
    Qu’il s’agisse d’Éric Zemmour ou de Marine Le Pen, les deux souhaitent, au plus vite, la construction de nombreux EPR répartis dans toute la France et voient le nucléaire comme la seule énergie d’avenir et comme un secteur économique et professionnel infaillible.

    Un PCF à contre courant

    À gauche cette fois, Fabien Roussel, à la tête du Parti communiste, s’est prononcé favorable au maintien du nucléaire. S’il est loin de faire l’unanimité dans son propre camp, la ligne du PCF reste tout de même constante par rapport aux dernières élections.

    Pour lui, il faut d’abord préserver l’emploi et le modèle économique. Le nucléaire répondrait même parfaitement, à ses yeux, à l’urgence climatique puisqu’ayant un faible bilan carbone.

    Qui souhaite abandonner le nucléaire ?

    Ceux qui souhaitent sortir du nucléaire : 

    Jean-Luc Mélenchon LFI, Yannick Jadot LV, Philippe Poutou NPA
    Dans le camp des opposants fermes au maintien du nucléaire, on retrouve les deux candidats de gauche ayant le meilleur score dans les sondages en ce mois de janvier 2022, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon.

    Une sortie rapide pour Mélenchon

    Pour le chef de la France Insoumise, il faut stopper net le chantier des nouveaux EPR et sortir au plus vite du nucléaire. Le gagnant de la primaire des verts, lui, projette une sortie douce de cette énergie sur une période de 20 ans.
    Mélenchon considère que personne n’est à même de contenir l’énergie nucléaire lorsque celle-ci se déploie lors d’une catastrophe. De même l’enfouissement des déchets nucléaires ne serait pas une solution viable à long terme et risquerait d’endommager les sols puisqu’il n’existe encore aucun moyen de s’en débarrasser proprement ou mieux encore, de les recycler.

    Pour Jadot, une sortie douce est inévitable

    Yannick Jadot, s’il rejoint les constats de la FI, ajoute que l’énergie nucléaire aurait un coût de très loin supérieur aux énergies renouvelables. Pour lui, le budget alloué au nucléaire serait beaucoup trop important pour un retour sur investissement très pauvre.
    Il en veut pour preuve les chantiers des EPR en cours qui sont interminables et de plus en plus coûteux alors que l’investissement dans le renouvelable peine à satisfaire les besoins et les capacités des installations. La situation actuelle donne plutôt raison à ce constat si l’on se fie aux prix actuels du kWh.

    Le NPA, historiquement anti nucléaire

    Dans les plus radicalement opposés au maintien du nucléaire, on compte également Philippe Poutou, qui exige une sortie en dix ans maximum. Depuis plusieurs années, on retrouve régulièrement le NPA dans les différentes manifestations anti-nucléaires qui émergent à travers le pays.

    Qui n’a pas de position claire sur le sujet

    Celles et ceux qui hésitent : 

    Nathalie Arthaud LO, Anne Hidalgo PS.

    Pour Lutte Ouvrière, l’emploi d’abord

    Nathalie Arthaud reste, elle, sur la ligne qu’est celle de Lutte Ouvrière depuis maintenant dix ans. La lutte anticapitaliste doit prévaloir sur le combat contre le nucléaire. Au regard des milliers d’emplois générés par l’industrie, les partisans de Lutte Ouvrière ne voient pas la sortie du nucléaire comme une urgence absolue, mais comme une étape secondaire d’un changement plus large.

    Si la situation est, à leurs yeux, bel et bien urgente, il faudra d’abord passer par une refonte complète de notre système économique avant de décider si oui ou non, le maintien du nucléaire est nécessaire.

    Le PS toujours hésitant

    Au PS, Anne Hidalgo considère que la sortie du nucléaire ne devra se faire que lorsqu’une alternative suffisante sera mise en place. Défavorable à la décroissance et à la politique écologique d’urgence, cette dernière préconise une transition lente sans délai imposé. De son côté, Christiane Taubira ne s’est pas encore fait entendre de manière claire et précise sur la question.
    À l’instar des partis de droite, Roussel, Hidalgo et Arthaud défendent également la souveraineté énergétique et économique permise par le nucléaire. L’exemple cité est bien sûr l’Allemagne qui, pour sortir définitivement de sa dépendance au nucléaire, doit parfois consommer l’électricité des pays voisins.

    Que pensent les Français ?

    D’après plusieurs sondages commandés par l’IFOP, l’institut de radioprotection et de sûreté du nucléaire ou encore par EDF les Français·e·s sont divisé·e·s en deux parties égales sur le sujet. Que la question porte sur la construction de nouvelles centrales ou simplement sur le maintien de l’énergie à l’échelle nationale, on compte environ une moitié pour et une moitié contre. Pour plus d’informations sur le sondage IFOP en partenariat avec le JDD, cliquez ici.

    C’est une évolution importante si l’on fait la comparaison avec les années 1990 où un tiers seulement des Français·e·s considérait le nucléaire comme une bonne chose pour le pays. On note alors que la position des candidats n’est pas complètement représentative de l’opinion publique puisque les opposants au maintien de l’énergie ne récolteraient, à eux trois, qu’un quart à peine des suffrages.

    On remarque toutefois qu’à l’exception de Fabien Roussel, la frontière tracée par la division sur le nucléaire se situe, une fois n’est pas coutume, entre la gauche et la droite. Rien d’étonnant à cela puisque l’on a d’un côté une posture conservatrice à qui l’on reproche des risques ignorés et, de l’autre, la promesse d’un changement radical qui effraie par son issue incertaine.

    Cependant, l’opinion a tendance à évoluer rapidement avec la crise énergétique actuelle. Le nucléaire est montré du doigt pour son coût et malgré les initiatives gouvernementales pour maintenir le tarif réglementé au plus bas, la confiance des ménages envers le nucléaire est mise à mal.

    L’enjeu du nucléaire est basé sur un nombre considérable d’incertitudes. Une énergie sera-t-elle en mesure de remplacer le nucléaire ? Est-il seulement souhaitable de la remplacer pour maintenir notre consommation énergétique ? Quand cela sera-t-il possible ? Les centrales seront-elles à risque à cause du réchauffement climatique ? Et bien d’autres encore.

    Les avis sont basés sur des prévisions qui divisent même les plus grand·e·s spécialistes du sujet. Il appartient donc à chacun·e de déterminer les intérêts défendus par celles et ceux qui s’expriment afin de se forger une opinion.

    Sources :

  • La Chandeleur en France et dans le monde

    La Chandeleur en France et dans le monde

    En France, nous fêtons la Chandeleur le 2 février en dégustant de délicieuses crêpes. Une tradition que nous partageons sous de nombreuses formes avec de nombreux pays à travers le globe. Le saviez-vous, cette fête chrétienne est en fait inspirée de festivités païennes. Et même si la crêpe ne fait pas toujours partie du décorum, chaque pays propose sa propre spécialité gourmande. Embarquez pour un tour du monde des Chandeleurs !

    Des débuts incertains…

    Les racines de cette célébration semblent remonter au Vème siècle, avec les premiers chrétiens. Dans les faits, des fêtes païennes existaient déjà pour célébrer le retour du soleil sous la forme… d’une crêpe. Ces réunions furent souvent l’occasion d’une ode à la fertilité avec son lot de superstitions et ainsi l’apparition du fameux envoi de la crêpe dans les airs. Le nom en revanche est bien lié à la religion puisqu’il s’agit au départ d’allumer des chandelles pour l’arrivée des pèlerins à Rome. Le pape aurait eu ainsi l’idée d’offrir des galettes aux nouveaux arrivants afin qu’ils se nourrissent de blé (et de lumière). Ailleurs dans le monde, il est question aussi de fertilité et de célébrer les premières semences avec les retours des beaux jours. On embarque…

    El Día de la Candelaria au Mexique, le jour des tamales

    Au Mexique, les célébrations religieuses sont une affaire sérieuse. Le 2 février est un jour férié au Mexique, et celui qui trouve la fève le jour des rois doit ensuite organiser la Chandeleur. Ainsi, le jour de la chandeleur, ou Día de la Candelaria, les Mexicains se réunissent pour déguster des tamales. Il s’agit de petits pains de maïs cuits à la vapeur dans des feuilles, garnis d’une farce qui peut être sucrée ou salée. Une spécialité datant de l’époque précolombienne. Les Mexicains célèbrent aussi le jour de la Chandeleur en habillant de vêtements chics des poupées de l’enfant Jésus avant de les apporter pour la messe en vue d’une bénédiction. 

    Le jour de la marmotte en Amérique du Nord et ses pancakes

    Aux États-Unis et au Canada, on célèbre le jour de la marmotte en ce début de mois de février ! En effet, le réveil des marmottes y est très attendu. La croyance veut que, selon la façon de se mouvoir de la marmotte au sortir de son hibernation, l’hiver touche ou non bientôt à sa fin. Ainsi, si la marmotte bondit hors de son terrier sans voir son ombre, cela signifie que le printemps est proche. Autre différence notable, la crêpe gagne ici beaucoup en épaisseur et en moelleux, remplacée par le pancake. On déguste ce dernier bien chaud et recouvert de sirop d’érable.

    Le Liichtmëssdag au Luxembourg

    Au Luxembourg, la Chandeleur ou Liichtmëssdag, est entièrement dédiée aux enfants et célébrée dans son sens le plus littéral. En effet, la fête des chandelles y est marquée par des processions d’écoliers parcourant leur quartier munis de lanternes colorées. Ces lanternes faites mains et fabriquées en classe ou à la crèche, sont ainsi appelées Liichtebengelcher. Le 2 février, les écoliers vont ainsi quémander à leurs voisins des sucreries ou de l’argent, tout en chantant des airs traditionnels. 

    Le pancake day en Angleterre

    Les fêtes anglaises ne se tiennent pas à proprement parler le 2 février, mais avoisinent cette date. Ainsi, le début du mois est marqué par la célébration du Pancake Day, ou mardi gras. Une journée qui, suivant la tradition, est marquée par les pancakes races, entendez une course aux crêpes ! Les participants doivent alors courir le plus rapidement possible tout en faisant sauter leur crêpe. Bien évidemment, le but est d’éviter de la faire tomber. Cette tradition atypique est surtout observée à Londres, où même les politiciens prennent part au jeu afin de récolter des fonds caritatifs. Quel que soit le pays où elle est célébrée, et les traditions qui l’accompagnent, la chandeleur ne manque finalement jamais de gourmandise !

  • Boris Johnson solde l’héritage de l’UE

    Boris Johnson solde l’héritage de l’UE

    Le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé lundi (31 janvier) un projet de loi pour tourner plus vite la page des législations héritées de l’Union européenne, deux ans après un Brexit dont les bénéfices tardent à se concrétiser.

    Aujourd’hui en position extrêmement délicate à cause d’un scandale de fêtes organisées à Downing Street sous confinement, le dirigeant conservateur de 57 ans veut convaincre des vertus du Brexit, dont la réalisation après des années de paralysie politique post-référendum a été la clé de son triomphe électoral en décembre 2019.

    Ce nouveau projet de loi « libertés du Brexit » (Brexit Freedoms) vise à faciliter le processus déjà en cours pour modifier ou abandonner et remplacer les lois héritées de l’Union européenne.

    Selon le gouvernement, ces réformes vont permettre de faire économiser un milliard de livres sterling (1,2 milliard d’euros) aux entreprises britanniques en « paperasserie » et « fardeau réglementaire ».

    Mais nombre de ces entreprises se plaignent des obstacles créés par le Brexit. Selon une enquête du secteur manufacturier britannique publiée récemment, deux tiers des entreprises interrogées estiment que le Brexit a entravé, à des degrés divers, leur activité. La moitié d’entre elles craignent d’être confrontées à de nouvelles difficultés cette année, avec la pleine entrée en vigueur des contrôles douaniers.

    Saluant le Brexit comme « un moment historique et le début d’un nouveau chapitre enthousiasmant pour notre pays », le Premier ministre Boris Johnson affirme dans un communiqué que son projet de loi permettra de « libérer encore les avantages du Brexit et faire en sorte que les entreprises puissent dépenser davantage de leur argent pour investir, innover et créer des emplois »

    Boris Johnson lors d’une fête à Downing Street alors que le pays était sous restriction. Fête qui a suscité le scandale et qui met aujourd’hui le premier ministre dans la tourmente.

    Loin de partager cet enthousiasme, le gouvernement écossais (indépendantiste) exhorte Londres à résoudre les problèmes auxquels le secteur de l’alimentation est confronté : manque de main-d’œuvre et paperasse.

    « Depuis deux ans, le Brexit a échoué à apporter le moindre bénéfice aux populations écossaises rurales », a déclaré la ministre chargée de ce dossier au gouvernement local, Mairi Gougeon, dans un communiqué.

    Face aux pénuries de main-d’œuvre, le gouvernement écossais demande des visas de deux ans et affirme que les 30 000 visas pour les travailleurs saisonniers annoncés fin décembre par le gouvernement britannique sont bien loin des 55 700 jugés nécessaires par les syndicats du secteur en Grande-Bretagne.

  • Mali : expulser l’ambassadeur, une affaire russe !

    Mali : expulser l’ambassadeur, une affaire russe !

    Les autorités maliennes, dominées par les militaires, ont décidé d’expulser l’ambassadeur de France, a annoncé, lundi 31 janvier, un communiqué lu à la télévision d’Etat.

    Des coups d’Etat en cascade

    Au Mali, après un mois de consultation nationale, les Assises de la refondation ont recommandé une prolongation de la transition de six mois à cinq ans, sans fixer une date pour les élections. Des conclusions qui signifient la prolongation de la junte au pouvoir.

    Ce qui fait dire à plus d’un qu’après avoir renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) par un coup d’État en août 2020 et déposé Bah N’Daw (militaire, président de la transition de septembre 2020 à mai 2021, écarté par des proches du colonel Goïta), le colonel Assimi Goïta perpétue ainsi son troisième coup de force à travers l’organisation de ces Assises nationales, dont l’une des recommandations phares est la prolongation de la durée de la transition.

    La France avait pourtant fini par taper du poing sur la table. En réprobation aux deux coups d’Etat qui ont conduit un général de l’armée à prendre la tête de l’Etat dans l’attente des élections, l’opération Barkhane avait été suspendue cet été pour finalement reprendre avant que le président français Emmanuel Macron décide une « transformation profonde » de la présence militaire française au Sahel, et la mise en place d’une alliance internationale antidjihadiste dans la région.

    Face au refus de mettre en place un dispositif démocratique par le colonel Assimi Goïta, l’ambassadeur de France Joël Meyer, en poste depuis 2018, n’a pas hésité à publiquement s’opposer aux décisions de la junte.

    Le combat contre les djihadistes noyauté par les Russes

    Une junte, qui sentant la relation avec la France se fragiliser, a décidé de faire appel à des mercenaires russes pour s’assurer la maîtrise du territoire malien pourtant régulièrement en proie aux actes des islamistes.

    Ainsi une dimension supplémentaire vient s’ajouter à la crise au Sahel avec l’arrivée ces derniers jours d’hommes en armes russes au Mali, qui viennent de bâtir leurs premiers camps. Des militaires selon Bamako, des mercenaires du groupe Wagner selon Paris et ses alliés, le conflit dans la région, qui se nourrissait de tensions religieuses, communautaires, économiques et environnementales, devient également objet de rivalités internationales.

    En effet, les Russes n’hésitent pas à propager l’idée que la France désire envahir le Mali avec l’Otan. Un discours qui vient comme en écho à la situation en Ukraine. Ces discours finissent par faire mouche auprès d’une population peu habituée aux ficelles de la géopolitique. Les Français qui restent sur place (beaucoup ont quitté le pays au cours des deux dernières années) sont de plus en plus inquiets pour leur sécurité comme nous le raconte Claude (son prénom a été changé) qui travaille pour la France.

    « La tension est vive aux abords des bâtiments officiels français ou à l’entrée des quartiers où vivent les occidentaux. On peut régulièrement à notre passage entendre des « A bas la France ! A mort les Français »

    Claude (le prénom a été modifié), employé consulaire au Mali

    L’ambassadeur expulsé, quid des forces militaires ?

    Neuf ans après le lancement de l’opération Barkhane, les difficultés s’accumulent. Il y a le coût humain et financier, mais aussi le risque de s’enliser. Les violences djihadistes perdurent, le sentiment anti-français a gagné du terrain et la France a peiné à mobiliser les Européens sur le terrain malien. A cela se rajoutent donc la présence d’un gouvernement illégitime sur place, la pression russe et désormais l’expulsion de notre ambassadeur.

    L’expulsion de l’ambassadeur de France au Mali, Joël Meyer, 60 ans, « fait suite aux propos hostiles et outragés du ministre français de l’Europe et des affaires étrangères tenus récemment, à la récurrence de tels propos par les autorités françaises à l’égard des autorités maliennes en dépit des protestations maintes fois élevées », dit le communiqué lu à la télévision malienne, canal de communication privilégié des autorités.

    Joël Meyer lors d’une manifestation du 14 juillet 2019 organisée par les Français sur place ©UFEMALI

    La junte, qui entend se maintenir plusieurs années à la direction du Mali, s’est braquée en invoquant la souveraineté nationale. Elle vante aussi la qualité de sa coopération avec la Russie. Elle a déjà demandé la révision des accords de défense avec la France. Le ministre des affaires étrangères malien, Abdoulaye Diop, avait prévenu vendredi que son pays n’excluait « rien » dans ses relations avec la France, y compris une dénonciation de ces accords qui mettraient de fait immédiatement fin au déploiement de nos troupes sur place.

    Dans ces conditions, est-ce que des Français doivent continuer à risquer leur vie pour un pays qui ne veut plus de nous ? Aujourd’hui c’est la Russie comme hier dans d’autres pays du continent ce fut la Chine… Les Africains voient dans l’Européen l’héritier des colonisateurs des deux siècles précédents mais ne voient pas l’impérialisme de ces deux pays continents. Ils sont nombreux à regretter les yuans chinois, qu’en sera-t-il pour les fusils russes ?

  • L’économie russe résiliente face à la crise et aux menaces de sanctions

    L’économie russe résiliente face à la crise et aux menaces de sanctions

    Au moment où les tensions avec les États membres de l’OTAN s’accentuent, la Russie connaît un réel rebond de son économie qui semble avoir bien résisté à la pandémie et à l’effondrement des prix mondiaux du pétrole en 2020. Cette reprise pourrait être remise en question en cas de durcissement des sanctions internationales et d’emballement de l’inflation. Le gouvernement russe peut compter sur les réserves financières accumulées ces dernières années pour compenser le cas échéant les pertes de recettes sur l’exportation du gaz et du pétrole en cas d’embargo décidé par l’Europe et les États-Unis.

    Par ailleurs, le gouvernement est convaincu que les Européens ne sont pas prêts à se priver du gaz et du pétrole russes au moment même où les prix de l’énergie sont déjà en forte hausse. Les pays d’Europe de l’Est et l’Allemagne dépendent à 70 % du gaz russe. Une substitution par du gaz du Moyen Orient ou d’Algérie serait envisageable mais coûteuse et pourrait poser des problèmes de logistique en raison de l’absence de gazoducs.

    Sur les trois premiers trimestres de 2021, la croissance russe a été de 4,6 % par rapport à la même période en 2020. L’économie a pu bénéficier de l’accélération de la demande intérieure, et notamment de la consommation des ménages. En revanche, la contribution des échanges extérieurs à la croissance est restée négative en raison d’une forte augmentation des importations. Les capacités de production étaient utilisées à plus de 85 % au troisième trimestre, un niveau jamais atteint.

    Dans un tel contexte, les investissements des entreprises sont en nette hausse, en particulier dans le secteur des nouvelles technologies et des activités de service (bancaire, commerce de gros et de détail). En fin d’année, la résurgence de l’épidémie de Covid-19 a provoqué un léger tassement de l’activité. En novembre dernier, le taux de chômage a atteint un point bas à 4,2 %. La pénurie de main d’œuvre entraîne des pressions salariales.

    La pénurie de main d’œuvre entraîne des pressions salariales.

    Sur l’ensemble de l’année 2021, la croissance pourrait avoir atteint 4,5 %. Les perspectives de croissance pour 2022, à l’image de l’économie mondiale, sont revues à la baisse mais restent supérieures au potentiel. L’économie russe profitera du cours élevé du baril de pétrole dans un contexte de hausse de la production compte tenu de l’accord conclu avec l’OPEP.

    L’activité économique sera pénalisée par une inflation toujours importante. En décembre, l’inflation s’élevait à 8,4 % en glissement annuel et la hausse des prix hors énergie et alimentaire atteignait 8,9 %. De tels rythmes n’avaient pas été enregistrés depuis 2014-2015 au moment où la Russie faisait face aux embargos décidés par la communauté internationale après le rattachement de la Crimée et de la forte chute du rouble.

    À court terme, les risques inflationnistes en Russie vont rester élevés en raison des tensions sur le marché du travail et des risques géopolitiques. La Banque centrale russe (CBR) estime que l’inflation pourrait renouer avec la cible de 4 % d’ici la fin de l’année. Au mois de février, afin de freiner les tensions inflationnistes, la banque centrale pourrait relever à nouveau ses taux après une hausse substantielle de 425 points de base en 2021. Ce durcissement monétaire pourrait peser sur les stratégies d’investissement des entreprises. Au troisième trimestre 2021, 24,4 % des crédits aux PME et 42,7 % des crédits aux grandes entreprises étaient souscrits à taux variables.

    Des finances publiques solides

    La Russie peut compter sur une situation relativement saine de ses finances publiques grâce aux recettes issues des hydrocarbures. Sur l’ensemble de l’année 2021, le solde budgétaire de l’ensemble des administrations publiques devrait être légèrement excédentaire quand un déficit de 4 % du PIB en 2020 avait été enregistré. Les revenus issus des activités pétrole et gaz ont constitué plus de 80 % des recettes du gouvernement fédéral contre seulement 40 % en 2019. Les recettes fiscales ont aussi profité du dynamisme de la consommation des ménages et des hausses de profits des entreprises.

    La consolidation des finances publiques devrait se poursuivre en 2022 et en 2023. Le gouvernement prévoit notamment que le solde public atteigne respectivement 1 % et 0,2 % du PIB au cours des deux prochains exercices. En 2024, il prévoit un déficit de seulement 0,3 % du PIB, financé par des émissions obligataires sur le marché domestique.

    Russie
    La Banque centrale de la Fédération de Russie, Moscou

    42 % de la population russe est dépendante des aides sociales

    Pour le gouvernement russe, les principales menaces sont une raréfaction des recettes issues des hydrocarbures en lien avec d’éventuels embargos, et l’inflation. 42 % de la population russe est dépendante des aides sociales.

    Selon l’agence de notation Moody’s toute hausse de l’inflation de 1 % pourrait entraîner une hausse des dépenses publiques de 0,2 % du PIB. Grâce à la situation relativement saine des finances publiques, la dette publique demeure faible. Elle s’élevait fin 2021 à 18 % du PIB, contre 19,3 % en 2020.

    Un fonds souverain de 185 milliards de dollars

    Par ailleurs, la valeur des actifs du fonds souverain (National Wealth Fund) reste très importante. Le fonds permettrait au gouvernement non seulement de financer ses projets de développement mais aussi de faire face à un choc sur les prix du pétrole, comme en 2020. Au 1er décembre 2021, il s’élevait à plus de 185 milliards de dollars soit l’équivalent de 12 % du PIB. En 2022, la valeur du fonds devrait être augmentée de plus de 41 milliards de dollars (2,5 % du PIB). Ce montant correspond aux achats d’actifs effectués en 2021 par la banque centrale pour le compte du ministère des finances conformément à la règle fiscale en vigueur selon laquelle le gouvernement doit épargner les excès de recettes pétrolières dès lors que le prix du pétrole excède 40 dollars le baril.

    La part de la dette détenue par les étrangers est faible, moins de 14 %, et l’épargne domestique est suffisante pour faire face à de nouvelles sanctions.

    Le gouvernement russe et la banque centrale ont réduit leur dépendance vis-à-vis du dollar. Le ministère des finances a émis davantage d’eurobonds en euros et la banque centrale a limité la part des réserves de change détenues en dollars (16,4 % au deuxième trimestre 2021, contre 22,2 % un an auparavant).

    Un secteur financier relativement solide malgré la montée de l’endettement des ménages

    Le secteur bancaire a bien résisté à la crise induite par l’épidémie de covid-19. La profitabilité a augmenté, les ratios de solvabilité sont restés satisfaisants et la qualité des actifs, bien que toujours fragile, s’est légèrement améliorée. Les profits des banques étaient en hausse de plus de 20 % sur les onze premiers mois de l’année 2021 par rapport à la même époque en 2019.

    En revanche, la situation financière des ménages a continué de se fragiliser conjointement à la hausse de leur endettement (+4 points de PIB depuis fin 2019) malgré les mesures prises par les autorités pour freiner le crédit aux ménages. Bien que l’essentiel du crédit aux ménages soit constitué de prêts hypothécaires, les risques portent davantage sur les crédits non garantis, dont la valeur par emprunteur a augmenté selon la banque centrale.

    Malgré des sanctions en vigueur depuis huit ans et une forte exposition aux effets de l’épidémie, la Russie parvient à sauvegarder l’état de son économie. Les recettes issues du gaz et du pétrole contribuent tout à la fois à la croissance et à l’équilibre des finances publiques. La manne pétrolière alimente un important volant de prestations sociales qui garantissent l’unité du pays.

    La rente pétrolière pourrait être remise en cause par un déficit persistant des investissements et par la décarbonation de la production d’énergie. La Russie peut compter sur la richesse de ses sols en terres rares indispensables pour les nouvelles énergies, mais cela nécessitera néanmoins un changement de modèle économique.

    Le vieillissement de la population constitue un autre défi pour les pouvoirs publics. Le taux de natalité reste faible malgré de nombreuses incitations. La diminution de la population active pourrait peser sur la croissance dans les prochaines années.

  • Taubira en tête à la primaire populaire, mais sans les expatriés

    Taubira en tête à la primaire populaire, mais sans les expatriés

    A trois mois du premier tour des élections présidentielles, les électeurs et électrices français étaient encouragés à participer à la primaire populaire. Présenté comme un processus de vote citoyen, cet outil en faveur d’une candidature commune à gauche n’a pas permis cependant à tous les Français de participer. Les expatriés pour des raisons techniques ont été le plus souvent exclus du scrutin.

    Une carte bancaire française et un numéro de téléphone français

    Il fallait donc s’inscrire en amont pour participer au vote en ligne. Ils furent près de 500 000 en France à suivre les consignes pour être enregistrés comme votants. Pour s’inscrire, il fallait une adresse email et un numéro de téléphone français.

    Et là, les problèmes commencent si l’expatrié(e) n’avait pas conservé de numéro français, elle ou il était exclu du vote. Et ce n’est pas tout, un troisième niveau de contrôle a été mis en place, la validation de l’âge par la carte bancaire.

    Et seules les cartes bancaires françaises étaient acceptées sur la plateforme. Les Français et Françaises établis à l’étranger qui n’avaient pas renouvelé leur carte bancaire française étaient donc exclus du vote.

    «Il est indispensable de s’organiser en amont pour avoir accès à ces outils»

    Le site internet de la Primaire populaire
    ©AFP

    Pourquoi ce troisième moyen de contrôle? «À des fins de lutte anti-fraude et dans la perspective de garantir la sincérité du vote […] Nous vous demandons de renseigner les informations de votre carte de paiement pour que votre identité soit vérifiée, conformément aux exigences de sécurisation de la CNIL – la Commission nationale de l’informatique et des libertés», peut-on lire sur une autre page.  Etonnant quand on sait que les autres primaires à droite et à gauche avaient été accessibles aux Français établis hors de France.

    Au final, il fallait donc une adresse email, un numéro de téléphone français et une carte bancaire française pour pouvoir choisir parmi les noms proposés.

    Christine Taubira remporte les faveurs des votants

    Les sept candidats participant à la primaire populaire ont été annoncés samedi 15 janvier lors d’une conférence de presse. Il s’agissait d’Anna Agueb-Porterie, d’Anne Hidalgo, de Yannick Jadot, de Pierre Larrouturou, de Charlotte Marchandise, de Jean-Luc Mélenchon et de Christiane Taubira. Quelque 392.000 personnes ont participé au vote, qui s’est déroulé par internet de jeudi à dimanche. Les électeurs devaient attribuer à chaque candidat une mention (très bien, bien, assez bien, passable, insuffisant…).

    Si Mme Taubira a affirmé à plusieurs reprises qu’elle se plierait au résultat du «jugement majoritaire» pour poursuivre ou non sa course à l’Elysée, ce verdict n’a pas la même importance pour les autres candidats. L’insoumis Jean-Luc Mélenchon, la socialiste Anne Hidalgo et l’écologiste Yannick Jadot ont déclaré que même si ce résultat ne leur était pas favorable, ils resteraient tout de même dans la course. Et c’est donc Christiane Taubira qui a remporté sans surprise ce dimanche 30 janvier la Primaire populaire.

    Dans ce «jugement majoritaire, Christine Taubira a obtenu la mention «bien plus», devançant l’écologiste Yannick Jadot (assez bien plus), l’insoumis Jean-Luc Mélenchon (assez bien moins), l’eurodéputé Pierre Larrouturou (passable plus) et la socialiste Anne Hidalgo (passable plus).

    «Merci pour votre confiance. Nous voulons une gauche unie, nous voulons une gauche debout, nous avons une belle route devant nous, je suis fière, je mesure le poids de cette confiance, nous n’avons pas le droit d’abandonner»

    Mme Taubira, devant ses militants, dans son QG à Paris

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