Brexit : le jour d'après

Brexit : le jour d'après

Le mercredi 30 décembre, les députés britanniques ont approuvé l’accord de libre-échange conclu entre Londres et Bruxelles clôturant le feuilleton du Brexit.

Le Royaume-Uni, est officiellement sorti de l’UE le 31 janvier dernier. Il quitte donc ce jeudi 31 décembre 2020 à 23h00 GMT le marché unique, l’union douanière et le programme Erasmus. 

1er janvier 2021 : les changements ! 

Selon le Député LREM des Français d’Europe du Nord, Alexandre Holroyd, il y aura des conséquences concrètes aux frontières. 

“Pour le commerce, l’Accord entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne prévoit qu’i n’y aura ni tarifs ni quotas, c’est une excellente nouvelle pour toutes les entreprises. Néanmoins, des contrôles supplémentaires seront effectués aux frontières, tels que les contrôles de sécurité et les déclarations en douane, de sorte que les entreprises qui dépendent du transport de marchandises à destination et en provenance de l’UE devront être prêtes. Le gouvernement français est aux côtés de toutes les entreprises concernées pour les accompagner face à ces nouvelles démarches.”

Alexandre Holroyd, Député LREM des Français d’Europe du Nord

Fin d’Eramus +

« Mon regret ce n’est pas seulement à cause d’Erasmus. Si j’ai un regret c’est que le Royaume-Uni soit sorti de l’Union Européenne. On voit que les choses sont beaucoup trop compliquées. Après la décision de Boris Johnson de ne pas rejoindre Erasmus alors que même d’autres pays qui ne sont pas dans l’Union Européenne sont dans l’Erasmus m’a un peu surpris et beaucoup déçu. Maintenant on verra ce qu’il va proposer. C’est vrai que le programme Erasmus a bénéficié à beaucoup de jeunes, tant de jeunes qui étaient du Royaume-Uni. On verra ce qu’il va présenter. Pour l’instant ce n’est pas très clair. »   

Olivier Cadic – Sénateur des Français de l’Etranger, ancien expatrié au Royaume-Uni

Si vous êtes étudiant français au Royaume-Uni, sachez que le pays a choisi de ne plus participer au programme d’échanges d’Erasmus+. De ce fait, il deviendra un « pays tiers » et ne pourra être une destination que dans le cadre de la dimension internationale du programme. Concrètement les facultés britanniques, qui étaient accessibles au tarif des université françaises, appliqueront les grilles tarifaires dédiées aux étrangers (soit une scolarité entre 7000 et 30 000 euros l’année). 

Pour les étudiants qui ont déjà commencé leur cursus universitaire dans une université britannique, vous pouvez continuer à suivre vos cours en obtenant un « pre-settled » ou « settlement scheme for EU citizens. » .

Si vous arrivez après le 1er janvier 2021, vous devez être muni d’un visa étudiant (payant) avant votre entrée sur le territoire britannique.

Enfin, si vous avez le pre-settled status et que vous vous êtes absenté du Royaume-Uni, soyez attentif à ce que cette absence ne soit pas supérieure à 6 mois sur une période de 12 mois. Sans quoi, vous risquez de perdre la possibilité de convertir votre pre-settled status dans le futur.

150 000 français en « settlement scheme for EU citizens »

 “l’Accord de retrait entrée en vigueur au 1er février 2020, protège les droits acquis des citoyens européens installés au Royaume-Uni. Droit de travailler, accès à la sécurité sociale, facilité pour louer un logement, toutes ces démarches sont inchangées. La protection est confirmée par la détention du settled ou pre-settled status dont il faut faire la demande avant le 30 juin 2021. Plus de 150 000 Français ont déjà fait la demande et il faut s’assurer aujourd’hui que la totalité de la communauté française soit recensée. » Alexandre Holdroyd

Malgré une protection des expatriés installés au Royaume-Uni inscrite dans l’accord de retrait, des complications sont à prévoir.  Par exemple, aucune nouvelle carte européenne d’assurance maladie ne sera attribuée. Celles renouvelées en 2020 resteront valables jusqu’à leur expiration. Pour la téléphonie, les opérateurs n’ont pas prévu de changement pour ces prochains mois.

Toutes les autres informations sont sur le site web du gouvernement français ainsi sur le compte Twitter de l’Ambassade de France au Royaume-Uni.

Aura-t-on besoin d’un visa pour voyager? 

Jusqu’au 1er octobre 2021, il sera toujours possible de venir au Royaume-Uni avec une carte d’identité ou un passeport en cours de validité. Après cette date, la carte d’identité ne suffira plus pour traverser la Manche et il faudra obligatoirement se munir de votre passeport. Les autorités britanniques ne devraient pas tamponner les passeports européens.     

Pour les résidents français au Royaume-Uni qui ont le « settled » ou le « pre-settled status », la carte d’identité restera valable jusqu’en 2025. 

Cependant, l’administration britannique ne distribue pas de titre physique pour le programme « settled », il faudra être attentif et muni de preuves de résidence lors du passage de la douane. 

Des contrôles a la douane ?   

Et il y aura souvent des contrôles des douanes avant l’embarcation ou pendant le trajet. Beaucoup de formalités et de paperasse qui pourrait allonger le temps de voyage.    

Le tourisme préservé 

Comme le rappelle le Sénateur des Français établis hors de France, Olivier Cadic, les Français « n’ont pas besoin d’un visa au Royaume-Uni en ce moment. Vous pouvez venir comme vous le souhaitez. Si vous venez pour 2-3 semaines, vous pouvez circulez sans visa.»

Les inquiétudes du Sénateur Cadic

Les plus grands changements s’appliqueront au commerce. Comme nous l’avons exposé dans un autre article, si il n’y a pas de taxation, il y aura bien de nombreuses étapes aux procédures d’exportation comme d’importation. 

« A partir normalement du 1er janvier c’est plus le secteur professionnel qui sera touché. Pour certains ils auront des déclarations de douane à faire. Maintenant selon les produits il faudrait les présenter au moment du passage de la douane. Maintenant on sait qu’il y a un Deal, il y a un certain nombre de produits. Tout est référencé sur brexit.gouv.fr donc on a les informations qui nous permettent suite au Deal de déterminer en fonction des types de produits ce qu’il y aura à faire. »

Olivier Cadic – Sénateur des Français de l’Etranger, ancien expatrié au Royaume-Uni
©AFP

Les expatriés continuent de circuler 

Alors que la Grande-Bretagne prend le large, les expatriés continent à vivre. Certains partent et d’autres arrivement comme Gauthier. Il vient d’arriver à Londres, ce 31 décembre, par Eurostar au train de 17h26

« Je réside ici depuis aujourd’hui. Je viens faire un stage. C’est un tout nouvel endroit. Je suis déjà venu quelques fois mais c’est la première fois que je vis vraiment. » Il a appris trop tard qu’il fallait faire un visa « Sinon je serais venu après. Je n’ai pas eu le temps de faire les bonnes démarches. Donc j’ai choisi de venir juste avant. » Il va s’inscrire pour avoir le « settled status » ou le « pre settled status. »

Il n’a pas vraiment d’inquiétudes sur les conséquences du Brexit sur sa vie. 

Témoignage de Gauthier

Quant à Jade, étudiante à Londres mais qui a passé le « premier semestre à Paris en ligne. » Elle se demande si ça sera plus simple de faire les allers-retours Paris-Londres et s’il y aura des problèmes à la douane et pour elle « le système de visa coute assez cher. Même les visas étudiants. C’est pourquoi je suis arrivé le 31 décembre 2020 pour éviter ce problème de visa. » 

Témoignage de Jade

« Je m’appelle Boris comme votre Premier Ministre »

Boris a choisi le 31 décembre 2020 pour rentrer à Londres car pour lui c’était « assez symbolique. » Il voulait éviter les problèmes de retard. On ne savait pas il y a quelques jours comment la Grande-Bretagne allait quitter l’Union Européenne. « En étant un peu prévoyant je voulais rentrer avant la date du 1er janvier. C’est pourquoi que j’ai choisi ce train. »

Témoignage de Boris

Il a obtenu le « settled status » car Boris vit à Londres depuis cinq ans. 

« Si on peut faire confiance au gouvernement anglais à priori il n’y aura pas de problèmes pour les gens comme moi. C’est une page qui tourne. Ça va être différent. Je n’ai pas d’inquiétudes d’un point de vue commercial et économique. Je pense que les Britanniques sauront faire avec le Brexit. « 

Boris, un expatrié français au Royaume-Uni

Boris a des inquiétudes par rapport au pays. « Le Brexit a beaucoup divisé politiquement et géographiquement aussi. On a revu les divisions avec l’Ecosse et l’Irlande du Nord et peut être même le Pays de Galles à paraître et ça ce n’est pas une bonne chose donc c’est un bilan mitigé. » 

L’année 2021 sera donc l’année de toutes les vérités pour le Royaume-Uni, son intégrité, sa résilience économique. Les expatriés devront trouver leurs places dans ce pays désormais pleinement étranger à la France mais qui reste comme l’a rappelé le Président de la République lors de allocution du 31 décembre, « notre voisin, ami et allié ».          

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