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  • Taiwan peut-elle être l’Ukraine de la Chine ? 

    Taiwan peut-elle être l’Ukraine de la Chine ? 

    A Taiwan, la crainte que la Chine l’envahisse comme la Russie avec l’Ukraine, est présente. 

    Sur l’État insulaire proche de la Chine, des réservistes taïwanais s’entraînent dans la crainte que la Chine ne les envahisse. Mais la peur d’un scénario où la Chine prend exemple sur la Russie est-elle fondée ? 

    Une appréhension fondée 

    Pour Valérie Niquet, spécialiste des questions stratégiques et politiques en Asie, invitée par TV5MONDE, le synopsis est toujours probable. Effectivement, la République de Chine a toujours revendiqué la propriété de l’île, et a annoncé à plusieurs reprises qu’elle n’hésiterait pas à recourir à la force pour parvenir à ses fins. 

    La guerre en Ukraine a changé la donne 

    Si avant le début de la guerre en Ukraine nous pouvions nous attendre à ce que Xi Jinping entame un conflit avec Taïwan, aujourd’hui les probabilités paraissent faibles pour la spécialiste. Effectivement, le dernier conflit où l’armée chinoise a été impliquée remonte à la guerre du Vietnam en 1979, et il s’agit d’un souvenir encore cuisant.  

    De plus, Valérie Niquet estime que l’Occident serait prêt à instaurer les mêmes sanctions envers la Chine qu’à l’encontre de la Russie. Seulement, l’économie du pays asiatique ne pourrait supporter autant de condamnations car elle est indépendante du reste du monde économiquement.

    Par ailleurs, la situation géographique de l’île n’est pas propice à une guerre éclair pour la Chine. 

    Xi Jinping, le président chinois

    Les relations entre Taïwan et la Chine

    Pour Valérie Niquet, les relations diplomatiques entre les deux États sont mauvaises. Si la Chine tente de faire pression sur Taïwan, les habitants de l’île continuent de se diriger vers une démocratie et élisent des gouvernements indépendantistes éloignés des valeurs chinoises. 

    D’autre part, Taïwan n’est officiellement pas reconnue par la plupart des grandes puissances du monde, car le gouvernement de Xi Jinping les menace d’arrêter toutes relations diplomatiques avec lui si elles reconnaissent Taïwan comme État indépendant. 

    Cependant, Taipei a des relations fortes avec de nombreux pays comme avec les Etats-Unis, et son image s’est renforcée en Europe. Donc si la Chine en vient à envahir son voisin, nous pourrions nous attendre à une aide conséquente de l’Occident d’après la spécialiste. 

    Un reportage de TV5MONDE

  • L’économie de la peur

    L’économie de la peur

    Les marchés évoluent au rythme des annonces concernant le conflit ukrainien, en fonction des opérations sur le terrain et de l’avancée des négociations. Si en l’état actuel, aucun embargo n’a été mis en œuvre en Europe, les investisseurs craignent que le conflit ne se traduise par une nouvelle progression de l’inflation amenant à un durcissement des politiques monétaires. Les bourses européennes ont terminé la semaine en hausse après avoir connu de fortes amplitudes au gré de l’évolution du conflit en Ukraine et des anticipations de normalisation des politiques monétaires des banques centrales.

    Durant la semaine, Moscou a subi toute une série de nouvelles sanctions, la dernière en date étant la perte pour la Russie de son statut de partenaire commercial privilégié, ouvrant la possibilité à l’adoption de droits de douane sur de nombreux produits russes. Sur la semaine, l’indice parisien a gagné 3,28 %, sa première hausse hebdomadaire en un mois (-12% depuis le début de l’année). Les autres indices européens ont regagné un peu de terrain cette année à la différence des indices américains pénalisés par les mesures prises par les pouvoirs publics à l’encontre de la Russie.

    Les marchés européens semblent s’habituer à la guerre quand ceux des Etats-Unis découvrent sa réalité dans un contexte d’inflation en progression. Après avoir atteint un sommet à près de 140 dollars en début de semaine, le prix du baril de pétrole Brent s’est replié autour de 110 dollars. La demande de Joe Biden de pratiquer un embargo des hydrocarbures russes a été compensée par la réouverture des négociations entre la Russie et l’Ukraine ainsi que par l’annonce de l’ambassadeur des Emirats Arabes Unis à Washington qui se montre favorable à une augmentation de la production. Il souhaite un relèvement des niveaux de production de l’OPEP. Les Emirats arabes unis pourraient augmenter la leur de 800 000 barils de plus par jour. L’Arabie saoudite, qui dispose elle aussi de stocks inutilisés, pourrait, de son côté, contribuer à hauteur de deux millions de barils supplémentaires par jour.

    Le ministre irakien du pétrole, Ihsan Abdul Jabbar Ismaael, a fait une déclaration de fin de non-recevoir en soulignant lors d’une conférence sur le pétrole à Houston que son pays n’avait pas constaté de demande supplémentaire de la part des consommateurs de pétrole. Dans ces conditions, Il ne voit pas d’urgence à augmenter davantage la production d’or noir, estimant même que des hausses supplémentaires pourraient nuire au marché. En raison du teasing des banques centrales qui entendent lutter contre l’inflation, les taux d’intérêt sont repartis à la hausse. Le taux des obligations d’Etat américaines à 10 ans s’est rapproché des 2 %.

  • Pitié pour le mal

    Pitié pour le mal

    Dans une guerre, il a deux partis. Le troisième se veut au dessus : ni pour l’un, ni pour l’autre, dans une position prudente, dictée par le sens de l’équilibre, de l’idéologie, ou de l’intérêt. Sur les 193 Etats membres des Nations-Unies, 141 ont voté pour la résolution condamnant l’intervention russe. Cinq ont voté contre. 45 se sont abstenus ou n’ont pas pris part au vote. Les uns sont des voisins (Arménie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Tadjikistan, Ouzbékistan), les autres des anti-impérialistes américains (Chine, Cuba, Bolivie, Nicaragua), Beaucoup sont des clients.

    30% des armes de l’Afrique subsaharienne sont fournies par les Russes

    Sur les 45, 24 sont africains, soit la moitié du continent. La Russafrique ne s’explique pourtant pas par le volume des échanges commerciaux : l’Union européenne reste le premier partenaire de l’Afrique (225Mds$) devant la Chine (210Mds). Le commerce russe est presque anecdotique : 20 milliards, mais se concentre sur deux secteurs : les céréales et les armes. 30% des armes de l’Afrique subsaharienne sont fournies par les Russes. La Russie a signé 27 accords de coopération militaire, avec, en complément, une prestation particulière : la sécurité. Le groupe Wagner est actif au Mali, Soudan, Mozambique, Centrafrique, Libye. 

    C’est moins la diplomatie du blé qui attire les grâces des dirigeants africains, que le soutien à des régimes agacés par les remontrances occidentales. Entre gens de peur on se comprend. Les Etats-Unis ont sanctionné l’Ethiopie, le Mali, la Guinée. Les Européens ont condamné Burundi, Bénin, Centrafrique, Madagascar, Tanzanie, Zimbabwe.

    En 2020, 46 pays, dont l’Arabie saoudite et la Russie, avaient voté pour soutenir la Chine

    Il n’y a pas qu’en Afrique où les lignes se durcissent ou changent. L’Arabie saoudite discute avec la Chine de vente de pétrole libellée en yuans et non plus en dollars. Encouragés par la puissance retrouvée de l’or noir, Emiratis et Saoudiens veulent en remontrer à Washington. Ce sont les plus inquiets, avec Israël, d’un accord sur le nucléaire iranien. Les Saoudiens n’ont répondu qu’avec réticence aux demandes d’augmenter la production. Et ont invité Xi Jinping en mai prochain à Ryad. 

    Déjà, en 2020, 46 pays, dont l’Arabie saoudite et la Russie, avaient voté pour soutenir la Chine dans sa politique vis-à-vis des Ouïghours. Ce ne sont pas exactement les mêmes pays que ceux qui ne veulent pas condamner la Russie, mais les deux listes concordent beaucoup. 

     « Valeurs démocratiques », et « droits de l’homme » sont considérées comme des ingérences inacceptables, que ce soit en Chine, en Iran, en Afrique, en Biélorussie, en Russie. 

    L’Otan sourde aux inquiétudes de Poutine, les Occidentaux avec leur morale et leur impérialisme ne sont- ils pas aussi responsables ? Entre la propagande occidentale et la propagande russe, qui croire ? Mieux vaut ne pas voir, ne pas entendre, et suivre ses intérêts, le seul guide.

    Biden cherche à éviter la constitution d’un front commun des autocraties 

    Inde, Chine, Turquie, et bien d’autres cherchent à profiter d’un pétrole russe moins cher que sur le marché international, tandis que les Saoudiens envisagent sereinement un baril à 300$. « Que celui qui a attaché la clochette au tigre l’enlève » écrit Xi Jinping, alors que Zelenski l’appelle à « condamner la barbarie ». 

    La Chine appelle à ne pas reconstituer la logique des blocs. Elle n’est pas encore prête à affronter les Etats-Unis. Et Biden cherche à éviter la constitution d’un front commun des autocraties. Comme on ne peut avoir trop d’ennemis à la fois, Biden apaise l’Iran, renoue avec le Venezuela, s’engage à maintenir des relations stables avec la Chine.

    Plus le temps passe, plus l’Ukraine brûle, plus la  Russie se perd

    Tous ces calculs, stratégies visibles et prévisibles, ces intérêts bien compris, volent en éclats sur des réalités plus profondes encore : les Ukrainiens résistent. 3.5 millions d’Ukrainiens fuient la guerre, dont 1.5 million d’enfants. 200 000 Russes quittent leur propre pays, que Poutine entend « épurer ». L’armée russe, à défaut de l’emporter sur des soldats, frappe les civils, y compris par des missiles hypersoniques. Destruction de villes, aveu de faiblesse. Plus le temps passe, plus l’Ukraine brûle, plus la Russie se perd. Chacun espère un accord, au moins de cessez-le-feu provisoire, qui éviterait plus de morts. Et dire que face aux cadavres il faut veiller à ce que Poutine ne perde pas la face. Pitié pour le démon, il a perdu.

    Des blindés russes stationnés près de Striguny, dans la région de Belgorod.
    PHOTO : RADIO-CANADA / ALEXEY SERGEEV

    L’Europe aussi souffrira de la tragédie russe, l’Afrique plus encore. Les Etats-Unis, eux, sont déjà renforcés. Au pire l’impasse, au mieux la paix. Les marchés ont jugé : à peine 1% de baisse. Les taux d’intérêt tiennent. Le pétrole, dans son yoyo spéculatif, est redescendu à cent dollars. Les assoiffeurs du Golfe vont devoir faire pénitence : dans les crises on compte ses alliés, ils ne se sont pas montrés tels.

    Les demi-habiles ne comprennent pas que la démocratie est une arme, que la liberté n’est pas qu’un idéal : elle détruit des chars.

    L’abstention est donc un risque. Dire « tous responsables », cela revient à dire, puisque tout le monde l’est, que personne ne l’est. Ce n’est pas seulement un déni de valeurs (la dictature et la démocratie, ce serait pareil), c’est un déni de réalités quant aux massacres, et même, pour les malins, quant au rapport de forces. 

    L’impérialisme démocratique va agacer plus encore : les demi-habiles qui se prennent pour des cyniques ne comprennent pas que la démocratie est une arme, que la liberté n’est pas qu’un idéal : elle détruit des chars, elle est dur au mal. 

    Il fut un temps où l’exportation de la démocratie était un projet idéologique, qui finit bien souvent dans la désillusion. Aujourd’hui, le soutien à la démocratie est devenu une obligation défensive. L’Allemagne achète des F35, conforte aussi son alliance militaire industrielle avec la France. La défense européenne se fera, avec l’Otan. Les despotes considérant toute aspiration démocratique comme une menace personnelle, obligent à une alliance des démocraties. C’est un fait géopolitique. 

    Le resserrement des alliances va conduire à un resserrement économique : plus personne ne veut être dépendant des lubies des autocrates. Dopée sur les questions de défense, l’Europe veut construire son autonomie énergétique. La transition énergétique se fera, pas forcément comme on le croit : la Belgique reporte la fermeture des centrales nucléaires de dix ans, et les gisements de gaz en Lorraine refont surface.

    On peut avoir pitié pour le mal, mais au risque d’y perdre la tête.  

    Ceux qui se croient malins à ne pas appeler une guerre une guerre, un crime de guerre un crime de guerre, ont pris un risque. Isis, la bonne déesse, assista au combat entre son fils Horus et Seth. Seth, noyé, lui demanda de l’aide. Sa pitié était si grande qu’elle tendit la main à l’assassin de son époux, au démon du mal qui luttait contre son fils. Ce dernier, furieux, lui coupa la tête. 

    On peut avoir pitié pour le mal, mais au risque d’y perdre la tête. C’est ce qu’expliqua durant une heure et cinquante minutes Joe Biden à Xi Jinping. Fumio Kishida, le premier ministre Japonais à Narendra Modi, le premier indien. D’autres dirigeants d’autres pays n’auront pas droit à tant d’attentions. Un reset diplomatique est en cours. Tout n’est pas blanc, tout n’est pas noir, le gris n’est pas un refuge.

    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • La campagne présidentielle loin des expatriés ?

    La campagne présidentielle loin des expatriés ?

    Vous êtes nombreux à participer à nos consultations, réaffirmant votre attachement à la France et à son destin. Pourtant la campagne présidentielle a laissé peu de place aux sujets liés aux Français établis hors de France, même si pour la première fois des candidats ou des porte-paroles nationaux ont accepté de participer à nos interviews exclusives. En effet, cette année, les déplacements hors de France ont été, le plus souvent, non programmés voire annulés. La Covid, mais aussi la crise en Ukraine et la déclaration tardive du Président de la République, ont ainsi parasité la campagne.

    Et pourtant, si les Français établis hors de France n’étaient que 385 000 en 2002, ils sont passés à 1,268 million en 2017 et sont aujourd’hui, selon les chiffres du 1er janvier dernier, 1,614 million d’expatriés inscrits sur les listes consulaires. Un vote qui peut donc jouer lors d’une élection serrée.

    « Dans un second tour, cela peut faire la différence »

    Roland Lescure, député LREM de la circonscription d’Amérique du Nord au journal Le Parisien

    Rappelez vous en 2017, les expatriés avaient très largement voté pour Emmanuel Macron (40,4 % au premier tour, contre 24,1 % pour l’ensemble des Français), devant François Fillon (26,3 %) et Jean-Luc Mélenchon (15,8 %). Les votes des expatriés avaient ainsi permis à Emmanuel Macron d’être au second tour. Au final, 93 % des expatriés ont choisi le jeune candidat conte 66,10 % pour l’ensemble des Français. 

    Environnement, protection sociale et éducation

    Si 90% des expatriés sont satisfaits de vivre à l’étranger, ils s’intéressent tout de même à l’élection présidentielle de 2022. Selon la troisième édition de l’Observatoire de l’expatriation, publiée mardi 15 février par OpinionWay pour le compte de la Banque Transatlantique et de l’Union des Français de l’étranger, 78% des expatriés sont intéressés par la campagne. Ils sont même 84% à dire qu’ils iront voter. Une part qui grimpe à 88% chez les moins de 35 ans. Des moyennes largement supérieures à la moyenne nationale.

    Dans la même étudie, les expatriés se déclarent particulièrement attentifs à trois enjeux : l’environnement (58%), la protection sociale (54%) et l’éducation et la formation (49%).

    De manière générale, les Français expatriés aimeraient que leurs préoccupations soient davantage prises en compte par les candidats à la présidentielle. Pour preuve : 86% des sondés ont le sentiment que leur situation n’est pas assez abordée dans les programmes. La protection sociale fait partie des points qui les préoccupent. Ainsi, 52% d’entre eux attendent que les candidats évoquent les droits à la retraite (52%) et la couverture santé (40%). Ils sont aussi très attentifs au fait que le soutien de la France, lors des crises économiques et sanitaires, reste aussi une priorité.

    Des propositions peu nombreuses

    Ces thèmes ont été retransmis par les équipes dédiées aux Français établis hors de France des partis politiques et on retrouve donc ainsi des propositions adaptées dans certains programmes alors que d’autres font simplement l’impasse.

    Emmanuel Macron

    Du coté d’Emmanuel Macron, le programme sera connu en début de semaine, nous recevrons Samantha Cazebonne, ancienne députée des Français de la péninsule ibérique et de Monaco, actuelle sénatrice des Français de l’étranger et en charge de la campagne chez les Français établis hors de France. Elle nous promet des projets en adéquation avec les écueils rencontrés au cours des 5 dernières années. Spécialisée dans l’éducation, on s’attend à des mesures fortes. Le programme devrait, aussi, répondre à ceux qui ont été marqués par les motifs impérieux sans oublier les volets fiscaux (après la réforme avortée de 2019/2020) et sociaux.

    Valérie Pécresse

    Les Républicains disposent de nombreux élus chez les expatriés et ont une longue histoire avec eux. Logiquement, c’est dans leur programme, qu’on retrouve pour l’instant, le plus de mesures en faveur des Français établis hors de France. Réforme des bourses scolaires, création d’un statut de résidence d’attache (pour un bien détenu en France et qui aurai les même avantages qu’une résidence principale), mise en place d’un fonds pérenne de solidarité, accompagnement au départ comme au retour, le sénateur Ronan Le Gleut a construit pour la candidate un programme complet.

    Jean-Luc Mélenchon

    Jean-Luc Mélenchon n’aborde l’expatriation quasiment qu’avec le volet fiscal. Le leader de la France insoumise espère toujours mettre en place un impôt universel pour les entreprises et les citoyens français. Concrètement, sous le modèle américain (comme quoi l’inspiration peut venir de partout), Jean-Luc Mélenchon veut pouvoir imposer selon les normes françaises tous les revenus des expatriés où qu’ils aient été générés. Si les USA sont arrivés à imposer cette norme, en dépit des conventions fiscales qui régissent normalement ces situations, il n’est pas évident que la France puisse le faire. Cette mesure s’inscrirait dans une série de dispositions pour lutter contre la fraude fiscale en France.

    Autre point du programme qui touche les Français établis hors de France, le renforcement des Alliances françaises et des Instituts français, une bonne nouvelle, alors que le mandat d’Emmanuel Macron aura été marqué par des fermetures en série de ces outils du rayonnement français.

    Anne Hidalgo

    Chez les socialistes, le programme consacre 1 point aux expatriés, le numéro 68. Anne Hidalgo, bi-nationale espagnole, veut revenir sur les coupes budgétaires qui ont frappé l’administration consulaire. Et ce alors que la directrice de ladite administration, Laurence Haguenauer, lors d’un déjeuner pendant la dernière session de l’Assemblée des Français de l’étranger (du 14 au 17 mars 2022), alertait les élus consulaires sur la mouture 2023 de la Loi de finances que prépare déjà le gouvernement d’Emmanuel Macron.

    La candidate socialiste veut aussi revenir sur les barèmes des bourses scolaires et développer les accompagnements au départ comme au retour.

    Eric Zemmour

    La candidature surprise, qui a bien bouleversé l’échiquier politique français, preuve de sa fragilité actuelle, d’Eric Zemmour, a fait mouche chez de nombreux expatriés. Reconquête, son parti, affirme avoir plus de 7500 militants dont une partie très audible hors d’Europe, avec plus de la moitié des sympathisants mais aussi un succès inattendu au cœur de l’Union européenne avec plus de 1200 inscrits au Bénélux.

    Et pourtant, l’expatriation est un peu une « terra incognita » pour les soutiens d’Eric Zemmour. Lors d’une réunion publique à Bruxelles, Nicolas Bay comme Jean-Frédéric Poisson découvraient que les Lycées français étaient payants pour les nationaux. Ils s’en sont bien évidemment offusqués et on promit d’y remédier. Mais connaissent-ils vraiment les coûts et les implications ?

    Marine Le Pen

    Du côté du Rassemblement national, c’est l’incompréhension ! Alors que le parti de Marine Le Pen n’a jamais vraiment réussi à s’implanter malgré l’élection de 3 conseillers consulaires en mai 2021 (Portugal, Russie, Thaïlande), les responsables des expatriés restent dubitatifs face au succès d’Eric Zemmour.

    Pourtant dans son programme, Marine Le Pen promet de renforcer les Lycées Français dans le monde en augmentant leur budget sans pour autant promettre la gratuité aux jeunes expatriés. Elle veut aussi venir au chevet des outils de rayonnement français comme les Alliances et Instituts français. Enfin, elle désire aussi mettre en place une imposition universelle, mais uniquement pour les entreprises.

    La partie n’est pas finie

    Pendant les 15 jours qui nous séparent du premier tour, nous recevrons les porte-paroles ou les candidats de 3 mouvements, LREM, RN et LFI. L’occasion pour eux de nous, vous, expliquer leurs programmes et leurs ambitions pour la France et ses citoyens du bout du monde.

  • CFE : un nouveau conseil d’administration pour relever les défis

    CFE : un nouveau conseil d’administration pour relever les défis

    La 36e session de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) était la première des nouveaux élus qui furent renouvelés en automne 2021 suite aux élections des Conseillers consulaires de mars 2021. Parmi leurs premières tâches, ils devaient élire les nouveaux représentants des assurés et de l’AFE au conseil d’administration de la Caisse des Français de l’étranger (CFE).

    L’occasion pour nous de revenir sur le mode de gouvernance de la « sécu des expatriés » et d’anticiper les défis qui attendent les nouveaux administrateurs.

    Une gouvernance coupée des assurés ?

    Les orientations de la CFE sont fixées par le conseil d’administration. Celui-ci est composé de 21 membres ayant voix délibérative auxquelles s’ajoutent 3 à 5 « experts » qui eux ne participent pas au vote. Ils se réunissent deux fois par an pour définir les priorités de l’organisme, nommer les dirigeants, et contrôler les comptes.

    L’organisation et la désignation des membres du conseil d’administration ont été repensées sous le mandat de François Hollande. Et donc depuis le 1er janvier 2016 il se compose ainsi :

    • 15 membres représentant les assurés, élus par l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) ;
    • 3 membres représentant l’AFE, élus par l’AFE ;
    • 2 représentants du Mouvement des Entreprises de France (MEDEF) ;
    • 1 représentant de la Mutualité.

    Tous les membres élus ont un mandat de 6 ans.

    Comme nous l’évoquions plus haut, des « experts » désignés participent aussi aux séances du conseil d’administration. Ils sont :

    • des représentants des ministères en charge des Affaires sociales et du Budget, en qualité de commissaires du Gouvernement ;
    • 2 personnalités qualifiées (un représentant du ministre des Affaires étrangères et un représentant de l’Assurance Retraite) ;
    • un représentant du personnel de la Caisse.

    Si la présence de 15 membres représentant les assurés semble donner le pouvoir aux cotisants de la CFE, ils sont nombreux parmi les affiliés à dénoncer un trompe l’oeil ! Pourquoi ?

    Car ces 15 administrateurs ne sont pas élus par les assurés, alors qu’ils sont censés les représenter. En effet, ce sont les élus à l’AFE qui en plus de leurs 3 représentants choisissent ceux qui porteront le mandat des clients de la CFE. Le problème, c’est que la grande majorité ne sont pas affiliés à la « sécu des expatriés » ! En sus, le rôle des élus à l’Assemblée des Français de l’étranger est de représenter leurs pairs, les 450 conseillers consulaires et non les 200 000 assurés de la CFE (assurés payants et ayant- droits). La CFE étant indépendante financièrement, les intérêts de ses affiliés peuvent être différents de ceux de la grande communauté des expatriés (entre 2,5 et 3 millions de citoyens).

    ©CFE

    Une élection marquée par une alliance étonnante

    La loi étant la loi, c’est donc selon les règles votées par les deux chambres du parlement français qui s’appliquent. Lors de l’élection, c’est un drôle de jeu qui s’est révélé. Loin des priorités des assurés, l’élection au Conseil d’administration de la CFE s’est transformé en « coup politique ».

    En effet, alors que le groupe Indépendants, Démocrates et Progressistes (IDP) dont la grande majorité des membres sont issus des listes LREM (parti d’Emmanuel Macron), la liste qu’il présenta ne recueillit pas la majorité des sièges. C’est une liste où se retrouvent les LR et certains membres du PS, de LFI et d’EELV qui remporta la mise pour représenter les assurés.

    Pour représenter les assurés, l’AFE a élu :

    • Liste pour une protection sociale solidaire des Français du monde : 45 voix. Sont élus Isabelle Frej, Julien Ducourneau, Stéphanie Héricher, Hervé Proust, Catherine Blanche, Pierre-Yves DupuisHala Salem et Avraham Benhaim
    • Liste Renouveau – faire de la CFE l’assurance préférée des Français de l’étranger : 16 voix. Sont élus Franck BarthélemyZaïda Marie Slaiman et Jean-Hervé Fraslin
    • Liste une CFE solidaire et indépendante : 14 voix. Sont élus Karim Dendène et Nadia Veleine Daby Seesaram
    • Liste une CFE indépendante : 14 voix. Sont élus Thierry Consigny et Radya Rahal

    Tandis que pour représenter l’Assemblée des Français de l’étranger, c’est la loi des groupes qui s’est pleinement appliquée, et le groupe IDP est donc arrivé en tête.

    Pour représenter l’AFE, les conseillers ont élu :

    • Liste des indépendants, démocrates et progressistes : 25 voix. Est élue Nadine Fouques-Weiss
    • Liste écologie et solidarité : 23 voix. Est élue Khadija Belbachir-Belcaid
    • Liste pour une couverture sociale adaptée aux Français établis hors de France : 22 voix. Est élu Gérard Senac
    • Liste pour une CFE solidaire et indépendante : 19 voix et pas d’élu.

    Nouvelle grille tarifaire, situation des handicapés, les défis sont nombreux

    Le nouveau conseil d’administration va devoir élire son président. A priori, il devrait toujours être encadré par Eric Pavy, le directeur général et Pierre Pinet, son adjoint. Ensemble, ils devront relever les défis qui attendent la Caisse des Français de l’étranger.

    Confrontée à une stagnation voire à une baisse de ses effectifs, la CFE a profondément modifié sa grille tarifaire. Animée par la volonté de simplifier et de rendre plus transparents les tarifs, l’ancienne présidence avait fait le pari de déconnecter les revenus du tarif. Une solution qui a le mérite de rendre plus lisibles les tarifs et de faciliter la collecte des cotisations. Mais elle eu comme effet de ne plus se rendre accessible aux plus faibles revenus.

    Cette modification s’est accompagnée d’une modification des modalités de remboursement qui n’a pas plu aux assurés historiques. Problème de couverture des ayant-droits, prise en charge fortement limitée dans les pays où la santé est onéreuse comme aux USA, la CFE est confrontée depuis plusieurs mois à une fronde qu’on retrouve sur les réseaux sociaux.

    L’handicap semble aussi avoir été négligé lors de la refonte, même si depuis des ajustements ont été apportés. Mais il n’y a pas que des éléments négatifs. Sous l’égide d’Eric Pavy, la réorganisation en interne a été menée tambour battant, ce qui a eu des effets positifs, comme une meilleure accessibilité des services (qui disposent désormais de guichets à Paris) et une nette diminution des délais de remboursement qui sont désormais inférieurs à 5 jours ouvrés.

    Le nouveau conseil d’administration dispose de 6 ans pour mener à bien sa mission et imprégner sa marque sur la gestion de la Caisse des Français de l’étranger.

  • Le « sentiment océanique » au cœur de la Saison France-Portugal

    Le « sentiment océanique » au cœur de la Saison France-Portugal

    Le 12 février a débuté la Saison France-Portugal. Jusqu’en octobre, des évènements conjoints sont organisés dans les deux pays afin de mettre en lumière les jeunes talents qui construiront le monde de demain.

    Depuis 1985, l’Institut français organise chaque année des « saisons » ou des « années », afin de mettre en avant les liens unissant la France et un autre pays. A l’origine, le dialogue s’harmonisait autour de célébrations, colloques et animations culturelles et artistiques, mais il s’est aujourd’hui étendu aux domaines de la science, de l’environnement, de l’éducation, du sport ou encore des questions sociales.

    L’amitié franco-portugaise

    En 2018, le président français Emmanuel Macron et le premier ministre António Costa souhaitent créer une saison commune afin de « célébrer les liens puissants et profonds » qui unissent les deux pays. De plus, ils veulent la faire coïncider avec les présidences françaises et portugaises de l’Union européenne de 2022, pour appuyer l’importance du duo.

    « Pays précurseurs de l’humanisme européen, la France et le Portugal sont unis par l’histoire et des affinités culturelles fortes. […] Cet esprit d’ouverture s’incarne aujourd’hui par la présence dynamique en France de luso-descendants et de Français au Portugal qui constituent un lien humain exceptionnel entre nos pays. »

    Emmanuel Macron à propos de la Saison France-Portugal

    L’océan au cœur de la Saison

    L’océan recouvre environ 70% de la planète, et pourtant nous ne connaissons qu’une infime partie de ses profondeurs. Il y a plus d’hommes à s’être rendus sur la Lune que dans la fosse des Mariannes, et nous avons de bien meilleures cartographies de Mars et Vénus que de nos fonds.

    Mais si nous avons une grande méconnaissance de l’océan, nous savons que l’activité humaine l’impacte profondément. Effectivement, le Gulf Stream ralentit, les littoraux sont menacés par la montée des eaux, les récifs coralliens meurent et pourtant seuls 7% des eaux sont protégées d’après la base de données mondiale sur les zones protégées des Nations Unies. Dans l’idée de s’interroger et de trouver des solutions face à l’urgence climatique, la Saison France-Portugal est consacrée au grand bleu.

    Depuis février et jusqu’à l’automne, scientifiques, étudiants, ingénieurs mais aussi artistes se retrouvent pour s’exprimer et échanger afin de trouver des parades pour protéger nos océans.

    La ville de Porto au Portugal

    Une programmation foisonnante

    Avec près de 500 dates organisées dans près de 140 villes portugaises et françaises, une programmation particulièrement riche a déjà débuté. Expositions, spectacles, conférences, débats mais aussi forums européens organisés avec la présidence française de l’union européennes, animent l’année culturelle.

    La « Saison sur le sentiment océanique » s’est ouverte sur le concert « La Mer » à la Philarmonie de Paris. Un moment de suspens interprété par la pianiste Maria João Pires, connue notamment pour avoir enregistré l’un des plus grands enregistrements du Concerto pour piano n°2 de Chopin.

    Exposition hommage à Manuel Casimiro

    Au Portugal, le bal s’est ouvert au rectorat de l’Université de Porto avec une exposition hommage à l’artiste Manuel Casimiro. Peintre, photographe, metteur en scène ou encore designer, l’héritage du Portugais est immense et traverse les frontières. Effectivement, il a passé une importante partie de sa vie dans l’hexagone et n’a cessé de voyager à travers le monde pour photographier les grandes personnalités de son époque. Un évènement disponible jusqu’au 30 mars.

    Pour découvrir davantage cette figure de l’art, le documentaire « Manuel Casimiro : peindre l’idée » sera projeté le 2 avril à l’Archipel Butor à Lucinges. L’exposition de ses œuvres réalisées à quatre mains avec celles du Français Michel Butor, suivra la séance.

    Exposition Agnès Varda à Porto 

    Du 1er avril au 30 octobre sera disponible une exposition des œuvres d’Agnès Varda, au Caso do cinema Manoel de Oliveira à Porto. Projections, photographies, collages, un panel de la vie de l’artiste de la Nouvelle vague sera présenté, et notamment des pièces réalisées au Portugal dans les années 1950. 

    Le Panthéon à Lisbonne, Portugal

    Expositions simultanées sur les deux panthéons

    Depuis le 13 février et jusqu’au 30 juin, des expositions gratuites et en plein air sont organisées simultanément sur les grilles du Panthéon de Paris et du Panteão de Lisbonne. L’occasion de s’interroger sur ces lieux chargés d’histoire qui bordent les deux fleuves des capitales, le Tage et la Seine. 

    Par ailleurs, cycles de films, conférences, débats et expositions sont également organisés jusqu’en octobre dans plusieurs villes portugaises. Toute la programmation de la Saison France-Portugal sur le thème « du sentiment océanique » est à retrouver sur leurs sites internet, disponibles en français et en portugais.

  • Algérie : retour sur le 19 mars 1962 et le cessez-le-feu.

    Algérie : retour sur le 19 mars 1962 et le cessez-le-feu.

    La France a commémore ce samedi 19 mars le 60e anniversaire des accords d’Evian et du cessez-le-feu en Algérie. Lors d’une cérémonie organisée à l’Elysée où quelque 200 témoins de la guerre ont été conviés (appelés, combattants indépendantistes, harkis et rapatriés), Emmanuel Macron a déclaré que cette date « ne fut ni le début de la paix, ni la fin de la guerre ». Le candidat à sa réélection a ajouté : « Cette date ne peut ni être la seule, ni être reniée, bousculée, oubliée. »

    Cérémonie à Paris le 19 mars 2022 ©AFP

    Car depuis la loi du 6 décembre 2012, le 19 mars est la « journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc ».

    Regardez le reportage de TV5MONDE sur les accords d’Evian

  • Présidentielle 2022 : Macron présente son programme

    Présidentielle 2022 : Macron présente son programme

    Le président sortant et candidat à sa propre réélection a détaillé son programme pour l’élection présidentielle d’avril prochain pour « une Nation indépendante dans une Europe plus forte ».

    Lors d’une conférence de presse, jeudi 17 mars, le président et candidat Emmanuel Macron a proposé sa vision de la France, inspirée par la « confiance dans le progrès » et l’« humanisme », a-t-il précisé.

    En premier lieu, Emmanuel Macron souhaite développer l’indépendance du pays, en particulier en renforçant « la capacité à se défendre de la France » par la poursuite de l’investissement dans les armées, tant à l’échelon national qu’européen, et la généralisation du service national universel ainsi que le doublement des réservistes.

    L’agriculture fait également partie de cette stratégie, et le président sortant propose la poursuite de la transformation entamée lors du mandat qui s’écoule et « une action pour le renouvellement des générations d’agriculteurs ».

    Concernant la stratégie européenne « de la ferme à la fourchette », qui prévoyait une réduction de la production agricole, M. Macron veut revenir sur ce principe, car des « crises alimentaires profondes » sont à attendre — notamment hors d’Europe — et qu’il faudra y faire face.

    Afin de faciliter la production sur le sol français et aider les entreprises, des baisses d’impôts ultérieures sont annoncées en cas de réélection, ainsi qu’un investissement de 30 milliards dans les secteurs d’avenir, dont les mini-lanceurs spatiaux, les semi-conducteurs, les biomédicaments, le Cloud.

    En matière énergétique, le président confirme la stratégie déjà entamée, construite autour du développement massif des énergies renouvelables et du nucléaire, accompagnées par une réduction progressive de la consommation, avec l’objectif notamment de sortir la France de la dépendance du gaz, du charbon et du pétrole. La rénovation thermique de 700 000 logements par an est un objectif fixé par le candidat.

    Du point de vue de « l’indépendance culturelle », M. Macron affirme vouloir protéger l’information libre et indépendante et entend soutenir la création et les artistes par une stratégie de commande publique ainsi que, de manière plus étonnante, la construction d’« un métavers européen ».

    Cette indépendance implique un financement massif de la recherche — à hauteur de 25 milliards d’euros sur 10 ans —, permettre davantage d’autonomie des universités et la formation d’un million de personnes dans les secteurs d’avenir.

    Afin de financer ces chantiers, des réformes devraient permettre des économies importantes, notamment à travers la réforme de l’assurance chômage et la réforme des retraites. L’âge légal de départ à la retraite sera « progressivement » amené à 65 ans, tandis que la nouvelle indemnisation du chômage sera plus ou moins protectrice en fonction de la conjoncture économique.

  • Corse : le sujet de l’autonomie ressurgit 

    Corse : le sujet de l’autonomie ressurgit 

    Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a lancé le sujet d’une possible autonomie de la Corse. Une décision historique qui arrive après deux semaines de tensions sur l’île. 

    Le mercredi 2 mars, le militant indépendantiste corse Yvan Colonna a été agressé dans la prison d’Arles où il est incarcéré depuis 2016. Une attaque perpétrée par un de ses  co-détenus condamné pour “terrorisme”. 

    L’évènement a secoué l’île de Beauté, et des scènes de tensions sont observées depuis deux semaines. Effectivement, si Yvan Colonna a été incarcéré à perpétuité pour le meurtre du préfet Claude Érignac en 1998, cela fait une dizaine d’années que sa famille demande à ce qu’un rapprochement de la famille soit opéré, en vain. De plus, les manifestants et les élus dénoncent une négligence de surveillance de la part du personnel pénitentiaire. Ainsi, depuis deux semaines des émeutes ont cours. 

    Yvan Colonna

    Vers une possible autonomie de la Corse 

    A bientôt trois semaines du premier tour de la présidentielle, le dossier corse apparaît comme une épine dans le pied pour le gouvernement. De fait, le ministre de l’Intérieur a pris une décision historique en évoquant la possibilité d’une autonomie de l’île. 

    Invité de la matinale sur le plateau de RMC, le chef de la police a cependant tenu à spécifier que le dossier de l’autonomie ne sera pas traité “en deux jours” et nécessitera de passer par de « nombreuses étapes”. 

    Par ailleurs, une autonomie ne sera pas synonyme d’indépendance. Effectivement, si l’île méditerranéenne sera la garante de ses politiques sociales, économiques ou sanitaires, les problématiques régaliennes, à l’instar de la justice, la défense et la sécurité, seront gérées par Paris. En d’autres termes, il s’agira d’une forme de “décentralisation poussée”. 

    Aujourd’hui, la demande d’indépendance a quasiment disparu du vocabulaire des Corses, qui demandent essentiellement à être reconnus par l’État aux niveaux historiques, culturels et politiques

    Si Beauvau a ouvert l’hypothèse de l’autonomie, il demande à un retour au calme en amont de toute discussion. 

    Un reportage de TV5MONDE

  • Parcoursup : bientôt la fin des inscriptions

    Parcoursup : bientôt la fin des inscriptions

    Le 29 mars prochain va marquer la fin de la phase de la formulation des vœux sur la plateforme Parcoursup. Retour sur la procédure pour les Français de l’étranger. 

    Depuis le 20 janvier dernier, les lycéens du monde entier peuvent formuler leurs vœux pour venir étudier en France à la rentrée prochaine. Cette procédure prendra fin le mardi 29 mars. Tous les ans, cette période est source d’anxiété pour de nombreux futurs étudiants : non compréhension de la démarche, problèmes informatiques ou encore crainte de ne pas voir ses choix être acceptés. Pour les Français de l’étranger, s’ajoutent les difficultés rencontrées pour inscrire son parcours estudiantin. 

    Démarche d’inscription pour les lycéens des Lycées français à l’étranger

    Les élèves inscrits dans un lycée français à l’étranger sont voués à passer un Baccalauréat français. Ainsi, ils possèdent un numéro INE (Identifiant National Étudiant) – aussi appelé numéro BEA – mentionné sur leurs bulletins scolaires ou leur dossier. Composé de onze chiffres, il permet de s’inscrire sans difficulté sur Parcoursup. 

    Au moment de votre inscription sur le site Internet, il vous sera tout de suite demandé votre date de naissance et votre numéro INE. Une fois les données entrées, vous pourrez remplir votre dossier sans complication : fiches personnelles et parentales, parcours scolaire et brève présentation de votre situation. 

    S’ensuit le moment d’entrer vos souhaits pour la rentrée universitaire. Pour se faire, une carte de la France et ses formations vous est présentée. Vous pouvez également trouver directement une formation particulière dans la barre de recherche. 

    Vous pouvez formuler dix vœux maximum. 

    Démarche d’inscription pour les lycées non-inscrits dans un lycée français à l’étranger 

    Pour les élèves affiliés à un lycée local à l’étranger, et donc non rattaché à l’éducation française, la démarche est quasiment similaire. 

    Lorsque vous créez votre profil Parcoursup, vous devez également entrer votre date de naissance et votre numéro INE. Or, vous n’en possédez pas. Il vous faut donc cocher la case “Je n’ai pas d’INE” présente à droite de la page.

    Ensuite, à l’instar de vos camarades, vous pouvez remplir votre dossier Parcoursup. Au moment du remplissage de la page “Scolarité”, il vous est demandé votre niveau d’étude mais établi sur le modèle français (Terminale, Première, Seconde). Sélectionnez simplement votre équivalent. De même pour la filière choisie : littérature, générale, scientifique, professionnelle etc. Par exemple, si vous étudiez principalement la littérature ou les sciences, choisissez en fonction. 

    Enfin, vous pourrez accéder à votre profil Parcoursup afin d’entrer vos vœux pour septembre prochain. Vous pouvez formuler dix vœux maximum. 

    Campus.

    Rappel des dates butoires 

    • 29 mars : date butoire pour formuler ses vœux. Après cette date, il n’y aura pas de phase de rattrapage pour les élèves ayant manqué la phase d’inscription. 
    • 7 avril : date butoire pour constituer son dossier et confirmer ses vœux. 
    • 2 juin : ouverture de la première phase d’admission. A compter de ce jour, vous recevrez les réponses des écoles et universités pour lesquelles vous avez postulé. Si vous recevez une réponse favorable, vous aurez un certain laps de temps pour donner votre réponse. 
    • 23 juin : ouverture de la phase complémentaire. Si vous n’avez reçu aucune réponse positive ou que vous n’êtes pas satisfait de vos choix, vous aurez jusqu’au 16 septembre pour en formuler de nouveaux. 
    • 15 juillet : date finale pour vous inscrire à la formation choisie. 
    • Avant fin juillet : inscription dans l’établissement souhaité. Nous vous conseillons de vous inscrire directement après avoir validé votre choix, car les universités sont généralement en vacances durant tout le mois d’août. Ainsi, il est quasiment impossible de réaliser son inscription à cette période de l’année. 

    Les derniers salons virtuels de l’orientation 

    Si vous êtes encore légèrement confus quant à votre orientation, plusieurs salons virtuels sont encore organisés. Effectivement, jusqu’au 29 mars, jour de la clôture des vœux sur Parcoursup, Studyrama organise des évènements sur l’orientation. A titre d’exemples, vous pouvez vous inscrire pour le Salon des formations et métiers du BTP, ou des formations du sport du 22 mars ; ou encore à celui des formations et métiers de l’audit et de la gestion du 29 mars. 

    Retrouvez la liste complète des salons virtuels organisés à l’adresse suivante : https://diplomeo.com/actualite-calendrier_salons_virtuels_etudiants_mars

    CROUS – Dossier de bourse 

    Le CROUS est l’organisme gérant les bourses étudiantes. Sur le site internet, vous pouvez y faire une demande de bourse sur critères sociaux et d’un appartement en résidence étudiante. 
    SI vous souhaitez être boursier à la rentrée prochaine, vous avez jusqu’au 15 mai pour entrer votre candidature. Après cette date, il vous sera très compliqué d’en obtenir une, mais non impossible. Seulement, vous percevrez vos premiers mois de bourses avec de nombreux mois de retard.