Il nous parle ce pays qui ressemble à une question posée sur le tableau noir d’une école française. L’Ukraine nous parle, elle crie et nous l’entendons : qu’est-ce qu’une nation ? La nation est toujours un appel. Ernest Renan l’écrivain français a tenté de nous le rappeler : qu’est-ce au juste qu’une nation ? Pas seulement une langue mais une histoire aussi, une communauté humaine qui sait qu’elle peut disparaître.
À l’école on a essayé de nous l’apprendre. Mais souvent nous l’oublions : ça s’abime, ça se dissout, ça se ferme, ça s’abandonne. Parfois même nous perdons pied. Car c’est compliqué. Pas seulement un territoire que l’on défend, qui s’est construit au fil des ans, comme une grande maison pour tout un peuple. C’est aussi des malheurs partagés, des bonheurs, des églises, des paysages, des villages, des places publiques et des querelles, une mémoire, des guerres… Et tout naturellement, comme dans la nature la plus sauvage des prédateurs… Pour nous, ce fut souvent l’Angleterre, devenue une alliée, puis une Allemagne devenue notre amie. Cela s’est fait lentement car nous n’avons jamais voulu mourir. Il y eut des poètes, des chanteurs, des récits et des légendes, des instituteurs, des guerres, des famines, et de beaux alexandrins ; Victor Hugo : « l’illustre acharnement à n’être pas vaincu ».
Alors vient cette évidence : c’est fou comme l’Ukraine nous ressemble et nous rassemble ! Ses blessures sont les nôtres, ces femmes et ces enfants, ces balluchons, ces pleurs, ça ne vous rappelle rien ? « Si j’avance je meurs, si je recule je meurs… Pourquoi reculer ? » On pense à un vieux texte français : « frère humain qui après nous vivez n’ayez pas trop le cœur contre nous endurci car si pitié de nous avez, Dieu en aura de vous merci » … On pense à Jean Moulin et à René Char, le capitaine Alexandre, à Gavroche, à tous nos malheurs : Azincourt, Verdun, le siège de Paris par les Prussiens et Hitler place de la Concorde. L’Ukraine c’est nous…
Alors prenons l’adversaire à l’envers, revenons à ce qui fut si longtemps ce sang transfusé entre la France et la Russie : la danse, la musique, l’art, l’écriture et Kant à Königsberg que l’on dit aujourd’hui se nommer Kaliningrad.
Nous avons fait ce travail avec l’Allemagne et notre seul « ennemi héréditaire » aujourd’hui, c’est la peur…
Plus que les blindés, les missiles, la sauvagerie, les meurtres et la haine, la grandeur d’une nation c’est de s’opposer par la culture à la pulsion de mort.
La France abandonne ce lundi 14 mars presque toutes les mesures sanitaires anti-Covid, ce qui suscite toutefois quelques craintes vu le récent rebond épidémique.
Plus de pass vaccinal, fin presque totale du masque obligatoire… Le gouvernement français lève dès aujourd’hui l’essentiel des restrictions anti-Covid, suivant l’exemple d’autres pays européens malgré de premiers signes de reprise de l’épidémie. Au programme, « la levée de presque l’intégralité des mesures restantes à compter de lundi prochain », a résumé mercredi 9 mars le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à la sortie du conseil des ministres.
Fin du masque et du Passe vaccinal
Deux ans après le premier confinement anti-Covid, « ces avancées nous les attendions depuis très longtemps, les Français les attendaient, elles marquent un pas décisif », s’est-il félicité, alors que les restrictions avaient déjà été progressivement allégées ces dernières semaines dans un contexte de déclin de l’épidémie.
L’étape du lundi 14 mars se résume à deux grandes mesures. Le pass vaccinal, qui impose d’être vacciné contre le Covid pour accéder à de nombreux lieux, sera levé même si sa version «sanitaire», qui fonctionne aussi avec un test négatif au virus, sera maintenue dans les établissements de santé au sens large : hôpitaux, Ehpad… Le masque, lui, ne sera plus obligatoire, à l’exception des transports et, là encore, des établissements de santé. Cet allègement concerne notamment les écoles, les commerces et les entreprises, qui garderont le choix de l’imposer ou non à leurs employés. Les cinémas, restaurants ou musées n’étaient déjà plus soumis à cette obligation depuis fin février.
Le poids de l’élection présidentielle
Avec ce vaste allègement, la France suit l’exemple de plusieurs pays européens, à commencer par le Danemark qui a lancé le mouvement début janvier. Mais la date choisie apparaît paradoxale au moment même où « le nombre de cas (…) semble ne plus diminuer », selon les termes de M. Attal, un euphémisme alors que l’épidémie enregistre un petit rebond depuis plusieurs jours. Celui-ci est en partie lié à une moindre vigilance des Français – logique alors que la fin des restrictions est annoncée depuis des semaines – et à l’essor de «BA.2», une version particulièrement transmissible du variant Omicron, déjà très contagieux dans sa précédente incarnation. Le gouvernement se dédit donc, car il avait dit qu’il ne mettrait fin au pass vaccinal que si l’épidémie cessait sa progression.
Une autre condition, évoquée voici plusieurs semaines par le ministre de la Santé, Olivier Véran, n’est pas non plus remplie pour l’heure. La fin du pass était censée intervenir à moins de 1.500 personnes hospitalisées en réanimation avec le Covid. Plus de 1.800 patients étaient encore dans ce cas en cette fin de semaine. Certes, M. Véran a tempéré vendredi l’enthousiasme du gouvernement, promettant de rester « extrêmement vigilants ».
Cela ne suffit pas à rassurer certains médecins et chercheurs qui regrettent un allègement qu’ils jugent illisible, trop précoce et suspect de démagogie à un mois de l’élection présidentielle lors de laquelle le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, est candidat à un nouveau mandat. Le gouvernement obéit plus à des « considérations électorales que de santé publique », a estimé cette semaine dans le journal Libération l’épidémiologiste Dominique Costagliola.
Au-delà du consensus politique, le gouvernement peut aussi s’appuyer sur des prévisions relativement optimistes de l’Institut Pasteur, dont les modélisations servent de base au conseil scientifique qui, en retour, conseille l’État dans la crise sanitaire. Même dans le pire des cas, l’Institut estime que la vague sera loin du pic observé en début d’année à plus de 300.000 cas par jour. Quant aux effets sur les hospitalisations, l’enjeu le plus crucial, ils seraient limités par le fait qu’Omicron – dans sa version BA2 comme dans sa précédente incarnation – apparait nettement moins dangereux que son prédécesseur Delta, qu’il a désormais presque totalement supplanté.
Et les voyages ?
Depuis le 12 février, le gouvernement a levé l’obligation de tests PCR ou antigénique pour les voyageurs provenant d’un pays hors Union européenne. La preuve de vaccination est donc suffisante pour arriver en France, quel que soit le pays de provenance. Mais que faire si nous ne sommes pas vacciné ?
Pour les voyageurs non vaccinés, l’obligation de présenter un test négatif pour se rendre en France demeure. Mais les mesures à l’arrivée – test, isolement – sont levées lorsqu’ils viennent de pays de la liste verte.
Enfin, les non vaccinés provenant d’un pays de la liste « orange » devront continuer de présenter un motif impérieux et pourront toujours être soumis à un test aléatoire à leur arrivée. Les voyageurs qui seraient testés positifs devront alors s’isoler.
Où est passé l’esprit initial du dispositif STAFE ? C’est la question que se pose Thierry Masson, le président du groupe LREM à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), sur cet outil qui a remplacé le système de la réserve parlementaire. Chaque député et sénateur disposait d’une somme qu’il pouvait allouer aux associations ou aux agences que l’élu voulait soutenir dans sa mission ou pour un projet spécifique. Elle avait été jugée opaque et fut donc remplacée par le STAFE à l’arrivée d’Emmanuel Macron. Si son intitulé est clair, Soutien au Tissu Associatif des Français à l’Etranger, la mise en pratique par l’administration interroge de nombreux élus consulaires.
STAFE : un mécanisme pyramidale
Doté de deux millions d’euros, le STAFE a été créé en 2018. Il repose sur l’attribution de subventions à des projets dont l’objet est de nature éducative, caritative, culturelle ou d’insertion socio-économique et qui contribuent au soutien des Français à l’étranger, comme le précise le site Diplomatie.gouv.fr. Lesassociations locales peuvent présenter des projets, mais aussi les associations de droit français (Loi 1901), si le droit associatif local est contraignant.
Alors comment les projets des associations sont-ils sélectionnés ? Après avoir déposé un dossier auprès du consulat dont ils dépendent, les dirigeants des associations sont, le plus souvent, auditionnés par les élus consulaires de la circonscription. Ces derniers réunis en Conseil sélectionnent les dossiers qu’ils iront défendre à Paris lors d’une réunion avec les autres élus et les représentants del’administration. Il faut bien savoir qu’au final, cette commission donne un avis facultatif, le dernier mot revenant finalement à l’administration.
Des critères aussi opaques que la réserve parlementaire
« L’interprétation des critères », voilà l’expression qui cristallise toutes les tensions entre associations, élus et administrations. Si on retrouve ces mots dans le communiqué de presse du groupe IDP (indépendants et la majorité présidentielle), l’avis est partagé par toutes les factions de l’Assemblée des Français de l’Etranger.
Élise Léger
« Le STAFE avait vocation à remplacer la réserve parlementaire qui était opaque et donnait lieu à des conflits d’intérêts. L’administration a interprété de façon bien trop restrictive les critères initiaux qui lui donnaient beaucoup plus de largesse. Il faut redonner le pouvoir de décision aux élus locaux qui ont l’expertise du terrain. »
Élise Léger, conseillère AFE élue en Australie
En effet, depuis 2018, année de la création, les fameux critères ont évolué en toute opacité. Aujourd’hui, les élus et les associations ne peuvent en aucun cas anticiper ces derniers et préparer les dossiers en conséquence. Il en résulte, tout naturellement, une exclusion des « vraies » associations fondées et animées par des expatriés au profit des associations « filles » d’administrations ou d’agences parapubliques.
Marie-Chrisitine Hartiçalde
« Je siège dans cette commission depuis sa création. La première année le budget a été alloué dans sa quasi-totalité. Je constate que les critères ont évolué de façon restrictive et que les élus locaux ne sont pas respectés dans leur appréciation. Une enveloppe de 2 millions d’euros existe. Elle doit pouvoir bénéficier aux projets présentés par les associations des Français de l’étranger. »
Marie-Chrisitine Hartiçalde, conseillère AFE établie au Chili.
Moins de 800 000 euros pour les associations d’expatriés
Car au final qui va toucher les 2 millions d’euros du dispositif STAFE, normalement dédiés à faciliter l’animation de la vie consulaire ou à soutenir des missions de solidarité ? Selon Thierry Masson, c’est donc « moins de 40% des deux millions budgétés par l’État » qui seront affectés aux projets présentés par les communautés locales et défendus par leurs élus en commission jusqu’à « cinq heures durant« .
En effet, cette année c’est donc uniquement « 94 dossiers sur les 242 initialement retenus par les conseillers des Français de l’étranger » qui ont été acceptés par l’administration. Certains ont même vu leur budget raboté ! Car au final, sur les deux millions, c’est bien uniquement 1 100 000 euros qui seront affectés aux projets des administrations et agences qui en dépendent.
Thierry Masson
Si les élus ne contestent pas la participation de ces associations liées à l’Etat au dispositif STAFE, ils aimeraient y contribuer en connaissant les critères ! Ceci afin de préparer les associations au montage des dossiers et faire leur choix en étant pleinement informés. Ainsi, Thierry Masson réclame « un réexamen des dossiers de STAFE passés lors de cette commission et une réforme des critères pour revenir à l’esprit initial du dispositif« . En effet, pour lui c’est « au moins 600 000 euros de fonds supplémentaires » qui « auraient dû être alloués » aux associations soutenues par les élus selon les critères dont ils ont la connaissance.
La situation va-t-elle évoluer à la différence de 2021 ?Le Ministre Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat aux Français établis hors de France, a répondu positivement à la demande des élus lors de l’ouverture de la session de l’AFE ce lundi 14 mars 2022. Une nouvelle commission devra donc êtree réunie sous peu et elle sera présidée par le Secrétaire d’Etat en personne. Affaire à suivre !
Le communiqué de presse du groupe IDP présidé par Thierry Masson
Le mercredi 9 mars a débuté en ligne la grande enquête 2022 sur les besoins et les attentes des Français de l’étranger. Au cours des trois prochaines semaines, vous pouvez participer à ce baromètre.
Une initiative de l’ADFE
La deuxième édition de la grande enquête a commencé mercredi 9 mars sur le site de Français du monde-adfe. A l’origine du projet, Gaëlle Barré, Laure Pallez et Florian Bohême, tous trois des élus consulaires des Français de l’étranger en Italie, aux Etats-Unis et au Cambodge. En 2019, ils avaient réalisé le premier baromètre afin de “prendre le pouls de la communauté des Français de l’étranger”, connaître leurs attentes et les faire remonter aux élus. Une première édition synonyme de réussite et qui s’était inscrite comme précurseur du grand débat national organisé par le gouvernement en France mais aussi dans les ambassades et les consulats, le 15 janvier 2019.
“ Après deux années sous Covid-19, nous avons voulu réitérer l’expérience car de nombreux compatriotes ont été isolés et les Français de l’étranger ont connu de nombreuses déconvenues pendant cette période”.
Gaëlle Barré, conseillère des Français de l’étranger en Italie et membre du bureau national de Français du monde-adfe
“Une enquête faite par des Français de l’étranger, pour les Français de l’étranger”
Le succès de la première grande enquête sur les attentes et les besoins des Français de l’étranger, réside dans le fait qu’elle a été organisée par des Français de l’étranger pour les Français de l’étranger. Effectivement, Gaëlle Barré vit depuis vingt-cinq ans entre Rome et Florence en Italie. De son côté Laura Pallez a passé douze ans à Shanghai et Hong-Kong, avant de s’envoler en Floride où elle réside depuis cinq ans. Comme nombre de leurs concitoyens, les deux élues consulaires sont mères de deux enfants binationaux chacune. Enfin, Florian Bohême vit au Cambodge depuis 2015 et partage sa vie professionnelle entre Phnom Penh et Siem Reap. Ainsi, ils connaissent les problématiques, les difficultés et les réalités de la vie à l’étranger.
De fait, ils ne se sont appuyés sur aucune étude pour rédiger le questionnaire, mais ont simplement échangé entre eux en souhaitant toucher un maximum de sujets. Leur but est donc de percevoir “où sont les problèmes et les difficultés” de sorte à “améliorer le cadre existant”.
Une année électorale importante
Entre la pandémie de coronavirus, la guerre en Ukraine mais aussi les futures élections présidentielles et législatives, il semblait important au trio de s’enquérir de la communauté française à l’étranger. Aussi, lors des années électorales, les citoyens ressentent systématiquement un lien plus fort avec leur pays d’origine. Généralement, les suffrages pour élire le chef de l’État et les députés recensent les plus forts taux de participation.
“Les législatives approchent et les Français vont voter pour leurs élus directs. Il peut donc être intéressant pour les futurs candidats d’être avertis de leurs préoccupations et besoins”.
Laure Pallez, conseillère des Français de l’étranger aux Etats-Unis et administratrice de Français du monde-adfe
En 2019, les doléances recueillies avaient principalement concerné le besoin urgent de répondre à la transition écologique, d’améliorer la justice fiscale en France, et de travailler contre la stigmatisation des Français de l’étranger, “trop souvent perçus comme des évadés fiscaux”. Une forte demande concernant le besoin de renforcer la numérisation des dispositifs démocratiques tels que le vote, avait aussi émergé. Sur ce dernier point, des efforts ont été perçus avec la mise en place du vote en ligne pour une partie des dernières élections consulaires, mais aussi pour les prochaines législatives.
Les partenariats
Pour mener à bien leur enquête, Gaëlle Barré, Laure Pallez et Florian Bohême ont fait le choix des partenariats. En 2019, ils avaient déjà travaillé en collaboration avec le “Dauphine Junior Conseil”, la junior-entreprise de l’Université Paris-Dauphine, qui s’occupe de traiter statistiquement les données recueillies.
“C’est l’occasion de transmettre aux jeunes étudiants le goût de l’étranger et des grands horizons !”
Laure Pallez
Aujourd’hui, ils se sont également rapprochés de l’association non partisane “Rendez les doléances”. Ses membres ont pour objectif de restituer leurs réclamations aux Français en les numérisant et en les partageant sur leur site Internet. Par conséquent, les demandes des Français de l’étranger qui ressortiront de cette enquête seront disponibles sur le site de l’association.
Un démarrage en trombe
Alors que le questionnaire a été posté mercredi matin sur Internet, les organisateurs ont recensé plus de 5000 participations en seulement vingt-quatre heures. Désireux d’en recueillir un maximum afin de voir si des tendances spécifiques ressortent (en fonction des profils, des régions du monde), ils les laisseront accessibles durant trois semaines. Vous pouvez dès à présent y participer.
En 2019, ils avaient recueilli plus de 16 000 réponses et doléances et en avaient partagé plus de 3000 avec le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian.
Français du monde – adfe
Français du monde – adfe est une association reconnue d’utilité publique et apartisane. Elle se positionne dans « la grande famille de la gauche républicaine » et plaide pour la défense des valeurs humanistes et démocratiques. Présente dans plus d’une centaine de pays, sa vocation est d’apporter des réponses aux Français de l’étranger sans prendre en compte leur origine et leur condition, en favorisant l’exercice de la citoyenneté et en luttant pour la diversité des cultures.
Le confit ukrainien est une bataille de la communication, les Ukrainiens utilisant toute la palette des outils digitaux. Dans les conflits passés, l’attaquant avait souvent la maitrise de la communication. Pour celui en cours, les victimes exploitent la caisse de résonnance des nouveaux médias. L’Ukraine comme la Russie sont deux puissances économiques de premier rang dont les populations sont connectées.
L’Ukraine bénéficie, par ailleurs, d’un soutien matériel de la part des pays européens et des États-Unis. Face à ce front, le Président Vladimir Poutine a levé un tabou en menaçant d’user de l’arme nucléaire. Les États occidentaux à défaut d’intervenir directement ont opté pour une guerre économique totale qui pourrait asphyxier la 11e puissance économique mondiale, mais également amoindrir sa croissance.
L’unité est un message clair
La réaction commune des occidentaux tranche avec l’image de faiblesse et de division qu’ils avaient donnée lors de la crise sanitaire. L’unité est un message clair non seulement adressé à la Russie mais aussi aux autres dictatures dont la Chine. La priorité pour l’Occident est de gagner la confrontation économique avec la Russie. En réaction à l’invasion de l’Ukraine, plus de 50 pays ont décidé de bannir des entreprises, des dirigeants publics et privés russes par milliers. Seul le commerce de l’énergie et des matières premières échappe aux sanctions.
Face à la pression de l’opinion, de nombreuses sociétés occidentales ont décidé de quitter la Russie ou de fermer leurs boutiques. C’est le cas de Shell, BP, d’Hermès, de Kering ou de LVMH, etc. Au début de la crise ukrainienne, la Russie a sous-estimé l’importance des sanctions et leurs effets. À tort, elle a considéré que les mesures prises par la communauté internationale seraient proches de celles adoptées après l’invasion de la Crimée en 2014. Les mesures financières avec l’interdiction d’accès pour certains échanges à SWIFT pèseront sur les échanges avec les Occidentaux. Les décisions de fermeture d’établissements appartenant à des entreprises occidentales ou de cessions d’activités en Russie ont une valeur symbolique mais pourraient à terme peser sur la compétitivité du pays. L’accès aux biens d’équipement dans les secteurs de pointe est rendu plus compliqué ce qui pénalisera l’industrie pétrolière ainsi que celles de l’aéronautique et du spatial.
Les sanctions financières visent à empêcher la Russie à accéder à une grande partie de ses réserves, évaluées à plus de 600 milliards de dollars. Depuis 2015, les autorités russes ayant réduit leur exposition aux banques occidentales devraient néanmoins pouvoir disposer d’une part non négligeable de ces réserves. Les éléments statistiques en la matière sont assez contradictoires.
Les taux directeurs russes à 20%
Les premières victimes sont les Russes qui doivent faire face à une forte inflation provoquée par la chute du rouble, chute qui a amené la Banque centrale à porter ses taux directeurs à 20 %. La croissance qui devait atteindre cette année 3 % devrait laisser place à une récession de deux à cinq points. L’objectif des sanctions est d’obtenir un infléchissement de la politique russe, voire la chute du régime de Vladimir Poutine, même si dans le passé, les embargos n’ont pas entraîné de chute des régimes comme le prouvent l’Iran ou la Corée du Nord. L’évolution de l’Afrique du Sud fait exception, la fin de l’apartheid tenant à la rencontre de deux hommes qui ont décidé de mettre de côté leur antagonisme, Nelson Mandela et Frederik de Klerk.
La décision pouvant provoquer réellement un effondrement de l’économie serait d’instituer un embargo généralisé sur le pétrole et le gaz qui assurent 30 % du PIB de la Russie et fournissent 50 % des recettes publiques. Pour le moment, seuls les États-Unis ont décidé d’un tel embargo mais ils sont des consommateurs marginaux d’hydrocarbures russes. L’Allemagne y est opposée en raison de sa dépendance énergétique au gaz russe.
La Russie est dépendante de ses clients européens qui absorbent près de 50 % de ses exportations de pétrole. Un embargo de leur part ne pourrait pas être compensé immédiatement par d’autres clients.
La Chine ne souhaitera pas être dépendante de la Russie tout comme les pays d’Amérique latine non producteurs. Les problèmes d’acheminement compliquent en outre la réallocation rapide des flux pétroliers.
Une politique de la terre brûlée ?
Face à un durcissement de la situation économique, le Président russe pourrait opter pour la politique de la terre brûlée en fermant le robinet du gaz et du pétrole, à l’image de son lointain prédécesseur, Alexandre 1er face à l’invasion de Napoléon en 1812. Pour le moment, les autorités russes ont, au contraire, indiqué qu’elles livreraient l’ensemble des quantités prévues.
De la guerre commerciale à la fragmentation du monde
En l’absence de montée paroxysmique de la crise, le risque d’une fragmentation dangereuse de l’économie mondiale existe, rappelant les années 1930.
Après la récession de 1929, l’autarcie s’était diffusée, conduisant à des tensions nationalistes de plus en plus fortes. L’accès à l’énergie et en particulier le pétrole est une source de tensions entre les Royaume-Uni et l’Allemagne. La partition du monde sur toile de fond de crise ukrainienne met dans l’embarras certains pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil. La Chine qui a développé ses échanges avec la Russie de 40 % en sept ans n’est néanmoins pas disposée à perdre les marchés européen et américain dont le poids économique est sans comparaison.
Si depuis le conflit en Crimée la Chine s’est rapprochée de la Russie, une méfiance perdure entre les deux pays qui partagent une longue frontière à l’Est. La Chine dépend des achats occidentaux et de la technologie. Elle a une autre vision du temps que la Russie et ne souhaite pas une focalisation des médias sur la région des Ouighours ou sur Taïwan. En revanche, elle entend travailler avec la Russie et le cas échéant avec l’Inde à l’instauration d’un nouveau système financier indépendant de celui géré par les Occidentaux. L’essai de monnaie de banque centrale numérique chinoise entre dans cette logique. L’objectif est de mettre un terme à la suprématie du dollar qui représente 60 % des réserves de change, contre 2 % pour le RMB. La Chine est consciente que son statut de première puissance commerciale mondiale, de premier producteur de biens industriels du monde doit à un moment ou un autre s’accompagner d’une domination financière. Le conflit en Ukraine peut l’aider à accélérer sa marche en avant dans ce domaine.
Les dirigeants européens lors du sommet à Versailles
Un risque d’instabilité au sein des pays émergents ou au sein des autocraties
En multipliant les sanctions, les États occidentaux risquent de pousser de plus en plus de pays à se déconnecter du système financier qu’ils contrôlent. Faute de pouvoir intervenir militairement, les pays anciennement industrialisés recourent à l’arme commerciale et à l’arme juridique créant un risque d’instabilité au sein des pays émergents ou au sein des autocraties. Si cette situation perdurait, ces derniers pourraient s’associer pour disposer d’un système d’échanges étanche. L’Inde qui entretient des relations complexes avec la Chine et la Russie ne souhaite pas s’aligner, fidèle à sa tradition. Elle pourrait jouer le rôle d’intermédiaire de référence au sein du monde des pays en développement et émergents.
Le Brésil, comme souvent, hésite sur son positionnement, notamment en raison des fortes divisions politiques internes. Les autorités brésiliennes n’ont pas critiqué l’intervention russe. Leur dépendance à la Russie en matière d’engrais et le souhait de s’émanciper de l’Europe et des États-Unis démocrates justifient, en partie, ce choix.
Les années 1990 et 2010 se sont caractérisées par une internationalisation de l’économie se traduisant par l’éclatement des chaînes de valeurs. L’ensemble des zones économiques ont été interconnectées avec, comme symbole de ce mouvement de fond, les porte-conteneurs qui sillonnent toutes les mers. Le développement d’un système financier mondial a facilité amplement la mondialisation tout comme le recours aux outils numériques. La mondialisation a connu un premier infléchissement avec la crise financière de 2008.
Le conflit ukrainien ne provoquera pas le retour à la logique de blocs
Au sein des pays occidentaux, elle est accusée de provoquer une désindustrialisation. La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine durant le mandat de Donald Trump a symbolisé le renouveau du courant protectionniste que l’épidémie de covid n’a fait que conforter. La croissance du commerce mondial dans les années 2010 s’est ralentie. La pandémie a donné lieu à un double mouvement, une forte contraction en 2020 suivie d’un rebond massif et rapide dont a profité la Chine.
Le conflit ukrainien ne provoquera pas, pour autant, le retour à la logique de blocs qui était en vigueur dans les années 1950/1980. Depuis, la Chine est devenue la première puissance commerciale mondiale ; le poids économique des Occidentaux est passé de 1973 à 2021 de près de 75 à 42 % du PIB mondial ; l’interdépendance s’est accentuée. Ce qui vaut pour les pays anciennement industrialisés vaut également pour la Chine ou l’Inde.
Les dirigeants européens ont souligné, lors de la réunion informelle du Conseil européen à Paris, la nécessité de rendre l’économie européenne plus résiliente et moins dépendante des importations russes, le président français Emmanuel Macron proposant des emprunts communs similaires à ceux mis en place pour le Fonds de relance.
Une nouvelle dette commune au niveau de l’UE pourrait accélérer la souveraineté européenne future et absorber les conséquences économiques de la rupture avec la Russie, a souligné M. Macron.
Emmanuel Macron a déclaré que les 27 pays étaient « unanimes » sur la nécessité d’investissements massifs pour atteindre la souveraineté européenne dans tous les domaines, a résumé le chef d’État français à l’issue d’un sommet européen de deux jours qui s’est tenu au château de Versailles.
Il faut investir dans l’énergie, la défense, les matières premières et les technologies pour assurer la souveraineté européenne, a déclaré M. Macron aux côtés de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du président du Conseil de l’UE, Charles Michel, passant en revue les nombreux secteurs dans lesquels les 27 doivent devenir pleinement souverains.
Charles Michel a également souligné l’importance de « consolider notre base économique » et de rendre l’économie européenne « plus robuste et plus résiliente. »
Toutefois, pour atteindre cet objectif, « nous devrons financer ces grandes stratégies en Européens », a souligné le président français, ajoutant que l’Europe doit « éviter toute fragmentation du marché et des dettes souveraines européennes ».
Il a néanmoins suggéré que, même si l’option est sur la table, il s’agit d’abord de « s’accorder sur les objectifs » avant que les « instruments ne suivent ».
Des sources au sein du Parlement européen ont déclaré à EURACTIV que cette option est « actuellement sur la table » et que la Commission est en train de l’évaluer.
La déclaration finale du sommet a mis en évidence plusieurs domaines qui sont actuellement affectés par les sanctions et où les dépendances devraient être réduites.
La forte dépendance de l’Europe à l’égard des importations d’énergie russe est l’une des questions qui figurent en tête de l’ordre du jour, puisque l’UE importe actuellement environ 40 % de son gaz et 45 % de son charbon de Russie.
« Tout d’abord, notre devoir est de continuer à garantir un approvisionnement énergétique fiable, sûr et abordable aux consommateurs européens », a déclaré Mme von der Leyen, ajoutant que cela impliquerait que l’Europe se débarrasse de sa dépendance au gaz russe à moyen terme.
« D’ici la mi-mai, nous présenterons une proposition visant à éliminer progressivement notre dépendance à l’égard du gaz, du pétrole et du charbon russes d’ici 2027 », a ajouté la présidente de la Commission.
Toutefois, l’énergie n’est pas le seul domaine dans lequel les dirigeants européens s’efforcent de réduire la dépendance et de découpler la Russie de leurs chaînes de valeur.
La Russie est l’un des plus grands marchés d’importation européens lorsqu’il s’agit de matières premières comme le nickel ou le palladium, ce dernier étant particulièrement important pour l’industrie des puces, un secteur majeur pour l’Allemagne.
Et si la guerre en Ukraine était spirituelle ? Le patriarche Kirill a béni l’opération militaire de Poutine, dénoncé les « forces du mal » occidentales, qui veulent « rééduquer mentalement les Ukrainiens ». Il y a du vrai dans tout cela : quel est le démon qui pousse les Ukrainiens à s’opposer aux chars russes ?
Dans l’Occident décadent, on parle sanctions et gros sous, prix du pétrole et de la baguette. En Ukraine, Zelenski réclame « de la poudre et des balles ». Les Occidentaux ne donnent pas d’avions, mais envoient des missiles portatifs. L’Europe ne coupe pas le gaz, mais augmente son aide, sanctionne la Russie, accueille 2 millions de réfugiés. L’Europe s’est plus unie en dix jours qu’en dix ans. Seulement l’émotion ?
Le bombardement d’une maternité à Marioupol a été plus qu’un choc : un fait politique. Le ministre des affaires étrangères russe, Lavrov, justifie: « Dans cet hôpital, il y avait des nationalistes ukrainiens ». Qu’il y ait des nationalistes ukrainiens en Ukraine légitime donc de bombarder un hôpital. Pourquoi y aurait-il des nationalistes en Ukraine, puisque l’Ukraine n’a, en fait, pas droit à l’existence ? « Dénazifier » l’Ukraine signifie la purifier de tout ce qui s’oppose à son appartenance à la Grande Russie.
Poutine et Kirill sont sincères, comme cet éditorialiste de Novosti : « Qui, dans les vieilles capitales européennes, à Paris ou à Berlin, pouvait réellement croire que Moscou renoncerait à Kiev ? Que les Russes seraient à jamais un peuple divisé? ». Il s’agit pour « la Russie de retrouver son unité. »
Les Ukrainiens ont dit non.
L’invasion devait donc durer trois jours. Un gouvernement pro-russe s’installer, l’armée ukrainienne garantir l’ordre en échange de la paix. Le monde aurait salué Poutine, constaté la fin de l’ordre mondial occidental, moqué la décadence « spirituelle » des démocraties libérales.
Les Ukrainiens ont dit non. Kharkov la russophone a chassé les soldats de Poutine. Son artillerie, en représailles, la bombarde. Le chef de la brigade tchétchène, Kadirov, se plaint : « La tactique russe ne fonctionne pas ». La colonne de 60 km de long (6000 véhicules) est immobilisée. Les tanks n’ont plus d’essence, les soldats cherchent des vivres, rentrent à pied, abandonnent des centaines de véhicules, que brûlent ou récupèrent les Ukrainiens. Les Russes ont perdu entre 500 et 800 véhicules, entre 5000 et 10 000 hommes, entre 30 et 50 avions. Leur aviation ne contrôle toujours pas le ciel.
Poutine ne peut plus gagner.
L’armée russe encercle Kiev, mais une armée n’avance que d’un km par jour face à une guérilla urbaine. Marioupol n’a plus d’eau, de chauffage, de vivres. Les Ukrainiens seront-ils soumis, comme du temps de Staline, par la famine ? Dans les villes occupées, les civils demandent aux jeunes soldats russes de rentrer chez eux. Par téléphone, les mères russes sont appelées à venir chercher leurs fils prisonniers.
Poutine ne peut plus gagner. Le front nord a dû reculer. L’armée préparée en Biélorussie reste immobile. Loukachenko craint une nouvelle révolte contre son régime s’il intervient. Un mauvais esprit démocratique pourrait revenir à Minsk.
Peu de temps avant d’envahir l’Ukraine, Poutine a dissout « Mémorial », l’association créée par Sakharov sur la mémoire du Goulag. La police a saisi les archives, les traces du mal. Depuis, elle a arrêté plus de 10 000 manifestants russes contre la guerre. La Russie de Poutine serait-elle incompatible avec sa mémoire ? La naissance d’une Russie libre était possible en 1991. A cette date, l’indépendance avait été votée par plus de 90% des Ukrainiens, indépendance reconnue et garantie dans ses frontières trois fois par la Russie depuis. La Russie serait-elle incompatible avec l’Ukraine libre ? Les Ukrainiens veulent vivre libres dans un pays libre, les Russes pourraient vouloir la même chose. Des Russes libres dans une Russie libre, voilà le cauchemar. Voilà en quoi ce combat fratricide en Europe est une guerre « spirituelle ».
Le Kremlin est cerné : par le fantôme de la liberté ?
Attribuer les mêmes responsabilités aux victimes et aux bourreaux n’est pas qu’une faute « morale », c’est un manque de réalisme. Selon certains, Zelensky aurait dû céder, l’Otan refuser les demandes ukrainiennes (ce qu’elle a fait). Il serait encore temps. Illusion : la paix est possible et souhaitable, la reddition n’est pas la paix.
Oter à un pays le vœu de ses alliances, c’est lui enlever son indépendance. Voir dans cette guerre un affrontement entre les États-Unis et la Russie est une courte vue. L’Otan n’est pas en Ukraine. Elle a diminué ses troupes en Europe. La Russie, pays le plus étendu du monde, ne peut être encerclée. Mais c’est vrai, le Kremlin est cerné : par le fantôme de la liberté.
Poutine n’a pas réveillé que l’Otan ou l’Europe, il a ranimé « l’Alliance des démocraties », proposée dans l’indifférence générale par Joe Biden. La concentration du pouvoir qu’incarne un régime autoritaire, effraie. Surtout avec des bombes nucléaires, l’arme du gaz et des céréales. Tous les régimes plus ou moins despotiques de la planète font courir un risque. L’Allemagne s’arme. Même la Suisse sort de sa neutralité.
Quant à la France, elle tient sa ligne : Maintenir le dialogue, ne pas céder, ni faiblesse, ni surenchère, ni provocation. Ceux qui la souhaitent « équidistante », « non alignée », font semblant d’ignorer ce que cela veut dire d’abandon, de reniement, de danger. Agiter le souvenir de De Gaulle oblige à rappeler qu’il n’a jamais été non aligné, ni équidistant. On peut reprocher mille choses aux Etats-Unis, de là à se vouloir aussi proche de Poutine ou de Xi Jinping que d’eux, c’est un risque absurde, suspect.
La résistance ukrainienne construit la paix.
D’ailleurs, l’adversaire des États-Unis n’est pas la Russie, c’est la Chine. Et le principal adversaire de Poutine n’est pas les Etats-Unis, mais l’Europe démocratique et libérale, parce que la Russie est européenne, qu’elle n’est ni démocratique ni libérale. Les Européens avaient raison de vouloir séduire la Russie, et Poutine d’empêcher ce mariage, quitte à se donner aux Chinois.
Peut-on espérer que la tragédie finisse bien ? Par le principe même de la leçon tragique : le courage. Parfois le courage gagne. Parfois il ne suffit pas. Il a besoin d’aide. Mais toujours le manque de courage appelle la défaite. La résistance ukrainienne construit la paix. La vraie paix, fondée sur l’échec de la violence, de la guerre, de la sujétion.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
Anne Hidalgo, la maire de Paris et la candidate à l’élection présidentielle du Parti socialiste, nous a reçus dans son siège de campagne au coeur du quartier populaire du 12ème arrondissement. Pas de chichi chez la candidate socialiste, un simple plateau de « co-working » accueille l’équipe qui accompagne la candidate à l’élection présidentielle. Elle nous reçoit avec autant de simplicité. Alors que les interviews s’enchainent, Mme Hidalgo partage avec nous sa vision de l’expatriation et les actions qu’elle imagine mener pour les expatriés si elle est élue Président de la République française.
Anne Hidalgo, l’expatriation en racine
Pour sa déclaration de candidature à la présidentielle , depuis la ville de Rouen, il y a deux mois, Anne Hidalgo avait évoqué ses parents, Antonio et Maria, ouvrier et couturière, et son grand-père paternel qui a connu l’exil pour fuir l’Espagne franquiste. Logiquement, on commence notre interview en revenant sur cette expérience qu’elle partage avec sa famille, l’occasion de nous dévoiler sa vision de l’expatriation.
La transmission de la langue française et l’Education pour tous
Au cours de notre interview, nous revenons avec elle sur la situation de la Culture française dans le monde. Loin du rayonnement promis au début du quinquennat d’Emmanuel Macron, la candidate du parti socialiste dénonce un « soft power » au rabais et le renoncement du gouvernement à ouvrir l’Education française à l’étranger à plus de jeunes Français.
Elle répond aux expatriés inquiets avec des propositions concrètes comme la différenciation tarifaire.
Le service aux expatriés dans les consulats
L’autre cheval de bataille d’Anne Hidalgo, c’est le service aux expatriés dans les consulats. Pour elle, comme pour d’autres, il s’est dégradé de façon considérable. Si elle salue le travail des équipes sur place, elle s’interroge sur les moyens mis à disposition par le gouvernement. Alors que la population est en croissance depuis 10 ans, le nombre de fonctionnaires a reculé, une situation qu’elle juge inacceptable et à laquelle elle compte trouver une solution rapidement.
Valider une candidature à l’élection présidentielle
Pour qu’une candidature à l’élection présidentielle soit validée par le Conseil constitutionnel, le ou la candidate doit répondre à des exigences :
être de nationalité française ;
ne pas être privé de ses droits civiques concernant l’éligibilité ;
être âgé d’au moins 18 ans ;
être inscrit sur une liste électorale ;
avoir satisfait aux obligations imposées par le code du service national ;
ne pas être placé sous tutelle ou sous curatelle ;
Mais surtout il doit avoir obtenu au moins 500 parrainages par des élus locaux. Ce système de parrainages est souvent remis en cause, mais en quoi consiste-t-il ?
Le parrainage, une longue histoire
La procédure ne date pas d’hier, mais elle a beaucoup évolué au fil du temps. Tout remonte à 1958, lors de l’élection du Président de la République. A l’époque, il existait un collège de grands électeurs « dont la composition est proche de celle du corps électoral qui désigne les sénateurs depuis la IIIe République », explique le Conseil constitutionnel. Le candidat avait besoin de seulement 50 présentations de la part des membres du collège électoral. A ce moment-là, les identités et fonctions des personnes qui parrainent les candidats ne sont pas rendues publiques.
Un premier changement date de 1962 : cette année, la mise en place du système de suffrage universel direct pour l’élection du président est actée dans une loi. Le système de présentation est alors modifié : chaque candidat doit « être présenté par au moins 100 citoyens titulaires d’un mandat électif de la nature de ceux des « grands électeurs » des élections sénatoriales. »
Le système tient bon, jusqu’à la moitié des années 1970. L’augmentation du nombre de candidats et les problèmes organisationnels qui se présentent à chaque élection montrent que le système doit être réformé. En 1976, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing (élu en 1974), une reforme acte les changements. Désormais, pour être candidat, il faut avoir réuni 500 parrainages qui proviennent « d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer sans que plus du dixième de ces 500 signatures (soit 50) proviennent d’un même département ou territoire« , rappelle-t-on sur le site du Conseil constitutionnel. A partir de cette date, il a été établi que la liste de 500 parrains devait être rendue publique et ce, même si le candidat en question en comptait plus que 500.
171 élus des Français de l’étranger ont apporté leur parrainage
Pour les expatriés, ce sont donc les élus consulaires, mais aussi les députés et les sénateurs qui peuvent apporter leur parrainage. Ils sont 171 à avoir fait la démarche. On découvre ensemble leur choix.
Les expatriés ont largement soutenu Emmanuel Macron et son parti « La République En Marche » lors des précédentes élections, logiquement c’est donc ce dernier qui récolte le plus de parrainages. On retrouve dans le tableau ci-dessous, les députés, quelques sénateurs et 40 élus consulaires dont la Présidente de l’Assemblée des Français de l’étranger, Hélène Degryse, pourtant officiellement indépendante.
LAKRAFI
Amal Amélia
Députée
10ème circonscription
GENETET
Anne
Députée
11ème circonscription
LESCURE
Roland
Député
1ère circonscription
HOLROYD
Alexandre
Député
3ème circonscription
ANGLADE
Pieyre-Alexandre
Député
4ème circonscription
VOJETTA
Stéphane
Député
5ème circonscription
PETIT
Frédéric
Député
7ème circonscription
EL GUERRAB
M’Jid
Député
9ème circonscription
FRASLIN
Jean-Hervé
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique centrale, australe et orientale
REDDAD
Mehdi
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique du Nord
ARNULF
Nicolas
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique du Nord
RUELLE
Jean-Luc
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique occidentale
LANGLET
Jean-Marie
Président du conseil consulaire
Allemagne – 2e circonscription
GROMIER-HEIM
Laurence
Présidente du conseil consulaire
Allemagne – 3e circonscription
PLUDERMACHER
Bruno
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
COL
Alexandre
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
FOUQUES-WEISS
Nadine
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
METAYER
Catherine
Présidente du conseil consulaire
Andorre
SLAIMAN
Zaïda
Présidente du conseil consulaire
Arabie saoudite – 2e circonscription(avec Koweït)
AYOUB
Ghassan
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie centrale et Moyen-Orient
CHAAYA
Nadia
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie centrale et Moyen-Orient
BARTHELEMY
Franck
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie-Océanie
LEGER
Elise
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie-Océanie
CONSIGNY
Thierry
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie-Océanie
TRESSARD
Fabrice
Président du conseil consulaire
Autriche, Slovaquie, Slovénie
MASSON
Thierry
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Benelux
SCHAULI
Frédéric
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Benelux
DEGRYSE
Hélène
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Benelux
MANÇO-QUIROGA
Maurice
Président du conseil consulaire
Bolivie
OUÉDRAOGO
Ousmane
Président du conseil consulaire
Burkina Faso
MALLET
Guillaume
Président du conseil consulaire
Chine – 4e circonscription
BOULO
Anne
Présidente du conseil consulaire
Congo
MARINI
René
Président du conseil consulaire
Congo
SADEQUE
Vincent
Président du conseil consulaire
Djibouti
LEMOINE
Dominique
Président du conseil consulaire
Etats-Unis – 1re circonscription
ORAND
Stanislas
Président du conseil consulaire
Etats-Unis – 7e circonscription
RICHARD
Pascale
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Etats-Unis d’Amérique
LE GLAND
Loïc
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Etats-Unis d’Amérique
SOUIHI
Warda
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Etats-Unis d’Amérique
CONNELL
Patricia
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Europe du Nord
LE CARDINAL
Hugues
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Péninsule Ibérique
LE VAILLANT
Stéphanie
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Péninsule Ibérique
BERTHIER
Pierre
Président du conseil consulaire
Pérou
YEBKA
Belma
Présidente du conseil consulaire
Singapour
AVEZOU
Odile
Présidente du conseil consulaire
Suisse – 1re circonscription
COLLETTE
Marlène
Présidente du conseil consulaire
Suisse – 2e circonscription
FRANCK
David
Président du conseil consulaire
Ukraine
CAZEBONNE
Samantha
Sénatrice
CADIC
Olivier
Sénateur
36 élus pour Valérie Pécresse
Deuxième personnalité à obtenir le plus de soutiens, Valérie Pécresse. La candidate du parti Les Républicains reçoit les parrainages de 36 élus dont le seul député non LREM, Meyer Habib (UDI). Par contre, elle fait le plein des sénateurs qui dominent la haute chambre de la République. Du côté des élus consulaires, les soutiens proviennent des 4 coins du monde.
HABIB
Meyer
Député
8ème circonscription
DENDÈNE
Karim
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique du Nord
SENAC
Gérard
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique occidentale
BOUTALEB
Abdelghani
Président du conseil consulaire
Algérie – 2e circonscription
DE ZIEGLER
Nicolas
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
SIGNORET
Gérard
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Amérique latine et Caraïbes
BENHAIM
Avraham
Président du conseil consulaire
Angola
BARDON-HAMBARDZUMYAN
Lusine
Présidente du conseil consulaire
Arménie, Géorgie
RIGAUD
Laurent
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie centrale et Moyen-Orient
SIVA
Prédibane
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie-Océanie
REMIGI
Victor
Président du conseil consulaire
Cambodge
PESTOTNIK PREBEG
Tea
Présidente du conseil consulaire
Croatie
BERNARD
Jean-Pierre
Président du conseil consulaire
Etats-Unis – 8e circonscription
HULOT
Sandrine
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Etats-Unis d’Amérique
PITON
Olivier
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Etats-Unis d’Amérique
EPELBAUM
Gérard
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Etats-Unis d’Amérique
DUBARD-KAJTAR
Jeanne
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Europe centrale et orientale (y compris Russie)
LEMAÎTRE
Christian
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Europe centrale et orientale (y compris Russie)
BEZARDIN
Alexandre
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
EELV a remporté son pari des élections consulaires. Avec de nombreux élus sur tous les continents, le candidat écologiste réussit à obtenir 28 signatures. On y retrouve la sénatrice Mélanie Vogel mais aussi la députée d’Amérique du Sud, pourtant élue sous l’étiquette LREM, Paula Forteza. Sinon, comme en mai 2021, c’est l’Europe qui fournit le plus gros contingent de soutiens.
FORTEZA
Paula
Députée
2ème circonscription
Français de l’étranger
DOMELEVO ENTFELLNER
Jean-Baka
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique centrale, australe et orientale
Français de l’étranger
RAHAL
Radya
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique du Nord
Français de l’étranger
MAIGNÉ
Stéphan
Président du conseil consulaire
Allemagne – 1re circonscription
Français de l’étranger
LECLERC
Audrey
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
Français de l’étranger
KOKOT
Guilhem
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
Français de l’étranger
CHATEAU-DUCOS
Alexandre
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
Français de l’étranger
OLLIVIER
Mathilde
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
Français de l’étranger
LAVERGNE
Cécile
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Amérique latine et Caraïbes
Français de l’étranger
GUILLEMOT-PEACOCK
Géraldine
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie-Océanie
Français de l’étranger
GRANGE
Jean-Philippe
Président du conseil consulaire
Australie, Fidji, Papouasie-Nouvelle-Guinée
Français de l’étranger
LIBEAUT
Catherine
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Canada
Français de l’étranger
BERT
Laetitia
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Canada
Français de l’étranger
BADACHE
Pascal
Président du conseil consulaire
Danemark
Français de l’étranger
URVOY
Marianick
Présidente du conseil consulaire
Egypte
Français de l’étranger
MARIN-CUDRAZ
Benoit
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Europe du Nord
Français de l’étranger
BERTIN
Olivier
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Europe du Nord
Français de l’étranger
VAZEILLE
Rémi
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Europe du Nord
Français de l’étranger
GERVEREAU
Caryl
Président du conseil consulaire
Maroc – 4e circonscription
Français de l’étranger
GOERGLER
Xavier
Président du conseil consulaire
Panama, Cuba, Jamaïque
Français de l’étranger
LE BERRE
Renaud
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Péninsule Ibérique
Français de l’étranger
RALLE
François
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Péninsule Ibérique
Français de l’étranger
BLANCHOT
Isabelle
Présidente du conseil consulaire
Royaume-Uni – 2e circonscription
Français de l’étranger
CUMBO
Georges
Président du conseil consulaire
Vanuatu
Français de l’étranger
VOGEL
Mélanie
Sénatrice
Français de l’étranger
Mélenchon s’implante chez les expatriés de gauche
Comme dans les sondages réalisés en France, Jean-Luc Mélenchon semble s’imposer comme la figure de référence à gauche. Avec 19 élus, tous locaux, le candidat de LFI récolte le plus de signatures chez les Français de l’étranger parmi les nombreuses candidatures « progressistes ».
BELBACHIR-BELCAID
Khadija
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique du Nord
CLAQUIN
Gaël
Président du conseil consulaire
Afrique du Sud, Mozambique, Namibie, Bostwana
HEINTZ
Baptiste
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique occidentale
GLOCK
Denis
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Amérique latine et Caraïbes
DELUCHEY
Jean-François
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Amérique latine et Caraïbes
LAVEANT
Pierre
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Péninsule Ibérique
BÉGUÉ
Jean-Christophe
Président du conseil consulaire
Togo, Ghana
FISCHER
Laurent
Président du conseil consulaire
Vietnam
VILLARD
Marc
Président du conseil consulaire
Vietnam
La surprise : Eric Zemmour
Le candidat du parti Reconquête est la surprise de ce classement. Comme les consultations des expatriés qui créditent de 20% des intentions de vote des expatriés Eric Zemmour, 11 élus ont passé le cap et soutiennent l’ancien polémiste. Le député des Français de Suisse, Joachim Son-Forget, est le seul élu national à apporter sa signature à Eric Zemmour.
SON-FORGET
Joachim
Député
6ème circonscription
LETANCHE
Hugues
Président du conseil consulaire
Arabie saoudite – 2e circonscription(avec Koweït)
LEDUCQ
Pierre
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Israël et Territoires palestiniens – 1re circonscription
GIRAUD-MALIVEL
Michèle
Présidente du conseil consulaire
Maurice, Seychelles
LOMBARDO
Florent Marc
Président du conseil consulaire
Panama, Cuba, Jamaïque
CHEVRIER
Christian Henri
Président du conseil consulaire
Thaïlande, Birmanie
MAIZOUE
Jean-Philippe
Président du conseil consulaire
Togo, Ghana
Hidalgo, des troupes timides
Anne Hidalgo ne fait pas le plein chez les élus des expatriés. Alors qu’elle aurait pu espérer une cinquantaine de soutiens, elle ne récolte, elle aussi, que 11 signatures. Les sénateurs comme la présidente de la fédération PS des Français établis hors de France, Cécilia Gondard, sont fidèles au poste, mais où sont les autres ?
YOUMNI
Abdelghani
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique du Nord
BOUVERET
Ellen
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
BOHEME
Florian
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie-Océanie
GONDARD
Cécilia
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Benelux
PAJOT
Franck
Président du conseil consulaire
Chine – 2e circonscription (avec Mongolie et Corée du Nord)
JOINAU
Benjamin
Président du conseil consulaire
Corée du Sud, Taïwan
CURIONI
Monique
Présidente du conseil consulaire
Etats-Unis – 6e circonscription
AHMAR
Samy
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Europe du Nord
SPIESSER
Olivier
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Le numérique est le chantier phare sur lequel la francophonie doit investir pour davantage peser culturellement, ou a minima défendre la place de la langue française. L’essor des grandes plateformes numériques américaines laisse craindre l’uniformisation de la création culturelle au profit de standards anglo-saxons. Cette tendance, déjà bien engagée, n’est cependant pas une fatalité, la semaine de la Francophonie 2022 vous le démontre.
Valoriser tous les créateurs francophones
TV5 Monde est le média officiel de la francophonie comme nous le rappelle Yves Bigot, son PDG, dans une interview exclusiveà découvrir sur notre site. TV5Mondeplus constitue, en sus, une vitrine, facile d’accès et gratuite, pour toutes les oeuvres francophones de tous les continents. Pour cette semaine dédiée à la Francophonie, nous avonssélectionné, avec les équipes de la plateforme 100% gratuite, non géo-bloquée, TV5MONDEplus, les webcréations incontournables de cette cuvée 2022. Une façon inédite et originale de découvrir lescréateurs francophones d’aujourd’hui et de demain.
6 webcréations à découvrir de toute urgence
TV5Monde a lancé en 2019 au un nouveau label, « webcréations », afin de favoriser l’éclosion de talents francophones. On vous présente ici la promotion 2022.
Saviez-vous pourquoi le mot “tantôt” ne s’utilise pas de la même manière en Belgique et au Québec ? Ou ce que signifie “bisser” ou “beurrer épais” ? C’est du français pourtant ! Laissez-vous guider par la linguiste Aurore Vincenti, pour un tour du monde tout en modernité, au pays des mots francophones ( avec des mots issus du Dictionnaire des francophones).
Laélia Véron, linguiste et stylisticienne, décrypte et décortique les paroles de chansons francophones du moment pour savoir ce qui se cache derrière les paroles de Julien Doré, Gaël Faye, Pomme, Hoshi et bien d’autres.
Mini-série d’animation poétique, pédagogique et piquante, « Un point, c’est tout » dévoile la typographie, révèle ses anecdotes, raconte ses codes et ses petits secrets.
« Comment te dire », une websérie pour apprendre à parler avec éloquence dans toutes les situations du quotidien, avec Natoo et Julien Ménielle. La langue française est riche et belle, apprenons à bien nous en servir !
On a beau parler la même langue, on ne se comprend pas toujours… Dans un café qui pourrait aussi bien de se trouver à Montréal, Bruxelles, Genève ou Paris, se croisent des personnages du monde entier. Dans ce huis-clos cosmopolite, les conversations engendrent bien des quiproquos !