La candidate RN Marine Le Pen, visée par des accusations de détournement d’argent public européen, a dénoncé lundi (18 avril) « un coup fourré de l’Union européenne à quelques jours du second tour » de la présidentielle.
« Alors les coups fourrés de l’Union européenne, quelques jours avant le second tour, j’ai une grande habitude de cela et je pense que les Français ne sont absolument pas dupes », a souligné la dirigeante d’extrême droite lors d’une visite de campagne au marché de Saint-Pierre-en-Auge, en Normandie.
« Je conteste évidemment absolument ces accusations dont je n’ai pas eu connaissance, ce qui déjà pose un problème en termes d’Etat de droit, dont on ne m’a fourni aucune preuve, aucun élément, malgré d’ailleurs les demandes que j’ai pu faire », a ajouté la candidate du Rassemblement national.
Le document, dont Mediapart publie des extraits, concerne les frais que peuvent utiliser les groupes politiques dans le cadre de leur mandat de député européen et que Marine Le Pen et ses proches auraient utilisés à des fins de politique nationale, pour des dépenses personnelles ou pour des prestations au profit de sociétés commerciales proches de son parti, le RN et du groupe parlementaire d’extrême droite Europe des nations et des libertés (ENL).
Bruno Gollnisch et Jean Marie Le Pen lors de fête des Bleu blanc rouge en 2005 – Kenji-Baptiste OIKAWA
Les trois autres anciens députés européens mis en cause sont son père Jean-Marie Le Pen, son ancien compagnon Louis Aliot et Bruno Gollnisch, membre du bureau national du RN et de l’ENL.
Le Parlement européen compte « procéder au recouvrement des sommes indûment payées », a annoncé dimanche à l’AFP un de ses responsables.
Marine Le Pen est depuis juin 2017 poursuivie dans l’enquête menée à Paris sur des soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen d’assistants du parti.
Elle est mise en examen pour « détournement de fonds publics » et « complicité » de ce délit dans le cadre de cette enquête.
L’amélioration du marché de l’emploi en 2021 a été une réelle surprise. De nombreux experts ont craint que le retour du plein emploi exige du temps, comme lors de la crise de 2008/2009. En moins d’un an, les États occidentaux ont retrouvé le taux de chômage d’avant pandémie.
Des secteurs d’activité comme le bâtiment, l’hébergement ou la restauration sont confrontés à des pénuries de main-d’œuvre. Au mois de mars, Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, a indiqué que « le marché du travail d’aujourd’hui évolue à un niveau malsain ». Sous tension dans de nombreux secteurs, le marché du travail génère des pénuries, favorise la hausse des prix et pèse sur la croissance. Aux États-Unis, des commerces, des restaurants sont contraints de fermer faute de main-d’œuvre. Face à cette situation, le président de la Fed défend le principe d’une hausse des taux pour ralentir la croissance économique et éviter la multiplication des goulets d’étranglement.
Le taux de chômage américain redescendu à 3,6%
En avril 2020 après un mois de pandémie, le taux de chômage américain s’élevait à 14,7 %. Si le chômage avait diminué à son rythme post-crise financière, le taux de chômage en mars de cette année aurait été supérieur à 13 %. Or, il est de 3,6 % à 0,1 point de son niveau de 2019.
Les États-Unis ne figurent pas parmi les meilleurs élèves dès lors que trois à quatre millions d’Américains avaient décidé de prolonger les vacances en jouant sur l’épargne accumulée et les aides sociales et ont retardé leur retour sur le marché de l’emploi. Ce phénomène de retrait volontaire commence à s’estomper depuis le début de l’année 2022. En septembre 2021, près de 1,9 million de travailleurs âgés de 25 à 54 ans manquaient à l’appel. En mars 2022, ce nombre avait diminué de plus de moitié pour atteindre environ 750 000. 1,3 million de travailleurs doivent encore revenir.
La rapidité de l’amélioration de la situation de l’emploi a surpris
Le Canada et l’Allemagne enregistrent des taux d’emploi records. Le taux d’emploi des personnes en âge de travailler en Grèce est supérieur de trois points de pourcentage à son niveau de 2019. Fin 2021, le taux de chômage en France était inférieur à celui de la fin 2019. Il faut même remonter à 2008 pour retrouver un taux plus faible. Les pays de l’OCDE comptaient 20 millions d’emplois de plus fin 2021, par rapport à juin 2020. Le nombre de chômeurs à la recherche de postes vacants est le plus bas depuis des décennies. La hausse des prix n’avait pas à la fin du premier trimestre ralenti ce processus de création rapide d’emplois.
La rapidité de l’amélioration de la situation de l’emploi a surpris. L’histoire montre que les stigmates des crises financières sont longs à s’effacer. En revanche, ceux liés à des perturbations « réelles » telles que les catastrophes naturelles, les guerres ou les épidémies disparaissent rapidement. En 2005, le taux de chômage de la Louisiane a augmenté fortement après l’ouragan Katrina, mais est rapidement retombé. Après la seconde guerre mondiale, les marchés du travail européens ont rapidement absorbé les soldats revenant des différents fronts. L’épidémie n’a pas porté atteinte au capital productif. Si elle a été en partie empêchée durant les confinements, la demande a rebondi dès leur fin aidée en cela par l’épargne accumulée et par les aides versées par les pouvoirs publics.
Le salaire horaire moyen américain était supérieur de 5,6 % à celui d’un an plus tôt
L’emploi a été préservé en Europe avec le recours au chômage partiel qui a touché plus d’un cinquième des travailleurs. Face aux problèmes croissants de recrutement, aux États-Unis, les entreprises comme Amazon ou Apple ont décidé d’améliorer les conditions de travail de leurs salariés et d’augmenter leurs rémunérations. La proportion d’Américains inquiets de la mauvaise sécurité de l’emploi est proche d’un creux historique. Au Royaume-Uni, la part des travailleurs couverts par un « contrat zéro heure » est en forte baisse. Dans le Nebraska, un État agricole, le taux de chômage est tombé à moins de 1 %. Les entreprises du secteur de la restauration ont dû porter le salaire horaire à 16,50 dollars, soit au moins le double du minimum fédéral pour trouver des salariés. Certaines entreprises prétendent augmenter les salaires de 30 % ou plus. En mars, le salaire horaire moyen américain était supérieur de 5,6 % à celui d’un an plus tôt, selon l’indicateur global.
Au Japon, en Allemagne, au Canada, les salaires n’augmentent pas
Un autre indicateur suggère que les moins bien payés connaissent des hausses plus importantes. Les taux d’augmentation sont les plus rapides constatées depuis le début des données fédérales dans les années 1980. À l’opposé, au Japon, les salaires n’augmentent pas. En décembre, le « salaire spécial », qui comprend les primes d’hiver et représente généralement environ la moitié du total des salaires en espèces de ce mois, a diminué de 1 % en glissement annuel.
En Allemagne, malgré le plein emploi, les salaires restent sages tout comme au Canada. Avant la pandémie, la croissance sous-jacente des salaires français était de l’ordre de 1 à 2 % par an. Aujourd’hui, il est proche de 3 %. L’Italie connaît la même évolution. Au Royaume-Uni, le salaire sous-jacent augmente à un taux annuel d’environ 5 %. Dans l’ensemble des grandes économies du G10, les salaires augmentent d’au moins 4 % par an.
Pour être supportable et compatible avec un objectif d’inflation de 2 %, une croissance des salaires de 4 % suppose une augmentation de la productivité du travail d’au moins 2 % par an. Dans ce cadre, les entreprises répercuteraient la moitié de leurs coûts salariaux horaires supplémentaires sur les clients sous la forme de prix plus élevés, mais absorberaient l’autre moitié grâce à une efficience accrue de la production. Une croissance de la productivité de 2 % par an n’est pas irréalisable, mais elle serait beaucoup plus forte qu’elle ne l’était avant la pandémie (entre 0,5 et 1 point de plus). Pour le moment, elle semble rester au-dessous de la barre des 2 %.
Les espoirs d’une productivité plus élevée doivent cependant être mis en balance avec les craintes d’une croissance des salaires encore plus élevée. Pour freiner les hausses de salaires et l’inflation, le recours à la hausse des taux directeurs apparaît pour un nombre croissant d’acteurs comme nécessaire. Le risque est de passer de la surchauffe à la récession. En Europe, cette équation est compliquée par les effets des éventuels embargos sur le pétrole et le gaz russes. Les instituts économiques prédisent une récession en 2023 s’ils devenaient réalité d’ici l’automne.
Une récession dans les deux ans à venir
L’Histoire enseigne que les hausses rapides des taux directeurs amènent en règle générale des récessions. La FED n’a réussi un « atterrissage en douceur » qu’à trois reprises depuis 1945. Face à un taux d’inflation comparable à celui que les États-Unis connaissent actuellement, jamais la FED n’a pu empêcher la récession. Des économistes américains prédisent une récession dans les deux années à venir. L’Europe pourrait connaître un automne difficile du fait de la hausse prévisible des cours de l’énergie.
La mise en place d’approvisionnements alternatifs au gaz et pétrole russes ne sera pas totalement effective, pouvant provoquer des pénuries et des tensions sur les prix. Les prix du gaz pour l’hiver prochain sont cinq fois plus élevés qu’aux Etats-Unis, et les dépenses d’énergie des ménages y sont presque deux fois plus élevées que la part du PIB.
La hausse des prix menace la cohésion de certains pays dont la France. Si l’économie de la zone euro continuera probablement de croître en 2022 dans son ensemble, elle pourrait néanmoins connaître une récession en 2023, à défaut de pouvoir accéder à une énergie moins chère.
La Chine qui depuis 2020 avait réussi à sortir économiquement gagnante de l’épidémie est rattrapée en 2022 par cette dernière.
Ce pays est confronté à une résurgence du nombre de nouveaux cas de virus, plus de 20 000 le 6 avril. Pour éliminer la covid-19, les autorités ont été amenées à confiner les 26 millions d’habitants de Shanghai ainsi que ceux des autres grandes villes où l’épidémie est présente. L’offre pourrait être atteinte avec à la clef l’apparition de nouveaux goulets d’étranglement et un ralentissement du commerce international. Pour mettre un terme au stop and go sur front d’épidémie persistante, le pouvoir chinois doit vacciner à grande vitesse sa population. Faute de quoi, la confiance des consommateurs pourrait se contracter, entraînant un fort recul de la croissance.
Les dirigeants publics au cœur des choix économiques
La crise sanitaire tout comme la guerre en Ukraine ont replacé les dirigeants publics, pour le meilleur et le pire, au cœur des débats économiques. L’activité dépend des politiques de santé publique et notamment de la vaccination. Elle est liée aux décisions prises par les banques centrales pour lutter contre l’inflation. Les sanctions contre la Russie et les éventuels embargos peuvent avoir des incidences non négligeables sur le cours de la croissance des prochains mois. Les économies occidentales peuvent soit s’engager dans la récession, la stagflation, soit poursuivre sur la crète de la croissance post-covid. Mais jamais le niveau des incertitudes, des aléas n’aura été aussi élevé qu’en 2022.
Tous les candidats à l’élection présidentielle ont été interrogés par Lesfrancais.press. Tous le proclament : les Français de l’étranger sont des Français comme les autres. Une évidence. Vraiment ?
Ce n’est pas ce que montre l’administration. La dernière expérience du premier tour de l’élection présidentielle le prouve. Mauvaises indications pour les bureaux de vote, impossibilité d’obtenir des renseignements, fermeture des bureaux consulaires avant la proclamation des résultats (ce qui a obligé des citoyens, bénévoles, qui tenaient les bureaux de vote à veiller toute la nuit) et, cerise sur le gâteau, refus de communiquer les résultats avant que le Conseil constitutionnel ne les valide. Une sorte de vexation supplémentaire, une rétention d’information qui vaudrait à n’importe quel sous-préfet une révocation.
On n’a jamais vu cela, dans aucun village de France, dans aucune élection, jamais. Ce type de mépris pour les électeurs est d’autant moins compréhensible que la centralisation des élections ne se fait plus au ministère des Affaires étrangères mais au ministère de l’Intérieur, qui lui, répond au téléphone, respecte les élus, et communique immédiatement tous les résultats de toute la France. Tous les résultats, sauf ceux des Français de l’étranger, que le MAE lui transmet.
Les Français de l’étranger subissent là une véritable discrimination négative. Ce n’est pas la première fois. Lors de la Covid, l’administration avait ignoré le jugement du Conseil d’État qui cassait sa définition des « motifs impérieux ». Elle avouait cette mauvaise habitude, celle de ne pas faire droit.
Bercy aussi
Les exemples abondent : la direction de Bercy dédié aux Non-résidents des Français de l’étranger n’a-t-il pas reconnu ne pas faire droit aux expats, « à moins qu’ils ne fassent des recours » ? L’administration revendique ainsi le droit d’être consciemment dans l’illégalité. C’est exactement l’inverse de la définition de l’État de droit : l’État soumis au droit. Là encore, cela mériterait sanction.
Pour ce qu’il reste de subventions, l’administration a décidé seule de leurs montants et destinations, ignorant les demandes de l’Assemblée, et des commissions. On ne sait si les ambassadeurs ont été associés. Les subventions étaient attribuées à 70% aux associations « parapubliques », ce qui économisait d’autant le budget. Saisi par les plaintes, le secrétaire d’État a dû reprendre le dossier, promettant que la proportion serait inversée : 70% pour les associations indépendantes, 30% pour celles qui dépendent de l’administration.
Le Conseil consulaire étant désormais présidé par un élu, il est, en maints endroits, boudé ou ignoré. Sur l’enseignement, les bourses, les affectations, les dotations, partout le manque de transparence est la règle, l’arbitraire la solution.
« L’Etat est tout, l’individu n’est rien. » écrivait Mussolini. Le signe d’une démocratie est que l’État est au service des citoyens et non l’inverse. Dans une démocratie, le citoyen est tout, sans lui, l’État n’est rien. « Tout par le citoyen, rien en dehors du citoyen, rien contre le citoyen » faudrait-il répondre*.
Empêcher la mobilisation des expatriés
Difficile de ne pas voir dans la désorganisation des élections un quasi sabotage : la moitié des Français de l’étranger ont voté pour le président sortant, signe qu’ils ne lui tiennent pas rigueur de ce mépris administratif. C’est très sage. C’est la preuve que les expats ont une certaine hauteur de vue et ne votent pas selon leurs humeurs. Mais on peut penser que la participation aurait été plus élevée si, au lieu de multiplier les obstacles, on avait facilité les opérations.
Derniers jours pour faire son choix entre les programmes pour les expatriés d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen. Evidemment, certains ont déjà choisi : faire barrage à l’extrême droite. C’est d’ailleurs l’option retenue par la majorité de nos compatriotes expatriés selon la consultation que nous avons menée du 11 avril au 17 avril 2022 auprès de plus de 6000 Français établis hors de France. En effet, plus de 68% des Français de l’étranger déclarent vouloir voter pour Emmanuel Macron ce 24 avril, un soutien franc et massif mais on est loin des 93% de 2017. L’usure du pouvoir est passée par là !
C’est pour vous informer en toute transparence et dans un souci d »équité que nous avons décidé de résumer sous forme de tableau les principaux points des programmes proposés par les candidats à la magistrature suprême. Pour cela, nous avons repris les interviews et analyses que nous avons évoquées au fil des derniers mois, le tout synthétisé en quelques cases.
Emmanuel Macron : même cap mais des ajustements
Le Président de la République, comme Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat aux Français établis hors de France, font un bilan, plutôt généreux de leurs actions pour les expatriés au cours des 5 dernières années. Si de vrais succès sont à mettre à leur crédit, comme un renforcement du poids des élus dans la relation avec l’administration, le déploiement du vote en ligne et de l’identité numérique, il reste de vrais écueils.
La réforme fiscale, finalement avortée en 2020, la main mise par la directrice de l’administration consulaire Laurence Haguenauer sur la vie citoyenne et associative des expatriés, la mise en place de motifs impérieux pour regagner le territoire national pendant la pandémie, sont autant de volets qu’Emmanuel Macron devra résoudre au cours du prochain mandat.
Lors de notre entretien, le 27 mars 2022, avec Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’étranger et chargée de la campagne du Président de la République, nous avons évoqué ces points auxquels elle a répondu sans langue de bois. On vous propose d’écouter ou de réécouter ce podcast.
Marine Le Pen : rétablir la puissance de l’Etat
Du côté du Rassemblement national, les équipes de Marine Le Pen ont créé, autour de Denis Franceskin, le responsable de la fédérations des expatriés du RN, un programme aux larges ambitions dont le financement reste à trouver. En effet, Marine Le Pen s’annonce comme généreuse : gratuité des écoles et lycées français d’ici la fin du mandat, fin de la CSG pour ceux établis hors d’Union européenne, renforts dans les consulats, etc.
Dans le programme de Marine Le Pen, c’est donc le retour d’un Etat fort auprès des expatriés. Une ambition que ne peuvent qu’applaudir les expatriés, mais peu réaliste en pleine crise de l’endettement et alors que l’Etat doit réduire, encore, son train de vie.
Autant de questions, que nous avons posées à Denis Franceskin dans une interview en date du 5 avril et que vous pouvez découvrir ou rédécouvrir en cliquant sur le visuel ci-dessous.
Dix-huit films sont en compétition pour la Palme d’or, le retour de Top Gun, un partenariat avec Brut et TikTok. Cinquante longs métrages seront diffusés sur onze jours de festival.
La sélection officielle de la 75e édition Festival de Cannes est tombée ce jeudi 14 avril. Cinquante films ont été sélectionnés pour cette grande messe du cinéma qui se tiendra du 17 au 28 mai prochains. Virginie Efira sera la maîtresse de cérémonie et c’est le film de zombies -hors compétition- Z (comme Z) de Michel Hazanavicius qui ouvrira les festivités.
La Palme d’or
En compétition pour la Palme d’or, on retrouve David Cronenberg et son film de science-fiction horrifique Crime of the Future avec Viggo Mortensen, Léa Seydoux et Kristen Stewart. Cronenberg connait bien le festival puisqu’il en a été le président en 1999. Son long métrage précédent, Maps to the Stars, était d’ailleurs sélectionné en 2014 pour le même prix.
Crime of the future de David Cronenberg
À ses côtés, les frères Dardenne et leur film Tori et Lokita qui raconte l’histoire de deux jeunes exilés venus s’établir en Belgique. Jean-Pierre et Luc Dardenne sont aussi des habitués de Cannes comme ils ont déjà reçu la Palme d’or en 1999 pour le film Rosetta et en 2005 pour L’Enfant.
Le Suédois Ruben Östlund et son film Triangle of Sadness part aussi en tant que favori puisqu’il a reçu la Palme d’or en 2017 pour son film dramatique The Square, au même titre que le réalisateur roumain Cristian Mangiu avec son nouveau film RMN, lui qui était lauréat du prix en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours. Le Japonais Hirokazu Kore-eda leur donnera du fil à retordre avec son thriller sociétal coréen Broker alors qu’il a aussi gagné une Palme d’or en 2018 avec Une affaire de famille.
En lice pour le prestigieux prix, on notera également la présence du réalisateur russe Kirill Serebrennikov pour le film La Femme de Tchaïkovski ; de l’Italien Mario Martone avec Nostalgia ou encore de James Gray pour Armageddon Time – film doté d’un casting épatant composé d’Anne Hathaway, Anthony Hopkins, Cate Blanchett, Oscar Isaac ou encore l’immense Robert De Niro.
Huit autres films ont aussi été sélectionnés pour la Palme d’or, portant le total à 18 films, contre 24 pour l’édition de juillet 2021.
Mention spéciales
Le réalisateur ukrainien Sergei Loznista sera présent avec son film The Natural History of Destruction, film contant la guerre en Ukraine, thème tristement actuel. Le festival a d’ailleurs annoncé qu’il n’accueillerait pas de délégation russe cette année.
Le comédien et acteur principal de la série coréenne dystopique Squid Game, Lee Jung-jae, viendra montrer son premier film, Hunt. Fumer fait tousser, le nouveau long métrage absurde Quentin Dupieux, sera projeté pendant les séances de minuit.
Le tapis rouge
Comme à son habitude, le tapis rouge de la croisette accueillera les plus grandes stars du cinéma. Cette année, Tom Cruise viendra présenter la suite de film culte Top Gun, Top Gun: Maverick de Joseph Kosinski. Il renfilera son casque, son uniforme et ses talonnettes pour le plus grand plaisir des fans. Tom Hanks foulera aussi le tapis rouge de Cannes 2022 pour le biopic de Baz Luhrmann sur la vie du King, Elvis, dans lequel il joue le rôle du Colonel Parker. En « hors compétition », comme pour ces deux films, on retrouvera aussi Three Thousand Years of Longing, de Georges Miller, le réalisateur de Mad Max.
Présentation du film « The man who killed Don Quixote » de Terry Gilliam au festival de Cannes de 2018
Pas de films de plateformes, mais unecollaboration avec TikTok et Brut
Ce n’est pas cette année que les films de plateformes qui ne sortent pas dans les salles de cinéma françaises pourront concourir lors du Festival. Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, a eu beau faire pression, le conseil d’administration n’a pas plié. Cette règle peut sembler absurde à l’heure où de grands réalisateurs se tournent de plus en plus vers les plateformes de streaming. On peut citer Irish Man de Scorcese ou le déjà fortement récompensé The Power of the Dog de Jane Campion.
La 75e édition du Festival de Cannes sera aussi marquée par la fin du partenariat avec Canal+. La cérémonie sera diffusée grâce à une collaboration entre France Télévision et Brut, avec le soutien de la plateforme TikTok. Ne pas faire appel à ces nouveaux acteurs de l’audiovisuel aurait été « anachronique » selon le président Pierre Lescure.
Les États-Unis et la zone euro se caractérisent par le maintien de politiques budgétaires expansionnistes s’accompagnant de politiques monétaires accommodantes. Cette cohabitation alimente l’inflation. Au Japon, depuis la fin des années 1990, la politique budgétaire et la politique monétaire très expansionnistes ne débouchent pas sur une hausse de l’inflation. Les rares exceptions constatées concernent des périodes particulières liées par exemple à des tremblements de terre, à la hausse de la TVA ou à la dépréciation du yen.
Face à la montée des prix, les banques centrales aux États-Unis et en zone euro réagissent avec modération
Avec la crise ukrainienne, celles de santé avec l’épidémie de covid-19, celles liées à la transition énergétique ainsi que celles résultant du vieillissement de la population, les dépenses militaires devraient augmenter, conduisant à la persistance d’un fort déficit. Ce dernier sera d’autant plus élevé que les recettes publiques pourraient diminuer en raison de l’affadissement de la croissance, affadissement provoqué par les baisses de pouvoir d’achat à venir elles-mêmes liées à la hausse des prix de l’énergie et des matières premières.
Au sein de l’OCDE, le salaire réel pourrait enregistrer une contraction de 3 à 4 % en 2022. Face à la montée des prix, les banques centrales aux États- Unis et en zone euro réagissent avec modération. La FED a relevé ses taux directeurs mais ces derniers restent bien en-deçà du taux d’inflation. La BCE n’entend relever ses taux qu’à la fin de l’année. Ce choix s’explique par la volonté de ne pas casser la reprise économique et de mettre en difficulté la solvabilité des États endettés. En combinant politiques monétaires et politiques budgétaires accommodantes, le risque est d’entrer dans une phase de stagflation.
Une hausse de taux aurait peu d’effets
La baisse des salaires réels pèsera sur la consommation et donc sur la croissance. La décision de maintenir des politiques monétaires laxistes se justifie également par le fait que l’inflation est essentiellement importée. De ce fait, une hausse de taux aurait peu d’effets.
Pour le moment, un pays de l’OCDE, le Japon, fait exception en ne connaissant qu’une très légère hausse des prix. Ce pays est pourtant en situation de dépendance vis-à-vis de l’extérieur pour son énergie, ses matières premières ainsi que pour une partie de produits agricoles. Depuis les années 1990, le Japon connait un déficit public de 6 % du PIB combiné à des taux directeurs nuls ou quasi nuls. Depuis 1998, la base monétaire a été multipliée par sept. L’inflation au Japon reste inférieure à 1 % à de rares exceptions liées à des épisodes précis (forte dévaluation du yen en 2013, hausse de la TVA en 2014 et 2019). Malgré les problèmes d’approvisionnement constatés depuis 2021, le taux d’inflation au Japon atteint 1% au cours du premier trimestre 2022 quand il dépasse 5 % en zone euro et 7 % aux États-Unis.
TOKYO – NOVEMBER 13: Akihabara district November13, 2014 in Tokyo, JP. The district is a major shopping area for electronic, computer, anime, games and otaku goods.
La pression commence à monter en zone euro comme aux États- Unis pour un relèvement des salaires
La faible inflation japonaise trouve son origine dans le maintien d’une forte rigueur salariale. Depuis 1998, le salaire réel par tête a diminué de 2 % quand la productivité par tête s’est accrue de 10 %. Le partage des revenus s’est déformé au détriment des salariés. Si le Japon connait d’importants déficits, il se caractérise également par un excès d’épargne qui conduit à réduire la demande. La balance courante dégage un excédent variant de 2 à 5 % du PIB lors de ces vingt dernières années (à l’exception de 2014). Le taux d’épargne élevé des ménages permet de financer les déficits publics. Cette épargne abondante réduit la consommation et donc la pression sur la hausse des prix.
La zone euro et les États-Unis diffèrent du Japon en ne cumulant pas déformation de la répartition de la valeur ajoutée au détriment des salariés et fort niveau d’épargne. La zone euro enregistre certes un excès d’épargne mais pas de déformation au niveau de sa valeur ajoutée. Aux États-Unis, c’est le phénomène inverse qui est constaté. La pression commence à monter en zone euro comme aux États-Unis pour un relèvement des salaires, ce qui pourrait alimenter une spirale inflationniste. L’Europe et l’Amérique du Nord pourraient donc se démarquer du Japon dans les prochains mois.
Il y a 5 mois, 27 migrants perdaient la vie en tentant de traverser la Manche pour rejoindre l’Angleterre. Depuis ce drame, la police aux frontières redouble de vigilance et traque les réseaux criminels de passeurs.
Criminalité organisée
Les réseaux de passeurs, qui organisent les traversées clandestines de la Manche par bateaux, ont tout emprunté à la « criminalité organisée », compliquant la tâche des autorités françaises qui peinent à enrayer leur montée en puissance.
Le naufrage du 24 novembre 2021, dans lequel au moins 27 migrants sont morts, avait suscité une vive émotion et la promesse du gouvernement français de s’attaquer à ces réseaux.
Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait alors promis le doublement des effectifs chargés de lutter contre l’immigration clandestine, la création d’antennes régionales de « l’office anti-passeurs » tandis que, dans la foulée, un avion de l’agence européenne de garde-côtes Frontex survolait la côte d’Opale, face à l’Angleterre, qui attire depuis des années les clandestins espérant y trouver un eldorado.
Londres veut instaurer le renvoi systématique
Londres a de son côté annoncé jeudi un projet controversé d’envoyer au Rwanda des demandeurs d’asile arrivés illégalement au Royaume-Uni, susceptible de s’appliquer à tous les étrangers entrés illégalement, d’où qu’ils viennent. Ce projet a suscité des réactions scandalisées des organisations de défense des droits de l’Homme, qui dénoncent son « inhumanité », et la « forte opposition » du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).
Le gouvernement britannique a aussi confié dès jeudi le contrôle des traversées illégales à la Royal Navy, à la place des garde-côtes, et va construire de nouveaux centres d’accueil dédiés aux clandestins qui arrivent sur les côtes anglaises.
Car les passeurs sont toujours là, sur fond d’explosion de la demande: en 2021, 52.000 personnes ont tenté cette traversée (dont 28.000 l’ont réussie, selon le ministère français de l’Intérieur), environ cinq fois plus qu’en 2020. Un record !
L’Ukraine est toujours fortement déconseillé aux voyageurs français et tous les expatriés, qui le désiraient, ont été rapatriés, cependant la France est bien de retour à Kiev. L’ambassade de France a ainsi réinvesti son bâtiment dans la capitale ukrainienne, jugeant les conditions sécuritaires « acceptables ».
Un retour sous les bombes russes ?
Transférée le 28 février à Lviv, à cause de l’invasion russe, l’ambassade a fait son retour vendredi dans la capitale ukrainienne. Les drapeaux français et européens flottent à nouveau devant l’ambassade de France à Kiev.
C’est avec un sentiment de « très grande émotion » que l’ambassadeur de France en Ukraine, Etienne de Poncins, ainsi que le personnel de l’ambassade sont retournés à Kiev ce vendredi 15 avril, après un mois et demi d’absence.
« Lorsque nous sommes partis, nous ne savions évidemment pas si nous aurions la possibilité de revenir »
L’ambassadeur de France, Etienne de Poncins, à Franceinfo
Après sept semaines à #Lviv, @FranceenUkraine très prochainement de retour à #Kiev. La solidarité 🇫🇷🇺🇦 s'exerce au plus près des autorités 🇺🇦.
Si les conditions de sécurité semblent être revenues, la guerre n’est toutefois pas encore finie. Et ce, d’autant que la Russie a promis d’intensifier ses bombardements sur Kiev, au lendemain du naufrage de son vaisseau amiral en mer Noire. « Le nombre et l’ampleur des frappes de missiles sur des sites de Kiev vont augmenter en réplique à toutes les attaques de type terroriste et aux sabotages menés en territoire russe par le régime nationaliste de Kiev », a mis en garde le ministère russe de la Défense.
Les Etats européens reviennent groupés
L’Espagne va rouvrir « dans quelques jours » son ambassade à Kiev qu’elle avait fermée suite à l’offensive russe en Ukraine, a annoncé ce lundi 18 avril 2022 le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez.
« Dans quelques jours, nous allons rouvrir l’ambassade d’Espagne à Kiev, comme nouvelle preuve de l’engagement du gouvernement espagnol, de la société espagnole, aux côtés du peuple ukrainien ».
Pedro Sanchez, Premier ministre espagnol
De son côté, l’ambassade d’Italie, transférée en mars de Kiev à Lviv (Ouest du pays) pour raisons de sécurité, a rouvert ce lundi.
« C’est le symbole d’une Italie qui ne perd pas de temps, qui ne cesse de croire dans la diplomatie et recherche constamment la paix »
Luigi Di Maio, Le chef de la diplomatie italienne.
Nom du visa : Virtual Working Program Durée : 1 an
Conditions : Il faut prouver que l’on est en contrat, ou bien que l’on possède une entreprise, et que cela restera vrai pour toute la période du visa. Il faut très bien gagner sa vie, au moins US$5000 par mois. Pour cela, il est demandé la dernière fiche de paie et les 3 derniers relevés bancaires.
Frais de dossier : US$287 + assurance maladie des Emirats Arabes Unis
Bon à savoir : Dubaï cherche à attirer les talents étrangers en s’adaptant aux nouvelles réalités du monde du travail. Si vous cherchez l’opulence, les grands magasins, les sorties de luxe, cette ville ultra-moderne surnommée le « Manhattan du désert » est faite pour vous. En revanche, renseignez-vous bien sur les particularités culturelles et les restrictions législatives, différentes de la France, pour ne pas avoir de mauvaise surprise.
Le Costa Rica, l’Eldorado des digital nomads
Nom du visa : Residencia Temporal Empleados especializados por cuenta propia Durée : 2 ans
Conditions : Il faut prouver que l’on est free-lance ou que l’on possède son entreprise.
Bon à savoir : Le Costa Rica remplit tous les critères habituellement recherchés par les digital nomads. La connexion internet y est bonne et la vie y est douce. Ce petit pays d’Amérique centrale se distingue par sa nature et son respect de l’environnement. Il est très accueillant pour les étrangers, même sans parler espagnol. A noter que le coût de la vie est globalement assez élevé, surtout en comparaison avec d’autres pays d’Amérique centrale.
Costa Rica
Le Mexique, pour des paysages variés
Nom du visa : Visa de residencia temporal Durée : un an renouvelable, jusqu’à quatre ans au total
Conditions : Prouver que l’on possède $27.000 en banque, ou bien avoir gagné au moins $1.600
Bon à savoir : Le Mexique est un grand pays avec une importante diversité des paysages. Vous pourrez vous installer en bord de mer, au milieu de la forêt, près d’un canyon ou encore dans une mégalopole. Bref, il y en a pour tous les goûts. En plus, le coût de la vie est peu élevé, en comparaison avec la majorité des autres pays de cette liste. Attention, il est très recommandé de parler espagnol.
Guadalajara au Mexique
Les Barbades, pour tout type de travail à distance
Nom du visa : 12 Month Barbados Welcome Stamp Durée : 12 mois
Conditions : exercer un travail à distance, dont la nature doit être écrite dans le formulaire de candidature, et s’engager personnellement à gagner au moins $50.000 sur l’année. Il n’est pas demandé de contrat de travail ou de lettre de l’employeur.
Bon à savoir : La Barbade est une île située à l’ouest des Caraïbes, dont la langue officielle est l’anglais. Ce pays est connu pour ses plages, son rhum, et pour être la terre de naissance de Rihanna. Vous pouvez d’ailleurs y visiter la maison dans laquelle a grandi la chanteuse, située dans une rue rebaptisée Rihanna Drive. Le pays vient d’être retiré de la liste des paradis fiscaux.
Beautiful tropical Barbados island. View of the golden beach with palms and crystal clear water. Perfect holidays background.
Aux Bermudes, travailler (ou étudier) depuis une plagede sable rose
Nom du visa : Work From Bermuda Durée : 1 an
Conditions : être en télétravail (avec une preuve employeur) ou étudiant universitaire ayant cours à distance (avec une preuve d’inscription à une formation)
Bon à savoir : Les Bermudes est un archipel britannique situé en Amérique du Nord, très isolé puisqu’il est à environ 1500 kilomètres des côtes étasuniennes. Ce territoire est connu pour ses plages de sable rose, le mystère règne autour du « triangle des Bermudes ». L’archipel a également été retiré de la liste des paradis fiscaux mais reste un territoire très cher, alors attention : si le visa semble plutôt accessible, le coût de la vie y est très élevé.
Îles Caïmans, un Paradis accessible aux plus aisés
Nom du visa : The Global Citizen Concierge Program Durée : 2 ans
Conditions : avoir un revenu annuel d’au moins $100.000, fournir des preuves du contrat de travail, de l’existence légale de l’employeur, du salaire, des revenus des six derniers mois, etc. Bref, le dossier doit être « béton ».
Bon à savoir : Cette fois, il s’agit bien d’un paradis fiscal toujours sur liste rouge ! Ces trois îles situées au large de la Jamaïque constituent l’un des plus gros centres financiers offshore de la planète. Les visiteurs sont parfois surpris par son ambiance « très américaine ». A privilégier si vous cherchez un petit coin de paradis sans être dépaysé.
Antigua-et-Barbuda, les îles du Commonwealth
Nom du visa : Antigua Nomad Digital Residence Durée : deux ans
Conditions : travailler à distance pour une entreprise ou en indépendant (il faut fournir des preuves dans les deux cas)
Bon à savoir : Les deux îles, Antigua et Barbuda, sont situées à une cinquantaine de kilomètres de la Guadeloupe, dans les Caraïbes. Elles forment un état dont la cheffe symbolique est la Reine Elizabeth, avec comme langue officielle l’anglais. L’économie du pays aux plages splendides est basée principalement sur le tourisme.
Maurice, le dépaysement en français et en anglais
Nom du visa : Premium Travel Visa Durée : un an
Conditions : Avoir déjà son billet d’avion aller-retour, prouver que l’on dispose d’un revenu minimum de 1.300 euros par mois.
Bon à savoir : Maurice est un état insulaire proche de la Réunion et de Madagascar, au large de la côte africaine. C’est une destination idéale pour s’expatrier car l’anglais et le français y sont largement répandus. En plus, vous bénéficierez d’un coût de la vie peu élevé dans un pays ayant une stabilité économique, politique et sociale. L’île reste cependant très isolée.
Cette semaine, l’OCDE publiait les chiffres de l’aide consacrée aux pays en développement par les pays riches en 2021. L’occasion d’analyser les actions prises sur ces cinq dernières années par la France, de faire un bilan de cette nouvelle impulsion souhaitée par Emmanuel Macron dès 2017, mais surtout de regarder les défis auxquels il sera nécessaire de faire face dans les semaines, mois et années à venir.
Louis-Nicolas Jandeaux est expert en financement des pays en développement chez Oxfam France.
Elle dispose désormais de son propre cadre légal et d’une programmation afin de s’assurer qu’en 2025, 0,7% de notre richesse nationale soit consacrée au soutien des populations les plus vulnérables de la planète. Un tel engagement fut la conclusion d’un long travail de pédagogie des ONG mais aussi le fruit d’une mobilisation unanime des parlementaires, permettant enfin d’honorer cette promesse vieille de 50 ans.
Ce sont donc plus de 13 milliards d’euros qui ont contribué à notre aide au développement l’an passé. Après six ans de baisse, voire de stagnation entre 2010 et 2015, la croissance de l’aide à partir de 2016 qui s’est largement accrue entre 2017 et 2021 a permis à la France de conforter sa place de 5e principal pays donateur d’aide dans le monde. Ces progrès globaux ont également impacté les opérateurs de l’aide française. Ainsi, l’Agence Française de Développement favorise ainsi progressivement une attention de plus en plus importante sur la lutte contre les inégalités, en adoptant entre autre début 2021 une « stratégie 100% lien social » qui implique que chaque projet soit désormais analysé sous ce prisme.
Évidemment, ces différents progrès sont à saluer, mais les crises qui s’accumulent actuellement sont un triste rappel à la réalité. Les progrès réalisés depuis cinq ans, bien que nécessaires, ne sont pas suffisants ou adaptés pour faire face à ces nouvelles crises.
Financements trop faibles à destinations des pays les plus pauvres ; qui n’intègrent pas suffisamment la question de l’égalité femmes-hommes ; ou encore majoritairement prêtés plutôt que donnés, aggravant un peu plus le rouage du surendettement… Les défauts sont encore trop nombreux avant de parvenir à une aide au développement qui « lutte contre les inégalité mondiales » comme cela est souhaité par la nouvelle loi française.
Une situation d’autant plus dommageable que les crises que nous traversons se multiplient. Dans notre dernier rapport, « First crisis, then catastrophe », publié cette semaine, nous alertons sur le fait que 260 millions de personnes supplémentaires vont sombrer dans l’extrême pauvreté d’ici à la fin de l’année 2022. Un constat d’autant plus problématique que l’extrême pauvreté avait augmenté en 2020 pour la première fois depuis plus de 20 ans avec l’émergence du coronavirus.
En effet, au-delà des multiples conséquences de la crise du coronavirus, la crise en Ukraine multiplie à nouveau les besoins financiers nécessaires à travers le monde et participe à cette inflation de la pauvreté. Des millions d’Ukrainiens et d’Ukrainiennes ont été contraints de quitter leur domicile, trouvant pour la plupart refuge dans des pays frontaliers, voire dans d’autres pays européens. Mais ces défis se situent également bien au-delà des frontières européennes. La crise ukrainienne est entre-autres à l’origine d’une inflation massive dans le système alimentaire mondial, et ce sont les personnes souffrant de la faim dans d’autres régions du monde qui en pâtiront le plus.
Au Mali, par exemple, le triple impact de l’insécurité croissante, des sécheresses et de la Covid-19 a plongé un nombre record de 1,2 million de personnes dans une crise alimentaire en 2021. Malheureusement, le conflit en Ukraine risque fort d’avoir un impact négatif sur le déploiement des fonds nécessaires au soutien à la région du Sahel. Certains pays riches ont déjà indiqué qu’ils procéderaient à une réduction massive de leurs financements en Afrique de l’Ouest afin de soutenir les opérations en Ukraine.
Face à cette situation, l’aide française ne pourra se limiter sur les cinq prochaines années aux progrès déjà actés, il faudra faire plus, mais surtout mieux. Le futur gouvernement ne devra en aucun cas remettre en question notre devoir de solidarité auprès des femmes, des hommes et des enfants du monde entier qui sont confrontés aux défis les plus divers, de la guerre à la pauvreté, de la crise climatique aux inégalités structurelles.
Dans ce contexte, tout financement qui viserait à répondre à l’impact de la crise Ukrainienne devra évidemment s’additionner aux budgets déjà prévus pour la solidarité internationale.
Au final, la re-priorisation de l’aide au développement dans notre politique internationale par le précédent gouvernement est un élément positif, mais qui devra nécessairement être poursuivi et accompagné d’efforts supplémentaires dans la conception même de notre aide, afin de réellement lutter contre la pauvreté et les inégalités à travers le monde.