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  • Russie : premier tir d’essai réussi du Sarmat

    Russie : premier tir d’essai réussi du Sarmat

    Le mercredi 20 avril, la Russie a fait un premier tir d’essai du Sarmat. Une réussite pour le président Vladimir Poutine.

    La Russie a annoncé être parvenue au lancement d’un missile baptisé Sarmat. Il fait partie des derniers missiles balistiques russes créés et est une « arme unique » d’après Moscou. Peu de temps après avoir annoncé la réussite du lancement, Vladimir Poutine a déclaré que cette nouvelle munition fera « réfléchir les ennemis de la Russie ». Une menace directement dirigée envers les Américains.

    Vladimir Poutine, le président russe – TASS News Agency

    Un coup de pression vers les États-Unis

    Le choix du jour du lancement test du missile n’est pas anodin. Effectivement, le même jour des rumeurs comme quoi un avion espion aurait survolé la mer Noire le jour où le bateau amiral russe a coulé, ont circulé. Procéder à ce tir test revient donc à adresser un message de force aux Américains.

    Par ailleurs, le projet de construire de tels missiles date de 2009. Le 1er mars 2018, le président russe en avait fait la présentation en annonçant la création d’une nouvelle arme stratégique hypersonique.

    D’après les autorités russes, le missile aurait une vitesse de 20 000 à 25 000 km/h, et serait donc impossible à intercepter. Cela envoie deux messages clairs, toujours, aux États-Unis. D’un côté, la Russie veut leur faire comprendre que leurs systèmes antimissiles sont inutiles. D’un autre, elle cherche à répondre à l’Advanced Hypersonic Weapon, un système d’arme américain équivalent au projet russe. Celui-ci permet à notre voisin outre-Atlantique d’attaquer n’importe où sur le globe en moins d’une heure.

    Regardez l’interview de TV5MONDE

  • Qui fait partie de la galaxie Macron ?

    Qui fait partie de la galaxie Macron ?

    Ils œuvrent dans l’ombre à l’Elysée, en pleine lumière sur la scène politique ou dans la société civile : Emmanuel Macron s’appuie sur des hommes et des femmes – moins nombreuses – aux parcours divers pour présider la France depuis cinq ans et mener la campagne présidentielle.

    L’équipe de l’Elysée 

    – Alexis Kohler. C’est le bras droit du président, auquel il est fidèle depuis huit ans. Extrêmement discret, se tenant loin des médias, ce haut fonctionnaire de 49 ans occupe le poste stratégique de p depuis le début du quinquennat. Installé dans un bureau voisin du président, il gère au quotidien les situations d’urgence, les gros dossiers économiques et sociaux, mais aussi politiques, et « tient la maison » lorsqu’Emmanuel Macron est en déplacement. Il est visé par une information judiciaire depuis juin 2020 portant sur ses liens avec l’armateur italo-suisse MSC, et par une enquête du PNF ouverte en juin 2021 pour des soupçons de « trafic d’influence » autour de la fusion Veolia-Suez.

    – Brigitte Macron. Elle n’occupe aucune fonction officielle à l’Elysée et présente son rôle comme celui d’ « épouse de président » . Mais son influence est majeure à ses côtés, selon leur entourage, et elle a publiquement reconnu avoir des échanges parfois « musclés » avec lui.

    Le cabinet. Il est composé d’une soixantaine de personnes et a été profondément renouvelé à plusieurs reprises depuis 2017. Certaines d’entre elles s’occupent de la bonne marche de l’Elysée, comme le directeur de cabinet Patrick Strzoda, tandis que d’autres, recrutées pour leur expertise, conseillent le président sur les grands thèmes comme la sécurité, l’emploi ou la culture. Très influent, le pôle diplomatique comprend une douzaine de diplomates, dirigés par Emmanuel Bonne, « sherpa » du président pour les grands rendez-vous internationaux.

    Parmi les conseillers les plus proches d’Emmanuel Macron figurent Jonathan Guémas, chargé des discours, Clément Léonarduzzi, qui a la haute main sur la communication, et Bruno Roger-Petit, un ex-journaliste qui supervise les questions mémorielles.

    Enfin, Emmanuel Macron peut compter sur un proche à Matignon, son témoin de mariage: l’économiste Marc Ferracci, conseiller chargé du suivi du plan de relance auprès de Jean Castex.

    Brigitte et Emmanuel Macron le 11 novembre 2018

    Les politiques 

    Ils n’ont pas de bureau à l’Elysée mais y ont leurs entrées ou échangent par téléphone, SMS ou sur les boucles des réseaux sociaux avec le président. Ils viennent de la droite, du centre ou de la gauche et ont rejoint Emmanuel Macron avant ou depuis la victoire de 2017.

    Certains d’entre eux font figure de « grognards » rompus aux combats politiques, comme François Bayrou, ex-candidat à la présidentielle et patron du Modem, qui a l’autorité pour dire ce qu’il pense au chef de l’Etat et exprimer parfois ouvertement ses divergences.

    Parmi les autres élus venus de « l’ancien monde » pré-2017 figurent Richard Ferrand, ex-socialiste qui préside l’Assemblée nationale, le patron des députés En Marche Christophe Castaner ou les ministres estampillés à droite comme ceux de l’Economie Bruno Le Maire, de l’Intérieur Gérald Darmanin et des Outre-mer Sébastien Lecornu.

    Des jeunes membres du gouvernement, comme Clément Beaune, Julien Denormandie et Gabriel Attal, ont également une influence grandissante.

    L’expertise politique de Thierry Solère, député venu de la droite, et de Stéphane Séjourné, qui préside le groupe Renew Europe au Parlement européen, est en outre recherchée par Emmanuel Macron.

    Sans apparaître publiquement, certains piliers de la campagne 2017 continuent à peser, comme l’ancien conseiller David Amiel ou Grégoire Potton, qui coordonne la campagne, dans laquelle jouent aussi un rôle important le député Roland Lescure et l’ex-secrétaire générale adjointe de l’Elysée Anne de Bayser.

    Les capteurs extérieurs

    Se méfiant de la « bulle » politique, Emmanuel Macron cherche aussi à consulter des personnalités de la vie civile, que ce soit dans le monde des affaires, le numérique, la culture voire le sport.

    A l’instar de Jean-Marc Dumontet, patron de plusieurs théâtres parisiens, l’animateur Stéphane Bern sur le patrimoine ou encore le patron du groupe d’économie sociale et solidaire Jean-Marc Borello. Tradition familiale oblige, il apprécie aussi les échanges avec des médecins.

  • Ahora Dónde, terre d’accueil pour les jeunes LGBTQI+ à Barcelone

    Ahora Dónde, terre d’accueil pour les jeunes LGBTQI+ à Barcelone

    L’association Ahora Dónde – Le Refuge est à destination des jeunes LGBTQI+ qui se font exclure de chez eux, à cause de leur identité sexuelle. Pour Véronique de Saint Sauveur, une Française installée dans la ville, sensibiliser autour de ces questions est primordial.

    “Il est inconcevable que des enfants se retrouvent à la rue à cause de leur orientation sexuelle” tonne Véronique de Saint Sauveur. Il y a sept ans, lorsqu’elle s’est installée à Barcelone, elle a été surprise de la différence de liberté et de visibilité entre la communauté LGBTQI+ française et espagnole. Si la première a tendance à se cacher, la seconde semble vivre plus librement. Effectivement, il n’est pas anodin de voir un couple homosexuel se tenir la main ou s’embrasser dans la grande ville catalane. Une réalité qui lui fait dire que l’hexagone a du retard sur les questions liées à l’identité sexuelle.

    Cependant, en septembre dernier, elle a été effarée de sa rencontre avec Gemma Brulles, la présidente de Ahora Dónde, au salon des associations. Cette dernière lui a expliqué qu’une quinzaine de jeunes âgés entre 18 et 25 ans, ont trouvé refuge dans son association. Un fait qui a poussé Véronique à s’engager, renforcée par la bienveillance et l’esprit d’ouverture qui règne dans la structure. De plus, Barcelone Accueil, l’association dont elle était déjà membre à l’époque, organise régulièrement des actions conjointes avec Ahora Dónde, afin de défendre la communauté arc-en-ciel, leurs valeurs et leurs droits.

    “J’étais atterrée et de voir qu’Ahora Dónde accueillait quinze jeunes à ce moment-là. Dans la ville qui est considérée comme la capitale de la communauté LGBTQI+, ils ont été chassés de chez eux à cause de leur orientation sexuelle. En tant que mère ça fait quelque chose”.

    Véronique de Saint Sauveur, Française de Barcelone

    L’association Ahora Dónde

    “J’ai créé Ahora Dónde pour tous les jeunes qui n’ont pas eu la chance de mon fils » déclare Gemma Brulles. Il y a cinq ans, lors d’un séjour en France, celui-ci découvre l’association Le Refuge. Cette structure créée en 2003 vise à “prévenir l’isolement et le suicide des jeunes LGBT+ de 14 à 25 ans” victimes d’homophobie à cause de leur orientation sexuelle. Gemma y est sensible et cherche à entrer dans une association similaire à Barcelone, en vain. Elle décide donc de la créer en se rapprochant de l’organisme originel. Ahora Dónde voit le jour en 2019.

    L’accueil des jeunes et la médiation avec la famille

    Depuis sa création, une vingtaine d’adolescents ont trouvé terre d’asile chez Ahora Dónde. Ils sont tous acceptés indépendamment de leur origine, mais doivent tout de même avoir leur famille installée à proximité de la capitale catalane.

    Si certains ont directement pris contact avec l’association via les réseaux sociaux ou le site internet, d’autres ont été amenés par des proches qui étaient dans la même situation.
    A leur arrivée, les bénévoles se donnent pour mission de leur redonner confiance en eux. Pour ce faire, la commission d’accompagnement émotionnel met en place des cellules d’écoute psychologique avec des psychologues, des thérapeutes et des coachs spécialistes des jeunes LGBTQI+. Un processus long mais nécessaire avant toute nouvelle étape. Pour ceux dont c’est nécessaire, ils sont placés chez des familles d’accueil qui se portent volontaires.

    D’autre part, l’organisme cherche à renouer les liens entre la victime et sa famille. Effectivement, si le jeune est d’accord, les bénévoles essaient d’entrer en contact avec ses proches afin de comprendre les raisons d’un tel rejet et d’entamer une médiation. D’après la fondatrice, les raisons sont souvent d’origine religieuse ou propres à des questions d’image : “mais que vont penser les voisins s’ils l’apprennent ?!” En d’autres termes, des problèmes nés de la méconnaissance.

    Si jamais le cercle familial n’est pas réceptif à la médiation ou que le jeune ne la souhaite pas, les volontaires d’Ahora Dónde cherchent à l’insérer professionnellement.

    L’équipe Ahora Dónde et Barcelone accueil jeunes lors de la réunion au sein du Lycée Français de Barcelone le 29 mars

    Les campagnes de sensibilisation conjointes

    “L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence” écrivait Averroès. Une déclaration qui illustre parfaitement les véhémences dont sont victimes les jeunes LBTQI+ au sein de leur foyer. Ainsi, pour Gemma, accompagner, écouter et aider les jeunes n’était pas suffisant. Il est nécessaire de sensibiliser la population pour tuer l’homophobie à la racine. De cette manière, l’association organise de nombreuses rencontres dans les établissements scolaires, dans les entreprises et dans les structures associatives afin de discuter autour des notions liées à la communauté LGBTQI+, et de créer des partenariats qui peuvent déboucher sur une insertion professionnelle pour certains. Aussi, des ateliers pratiques sont mis en place tout au long de l’année, tels que des cours de maquillage pour les femmes transexuelles.

    Grâce à cela, plusieurs Français ont rejoint les rangs des bénévoles, à l’instar de Véronique. Elle et ses collègues de Barcelone Accueil ont tissé des liens avec Gemma, et organisé plusieurs campagnes de sensibilisation conjointement. Une a par exemple été tenue au Lycée français de Barcelone, où est inscrite la fille de Véronique. Durant une heure, les intervenants questionnent et sont questionnés par les élèves ou les parents sur tous les sujets concernant l’identité sexuelle.

    Par ailleurs, Ahora Dónde est sans cesse à la recherche de familles d’accueil pour les jeunes exclus de leur foyer familial. Or, Véronique songe sérieusement à devenir famille d’accueil si des jeunes sont dans le besoin. En effet, sa fille étant élève de terminale, devrait s’envoler du nid à la rentrée prochaine et donc libérer sa chambre. L’occasion pour la Française de s’investir davantage au sein de l’association militante.

    “Plusieurs adultes sont sortis de la réunion en me disant qu’ils se sentaient grandis. Qu’ils comprenaient mieux les différents problèmes psychologiques, sociaux ou physiques que peuvent rencontrer les personnes LGBTQI+ à différents moments de leur vie. On doit continuer de sensibiliser pour aller vers plus de tolérance !”

    Véronique de Saint Sauveur

    Sensibiliser encore et toujours. Tel est le nerf de la guerre contre le déni, le rejet et la violence. A une époque où la tolérance semble s’être enfuie de notre monde, il est d’autant plus important de s’ouvrir et de chercher à comprendre les autres.

  • La situation des Français à Shanghai – témoignage

    La situation des Français à Shanghai – témoignage

    Depuis la fin mars, les habitants de Shanghai subissent un confinement strict en accord avec la politique zéro Covid de la Chine. Pour nos concitoyens sur place, la situation est difficile à vivre. Entretien avec Alexandra Taulin, conseillère des Français de Shanghai.  

    Pour la première fois depuis le début de la pandémie, la ville de Shanghai est tenue à un confinement sévère. Effectivement, même en 2020 les habitants avaient pu circuler librement. Aujourd’hui, la situation paraît irréelle et jamais Alexandra Taulin ne pensait la vivre un jour. 

    Infirmier en déplacement pour réaliser des tests PCR devant les logements à Shangai

    Un confinement inflexible

    Alexandra Taulin, élue consulaire des Français de Shanghai

    Depuis le début de la pandémie, le gouvernement chinois prône une politique zéro Covid et les autorités territoriales doivent tout faire pour y parvenir. De cette manière, chacune y va de ses restrictions, tantôt plus sévères ou plus allégées. A Shanghai, près de 30 millions d’habitants sont confinés. En fonction des quartiers, ils ont l’interdiction de sortir de chez eux, ne serait-ce que pour s’aérer, promener leur chien ou faire des courses. Des interdits qui peuvent s’avérer dangereux s’il y a une urgence, mais aussi traumatisants sur le plan psychologique. De plus, étant donné que tous les magasins ont tiré le rideau, c’est le gouvernement qui est chargé d’approvisionner la population.

    Une communauté française solidaire

    Pour les quelque 7500 Français installés sur place, la situation s’avère difficile à vivre. Cependant, une grande entraide s’est mise en place entre les citoyens, le consulat et les associations françaises locales. Ces derniers apportent de l’aide alimentaire, psychologique, financière et administrative lorsque c’est nécessaire. 

    Afin de faciliter les échanges, les Français communiquent par WeChat, une application de messagerie instantanée chinoise. Dessus, sont disponibles des QR code afin de faire remonter les problèmes et obtenir certaines informations. Aussi, depuis le début de la crise sanitaire, le consulat a mis en place des numéros d’urgence à la disposition des usagers et utilisables 7/7 jours. 

    Par ailleurs, une box alimentaire vient de voir le jour au sein de la communauté française. Le 1er avril, lorsque la ville chinoise a décrété l’instauration d’un confinement, les habitants se sont rués sur les magasins et en quelques heures les rayons étaient vides. Or, certains n’ont pas eu le temps de pouvoir faire des stocks et se ravitailler est compliqué. Ainsi, l’Emergency box est apparue. Un système D mis en place par les Français et financé par les associations pour ceux qui n’en ont pas les moyens. Effectivement, de nombreuses personnes rencontrent des difficultés financières car leur entreprise a fermé, momentanément ou définitivement. La situation étant déjà suffisamment compliquée, ne pas percevoir de revenus la rend d’autant plus complexe et angoissante. 

    Le futur incertain des élèves français à Shanghai 

    Depuis plusieurs mois, le Lycée français de Shanghai donne ses cours à distance. Seulement, avec la période d’examens qui arrive, le stress est croissant. A l’heure actuelle, aucune solution n’a véritablement été apportée, mais des possibilités ont été émises. En effet, si au moment du Baccalauréat le confinement est toujours en vigueur, nous pourrons envisager une obtention du diplôme sur la base du contrôle continu. Sinon, les élèves pourront passer les épreuves. 

    Cependant, plusieurs zones grises sont à prendre en compte comme le rappelle Alexandra Taulin. Nous pouvons imaginer une levée partielle du confinement, en fonction des zones de la ville. Par conséquent, certains élèves pourront se rendre aux épreuves et d’autres non. Une éventualité qui inquiète de nombreuses familles, qui cherchent par tous les moyens à inscrire leurs enfants dans les établissements européens pour la fin de l’année. 

    Alexandra Taulin en tenue pour aller faire du porte-à-porte

    Le retour en France, une possibilité envisageable ? 

    Sortir du pays est extrêmement compliqué, nous confie l’élue consulaire. Non seulement, il faut pouvoir sortir de chez soi, avoir un test PCR négatif, et des papiers valides, mais en plus le prix du trajet est faramineux. Avec très peu de vols par jour, les prix se sont envolés. Donc si de nombreux compatriotes aimeraient pouvoir sortir du territoire, la réalité les en empêche. 

    Un futur incertain 

    Alexandra Taulin espère que la situation va se décanter au fur et à mesure à partir de mai. Elle pense qu’il s’agira d’une levée par districts, et que des tests Covid quotidiens seront demandés par les autorités. Toutefois, ce ne sont que des suppositions et des rumeurs qui circulent. Le gouvernement chinois n’a rien annoncé pour l’instant. 

    D’après elle, l’objectif zéro Covid du pays peut être discutable. Néanmoins elle souligne la différence de population entre la Chine et l’Europe. Là-bas, les habitants sont extrêmement concentrés, âgés et peu vaccinés. Des facteurs qui favorisent la bonne circulation du virus. Donc, si la situation peut nous apparaître hors norme d’un point de vue occidental, l’élue rappelle qu’ils sont invités dans le pays et doivent se plier aux règles ou partir. 

    Désinfection et distribution de riz dans les résidences à Shangai

    Par ailleurs, le consulat et les associations ont encore de la marge devant eux avant de craquer, selon la Française. Elle estime que la dynamique instaurée est forte et peut tenir jusqu’à la fin mai, voire juin. De plus, une aide a été proposée à plusieurs reprises par les autres communautés françaises en Asie, et par Paris. Par conséquent, si le consulat et les associations arrivent à bout de souffle, une aide pourra être apportée pour les soulager. 

    Ecoutez le podcast avec Alexandra Taulin

    Un podcast à retrouver sur vos plateformes favorites

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  • Lettre aux Français d’Amérique du Nord

    Lettre aux Français d’Amérique du Nord

    MOBILISATION CITOYENNE DES FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER FACE À L’ABSTENTION LORS DE L’ÉLECTION PRESIDENTIELLE 2022

    Voter est un droit, c’est aussi un devoir civique. Il est de notre responsabilité de décider de l’avenir de notre pays.

    Le premier tour de l’élection présidentielle du samedi 9 avril 2022 a permis au président de la République sortant, Emmanuel MACRON, d’obtenir 46,89% des voix, contre 3,93% pour Marine LE PEN en Amérique du Nord (États-Unis et Canada). Au niveau national, l’écart est plus serré au premier tour : Emmanuel MACRON obtient 27,84% des voix contre 23,15% pour Marine LE PEN, ce qui leur permet d’être les deux candidats du second tour à l’élection présidentielle de 2022.

    La participation au premier tour de l’élection présidentielle en Amérique du Nord quant à elle, est de 32,07% contre 40,34% en 2017 (43,97% au second tour). On ne peut que déplorer une abstention grandissante de nos compatriotes qui doit nous inciter à une réflexion collective pour en comprendre les raisons. En tant que Conseillères et Conseillers des Français de l’étranger, nous sommes une véritable clé de voûte entre la France et les Français établis hors de France. Les résultats édifiants de ce premier scrutin doivent nous alerter à une prise de conscience collective. Nous connaissons la difficulté à inciter les Français à s’inscrire sur les registres des Français établis hors de France, mais aujourd’hui, nous mesurons l’ampleur de l’effort collectif que nous devons mener ensemble : inciter nos compatriotes à voter.

    Face à cette montée de l’abstention à ce scrutin partout dans le monde, face à la menace de l’extrême-droite en France et en Europe, nous vous invitons à la concertation, et à agir collectivement dans l’unique intérêt des Français, et ce, quelle que soit votre sensibilité politique. Élus indépendants, militants, élus membres d’un parti ou d’un mouvement associatif politique, citoyens, nous partageons ce même objectif de représenter et de défendre les intérêts des Français établis hors de France. Ce lien qui nous unit à travers le monde doit nous mener à une nécessaire et forte mobilisation au second tour de l’élection présidentielle qui aura lieu le samedi 23 avril 2022 en Amérique du Nord. Par-delà les clivages politiques et partisans, il est de notre ressort de contribuer à la sauvegarde du lien fondamental qui unit les plus de 2,5 millions de Français vivant à l’étranger à la France. Si l’extrême droite n’est pas une option pour beaucoup d’entre nous, l’abstention et le désintéressement à la vie démocratique ne doit pas l’être également.

    Nous, Conseillères et Conseillers des Français de l’étranger, invitons tous nos compatriotes, à rejoindre notre appel à la mobilisation citoyenne et à exprimer leur voix lors du second tour.

    Chaque voix compte, chaque voix doit être entendue.

    Liste des signataires

    Warda SOUIHI
    Conseillère des Français de l’étranger
    8ème circonscription des États-Unis (San Francisco) Conseillère à l’Assemblée des Français de l’Étranger (États-Unis)

    Jean-Pierre BERNARD
    Conseiller des Français de l’étranger Président du Conseil Consulaire
    8ème circonscription des États-Unis (San Francisco)

    Patrick CARACO
    Conseiller des Français de l’étranger
    7ème circonscription des États-Unis (Los Angeles) 1ère circonscription d’Amérique du Nord

    Monique CURIONI
    Conseillère des Français de l’étranger
    6ème circonscription des États-Unis (Washington)

    Axelle GAULT
    Conseillère des Français de l’étranger 5ème circonscription des États-Unis (Miami)

    Laurent GONIN
    La République en Marche Conseiller des Français de l’étranger 4ème circonscription du Canada (Montréal)

    Yves JAKUBOWICZ
    La République En Marche Conseiller des Français de l’étranger 3ème circonscription des États-Unis (Houston)

    Yann LE BORGNE
    La République en Marche Conseiller des Français de l’étranger 2ème circonscription du Canada (Toronto)

    Loïc LE GLAND
    Territoires de Progrès, La République en Marche Conseiller des Français de l’Étranger
    8ème circonscription des États-Unis (San Francisco) Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger

    Guillaume LECOMTE
    La République en Marche Conseiller des Français de l’étranger 3ème circonscription du Canada (Québec)

    Béatrice LEYDIER
    La République En Marche
    Conseillère des Français de l’Étranger
    6ème circonscription des États-Unis (Washington)

    Annie MICHEL
    Conseillère des Français de l’étranger
    9ème circonscription des États-Unis (New-York) 1ère circonscription législative (Amérique du Nord)

    Gérard MICHON
    Conseiller des Français de l’étranger Circonscription de Los Angeles (anciennement San Francisco) Élu dans l’Ouest Américain depuis 1994.

    Serge MOREL
    Conseiller des Français de l’étranger
    8ème circonscription des États-Unis (San Francisco)

    Stanislas ORAND
    Conseiller des Français de l’étranger Président du Conseil Consulaire
    7ème circonscription des États-Unis (Los Angeles) 1ère circonscription législative (Amérique du Nord)

    Ramzi SFEIR
    Europe Écologie Les Verts (EELV) Vice-président de l’Assemblée des Français de l’étranger Conseiller élu pour le Canada
    4ème circonscription du Canada (Montréal)

    Arthur SILVE
    Conseiller des Français de l’étranger 3ème circonscription du Canada (Québec)

  • Éric Zemmour appelle à « une grande coalition des droites »

    Éric Zemmour appelle à « une grande coalition des droites »

    L’ancien candidat d’extrême droite a proposé mardi (19 avril) la création d’une « grande coalition des droites et de tous les patriotes » en vue des élections législatives de juin prochain.

    Éric Zemmour, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2022 (7,07 %), a appelé à voter pour Marine Le Pen lors du second tour qui se tiendra le 24 avril et propose maintenant une union aux différentes forces de la droite radicale et de l’extrême droite.

    Le but est d’affronter Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, qui représentent, selon lui, les deux grandes coalitions contre lesquelles la droite doit se battre, « le macronisme et l’islamo-gauchisme » selon ses mots.

    M. Zemmour compte ainsi unir le Rassemblement national – mouvement de Marine Le Pen –, ceux « qui refusent le macronisme » chez Les Républicains, parti de la droite traditionnelle, et Debout la France, parti national-souverainiste et eurosceptique.

    Il n’est pas impossible que cette main tendue soit acceptée par le parti de Marine Le Pen : le soir du premier tour (10 avril), un cadre de son parti chargé des investitures pour les élections législatives a indiqué à EURACTIV France que sur les 577 circonscriptions, « environ 400 » investitures avaient déjà été attribuées. Cela laisserait la porte ouverte à d’éventuelles alliances pour les 150 à 200 circonscriptions restantes.

    Indépendamment du résultat final de l’élection présidentielle, Marine Le Pen aura besoin de s’allier si elle veut avoir un groupe parlementaire fort en juin prochain.

    Certains des élus Les Républicains les plus radicaux pourraient aussi être tentés par l’aventure proposée par M. Zemmour, vu les difficultés de leur parti après l’échec cuisant lors de l’élection de 2022 (4,78 %).

  • Ne pas succomber à la tentation de la facilité 

    Ne pas succomber à la tentation de la facilité 

    En 1981, le gouvernement de Pierre Mauroy avait opté pour une politique de relance à contrecourant de celle menée par les autres pays européens en décidant d’accroître les dépenses publiques, les prestations sociales et les salaires. Il en avait résulté une forte inflation, une augmentation des déficits publics et une dégradation de la compétitivité de l’économie française conduisant à plusieurs dévaluations. En 1983, le gouvernement fut contraint d’opter pour une politique de désinflation compétitive. La question s’était alors posée de rester ou pas dans le serpent monétaire européen et, plus globalement, de respecter les engagements européens de la France. Le Président de la République, François Mitterrand avait alors fait le choix de l’Europe en refusant l’aventurisme économique. Quarante ans plus tard, les économies occidentales sont confrontées à des chocs d’offre de grande ampleur qui ne sont pas sans rappeler ceux de 1973 et de 1979.

    Les plans de relance combinés aux problèmes d’approvisionnement alimentent la hausse des prix 

    Sur fond de liquidités abondantes générées par les politiques monétaires accommodantes, les tensions sur l’offre se traduisent par une accélération de la hausse des prix. Dans un tel contexte, faut-il poursuivre les politiques de relance ou faut-il refroidir l’économie pour éviter la survenue d’une pernicieuse stagflation ? Les périodes électorales, surtout en France, ne sont guère propices à la défense ou à la restauration des équilibres budgétaires, le temps étant plutôt à la multiplication des propositions d’accroissement des dépenses publiques. Si les augmentations de salaires et des prestations sont louables d’un point de vue social, du moins à court terme, elles pourraient se révéler, dans un second temps, négatives tant pour l’économie que pour les ménages. 

    Les plans de relance combinés aux problèmes d’approvisionnement en matières premières et en biens intermédiaires alimentent la hausse des prix. La mise en place d’une politique unilatérale de soutien de la demande par les pouvoirs publics après les élections ne ferait que l’accentuer. Les gains de revenus seraient ainsi vite effacés avec, en outre, une dégradation marquée de la compétitivité du pays. Déjà élevé, le déficit de la balance commercial s’amplifierait. Sa conjonction avec des déficits publics importants ne serait pas sans poser des problèmes. Cette situation que la Grèce a connue en 2011 se traduirait par une montée brutale des taux d’intérêt rendant le coût du service de la dette prohibitif et intenable.

    Le recours à la facilité monétaire mène à la banqueroute 

    Pour s’affranchir de cette menace, certains affirment qu’il suffirait d’opter pour un financement monétaire des déficits sans limite, et de mettre en place un cadre protectionniste pour les échanges. Le financement monétaire des déficits qui est une mesure exceptionnelle n’a pas vocation à perdurer afin d’éviter l’enclenchement d’une spirale inflationniste incontrôlable. Sur longue période, le recours à la facilité monétaire mène à la banqueroute. La dernière expérience de la France en la matière date de la période révolutionnaire avec les fameux assignats. En 1797, le Directoire décréta la faillite des deux tiers. Le retour à l’orthodoxie monétaire est souhaitable pour limiter la progression de la bulle spéculative qui affecte certains marchés, actions ou immobilier.

    Des voix se multiplient en faveur d’un retour à une préférence nationale au niveau commercial 

    La tentation protectionniste est une vieille tradition française dont la loi Méline de 1892 en est un des expressions. Si après 1944 et surtout après la ratification du Traité de Rome en 1957, la France a opté pour un libre-échange régulé, depuis une trentaine d’années, des voix se multiplient en faveur d’un retour à une préférence nationale au niveau commercial. En 1992, la polémique concernant l’accord de Blair House sur les produits agricoles avait été un premier révélateur de cette tentation. Depuis, tout accord commercial international est rejeté par tout ou partie de l’opinion. Il en fut ainsi, en 2016, avec l’accord de libre-échange avec le Canada. Le gouvernement fut accusé de vouloir livrer le marché français aux producteurs agricoles nordaméricains. 

    Contrairement aux craintes exprimées alors, cet accord n’a pas conduit à une invasion du marché intérieur par les produits canadiens ; il a surtout permis le développement des exportations françaises vers le Canada. En France, étrangement, les relations commerciales sont perçues comme une des manifestations d’une guerre qualifiée d’économique. Or, l’objectif des échanges n’est pas de détruire le partenaire mais d’enrichir les deux parties au nom de la théorie des avantages comparatifs. Un fournisseur qui anéantit son acheteur se pénalise lui-même.

    La fermeture des frontières est un aveu ultime de faiblesse 

    Les partisans du protectionnisme mettent en avant l’argument selon lequel la mondialisation et les importations des produits émergents ont détruit l’industrie française, quelles ont supprimé des emplois. Or, ces vingt dernières années, la France a essentiellement perdu des parts de marché face à ses partenaires les plus proches, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas. Faut-il alors fermer les frontières aux produits européens ? Faut-il mettre des droits de douane aux frontières et supprimer plus de soixante ans de marché commun ? Le protectionnisme entraînerait des mesures de rétorsions importantes de la part de nos partenaires. Il entrainerait la fin du libre-échange. Aujourd’hui, un quart du PIB du pays dépend des ventes à l’étranger. Une réduction des importations signifierait une hausse des prix et donc une perte de pouvoir d’achat dont les ménages les plus modestes seraient les premières victimes. 

    La fermeture des frontières est un aveu ultime de faiblesse et les prémices d’un déclin inexorable comme la Chine l’a prouvé entre le XVI et le XXe siècle. La seule voie offerte pour améliorer les conditions de vie de la population et les salaires est l’augmentation du nombre d’emplois et l’obtention de gains de productivité. 

  • Le Pen / Macron : le match retour

    Le Pen / Macron : le match retour

    C’était l’un des moments les plus attendus de toute la campagne de l’élection présidentielle : le débat d’entre-deux-tours. Pendant plus de 2 heures, les candidats à la magistrature suprême se sont opposés sur TF1 et France 2. Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont retrouvés comme en 2017, ce duel télévisé avait des allures de match retour.

    Une organisation millimétrée

    Le face-à-face entre Macron et Le Pen etait coproduit et codiffusé par TF1 et France 2. Il fut également diffusé en direct sur LCP/Public Sénat (sur le canal 13 de la TNT), ainsi que sur LCI (canal 26), sur France info (canal 27), sur BFMTV (canal 15) et Cnews (canal 16).

    Le débat était animé par Gilles Bouleau, présentateur du 20 heures de TF1, et Léa Salamé, présentatrice des émissions politiques de France 2 et d’Elysée 2022. 200 techniciens ont travaillé pendant six jours pour tout installer, notamment les 23 caméras sur le plateau, selon les normes définies par les équipes de communication des candidats.

    Pour les candidats, la préparation fut aussi intense. Agenda assoupli, fiches et notes thématiques, entraînements… Marine Le Pen a peaufiné les derniers détails « chez elle » entourée de proches conseillers, selon son entourage. Du côté d’Emmanuel Macron, le programme de la candidate d’extrême droite a été décortiqué afin d’en repérer les failles. L’enjeu était notamment de déconstruire l’image d’une Marine Le Pen championne du pouvoir d’achat.

    Photo by Ludovic MARIN / POOL / AFP

    Ce qu’il fallait retenir

    Pour les expatriés, nous avons condensé ces près de 3 heures intenses en quelques points à retenir.

    Des affrontements sur le pouvoir d’achat

    C’est la préoccupation première des Français. Alors qu’ils exposaient leurs mesures pour le pouvoir d’achat, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont opposés sur les salaires. La candidate RN propose d’exonérer de cotisations patronales supplémentaires les employeurs qui rehausseraient le revenu de leurs salariés de 10%. «Vous n’administrez pas les salaires. (…) Je ne voudrais pas que nos compatriotes pensent que ce sera de manière sûre sur leur feuille de paie. (…) Je ne voudrais pas que celles et ceux qui nous écoutent pensent, qu’avec vous, leur salaire va augmenter de 10%», lui a rétorqué le chef de l’État sortant, rappelant que les hausses resteraient au bon vouloir des entreprises, et qu’elle se contenterait d’une «incitation». «Cela ne sera pas automatique», a-t-il ajouté.

    Silencieuse lors de l’échange, Marine Le Pen a ensuite précisé qu’elle maintiendrait en place, si elle était élue, le bouclier tarifaire érigé face à l’explosion des prix de l’énergie. Une annonce saluée par le président-candidat, qui a toutefois rappelé que la députée RN avait «voté contre» cette mesure à l’Assemblée nationale.

    Marine Le Pen attaque le bilan du « Mozart de la finance »

    La candidate du RN a ciblé le bilan économique « mauvais » et « injuste » d’Emmanuel Macron, qu’elle a qualifié de « Mozart de la finance », tandis que le président sortant a assuré avoir « protégé » grâce au « quoi qu’il en coûte ». « Vous nous expliquez avoir fait beaucoup d’efforts pour les plus modestes. Moi, ce que je vois, c’est qu’il y a 400 000 pauvres supplémentaires sous votre quinquennat. Nous sommes dans un pays où il y a 9,8 millions de pauvres », a lancé la candidate.

    Echange tendu sur les salaires

     Emmanuel Macron flirte avec le cours d’économie, face à une Marine Le Pen un peu décontenancée. « Vous n’augmentez pas les salaires de 10% Madame Le Pen », a-t-il dit. « Vous essayez de faire croire que vous allez augmenter les salaires, ce sont les entreprises qui augmentent les salaires, pas les services de l’Etat ». « Dans la vraie vie, la banque vous demande votre salaire et se moque des primes. Pour louer un appartement aussi », répond Marine Le Pen. Réponse d’Emmanuel Macron : « On est tous dans la vraie vie. Mme Le Pen, vous ne ferez pas non plus des primes ! Il y a des employeurs qui en feront, d’autres non ».

    L’Ukraine

    « Il n’y a qu’une mesure avec laquelle je ne suis pas d’accord : c’est le blocage du gaz et du pétrole russes. Ce n’est pas la bonne méthode, ce n’est pas efficace, et les Français en seraient impactés ».

    Marine Le Pen

    Emmanuel Macron répond sur un autre plan :

    « Vous avez été, je pense, l’une des premières responsables politiques européennes dès 2014, à reconnaître le résultat de l’annexion de la Crimée. Vous l’avez fait pourquoi ? Et je le dis avec gravité ce soir, parce que pour notre pays, c’est une mauvaise nouvelle : parce que vous dépendez du pouvoir russe et que vous dépendez de M. Poutine. (…) Vous avez contracté un prêt auprès d’une banque russe (…) Vous ne parlez pas à d’autres dirigeants, vous parlez à votre banquier Madame Le Pen. (…) Vos intérêts sont liés au pouvoir russe ».

    Emmanuel Macron

    Pour Marine Le Pen, Emmanuel Macron sait que tout ce qu’il dit est faux.

    Je suis une patriote, je suis une femme libre », a répondu Marine Le Pen.

    Marine Le Pen

    Port du voile : deux visions

    « La question du voile c’est la question d’une religion ». Après avoir accusé Marine Le Pen de confondre signes religieux, terrorisme, islamisme et étrangers, Emmanuel Macron a défendu la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Tandis que la candidate du Rassemblement national a réaffirmé vouloir interdire le voile dans l’espace public en France.

    « Je suis pour la loi de 1905 », a déclaré Emmanuel Macron, « la laïcité ce n’est pas combattre une religion ».

    Emmanuel Macron

    Europe

    Les stigmates d’il y a cinq ans ont la vie dure. Même si Marine Le Pen assure qu’elle souhaite bâtir une «Europe des nations» et non plus quitter l’Union européenneEmmanuel Macron a raillé : «Quand vous aviez évoqué l’Europe et l’euro en 2017, ça avait tourné autour du franc et de l’écu. On n’avait pas bien compris ce qu’il se passait».

    Le président sortant a ensuite épinglé la proposition de la candidate RN sur la fin des travailleurs détachés, une mesure incompatible selon lui avec les traités européens. «En disant je choisis mes règles… Soit les autres vous suivent, parce que l’Europe on est 27 autour de la table. Soit vous faites bande à part, et ce que vous décrivez ressemble à une bande à part», a-t-il asséné. «C’est un projet qui ne dit pas son nom, mais qui consiste à faire sortir» la France de l’Union européenne, a-t-il prévenu. «J’ai beaucoup plus d’ambition que vous», a répliqué Marine Le Pen, étrillant le concept de «souveraineté européenne» défendu par son adversaire, dans la mesure où il n’existe «pas de peuple européen».

    L’espace Schengen et l’immigration

    En matière d’immigration, Emmanuel Macron veut faire la distinction entre les immigrations et défendre l’accueil des réfugiés en référence à la guerre en Ukraine. Il mise sur une réforme de l’espace Schengen : « On doit réussir à mieux protéger nos frontières. Il faut renforcer nos protections intérieures et la coopération entre Etats européens parce que nous ne sommes pas le point d’arrivée« , poursuit-il, citant l’Espagne, l’Italie, la Grèce, et souhaitant une meilleure coopération.

    Marine Le Pen, elle, est revenue sur son projet de loi et son référendum sur l’immigration. Un texte présent dans le programme de la candidate et dans lequel est prévu « l’expulsion des criminels et des délinquants étrangers : il y aura le droit du sol, parce que je pense que la nationalité française s’hérite ou se mérite, il y aura la priorité nationale au logement social, il y aura l’interdiction de la régularisation des clandestins, il y aura la modification du droit d’asile », liste-t-elle entre autres. 

    Et les expatriés ?

    Une fois de plus, la situation des Français établis hors de France n’a pas été abordée. Par contre, Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté d’introduire de la proportionnelle. Dans son projet diffusé en milieu de mandat, le Président voulait transformer les 11 circonscriptions des Français de l’étranger en une seule, dont la couleur des députés serait proportionnelle aux voix fournies par les expatriés aux partis. Les autres points de leur programme dédié aux Français de l’étranger sont à retrouver ICI.

  • En quête d’assesseurs et de délégués

    En quête d’assesseurs et de délégués

    Le premier tour de l’élection présidentielle a été marqué par une incroyable désorganisation dans l’organisation du scrutin par l’administration consulaire. Erreur dans la communication des bureaux de vote, assesseurs et délégués bloqués la nuit entière dans les consulats, mauvaise répartition des centres de scrutin, les soucis furent nombreux et souvent généralisés. Et pourtant le personnel des consulats était mobilisé comme les Consuls de France, mais les lacunes prenaient racine dans l’organisation décidée par la toute puissante Direction de l’administration consulaire et des Français de l’Etranger à Paris. Logiquement, les assesseurs et délégués ont rendu leur tablier et les remplaçants en se bousculent pas aux portillons des consulats. Mais à quoi servent ces acteurs indispensables du scrutin ? Quelles solutions ?

    A quoi servent les assesseurs et les délégués ?

    Pour ouvrir un bureau de vote, il faut obligatoirement un président du bureau de vote, au moins deux assesseurs et un secrétaire. Les candidats aux élections peuvent également demander la présence de délégués qui contrôleraient toutes les opérations électorales. Un certain nombre de scrutateurs viennent ensuite, à la fermeture des bureaux pour le dépouillement des bulletins.

    Les assesseurs

    Selon l’article R 44 du code électoral, un assesseur est une personne désignée par l’un des candidats, les binômes de candidats ou les listes en présence. Donc traditionnellement, l’assesseur est fourni par les partis, notamment le Parti Socialiste (PS) et Les Républicains (LR) connus pour être de grands pourvoyeurs.

    L’assesseur s’occupe bénévolement du déroulement du vote. Ainsi, il est chargé de faire signer les électeurs sur la liste d’émargement.

    L’article R44 a une solution si le nombre d’assesseurs est inférieur à deux : « les assesseurs manquants (seront) pris parmi les électeurs présents sachant lire et écrire le français, selon l’ordre de priorité suivant : l’électeur le plus âgé, puis l’électeur le plus jeune. » Ainsi, il est possible d’être désigné dimanche pour devenir assesseur et cette proposition ne peut pas être refusée, sauf cas exceptionnel. Les assesseurs peuvent également être des élus consulaires ou des membres de l’administration.

    Les délégues

    Chaque candidat a le droit d’exiger la présence permanente dans chaque bureau de vote d’un délégué habilité à contrôler toutes les opérations de vote, de dépouillement des bulletins et de décompte des voix.

    Le délégué peut exiger l’inscription au procès-verbal de toute observation ou réclamation relative à ces opérations, avant ou après la proclamation des résultats du scrutin. Un même délégué peut être désigné pour plusieurs bureaux de vote.

    Quelle situation pour les expatriés ?

    Hier, le 19 avril, les électeurs ont reçu leur convocation par voie électronique pour le second tour de l’élection présidentielle. L’administration a fait simple, exit le numéro de bureau de vote.

    Exemple de convocation reçue à Bruxelles

    En effet, ces derniers n’ont reçu que l’adresse de leur centre de vote. Cela promet un nouveau capharnaüm à l’entrée des centres où les participants vont chercher leur bureau de vote. Normalement, cela sera le même que lors du premier tour (celui dans lequel vous avez pu voter et non celui indiqué dans la convocation papier qui comportait une fausse information comme vous le savez).

    L’autre problème c’est donc le recrutement des assesseurs et des bénévoles. Parmi les élus, ils sont nombreux à battre le rappel sur les réseaux sociaux. Si ce n’est pas pour dénoncer cette situation comme le sénateur LR Damien Regnard qui communique à tous sa lettre envoyée au Ministère de l’intérieur. Car si le Ministère des affaires étrangères est dans les faits à la manoeuvre, c’est bien à Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, à qui incombe la responsabilité de l’organisation des scrutins.

    A quelques jours du second tour, la situation reste tendue ! Même si les conditions seront, selon toute vraisemblance, encore difficiles, il est important pour cet exercice de la démocratie qu’une poignée de citoyens expatriés se signalent à leur consulat respectif pour fluidifier cette organisation.

    Un thème que le nouveau ministre des Français établis hors de France, qui sera connu d’ici début mai, devra traiter de toute urgence avant les élections législatives. Notons que pour cette prochaine échéance, le vote en ligne fera son retour avec un nouveau prestataire à la manoeuvre, le groupe La Poste.

  • La France, une future référence du tourisme durable

    La France, une future référence du tourisme durable

    Alors que la reprise touristique se confirme, en dépit du contexte géopolitique international et d’une situation sanitaire toujours fragile, Atout France et l’ADEME ont signé, mercredi 13 avril, une convention qui marque une nouvelle étape pour la transition écologique du secteur tourisme en s’appuyant notamment sur le plan Destination France 2030.

    Ce partenariat s’attache notamment à favoriser la concrétisation d’investissements et surtout de réinvestissements exemplaires en matière de tourisme durable.

    Atout France et l’ADEME uniront également leur expertise pour participer à l’élaboration d’un premier tableau de bord du tourisme durable français au soutien des ministères pilotes et travailleront de concert pour inciter les hébergements classés à accélérer leur transformation durable.

    Plus que jamais, la transition écologique constitue la meilleure garantie de développer une stratégie de valeur pour le tourisme français bénéficiaire à tous : territoires, entreprises, visiteurs, salariés et habitants.

    ADEME, l’agence pour la transition énergétique

    Au lendemain du choc pétrolier de 1973 , le gouvernement français engage une politique de rationalisation de la consommation d’énergie. Celle-ci est à l’origine de la création de plusieurs structures qui fusionnent en 1990 pour créer l’ADEME. L’agence se développe au moment où la prise de conscience de l’urgence environnementale et climatique grandit, à l’échelle nationale et internationale.

    L’ADEME commence à fonctionner le 1er janvier 1992. Elle est investie de cinq missions :

    • la prévention et la lutte contre la pollution de l’air
    • la limitation de la production de déchets, leur élimination, leur récupération et leur valorisation
    • la protection des sols et la remise en état des sites pollués
    • la réalisation d’économies d’énergie et de matières premières, le développement des énergies renouvelables, notamment d’origine végétale, le développement d’énergies propres et économes
    • la lutte contre les nuisances sonores

    Atout France, l’agence dédiée au tourisme

    Atout France est l’opérateur de l’État chargé de renforcer le positionnement de la destination France à l’international et d’accompagner le développement de l’offre touristique française.

    Afin de maintenir la compétitivité de la destination, Atout France favorise le montage de projets d’investissements dans les territoires grâce au programme France Tourisme Ingénierie, et pilote différents dispositifs visant à optimiser la satisfaction des voyageurs : classement des hébergements touristiques, immatriculation des opérateurs de voyages, label Vignobles & Découvertes.

    L’Agence met par ailleurs à la disposition des professionnels du tourisme des outils d’observation et de compréhension de la demande touristique afin de leur permettre d’adapter leur offre.

    Atout France construit par ailleurs, en partenariat étroit avec ses partenaires (1200 professionnels du tourisme), des actions de marketing et de communication leur permettant de renforcer leur visibilité à l’international (grâce à un réseau de 32 bureaux répartis dans 29 pays) et de s’y développer.

    Enfin, l’Agence accompagne l’adaptation de l’offre touristique aux nouvelles attentes des visiteurs en matière de développement durable, de nouveaux services et de digitalisation.

    Le touriste, ce grand pollueur ?

    Publiée dans la revue scientifique Nature climate change, une étude vient de révéler que le tourisme mondial serait à l’origine de 8% des émissions de gaz à effet de serre. Menées par des chercheurs des universités de Sidney, de Queensland et de Cheng Kung, les recherches révèlent que les vecteurs de pollution liés au tourisme sont nombreux : on y retrouve aussi bien les transports que l’alimentation, l’hébergement ou les achats voyageurs. Jusque-là, les études portant sur l’impact environnemental du tourisme n’avaient jamais pris en compte la consommation de biens et services dans leurs mesures.

    Cette étude avait donc pour objectif de rendre compte de l’empreinte carbone de l’activité touristique. Les scientifiques ont donc analysé les données de flux touristiques sur 160 pays entre 2009 et 2013. Les résultats sont éloquents : les émissions sont trois fois supérieures aux provisions et précédentes évaluations, et surtout on en observe une forte croissance. En 2009, le tourisme représentait une émission de 3,9 milliards de tonnes de CO2, tandis qu’en 2013 , ce chiffre avait déjà grimpé de 4,5 milliards de tonnes. Lorsque l’on sait que le tourisme mondial a augmenté de 7% uniquement sur l’année 2017, on ne peut que redouter les chiffres actuels. Il faut cependant préciser que dans ce compte-rendu, les déplacements professionnels n’ont pas été dissociés du tourisme vacancier.

    D’après les experts, les principaux pôles de pollution seraient les trajets et séjours intérieurs. Les États-Unis arrivent en tête de liste et représentent à eux-seuls un quart de cette pollution. Ils sont suivis de la Chine, puis, entre autres, de l’Allemagne, l’Inde ou encore le Mexique. Les états insulaires sont également fortement mis en cause car les Maldives, les Seychelles ou Chypre restent des destinations très populaires. Dans ces pays, 30 à 80% des émissions de CO2 sont générées par le tourisme.

    Le tourisme vert plébiscité par les touristes français

    Selon une enquête Booking : « 72 % des voyageurs considèrent qu’une action immédiate est indispensable, et que les populations devraient opter pour des alternatives touristiques durables, afin de sauver la planète pour les générations futures. » Cette enquête délivrée par le géant de la réservation en ligne met bien l’accent sur l’envie des touristes de se tourner vers des offres plus responsables.

    Tourisme de masse et durabilité sont intrinsèquement liés. Les nouvelles tendances amplifiées par les confinements en 2020, rassemblent les voyageurs autour des questions de préservation de l’environnement et du poids du tourisme. Certaines réalités frappent durement les acteurs touristiques.