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  • Est-ce que le système politique français est à bout de souffle ?

    Est-ce que le système politique français est à bout de souffle ?

    56% des Français souhaitent une cohabitation… 64% ne veulent donc pas d’une victoire de LaRem aux législatives. La démonstration d’un système politique français en fin de course ?

    Un frein institutionnel

    Depuis la mise en place du quinquennat en octobre 2000, aucun président élu n’a essuyé de défaite aux législatives. Cette réforme constitutionnelle, venue enterrer le septennat, avait justement pour objectif d’éviter le risque de cohabitation. L’alignement des calendriers électoraux – l’élection présidentielle est désormais systématiquement suivie des élections législatives – a ainsi contribué à minimiser l’hypothèse de majorités discordantes entre l’Elysée et l’Assemblée.

    « Quand arrive le scrutin législatif, il est encore saturé par la dynamique présidentielle. Les présidents bénéficient d’une forme de légitimisme de la part de leur électorat et du découragement des électeurs des candidats qui ont perdu »

    Olivier Rouquan, politologue et chercheur associé au Centre d’études et de recherches de sciences administratives et politiques (Cersa) à l’université Panthéon-Assas.

    Si ce cadre institutionnel minimise les possibilités de cohabitation, deux sondages publiés dimanche démontrent que les Français, eux, y sont favorables. Selon l’enquête menée par l’institut OpinionWay pour Europe 1 et CNews, 63 % des sondés souhaitent qu’Emmanuel Macron « ne dispose pas d’une majorité et soit contraint à une cohabitation ». Et ils sont 56 % à exprimer le même souhait selon un sondage Ipsos Sopra-Steria. « Mais c’était déjà le cas en 2017 », tempère Olivier Rouquan. A l’époque, près d’un Français sur deux (49 %) espérait que les législatives donnent « une autre majorité à l’Assemblée » que celle qui avait élu Emmanuel Macron président, selon une étude Kantar Sofres-OnePoint, réalisée pour RTL, Le Figaro et LCI.

    Un indispensable jeu d’alliances

    Pour obtenir une majorité de députés à l’Assemblée – il faut en réunir au minimum 289 – les partis d’opposition vont devoir franchir de nombreux obstacles. « Le Parti socialiste et les Républicains se sont certes effondrés à la présidentielle, mais ils restent encore bien implantés au niveau local. Si LFI semble avoir pris le leadership auprès des électeurs de la gauche modérée et radicale, cet avantage est loin d’être consolidé localement », estime Jessica Sainty, enseignante-chercheuse en sciences politiques à l’université d’Avignon. Conscient des enjeux, le parti de Jean-Luc Mélenchon a d’ores et déjà engagé des discussions bilatérales avec EELV, le PCF et le NPA. Plus ouverte à la discussion qu’en 2017, LFI espère aboutir à un accord avant la fin avril avec un « programme partagé » par les différents partis de gauche.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

    Dominique ROUSSEAU, juriste, professeur de droit constitutionnel, auteur du livre « Six thèses pour la démocratie continue » est avec nous ce soir pour en parler.

  • Après la présidentielle, cap sur les élections législatives

    Après la présidentielle, cap sur les élections législatives

    Avec 58,54 % des voix, les Français ont décidé de reconduire Emmanuel Macron comme chef de l’État dimanche 24 avril. Mais les oppositions sont plus déterminées que jamais à priver le président de la République tout juste réélu de sa majorité parlementaire.

    Comme EURACTIV France le rapportait il y a quelques semaines, tous les partis s’organisent pour les législatives qui se dérouleront dans moins de deux mois. Les équilibres du paysage politique français pourraient être remis en question à cette occasion.

    Quels peuvent être les scénarios ?

    Une majorité d’extrême droite ou d’extrême gauche « improbable »

    Selon Thanassis Diamantopoulos, professeur de sciences politiques à l’Université d’Athènes et spécialiste du régime français, l’hypothèse d’une majorité à l’Assemblée nationale d’extrême droite ou d’extrême gauche est « improbable », en dépit des scores historiquement hauts des partis de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon.

    En France, le système électoral majoritaire uninominal à deux tours a pour conséquence que « même majoritaires, les extrêmes ne peuvent pas gagner les élections parlementaires. […] Ils n’ont pas de potentiel d’alliance », et il est plus simple pour « les forces autour du centre de s’allier », a indiqué M. Diamantopoulos à EURACTIV France.

    Mais, ces derniers jours, Jean-Luc Mélenchon a lancé un appel à ses partisans : « je vous demande de m’élire Premier ministre ».

    Entre le fait « qu’il n’y aura pas de désistements » au profit du parti de M. Mélenchon et la « sous-représentation des extrêmes », l’éventualité que son appel se traduise dans la réalité des urnes demeure lointaine. Autre élément qui joue en défaveur des partis les plus radicaux : « il y a deux expressions ‘antisystème’, une qui se situent vers l’extrême droite et l’autre vers la gauche ».

    C’est pour ces raisons que huit députés ont été élus sous les couleurs du Rassemblement national en 2017, malgré une qualification au second tour de l’élection présidentielle, et que le mouvement de M. Mélenchon en avait fait élire dix-sept. Des résultats très en deçà des résultats globaux au niveau national.

    La (nouvelle) tentative d’une union de la gauche

    À gauche, l’urgence d’une union se fait sentir tant auprès des cadres que des électeurs, pour avoir à nouveau de l’influence et espérer imposer une majorité sociale et écologique à Emmanuel Macron.

    Contactée par EURACTIV France, Sylvie Guillaume, eurodéputée socialiste, espère que « les législatives [permettront] de rétablir un meilleur équilibre, car la présidentielle n’est pas un blanc-seing » au profit du président nouvellement élu.

    Même son de cloche chez les insoumis – les partisans de Jean-Luc Mélenchon –, qui veulent croire à un rassemblement de la gauche : l’eurodéputée Leïla Chaibi a déclaré à EURACTIV France que son mouvement « fait appel à ceux qui ne se sentent pas représentés, à ce troisième bloc populaire […] qui a la possibilité de prendre sa revanche » et admet être en discussion avec les autres forces de gauche, pour s’accorder sur « un socle commun ».

    L’appel de M. Mélenchon et de ses soutiens semble avoir été entendu par les autres mouvements de la gauche. L’eurodéputé Europe Ecologie Les Verts David Cormand a indiqué à EURACTIV France que « les forces politiques écologistes et de gauche doivent s’organiser pour peser ensemble si elles ne souhaitent pas se condamner à perdre séparément ».

    Léon Deffontaines, président du Mouvement des Jeunes communistes, a confié à EURACTIV France son espoir de voir « les idées d’égalité, de partage, de solidarité redevenir majoritaires ». Fabien Roussel, candidat communiste, a plaidé dimanche soir pour un « un accord global » de la gauche en exigeant que l’on « [tienne] compte des ancrages locaux et des différentes sensibilités à gauche », pour éviter que la répartition profite uniquement à La France insoumise. Pour rappel, ce parti a largement dominé la gauche lors du premier tour de la présidentielle.

    Pourtant, selon M. Diamantopoulos, même si « dans certaines circonscriptions [la gauche] pourrait faire élire certains députés » l’idée de « s’approcher de la majorité parlementaire c’est de la politique fiction ».

    Quelle majorité pour Emmanuel Macron ?

    Alors qu’il sera attaqué de toute part, l’enjeu, pour le camp présidentiel, est de s’assurer une majorité parlementaire en juin. Et il se montre confiant, par la voix de Gabriel Attal sur BFMTV-RMC lundi matin, porte-parole du gouvernement sortant et ténor de La République en Marche : « je suis convaincu que les Français donneront au président de la République les moyens d’agir pour les protéger, avec une majorité [à l’Assemblée nationale] ».

    Mais, pour y parvenir, n’ayant pas de marge de manœuvre faute d’alliances partisanes au-delà de la majorité existante, les soutiens d’Emmanuel Macron tâcheront de convaincre les électeurs d’autres sensibilités politiques ou, au mieux, de conclure des accords circonstanciels dans les territoires où cela est possible.

    Dans la lignée de la volonté affichée par le président nouvellement réélu, Thanassis Diamantopoulos juge possible la constitution d’une « majorité présidentielle qui commencerait aux anciens gaullistes et qui arriverait jusqu’à la charnière de la gauche, y compris même peut-être une partie du parti socialiste et bien sûr les écologistes ».

    Emmanuel Macron doit, selon M. Diamantopoulos, « faire un clin d’œil à l’égard des écologistes » dès le lendemain de l’élection. Sa promesse de nommer un Premier ministre « chargé de la planification écologique » irait en ce sens.

    La question est de savoir quand cette nomination interviendra… Thanassis Diamantopoulos avertit : « je ne suis pas certain que le Premier ministre soit la même personne » avant et après les élections législatives.

    Les résultats des élections législatives feront alors pencher le futur gouvernement vers la droite ou vers la gauche, en fonction du nombre d’élus par groupe parlementaire – et des choix d’alliance d’Emmanuel Macron. Pour rappel, en 2017 il avait choisi Edouard Philippe, de centre droit, même s’il n’y était pas contraint, ayant acquis une majorité solide à l’Assemblée, ainsi que plusieurs autres ministres de droite.

    Mais en analysant les scrutins des présidentielles et des législatives, M. Diamantopoulos rappelle qu’il faut toujours garder en tête la perspective historique dans laquelle s’inscrit la France, car « depuis plus de deux siècles, la France a toujours été dans une opposition radicale ». Voilà qui donne le ton des semaines et des années à venir.

  • Replay : le second tour des expatriés

    Replay : le second tour des expatriés

    Dimanche 24 avril, la radio StereoChic et la rédaction Lesfrancais.press se sont de nouveau associées afin de vous faire vivre en direct le second tour de la présidentielle. Tout au long de la soirée, les invités politiques et les correspondants se sont alternés pour décrypter le scrutin des Français de l’étranger. En parallèle, nos équipes étaient au Champ-de-Mars pour rencontrer les élus des expatriés présents, la presse internationale et les ministres chargés de sujets touchant les Français établis hors de France.

    Regardez la vidéo

    Les résultats des Français de l’étranger 

    Liste des candidatsVoix% Inscrits% Exprimés
    M. Emmanuel MACRON458 87432,1486,14
    Mme Marine LE PEN73 8305,1713,86
    Nombre% Inscrits% Votants
    Inscrits1 427 918
    Abstentions876 43261,38
    Votants551 48638,62
    Blancs15 2921,072,77
    Nuls3 4900,240,63
    Exprimés532 70437,3196,59

    Retour sur cette riche soirée

    Emmanuel Macron vient d’être réélu président de la République. Avec un score de 58,2% contre 41,8% pour Marine Le Pen, l’écart s’est fortement réduit par rapport à 2017. Denis Franceskin, représentant de la Fédération des Français de l’étranger pour le RN, et Samantha Cazebonne, sénatrice pour les Français hors de France LREM, ont réagi sur les ondes.

    Une meilleure organisation au deuxième tour 

    De manière générale, l’organisation du second tour de la présidentielle à l’étranger s’est bien mieux déroulée qu’au premier scrutin. Effectivement, après le chaos du week-end du 10 avril, les “consulats ont changé leur fusil d’épaule” comme l’a confié Mehdi Ben Lahcen, professeur au Portugal. Avant d’ajouter que “les vacances scolaires ont dû jouer un rôle non négligeable”. Effectivement, de nombreuses zones étant en période de vacances, plusieurs familles sont parties de leur pays et ont fait des procurations. Par conséquent, il y avait moins de monde dans les bureaux de vote, fluidifiant ainsi l’affluence. 

    La réaction aux résultats 

    La réaction de La République en Marche 

    Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’étranger été invitée hier sur les ondes de StereoChic pour commenter la victoire du président réélu. Elle a félicité toutes les personnes qui ont contribué au projet du président de la République et notamment les Français de l’étranger. 

    La réaction du Rassemblement national 

    « Le résultat de ce [second tour de l’élection] représente en lui-même une éclatante victoire » a déclaré Marine Le Pen à la suite des résultats. Effectivement, avec 41,2% des scrutins en sa faveur, la candidate de l’extrême droite a réalisé le meilleur score de son parti à une élection présidentielle. Un avis qu’a partagé Denis Franceskin, représentant de la Fédération des Français hors de France pour le RN. 

    Invité également sur le plateau du Grand direct, il a partagé sa déception mais d’après lui le parti a encore de beaux jours devant lui. Il évoque ainsi les futures élections législatives, pour lesquelles son parti appelle au rassemblement « des personnes et non des partis”. 

    La perspective des Législatives 

    Comme nous l’avions notifié au lendemain du premier tour, les partis se préparent pour les élections législatives. De toutes parts, les appels à l’union se multiplient. A gauche, la France insoumise semble être la mieux placée pour demander aux autres partis de gauche à les rejoindre. Effectivement, arrivé troisième au premier tour de la présidentielle, et deuxième dans les scores à l’étranger, le parti de Jean-Luc Mélenchon est sur une bonne dynamique, contrairement au PS qui a obtenu le plus mauvais score de son histoire. 

    A droite, c’est Eric Zemmour qui a lancé le premier appel. La semaine dernière, il a réclamé “une grande union nationale”, rassemblant le RN, les LR, son parti Reconquête ! et Debout la France. Un message réitéré suite aux résultats de dimanche soir. 

    Un semblant de débat entre le RN, LFI et LREM 

    A la fin de l’émission, les représentants du Rassemblement national, de La France insoumise et de La République en marche, ont débattu sur le bilan du président réélu et sur la communauté des Français de l’étranger.

    Ecoutez le replay

  • Fête démocratique

    Fête démocratique

    Une élection est une fête. Vainqueurs, vaincus, à la fin, le vrai gagnant c’est la vie démocratique. Lors de la soirée électorale, lesfrancais.press était partout. Nous avons organisé un débat avec nos partenaires, StereoChic, également diffusé sur la French radio de Hong Kong, avec les représentants des candidats. Débat riche, direct, que nous organiserons à nouveau pour les élections législatives.

    Mars ou Boulogne ?

    A Paris, nous étions au Champ-de-Mars, avec notre équipe. Nous avions choisi ce lieu et non le bois de Boulogne pour trois raisons : la première, parce que nous avions anticipé, comme beaucoup, la victoire de Macron. 

    La deuxième, parce que les Français de l’étranger ont voté massivement en sa faveur. A noter que les consultations que nous avions organisées auprès de nos lecteurs avaient bien préfiguré leur vote. 

    La troisième parce que l’équipe de communication de Macron a répondu favorablement à nos demandes (et non celle de Le Pen). Nous avons filmé et interviewé de nombreux ministres que vous retrouverez dans les podcasts et vidéo sur notre site : Bruno Le Maire, Franck Riester, Eric Dupont-Moretti, Jean-Michel Blanquer, Clément Beaune… Fiscalité, économie, école, Europe, bureaucratie, nous leur avons posé des questions précises sur les Français de l’étranger, à vous de juger leurs réponses. 

    Où est la fête populaire ?

    Enfin l’ambiance : 1300 journalistes, une foule de jeunes militants qui agitaient des drapeaux français et européens. Mais pas de fête populaire comme il y a quelques années à la Concorde ou à la Bastille. Une ambiance plutôt tranquille. Par temps de crise, tout excès aurait été malvenu. Au loin quelques groupes d’ « antifas » qu’on assimile plutôt à des « fas », tant leur rejet du vote est aussi violent qu’affirmé. Il n’empêche : à la fin, ce sont ceux qui votent qui gagnent. 

    Un vote de raison ? Sans doute. Est-ce un mal ? Grandes idées, grandes déceptions, grandes catastrophes. Malgré la victoire, l’humilité serait un bon guide pour le prochain gouvernement, elle n’empêche pas l’ambition. 

    Le débat continue. Les législatives commencent. Lesfrancais.press y participera, en direct avec les candidats. Tous les débats et tous les résultats bientôt sur notre site. 

  • Emmanuel Macron : l’agenda de la transition

    Emmanuel Macron : l’agenda de la transition

    Transition, investiture, nouveau gouvernement, visites officielles… le programme des prochains jours d’Emmanuel Macron.

    La victoire, et après ?

    Réélu à l’Elysée avec 58,54 % des voix face à Marine Le Pen, dimanche 24 avril, Emmanuel Macron va désormais pouvoir se projeter vers les cinq années à venir, en traversant deux grandes séquences. Une première, institutionnelle, afin d’entériner sa reconduction et peaufiner la constitution de sa nouvelle équipe, va démarrer au lendemain du scrutin présidentiel ; la seconde, plus politique, débutera après les élections législatives des 12 et 19 juin (les 05 et 19 juin 2022 pour les expatriés), avec le lancement des premiers chantiers de réformes.

    Jean Castex, dernier Premier Ministre d’Emmanuel Macron de son premier mandat lors de son vote le 24 avril 2022

    S’il est le premier président de la Ve République réélu hors période de cohabitation, Emmanuel Macron ne sera pas le premier président sortant à commencer un nouveau mandat. Comme ce fut le cas pour François Mitterrand en 1988 et Jacques Chirac en 2002, il n’y aura pas de cérémonie de passation de pouvoir mais une cérémonie d’investiture, qui doit marquer le début du nouveau quinquennat. Celle-ci aura lieu entre la proclamation officielle des résultats par le Conseil constitutionnel, prévue mercredi 27 avril (ou le lendemain), et la fin officielle du mandat de l’actuel président, le 13 mai.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • La victoire de l’Europe souveraine avec Emmanuel Macron

    La victoire de l’Europe souveraine avec Emmanuel Macron

    La réélection du président français Emmanuel Macron a renforcé sa vision d’une Europe souveraine et pourrait également réduire le potentiel de leadership politique de l’Allemagne au sein de l’Union européenne.

    Si le résultat de l’élection présidentielle française a été accueilli avec soulagement dans de nombreux États membres de l’UE, la réélection de M. Macron souligne également le fort rôle de leadership de la France.

    « Je pense que Macron s’est maintenant imposé comme la voix incontournable, la voix légitime de l’Europe, même si le résultat était relativement serré », a confié à EURACTIV Henning Vöpel, directeur au Centre de politique européenne (CEP) à Berlin.

    Le fait que la France joue un rôle de leader plus important en Europe est renforcé par plusieurs facteurs, selon M. Vöpel.

    Emmanuel Macron lors de sa réélection au Champs de Mars à Paris – 24 avril 2022

    La position hésitante du gouvernement allemand sur la guerre menée par la Russie en Ukraine notamment, une position qui a considérablement affaibli la place de l’Allemagne dans l’UE. Non seulement Berlin a freiné les choses en ce qui concerne les sanctions de l’UE, mais son refus de fournir des armes lourdes à l’Ukraine a également réduit ses possibilités de leadership.

    « Je pense que l’Allemagne doit maintenant se contenter de remplir au mieux le deuxième, voire le troisième rôle en Europe. Et cela, bien sûr, est en partie dû aux tergiversations et aux hésitations du chancelier Olaf Scholz », a expliqué M. Vöpel.

    Dans le même temps, la guerre a également mis en évidence les faiblesses de ses politiques de ces dernières décennies relatives à la Russie.

    Alors que la France a toujours mis en garde contre une trop grande dépendance économique à l’égard de la Russie — notamment en ce qui concerne la construction du gazoduc controversé Nord Stream 2 — la politique russe de l’Allemagne était motivée par la tentative de rapprocher la Russie de l’Occident par une intégration économique plus étroite. Cette approche a largement échoué, compte tenu de la guerre menée par la Russie en Ukraine.

    Dans le même temps, l’Allemagne est également beaucoup plus isolée que la France dans d’autres domaines. Emmanuel Macron, par exemple, a cherché une alliance étroite avec son homologue italien, Mario Draghi, sur la réforme des règles de la dette européenne.

    « En particulier face aux crises actuelles, Macron va essayer de travailler avec Draghi pour faire pression en faveur d’une plus grande marge de manœuvre financière afin de pouvoir assumer les investissements nécessaires », a souligné M. Vöpel.

    Bien que l’Allemagne, en particulier, a hésité à soutenir la réforme et l’assouplissement des règles fiscales de l’UE, l’équilibre des forces en Europe s’est déplacé vers la réforme des règles, a-t-il ajouté.

    La place de l’Allemagne dans l’UE

    Cependant, les positions de l’Allemagne coïncident désormais avec les visions de M. Macron dans de nombreux domaines, notamment la volonté de favoriser la souveraineté européenne.

    Alors que les appels de M. Macron en faveur d’une Europe souveraine dans son discours visant à présenter son programme à la Sorbonne en 2017 sont principalement restés lettre morte au sein du gouvernement allemand, la question figure désormais en tête de l’ordre du jour en Allemagne. Le Zeitenwende — le « tournant » — de M. Scholz est déjà profondément ancrée dans le discours allemand et va au-delà des effets immédiats de la guerre en Ukraine.

    Mercredi dernier, par exemple, le ministre des Finances du pays, Christian Lindner, a appelé à une réinitialisation stratégique complète de la politique allemande.

    « Nous sommes dans une situation à triple risque. Nous sommes devenus trop dépendants de l’énergie russe, de la sécurité américaine et du commerce avec la Chine », a estimé M. Lindner dans un entretien accordé à Focus Online. Par conséquent, a-t-il ajouté, l’Allemagne doit maintenant « redéfinir son modèle économique ».

    Lors d’un entretien avec EURACTIV, l’eurodéputé SPD allemand Udo Bullmann a également souligné qu’il était désormais nécessaire de renforcer la souveraineté européenne.

    Ce qu’il faut maintenant, c’est « une politique européenne pleine de confiance en soi, mais aussi d’objectifs clairs de maintien de la paix, du rôle international de l’Union européenne, et d’un nouveau modèle économique et de développement face au changement climatique », a déclaré M. Bullmann.

    De son côté, le directeur du CEP Paris, Marc Uzan, a également exprimé sa confiance dans la capacité de l’Allemagne à changer.

    « L’Allemagne est à un tournant, et je pense que Berlin sera à la hauteur du défi », a-t-il indiqué à EURACTIV.

    Selon lui, la France pourrait également jouer un rôle clé pour l’Allemagne dans ce bouleversement politique.

    « Marcon pourrait être le pont qui aidera l’Allemagne à changer son modèle de croissance et peut-être aussi son modèle géopolitique », a souligné M. Uzan.

  • Comment détruire une démocratie ?

    Comment détruire une démocratie ?

    La France a voté. Bravo aux Français de l’étranger qui ont patienté parfois des heures pour mettre leur bulletin dans l’urne. Bravo aux volontaires qui ont tenu les bureaux de vote. Chacun tient la démocratie pour un acquis, elle est pourtant fragile. Elle a ses ennemis et ses démons. Système rare dans l’histoire de l’humanité, elle est destructible.

    Détruire la démocratie devrait être assez facile. Le plus simple, ce sont les bombes.  

    En Normandie, pas loin de Tocqueville, d’immenses tumulus ont été construits il y a des milliers d’années pour quelques princes, comme si les peuples louaient plus volontiers la servitude que la liberté. Tocqueville justement : « La dégradation des mœurs publiques amènera dans un temps court, prochain peut-être, à des révolutions nouvelles. Est-ce donc que la vie des rois tient à des fils plus fermes et plus difficiles à briser que celle des autres hommes ? » Et la vie des démocraties ?  Détruire la démocratie devrait être assez facile. Comment faire ?

    Le plus simple, ce sont les bombes. La méthode Franco reste d’actualité. Pourtant, le résultat n’est pas garanti : Poutine voit même, en Ukraine, les « Nazis » d’un Président juif résister à ses Brigades Tchétchènes au nom de la liberté. A qui se fier ?

    La guerre n’est pas sûre. Ni pour détruire un régime, ni pour l’installer : on l’a vu en Afghanistan. Mais il n’est pas certain que les régimes démocratiques soient moins forts, militairement, que les autres. L’Histoire montre plutôt l’inverse.

    Manifestation d’Ukrainiens au début de la guerre en mars 2022 ©Stockadobe

    Eliminer par le poison le poison démocratique. Le doute qui ronge, la suspicion, la honte de soi.

    Mieux que les bombes, les poisons. Eliminer par le poison le poison démocratique. Si l’on ne peut faire taire opposants et journalistes par des juges, les éliminer directement. La chasse à l’opposant est un classique, mais cela ne marche que dans les pays où le pouvoir est déjà bien installé : Nicaragua, Venezuela, Russie, Turquie, ces pays ont failli être des démocraties.  

    Comment faire pour détruire des démocraties installées ? Encore le poison, mais d’un autre genre : le doute. Le doute qui ronge, la suspicion, la honte de soi. Moquer le modèle. Que les démocrates aient honte d’eux-mêmes comme ces communistes qui confessaient leurs péchés lors des purges. 

    Insinuer la suspicion sur l’acte majeur des démocraties pour commencer : le vote. Les partisans de Trump pensaient que l’élection avait été volée, s’ensuivit l’assaut du Capitole. Selon un sondage, 15% des Français pensent que l’élection française est truquée. C’est vrai : beaucoup d’élections sont manipulées, victimes de boîtes à fake news: Les interventions des pirates du Kremlin dans les campagnes électorales américaines, britanniques, allemandes, françaises sont documentées. Le Rapport officiel parlementaire sur les interventions russes dans la campagne du Brexit est d’autant plus stupéfiant qu’il n’a pas remis en cause le vote.

    Il n’existe pas de citoyen passif. Il est supposé disposer d’informations d’autant plus fiables qu’elles sont diverses et pluralistes.

    C’est que les citoyens sont censés être capables de se faire un avis quelles que soient les manipulations. Il n’existe pas de citoyen passif. Il est supposé disposer d’informations d’autant plus fiables qu’elles sont diverses et pluralistes. A lui de faire son travail. Pas de démocratie sans presse libre. Ni d’électeur sans lecteur. 

    Instiller le doute : faire apparaitre la presse comme peu fiable. C’est le cas : La confiance dans les médias est à peine plus élevée que dans les partis. Pourquoi les médias occidentaux seraient-ils plus fiables que les Russes ? Le charnier de Timisoara était une fabrication, les armes de destruction massives un mensonge. Qui dit que les Russes commettent des crimes de guerre ? Les Américains ? Pourquoi les croire plus que Poutine ? Chez Poutine, on ne parle d’ailleurs pas de guerre, c’est interdit. En revanche, la presse américaine dénonçait la guerre du Vietnam, au grand étonnement d’Hanoï. Les tares de l’Occident font sa force : il n’y a pas de critique de l’Occident plus aigüe qu’en Occident, c’est à cela que l’on reconnait une presse libre.

    La réponse ce n’est pas moins d’information, mais plus de rigueur.

    Les Etats-Unis abritent même des conférences sur le fait que les attentats du 11 septembre étaient une invention. Cela est lié à la multiplication des fake news, des thèses complotistes, qui, par un travers psychologique qui commence à être bien étudié, montre qu’un « fausse nouvelle » attire plus et se multiplie plus vite qu’une vraie. 

    Pourquoi croirait-on la presse si on met aussi en doute la science ? La confiance dans la science a baissé. La faute à la Covid, aux réseaux sociaux, aux experts déficients et prétentieux de plateau télé. La réponse, dans cette société de l’information malade de l’information, obèse, ce n’est pas moins d’information, mais plus de rigueur.

    L’échelle de valeurs des informations dépend, comme toujours, de la qualité de l’émetteur. Aucun n’est parfait, il y en a de plus douteux que d’autres. Les infos qui viennent des régimes où la presse est sous contrôle ont une tenace odeur de prison.

    En Suède, sans obligation, on dépasse les 80%. C’est aussi un des pays les plus heureux du monde. Votent-ils parce qu’ils sont heureux, ou sont-ils heureux parce qu’ils votent?

    A force, doutant de la science, de l’info, des dirigeants, l’électeur citoyen se lasse. Comme toujours, le véritable danger est à l’intérieur. Gauche et droite ne disparaissent pas, ils se radicalisent. En France, plus de la moitié des électeurs ont voté pour les extrêmes, contre le « système ». Dans des débats hors du monde, où l’on fait assaut de primes et de bonus, oubliant dette et déficits, traitant les électeurs comme des consommateurs, la démagogie, le manque d’ambition désole. Rarement les affaires du monde n’ont eu autant d’importance sur la vie quotidienne des Français, rarement le débat aura été si hexagonal, si rétréci. Cela plaît ? Pas vraiment, le désintérêt s’accroit : le débat n’a été suivi que par 15 millions de téléspectateurs ; Giscard-Mitterrand, c’était 40 millions. 

    Record donc, d’abstention. La Belgique est le pays où l’on vote le plus : plus de 85% de participation, mais le vote y est obligatoire, comme au Brésil. En Suède, sans obligation, on dépasse les 80%. C’est aussi un des pays les plus heureux du monde. Votent-ils parce qu’ils sont heureux, ou sont-ils heureux parce qu’ils votent ? La participation en France reste au-dessus du Royaume-Uni ou des Etats-Unis. L’abstention peut-elle tuer la démocratie ? Quand plus personne ne votera, qui décidera ? Un commissaire, un colonel, un trader ou une Intelligence artificielle ? Au moins ce serait une intelligence, disent les mauvais esprits, comme si le bon gouvernement n’était justement pas celui qui pouvait être dirigé par n’importe qui, y compris des imbéciles ? (C’était le cas des monarchies…)

    Plus de 40 élections ont lieu dans le monde ces douze derniers mois. Le vote est le principe universel de toute légitimité. Même les dictateurs veulent un vote.

    Quand on voit la démocratie malade, se rappeler que c’est parce ses défauts apparaissent au grand jour qu’ils peuvent se soigner. Plus de 40 élections ont lieu dans le monde ces douze derniers mois. Le vote est le principe universel de toute légitimité. Même les dictateurs veulent un vote. Qu’on le détourne, le truque, le malaxe, le mâche et le remâche, le vote reste de bon goût.

    La fatigue démocratique ne vient pas d’une lassitude. Elle vient d’un surplus d’exigence. La méfiance vis-à-vis des informations ne vient pas des fake news, elle vient de ce chacun veut en savoir plus. Ce ne sont qu’apprentissage. A la fin, ceux qui croyaient Poutine voient bien les bombes, les réfugiés, et les cadavres. La réalité s’impose, les mensonges se dévoilent. Plus le monde est ouvert, plus les exigences sont fortes. Et plus le métier de citoyen devient exigeant et passionnant. Et moins les dirigeants sont omnipotents, du moins dans les démocraties, et c’est tant mieux. Ils ne peuvent pas faire n’importe quoi. Ce qui compte le plus dans le pouvoir, ce n’est pas ce qu’il peut faire, ce sont ses limites.

    La France a voté, personne n’est content. C’est bon signe. La démocratie ne s’épuise pas dans un vote, les gouvernants devront encore et toujours faire leur preuve. Pas de lauriers pour la vainqueur, parce qu’il n’est jamais que provisoire. A ces étudiants qui occupaient la Sorbonne en refusant « l’horrible choix » Macron-Le Pen, faut-il souhaiter un deuxième tour, dans quelques temps, Mélenchon-Le Pen ? La démocratie y serait-elle plus forte ? A la fin, elle ne repose que sur l’électeur. Une élection s’achève, une autre commence : les Législatives, c’est demain. Elle n’est pas belle, la République ? 

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Présidentielle 2022 : les réactions politiques au second tour 

    Présidentielle 2022 : les réactions politiques au second tour 

    Le dimanche 24 avril, la rédaction Lesfrancais.press et la radio StereoChic se sont associées pour le Grand direct de la Présidentielle. Retour sur les réactions politiques en rapport avec les Français de l’étranger. 

    Emmanuel Macron a été réélu avec 58,8% des voix, ce dimanche 24 avril. Un scrutin animé par la radio StereoChic et la rédaction Lesfrancais.press, et commenté par nos correspondants et les invités politiques.

    La réaction de La République en Marche 

    Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’étranger, a été invitée hier sur les ondes de StereoChic pour commenter la victoire du président réélu. Elle a félicité toutes les personnes qui ont contribué au projet du président de la République et notamment les Français de l’étranger. 

    La réaction du Rassemblement national 

    « Le résultat de ce [second tour de l’élection] représente en lui-même une éclatante victoire » a déclaré Marine Le Pen à la suite des résultats. Effectivement, avec 41,2% des scrutins en sa faveur, la candidate de l’extrême droite a réalisé le meilleur score de son parti à une élection présidentielle. Un avis qu’a partagé Denis Franceskin, représentant de la Fédération des Français hors de France pour le RN. 

    Invité également sur le plateau du Grand direct, il a partagé sa déception mais d’après lui le parti a encore de beaux jours devant lui. Il évoque ainsi les futures élections législatives, pour lesquelles son parti appelle au rassemblement « des personnes et non des partis”. 

  • Le vote des expatriés a commencé – fil d’actualités en direct

    Le vote des expatriés a commencé – fil d’actualités en direct

    Depuis quelques heures, les bureaux de vote situés dans les Amériques sont ouverts. Que ce soit dans les DOM comme la Martinique ou Saint-Pierre-et-Miquelon ou à Montréal comme à New-York, les Français de l’étranger comme tous leurs compatriotes sont appelés à choisir le prochain Président de la République. Sur cette page que nous mettrons à jour jusqu’à 20 heures dimanche 24 avril 2022 (CET), nous vous rapportons les faits marquants de ce second tour dans les bureaux de vote à l’étranger.

    MAJ le 24 avril à 20h (CET)

    Les Amériques

    Les informations disponibles ci-dessous ont été mises à jour le 24 avril à 18h (CET).

    Canada

    Consulat de Montréal

    A Montréal, on reprend les mêmes et on recommence. Même centre de vote géant, concentration de tous les électeurs de la plus grande communauté de Français en dehors du continent européen sur le Palais des expositions de la ville québécoise, et mobilisation contre Marine Le Pen ont entrainé à nouveau un embouteillage géant. Ainsi une longue file organisée par des dizaines de bénévoles serpentait dès le début de matinée autour du palais des congrès. Beaucoup avaient un café dans une main, un livre ou leur téléphone dans l’autre, pour patienter. Le temps va être à long.

    En début d’après-midi, l’attente diminuait et les files se résorbaient, tout le monde a-t-il pu voter ou certains ont-ils abandonné ? On le saura avec la participation qui devrait être supérieure à celle du 10 avril si on en croit les réseaux sociaux et les Français croisés par nos citoyens-témoins aux abords du Palais des congrès de Montréal.

    Bureau de vote à Montréal – 23 avril 2022 ©Express Canada

    Le choix des Français de Montréal sera particulièrement suivi. C’est le seul bureau de vote de la circonscription qui avait placé Jean-Luc Mélenchon en tête, loin devant Emmanuel Macron, alors auront-ils fait le choix du Président sortant ou vont-il voter pour Marine Le Pen ? Avec ce vote des expatriés, nous aurons un bon indice de ce que les électeurs de la France insoumise feront en France.

    Toronto : une réorganisation bien menée

    Dans la capitale canadienne, la leçon de 2017 avait été bien apprise. Un dédoublement des bureaux de vote entre le consulat et le Lycée français a permis de réduire les files d’attente et de fluidifier le scrutin.

    L’équipe consulaire, en harmonie avec les élus consulaires et les associations, a ainsi pu compter sur le renfort de 50 bénévoles. La participation avait d’ailleurs été en hausse dans cette circonscription au premier tour par rapport à 2017. Comme quoi si on les traite comme des « Français à part entière », les expatriés font leur devoir citoyen.

    USA

    Aux Etats-Unis, la participation, est décevante, en début de scrutin, l’espoir était grand de voir un sursaut de mobilisation. Mais finalement sur place, de Los Angeles à New-York, les Français des Etats-Unis d’Amérique se sont peu mobilisés tout en confirmant un vote acquis au Président de la République qui était arrivé en tête dans toutes les circonscriptions consulaires du pays de l’Oncle Sam au premier tour (moyenne de 58%).

    Bureau de vote à Washington – 23 avril 2022 ©AFP

    Au premier tour, dans la circonscription de Washington – qui englobe cinq États américains ainsi que la capitale du pays – le taux de participation n’était que d’environ 30%, on peut imaginer un bond important. Résultat du vote des expatriés dans quelques heures !

    Brésil

    Dans l’Etat géant du sud du continent, le vote des expatriés est une vraie aventure. On l’avait évoqué dans un article consacré aux circonscriptions géantes. Eloignement, insécurité, coût des transports, les écueils sont nombreux. Et logiquement, la participation reste faible avec 34%.

    Bureau de Vote à Sao Paulo – 23 avril 2022 ©AGIF via AFP

    Sur ces terres de la France insoumise, le résultat comme à Montréal sera scruté avec attention, Jean-Luc Mélenchon ayant un grand vivier de partisans sur place. La responsable des Français établis hors de France du parti mélenchoniste, Florence Poznanski, qui y a longtemps vécu, n’a pas lésiné pour faire entendre la consigne de Jean-Luc Mélenchon de s’opposer à Marine Le Pen.

    Mexique

    Les chiffres de Mexico montrent une participation stable avec 15 000 électeurs qui se sont rendus aux urnes.

    Panama

    Dans ce petit Etat d’Amérique centrale, à la réputation sulfureuse, les Français sur place ont voté à plus de 20% pour Eric Zemmour tandis que Jean-Luc Mélenchon obtenait près de 15% des bulletins et Marine Le Pen, elle, fermait la marche des opposants à Macron avec près de 9% des voix. Quels seront les choix de ces électeurs ? Peut-être l’abstention ? On ne se pressait pas ce matin aux bureaux de vote.

    Océanie

    Les informations disponibles ci-dessous ont été mises à jour le 24 avril à 18h (CET).

    Australie

    Pour ceux qui vivent dans les grandes villes australiennes comme Melbourne ou Perth, exercer son droit de vote est relativement aisé. Mais pour les autres, c’est quasiment mission impossible. Ainsi, les Français vivant dans le territoire du Nord doivent voter à Sydney, une ville située à 4000 kilomètres de Darwin par exemple. La participation semble toujours être faible.

    Lors du premier tour, seulement 34% des électeurs inscrits s’étaient rendus aux urnes, une participation en forte baisse par rapport à la présidentielle de 2017, où un peu plus de 50% des électeurs s’étaient abstenus. Une participation faible, mais qui dans un pays grand comme 14 fois la France, est avant tout de nature structurelle. Sur tout le territoire, les autorités consulaires ont ouvert 11 bureaux de vote.

    Le scrutin s’est achevé à un taux d’abstention de 62%.

    Indonésie

    Les Français de ce pays où les conflits avec la CFE sont nombreux n’en ont pas tenu rigueur à Emmanuel Macron selon les premiers chiffres et ce malgré une participation aussi en baisse.

    Asie

    Les informations disponibles ci-dessous ont été mises à jour le 24 avril à 18h (CET).

    Les Français de Chine ont commencé à voter au second tour de l’élection présidentielle, mais ceux de Shanghai sont à nouveau privés de scrutin du fait de la mise en quarantaine de la capitale économique chinoise. Les expatriés français restent confinés chez eux, comme la plupart des 25 millions d’habitants de la mégapole depuis le début du mois et sans perspective de déconfinement.

    Hong-Kong

    Participation en hausse ! La situation liée à la Covid et les nombreux départs peuvent expliquer une participation faible au premier tour, le sursaut républicains a battu son plein dans la cité entre deux mondes.

    Chine

    1 Français sur deux s’est déplacé et ce malgré le confinement stricte imposé à la ville de Shangai où il ne fut même pas possible d’organiser le scrutin/

    Moyen-Orient

    Les informations disponibles ci-dessous ont été mises à jour le 24 avril à 18h (CET).

    Près de 22 000 Français établis aux Émirats se rendent aussi aux urnes à Abu Dhabi et à Dubaï. Afin d’éviter l’affluence en fin d’après-midi, le consulat général de France à Dubaï a recommandé aux électeurs d’y être le plus tôt possible.  

    Afrique

    Les informations disponibles ci-dessous ont été mises à jour le 23 avril à 18h (CET).

    Le vote commence à 06h du matin (CET).

    Europe

    Les informations disponibles ci-dessous ont été mises à jour le 24 avril à 20h (CET).

    Belgique

    A Bruxelles, l’organisation a été revue afin de fluidifier le parcours des électeurs. Dès l’ouverture, ils étaient nombreux à se presser au centre de vote au Parc des expositions.

    Centre de vote à Bruxelles ©Nicolas Honoré

    Portugal

    A Lisbonne, la situation fut difficile pour ce second tour. Une mobilisation en hausse qui a entrainé 3 heures de file d’attente au consulat basé à Lisbonne.

    Royaume-Uni

    Une participation en hausse et une organisation bien rodée ont marqué ce scrutin dans le pays du Brexit.

  • Emmanuel Macron est réélu président de la République

    Emmanuel Macron est réélu président de la République

    Comme en 2017, Emmanuel Macron a remporté le second tour de la présidentielle face à Marine Le Pen avec 58,2% des voix contre 41,8 %, selon les premières estimations (Ifop). Le président sortant était favori de ce match retour, alors que jamais l’extrême droite n’avait parue si proche du pouvoir, sur fond de participation en berne tant en France que chez les expatriés.

    Emmanuel Macron, qui a pris deux bains de foule à la mi-journée avant de voter au Touquet (Pas-de-Calais), a été reconduit pour un deuxième mandat, ce qui n’était encore jamais arrivé, hors période de cohabitation, depuis l’adoption de l’élecion présidentielle au suffrage universel direct en 1962.

    Cette réélection d’Emmanuel Macron, 44 ans, représente la continuité, même si le président-candidat a promis, durant sa campagne démarrée tardivement de se renouveler en profondeur, assurant vouloir placer l’écologie au coeur de son second – et dernier – mandat. Il doit s’exprimer devant ses partisans ce dimanche soir, à l’issue du scrutin, sur le Champ-de-Mars, au pied de la tour Eiffel.

    « Bonnet blanc et blanc bonnet »

    Les 48,7 millions de Français appelés à voter ne se sont pas bousculés vers les urnes, alors que les trois zones scolaires du pays sont en vacances scolaires et que l’abstention pouvait être le grand arbitre du scrutin. L’abstention a atteint 28 %, soit 2,5 points de plus qu’en 2017 (25,44 %), selon les estimations convergentes de quatre instituts de sondage.

    Jamais une abstention aussi forte n’a été enregistrée à un second tour d’une présidentielle, à l’exception du record de 1969 (31,3 %), quand les électeurs de gauche avaient, à l’appel du candidat communiste éliminé au 1er tour, massivement refusé de choisir entre « bonnet blanc et blanc bonnet » (Georges Pompidou et Alain Poher).

    Militants LREM lors de l’annonce de la réélection d’Emmanuel Macron le 22 avril 2022 sur le Champs de Mars