Cette année, le jeudi de l’Ascension tombe le 26 mai 2022, s’il est férié en France, il ne l’est pas dans la majorité des pays. Alors quid des enfants ? Ceux inscrits dans le réseau AEFE font-ils le jour férié et par ricochet le pont ? Y a-t-il école ce vendredi 27 mai ?
Les établissements dans des pays où le jour est férié
En France, cette année, les enfants bénéficient du pont de l’Ascension et donc d’un long week-end de 4 jours. Quels que soient les zones et le niveau scolaire des élèves (écoles, collèges et lycées), ceux-ci seront donc en congés le mercredi 25 mai 2022 au soir, après les cours. L’école reprendra le lundi 30 mai 2022.
Dans les pays pour lesquels le 24 mai est férié, la même règle s’appliquera aux établissements français. Voilà la liste des pays concernés :
Cité du Vatican (Saint-Siège)
Colombie
Congo
Cote d’Ivoire
Curacao
Danemark
Finlande
France
Groenland
Guadeloupe
Guyane Française
Îles Féroé
Islande
Autriche
Portugal
Lesotho
Liban
Liechtenstein
Luxembourg
Madagascar
Martinique
Mexique
Monaco
Namibie
Norvège
Nouvelle Calédonie
Pays-Bas
Polynésie française
République centrafricaine
Réunion
Royaume-Uni
Saint Martin
Saint-Barth
Saint-Pierre-et-Miquelon
Sénégal
St Martin
Suède
Suisse
Tchéquie
Togo
Vanuatu
Venezuela
Wallis et Futuna
Pour les pays où l’Ascension n’est pas célébrée ?
Depuis le IVème siècle, l’Eglise célèbre la montée de Jésus-Christ vers le ciel chaque jeudi de l’Ascension. Cette fête symbolise la dernière rencontre de Jésus avec ses apôtres, 40 jours après sa résurrection. Logiquement, c’est donc dans les pays catholiques ou aux racines ancrées dans le Christianisme qu’est octroyé le jour férié.
Dans la grande majorité du monde, ce jeudi 26 mai sera un jour comme les autres. Et dans les plupart des établissements français installés dans ces pays c’est le calendrier local qui est suivi. De Tokyo à Delhi, il y aura donc cours pour les petits Français et francophones inscrits au sein du réseau AEFE au sens large.
Les premières heures, les premiers jours et même les premières semaines sur un site de rencontres sont toujours excitantes, intéressantes et prometteuses. Il semble qu’un tout nouveau monde s’ouvre à vous, dans lequel vous pouvez rencontrer des tonnes de nouvelles personnes. Mais le temps passe, les recherches ne donnent pas vraiment de résultats, les « swipes » deviennent fatigants, et vous ne correspondez plus vraiment par écrit. Résultat : le site de rencontres devient franchement ennuyeux.
Est-ce que cela veut dire que tout est foutu ?
Non ! Il existe toujours des moyens de rendre la communication sur un site ou une application de rencontre plus diversifiée. Ou de trouver une alternative qui vous convienne parmi les multiples options qui s’offrent à vous.
Dans cet article, nous vous dirons quoi faire si vous vous ennuyez franchement sur un site de rencontres, comment vous divertir et quelles alternatives vous devriez envisager.
Conseil n°1. Utilisez plus de fonctionnalités et n’oubliez pas de faire des pauses
Les développeurs de plateformes de rencontres savent que les utilisateurs et les utilisatrices peuvent vite se lasser. C’est pourquoi ils mettent régulièrement en œuvre de nouvelles fonctionnalités et proposent de nouveaux formats de communication — des jeux et des mini-jeux en ligne, des services de rencontres vidéo, et bien plus encore. Le problème est que toutes ces fonctionnalités ne sont pas utilisées. Certaines personnes ne les connaissent pas, d’autres pensent que c’est superflu et ne sont pas prêtes à payer pour des fonctionnalités supplémentaires.
Nous vous conseillons de ne pas passer à côté de ces fonctionnalités. Sinon, vous vous lasserez très vite du site de rencontres et n’aurez plus envie d’y revenir avant très longtemps. Même si les fonctionnalités supplémentaires sont souvent payantes, nous vous conseillons de les essayer au moins une fois — cela devrait vous plaire.
Recommandations supplémentaires :
Faites des pauses. Ne transformez pas la recherche d’un(e) partenaire potentiel(le) en une routine quotidienne à laquelle vous consacrez plusieurs heures par jour. Choisissez 3 ou 4 jours où vous ne visiterez pas du tout le site de rencontres et respectez votre planning.
Apprenez à dire « non ». De nombreux contemporains perdent énormément de temps juste parce qu’ils ne savent pas comment dire non. Si vous comprenez qu’une personne ne vous convient pas et qu’elle ne vous intéresse pas, vous n’avez pas besoin d’essayer de maintenir la communication, juste pour ne pas l’offenser. Cela ne fera qu’empirer les choses pour vous deux.
Faites preuve d’initiative. Le problème de nombreux utilisateurs et utilisatrices de sites de rencontres est le manque d’initiative. Des millions de personnes s’inscrivent sur un site de rencontres et attendent simplement que de belles femmes ou des hommes séduisants leur écrivent. Cela ne fonctionne pas comme ça. Si vous voulez que le temps passé sur le site de rencontres porte ses fruits, prenez l’initiative.
Croyez-nous, si vous suivez ces conseils, l’utilisation d’un site de rencontres sera beaucoup plus intéressante et excitante. Et surtout, efficace.
Conseil n° 2. Recherchez des applications et des sites de rencontres qui sortent de l’ordinaire
De nombreux contemporains font l’erreur de choisir les sites et les applications de rencontre les plus populaires. À première vue, cela parait logique — plus il y a de monde, plus les chances d’y trouver l’âme sœur y sont élevées. Mais en réalité, c’est plutôt le contraire. Le public est énorme et trop diversifié. De ce fait, la recherche du ou de la partenaire idéal(e) se transforme en un véritable marathon sans fin.
Si vous voulez rendre votre expérience de rencontre en ligne plus variée et amusante, essayez de vous débarrasser des plateformes classiques comme Tinder, Badoo, Bumble, etc. Explorez les nouveautés sur le marché des rencontres en ligne.
Voici quelques applis de rencontre relativement récentes qui proposent des formats de communication intéressants et inhabituels :
Wingman — une appli où les utilisateurs aident d’autres personnes à trouver leur moitié. Par exemple, vous invitez votre ami(e) sur Wingman, vous remplissez son profil et vous cherchez qui lui correspond selon vous. Et ça marche ! De plus, c’est quelque chose de complètement nouveau dans le monde des rencontres en ligne. Vous ne risquez certainement pas de vous ennuyer.
Plum — une application inhabituelle où les hommes sont récompensés pour leur bon comportement sur l’application et où les filles notent chaque homme. La possibilité de communiquer sur le site et la sélection des partenaires dépendent directement de cette note. Autrement dit, Plum est une combinaison entre une appli de rencontre classique et un concours de notes.
Crown — une application développée par les personnes qui ont travaillé à la création de Tinder et Match. Ils ont complètement abandonné les « swipes » habituels et proposent un tout nouveau système : chaque jour, vous obtenez 16 correspondances réparties en paires. Vous devez ensuite choisir une personne qui vous est sympathique dans chaque paire. Lorsqu’il n’en reste plus que quatre, ces personnes sont informées que vous les avez choisies et peuvent donc vous écrire. La sélection des paires est remise à zéro chaque jour, et vous recevez seize nouvelles offres.
De nouvelles applications et sites de rencontre apparaissent régulièrement. Nous vous conseillons de jeter un coup d’œil de temps en temps aux nouveaux venus dans ce domaine, car ils offrent généralement des fonctionnalités innovantes et des moyens de communication intéressants.
Conseil n° 3. Jetez un coup d’œil aux chats vidéo
Si vous en avez assez des sites de rencontres et que vous souhaitez faire une pause, il est temps de vous tourner vers un autre format de communication : les chats vidéo en ligne. Ces plateformes vous mettent en relation avec des utilisateurs et des utilisatrices aléatoires par communication vidéo, ce qui vous permet de discuter de presque tous les sujets.
Le principal avantage des chats vidéo en ligne est qu’ils ne sont pas ennuyeux. Ici, vous pouvez vous passer d’écrits, et communiquer uniquement par communication vidéo. Mais surtout, chaque nouvelle connexion est une surprise. Vous ne savez jamais qui se trouvera de l’autre côté de l’écran, de quoi vous parlerez, comment cette personne vous surprendra et à quoi aboutira votre rencontre sur le Web.
Il y a aujourd’hui des chats vidéo pour tous les goûts. Par exemple, OmeTV — pour ceux qui ont besoin d’un filtre de genre et d’une fonction de traduction intégrée ; Emeraldchat — pour ceux qui aiment l’idée d’une évaluation de karma (comme dans l’application Plum) ; Chatspin — pour les amateurs de masques virtuels et de confidentialité ; Omegle — pour ceux qui préfèrent les chats roulette classiques ; Chat vidéo coomeet.chat/fr — pour les hommes qui veulent communiquer exclusivement avec des femmes (de plus, avec des profils vérifiés) ; Bazoocam — pour ceux qui recherchent non seulement un chat vidéo en ligne, mais aussi une plateforme de streaming vidéo ; Chatrandom — pour les amateurs de salons thématiques et la recherche par centres d’intérêt.
Comme vous pouvez le constater, les chats vidéo ne sont pas moins intéressants et originaux que les sites et les applications de rencontre. De nombreuses personnes apprécient beaucoup plus ce format en raison de sa diversité et de son imprévisibilité.
Résumons
Il existe une phrase très populaire : « Seuls les gens ennuyeux s’ennuient », mais nous ne sommes pas tout à fait d’accord avec cette affirmation. Les sites de rencontres sont ennuyeux pour ceux qui n’utilisent pas pleinement leurs capacités, qui sont trop conservateurs ou qui ne sont pas prêts à découvrir quelque chose de nouveau.
Si vous avez l’impression que l’utilisation de la plateforme de rencontre est devenue une routine pour vous, que cela ne donne aucun résultat alors que cela vous prend du temps, faites une pause. Passez au chat vidéo, discutez avec des inconnu(e)s intéressant(e)s, améliorez vos compétences de communication en face à face — c’est très utile. Il se peut que vous n’ayez pas envie de revenir aux applications de rencontres habituelles après avoir testé le chat vidéo. C’est la bonne décision si la communication est plus importante pour vous que les swipes, les écrits insipides et la navigation sans fin sur des profils d’inconnu(e)s.
En 2021, le secteur du tourisme en France n’a pas retrouvé son niveau d’avant crise en raison du maintien de nombreuses restrictions sanitaires. L’absence des touristes internationaux a pesé lourdement sur l’activité, l’Île-de-France étant la région la plus touchée. Le nombre de nuitées passées dans les établissements touristiques s’est élevé à 324 millions, soit 118 millions de moins qu’en 2019, avant la crise sanitaire. Si le début de l’année a été mauvais en termes de nuitées, elles ont progressé à partir du début du mois de mai avec la levée des restrictions. À l’automne, l’activité est revenue presque à son niveau d’avant-crise.
La France s’en sort mieux que ses partenaires
Avec la perte d’une nuitée sur quatre, la France pâtit relativement moins de la crise que les trois autres pays les plus touristiques de l’Union européenne grâce aux résidents qui sont partis en vacances. Entre 2019 et 2021, la fréquentation chute d’un tiers en Allemagne et en Italie et de moitié en Espagne. Dans les pays où la clientèle non-résidente est majoritaire, les restrictions de déplacements internationaux (présentation du passe sanitaire, obligation de tests aux frontières, etc.) ont pesé sur la fréquentation touristique.
En Espagne, deux nuitées touristiques sur trois sont le fait de non-résidents. En Italie, la fréquentation est partagée à parts égales entre les clientèles résidentes et non-résidentes. En comparaison, la France dépend moins de la clientèle internationale (36 % des nuitées touristiques), tout comme l’Allemagne (20 %).
L’Île-de-France touchée par la chute du tourisme d’affaires
Si à partir de l’été 2021, les territoires littoraux ont retrouvé un nombre de nuitées comparable à celui d’avant crise sanitaire, dans les zones urbaines, notamment en Île-de-France, il est resté en-deçà, y compris en fin d’année. La montée en puissance du télétravail et l’annulation d’un grand nombre de congrès, de salons et de séminaires ont réduit les déplacements professionnels. L’Île-de-France, qui accueille beaucoup de réunions d’affaires et de congrès, est la région la plus pénalisée. Les nuitées d’affaires ont diminué dans cette région de 35 %, quand la baisse n’a été que de 12 % en moyenne dans les autres espaces touristiques de France métropolitaine. Elle est également pénalisée par la moindre venue de la clientèle internationale (-50 % en Île-de-France, contre -39 % en moyenne dans les autres espaces touristiques). Les hôtels ont enregistré un déficit de nuitées au deuxième semestre 2021 par rapport à celui de 2019 de 16 %. Les nuitées de la clientèle en provenance de l’étranger sont en net recul (-45 %) et ne représentent plus que 24 % des nuitées totales, contre 36 % en 2019.
L’été dernier, les deux principales clientèles internationales présentes traditionnellement en France, celles venant du Royaume-Uni et des États-Unis, ont fait défaut. Sous l’effet de la crise sanitaire et du Brexit, le nombre de nuitées des résidents britanniques a diminué de 66 % entre juillet et décembre 2021 par rapport à la même période avant-crise. Le Royaume-Uni passe ainsi de la deuxième à la cinquième place des provenances des touristes non-résidents. Les touristes venant de Chine et du Japon ont été également quasi absents, le nombre de leurs nuitées s’effondrant de 93 % entre 2019 et 2021. Seule la fréquentation de la clientèle en provenance des Pays-Bas a progressé par rapport à 2019 (+6 %) avec 2 millions de nuitées hôtelières entre juillet et décembre 2021. Les clientèles en provenance de Belgique et d’Allemagne, réalisant 3 millions de nuitées chacune, sont devenues les deux premières non-résidentes en France métropolitaine.
Les campings ont connu une belle saison estivale
De juillet à septembre, l’hôtellerie de plein air a connu un taux de fréquentation, en 2021, équivalent à celui de 2019 (95 millions de nuitées après 96 millions). La fréquentation des campings est portée par la clientèle résidente, dont le nombre de nuitées a augmenté de 11 % sur la période. Quant aux nuitées des non-résidents, elles ont reculé de 29 %, un recul cependant moindre que dans les hôtels (-45 %) et les autres hébergements collectifs de tourisme (AHCT, 41 %). Les clientèles en provenance des Pays-Bas, d’Allemagne et de Belgique ont réalisé 17 millions de nuitées sur les 20 millions de nuitées non-résidentes enregistrées dans les campings de juillet à septembre 2021. La fréquentation de la clientèle britannique a reculé, là encore, très fortement, avec neuf fois moins de nuitées qu’à la même période en 2019.
Les résultats en demi-teinte de 2021 du fait des mesures sanitaires en vigueur jusqu’au 20 juin sont de bon augure pour la saison 2022 avec le retour des touristes internationaux. Les Asiatiques manquent néanmoins toujours à l’appel et les Américains demeurent prudents. Le coût des transports en lien avec la hausse du prix du pétrole et les incertitudes pourraient peser sur l’activité touristique.
Le livre « Le premier qui tombera » de Salomé Berlemont-Gilles, publié aux éditions Grasset, vient de remporter le prix littéraire Québec-France Marie-ClaireBlais 2022.
Lesfrancais.press sont heureux de vous annoncer que c’est le roman « Le premier qui tombera » de Salomé Berlemont-Gilles qui a reçu le Prix littéraire Québec-France Marie-Claire-Blais 2022. Nous avions évoqué dans nos colonnes l’existence de ce prix qui récompense chaque année un premier roman. Une des spécificités du prix est qu’il possède une dimension participative : ce sont les lecteurs membres de l’association Québec France qui jugent et opèrent un choix. L’association se base donc sur un verdict populaire étendu car elle possède plusieurs dizaines de groupes locaux des deux côtés de l’Atlantique.
Ce récit de fiction suit les pas de Hamadi, un jeune Guinéen de 11 ans qui fuit le régime de Sékou Touré et s’installe en banlieue parisienne avec ses parents et frères et sœurs. C’est d’abord un roman de l’immigration africaine et du déclassement vécu par cette famille bourgeoise dont le père est un médecin fasciné par la culture française et la promesse républicaine d’émancipation par l’école. La réalité de la vie banlieusarde de cette famille nombreuse qui s’entasse dans un appartement trop étroit se révélera prosaïque et rude. Le chef de famille qui n’arrive pas à retrouver un poste de médecin perd peu à peu son autorité, la mère est obligée de travailler comme caissière et toute la famille se retrouve déclassée. Mais c’est le parcours chaotique de Hamadi qui frappe le plus le lecteur, lui qui subit une véritable initiation au vol et à la violence au sein d’une bande devenue sa famille d’adoption. Le bon élève devient un décrocheur qui méprise le savoir scolaire et ne croit qu’à l’éducation de la rue. L’enfant renfrogné grandit et s’impose comme homme de main d’un proxénète. Sa vie oblique tristement et même l’amour ne peut le sauver d’un destin qui l’entraîne inexorablement vers la chute. Le parcours désenchanté de cet anti-héros dans une France qui manque à ses promesses est particulièrement réussi. Les scènes de violences urbaines, le projet brisé d’Hamadi de sauver une prostituée de son destin de travailleuse forcée comme les scènes de sexe crues sont habitées par un style vif et prenant. Ce roman de presque 300 pages est marqué par une belle densité et il y a peu de passages faibles dans un récit qui est tenu de bout en bout.
« Le premier qui tombera » de Salomé Berlemont-Gilles, lauréat du prix littéraire Québec-France Marie-Claire Blais
Nous avons interrogé Francine Bouchard, responsable du prix Québec-France sur les raisons du choix de ce livre.
Francine, comment s’est opéré le choix final ?
F.B : La compétition entre les trois finalistes de cette édition fut très relevée. « Le premier qui tombera » est un roman qui a été jugé à la fois sensible et empreint d’une grande poésie, il témoigne avec réalisme du choc culturel de l’immigration.
Le roman semble avoir une tonalité très sombre ?
F.B : Bien que l’auteure présente la triste réalité de l’exil et de la vie dans les banlieues, ce roman est lumineux par les valeurs qu’il met de l’avant. Il a chaviré les lecteurs par la richesse de ses personnages et son histoire percutante.
Comment qualifieriez vous le style de l’auteur ?
F.B : On est face à une écriture acérée qui entraîne le lecteur dans la chute sociale du personnage principal, nous sommes plongés dans une tension qui croît de chapitre en chapitre avec un final qui permet de reprendre son souffle. C’est un roman dur, violent mais ô combien instructif, écrit dans un style qui happe le lecteur dès l’amorce.
Il y a beaucoup de maturité pour une jeune auteur, non ?
F.B : C’est en effet un premier roman intense, émouvant, bouleversant, dérangeant d’une jeune auteure confrontée à un sujet difficile qui est traité dans un style qui permet d’entrer facilement dans l’univers des personnes déracinées.
L’auteure, Salomé Berlemont-Gilles, n’a pas répondu à nos questions malgré de multiples relances. Nous lui souhaitons néanmoins bonne chance pour la diffusion de ce roman auprès d’un large public. Le roman a reçu également le Prix Régine Deforges, le Prix de la Vocation et le Prix Version Femina.
Dans cette interview, Anne Genetet, la députée LREM de la 11ème circonscription des Français de l’étranger, revient sur le bilan de son mandat et présente les objectifs de son programme pour les prochaines élections législatives.
La députée LREM a eu « un mandat très occupé et très agité », de par les différents évènements qui ont bouleversé le monde ces dernières années. Effectivement, entre le coup d’État en Birmanie, la crise Covid qui touche toujours de plein fouet l’Asie et la guerre en Ukraine, Anne Genetet a été au coeur de situations sensibles et difficiles pour ses administrés.
Une circonscription stratégique
Aux yeux de l’élue, la 11ème circonscription des Français de l’étranger, en plus d’être la plus grande, est particulièrement « stratégique » économiquement et géopolitiquement.
« La croissance du monde sera en Asie dans les années qui viennent, malgré les difficultés économiques auxquelles la Chine va devoir faire face. »
Sur le plan politique, la Chine est également au coeur des préoccupations stratégiques selon Anne Genetet. Elle revient sur la pression forte et constante du pays de Xi-Jinping dans les relations bilatérales, et estime que la France doit développer des relations « fermes et équilibrées et non gagnantes-gagnantes ».
Par ailleurs, Anne Genetet se livre sur le scandale des sous-marins avec l’Australie, qui a quelque peu refroidi les relations avec le pays. Cependant, elle estime qu’avec l’élection d’un gouvernement fédéral travailliste le 23 mai dernier, sous l’égide d’Anthony Albanese, une bonne relation devrait pouvoir se reconstruire.
Les remous au sein du clan LREM
Contrairement à de nombreuses circonscriptions, Anne Genetet est la seule à se présenter sous l’étiquette de la majorité en Asie. S’ils étaient trois sur la ligne de départ pour la course aux législatives, deux des candidats ont été exclus. Selon la députée « ça s’est fait de manière automatique car ce sont les règles du parti ». Avant de dénoncer « le manque de loyauté et d’infidélité » dont ses adversaires ont fait preuve à l’égard du président de la République.
Mais aussi sur la façon dont les élus doivent déballer leur vie aux citoyens pour se justifier ou se défendre de certains actes. Effectivement, dans une interview Damien Abbad a décrit la façon dont se passaient ses relations sexuelles pour se justifier du fait de n’avoir jamais agressé personne. Déballage ou transparence ? La ligne est fine. D’après la députée, il est parfois difficile de faire la distinction entre les deux. Maintenant, elle reste effarée du nombre de plaintes qui ressortent à propos d’agressions et harcèlements sexuels et souhaite que les femmes puissent porter plainte en toute sécurité et qu’elles soient entendues.
La montée de Reconquête !
Le parti d’Éric Zemmour se déploie fortement dans les pays d’Asie, d’Océanie et d’Europe de l’Est. La députée LREM se rend compte que le polémiste touche particulièrement les retraités présents dans sa circonscription. Des personnes aux conditions sociales souvent modestes et qui nourrissent l’impression d’être déconsidérées. Pour l’élue de la République, il est important de prendre en compte ces ressentis et de leur présenter des solutions.
Anne Genetet (au centre) en campagne pour les élections législatives dans la 11ème circonscription des Français de l’étranger
Au sujet de l’éducation française à l’étranger, rappelons que l’objectif présidentiel en début de mandat était de doubler le nombre d’élèves du réseau. Un but très loin d’être atteint cinq ans après. La députée explique les raisons de cet échec et présente ses objectifs de campagne dans le même temps.
Le bilan de son mandat
L’élue confie se détourner de toute forme de fierté. A ses yeux, le travail collectif est primordial et tous les dossiers traités l’ont été en équipe, à l’instar de France Consulaire.
Cependant, un point l’a fortement marquée au cours de son mandat et elle se sent heureuse de cette réussite.
« Désormais, suite à un courrier que je lui ai envoyé, le président de la République quand il fait une adresse à la Nation associe les Français de l’étranger».
Quant à ses regrets, elle dénonce le fait qu’à l’Assemblée nationale trop peu de moyens sont octroyés aux députés pour mener à bien leurs missions.
Écoutez l’interview avec Anne Genetet
Un podcast à retrouver sur toutes vos plateformes de streaming
Margaux Darrieus est la candidate de Reconquête ! pour la 3e circonscription des Français de l’étranger en Europe du Nord. Elle est arrivée à Londres en 2019 pour poursuivre ses études et faire un Bachelor en Histoire et Relations internationales. Cette jeune candidate qui soutiendra les valeurs politiques de Reconquête aux Législatives nous a accordé une entrevue.
Elle est venue ici “afin de trouver sur son chemin un système éducatif et politique différent et comparer les politiques entre les deux pays. J’ai toujours été passionnée par le Royaume-Uni, son histoire et sa politique. Avant cela j’ai fait deux ans de classe préparatoire littéraire au Lycée Henri IV à Paris. C’était aussi une très bonne expérience. J’ai appris plein de choses. C’est toujours un système d’excellence dans l’éducation française que j’aime beaucoup. Il représente la méritocratie qui a disparu. Les deux se complètent pas mal avec un système très français et le système universitaire ici à Kings en Angleterre qui est très international. »
“J’étais très impliquée dans la campagne de 2017”
Margaux Darrieus, 22 ans, n’a pas pu voter pour les élections de 2017, elle était encore mineure. “J’ai suivi la Présidentielle de près. J’ai assisté aux meetings, je soutenais François Fillon dans sa campagne, mais j’ai été très déçue de la tournure de cette affaire et par la défense de François Fillon. Elle a été montée d’une façon ridicule et injuste. À partir de là j’ai quitté Les Républicains. Je n’ai plus aucun espoir dans ce parti. Il est totalement divisé. Il n’y a plus de ligne claire et plus d’accords. Il existe trois ou quatre branches au sein des LR. Si nous prenions Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Éric Ciotti, je pense que ce sont des personnes qui n’ont rien à voir. Il n’y a plus moyen de mener un parti ensemble. Mon rival Artus Galiay qui soutenait Bertrand, a dû se rabattre pour soutenir Valérie Pécresse. L’arrivée dans la vie politique d’ Éric Zemmour et la création du parti Reconquête est une excellente nouvelle. C’est vraiment le parti d’avenir de la droite. D’une droite authentique avec une ligne claire. J’ai pris ma carte d’adhérent de Reconquête ! début décembre et j’ai été très surprise de voir un groupe très actif à Londres. J’ai passé des appels, organisé des meetings avec les sympathisants, fait du porte-à-porte, ramené beaucoup de gens. La suggestion m’a été faite de me présenter au sein de mon groupe, et puis j’ai posé ma candidature et la commission d’investiture nationale s’est réunie le 28 avril à Paris, et j’ai été investie en présence d’Éric Zemmour.”
Le Brexit, les tensions franco-britanniques
Depuis quelques mois, des tensions post-Brexit existent entre la France et le Royaume-Uni sur le sujet de la pêche, le protocole nord-irlandais et les migrants. Si Margaux Darrieus est élue députée, elle estime qu’il “faudra travailler concernant ces sujets ; aux accords bilatéraux entre la France et l’Angleterre, et oeuvrer à de meilleures relations avec le Royaume-Uni. C’est fondamental. Le gouvernement Macron a eu une très mauvaise attitude avec le Brexit à ne pas respecter la souveraineté nationale et populaire qui s’est exprimée lors du référendum.”
Réunion Reconquête ! pour les législatives en présence de Margaux Darrieus, candidate pour la 3ème circonscription des Français de l’étranger
Une vaste future circonscription
La candidate de Reconquête ! nous explique qu’elle a commencé à faire campagne dès son investiture. « Il faut être honnête, la circonscription est très vaste, avec des pays très étendus, si nous prenons la Suède ou la Norvège, sur des milliers de kilomètres, donc l’essentiel de la campagne va se jouer parinternet. Nous envoyons des mails qui sont données par le Consulat avec l’adresse de tous les Français sur les listes électorales consulaires, des e-mails sur la liste de nos contacts et aussi de nos adhérents, beaucoup de réunions Zoom avec des intervenants divers. Sinon j’organise des réunions publiques sur Londres. C’est à peu près toutes les semaines. J’étais très heureuse l’autre jour de rencontrer des gens que je n’avais jamais vus même pendant la campagne présidentielle.”
Margaux Darrieus ajoute qu’elle respecte le principe de souveraineté nationale, de ces peuples qui ont décidé eux-mêmes s’ils veulent rejoindre des accords tels que l’OTAN. “Cependant je pense que le moment est parfaitement mal venu et que quelles que soient les motivations pour lesquels ces pays le font. Si ces deux adhésions sont acceptées maintenant, ça sera perçu comme une menace, comme une déclaration d’hostilité de la part de la Russie. Je recommanderais au moins d’attendre. C’est pour empêcher au minimum une escalade.”
Les services consulaires
Beaucoup de Français continuent de se plaindre du service dans les consulats pour faire délivrer un passeport par exemple. Pour Margaux Darrieus, il faut “élargir les horaires d’ouverture des consulats. J’ai fait deux heures de queue pour faire une procuration, ça me paraît évident d’ouvrir plus de guichets pour les passeports et d’ouvrir des prises de rendez- vous adaptées au format familial. Pour avoir discuté avec des Français en Suède ou en Finlande qui sont à 500 kilomètres du consulat, si vous devez prendre un rendez-vous par enfant c’est l’enfer. Aussi ouvrir des guichets spéciaux pour le retour des Français en France, car c’est une procédure très compliquée. J’aimerais créer une plateforme sur laquelle les Français se réinscrivent dès lors qu’ils paraissent sur les listes électorales consulaires et qui permettrait de mettre tous les Français de l’étranger de la circonscription en relation pour de l’entraide et du développement à tous les niveaux, par exemple une aide à rechercher un emploi, pour rechercher un stage, pour les services au quotidien comme du baby-sitting. J’aimerais que ce soit centralisé et mis en place à travers une plateforme de l’État parce qu’il y a encore beaucoup trop de Français qui sont isolés. L’autre jour j’ai rencontré une dame de 73 ans qui habite dans le Devon, loin de tout et seule, elle a des problèmes de communication. Il faut que ces Français puissent se sentir reliés et faire partie d’une communauté.”
Margaux Darrieus nous a expliqué qu’elle serait une élue “proche des gens de la circonscription. Elle est très riche, je veux dire en termes intellectuels, culturels et de systèmes politiques, les Français qui vivent à l’étranger sont des personnes avec beaucoup de compétences. Il s’agira d’être au plus près de ces gens pour faire remonter et s’inspirer d’idées à ce niveau-là. Nous verrons en fonction du nombre de députés ce qu’il est possible de faire. Peu importe le nombre de députés Reconquête ! élus à l’Assemblée, je porterai une voix singulière et active de l’opposition ». Pour séduire les abstentionnistes, la candidate de Reconquête ! souhaite montrer aux personnes que ces élections “qui paraissent très loin ou ne semblent pas les concerner sont au contraire des élections législatives fondamentales et parce que nous élisons le député qui va voter les lois pour les électeurs pendant cinq ans, donc c’est majeur.”
La variole du singe est la nouvelle maladie qui pourrait inquiéter les autorités sanitaires et les gouvernements.
La variole du singe est une vieille maladie oubliée qui revient fortement à travers le monde. Reconnaissable par ses gros pustules sur l’ensemble du corps, elle est originaire d’Afrique occidentale. Essentiellement présente sur le continent, elle se diffuse depuis deux semaines à travers le reste du globe. Pour le président américain Joe Biden, « c’est une préoccupation dans la mesure où si elle se propageait, cela aurait des conséquences. »
« Cet entretien symbolise la centralité et l’importance de la relation franco-allemande au service de l’Europe », a-t-on commenté au Quai d’Orsay.
« Les deux ministres ont la volonté commune de développer une relation étroite et de confiance », a-t-on ajouté.
Mme Colonna, nommée vendredi, se rendra « très rapidement » à Berlin pour préparer les prochaines échéances internationales et européennes, en particulier le Conseil européen des 30 et 31 mai, qui portera sur la résilience énergétique européenne, le renforcement de la défense européenne et la réponse de l’Union européenne à la guerre en Ukraine, ainsi que la conférence sur les Balkans occidentaux qui se tiendra à la fin du mois de juin, a précisé le ministère.
Annalena Baerbock avait félicité Catherine Colonna dès sa prise de poste vendredi. « Je sais que tu es une partenaire enthousiaste pour une Europe forte dans le monde. Je me réjouis d’avance et à très vite », avait-elle twitté.
Emmanuel Macron avait choisi Berlin pour son premier déplacement international depuis sa réélection le 24 avril afin de marquer la « force du couple franco-allemand » en Europe, confrontée avec le conflit en Ukraine à la plus grande secousse géopolitique de l’après-Guerre froide.
Le « moteur » franco-allemand reste une réalité dans la construction européenne, même s’il avait perdu de sa vigueur durant le règne d’Angela Merkel (2005-2021).
Artus Galiay est candidat pour le parti Les Républicains et ses alliés (UDI/Nouveau centre) sur la circonscription des Français établis dans les îles britanniques et en Scandinavie. Alors que les candidatures parachutées se sont multipliées dans de nombreuses circonscriptions, ici c’est un Français expatrié depuis toujours qui va solliciter les voix de ses compatriotes le 05 juin. En effet, Artus Galiay est né en Inde près de Pondichéry où il y a vécu pendant 6 ans. Ensuite, la carrière de ses parents l’a amené à rejoindre les bancs d’une école européenne à Bruxelles, où il y passa son adolescence. Doué pour les études, à 18 ans, il entame un double cursus à Sciences Po Paris et à la London School of Economics au Royaume-Uni où il s’installa en 2010.
Un lien fort avec la France
Malgré son parcours personnel, Artus Galiay a un vrai lien puissant avec son pays, la France. C’est d’ailleurs par patriotisme qu’il s’engage dès 2010 à l’UMP qui deviendra Les Républicains, mais pas seulement. Le jeune candidat (34 ans) est aussi animé par un ensemble de valeurs comme le travail, la méritocratie, l’équilibre entre la responsabilité collective et l’épanouissement individuel sans oublier la justice sociale.
Dans la première partie du podcast, il détaille son parcours professionnel, à Londres, en Allemagne, etc. Il revient aussi sur un évènement qui l’a amené à s’engager pour la France, le Brexit. En 2018, il rejoint l’équipe de Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, comme conseiller dédié aux conséquences du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne. Depuis 2020, il représente la région Hauts-de-France auprès des autorités britanniques. Une expérience qu’il mettra au service de la Nation afin de rétablir une relation apaisée avec le Royaume-Uni. L’occasion pour lui de revenir sur les décisions prises par Emmanuel Macron et les conséquences néfastes qu’elles ont eues sur les liens tissés au fil des siècles entre les deux pays. Des conséquences qui ont touché de plein fouet les Français installés outre-Manche.
Des crises mal gérées avec le Royaume-Uni
Artus Galiay fait le bilan des 5 ans du mandat d’Emmanuel Macron. Il commence évidemment par la crise sanitaire et la mise en place des dispositifs aux frontières et en particulier l’imposition de « motifs impérieux » pour rejoindre la France.
Une disposition, comme il nous le rappelle, que le Conseil d’Etat a déclaré illégale et à laquelle il a été mis fin par deux fois. Artus Galiay regrette que la contestation soit venue des citoyens mobilisés qui ont porté l’affaire devant la juridiction administrative, tandis que le député Alexandre Holroyd, issu de la majorité présidentielle, acceptait ces mesures pourtant discriminatoires.
Autre crise pour laquelle Artus Galiay regrette la mauvaise gestion française, celle qui touche les migrants. Alors que les noyés se multipliaient, les autorités françaises et britanniques se renvoyaient la balle, il pense que le député avait comme mission de rétablir la communication entre les deux gouvernements. Artus Galiay, à travers son mandat, veut servir ses concitoyens expatriés mais aussi tout simplement la France.
Des enjeux locaux : transports et éducation
Si le candidat a une vision géopolitique de son mandat, il veut aussi prendre en main les problématiques locales. Dans la dernière partie du podcast, il revient sur la circulation entre les deux pays. Alors que des compagnies de transports abandonnent des lignes secondaires (sur d’autres villes que Paris et Londres) et que l’Eurostar vit une période d’instabilité, Artus Galiay s’engage à travailler avec les compagnies et les autorités compétentes au maintien d’un accès facile à tous les territoires français et à un coût maîtrisé. Pour cela, il compte soutenir et encourager de nouveaux opérateurs à circuler entre nos deux pays via le tunnel sous la Manche.
Autre sujet pour lequel, il se passionne : la transmission du français. Le candidat Les Républicains désire démocratiser l’accès à l’éducation française, et pour cela il a mis en place des projets pilotes avec des établissements locaux afin de créer des classes bilingues au sein de l’Education britannique. Grâce à ces expériences, il veut établir un modèle qui sera facile à dupliquer dans tous les pays de sa circonscription, sans grever les budgets des familles ou de l’Etat. Une idée qui a le mérite aussi de s’inscrire dans une démarche globale pour faire rayonner la francophonie.
Défendre les Français de l’étranger
En fin de podcast, Artus Galiay revient sur la nomination de l’ancienne Ambassadrice de France, Catherine Colonna, au poste de ministre des Affaires étrangères. L’occasion pour lui de dévoiler sa pensée sur les liens entre les expatriés, la francophonie et le commerce extérieur qu’il voudrait voir réunis dans un même portefeuille au service de la défense des Français de l’étranger.
Enfin, on conclut ce podcast en revenant sur la Présidentielle qui a vu la candidate des LR, Valérie Pécresse, être sanctionnée par une défaite sévère. Comment dans ces conditions exister à l’assemblée et arriver à réaliser les projets annoncés ? Avec réalisme, Artus Galiay sait qu’il devra travailler depuis les bancs de l’opposition mais pour lui l’intérêt général primera et il compte sur son expérience de « régulateur financier » pour transformer ses projets en réalisations. Et dans cette tâche, il sera aidé par Khadiatou Diallo. Artus Galiay la connait depuis près de 10 ans, cette Franco-Britannique est une vraie entrepreneuse dans l’âme, avec de beaux projets mettant en valeur le « Made in France ».
« Je suis française et britannique, j’aime mes deux pays, et je souhaite renforcer les liens économiques entre eux, notamment à travers la promotion des produits et marques « Made in France » et « Made in UK ». Les entrepreneurs ont un rôle vital à jouer pour reconstruire l’amitié franco-britannique. »
Comme il est tentant, facile, lucratif, de s’affranchir du droit. D’autant que le droit, s’immisce, s’insinue, se politise, se travestit. Le droit, on peut en faire n’importe quoi. Les juges ne sont pas toujours de bons juges. En Iran, il aide à pendre. En Russie, il ferme les journaux. Ici et là, à enfermer, briser, brimer, asservir. Le droit n’est alors que le masque transparent de la force. Et le pouvoir d’affirmer qu’il ne fait qu’appliquer la loi. C’est pourtant simple : la loi, quand elle sert le Prince, n’est qu’abus de pouvoir. Il en est d’évidents, dans les régimes « illibéraux » ; il en est mille, aussi, dans les démocraties, quand la règle sert l’administration au désavantage du citoyen.
L’Etat de droit, contrairement à une idée simpliste, ce n’est pas la simple application du droit par l’Etat, mais la soumission, de l’Etat, du pouvoir, au droit : primauté du droit.
Le législateur, fût-il le peuple, ne peut faire ce qu’il veut.
Par exemple, en France, Etat de droit, un referendum ratifié par le peuple souverain, confiant tous les pouvoirs au chef d’Etat-Major des armées ou à l’archevêque de Paris, serait illégal. Parce qu’il existe un ensemble de normes, un bloc de constitutionalité -dont la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen- qui s’impose à toutes les règles de droit. Le Législateur, fût-il le peuple, ne peut faire ce qu’il veut. S’il était une définition du populisme, ce serait celle-là : le peuple peut faire ce qu’il veut, même changer les principes fondamentaux du droit.
Dans la hiérarchie des normes, les traités internationaux sont supérieurs aux lois. Que vaudrait un traité si une simple loi pouvait l’ignorer ? Pour sortir d’un traité, il faut le dénoncer.
Dans le cas des violations de traités, le principe est de faire semblant de ne pas l’avoir fait. Pourtant, personne n’est dupe. Si, par exemple, la France envahissait le Val d’Aoste ou Genève et y organisait un référendum d’adhésion à la République, il ne serait pas reconnu légitime pour autant par la communauté internationale. L’invasion de l’Ukraine par la Russie viole au moins cinq traités et autant de Conventions internationales, ainsi que trois chartes (celles des Nations Unies, celle de l’OSCE, et celle du Conseil de l’Europe).
S’affranchir du droit au nom du peuple, de la nation, de l’histoire, de mille devoirs.
Respecter le droit, soit, quand on ne peut faire autrement. Sinon, s’en affranchir, au nom du peuple, de la nation, de l’histoire, de mille devoirs. C’est ainsi que pensent beaucoup de dirigeants, et beaucoup leur donnent raison. Poutine, bien sûr, mais pas seulement. Dans tous les pays, la tentation est permanente. Y compris aux Etats-Unis, en Europe, en France. Dans cette campagne législative, les opposants les plus radicaux proposent de désobéir au droit européen (Nouvelle alliance populaire) ou de le suspendre (Rassemblement National).
Peut-on déroger aux règles européennes, quand on est membre de l’UE ? On peut. Comme on peut voler, tuer, ou tout autre méfait de moindre importance. Au risque, pour l’Etat hors cadre, d’être assez mal vu et d’être sanctionné. Dans l’UE, généralement, après plusieurs mises en garde, l’Etat récalcitrant se met en règle. Ce fut le cas, par exemple, pour le paiement de la CSG par les Français de l’étranger. Finalement, la France a respecté le droit européen, qui n’était que le droit du bon sens, le droit du citoyen contre l’Etat. Normalement, un Etat respectueux de l’Etat de droit n’aurait pas eu à attendre un jugement. Comme il ne devrait pas attendre de l’appliquer aux citoyens non-européens.
Est-il possible de déroger aux règles délibérément, sans montrer la moindre volonté de les respecter ?
En Europe, lorsque l’Etat en question est trop gros, comme la France, l’Allemagne ou l’Italie -voire trop faible, comme la Grèce- on trouve des délais. Les fameux accords de Maastricht, censés imposer des règles de bonne conduite budgétaires, sont dépassés depuis des lustres par plusieurs pays, dont la France.
Est-il possible de déroger aux règles délibérément, sans montrer la moindre volonté de les respecter ? La Pologne et la Hongrie l’ont fait. La Pologne a été sanctionnée pour une loi qui remet en cause l’indépendance des juges, ensuite pour avoir remis en cause la primauté du droit européen, enfin pour le maintien en activité d’une mine de charbon, contrairement aux engagements pris. Des sanctions budgétaires ont été décidées, avec un prélèvement direct. Idem pour la Hongrie, qui voit les fonds européens suspendus après avoir été condamnée plusieurs fois par la Cour de Justice Européenne.
Dans le cas de la France, si un gouvernement s’affranchissait des règles de droit européen, rejetait la primauté du droit européen, ce serait sans doute la fin de l’Union Européenne, car on imagine mal l’Union Européenne sans la France. Mais imaginer la France sans l’Union européenne n’est pas un tableau très heureux. C’est pourquoi ceux qui veulent s’affranchir de l’Europe, qui ont toujours été contre, ne disent pas qu’ils veulent la quitter, seulement s’affranchir de quelques règles, de la primauté du droit européen, des traités.
Tous les jours le droit meurt. Tous les jours, il obtient des victoires.
A regarder de plus près encore, l’application de leur programme imposerait aussi des changements radicaux dans la hiérarchie des normes : sous couvert de libérer le peuple, commencer par outrepasser les droits des citoyens. Cela n’est pas si difficile : la crise de la Covid a montré un degré d’acceptation des contraintes, un silence des plus hautes magistratures, une inutilité des assemblées qui témoigne de cette capacité d’obéissance quand elle est présentée de façon habile et impérieuse. Pour résoudre les problèmes de pénurie – santé, école, logement, eau, air pur, emploi- ne faudrait-il pas réquisitionner, punir les récalcitrants, imposer un droit qui serait, sous couvert d’être au service de tous, le droit de l’Etat, du pouvoir seul au nom de l’efficacité?
Tous les jours le droit meurt. Tous les jours, il obtient des victoires. Le principal narcotrafiquant colombien a été expulsé vers les Etats-Unis. Le Président hondurien, qui s’était souvent assis sur la constitution, a quitté le palais présidentiel pour la prison, puis a été expulsé, pour blanchiment et narcotrafic. L’ancien Premier ministre bulgare a été condamné pour corruption.
La Russie viole les conventions ? Un soldat russe comparait devant un tribunal pour crime de guerre. 32 enquêteurs de la CPI sont en Ukraine pour enquêter sur ces crimes. En Afrique, Alpha Condé, l’ex-Président, renversé en septembre par une junte, devait comparaitre avec trente autres responsables, pour « assassinats, tortures, enlèvements ». Pour des « raisons humanitaires » et « médicales », la junte l’a autorisé à quitter le pays, mais en conformité avec le droit : la politique a ses devoirs, le droit ses faiblesses.
Quel type de droit l’emportera, parmi les logiques que sous-tendent les traditions juridiques ?
Le cimentier Lafarge est mis en examen pour complicité de crimes contre l’Humanité en Syrie. Le groupe, qui a poursuivi ses activités en Syrie pendant la guerre, aurait versé plusieurs millions d’euros à des groupes terroristes. La Californie a ouvert une enquête sur les responsabilités de l’industrie pétrochimique dans la pollution plastique. C’est reconnaitre de nouvelles responsabilités derrière celles des Etats, avec les risques et les chantages que cela comporte.
Les batailles du droit, parfois déroutantes, sont universelles. Individuelles, locales, planétaires, il s’agit d’enjeux de civilisation. Quel type de droit l’emportera, parmi les systèmes et les logiques que sous-tendent les traditions juridiques ? Jusqu’où peuvent s’appliquer les « extraterritorialités », le droit international ? Les compagnies maritimes connaissent bien ce jeu. Droit de la mer, droit de l’espace, droit des données, droit bancaire…
Evidemment, si on décide de ne pas respecter le droit, la question se pose peu. Mais on ne peut éviter qu’il revienne. Quand la Russie coupe Facebook, vingt millions de Russes utilisent un VPN ou vont sur le Darkweb. Zone hors droit. L’absence de droit ouvre la porte au non-droit, espace hors la loi, espace aussi de liberté, d’où son succès. Les Etats, afin de ne pas saper leur propre légitimité, doivent faire attention à ne pas multiplier les bandits.
Quand les Etats sont voyous, les citoyens ne sont pas tenus de les respecter.
Au bord de l’eau, un des plus fameux romans chinois, met en scène une corporation de bandits, devenus tels parce qu’écœurés de la corruption des grands. Qu’est ce qu’ils inventent ? Des règles. Chassez le droit de la loi, il reviendra autrement. Quand les Etats sont voyous, les citoyens ne sont pas tenus de les respecter.
Le pire crime des Etats voyous est d’obliger les citoyens à tricher pour leur échapper. Il ne s’agit pas de théorie ou de principes. Chaque détenteur d’une autorité, d’un tampon, devrait se poser la question de ce qu’il fait de son pouvoir : incite-il par son action au respect de la loi par le citoyen, ou à son mépris ? En matière fiscale, sociale, civile, l’application réglementaire ne suffit pas. La délivrance d’un passeport, par exemple, est un droit, non une faveur de l’Etat. La réponse, y compris au téléphone, à une inscription dans une école, un visa, une déclaration d’impôts, de même. Ou bien un logarithme remplacerait les Consulats.
Respect des traités, droit européen, hiérarchie des normes, respect des personnes : tout se tient, il y a une chaine invisible du mépris, des affranchissements des règles, au nom d’on ne sait quelle supériorité, qui n’est la plupart du temps que celle de l’envie : Libido dominandi, du tyranneau au tyran. L’aspiration à la justice est elle aussi universelle.
Le roi est mort, vive le roi, disait-on. Dans l’Etat de droit, rule of law, règne la loi : le droit est mort, vive le droit !
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press