Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Le débat entre les candidats des Législatives à Londres

    Le débat entre les candidats des Législatives à Londres

    Ce mercredi 25 mai 2022, à Portland Hall, à l’Université de Westminster en plein centre de Londres, a eu lieu le débat des élections législatives organisé par nos confrères du French Morning London

    Six candidats aux élections législatives au poste de député des Français d’Europe du Nord étaient sur scène. Il s’agissait de Artus Galiay (candidat des Républicains, UDI et des Centristes), Laurence Helaili-Chapuis (Conseillère des Français de l’Etranger en Irlande, Présidente du Conseil Consulaire et élue AFE Europe du Nord), Charlotte Minvielle (Candidate EELV et NUPES), Margaux Darrieus (Candidate Reconquête !), Willy Begon (Candidat Rassemblement National), Alexandre Holroyd (Député sortant et candidat Ensemble ! majorité présidentielle). Notre média Lesfrancais.press était sur place au milieu d’une centaine de personnes. 

    Le débat était divisé en quatre thématiques : les questions internationales, l’économie, l’environnement et les questions locales.

    Chaque candidat(e) avait un temps de parole pour présenter les grandes lignes afin de défendre son programme sur chacun des sujets.

    Photo de couverture de l’article du French Morning London ©French Morning London 2022

    “Sans l’implantation locale, rien ne peut se passer…”

    Nicolas Hatton, le fondateur du groupe The3million et qui est le suppléant de Laurence Helaili-Chapuis au Royaume-Uni, a déclaré que “que c’est bien de débattre sur des sujets importants. Nous voyons bien qu’il y a  une différence entre le rôle de l’élu(e) qui a une implantation locale comme Laurence, et les autres qui n’en ont pas. Nous sommes sur une position centriste. C’est assez consensuel. Sans l’implantation locale, rien ne peut se passer, car il faut accompagner des gens sur place. Il faut penser par exemple à l’application des lois comme les chèques FLAM pour l’éducation. Je suis fier pour cette élection importante, que nous puissions avoir une voix en tant qu’indépendants et pouvoir exister. Ça, c’est la démocratie et c’est beau. Nous verrons qui gagnera. Quel que soit le député, il faudra accepter le résultat, il sera le député de tous les Français de l’étranger.”

    “Notre candidate avait des réponses très claires.”

    Dans la salle se trouvait l’élu EELV et Conseiller des Français de l’étranger pour le Royaume-Uni, Rémi Vazeille. Il a trouvé le débat “riche en termes de contenu. Le temps de parole n’était pas respecté, mais notre candidate a quand même réussi à marquer des points, elle avait des réponses très claires, argumentées avec des statistiques. Je pense qu’elle a réussi à faire passer les messages. Nous essayons de toucher la cible des abstentionnistes comme les jeunes, des jeunes dans notre équipe de campagne font du tractage par exemple dans leurs universités. Par ailleurs on s’adresse à des gens qui ont des problèmes de retraite. Nous avons fait un webinaire sur la protection sociale. Notre candidate représente beaucoup d’électorats qui ne s’additionnent pas de manière naturelle. Il faut essayer d’avoir ce discours qui englobe tout le monde.” 

    En effet, la candidate de NUPES, Charlotte Minvielle, a trouvé que “c’était un bon exercice démocratique, ça nous a permis à tous de raffermir nos priorités nationales et locales et de dénoncer le bilan du gouvernement d’ Emmanuel Macron et du député sortant, Alexandre Holroyd, en termes d’écologie et de justice sociale.” La candidate de NUPES veut raffermir ses valeurs pro européennes, écologistes et de justice sociale, pour une société plus inclusive et tournée vers l’avenir. 

    “Alexandre Holroyd avait un travail difficile…” 

    Pour Patricia Connell, Conseillère des Français de l’étranger (Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord) de La République En Marche, le débat “était très bon. Le niveau était plutôt élevé, ce qui m’a surprise d’une certaine manière. Chaque candidat s’est retranché sur ses positions. J’ai trouvé qu’Alexandre Holroyd a fait un travail vraiment exceptionnel. Il avait un travail difficile puisqu’il est le député sortant, donc il devait défendre à la fois son mandat précédent et en même temps exposer son programme. C’est la cible à abattre dans ce type de débat. Mais il a montré le travail qu’il a effectué et à quel point il était excellent. Le thème sur la dématérialisation m’a interpelé et c’est quelque chose sur lequel nous travaillons depuis des années, en essayant de pousser le ministère de l’Intérieur dans cette voie. Nous testerons la dématérialisation au Canada et au Portugal. Alexandre l’a dit et c’est vrai : ça va changer notre vie. Entre-temps nous avons des problèmes dans nos consulats de par le monde, même au Royaume-Uni alors que nous avons la dématérialisation des passeports. Ils ont une queue absolument effroyable de gens qui attendent leur passeport. Nous en parlions avec le consulat récemment. 25 000 titres ont du retard. Deux ans de Covid qui fait que 25 000 titres n’ont pas été traités. Si les gens ont voté pour Emmanuel Macron, je crois qu’il est très important de pouvoir soutenir son programme et pour ça il faut voter pour notre député sortant Alexandre Holroyd. Emmanuel Macron a montré qu’il avait pu pendant ces années extrêmement difficiles s’en sortir d’une manière ou d’une autre. C’est vrai que l’écologie va être le fil conducteur des prochaines années. D’ailleurs il l’a dit et a mis en place des gens très compétents comme la ministre Amélie de Montchalin. La Première ministre va être chargée d’assurer cette direction.”

    Un premier débat pour le mouvement Reconquête ! 

    Margaux Darrieus, la candidate de Reconquête !, a trouvé “que le débat était très bien structuré. Et toutes les thématiques centrales ont été abordées, ce qui m’a permis dans mon cas de m’exprimer sur ces sujets, alors que probablement les Français me connaissent moins. Il y a eu ‘un bon esprit. Nous avons pu échanger sur le fond. Je suis très satisfaite d’avoir pu participer à ce débat. J’espère que les Français seront nombreux à le regarder en replay.” 

    Les élections législatives se dérouleront du 27 mai au 1er Juin 2022 (en ligne) pour le premier tour et du 10 au 15 juin pour le second tour et les 5 et 19  juin (à l’urne). 

    Intervention d’Artus Galiay

  • Taux de cotisation à la retraite : Borne cède aux syndicats

    Taux de cotisation à la retraite : Borne cède aux syndicats

    Le décret relatif à la hausse du taux de cotisation des fonctionnaires détachés à été abrogé. Une résolution qui arrive suite à la forte mobilisation du personnel détaché et des élus locaux comme des parlementaires.

    Un décret en catimini ?

    Le gouvernement Castex sur le départ, avait publié, discrètement, un décret modifiant le taux de cotisation à l’assurance retraite des fonctionnaires détachés à l’étranger depuis le 01 mai 2022. La ponction sur le salaire brut passait ainsi de 11% à 27%, soit un gap de 16 points. Une mesure qui ne semblait pas prendre en compte les promesses d’actions pour le pouvoir d’achat des Français faites par Emmanuel Macron et les candidats à la députation. Face à la mobilisation générale, la Première ministre, Elisabeth Borne, qui hérite donc du dossier brûlant, a décidé de botter en touche en reléguant la mise en application en septembre.

    Une mobilisation inédite à la Mission laïque française

    Le 24 mai dernier, le personnel de la Mission laïque française s’est fortement mobilisé suite à la parution du décret n° 2022-705 du 26 avril 2022, élevant la part de cotisation de tous les fonctionnaires, dont les professeurs détachés, à la retraite à 27%, contre 11% avant.

    Face à cette hausse « surprise », les professeurs et administrateurs des établissements français à l’étranger ont fait grève à travers tout le réseau, avec à certains endroits un pic de 100% de participation.

    Des parlementaires réactifs

    Dans le même temps, les parlementaires tels que le député de la IV circonscription des Français de l’étranger Pieyre-Alexandre Anglade et la sénatrice Samantha Cazebonne (ancienne proviseur de lycée) ont saisi le gouvernement afin de faire abroger ledit décret.

    Publication sur Facebook de la sénatrice Samantha Cazebonne le 21 mai 2022

    Comme nous l’avait certifié un proche collaborateur du député de la IVème circonscription, un texte correctif est paru dans les 48h suivant la mobilisation.

    « Je me suis mobilisé dès l’annonce de ce décret pour que nos enseignants à l’étranger ne soient pas pénalisés. J’ai été entendu avec mes collègues de la majorité. Le décret a été abrogé et tout a été remis à plat. »

    Pieyre-Alexandre Anglade, député de la IVème circonscription des Français de l’étranger

    Effectivement, dans le nouveau décret paru dans le Journal Officiel du jeudi 26 mai, il est stipulé que les personnels détachés de la fonction publique ne verront pas leur part de cotisation retraite augmenter dans l’immédiat. Par contre tous les nouveaux détachés à partir du premier octobre 2022 seront concernés, les professeurs débutant en septembre 2022 se seront donc pas impactés.

    Un gain de temps

    Si l’abrogation du décret n’est en soit pas une victoire car la hausse de la cotisation est seulement repoussée d’un an, elle est un gain de temps. Effectivement, le droit français doit s’accorder au droit européen, et cela signifie une augmentation significative de la part retraite.

    Seulement pour le corps détaché de la fonction publique et les élus de la République, il n’est pas question de l’ajuster à 27%, car cela aurait des retombées importantes. En effet, soit cela impacterait fortement le pouvoir d’achat du corps détaché de la fonction publique, soit cela toucherait les établissements français à l’étranger et les parents d’élèves, comme nous l’expliquait Jean-Marc Merriaux, car il faudra la participation de ceux-ci pour maintenir le niveau des vie des professeurs.

    De cette manière, les élus ont quelques semaines pour trouver un juste milieu qui puisse convenir à tout le monde, aux professeurs mais aussi à tous les nouveaux autres fonctionnaires qui seront eux bien touchés dès le 01 octobre 2022. Pour l’heure, nous n’avons aucune indication de la voie qu’ils comptent prendre…

    Télécharger ou consulter le Décret correctif n°2022-824 du 25 mai 2022

  • Nouveau gouvernement : victoire en demi-teinte pour la French Tech

    Nouveau gouvernement : victoire en demi-teinte pour la French Tech

    Si la tech française se réjouit que la « souveraineté numérique » fasse son entrée dans le portefeuille d’un superministère de l’Économie, elle regrette qu’aucun secrétaire d’État, point de contact privilégié pour l’écosystème, n’ait été nommé pour succéder à Cédric O.

    Ministère du Numérique de plein exercice ou « simple » secrétaire d’État ? La question divisait l’écosystème et les candidats à la présidentielle.

    D’un côté, une partie d’entre eux estimait qu’il était temps que le numérique dispose de son propre ministère et de son propre budget, tant le sujet avait pris une importance capitale et revêtait une certaine transversalité. Pour d’autres, il s’agissait d’un non-sujet et il faisait même sens que ces enjeux puissent bénéficier de l’administration de Bercy ou de ceux de Matignon.

    L’ancien secrétait d’État lui-même, Cédric O, alors chargé de la « transition » numérique, penchait en faveur de cette seconde option, ne voyant pas l’intérêt de créer un ministère de plein exercice, au-delà de l’« importance symbolique ». « Je pense que l’écosystème surestime la question institutionnelle », déclarait M. O quelques semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle.

    « Si je devais avoir un souhait, ce serait de faire en sorte qu’il y ait un grand ministère de l’Économie et de la Technologie qui ait l’ensemble des pouvoirs sur ces éléments et qui ait la puissance de l’administration de Bercy », précisait-il alors. Et il semblerait que son vœu ait été exaucé.

    Après des semaines d’attente et d’espoir, les entreprises françaises du numérique ont eu une réponse vendredi (20 mai) avec la présentation du nouveau gouvernement.

    Bruno Le Maire a été reconduit à son poste de ministre avec un nouvel intitulé : « ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique », illustrant ainsi la volonté du président réélu, Emmanuel Macron, de mettre l’accent sur l’autonomie et l’indépendance française et européenne en la matière.

    « La souveraineté industrielle & numérique a donc son ministre d’État, au 1er rang protocolaire : excellente nouvelle ! », s’est réjoui sur Twitter Yann Lechelle, patron de Scaleway, fournisseur français de cloud.

    « C’est un signal positif », reconnaît Maya Noël, directrice générale de France Digitale, la première organisation de startups en Europe, réunissant entrepreneurs et investisseurs du numérique français.

    « Ça prouve que le numérique et les startups, en particulier, sont au cœur de l’économie », déclare-t-elle à EURACTIV. Quant à la notion de souveraineté, Mme Noël y voit également une bonne chose, « à condition que cela soit associé à une logique de montée en puissance et pas de repli sur soi ».

    France Digitale faisait partie des organisations appelant à la création d’un ministère de plein exercice pour le numérique, pas « comme une fin en soi » mais pour que ces enjeux soient bien représentés au niveau interministériel, explique-t-elle, reconnaissant que cela n’avait pas empêché Cédric O de porter ces discussions au plus haut niveau.

    Vers un secrétariat d’État au numérique ?

    Seule ombre au tableau pour l’écosystème français, l’absence, pour l’heure, d’un secrétaire d’État dédié qui agirait comme un interlocuteur direct pour les entreprises de la tech, comme le faisait M. O, qui avait annoncé début mars mettre fin à sa carrière politique pour retourner dans le privé.

    Compte tenu du nouveau portefeuille élargi de M. Le Maire, la directrice générale de France Digitale serait « étonnée » que personne ne soit nommé dans les semaines à venir pour reprendre cette fonction. « On est dans l’expectative », confie-t-elle.

    Tous les regards sont désormais tournés vers les élections législatives, les 12 et 19 juin prochain, qui donnent traditionnellement lieu à un remaniement technique du gouvernement et qui pourrait voir émerger une nouvelle personne pour prêter main forte à Bruno Le Maire sur les enjeux du numérique.

  • Meyer Habib : « D’abord, je suis un député libre et indépendant. »

    Meyer Habib : « D’abord, je suis un député libre et indépendant. »

    Les électeurs des pays méditerranéens de la 8ème circonscription des Français de l’étranger sont sollicités par 13 candidats. Parmi ces derniers émergent Deborah Abisror pour Ensemble ! (L’alliance autour d’Emmanuel Macron) et Meyer Habib, député sortant pour l’UDI et qui se présente pour un troisième mandat au nom des Républicains et ses alliés (UDI et Nouveau centre).

    A quelques heures de l’ouverture de l’urne électronique ce vendredi 27 mai à 12h (heure de Paris), nous avons rencontré Meyer Habib pour faire le point sur son mandat, la situation des expatriés et l’élection.

    Meyer Habib lors d’une commémoration du 11 novembre en 2021 à Paris, place de l’étoile

    7 questions à Meyer Habib

    Lesfrancais.press : Vous êtes le député sortant de la circonscription, quel bilan faites-vous de l’action gouvernementale et plus largement d’Emmanuel Macron ces 5 dernières années pour les Français de l’étranger ? 

    Meyer Habib : Coupes budgétaires, matraquage fiscal, différence de traitement lors de la crise de la Covid par rapport à la Métropole, les Français de l’étranger ont été hélas les grands oubliés de ce quinquennat.

    Sur le plan fiscal : seul député des Français de l’étranger reconduit en 2017, j’ai été le seul à défendre en 2018 la suppression de la CSG-CRDS sur les revenus du patrimoine des Français de l’étranger lors de l’examen du PLF 2018, que j’ai finalement obtenue pour les Français de l’UE. 

    Je ne comprenais pas comment les onze autres députés des Français de l’étranger, fraîchement élus et appartenant tous à la majorité, n’avaient pas voté mes amendements contre cette injustice. L’assujettissement des non-résidents à cet impôt est fondamentalement injuste et illégal. Il frappe les revenus du patrimoine de personnes ne bénéficiant pas du système de protection sociale qu’il finance.

    Dans un second temps, dès 2018, la hausse de la cotisation d’assurance maladie sur les pensions des retraités de 1.7% a été très mal vécue par nombre de nos compatriotes à l’étranger, qui pour beaucoup ne sont ni des rentiers ni des nantis, mais des retraités modestes dont le pouvoir d’achat n’a cessé de baisser ces dernières années. 

    Beaucoup plus grave, si je ne m’étais pas battu contre la réforme fiscale de 2018, elle aurait abouti à faire payer 40% d’impôts aux retraités vivant à l’étranger ! 

    Plus encore, la suppression de la couverture médicale aux retraités n’ayant pas 15 ans de cotisation est intolérable et porte une grande atteinte à leurs droits. Notre combat a obligé la majorité à baisser cette durée à 10 ans, combat que je continuerai à mener !

    Sur le plan administratif, la dématérialisation de l’administration, plébiscitée par la majorité, aura hélas contribué à couper souvent les liens entre la France et nos compatriotes de l’étranger. 

    Les suppressions de postes consulaires et le manque de ressources humaines sont préjudiciables pour nos compatriotes qui doivent souvent prévoir un an à l’avance le renouvellement de leur passeport, parfois sans succès.

    Autre déception, sur le plan budgétaire, le Gouvernement a décidé de baisser l’aide allouée aux bourses scolaires et à l’AEFE dès la première année du quinquennat. Un rabot de 128 millions d’euros contre lequel je me suis battu bien trop seul dans l’hémicycle. 

    Ceci étant, comprenant l’incroyable assujettissement des Français d’Europe à la CSG-CRDS, le gouvernement a suivi mes recommandations en 2018. L’image de la France dans le monde s’est améliorée sous ce quinquennat.

    Lesfrancais.press : Vous avez combattu le dispositif limitant les voyages vers la France à des motifs impérieux pendant la pandémie qu’Olivier Véran avait imposé. Que pensez-vous du choix de Renaissance de vous opposer son ex cheffe de cabinet, Deborah Abisror ? 

    Meyer Habib : Ces dispositions étaient souvent difficiles, voire inhumaines dans certains cas, pour nos compatriotes éloignés de leurs proches et qui avaient plus que jamais besoin de la solidarité de leur pays. 

    J’ai demandé au Gouvernement la conversion des passes vaccinaux des résidents non-européens afin de faciliter leurs voyages en France, que j’ai obtenue après plusieurs mois de débats

    Je n’oublierai jamais le début de la pandémie et les messages de tous ces Français à l’étranger qui me demandaient d’obtenir un laisser-passer pour voir des parents malades ou assister notamment aux funérailles de leurs proches en France. Ces souvenirs m’ont bouleversé mais nous ont permis de nous rapprocher.

    Quant à Deborah Abisror, je ne la connais pas. Elle était comme tout chef de cabinet en charge des rendez-vous, de la logistique et de l’agenda.

    Je sais qu’elle appartient à une famille politique qui a matraqué fiscalement les Français de l’étranger.

    Lesfrancais.press : A droite, il y a un autre candidat, il se réclame d’Horizons, le parti d’Edouard Philippe, José Garson, que dites-vous à ceux tentés de rejoindre ce parti censé faire le pont entre la majorité et la droite classique ?  

    Meyer Habib : Je ne le connais pas. Je crois qu’il a fait moins de 1% en 2012 dans la 10ème circonscription. Il est tenace. 

    Je leur dis que je suis le seul candidat de la droite républicaine et du centre. 

    Je suis le seul candidat libre !  En 1872, Léon Gambetta appelait déjà de ses vœux des candidats libres pour représenter des hommes libres dans la recherche du bien de la France.

    Je milite pour une droite indépendante et républicaine à l’Assemblée, qui ne se soumet pas automatiquement aux décisions du Gouvernement par la signature d’une charte qui restreindra la liberté des parlementaires. Je serai un député libre, indépendant et constructif.

    Si le gouvernement taxe encore les Français de l’étranger, Monsieur Garson comme Madame Abisror seront prisonniers de ces choix et ne pourront pas défendre les Français de la circonscription. Comme à l’époque, les 10 députés de la majorité représentant des Français de l’étranger n’ont pas voté la suppression de la CSG- CRDS.

    Lesfrancais.press : Toujours plus à droite, il y a le candidat Reconquête Serge Siksik. N’est-ce pas votre vrai challenger au vu des résultats en Israël d’Eric Zemmour ? Un haut score pourrait vous empêcher d’accéder au second tour ? 

    Meyer Habib : Eric Zemmour a obtenu un très bon score à l’élection présidentielle en Israël parce que beaucoup de Français d’Israël sont inquiets de la montée de l’islamisme en France mais aussi remontés vis-à-vis de la politique étrangère de la France.

    Pour autant, si je ne connais pas Serge Siksik, je connais très bien Eric Zemmour avec qui j’ai grandi. Nous étions dans la même école à Lucien de Hirsch.

    On ne peut réhabiliter le Maréchal Pétain comme il l’a fait, on ne peut faire un parallèle abject entre les Sandler et leur bourreau parce que la famille décide d’enterrer ses proches en Israël. On ne peut pas accepter que la République islamique d’Iran possède un jour la bombe nucléaire.  Nous sommes inquiets de Poutine alors imaginez une bombe atomique islamique.

    On ne peut pas gommer à ce point ses origines et ses racines. 

    Lesfrancais.press : Cette fois la gauche y va unie autour Isabelle Rivolet. Une candidate basée à Rome avec un parcours humanitaire fort qui pourrait séduire les électeurs en Italie ou en Turquie. Le jeu est très ouvert pour cette élection, restez-vous confiant ?  

    Meyer Habib : Aucune élection n’est gagnée d’avance. Je reste mobilisé, déterminé. Mais j’ai tissé des liens très forts avec les électeurs de la circonscription en 9 ans.

    Je suis profondément écologiste, député UDI parti de Jean-Louis Borloo et du Grenelle de l’Environnement, mais vert à l’extérieur et rouge à l’intérieur comme la pastèque ! 

    Rapporteur de la mission sur les pôles, ma visite pendant une semaine au Pôle nord m’a bouleversé. La protection de l’environnement est la grande cause de ce siècle.

    L’union de la gauche s’est faite autour de la radicalité et de l’extrême gauche, les Français rejetteront cette alliance dangereuse aux positions proches des milieux islamistes.

    Lesfrancais.press : Alors faisons un peu de politique fiction, vous êtes bien réélu le 19 juin, quelles sont vos ambitions pour vos compatriotes pour votre prochain mandat ?  

    Meyer Habib : Mon premier chantier sera de faire bénéficier aux retraités non-résidents le chèque inflation de 100 euros que 38 millions de résidents ont perçu en décembre dernier.

    J’ai écrit une lettre au ministre Bruno Le Maire, un ami de très longue date que j’ai amené en Israël, en ce sens. 

    Je continuerai mon engagement pour exonérer de CSG sur le patrimoine les Français hors Europe.

    Je continuerai, comme je le fais depuis plusieurs mois, à lutter contre le scandale qui touche les retraités français en Italie. Des retraités français résidant en Italie et percevant des pensions françaises versées dans le cadre de régimes obligatoires sont redressés par le fisc italien sur leur retraite française en sus de leur imposition française, le tout assorti de sanctions et d’intérêts sur les 5 dernières années ! 

    Je me battrai pour obtenir un statut de résidence d’attache en France pour que les Français de l’étranger bénéficient des mêmes droits que sur une résidence principale.

    Je me battrai pour l’effectivité du droit au compte pour que les Français de l’étranger bénéficient de comptes en banques et de services bancaires dans les banques françaises.

    Je continuerai de me mobiliser pour l’équivalence des diplômes, la reconnaissance bilatérale des permis de conduire, la renégociation des conventions fiscales entre la France et l’Italie, l’augmentation des bourses scolaires, etc.

    Lesfrancais.press : Pour finir, quels seraient les 3 arguments pour voter Meyer Habib dès ce vendredi 27 en ligne ou le 05 juin à l’urne ?

    Meyer Habib : D’abord, je suis un député libre et indépendant. 

    Qui dira oui à Emmanuel Macron et votera avec le Gouvernement quand j’estime que leurs décisions sont bonnes pour la France. Comme je l’ai fait ces dernières années, notamment lorsque j’ai été le premier député à voter le pacte de responsabilité d’Emmanuel Macron en 2016, il m’a d’ailleurs remercié.

    Capable de dire non et de m’y opposer fermement lorsqu’elles vont contre les intérêts et les droits de mes électeurs. Je connais personnellement très bien le Président, qui m’a demandé de l’accompagner à des rencontres bilatérales au plus haut niveau, et l’ensemble du Gouvernement. J’entretiens des relations amicales notamment avec les ministres de l’Economie, de la Défense et de l’Intérieur.

    Ensuite, l’expérience. Je connais parfaitement ma circonscription et les problématiques rencontrées par nos compatriotes qui sont nos ambassadeurs du quotidien. J’ai travaillé pendant neuf ans à leur service, ai été à leur côté durant la crise sanitaire, palliant les carences des Consulats. 

    Enfin, la proximité. Je suis proche de mes électeurs parce que je leur ressemble et je peux donc les comprendre. Parfaitement trilingue, ingénieur diplômé de l’école Polytechnique Technion de Haifa, chef d’entreprise, mon parcours ressemble à beaucoup de ceux de nos compatriotes à l’étranger qui reconnaissent en moi un ami, un proche. Les liens que nous avons créés en neuf ans ne sont comparables à aucun autre candidat.

    Je les remercie de leur soutien et s’ils m’élisent je continuerai à être le député de tous, ceux qui ont voté pour moi, mais aussi ceux qui ne l’ont pas fait.

  • Ouverture des urnes électroniques pour le premier tour des élections législatives

    Ouverture des urnes électroniques pour le premier tour des élections législatives

    Ce vendredi 27 mai 2022 à 12h, heure de Paris, les urnes électroniques vont être ouvertes dans les 11 circonscriptions des Français de l’étranger. Vous pourrez donc voter par internet, via le dispositif mis en place par l’administration consulaire avec le soutien de Docapost, la filiale spécialisée du groupe La Poste, jusqu’au 1 juin à 12h, heure de Paris.

    Un dispositif de vote en ligne simple mais…

    La procédure mise en place par La Poste est assez simple, vous recevez un identifiant par mail et un mot de passe par SMS (même sur un téléphone non français) puis il suffit de se connecter à la plateforme. L’adresse email et le numéro de téléphone sont ceux que vous avez fournis lors de votre inscription au registre consulaire et à la liste électorale. Il était possible jusqu’au 31 mars de mettre à jour ces coordonnées via le site du consulat auquel vous êtes rattaché(e). On détaille pour vous la procédure ci-dessous.

    1. Vote depuis le site « France Diplomatie » ;
    2. Sélection de l’onglet « Vote à l’étranger » ;
    3. Sélection de la circonscription pour le vote ;
    4. Sélection du pays de rattachement pour le vote ;
    5. Redirection vers la page concernée, avec en accès sur cette dernière, les bulletins de vote et les pdf des candidats par listes déposées ;
    6. Sélection alors de la modalité de vote en ligne ;
    7. Enfin, redirection sur la page en question pour se connecter à l’espace de vote.
    8. Indiquez votre login et votre mot de passe
    9. Voter

    … L’administration s’est encore trompée

    Cependant, vous avez dû recevoir deux identifiants et deux mots de passe. Comme pour la présidentielle, la direction de l’administration des Français de l’étranger a fourni une première liste mise à jour au 31 décembre 2021 pour la phase de test puis n’a pas transmis à la filiale de La Poste (selon un cadre de Docapost) la liste actualisée au 31 mars 2022. Cette dernière mouture comprenait les coordonnées des électeurs mis à jour.

    Conclusion, l’envoi réalisé le lundi 23 mai est caduque. Un second envoi a, donc, été réalisé aux bons contacts (mails et téléphones) le 25 mai avec les codes qui seront donc valables pour le vote en ligne. Les premiers codes ne sont pas valables pour voter.

    Les résultats

    Si le vote commence dès ce vendredi 27 mai pour se clôturer en ligne le 01 juin, les résultats resteront secrets jusqu’au 5 juin. A cette date, après le décompte des urnes physiques, les votes collectés via internet seront ajoutés à ceux validés par les scrutateurs dans les différents bureaux de vote. Les résultats seront connus le soir même ou le lendemain.

    Le second tour

    En effet, dès le 06 juin, c’est le début de la campagne du second tour qui verront s’opposer les deux candidats ayant obtenu le plus de voix (il peut avoir plus de candidats au second tour à condition qu’ils aient obtenu au moins 10% des votes non exprimés, mais des inscrits). Une campagne qui s’étalera sur deux semaines alors qu’en France elle ne sera que d’une semaine entre le lendemain du premier tour le lundi 13 juin et le vendredi 17 juin, le second tour ayant lieu pour tous le dimanche 19 juin. Les Français de l’étranger pourront voter en ligne du 10 juin à 12h, heure de Paris, au 15 juin à 12h, idem.

  • Cannes 2022 : les films pressentis pour la Palme d’Or

    Cannes 2022 : les films pressentis pour la Palme d’Or

    Le festival de Cannes touche bientôt à sa fin, et les films de David Cronenberg et des frères Dardenne sont pressentis pour recevoir la Palme d’Or, qui sera décernée dimanche 29 mai.

    « Crimes du futur » de David Cronenberg

    Le film de David Cronenberg, « Crimes du futur », a retourné la Croisette. Avec ce nouveau film angoissant et violent, plusieurs personnes sont sorties de la salle durant la projection. Ici nous suivons le personnage de Viggo Mortensen se faire tatouer et retirer des organes en public lors de performances, car dans ce futur apocalyptique, la douleur n’existe plus. Aux yeux de l’acteur, si nous ressentons une douleur viscérale à la vue de ces images, le réalisateur incite tout de même à une réflexion longue et poussée.

    « Tori et Lokita » des frères Dardenne

    Le duo est bien connu du festival de Cannes. Avec déjà deux Palmes d’or, ils sont pressentis pour en recevoir une troisième. Cette année, ils sont de retour avec un film « intime et lumineux » qui met en scène deux enfants originaires d’Afrique et qui nouent une amitié autour de leur arrivée forcée en Belgique.

    La Palme d’Or sera remise dimanche lors de la cérémonie de clôture de la 75ème édition du Festival de Cannes. Au total, dix-huit films sont en compétition pour recevoir le prestigieux prix du cinéma.

    Dardenne, Cannes
    Les frères Dardenne et l’équipe du film au Festival de Cannes 2022

    Reportage de TV5MONDE

  • Laurent Goater, le candidat LR-UDI pour la Péninsule ibérique

    Laurent Goater, le candidat LR-UDI pour la Péninsule ibérique

    Rencontre avec Laurent Goater, candidat aux élections législatives pour la 5ème circonscription des Français de l’étranger, autrement connu comme celle de la péninsule ibérique. Il se présente sous la bannière LR – UDI – centriste.

    Actuellement conseiller des Français de l’étranger au Portugal, il préside le Conseil consulaire. De cette manière sa candidature aux législatives est naturelle dans l’union LR-UDI. Investi depuis début décembre, il fait campagne depuis avec le slogan « un député pour agir et pour vous défendre ». Pour lui le terrain est primordial, et il compte gagner sur « la bataille des idées et de la connaissance du terrain ».

    Dans cette interview il revient sur la communauté des Français dans la péninsule ibérique, sur ses objectifs de campagne et dénonce la politique des élus de la majorité présidentielle.

    Laurent Goater avec Michel Barnier et Ronan Le Gleut à Madrid

    Un parcours « très classique » de Français de l’étranger

    Laurent Goater s’est installé au Portugal en 1993 afin de réaliser un VSM, aujourd’hui connu sous l’acronyme VIE, à la suite de ses études aux États-Unis. Une fois sur place, il a épousé une Portugaise et n’a plus quitté le pays lusophone.

    A l’instar de ses concitoyens, l’élu a touché de près aux questions éducatives, associatives, du travail mais également paroissiales des Français à l’étranger. De cette manière, il maîtrise un grand nombre de sujets depuis déjà plusieurs années.

    La communauté française au Portugal

    Si le Portugal donne souvent l’impression d’être l’Eldorado des retraités français, ces derniers ne sont pas les seuls à composer la communauté française du pays. Effectivement, depuis plusieurs années de nombreux Français y vont pour travailler, tels que les « digital nomades ». Ils choisissent cette destination pour sa douceur de vivre et ses avantages fiscaux et économiques.

    Laurent Goater en campagne

    Les sujets de préoccupations

    Lorsqu’il est sur le terrain, la dégradation des services consulaires et du réseau d’établissements français à l’étranger sont les problèmes principaux qui remontent aux oreilles de Laurent Goater. Selon lui, la dématérialisation des services consulaires et la non volonté d’élargir le réseau de lycées français, sont à la base des difficultés. Il dénonce également les manques de moyens et de considération octroyés aux entrepreneurs français.

    Écoutez le podcast avec Laurent Goater

    Un podcast à retrouver sur toutes vos plateformes de streaming

    Podcast liste
  • Rencontre entre les cheffes de la diplomatie française et allemande

    Rencontre entre les cheffes de la diplomatie française et allemande

    Catherine Colonna, nouvellement nommée cheffe de la diplomatie française, a effectué mardi 24 mai son premier déplacement en Allemagne pour souligner l’importance du couple franco-allemand.

    Lors d’une conférence de presse conjointe avec Annalena Baerbock, ministre allemande des Affaires étrangères, Catherine Colonna a indiqué vouloir se placer « dans le sillage de la relation de confiance » nouée entre l’ancien chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian et Annalena Baerbock.

    « La coopération franco-allemande est indispensable en temps normal et plus que jamais nécessaire par temps de crise », a-t-elle déclaré, avant de se réjouir de voir, pour la première fois, deux femmes à la tête des diplomaties allemande et française au même moment.

    « Nous avons cette opportunité de façonner l’avenir de l’Europe ensemble et une responsabilité particulière incombe à la France et à l’Allemagne », a déclaré Mme Baerbock.

    Parmi les priorités qui seront placées à l’agenda du couple franco-allemand et européen en général, figurent le soutien à l’Ukraine, la transition écologique et la sortie des énergies fossiles russes, et le défi de renforcer la souveraineté de l’Union européenne.

    En précisant qu’ « aucun [État membre de l’UE] n’est en guerre contre la Russie », la cheffe de la diplomatie française a ajouté qu’il faut « renforcer notre soutien à l’Ukraine dans la durée, sur tous les plans : financier, économique, militaire, humanitaire » et « adopter le sixième paquet de sanctions ».

    La ministre française a tenu à souligner à son tour, après Clément Beaune plus tôt dans la journée, que la Communauté politique européenne proposée par Emmanuel Macron « n’est pas une alternative à l’élargissement [de l’Union européenne], il faut bien en complément faire plus et plus vite maintenant ».

    Le ministre français chargé de l’Europe Clément Beaune avait tenu des propos similaires avant de déclarer, mardi, être « convaincu que l’Ukraine fera partie de l’Union européenne », lors de la visite officielle de la vice-Première ministre ukrainienne Olga Stefanichyna à Paris.

    Catherine Colonna (à gauche) et Annalena Baerbock (à droite) lors de leur première rencontre le mardi 24 mai en Allemagne

    Les ministres allemande et française des Affaires étrangères souhaitent aussi envoyer un « message fort » aux Balkans occidentaux, ce qui « sera l’objet de la conférence » qui se tiendra fin juin, et ont évoqué le Conseil européen de la fin du mois de mai.

    Catherine Colonna est la deuxième femme à occuper ce poste en France, après le très bref passage de Michèle Alliot-Marie par le Quai d’Orsay en 2010 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Auparavant, elle a occupé les fonctions d’Ambassadrice de France en Italie et au Royaume-Uni, de Représentante permanente de la France auprès de l’UNESCO et de ministre déléguée aux Affaires européennes sous la présidence de Jacques Chirac.

  • L’éducation française à l’étranger unie contre le gouvernement

    L’éducation française à l’étranger unie contre le gouvernement

    Les 19 et 24 mai derniers, des grèves importantes ont fusé à travers les réseaux d’établissements français à l’étranger. Les décisions politiques pernicieuses prises sous le premier mandat d’Emmanuel Macron en sont à l’origine.

    Deux grèves dans l’ensemble des établissements français à l’étranger ont eu lieu à cinq jours d’intervalle, ce qui pourrait bien représenter un record. Si la mobilisation du 19 mai a touché le réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), celle du 24 mai a concerné la Mission laïque française (MLF). Chacune a été initiée par les syndicats de professeurs mais pour des motifs différents, chaque fois liés aux prises de décisions délétères des élus de la République.

    De même que dans l’hexagone, le personnel éducatif augure de grandes difficultés pour la rentrée 2022. Or, il n’y a pas besoin d’être Madame Irma ou d’être un spécialiste des politiques publiques pour se joindre aux inquiétudes.

    La grève dans le tissu AEFE

    Contrairement à la grève du 13 janvier, le personnel s’est largement mobilisé le 19 mai selon les chiffres de l’union intersyndicale. A titre d’exemple, le Brésil a recensé 80% à 100% de grévistes dans les premiers et seconds degrés, 75% à 100% à Bangkok, ou encore 70% à Madrid dans le primaire.

    A l’origine de ce mouvement de contestation, il y a une inquiétude. Celle de ne pas réussir à envisager la rentrée de manière sereine et organisée. Celle de se dire que tous les élèves n’auront peut-être pas un enseignant devant eux en classe.

    Pour l’heure, il reste environ 350 postes à pourvoir, soit environ la moitié des postes vacants à la rentrée 2022. Comme nous le rappelions dans un précédent article, la fin des contrats de résidents à recrutement différé (RRD), plus communément nommés « faux-résidents », a chamboulé la période de recrutement. Effectivement, lorsque celle-ci a débuté en décembre 2021, les professeurs pouvaient postuler pour un poste de RRD. Seulement, en janvier l’AEFE a décidé de mettre un terme à cet accord pour des raisons judiciaires. Or, il s’agissait du contrat le plus signé car il permettait de contourner la règles des trois mois d’installation dans le pays pour devenir résident.

    Ainsi, s’il ne peut plus y avoir de personnel détaché de l’Éducation nationale, hormis les « vrais-résidents », les directeurs d’école n’ont plus d’autre choix que de recruter localement. Seulement, le contrat de droit local précarise la profession. Mais plus problématique encore, de nombreuses régions du monde présentent peu ou prou de viviers de professeurs. Tel est le cas en Amérique centrale et latine.

    Grève au lycée français international de Bangkok © SNES hors de France

    L’éternel souci du décret

    Par ailleurs, à trois mois de la rentrée des classes, le nouveau décret réglementant les statuts des professeurs n’a toujours pas vu le jour. Depuis plusieurs semaines, les syndicats, l’AEFE et les ministères de l’Éducation nationale et des Affaires étrangères tentent d’en trouver un, en vain. Ou devrions-nous plutôt dire que les membres de l’ancien gouvernement ont tenter de sucrer les acquis sociaux du personnel éducatif. Face à la situation, le FSU, la Sgen-CFDT et l’UNSA éducation se sont unis pour voter unanimement contre le décret, et appeler à la grève le 19 mai dernier, c’est-à-dire le jour du dernier comité technique.

    Finalement, la grève a été largement suivie et le SNES-FSU appellera à de nouvelles mobilisations si le décret est publié en l’état.

    AEFE, grève
    Assemblée générale des personnels grévistes sur le pôle Rabat-Kénitra © SNES Maroc

    La grève surprise à la MLF

    « On attend 100% de grévistes dans certains établissements de la Mission laïque, direction comprise, du jamais vu » s’est exprimé le conseiller des Français d’Espagne François Ralle Andreoli, sur Facebook le 24 mai au matin.

    Effectivement, l’ensemble des missions étaient vent debout, avec un pic de participation de 100% dans des établissements espagnols et marocains, selon Jean-Marc Merriaux, le directeur général de la MLF. En cause, l’augmentation de seize points de la cotisation à la retraite pour les fonctionnaires détachés, autrement dit, 500 professeurs de la MLF. Or, non seulement la part de la cotisation passe ainsi à 27% ; mais en plus le décret a été rédigé et publié (très) discrètement. Pour sa part la direction de la MLF en a pris connaissance par voie de presse.

    Outre le fait de précariser d’autant plus les fonctionnaires (ce qui a semblé être le mot d’ordre d’Emmanuel Macron pendant cinq ans), Jean-Marc Merriaux estime que le texte pourrait avoir d’importantes retombées. Au même titre que dans le réseau de l’AEFE, la période de recrutement pour la rentrée des classes s’apprête à se terminer pour la MLF. Seulement, si les futurs enseignants ont décidé de s’exiler à l’étranger, ils l’ont fait en prenant en compte plusieurs facteurs dont la cotisation retraite. Toutefois, avec une telle augmentation, nombreux pourraient revoir leurs plans selon le directeur général. « Ce qui serait d’ailleurs légitime ».

    Par ailleurs, il nous explique que le réseau devra compenser cette perte d’argent afin de pousser les enseignants à rejoindre les missions. Mais cela entraînerait par conséquent une augmentation des frais de scolarité – d’ores et déjà onéreux – pour les parents. Nous pourrions donc nous attendre à une baisse du nombre d’inscriptions dans les lycées français. Finalement, ce texte se place en parfaite contradiction avec l’objectif présidentiel de doubler les objectifs à l’horizon 2030.

    Jean-Marc Merriaux et l’ensemble de son personnel demandent l’abrogation directe du décret, ou du moins son ajournement afin de préparer une étude d’impact. Ils ont été suivi dans leur démarche par les syndicats et les parlementaires. Une réunion s’est d’ailleurs tenue le même jour à Paris. Selon un proche collaborateur du député des Français de l’étranger Pieyre-Alexandre Anglade, « un décret correctif devrait paraître sous 48h. »

    Nous suivrons de près la publication de ce nouveau décret, si elle a bel et bien lieu. Mais également la progression des évènements au sein de l’AEFE et de la MLF. Car si nous avons un tout nouveau gouvernement, nous ne pouvons savoir la direction qu’il prendra en termes de politique éducative.

  • Deborah Abisror, la candidate Renaissance pour la 8ème circonscription

    Deborah Abisror, la candidate Renaissance pour la 8ème circonscription

    Échange avec Deborah Abisror, la candidate de la majorité présidentielle sur la 8ème circonscription des Français de l’étranger, à savoir les pays du pourtour méditerranéen à l’Est.

    Dans cette interview, la politicienne revient sur son arrivée en politique, ses années au sein du gouvernement, mais aussi sur la CSG-CRDS, l’éducation et son programme pour les législatives.

    Ancienne Français de l’étranger, elle a passé une dizaine d’années hors de France, entre l’Italie et Israël notamment. Elle affirme ainsi « connaitre les galères » de cette vie et souhaite apporter des solutions à ses concitoyens. SI aujourd’hui elle se présente dans une circonscription hors de France, c’est parce qu’elle considère qu’elle est avant tout une citoyenne « du monde ».

    Deborah Abisror aux côtés d’Olivier Véran, l’ancien ministre de la Santé

    Un parcours de « militante »

    Elle se décrit elle-même comme étant « une militante » avant tout. A la fin de ses études, elle commence à diriger l’Union des étudiants juifs européens, avant de s’engager en politique. C’est à l’aune de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, en 2016, qu’elle rejoint le QG du futur président de la République. En 2017, elle devient cheffe de cabinet de Brune Poirson, l’ancienne ministre de la Transition écologique, puis occupera la même fonction pour le ministère de la Santé durant la crise sanitaire.

    Les motifs impérieux

    Lorsqu’elle est interrogée sur les motifs impérieux mis en place durant la pandémie et qui ont fortement contraint la vie des Français établis hors de France la candidate défend les décisions du gouvernement. Selon elle, toutes les décisions de cette envergure ont été prises suite aux recommandations d’experts scientifiques.

    L’éducation française

    L’accès à l’éducation française à l’étranger s’avère toujours être compliquée. Pour Deborah Abisror, cette question touche toute la circonscription et doit être fortement considérée, car si « nous sommes l’éduction d’excellence pour les étrangers », les ressortissants français ont parfois du mal à scolariser leurs enfants dans des établissements français.

    Ses ambitions pour les expatriés

    Elle envisage son mandat sur le terrain. Ainsi, elle souhaite créer une permanence itinérante à travers les pays de la 8ème circonscription, afin d’aller à la rencontre des administrés. Par ailleurs, en tant « qu’écolo convaincue » elle compte bien compenser ses déplacements.

    Par ailleurs, elle veut voir Israël entrer dans le programme Erasmus et dans la francophonie. De l’autre côté de la Méditerranée, elle désire que le réseau ferroviaire soit davantage déployé entre l’Italie et la France.

    Écoutez l’interview avec Deborah Abisror

    Un podcast à retrouver sur toutes vos plateformes de streaming

    Podcast liste