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  • Catya Martin, la candidate sur tous les fronts

    Catya Martin, la candidate sur tous les fronts

    Catya Martin est conseillère consulaire Les Républicains installée à Hong-Kong et est candidate pour les élections législatives dans la XIème circonscription des Français de l’étranger.

    « On a la chance d’avoir une circonscription où nous retrouvons toutes les problématiques mondiales » affirme Catya Martin, la candidate à la députation de la plus grande circonscription des Français de l’étranger. Regroupant des pays comme la Russie, l’Ukraine, la Chine, l’Inde et les pays de l’Océanie, les sujets ne manquent effectivement pas dans cette région du monde.

    Paysage politique de la circonscription

    La politique zéro-Covid et le virus continuent de sévir en Chine. De nombreux Français installés à Shanghai sont confinés durement depuis plusieurs mois à cause de la recrudescence de l’épidémie. Après deux ans de pandémie, un nombre conséquent de Français ont donc quitté le pays, afin de pouvoir retrouver une vie en-dehors de leur appartement. Effectivement, alors que les premières épreuves du Baccalauréat ont débuté au début du mois de mai, les élèves des lycées français sur place ne peuvent toujours pas passer leurs épreuves.

    Plus à l’Ouest, la guerre continue de gronder sur le sol ukrainien et de faire des morts, tels que le journaliste français Frédéric Leclerc-Imhoff tué sous les feux russes ce lundi 30 mai. Si aux yeux de Catya Martin, un député n’a pas à gérer les questions diplomatiques car elles dépendent du ministère des Affaires étrangères, elle se préoccupe des ressortissants français installés dans les deux pays. Selon la candidate, « il y a beaucoup de travail à faire en termes d’accompagnement et de soutien de nos populations à l’étranger ».

    Catya Martin, élue consulaire et candidate à la députation de la XIème circonscription des Français de l’étranger, en campagne à Singapour.

    La montée de Reconquête ! et la baisse de la droite classique

    Comme il était déjà spécifié dans le podcast avec la députée-candidate Anne Genetet, le parti d’Éric Zemmour a pris du terrain chez les Français installés hors de France. Catya Martin l’explique par l’errance politique de certaines personnes qui ne se retrouvent plus dans le paysage politique français. Cependant, à ses yeux cela n’est pas lié à la XIème circonscription étant donné que le polémiste y a réalisé quasiment le même score de 7% que dans l’hexagone. Si elle ne parlerait pas de « poussée » de Reconquête !, elle estime tout de même que les élus locaux doivent rassurer les administrés qui n’ont plus foi en leur parti d’origine comme les LR.

    Par ailleurs, elle déchiffre le recul de la droite classique incarnée par Les Républicains, par la montée des extrêmes qui aurait effrayé les Français. Ces derniers se seraient donc tournés d’emblée vers Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle afin d’empêcher un second tour Marine Le Pen – Jean-Luc Mélenchon. Les électeurs auraient donc recouru au « vote utile » dès le premier tour.

    Les préoccupations des Français

    En Asie, en Europe de l’Est et en Océanie, la Caisse des Français de l’étranger (CFE) ne convient pas aux assurés. D’après la candidate LR, la CFE déplait car elle ne prend pas suffisamment en compte le coût de la santé et ne « répond pas à toutes les demandes ».

    Par ailleurs, la problématique de l’éducation française préoccupe également les citoyens de la zone Asie-Océanie. Catya Martin aimerait pouvoir accompagner davantage les petites écoles qui souhaitent obtenir une homologation auprès de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), pour avoir « un maximum de petites écoles qui gèrent nos petits enfants français » afin de scolariser davantage de personnes et de créer des ponts avec les lycées français.

    De plus, elle voudrait que les critères d’attribution des bourses scolaires soient revus à la baisse et en fonction du coût de la vie des régions où sont installées les familles.

    Son programme de campagne

    Si la candidate ne souhaite pas attaquer, ou du moins commenter, le bilan du quinquennat de sa concurrente Anne Genetet, elle préfère se concentrer sur son programme. Catya Martin aimerait être un maximum sur le terrain pour aller à la rencontre des administrés et dans le même temps pouvoir les défendre à l’Assemblée nationale. Ainsi, elle équilibrerait son mandat entre Paris et la XIème circonscription. De plus, elle fera de la fiscalité et de l’entrepreneuriat français ses chevaux de bataille si elle est élue à la députation.

    Écoutez le podcast avec Catya Martin

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  • Clap de fin pour Pierre Lescure au Festival de Cannes

    Clap de fin pour Pierre Lescure au Festival de Cannes

    Samedi 29 mai, Pierre Lescure a monté les marches du tapis rouge pour la dernière fois en tant que président du Festival de Cannes. S’il rend son costume, il n’en a pas fini d’aimer le cinéma, la culture et les lettres.

    « Je viens d’une famille extrêmement curieuse », assure Pierre Lescure. Et à y regarder de près son arbre généalogique et son parcours, nous ne pouvons en douter une seconde. Lui et son frère Roland, aujourd’hui député des Français en Amérique du nord, grandissent auprès d’un père rédacteur en chef de L’Humanité et d’une mère rédactrice au sein d’un journal de la CGT. Chez les Lescure, tout est centré autour des arts et des lettres. Lecture, cinéma, théâtre, Pierre Lescure se forme dans cet environnement où la curiosité et l’ouverture au monde sont essentielles (et un brin politisées).

    Après des études au Centre de formation des journalistes, le fameux CFJ, le futur président du Festival fait ses armes au sein de plusieurs rédactions telles que RTL, RMC et feu l’ORTF. Déjà plusieurs fois nommé directeur des programmes ou de rédaction, il participe en 1983 à la création de la première chaîne payante du PAF, Canal +. Directeur de la chaîne en 1986, il finit par en devenir son président en 1994.

    Cannes
    Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, accompagné de Roselyne Bachelot, ancienne ministre de la Culture, et de Pierre Lescure, ancien président du festival.

    Un amoureux du cinéma

    Pierre Lescure est un amoureux du cinéma. En 1979, il assiste à son premier Festival de Cannes qu’il décrira plus tard auprès des journalistes de France 3, comme « une année dingue puisqu’il y avait Apocalypse NowLe Tambour, Les Moissons du ciel« . Trente-cinq ans plus tard, il est nommé président du Festival de Cannes. Sur la Croisette, il « checke » les plus grandes stars, leur fait la bise et les attend en haut des fameuses marches.

    L’ère #Metoo, la palme d’Or pour Titane de Julia Ducornou – la seconde femme à recevoir le prestigieux prix après Jane Campion en 1993 – ou encore la polémique autour de Netflix : en huit éditions le président a vécu de grands évènements et chamboulements à Cannes. Si à 76 ans, il tire sa révérence et laisse la place à Iris Knobloch, l’ancienne présidente de la filiale française de Warner Bros, « tant qu’il sera en bonne santé et ni sourd ni aveugle », il continuera d’aimer le 7ème art, de regarder des films et de lire des journaux.

    Une interview de TV5MONDE

  • Fin de partie pour les cryptoactifs ?

    Fin de partie pour les cryptoactifs ?

    Les cryptoactifs sont les grandes victimes du printemps 2022. Un retour à la raison sur fond de hausse des taux et des prix semble prédominer sur ce marché. Les dictons boursiers, « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel », « achetez la rumeur, vendez le fait » ou « les marchés ne peuvent pas rester irrationnels plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable », reprennent tous leur sens En novembre, la valeur marchande des crypto-monnaies était de près de 3000 milliards de dollars. Ce montant est tombé à 2000 milliards de dollars à la mi-avril avant de se contracter de 35 %. L’encours ne dépasse pas désormais 1300 milliards de dollars. Un Bitcoin s’échangeait le 25 mai 2022 à 27 000 dollars, contre plus de 56 000 dollars au mois de novembre 2021.

    Un tri entre bons et mauvais cryptoactifs ?

    Les détracteurs des cryptoactifs soulignent que cette chute était inévitable. Ils estiment que ces actifs ne servent qu’à des opérations de blanchiment ou de spéculation. Ils ne sont adossés à aucun actif tangible susceptible de générer du rendement. Les partisans des cryptoactifs indiquent que le processus en cours permet la réalisation d’un tri entre bons et mauvais cryptoactifs.

    Par ailleurs, la dépréciation des cours des valeurs technologiques a réduit le pouvoir d’achat des jeunes épargnants qui sont les plus actifs sur le marché des cryptos. Les stable coins dont la valeur est arrimée à une autre cryptomonnaie, à une monnaie fiduciaire ou à un produit négocié en bourse (comme les métaux précieux ou les métaux industriels), n’échappent pas à la crise. Ainsi le Terra, un stable coin algorithmique, dont la valeur est adossée à un autre crypto, le Luna, qui serait émise pour répondre à la demande. La baisse du prix du Luna s’est de ce fait transmise au terra. À son apogée, le Luna valait 40 milliards de dollars et soutenait 18 milliards de dollars de Terra. Maintenant, le Luna ne vaut presque plus rien et le Terra se négocie à 10 cents.

    L’effondrement des cryptoactifs s’inscrit dans un ajustement financier plus large. Le retour de l’inflation oblige les banques centrales à resserrer leur politique monétaire, déclenchant une vente massive d’actifs plus risqués ou à long terme, les investisseurs privilégiant les obligations. L’indice américain des valeurs technologiques, le Nasdaq, a perdu près de 30 % par rapport à son sommet. L’indice S&P 500 est, de son côté en recul de 18 % par rapport à son dernier sommet. Des investisseurs pour solder leurs positions ont dû céder des cryptoactifs.

    Le fait d’être adossés à des titres tangibles ne protège pas les stable coins de la crise

    En revanche, l’Usdc, un stable coin adossé à des monnaies et à des bons du Trésor à court terme, résiste tout comme le Dai, un autre stable coin géré par des algorithmes transparents et soutenu par des supports représentant au moins 1,5 fois sa valeur. Le fait d’être adossés à des titres tangibles ne protège pas les stable coins de la crise. Ainsi, le Tether, le plus important stable coin, dont la valeur est tombée en dessous de sa valeur nominale de 1 dollar par jeton le 12 mai était pourtant soutenu par des actifs tels que des liquidités, des bons du Trésor et des dettes d’entreprise. Le refus des administrateurs du Tether de révéler la composition précise des actifs, affirmant qu’il s’agit d’un secret, a sévèrement été jugé par le marché. Les administrateurs ont déjà été condamnés à une amende par le procureur général de New York pour avoir induit des investisseurs en erreur.

    Bientôt les monnaies digitales de banque centrale

    Les investisseurs sanctionnent de plus en plus les cryptoactifs dont la gestion est peu transparente ou émis par des organisations peu recommandables ou mal gérées. Les autorités américaines apprécient avec attention les conséquences de la chute des cryptoactifs qui pourraient perturber les marchés financiers traditionnels compte tenu des liens tissés ces dernières années à travers les mécanismes d’adossement.

    Des acteurs réclament une interdiction des cryptoactifs quand d’autres demandent l’adoption d’une réglementation. Celle-ci serait synonyme de reconnaissance de fait des cryptoactifs par les autorités officielles, ce qui n’est pas pour le moment leur souhait. La crise actuelle en réalisant un tri entre les cryptoactifs travaille de fait pour les pouvoirs publics. Elle souligne les dangers de ce marché non régulé et permet d’en réduire le poids. Ce processus facilitera l’avènement des monnaies digitales que les banques centrales préparent.

  • Marc Ferracci, le candidat proche d’Emmanuel Macron

    Marc Ferracci, le candidat proche d’Emmanuel Macron

    Marc Ferracci est candidat pour la VIème circonscription des Français de l’étranger sous la bannière Renaissance. Cet économiste compte s’appuyer sur sa connaissance de l’appareil gouvernemental et ses étroites relations avec les élus pour faire avancer les dossiers sur les Français de Suisse et du Lichtenstein.

    Marc Ferracci est professeur en sciences économiques à l’université Panthéon-Assas, et est engagé politiquement auprès d’Emmanuel Macron depuis 2017. Il a notamment été son conseiller économique au cours de sa première campagne présidentielle. Suite à l’investiture du chef de l’État, l’universitaire entre au gouvernement afin de mettre en place plusieurs réformes, telles que celles de l’apprentissage et de l’assurance chômage. A l’été 2020, il devient le conseiller chargé du suivi des mesures de soutien à l’activité et de l’agencement du plan de relance.

    Le panorama entrepreneurial suisse

    La VIème circonscription des Français de l’étranger regroupe la Suisse et le Lichtenstein, deux pays qui attirent notamment pour leurs opportunités d’emplois. Selon Marc Ferracci, le marché du travail en Suisse est particulièrement dynamique étant donné qu’il est au quasi plein-emploi. Cela aurait d’ailleurs inspiré certaines des mesures du début du quinquennat d’Emmanuel Macron, à l’instar des ordonnances travail.

    « Je pense qu’il y a des passerelles à la fois intellectuelles mais aussi en termes politiques qui existent et qui gagneraient peut-être à se renforcer entre la France et la Suisse. »

    Marc Ferracci, candidat à la députation de la VIème circonscription des Français de l’étranger

    Le candidat proche du président

    « Enfin nous serons entendus par le président de la République », se sont dit plusieurs Français de Suisse et du Lichtenstein à l’annonce de la candidature de Marc Ferracci, en raison de la proximité connue du candidat avec le chef de l’État.

    Aux yeux de Marc Ferracci, « il y a deux attentes de la part d’un député ». Il se doit non seulement de porter un projet politique, mais également de défendre les intérêts de ses administrés. Si lui-même n’a jamais vécu en Suisse et ne connait donc pas de manière personnelle les attentes des Français y résidant, il compte s’appuyer sur sa suppléante binationale Marie-Ange Rousselot et les relais sur le terrain. De plus, il assure avoir commencé à récolter les préoccupations des citoyens installés dans la région.

    Par ailleurs, il veut s’appuyer sur sa connaissance des institutions et des personnes y opérant afin de faire avancer ses dossiers.

    Les défis au coeur du prochain mandat de député

    Entre l’inflation, la guerre en Ukraine ou encore les accords bilatéraux avec la Suisse, de nombreux défis attendent le futur député des Français de la VIème circonscription.

    Depuis le 1er juin 2002, la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’Union européenne (UE) est possible grâce aux accords bilatéraux. Seulement aujourd’hui la Commission européenne ne souhaite plus continuer dans cette voie bilatérale, à moins d’établir un accord-cadre avec le gouvernement helvétique. Si des négociations ont été lancées il y a sept ans, la Suisse les a finalement toutes rejetées en 2021. A compter de ce moment, des rumeurs ont circulé sur la la réapparition des douaniers à tous les points de contrôle, et des rumeurs sur un possible Swissexit. D’après le candidat, un député « n’a pas à se substituer au corps diplomatique« . Cependant, il peut mettre en œuvre des stratégies pour faciliter le dialogue entre les parties prenantes.

    Les objectifs de Marc Ferracci

    Le témoin de mariage d’Emmanuel Macron a pour objectif de mandat le plein-emploi à l’horizon 2027. Selon lui, cela permettra de créer de l’activité et donc d’investir dans les défis actuels comme la transition écologique et l’éducation, mais également de résoudre les fractures sociales qui morcellent la France aujourd’hui.

    Finalement, Marc Ferracci souhaite être le candidat du savoir-faire et de la confiance entre le député et les administrés.

    Écoutez le podcast avec Marc Ferracci

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  • Renaud Le Berre, un conseiller consulaire de terrain à l’assaut de la députation

    Renaud Le Berre, un conseiller consulaire de terrain à l’assaut de la députation

    Renaud Le Berre est le candidat investi par le NUPES pour les élections législatives dans la Vème circonscription des Français de l’étranger.

    Professeur de Sciences économiques et sociales au Lycée français de Barcelone, Renaud Le Berre est également conseiller des Français de l’étranger depuis 2014. Réélu en 2021, il préside la Commission des finances, du budget et de la fiscalité de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Aujourd’hui, il est investi par la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES), pour les élections législatives dans la péninsule ibérique et à Monaco, avec le slogan « Agissons ensemble ».

    Les Français de la Vème circonscription

    Renaud Le Berre vit en Espagne depuis plus d’une quinzaine d’années, et depuis son emménagement il a vu la communauté des Français se modifier peu à peu. Selon lui, il y a davantage « de retraités [au Portugal] attirés par la fiscalité avantageuse », mais dans le même temps la population française rajeunit comme en Espagne. De plus, il rappelle que de nombreuses personnes ne s’inscrivent pas au registre des Français du monde, faussant ainsi les véritables chiffres.

    NUPES
    Renaud Le Barre, candidat NUPES pour la Vème circonscription des Français de l’étranger, en campagne

    Les préoccupations des citoyens

    Comme l’avait indiqué Laurent Goater, candidat LR-UDI également pour la péninsule ibérique, les principales préoccupations des citoyens dans la région sont le fonctionnement des administrations consulaires et l’état de l’éducation française à l’étranger. De son côté, Renaud Le Berre ajoute les problématiques liées aux retraites et à l’environnement.

    « Les gens se cassent la tête pour obtenir des papiers d’identité. »

    Renaud Le Berre, candidat NUPES pour la Vème circonscription des Français de l’étranger

    Le 24 mai dernier a eu lieu une grève massive dans le réseau de lycées français à cause d’un décret (abrogé aujourd’hui) augmentant de 16 points la cotisation retraite des fonctionnaires détachés. Si le professeur de SES n’a pas fait grève car il n’est pas concerné par cette mesure, il a soutenu le mouvement.

    Par ailleurs, il revient sur la limitation de durée des détachement de professeurs à l’étranger, qui d’après lui « empêche la mobilité et la gestion par projet des établissements ». S’il est élu député, il se battra pour revenir sur ce décret.

    L’impôt universel

    Dans son programme pour la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon proposait un impôt universel lié à la nationalité. Pour le candidat, il s’agissait « d’une idée à l’américaine » absente du programme de la NUPES pour les législatives.

    Écoutez l’interview avec Renaud Le Berre

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  • Vote en ligne, chaos et risques d’annulation

    Vote en ligne, chaos et risques d’annulation

    Mise à jour le 31 mai à 14h

    Comme pour les consulaires, les Français de l’étranger peuvent anticiper leur vote via une plateforme en ligne mise à disposition par la filiale du groupe La Poste, Docapost, sous le contrôle de l’administration consulaire. Mais depuis l’ouverture des urnes électroniques ce vendredi 27 mai à midi, les problèmes d’organisation et techniques se multiplient au point que certains candidats imaginent déjà une annulation du vote en ligne. Cependant depuis lundi 30 mai au soir, une partie des bugs a été résolue.

    vote en ligne
    vote en ligne

    Une organisation défaillante

    Comme pour la présidentielle, l’administration consulaire devait transmettre à la société chargée de l’organisation du vote et de la transmission des éléments les adresses email, et dans ce cas les numéros de téléphone, des citoyens inscrits au 31 mars 2022 sur les listes électorales consulaires.

    Pour la présidentielle, la création d’un bureau de vote supplémentaire en Irlande avait entrainé un décalage de la numérotation des bureaux de vote. Les électeurs ont donc reçu des convocations avec de mauvais bureaux de vote. Prise sur le fait, l’administration avait réagi rapidement renvoyant des convocations, ce qui n’a pas empêché la cohue et le chaos de s’installer aux abords des bureaux de vote. Ils furent nombreux parmi nos compatriotes à abandonner et à ne pas voter au premier tour de l’élection présidentielle. En réaction, le secrétaire d’Etat aux Français établis hors de France, Jean-Baptiste Lemoyne, avait promis une politique d’électrochocs pour remettre en ordre de bataille l’administration consulaire.

    On aurait pu donc s’attendre à une organisation sans faille pour les législatives. Mais non ! On prend les même et on recommence. L’administration consulaire n’a pas réussi à fournir le bon fichier à jour des coordonnées des électeurs pour la mise en place des identifiants et mots de passe pour accéder à la société en charge de la plateforme de vote. Les expatriés ont donc reçu 2 identifiants et 2 mots de passe. Les premiers reçus étant caduques, il fallait utiliser les derniers reçus. Encore faut-il qu’ils n’arrivent pas dans les spams ou qu’on ne se mélange pas dans les combinaisons possibles…

    Mais l’erreur, digne d’un stagiaire, ne semble pas plus inquiéter la direction de l’administration consulaire. Laurence Haguenauer se félicite même de la bonne tenue de l’organisation sur Twitter… Le sens des réalités de la haute fonctionnaire a donc encore frappé, au grand dam des Français de l’étranger qui subissent une dégradation des services depuis sa prise de fonction.

    Tweet du 27 mai 2022

    Un problème de compétences

    Tous ces écueils auraient pu être évités avec une vraie analyse des tests grandeur nature qui avaient été mis en place. Le hic, c’est que le bureau centralisateur est composé d’élus et de fonctionnaires, aucun n’ayant reçu une formation adéquate ou disposant des compétences.

    Car en plus de ces soucis d’organisation, la technique s’y est mise. Personne n’a vérifié la note de l’adresse IP qui émet les courriels. Une erreur que tous les professionnels de l’e-mailing connaissent et auraient anticipée. Cela aurait évité à ceux qui ont une adresse Yahoo ou AOL de se retrouver piégés. En effet, s’ils ont bien reçu leur identifiant, le troisième mail, qui contenait le code de vérification pour valider le vote une fois sur la plateforme, était tout simplement bloqué en « Soft Bounce » par les hébergeurs concernés. Impossible donc de récupérer le fameux code, le citoyen ne peut donc pas valider son vote, il devra se rendre à l’urne pour faire entendre sa voix. Facile au Luxembourg, plus difficile au Brésil ! Heureusement, Docapost a réussi à trouver une solution ingénieuse pour rattraper cette erreur et donc depuis le lundi 30 mai au soir (heure de Paris), les détenteurs d’adresses e-mail Yahoo ou AOL reçoivent bien le code de vérification, à 36h de la fermeture de l’urne électronique.

    Autre problème, la gestion des envois des SMS. Pendant la phase de test, la majorité des membres du fameux bureau étaient basés en Europe, ils n’ont pas eu de souci pour recevoir leur SMS. Mais ailleurs dans le monde ? Pour exemple, seulement 11% des SMS ont été envoyés en Argentine. Mécaniquement le nombre d’électeurs s’est effondré. Là aussi, une véritable gouvernance aurait dû anticiper ces problèmes.

    Quelles conséquences ?

    La première c’est le taux de participation qui sera bien en deçà de celui attendu. A 18h (heure de Paris), ce dimanche, ils étaient moins de 7% des inscrits (quel que soit le mode de participation, en ligne ou à l’urne) à avoir participé. L’administration aura encore l’occasion de minorer l’appétit des expatriés pour leur pays et sa gestion, une façon pour elle de réduire la portée des revendications des Français de l’étranger.

    La deuxième conséquence, c’est le risque juridique sur le vote. Déjà Reconquête !, le parti d’Eric Zemmour, a annoncé se préparer à des recours en justice pour faire annuler ces élections. D’autres partis, comme Les Républicains, y réfléchissent aussi.

    Peu de participants, des complications juridiques, on voudrait préparer l’opinion publique à la disparition des élus des Français établis hors de France qu’on ne s’y prendrait pas autrement. C’est peut-être l’objectif caché de ces erreurs, ou c’est simplement la démonstration d’une incompétence généralisée.

  • Les priorités de mandat d’Élisabeth Borne

    Les priorités de mandat d’Élisabeth Borne

    La Première ministre Élisabeth Borne a tracé les contours de l’action gouvernementale, à la fois sur le fond et la méthode, en définissant le pouvoir d’achat, la santé et le climat comme les « urgences » que le gouvernement doit affronter dans les semaines à venir.

    En prenant la parole à l’issue d’une réunion de travail avec les ministres à Matignon vendredi (27 mai), la Première ministre Élisabeth Borne a déclaré vouloir donner un « cadre commun » à l’action de chaque ministre.

    En ligne avec les recommandations énoncées par le président Emmanuel Macron, le gouvernement devra suivre une méthode basée autour de la « concertation, la co-construction et les résultats » a expliqué Mme Borne.

    Étant donné que les élections législatives se tiendront dans un peu plus de deux semaines, la « période de réserve » empêche le gouvernement de trop s’exposer afin de ne pas déséquilibrer les temps de parole et les rapports de force avec les oppositions.

    Ainsi, Mme Borne a indiqué que la feuille de route de son gouvernement pour les semaines à venir consisterait à « répondre aux urgences des Français », au premier rang desquelles figure le pouvoir d’achat.

    Des « lois d’urgence pour le pouvoir d’achat » seront donc soumises à la représentation nationale dès que les nouveaux députés auront été élus et que les travaux de l’Assemblée nationale auront repris le 28 juin.

    Si une pause estivale est généralement prévue, il est probable que la nouvelle Première ministre demande la convocation d’une session extraordinaire de l’Assemblée pour faire siéger les députés même pendant une partie de l’été.

    La deuxième priorité, la santé, vise à faire face à la pénurie de personnel soignant aussi bien dans les hôpitaux que dans les établissements médico-sociaux. La situation a atteint un tel point de tension que des fermetures de services – notamment d’urgence – ont été décidées ou risquent de l’être d’ici l’été.

    Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologique

    Quant au climat, troisième chantier d’urgence auquel le gouvernement devra s’atteler, Mme Borne a indiqué que « tous les ministères doivent se mobiliser pour faire face au défi climatique et doivent participer à la planification écologique ».

    Même si tous les ministres seront ainsi concernés par la lutte contre le changement climatique, selon le souhait de la Première ministre, elle sera épaulée par Amélie de Montchalin, nommée à la Transition écologique, et par Agnès Pannier-Runacher, qui a pris la tête du ministère de la Transition énergétique.

    Placée à la tête du gouvernement le 16 mai dernier, Élisabeth Borne est elle-même officiellement « chargée de la planification écologique », pour la première fois en France.

    En plus de ces trois urgences, les autres dossiers traités tout au long du quinquennat devront répondre aux exigences de « rapidité, efficacité, résultats », a indiqué Mme Borne.

    Après les élections législatives, le gouvernement s’attaquera notamment à la brûlante réforme des retraites, pour laquelle le nouveau ministre du Travail Olivier Dussopt et la Première ministre ont d’ores et déjà commencé les concertations avec les syndicats.

    Ces derniers sont unanimement opposés au recul de l’âge légal de départ à la retraite, qu’Emmanuel Macron avait promis de fixer à 65 ans, bien que ce ne soit pas un « totem », avait laissé entendre Mme Borne. La contestation populaire de cette réforme pourrait donc venir perturber les objectifs du gouvernement.

  • La guerre n’épuise jamais la paix

    La guerre n’épuise jamais la paix

    La paix est-elle possible en Ukraine ? Pour obtenir la paix, il faut que l’un des adversaires reconnaisse sa défaite, ou que les deux belligérants soient également épuisés. Ce n’est pas le cas en Ukraine

    La Russie, même si elle a perdu beaucoup d’hommes et de moyens, n’est pas abattue. Les Ukrainiens annoncent que les Russes ont perdu 28.000 hommes. Il faudrait vraisemblablement diviser ce nombre par deux, mais y ajouter des blessés bien plus nombreux que les morts. L’armée russe est lourdement frappée, mais la disproportion des forces est telle qu’elle reste à l’offensive dans le Donbass. Avec une artillerie ultra dominante, elle applique une stratégie lente, celle de la guerre de 14 : bombardement, avancée territoriale, etc. Cela peut durer aussi longtemps  qu’il reste de munitions. 

    Au fur et à mesure que durera la guerre, la dépendance diminuera

    Poutine, lors de sa conversation avec Emmanuel Macron et Olaf Scholz, s’est montré ouvert à l’exportation de blé ukrainien à partir du port d’Odessa. Signe de bonne volonté ? De la part des deux dirigeants européens sans aucun doute, ce qui leur vaut des critiques. Laisser partir un peu de blé ukrainien montre aux pays d’Afrique et du Levant que la Russie ne cherche pas à les affamer, contrairement à ce  que disent les Américains. Que ce sont au contraire les sanctions occidentales qui nuisent au monde, plus qu’à la Russie : le cours du blé a explosé, celui du pétrole aussi, ce qui profite à la Russie. Pourtant, au fur et à mesure que durera la guerre, la dépendance au blé russe et ukrainien, au tournesol, aux engrais et au pétrole, diminueront. Mécanismes de substitution  et circuits de contournement se mettront en place. 

    Une guerre longue n’est pas une bonne stratégie pour la Russie. Les munitions, chez elle, s’épuisent aussi. La logistique est de plus en plus tendue. L’économie russe souffrira de plus en plus. Les installations pétrolières manqueront de pièces de rechange, tout comme certaines pièces d’armement.

    Les troupes russes de Syrie sont rapatriées petit à petit 

    Le contrôle de la population sera de plus en plus difficile, les morts et les blessés ne se cachent pas facilement. Le soutien populaire à la guerre nationale s’effritera lentement. 

    On voit déjà les troupes russes de Syrie être rapatriées petit à petit, laissant leurs points d’appui aux Gardiens de la révolution iraniens en Syrie. Et les Turcs guettent l’occasion. 

    La Russie n’a donc pas intérêt à une guerre longue. La discussion entre les dirigeants français, allemands et russes, est le signe que si les Européens ne veulent pas couper les ponts, les Russes non plus.

    Les Ukrainiens sont dans une situation paradoxale. Leurs victoires les obligent. Leurs reculs les raidissent. 

    Zelensky s’est dit prêt à des pourparlers directs avec Poutine sur la base d’un retour, avant discussion, des troupes russes sur leurs bases de départ avant l’invasion. Si les Russes ont été battus à Kiev et Kharkov, ils occupent une part non négligeable de l’Ukraine. Et ces victoires ukrainiennes, ainsi que les massacres et les villes martyrs, inspirent un esprit de combat et de revanche qui interdit au président ukrainien de sembler céder sur quoi que ce soit. Mieux vaut laisser les Européens s’avancer.

    D’autant que les Européens ont peu de moyens de pression sur eux : ils ne sont pas les principaux fournisseurs d’armes. Tant que les Ukrainiens auront des armes, ils  se battront.

    Montrer au reste du monde que l’Amérique est de retour après les débâcles syrienne et afghane 

    Les Américains eux, ont intérêt à une guerre longue, parce qu’ils pensent qu’elle affaiblira les Russes, voire qu’à la fin, les Ukrainiens gagneront. Une paix avec Poutine ne sera jamais fiable : il faut le mettre, d’une façon ou d’une autre, hors d’état de nuire. Quelqu’un qui joue avec ses missiles, viole les traités, rase des villes, réinstalle un régime policier n’est pas quelqu’un qu’un nouveau traité peut arrêter. Qui plus est, cela permet aux Américains de montrer au reste du monde que l’Amérique est de retour après les débâcles syrienne et afghane. C’est aussi un message à la Chine, à l’Iran, aux alliés du Levant qui ont des envies d’ailleurs. 

    Enfin, cela permet de tenir la bride à l’Europe, car tant que durera la guerre, tant que la Russie apparaitra comme une menace, l’Europe ne pourra rien faire sans les Etats-Unis.

    Ni la Russie ni l’Ukraine ne peuvent gagner la guerre complètement 

    Ce n’est pas ce que pensent certains Européens. Car l’Europe n’a aucun intérêt non plus à une guerre longue, à une guerre tout court. Mais le retour à la paix sous tension ne sera pas non plus une option satisfaisante. Même une paix de raccroc, un cessez-le-feu, aussi souhaitable soit-il, ne serait qu’une trêve momentanée : les Ukrainiens se renforceraient, et reprendraient forcément, un jour, l’offensive pour récupérer les territoires perdus. Pour éviter cela, les Russes s’armeraient plus encore, les sanctions seraient maintenues. Ce serait la situation du Donbass avant l’invasion.

    La seule paix viable, serait une paix durable, celle qui rend la guerre inutile.  Espérer la défaite de l’un ou de l’autre est peu probable : la Russie a perdu la guerre en ce sens qu’elle est incapable de ramener l’Ukraine dans son aire d’influence et qu’elle a renforcé l’OTAN. Mais elle ne peut perdre complètement : c’est ce que rappelle Poutine avec ses missiles. Au pire, elle reculera jusqu’à sa ligne de départ et tentera de maintenir la pression, et jouera la division du camp occidental.

    Une paix armée est le scénario le plus probable et le plus nocif.  

    L’Ukraine ne peut plus perdre non plus, la Russie n’a plus les moyens de prendre l’Ukraine. Elle a réussi à dresser la population contre elle (même russophone, la preuve à Kharkov), à l’armer grâce aux armes fournies par l’Occident. Une paix armée est le scénario, au long court, le plus probable, et le plus nocif, avec ses déplacements de populations, la militarisation des sociétés, la réactivation des conflits, les sanctions, avec contrebandes et corruptions.

    Imaginer un système de sécurité globale qui inclut la Russie et l’Ukraine 

    Pour éviter cela, il faut imaginer un système de sécurité globale, qui inclut la Russie et l’Ukraine. La démilitarisation devrait toucher les frontières des deux pays… la libre circulation aussi ! Ce qu’ont fait la France et l’Allemagne depuis 1945, Russes et Ukrainiens devront le faire un jour, s’ils veulent vivre dans des pays libres. Les seuls à pouvoir leur donner un cadre pour cela, ce sont les Européens, qui savent comment faire vivre ensemble des pays qui ont de longues querelles, des traditions de massacres, mille raisons de se haïr. 

    Se battre pour défendre des frontières a peu de sens si les frontières ont de moins en moins d’importance. Masser des troupes non plus si les troupes échangent des informations dans le cadre d’une « communauté commune de sécurité ».

    Ce qui parait irréaliste est la seule voie réaliste d’une paix possible 

    Tout cela peut paraitre irréaliste. C’est la seule voie réaliste d’une paix possible. C’est la raison pour laquelle les dirigeants français et allemands ont raison de discuter avec Poutine. Il est bien trop tôt pour en parler ouvertement, mais il est important de garder le contact, et, un jour, il faudra proposer quelque chose. Quand les Russes verront leur armée et leur économie, exsangue, il faudra avancer des éléments permanents, concrets, de sécurité commune. 

    La paix entre la Russie et l’Ukraine doit être un accord global entre Européens : la France, l’Allemagne, l’UE, la Russie et l’Ukraine. La guerre n’épuise jamais la paix. Les plans de paix se préparent à l’avance, ils doivent être aussi audacieux que les plans de bataille.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Manuel Valls : un parachutage qui tourne au crash ?

    Manuel Valls : un parachutage qui tourne au crash ?

    Candidat surprise de la majorité présidentielle, l’ancien Premier ministre espère bien faire son retour à l’Assemblée Nationale comme député des Français de la péninsule ibérique et de Monaco. Mais son parachutage ne passe pas. Les militants En Marche comme les Français de la circonscription semblent ne pas être convaincus par sa candidature.

    Une nomination en catimini

    Les rumeurs enflaient depuis des mois, on annonçait Castaner, puis Valls, mais le député sortant Stéphane Vojetta restait confiant, rassuré par les messages positifs transmis par la direction parisienne de La République En Marche.

    Puis fin avril, début mai, tout s’est accéléré, en quelques jours, l’hypothèse Manuel Valls s’est imposé à Paris. Le 09 mai, les jeux étaient faits, Stéphane Vojetta apprenait qu’il ne serait pas investi pour sa propre succession. Lâché par la direction, il ne se démonta pas. Et pour cause, comme un seul homme, les sections locales du parti présidentiel lui apportaient son soutien. La responsable de la circonscription, Nathalie Coggia, aussi membre du bureau exécutif de LREM, acceptant même de devenir la suppléante de Stéphane Vojetta.

    Sûr de lui ou arrogant, c’est selon, l’ancien Premier ministre n’a même pas pris le temps d’appeler le député sortant pour essayer de trouver un accord. Chacun est donc parti en campagne de son côté.

    Deux campagnes, deux ambiances

    Le 10 mai, les deux équipes, se réclamant d’Emmanuel Macron, ont donc lancé leur campagne électorale auprès des Francais d’Espagne, du Portugal, d’Andorre et de Monaco.

    Un road trip pour Stéphane Vojetta

    Stéphane Vojetta, grâce au soutien des équipes locales d’En marche, a pu rapidement monter une tournée dans la péninsule. Avec 40 dates, le député sortant s’est lancé un réel défi qu’il semble remporter haut la main.

    Stéphane Vojetta assume sa dissidence, car pour lui c’est le respect des électeurs que d’aller au bout de son engagement tout en n’oubliant pas de rappeler qu’il est tout de même un candidat macroniste. A la différence d’autres personnalités non investies, le député garde pour son ancien parti une bienveillance et garantit à ses votants qu’il siégera dans la majorité présidentielle en cas d’élection. Il est vrai que du côté de Renaissance (le nouveau nom de LREM), s’ils soutiennent le candidat investi, ils ne dénoncent la candidature de Stéphane Vojetta que du bout des lèvres.

    Autre atout dans la manche du député sortant : son bilan ! Tant comme conseiller consulaire à Madrid que comme récent député, prenant la succession en 2021 de Samantha Cazebonne, désormais sénatrice, Stéphane Vojetta a été un acteur présent dans sa circonscription et il est connu pour sa proximité avec les populations. Il a ainsi accompagné l’accord sur la double nationalité, permis la disparition de l’obligation de remise des certificats de vie pour les retraités installés en Espagne, et s’est encore mobilisé il y a quelques jours en faveur des fonctionnaires qui auraient dû voir leur cotisation retraite exploser.

    Une campagne bien organisée pour Manuel Valls

    Du côté de l’ancien Premier ministre, la campagne se polarise sur quelques grandes rencontres avec un accent mis sur le Portugal. Car dans l’autre grand pays de la circonscription, ses allers-retours et ses déclarations successives d’amour pour l’Espagne puis pour la France ont déboussolé plus d’un électeur.

    Après Valence, Alicante et Andorre la semaine dernière et avant Monaco et sa ville natale, Barcelone, l’ancien Premier ministre vient de passer la semaine au Portugal, à la rencontre des expatriés pour parler frais de scolarité, démarches consulaires ou encore fiscalité. Car Manuel Valls a mis le cap à droite pour cette campagne.

    Entouré d’un suppléant ancien élu UMP en banlieue ouest parisienne et professionnel de la communication, Thierry Burtin, et de la présidente de l’association créée en 2016 « Les femmes avec François Fillon », Muriel Reus, Manuel Valls est donc parti à la conquête de l’électorat qui a élu, en 2021, un conseiller consulaire du Rassemblement National à Lisbonne, le seul de l’Union européenne. Un grand écart entre son passé socialiste et son nouveau positionnement que le candidat investi assume difficilement derrière une vague opposition à son ancien collègue Jean-Luc Mélenchon.

    « Mon adversaire, c’est le mélenchonisme. Tous les candidats de cette union populaire sont des mélenchonistes. […] . Et voter pour ce candidat mélenchoniste dans cette circonscription où je suis candidat ou ailleurs, c’est voter pour un candidat qui est contre l’Europe, contre l’Alliance atlantique, contre la police et la sécurité et voter contre le nucléaire, mais aussi sortir de la culture du gouvernement »

    Manuel Valls le dimanche 8 mai au Grand Rendez-vous « Europe 1 – CNews – Les Echos »

    C’est donc sans le soutien des sections locales, mais avec une équipe rodée aux opérations de communication, que Manuel Valls est allé à la rencontre des Français de la circonscription. Et malgré ce déploiement d’énergie, l’accueil n’est pas celui espéré, comme l’a relevé le magazine « Quotidien » diffusé sur TMC (filiale de TF1 disponible sur la TNT en France ou Molotov au sein de l’Union européenne).


    Regardez la vidéo de TMC


    Cependant l’ancien Premier ministre a aussi de bonnes cartes dans sa main. Connu et reconnu, il aura une influence dans la Macronie et un poids à l’Assemblée. Il est aussi un expert du fonctionnement de l’Etat et pourra plus facilement mener à terme des projets législatifs, s’il n’est pas repêché au gouvernement par Emmanuel Macron lors de l’élargissement de celui-ci après le 19 juin.

    Mais pour cet ancien poids lourd du parti socialiste, qui avait quitté coup sur coup en 2018 l’Assemblée nationale pour tenter de conquérir en vain la mairie de Barcelone, sa ville natale, puis en 2021 son poste de conseiller municipal de la métropole catalane, il faudra bien en passer par les urnes pour revenir sur la scène française.

    Et qu’en pensent les expatriés ?

    C’est donc les électeurs de la Vème circonscription des Français de l’étranger qui ont l’avenir politique de Manuel Valls entre leurs mains. Si on en croit les réseaux sociaux, c’est plutôt une mauvaise nouvelle pour l’ancien Premier ministre. Même le très influent ancien Président de l’UFE en Espagne, Francis Huss Seltensperger a pris le parti de Stéphane Vojetta avec une déclaration de soutien en vidéo.

    Un sentiment que semble confirmer notre consultation réalisée du 25 mai au 28 mai auprès des électeurs de la circonscription à laquelle 889 électeurs ont répondu. En effet, 46% d’entre eux déclarent voter pour le député sortant. Manuel Valls arrive lui à la troisième place avec 7,87 % des intentions de vote.

    Ce résultat reste une consultation et ne permet pas d’assurer que ce sont ces scores qui seront ceux publiés le 05 juin au soir. Mais la faible participation qui s’annonce, moins de 9% des électeurs avaient voté en ligne ce samedi 28 mai à 18h, n’est là aussi pas une bonne nouvelle pour Manuel Valls, les électeurs de Stéphane Vojetta étant plus mobilisés. Stéphane Vojetta a tenu à réagir :

    « Même si ce n’est qu’une enquête, ces pronostics réalisées par lesfrancais.press ont été très précis dans le passé, notamment en 2021 pour les élections consulaires quand le score de ma liste avait été anticipé au point près. Du coup je reçois ces indications avec une satisfaction prudente mais réelle, car elles confirment absolument mon ressenti de terrain: je perçois un soutien populaire très large pour ma démarche et pour les principes dont je suis désormais un symbole. Ce soutien populaire va bien au-delà des électeurs de ma famille politique, et j’espère que tout cela cela sera confirmé dans les urnes au soir du dimanche 5 juin. »

    Stéphane Vojetta

    Du côté de la presse, la candidature de Manuel Valls à l’Assemblée nationale française n’a, pour l’heure, pas suscité un énorme intérêt. En Espagne les quelques commentaires ne sont lui guère favorables. « Tout montre que Valls ne pourra pas battre (le député sortant Stéphane Vojetta) et que ce sera la fin d’un opportuniste qui n’a pas eu la sagesse, le courage et la dignité de se retirer à temps », affirmait le 13 mai le quotidien conservateur ABC dans un éditorial cinglant intitulé: « Dernière opportunité pour un opportuniste ». Comme Ségolène Royal, candidate malheureuse aux sénatoriales des expatriés, l’ancien éléphant du PS, Manuel Valls, risque une humiliante défaite avec les Français établis hors de France.

  • La Méditerranée : un trait d’union entre les peuples

    La Méditerranée : un trait d’union entre les peuples

    La Méditerranée est un rempart à l’opposition Orient/Occident, puisque l’idée méditerranéenne est avant tout un trait d’union. Dans le cadre des décolonisations, le recours au méditerranéisme permettait de ne pas opposer les colonisés et les colonisateurs, mais de créer une identité commune. Dans l’entre-deux-guerres, certains agrégés français s’installent au Liban ou en Égypte par exemple et créent des revues francophones, mais qui traduisent des auteurs locaux, parfois diffusés en France, un vrai pont culturel.

    Aujourd’hui, la Méditerranée rappelle à tous que la pollution faite sur une rive touche tous les habitants du bassin, locaux, touristes et expatriés. A Ajaccio, les 20,21 et 22 mai, se sont ainsi retrouvés ceux qui protègent, ceux qui aiment, ceux qui chérissent, notre « mare nostrum », l’occasion de comprendre les mécanismes de la pollution, ses conséquences et imaginer des solutions. Votre site, Lesfrancais.press, y était.

    Un festival pour la Méditerranée

    Pour sa première édition, le Festival de la Méditerranée a réuni à Ajaccio (Corse-France) des associations, des fondations et des entreprises qui œuvrent pour une cause prioritaire : protéger l’écosystème de la Méditerranée.

    Durant 3 jours, de multiples rendez-vous ont été proposés aux participants, comme la présentation des actions pilotes du port Charles Ornano à Ajaccio pour améliorer la qualité des eaux portuaires, la présentation des actions de la Fondation de la Mer, ou encore la découverte de solutions de traitement des biodéchets à la source par la société Tarra.

    Le point d’orgue du festival fut la diffusion du film Méditerranée, l’Odyssée pour la vie, issu de la série du même nom créée par Frédéric Fougea.

    Bande-annonce du film Méditerranée, l’Odyssée pour la vie

    Le film révèle les merveilles d’un monde vivant riche, surprenant mais aussi très fragile. En mer, sur terre et dans les airs, un fascinant voyage dans le monde d’animaux et de plantes qui se sont adaptés pour continuer à vivre en Méditerranée, malgré l’impact croissant des activités humaines.
    La projection a été suivie d’un débat, mené par Victor Robert (journaliste et producteur). Au fil des échanges se révèle l’interdépendance des milieux maritimes qui composent la Méditerranée.

    Nous, les Français, expatriés ou non, sommes prêt de 8 millions à vivre (6,8 million sur les rivages français) au bord de la Méditerranée. Nous sommes, donc, des acteurs majeurs de la prévention de cette mer qui vit naitre notre civilisation occidentale entre Athènes et Rome.

    Une pollution majeure au plastique

    Et nous pouvons participer facilement et quotidiennement à sa préservation. Car le principal ennemi de ce bassin de vie, c’est le plastique. Cet ami du quotidien qui nous dépanne bien mais qui empoisonne les lieux de vie des espèces marines. Comme nous le révèle, s’il le fallait encore, le film Méditerranée, l’Odyssée pour la vie.

    On découvre ainsi les merveilles d’un monde vivant riche, surprenant mais aussi très fragile. C’est un fascinant voyage dans le monde d’animaux et de plantes qui se sont adaptés pour continuer à vivre en Méditerranée, malgré l’impact croissant des activités humaines, qu’on nous offre.

    Un cadeau pour se sensibiliser à une catastrophe silencieuse.

    Méditerranée
    Méditerranée

    La mer la plus polluée

    La mer Méditerranée, la plus vaste des mers intercontinentales, s’étend sur 2.9 millions de kilomètres carrés et représente 0.8 % des eaux du globe. Située entre l’Europe, l’Afrique du Nord et l’Asie de l’Ouest, elle est comme son nom l’indique « au milieu des terres ». Sa position est devenue un facteur aggravant de la concentration de la pollution plastique.

    Le taux de renouvellement de ses eaux est d’environ 90 ans alors que les plastiques mettent parfois plusieurs centaines d’années pour disparaître. Les morceaux de plastique se décomposent sous l’effet des rayons UV, du vent, de la salinité et du mouvement des vagues. En Méditerranée, la libération de ce plastique devient de plus en plus problématique car les concentrations de microplastiques atteignent des niveaux records : 1,25 million de fragments par kilomètre carré. Cette tendance s’accentue chaque été avec l’arrivée massive de touristes, les 200 millions de touristes générant une augmentation de 40 % des déchets.

    On estime qu’entre 8 et 12 millions de tonnes de plastique seraient relarguées chaque année en Méditerranée, 20 % du fait des activités de pêche et du trafic maritime et 80 % du fait du largage par les rivières et les fleuves.  

    Comment agir au quotidien pour la Méditerranée ?

    Déjà, il faut savoir que la France est le premier producteur de déchets plastiques de la région et son taux de recyclage est inférieur à celui de ses voisins européens. Mais notre pays vise la fin du plastique jetable d’ici à 2040.

    Certains habitants et entreprises de la région de Marseille ont décidé d’agir en développant eux-mêmes des solutions concrètes visant à limiter la pollution plastique et l’usage même des emballages plastiques. Comme la société Click Dive qui a lancé une application de science participative destinée à tous les usagers de la mer, et vise à cartographier la faune et la flore, mais aussi les déchets plastiques situés près des côtes. L’objectif, nous explique Brice Masi, son créateur, est de donner à terme une portée nationale et internationale au projet et d’aider les organismes et « l’État » à prendre des décisions pour protéger les mers et océans.

    En Corse, c’est la compagnie locale de ferrys, Corsicalinea, qui s’engage dans un vaste plan de renouvellement de ses bateaux (8 à ce jour) pour basculer sur des navires moins polluants. C’est près d’un milliard d’euros que l’entreprise va mobiliser sur 10 ans. Dans cette démarche, elle est soutenue par le syndicat national des armateurs qui veille au respect par ses membres des directives européennes, les normes les plus sévères au monde. Totalement sensibilisé à la cause des océans et mers, le syndicat milite au niveau international pour un alignement des normes sur celles de notre continent.

    Mais les simples citoyens, en France ou n’importe où, peuvent aussi agir sur mer comme sur terre. Déjà en limitant leur consommation de plastique, et cela commence au supermarché en privilégiant les emballages en carton ou les produits naturels qui n’en ont pas besoin. Après on peut faciliter leur collecte et leur recyclage ou enfouissement loin des eaux en suivant les consignes données par les autorités dans les pays qui ont pu lancer de telles démarches.

    Et en mer ? Il est impératif de bien conserver ses déchets pour les évacuer à terre dans un lieu prévu à cet effet. Il faut aussi préférer les bidons d’eau du robinet aux packs d’eau en bouteilles, etc. De nombreuses petites actions qui peuvent faire la différence. Bien sur, le voilier est à privilégier au bateau à moteur.

    Le fonds HLD pour la Méditerranée

    Pour les plus concernés, il est possible de joindre ses forces aux acteurs du fonds HLD pour la Méditerranée, le partenaire de la première édition du Festival de la Méditerranée, en présentant un projet via le site dédié.

    Le Fonds HLD pour la Méditerranée est un fonds de dotation créé par le groupe HLD. Sa vocation est de participer au développement de solutions répondant aux menaces qui impactent l’ensemble du bassin méditerranéen sur le plan écologique. Pour ce faire il met son expertise au profit de projets innovants, fédérateurs et solidaires. Aux côtés de l’association « Sauver la Méditerranée », il rassemble les acteurs de la société civile et privée, entreprises, universités, centres de recherche, associations et personnalités de tous les pays riverains autour d’un but précis et mesurable : la santé de la Méditerranée.

    À l’origine de HLD pour la Méditerranée, le groupe HLD est un groupe d’investissement fondé en 2010 par trois passionnés de l’entrepreunariat : Jean-Philippe Hecketsweiler, Jean-Bernard Lafonta et Philippe Donnet. Spécialisé dans le capital investissement, HLD investit dans le capital d’entreprises européennes de tous secteurs d’activité, cette prise de participation sans contrainte de durée permettant de soutenir des entrepreneurs porteurs de projets de développement.

    Au quotidien simplement, en s’engageant avec force, en formant les autres, toute une palette d’actions à la portée de tous existe pour préserver la mer Méditerranée. Si vous êtes intéressés, direction les pages Facebook et Instagram de l’association Sauver la Méditerranée.

    Téléchargez le programme du festival