Cécilia Gondard, est candidate au second tour pour la NUPES, dans la IVème circonscription des Français de l’étranger. Elle est opposée au député sortant de la majorité présidentielle Pieyre-Alexandre Anglade.
Issue du Parti socialiste (PS), Cécilia Gondard est élue consulaire en Belgique et aujourd’hui candidate à la députation pour les Français résidant au Benelux. Avec sa suppléante Catherine Libeaut, issue d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), elles se définissent comme des élues de terrain.
Que ce soit dans la vie associative ou politique, Cécilia Gondard s’est toujours impliquée pour défendre ses concitoyens. Elle commence son parcours politique en 2006, l’année de son installation dans le « plat pays ». En 2014, elle devient élue consulaire avant d’être nommée présidente de la Commission des finances, du budget et de la fiscalité au sein de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), et défend les budgets des aides sociales et culturelles. Quatre ans plus tard, elle revêt une double-casquette : celle de présidente de la Fédération des Français de l’étranger et du PS, et de secrétaire nationale à l’égalité femme-homme. Un poste qui lui tient particulièrement à cœur, car elle estime que les violences sexuelles et sexistes à l’extérieur de la France ne sont pas suffisamment prises en compte.
Rappel de la définition de l’accord de coalition
La Nouvelle union populaire écologique et citoyenne (NUPES) est née d’un accord de coalition entre le PS, EELV, La France insoumise (LFI) et le Parti communiste français (PCF). Inenvisageable il y a encore quelques mois, les diverses gauches ont réussi à former cette union historique pour les élections législatives et s’opposer à la « macronie » et à l’extrême-droite. Par ailleurs, comme le rappelle l’élue consulaire, cela ne sous-entend pas que toutes les couleurs politiques réunies sous la NUPES soient parfaitement d’accord entre elles, et installent un rapport de force entre les différents partis. Aussi, les députés élus le 19 juin prochain sous cette bannière seront investis selon leur groupe d’origine au sein de l’Assemblée nationale. Cependant, ils ont un accord de gouvernement, afin de mener une politique commune au sein de l’hémicycle. Elle pense ici au programme commun vis-à-vis de l’Europe, de l’écologie et des questions sociales.
Le programme de la NUPES au Benelux
Parmi le programme de Cécilia Gondard, quatre points ressortent particulièrement : la double-imposition des fonctionnaires binationaux, l’accès à l’éducation française à l’étranger, la reconnaissance des diplômes, et le télétravail pour les frontaliers.
La double imposition des fonctionnaires binationaux
Cécilia Gondard met en lumière les problèmes de double-imposition permis par les conventions fiscales bilatérales entre la France et les pays du Benelux. Si une nouvelle convention a été signée sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron – mais pas encore ratifiée – l’élue déplore que cette double-imposition pour les fonctionnaires binationaux n’ait pas encore été réglée et s’oppose donc au texte. Ainsi, il s’agit de l’un des premiers chantiers auquel voudra s’attaquer la candidate si elle est élue députée.
Par ailleurs, la ligne du programme du NUPES se rapportant à l’impôt universel ne concernerait pas la IVème circonscription. Effectivement, selon l’accord, un tel impôt serait mis en place dans les pays à la fiscalité manquante ou particulièrement faible, ce qui n’est pas le cas dans le Benelux.
L’éducation française à l’étranger et les équivalences de diplômes
« Les cinq années ont été d’une rare violence pour le système d’enseignement français à l’étranger » appuie la socialiste. A ses yeux, le quinquennat d’Emmanuel Macron a laissé le champ libre à la privatisation des lycées français à l’étranger, comme avec le lycée d’Anvers dans la région flamande. Or, elle estime que la privatisation va créer de la concurrence entre les établissements et faire augmenter les frais de scolarité dans le réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).
Face à cela, les participants de la NUPES proposent de « revenir à une puissance publique » en investissant dans l’Agence, mais aussi de « proposer un plan stratégique de développement ». Ici, Cécilia Gondard pense à revoir le système d’attribution des bourses scolaires, au développement du réseau en fonction des besoins des familles, mais aussi au détachement des professeurs. Enfin, elle soutient une mesure phare de la coalition de gauche, défendue par Jean-Luc Mélenchon durant la campagne présidentielle, celled’abolir la plateforme Parcoursup.
Dans la continuité du thème sur les études supérieures, la candidate à la députation voudrait voir les équivalences du Baccalauréat être davantage reconnues par les universités françaises. Tous les ans, les élèves qui étudient dans un lycée local angoissent de ne pas voir leur voeux êtres validés par la plateforme, car leur diplôme n’est pas suffisamment pris en considération. Ainsi, au sein de sa circonscription, Cécilia Gondard appuie l’entrée de la France dans l’accord Benelux sur la reconnaissance automatique des diplômes.
Cécilia Gondard (à droite) en campagne pour les élections législatives au Benelux
« Dans l’immédiat il faut augmenter le nombre de jour de télétravail »
Aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de personnes passent la frontière entre le Royaume et l’hexagone afin d’aller travailler, entrainant ainsi un problème écologique certain. Par conséquent, la membre de l’AFE aimerait voir le télétravail être revalorisé et repensé dans les accords entre les États. Elle demande donc à ce qu’un audit sur la situation dans les entreprises soit réalisé afin de rédiger un texte proche des réalités entrepreneuriales.
Les services publics à l’étranger
Cécilia Gondard voudra porter la primauté sur l’accès aux services publics pour les Français de l’étranger. De son point de vue, il est déplorable que ces derniers se dégradent au fur et à mesure, et soient démantelés, comme avec la suppression du corps diplomatique.
Elle demande par conséquent un réinvestissement massif au sein des consulats, afin de recruter du personnel et donc assurer un accueil permanent aux résidents français.
Écoutez le podcast avec Cécilia Gondard
Un podcast à retrouver sur toutes vos plateformes de streaming
La Haute Autorité de Santé a publié un rapport sur la stratégie anticipée de vaccination à l’automne 2022 face à la pandémie de Covid-19.
Une situation sous contrôle pour l’instant
La Haute Autorité de Santé (HAS) avait déjà validé le 12 mai dernier une série de recommandations sur la future stratégie de vaccination contre la COVID-19 (rapport mis en ligne le 25 mai). Après plus de 2 ans de pandémie COVID, un an après la mise à disposition pour tous les adultes d’un vaccin remarquablement efficace contre les formes sévères, la France connaît actuellement une phase d’amélioration de la situation hospitalière.
La fin du passe vaccinal, la confusion sur les schémas de rappels, la difficulté pour « aller vers » les populations fragiles non protégées ont cependant conduit actuellement à un quasi arrêt de la campagne vaccinale. La circulation virale reste forte (plus de 20 000 nouveaux cas chaque jour), les entrées hospitalières ont cessé de baisser et de nouveaux variants arrivent sur le territoire, faisant craindre un rebond épidémique à plus ou moins court terme.
Un pic pour cet été ?
En effet, les professionnels de santé sont inquiets pour les semaines à venir.
« Il faut surveiller car l‘hôpital est sous tension. On a un manque de personnel flagrant” Karine Lacombe, infectiologue interviewée par l’AFP.
Selon les autorités sanitaires, les sous-variants d’Omicron, BA4 et BA5, seraient moins dangereux. Mais ils représentent tout de même un risque pour les personnes immunodéprimées et non-vaccinées. Néanmoins, les chiffres restent moins élevés que lors des précédents pics.
Les inconnues dans les prochains mois restent nombreuses : apparition de nouveaux variants ? Avec quelle sévérité intrinsèque et quel taux d’échappement aux immunités précédentes ? Durabilité de la protection contre les formes graves dans le temps ? Disponibilité et efficacité de vaccins « mis à jour » ?
La HAS propose 3 scénarios, basés sur la sévérité des futurs variants et le maintien ou non de l’immunité contre les formes graves. Mais elle s’évite de mentionner les critères qui définiraient chacune de ces hypothèses.
Comme si elle marchait sur des œufs, la stratégie de vaccination proposée apparaît extrêmement limitée : dans l’hypothèse la plus favorable, seuls les immunodéprimés doivent bénéficier d’une campagne de rappel (ce qui est déjà le cas actuellement… et trop peu réalisé dans les faits). La HAS juge, sans argumentation, l’hypothèse intermédiaire comme étant la plus probable : immunité en baisse, variant de virulence équivalente à Omicron. Or, si l’immunité qui baisse avec le temps est une donnée déjà admise par la communauté scientifique, rien ne permet d’affirmer que les prochains variants seront moins sévères (Delta a remplacé Alpha et conduisait à plus de formes sévères). Dans cette hypothèse, elle propose une stratégie vaccinale révérée aux populations à risque, ne tranchant même pas sur la vaccination proposée aux soignants. Il apparaît légitime de s’interroger sur l’accessibilité à tous du vaccin dans cette stratégie (toutes les personnes à risque sont-elles identifiées et se considèrent-elles comme tel ?). L’absence de mention des conséquences en dehors de l’hôpital sont-elles aussi à déplorer, et toute notion de prévention des « COVID longs » par la vaccination n’est pas abordée. Encore une fois, le raisonnement se base sur la seule ligne « l’hôpital doit tenir ».
Pas de retour du passe vaccinal
La HAS acte la fin de tout retour d’une forme de passe vaccinal, arguant d’une balance à trouver entre la liberté individuelle et les contraintes de santé publique. Or, si sur la forme le passe vaccinal peut être critiqué, nul doute qu’il a conduit à une vaccination massive en France, et permis d’éviter une situation encore pire cet hiver.
Un des points les plus critiquables de ce rapport concerne la temporalité de cette stratégie de rappel. Encore une fois, la HAS entretient l’hypothèse d’une infection saisonnière, elle incite à une vaccination à l’occasion de la vaccination grippale. Cette demande avait déjà été faite à l’automne 2021, et nous avons pu constater sur le terrain ses limites : demande des patients ou des médecins de séparer les 2, taux très partiel de vaccination contre la grippe, et surtout la vaccination COVID qui attend la disponibilité des vaccins grippe, conduisant à un retard de protection préjudiciable pour les patients.
Catherine Colonna, nouvelle Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a ouvert le 9 juin la conférence annuelle de l’Institut d’Etudes de Sécurité de l’Union Européenne. Elle y a prononcé le premier discours qui donne sa vision globale de la politique de sécurité commune.
La guerre d’Ukraine donne un nouveau relief à ce qui paraissait hier encore convenu : boussole stratégique, industrie de défense, capacité de déploiement rapide, boussole stratégique, OTAN… la nouvelle Ministre des Affaires étrangères espère avoir plus de chance de se faire entendre avec le retour de la guerre en Europe.
En revanche, si elle évoque la « Communauté politique européenne », elle ne précise pas plus avant son contenu. A propos de l’Afrique et de l’Indopacifique, deux échecs français, en invoquant le temps long, elle annonce que les luttes d’influence ne font que commencer et que les Européens feraient mieux de s’y intéresser et de ne pas laisser la France seule. En revanche, rien sur les menaces nouvelles, très proches, au Moyen-Orient et en Méditerranée. Ce sont peut-être des sujets trop brûlants.
Nous publions le discours de Catherine Colonna, qui risque d’être une référence. Nos lecteurs pourront ainsi se faire une idée par eux-mêmes.
« Le retour de la guerre sur notre continent, à nos frontières, a bouleversé le paysage géopolitique. L’agression de l’Ukraine par la Russie, le 24 février dernier, dans le prolongement de l’annexion illégale de la Crimée et de l’intervention armée dans l’Est de l’Ukraine, initiées en 2014, de même que les violations répétées du droit international par Moscou, ont ravivé des réflexions au long cours sur l’ordre politique international, sur l’architecture européenne de paix et de sécurité, sur le respect du droit international, mais aussi sur les notions de souveraineté et de responsabilité.
La guerre en Ukraine constitue un tournant, elle a des répercussions globales, d’ordre stratégique, d’autres recompositions ont cours, loin de nos frontières.
Les décisions prises par de nombreux pays européens de réinvestir massivement dans leur défense, de se porter candidats à l’adhésion à l’OTAN ou à l’Union européenne, ou de participer pleinement à l’action de l’Union européenne en matière de sécurité et de défense, sont autant d’illustrations visibles des recompositions qui sont à l’œuvre et sont appelées à se poursuivre. Elles vont aujourd’hui dans le sens d’une plus grande unité des Européens et d’un renforcement simultané de l’Union européenne et de l’OTAN.
La guerre en Ukraine constitue un tournant et restera un défi pour toute une génération d’Européens. C’est une véritable tragédie pour le peuple ukrainien, elle a aussi des répercussions globales, d’ordre stratégique, car d’autres recompositions ont cours, loin de nos frontières, mais aussi sur le quotidien des populations à travers le monde qui subissent, comme conséquences de la guerre choisie par la Russie, les pressions inflationnistes sur les produits de base tels que le pétrole, le gaz et le blé, avec des effets potentiellement catastrophiques dans les pays les plus vulnérables.
Si le retour de la guerre en Europe était un test pour notre solidité, pour notre solidarité et pour notre unité, ce test, nous l’avons réussi. Nous sommes aujourd’hui renforcés dans notre unité, renforcés dans notre solidarité. Cette guerre a aussi rappelé la nécessité d’une Union européenne qui soit mieux armée pour faire face à la compétition croissante entre les puissances, qui soit capable de faire face à des crises de haute intensité et capable de devenir un véritable partenaire de confiance et un partenaire autonome.
À cet égard, ces derniers mois ont été riches d’enseignement, ô combien. Ils ont d’abord montré que l’impulsion que nous avons donnée depuis 2017 pour doter l’Union européenne d’outils en matière de sécurité et de défense était pertinente. Je pense notamment à la Facilité européenne de paix, que nous avons bien fait de créer, et qui nous a permis d’apporter un soutien militaire rapide et décisif à l’Ukraine, avec 2 milliards d’euros, dont plus de 92% désormais de matériel létal.
Je veux ensuite souligner la contribution essentielle et structurante que constitue l’adoption d’une Boussole stratégique, à la fois ambitieuse et réaliste. Ce premier Livre blanc de la défense européenne à l’horizon 2030est un signal stratégique majeur face à la dégradation inédite de notre environnement de sécurité entraîné notamment mais pas seulement par la guerre en Ukraine.
Nous devons éviter d’analyser les défis d’aujourd’hui et de demain avec le regard et les schémas d’hier
En se dotant d’une feuille de route pour les dix prochaines années, l’Union européenne franchit un nouveau cap dans sa politique de défense et de sécurité pour faire face au retour de la compétition de puissances, à la persistance de crises dans son voisinage et pour agir partout où son action est sollicitée et où ses intérêts sont en jeu. Elle se donne ainsi pour vocation de devenir un véritable acteur géopolitique, au service de la paix, du droit, de la sécurité et de la stabilité, dans son environnement géographique proche comme dans les espaces stratégiques contestés ; je pense bien sûr au cyber, au spatial, au maritime ou à l’aérien.
C’est parce que nous devons éviter d’analyser les défis d’aujourd’hui et de demain avec le regard et les schémas d’hier, que l’entrée des Européens dans cette « nouvelle ère » rend d’autant plus essentielle la mise en œuvre, non seulement concrète mais complète de notre Boussole stratégique.
Accélérer le renforcement de notre base industrielle et technologique européenne
À cet égard, je voudrais relever plusieurs points qui nécessiteront une vigilance constante des Européens pour les prochaines années.
D’abord, nous devrons accélérer le renforcement de notre base industrielle et technologique européenne et en résorber les lacunes critiques. Il y en a. Il nous faut pour cela entretenir la dynamique enclenchée au Sommet de Versailles, au mois de mars et au Conseil européen, tout récemment, en concrétisant les propositions de la Commission et du Haut Représentant. En particulier, il nous appartiendra d’adopter rapidement les propositions législatives sur la mise en place à court terme d’une task- force conjointe d’acquisition de défense et à plus long terme, d’un programme pérenne d’investissement européen ambitieux.
Une capacité de déploiement rapide, une présence maritime coordonnée
Deuxièmement, dans le domaine des opérations européennes, nous devrons opérationnaliser les propositions de la Boussole visant à rendre l’UE plus robuste et plus agile, en capitalisant notamment sur l’expériencesahélienne. Je pense en particulier à la capacité de déploiement rapide, aux présences maritimes coordonnées et aux modalités d’un recours accru à l’article 44 du traité qui ont déjà fait, vous le savez autant que moi, l’objet de très nombreux échanges.
Troisièmement, nous devrons également faire de l’Union européenne un acteur de sécurité incontournable dans les nouveaux espaces contestés, je le mentionnai il y a un instant, avec le développement de nouvelles stratégies sur le spatial de défense, la politique de cyberdéfense et en matière de sécurité maritime. Les différents outils qui composeront la boîte à outils hybride et qui permettront de mieux faire face aux tactiques dites grises, utilisées par nos compétiteurs sont non seulement essentiels, mais aussi indispensables.
Quatrième point de vigilance, nous devrons ensuite articuler davantage les instruments dont nous disposons pour conduire un politique étrangère globale qui soit au service de nos valeurs et de nos intérêts. Notre action à l’égard de chaque région du monde ne peut plus être prise isolément, et il nous appartient d’apporter des réponses pluridimensionnelles, comme nous le faisons face à la crise ukrainienne. Nous savons le faire, nous venons de le démontrer. Développons ce modèle. Il y a bien d’autres sujets et bien d’autres territoires.
La réponse à la guerre en Ukraine a souligné l’unité de la « famille transatlantique » et la formidable complémentarité entre l’Union européenne et l’OTAN.
Enfin, et ce n’est pas mince, nous devrons poursuivre notre réflexion commune sur la manière de faire évoluer nos partenariats, afin que, plus que jamais, nous répondions au besoin d’une approche collective, cohérente et complémentaire pour défendre nos valeurs et l’ordre international basé sur des règles.
Je pense tout d’abord à nos partenaires traditionnels en matière de sécurité et de défense, au premier rang desquels les États-Unis et, pour les États qui en sont membres, l’OTAN. La réponse à la guerre en Ukraine a souligné l’unité de la « famille transatlantique » et la formidable complémentarité entre l’Union européenne et l’OTAN. L’Alliance transatlantique est le fondement, évidemment, incontestable de la défense collective des États qui en sont membres.
Catherine Colonna
Disposer de tout l’éventail des capacités et des ressources pour agir de manière autonome et décisive
Et parallèlement, en complément, en appui, ensemble, nos efforts pour construire une Europe plus souveraine en matière de défense ne feront que renforcer l’Alliance, car les capacités que nous développerons profiteront également à l’OTAN. Il est en revanche indispensable, lorsque les Européens doivent prendre leurs responsabilités pour assurer la réponse à une crise faisant peser une menace directe sur leurs intérêts, que nous disposions de tout l’éventail des capacités et des ressources pour agir de manière autonome et décisive.
Vient ensuite la question de la manière d’optimiser nos relations avec les pays de la famille européenne qui ne sont pas, ou pas encore, ou plus, pour l’un d’entre eux, dans l’Union européenne, au profit de notre sécurité commune. La guerre en Ukraine, j’y reviens une fois encore, a souligné plus que jamais les valeurs mais aussi les défis que nous avons en commun. Nous devons donc bâtir un espace qui permette de nous réunir et d’échanger, sans chercher à dupliquer ni à déposséder des organisations existantes. C’est tout l’esprit du projet de Communauté politique européenne proposée par le Président de la République. Cette communauté n’est pensée ni comme une alternative, je veux le répéter, ni, évidemment, comme une tentative d’entrave au processus d’élargissement. C’est un objectif en soi que de dynamiser le processus d’élargissement, sans attendre l’adhésion, et de trouver une base pour multiplier dès à présent, le plus vite possible, les coopérations concrètes avec l’Union européenne.
Afrique et l’espace indopacifique
Enfin, je souhaiterais enfin évoquer les relations avec les partenaires au- delà de notre continent, avec lesquels notre sécurité est pourtant intrinsèquement liée. Je pense notamment aux deux géants que nous avons pour voisins : l’Afrique et l’espace indopacifique.
S’agissant de l’Afrique, nous avons tracé des perspectives avec le Sommet UE-Union africaine. Les défis sont immenses, nous le savons bien, nous le mesurons chaque jour, en particulier au Sahel, et nos compétiteurs stratégiques s’emploient avec un réel talent à nous décrédibiliser et à tenter de gagner du terrain à nos dépens. Nous devons faire preuve de patience stratégique, car je suis convaincue que l’intérêt des Africains comme des Européens, à long terme, est d’avancer main dans la main. Je souhaite que nous ayons bien cette perspective et cet impératif en tête. Parions sur le long terme et sur notre avenir commun.
S’agissant enfin de l’Indopacifique, il s’agit d’un espace essentiel pour nos intérêts. Là, se jouent également les équilibres stratégiques et le futur du multilatéralisme. Le Forum ministériel pour la coopération dans l’Indopacifique qui s’est tenu en février a permis d’incarner l’engagement européen à travers des actions concrètes de coopération pour mettre en œuvre la stratégie européenne. Il nous faut, la route étant tracée, la suivre et ne pas perdre en élan.
Sortir d’une certaine forme de naïveté
Face à la fragmentation du monde, face à la tentation du repli, face au recul du respect des normes, ou face tout simplement à l’absence de norme, l’Europe ne peut se résigner à être spectatrice du retour à une logique de puissances qui pourrait compromettre sa sécurité et ses valeurs. Tous ces aspects sont essentiels pour concrétiser cette souveraineté européenne, à laquelle nous nous sommes efforcés de donner davantage corps, avec succès, je crois, tout au long de notre Présidence du Conseil de l’Union européenne.
Cette notion de souveraineté européenne est d’abord le signe que l’Europe est en train de sortir d’une certaine forme de naïveté pour faire face, comme elle le doit, de manière unie et solidaire à un environnement stratégique qui est de plus en plus dangereux »
En France, plus de 200 000 emplois ne seraient pas pourvus dans le secteur de l’hébergement et de la restauration. Des restaurants, des hôtels pourraient ainsi rester fermés durant cet été faute de main d’œuvre. 83 % des chefs d’entreprises interrogés dans le cadre de l’enquête Viavoice et du Cabinet Les Temps Nouveaux pour Sopra Steria Next et « Les Echos » affirment éprouver des difficultés pour recruter. Ils mettent également en avant un réel déficit de compétences. Ce taux atteint 94 % dans la construction.
Après des années de chômage de masse, la France pourrait connaître un manque de bras
La guerre en Ukraine ne semble pas, pour le moment, changer la donne. Après des années de chômage de masse, la France pourrait connaître un manque de bras. Le pays devra gérer la stagnation voire le déclin de la population active. Les prochaines années seront marquées par des départs massifs à la retraite qui seront à peine compensés par l’arrivée de jeunes actifs. Par le jeu de la démographie, le travail disponible sera rare sauf à accepter des flux migratoires plus élevés. Il ne faut pas oublier que la croissance est le produit du facteur travail, du facteur capital et du progrès technique.
Les périodes d’expansion reposent toujours sur une montée en puissance du facteur « travail ». Pendant la période des Trente Glorieuses dans les années 1950/1970, le temps de travail annuel en France était de 1 900 heures en moyenne. Il est aujourd’hui de 1 450 heures, soit une réduction de près de 25 %. Les gains de productivité ont permis cette diminution du temps de travail mais ils ont tendance à se raréfier. Si la productivité du travail augmentait de 4 % dans les années 1960, aujourd’hui, elle peine à dépasser 1 %.
Pour augmenter la croissance, la France se doit d’augmenter son taux d’emploi
Si le manque de main d’œuvre perdurait, la croissance de la France en serait affectée. Or, celle-ci est nécessaire pour assainir les comptes publics et pour financer les retraites, la dépendance, la santé, les dépenses d’éducation ou celles liées à la transition énergétique. Faute d’emplois, le déficit commercial qui atteint 100 milliards d’euros en rythme annuel sera difficilement comblé. Le souhait de réindustrialisation risque de ne pas être transformé par absence d’ingénieurs ou de techniciens. Avec le vieillissement de la population, les besoins de personnel dans les secteurs de l’aide à domicile ou de la santé seront également en forte hausse.
Pour augmenter le niveau de la croissance, la France se doit d’augmenter son taux d’emploi qui est particulièrement faible, 67 % contre 76 % en Allemagne. Cet écart s’explique par le fait que de nombreux jeunes et séniors ne sont pas en emploi en France. Pour rattraper ce retard, un effort en matière de formation est nécessaire.
Au-delà du taux d’emploi, l’attractivité de certains postes est en jeu. Les actifs, surtout depuis la crise sanitaire et dans un marché tendu, refusent les postes à forte pénibilité et contraintes. À la différence des salariés de l’industrie, terrain historique des conflits sociaux, ceux du secteur tertiaire ont, en règle générale, accès à moins d’avantages sociaux et ont moins de possibilité de mobilité interne, notamment par la formation. La question de la rémunération est un sujet éminemment sensible.
Coût du travail élevé, salaires bas
La France figure parmi les pays dont le coût du travail est l’un des plus élevés. Dans le même temps, de nombreux salariés éprouvent d’importantes difficultés financières pour faire face notamment aux dépenses de logement. La priorité donnée aux prestations par rapport au salaire direct conduit au ressentiment pour les salariés modestes.
L’autre voie serait d’augmenter le volume annuel de travail des salariés ; celle-ci pousserait naturellement à la hausse les rémunérations. L’assainissement des comptes publics, le financement des retraites, la transition énergétique ne seront financés que par le travail des salariés et des non-salariés. Avec la fin de l’argent facile, les fondamentaux de l’économie s’imposeront avec force. La valeur travail risque d’être la plus recherchée et la plus utile, témoignant de l’actualité de la formule de Jean Bodin, philosophe du XVIe siècle, en économie « il n’y a de richesses que d’hommes ».
La fin de la campagne législative du premier tour – si campagne il y eut- se conclut par ce que « Le Monde » appelle sans ironie le « retour du sérieux budgétaire. ». La majorité présidentielle reproche à la Nupes le montant astronomique de ses promesses (entre 280 et 330 milliards), celle-ci se moque des donneurs de leçons qui cumulent les déficits records : « la dette est à son sommet, le déficit extérieur est le plus vaste de l’Histoire ». Les deux ont raison. Le gouvernement a annoncé un projet de loi sur le pouvoir d’achat qui coûtera quelques dizaines de milliards supplémentaires, une paille par rapport aux dépenses de la Nupes. Cette dernière a sa logique : encore et toujours la rupture, pour ne pas dire la Révolution. Comme le dit une de ses expertes : « On arrive au bout de la logique libérale ».
Où trouver une logique libérale, sinon dans les profondeurs de l’inconscient politique, dans les traumas sociaux-démocrates et néo communistes, entre post marxisme-léninisme et laxisme-étatisme ? En France, la dépense publique représente 59% du PIB. Les prélèvements obligatoires atteignent 47,5% du PIB, six points au dessus de la moyenne européenne. La redistribution sociale (27% du Pib) ramène les inégalités à un coefficient de Gini (qui mesure l’écart de revenus entre les plus pauvres et les plus riches) parmi les plus bas de la planète et de l’Histoire. Les entreprises publiques, à défaut d’être florissantes, occupent à peu près tous les segments de l’économie : communication, transports, énergie, automobile, banques, logement, sans parler des secteurs réservés, comme la santé et l’éducation, domaines où la France est en tête pour les dépenses, moins pour les résultats.
Croire que la France est un pays libéral relève donc d’un mirage tapi dans l’inconscient collectif.
Les gouvernements français sont exempts de toute logique libérale. Même De Gaulle, avec Giscard, son ministre, le plus « libéral » des Présidents -si l’on se souvient du plan Rueff, des budgets en excédent, des prélèvements obligatoires à 32%- était un dirigiste qui croyait à « l’ardente obligation du plan ». Les prix, en France n’ont été débloqués qu’avec Barre. Croire que la France est un pays libéral relève donc d’un mirage tapi dans l’inconscient collectif : la peur du grand méchant loup ou la peur de la liberté après les excès révolutionnaires et le meurtre du père monarque.
Parmi les pays développés, la France est le moins libéral du monde, ce qui explique son génie, « l’exception française », ou plutôt sa gêne face au monde moderne. Les pays moins étatistes connaissent de meilleurs résultats, notamment pour le pouvoir d’achat : Allemagne, Suisse, Pays-Bas, Autriche, Slovénie, Corée, Canada … En France, on serait riche à partir de 3673 euros net. En Suisse, on est pauvre en dessous de 3800. De quel coté combat-on mieux la pauvreté ?
En deux siècles, la révolution libérale a fait reculer la misère, l’ignorance et la servitude comme jamais dans l’Histoire. Quelle décadence !
Une des tristes drôleries de cette campagne est que chacun y va de son chèque pour le pouvoir d’achat, oubliant que ce sont ceux qui le reçoivent qui le paient. Les gouvernements ne décident pas du pouvoir d’achat. Sauf en menant, pas à pas, une politique « sérieuse » qui permet à l’économie nationale de produire des richesses supplémentaires, d’être plus productive, plus « compétitive », horrible mot. Comme on ne peut l’être dans tous les domaines, chacun se spécialise, ce qui permet une meilleure allocation des ressources, une meilleure efficacité, grâce à l’échange. Au niveau mondial, cette affreuse « logique libérale », a permis à des centaines de millions de personnes de sortir de la famine et de l’extrême pauvreté en quelques années. En deux siècles, la révolution libérale a fait reculer la misère, l’ignorance et la servitude comme jamais dans l’Histoire. Quelle décadence !
Aujourd’hui l’épidémie, la peur et la guerre, interrompent les échanges. Résultat de cette dé-mondialisation, la faim revient, l’extrême pauvreté s’accroit. Ceux qui ont le souci des pauvres et des pays pauvres devraient se poser en premiers défenseurs de la « logique libérale », ce qui était d’ailleurs le cas à la fin du XIXème en Amérique latine comme en Angleterre. Au contraire, l’illibéralisme triomphe.
Orban le libéral est devenu anti libéral. Medvedev, considéré en son temps comme le libéral du Kremlin, écrit : « Je les déteste. Ce sont des bâtards et des dégénérés.» Qui ? Les Occidentaux. « La pensée libérale est devenue obsolète » martèle Poutine. Idée bien partagée en Europe, en Pologne, en Hongrie, en Italie et en France, où droite et gauche nationalistes et protectionnistes s’allient contre « le libéralisme anglo-saxon », oubliant que la pensée libérale était aussi française, latine, et grecque.
La haine, aussi aristocratique que populaire, de ce parvenu : le bourgeois. Quelle pauvreté intellectuelle !
Programmes et promesses s’en ressentent. Interdire, surveiller, contrôler, taxer, détaxer, subventionner, favoriser, discriminer : à l’Etat, au gouvernement, d’imposer le Bien. En Chine, la société de surveillance fonctionne. Le carnet citoyen, celui du bon comportement, est jalousé par bien des pays. Derrière la détestation des États-Unis, qui conduit à exonérer tout dictateur de ses crimes parce qu’il est anti américain, une vieille revanche nationaliste, mais aussi un mépris, une mode culturelle : la haine, aussi aristocratique que populaire, de ce parvenu : le bourgeois. Quelle pauvreté intellectuelle ! Et puis, cet inconscient collectif, bien bourgeois justement, qui craint la liberté et ses dérèglements. Tout cela légitime une mise au pas. L’écologie en est parfois l’excuse ou l’’instrument. Sous couvert de modernité, l’ultra conservatisme.
Et puis le retour de la guerre oblige à se rassembler autour du château fort. Dans les moments de crise, comme avec la Covid, l’attention aux libertés passe au second plan. Alors, gare à la guerre. C’est sur les guerres et le Fisc que se construisent les Etats.
La crise écologique ne se fera pas contre la croissance, mais grâce une nouvelle croissance portée par les ruptures technologiques
Encore que : l’affaiblissement des armées obligera les Etats à se concentrer sur ce qu’eux seuls savent faire : la Défense et la Sécurité. Avec la Justice ! Le coût de la transition énergétique suppose de créer de nouvelles ressources ou de s’appauvrir. Pas de transition énergétique sans performance économique, sans investissement, sans croissance : la crise écologique, contrairement à ce qui est affirmé, ne se fera pas contre la croissance, mais grâce une nouvelle croissance portée par les ruptures technologiques. Et l’innovation suppose une pensée libre, le droit à l’erreur.
Et puis la mondialisation reprendra sous la pression des pays pauvres. Le remède aux blocages et aux hausses des prix ? Echange et concurrence, comme de juste.
Enfin reste ce ressort enfoui au plus profond de chacun, ce « retour du refoulé » que craignent tous les pouvoirs : le désir de liberté, la volonté d’être autonome, la joie de s’émanciper. Ce n’est pas un désir de consommer plus, mais la volonté d’être un peu plus libre, notamment en gagnant mieux sa vie. Logique libérale ? La liberté fonctionne selon un système intuitif : chacun comprend que ceux qui veulent son bien par la contrainte ne sont pas de vrais amis.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
Ce dimanche 12 juin, les Français ont voté pour le premier tour des élections législatives 2022. Comme pour les expatriés, la première victime de ce scrutin, c’est la démocratie. Avec une participation à 47,2%, c’est le plus mauvais score de l’histoire des élections législatives. Mais la grande leçon de ce premier tour des élections législatives, c’est la fracture entre les Français qui se concrétise par un éclatement des voix et l’apparition de deux blocs au potentiel électoral important, Ensemble ! (l’alliance autour d’Emmanuel Macron) et Nupes (l’alliance de Jean-Luc Mélenchon). Chacun de ces ensembles de partis est crédité d’un quart des voix. On détaille ces résultats pour les Français établis hors de France.
Une participation qui doit remonter
Les expatriés avec une moyenne proche des 25% n’ont pas donné l’exemple le dimanche 05 juin pour leur premier tour. Depuis mercredi 10 juin, nous, les Français de l’étranger, nous pouvons voter en ligne pour le second tour, la participation est en moyenne en progression de 50%. La dynamique sera peut-être la même en France dimanche 19 juin.
Ensemble ! et Nupes dominent le paysage politique
Selon les estimations Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France, France 24-RFI-MCD et LCP-Assemblée nationale, le RN arriverait troisième (18,9 %), LR-UDI-DVD quatrième (13,7 %) et Reconquête ! cinquième (3,9 %). Tandis que la Nupes (25,2 %) et la coalition présidentielle (25,2 %) caracolent en tête mais à égalité !
En termes de projection en sièges, rappelons que la majorité s’établit à 289 sièges, Ensemble devrait facilement conserver la majorité mais le gouvernement devra faire face à une opposition beaucoup plus nombreuse et surement mieux organisée car issue d’une alliance qui vient de faire ses preuves sur le plan électoral. Ce succès apparent pour le Président de la République est en fait un premier avertissement, le parti d’Emmanuel Macron perd 7 points par rapport à 2017.
Projection
– Ensemble (LREM, Modem et ses alliés) obtiendrait entre 255 et 295 sièges – La Nupes obtiendrait entre 150 et 190 sièges – Les Républicains obtiendraient entre 50 et 80 sièges – Le RN aurait entre 20 et 45 sièges, ce qui suffit à constituer un groupe à l’Assemblée – Les divers gauche hors Nupes sont crédités de 15 à 25 sièges
Emmanuel Macron avait prévenu, les ministres du gouvernement d’Elisabeth Borne qui ne sont pas élus ne garderont pas leur portefeuille. Les premiers résultats doivent soulager les intéressés, en effet, dans la 10e circonscription du Nord, Gérald Darmanin devrait dépasser les 40% de suffrage au premier tour et resterait donc ministre. Même Damien Abad arrive en tête, malgré les lourdes accusations qui ont été portées contre lui pendant la campagne par une ancienne partenaire, selon les résultats partiels dans la 5e circonscription de l’Ain.
Par contre pour l’ancien ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer c’est la déroute. Il est éliminé dès le premier tour des élections législatives dans la quatrième circonscription dans le Loiret, selon des résultats partiels.
Le RN écrase Reconquête !
Les candidats d’Eric Zemmour ne créent pas la surprise. Son parti, Reconquête, devrait obtenir de 0 à 1 siège dans la future Assemblée nationale, selon la projection réalisée par Elabe pour BFMTV et L’Express avec leur partenaire SFR à l’issue du premier tour des élections législatives de ce dimanche.
L’ancien éditorialiste avait reconnu que faire entrer des cadres de son mouvement à l’Assemblée nationale serait « très difficile ». Il avait lui-même tergiversé avant d’annoncer sa candidature dans le Var, dans l’une des rares circonscriptions favorables à son parti.
Reconquête fait également les frais de l’absence d’accord à l’extrême droite. Malgré les nombreux appels du pied d’Eric Zemmour, le Rassemblement National de Marine Le Pen avait refusé de conclure une alliance en vue du premier tour des élections législatives.
Et le couperet est donc tombé pour Eric Zemmour, candidat dans la 4e circonscription du Var, qui serait en 3e position avec 22,85% des suffrages, derrière Philippe Lottiaux (RN), donné à 24,03%, et la députée sortante, Sereine Mauborgne (Ensemble), créditée de 29,38%. Pour se qualifier pour le 2nd tour, le président de Reconquête doit soit finir dans le deux premiers, soit obtenir un score équivalent à 12,5% des inscrits sur les listes électorales de sa circonscription, ce qui parait impossible vu la participation.
L’Asia Society Hong Kong et le Consulat de France proposent, dans le cadre du programme national, une Nuit des idées 2022 pour façonner le monde. Par son format hybride et innovant, il proposera un contenu captivant et varié, que vous veniez dans l’oasis de calme de l’ASHK au cœur d’Admiralty ou que vous suiviez les débats en ligne.
La Nuit des idées 2022
Le patrimoine occupe une place prépondérante dans le débat qui façonne l’identité des générations futures. Face à ce constat, la Nuit des Idées a pour objectif de déconstruire la notion pour répondre à une question simple mais essentielle : qu’est-ce que le patrimoine ?
Deux tables rondes pour le patrimoine
D’éminents spécialistes du patrimoine français et hongkongais, des universitaires de renom, des personnalités institutionnelles et des professionnels de l’art débattront de ce thème crucial lors de tables rondes animées par le président de l’Antiquities Advisory Board, M. Douglas So. Les discussions, qui se tiendront dans le prestigieux Hong Kong Jockey Club Hall de l’ASHK et seront diffusées en direct, exploreront les liens émotionnels entre les populations et le patrimoine.
Des réponses pourront également apparaître sous diverses formes, puisque la soirée donnera également lieu à une exposition de l’ASHK de plus de 80 images des photographes Hedda Morrison, Lee Fook Chee et Brian Brake prises à Hong Kong entre les années 1940 et 1970 (Recovery, Resilience,Resurgence), à une exposition exclusive d’enseignes en néon de l’association Streetsignhk, ainsi qu’à une expérience VR (Virtual Reality, [NDRL : la réalité virtuelle]) unique autour du patrimoine bâti français.
Avec deux tables rondes, « La Nuit des Idées » invitera le public à revisiter sa perception du patrimoine, et à s’engager dans une réflexion personnelle sur ce qu’il considère personnellement comme du patrimoine.
L’International Yehudi Menuhin Foundation organise à Bruxelles un grand concert le 21 Juin 2022 au Wolubilis à l’occasion de la fin de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne, sous l’intitulé de « Douce France » : la patrie des Droits de l’Homme est aussi la nation qui a inventé la Fête de la Musique et l’on sait que l’Hexagone est un terreau fertile pour toutes les formes de cultures qu’elles soient accessibles à tous ou plus recherchées. Ce concert célébrera donc les flonflons et le musette, les musiques de films comme un répertoire plus classique. Il est notamment destiné à rassembler un large public dans un esprit de paix conforme au grand violoniste Yehudi Menuhin disparu en 1999.
La fondation a souhaité mobiliser son immense expérience dans le domaine inter-culturel pour proposer ce concert reflet d’une France joyeuse et cosmopolite qui associe des musiciens classiques aux côtés d’interprètes d’un art plus populaire et accessible à tous. La fondation mène des actions dans les écoles ou auprès de réfugiés pour faire vivre l’art et la musique malgré les vicissitudes guerrières de notre époque. Cet évènement symbolique vient donc prolonger ses activités plus quotidiennes qui permettent de tendre la main aux artistes en difficulté ou d’initier les plus jeunes aux bienfaits de la pratique musicale.
De nombreux partenaires dont l’Union des Français de Belgique se sont associés à la Fondation qui a souhaité cette année mettre notamment à l’honneur Gilles Apap, un musicien que Yehudi Menuhin chérissait tout particulièrement et qu’il qualifiait de « violoniste du 21ème siècle » tant le soliste est capable d’aller à la rencontre de toutes les cultures et de visiter tous les styles de musique avec bonheur, légèreté dans un style incomparable. Vous pouvez d’ailleurs tenter de gagner deux fois deux places en participant au jeu concours ci-dessous.
Nous avons souhaité donner la parole à Marianne Poncelet, fondatrice et directrice de la fondation internationale Yehudi Menuhin à Bruxelles pour en savoir davantage sur cet évènement.
Lesfrancais.press : Marianne Poncelet, un concert exceptionnel pour la paix et l’amitié entre les peuples va être proposé le 21 juin. Pouvez-vous nous en rappeler l’esprit et l’objectif ?
Marianne Poncelet
Marianne Poncelet : Au départ, nous souhaitions célébrer la présidence française du Conseil de l’Union européenne et c’est pourquoi nous avons conçu un programme varié centré sur la France et incluant différentes formes musicales (bal musette, chanson française, musique de film, musique classique, slam). Puis la guerre en Ukraine a éclaté, et nous avons alors décidé d’inclure dans notre répertoire la présence d’un violoniste ukrainien, Valeriy Sokolov, ancien élève de Yehudi Menuhin, afin qu’il puisse interpréter quelques œuvres en duo avec une jeune violoniste tchèque de mère russe, Olga Sroubkhova. Nous faisons ainsi un pont entre la présidence française et la présidence tchèque qui suivra à partir du 1er juillet, et nous soulignons l’importance du dialogue et de l’ouverture à travers la musique.
La sélection de ces musiciens s’est faite de manière intuitive, Valeriy Sokolov étant proche de Yehudi Menuhin, notre Fondateur, et Olga Sroubkhova collabore déjà avec nous dans le cadre de concerts que nous avons réalisés cette année pour recueillir des fonds afin de créer une chorale d’enfants ukrainiens réfugiés en Belgique.
Lesfrancais.press : On imagine parfaitement les efforts logistiques et d’organisation pour mettre en place un pareil événement. comment vous-êtes vous préparés pour offrir un tel évènement artistique de niveau relevé ?
Marianne Poncelet : Chaque année, nous organisons un grand concert afin de souligner le dialogue inter-culturel sur scène, et ce depuis la création de la Fondation Internationale Yehudi Menuhin. Nous avons donc la possibilité d’inviter de merveilleux musiciens proches de notre Fondation, comme c’est le cas par exemple pour l’admirable violoniste français Gilles Apap, Marlène Dorcena ou Marianne Aya Omac. Nous avons aussi développé une très belle collaboration avec le Brussels Chamber Orchestra, en résidence chez nous, et dont le directeur musical, Mario Villuendas, écrit les arrangements musicaux pour toutes les productions que nous créons. Nous avons un deuxième directeur musical, Thierry Van Roy, qui lui est spécialisé dans les musiques du monde. Ensemble, ils tissent des liens entre musique classique et musique du monde. Le final du concert reflétera d’ailleurs cet esprit, car tous les musiciens y prendront part.
Nous avons aussi créé de beaux partenariats, comme avec l’Institut Culturel Roumain, qui nous a proposé la participation d’un virtuose cymbaliste, ayant travaillé de nombreuses fois avec Vladimir Cosma. Musiq3 (RTBF) nous accompagne également dans la promotion de cet événement, et en amont nous avons recueilli le soutien de plusieurs sponsors ainsi que de la Région Bruxelloise et la Loterie Nationale.
Lesfrancais.press : Il est important de rappeler la philosophie d’un artiste comme Yehudi Menuhin. Cet immense violoniste disparu en 1999 était aussi un profond militant de la paix et une personne adepte du dialogue inter-culturel. Sa musique servait de trait d’union entre les peuples. Comment faites-vous vivre à votre niveau l’esprit de ce génie musical doublé d’une grande âme ?
Marianne Poncelet : C’est notre mission de faire vivre et perpétuer l’esprit de Yehudi Menuhin, incomparable musicien et humaniste, visionnaire dans son approche de l’évolution de l’humanité. Nous le faisons vivre à travers nos concerts qui sont des voyages à travers diverses cultures sur scène, mais surtout à travers nos projets qui donnent une voix à ceux qui n’en ont pas et qui encouragent l’inclusion sociale par la pratique de tous les arts. C’est le cas notamment de notre programme MUS-E, présent dans 12 pays depuis 25 ans, qui offre aux enfants des écoles primaires d’Europe la possibilité de découvrir et pratiquer une discipline artistique proposée en classe par des artistes (chant, musique, danse, arts de la scène, etc.). C’est aussi le cas de notre projet HOMELANDS qui permet aux artistes réfugiés de continuer leur art même en situation précaire, ou encore nos projets U-CREATE et INSIDE qui encouragent l’intervention d’artistes en centres d’accueil pour réfugiés (Fedasil, Croix-Rouge).
Nous travaillons avec un groupe d’artistes ambassadeurs de la Fondation Internationale Yehudi Menuhin, basés dans plusieurs pays, et qui sont les relais de la parole et de l’esprit de notre Fondateur.
Lesfrancais.press :Merci à vous et rendez-vous avec un public nombreux le 21 Juin.
Les Français qui vivent en Amérique du Nord élisent eux aussi leur député. Ils ont commencé le week-end dernier avec le premier tour qui a vu Roland Lescure pour Ensemble ! et Florence Roger pour la Nupes se qualifier. TV5MONDE et son envoyé spécial Catherine François les ont suivis dans leur campagne à New York. Un duel Nupes – Renaissance qui risque de se répéter le 19 juin en France.
Roland Lescure
Roland Lescure n’aura pas été pris à partie pour les motifs impérieux qui furent imposés aux expatriés pendant la pandémie. Il finit ce premier tour en dominant largement le plateau politique. Désormais les attaques se concentrent sur sa faible présence dans la circonscription qu’il attribue à la pandémie qui a bloqué les voyages entre la France et l’Amérique du Nord.
Florence Roger
La jeune et talentueuse Florence Roger talonne Roland Lescure, surfant sur les bons scores de Jean-Luc Mélenchon dans certains consulats comme à Québec, Montréal. Est-ce que cela sera suffisant pour faire tomber le demi-frère du célèbre producteur de télévision Pierre Lescure ? Tout dépendra de la mobilisation qui est restée faible, tout en s’inscrivant dans la moyenne mondiale, au premier tour avec 21,32 % de taux de participation.
Le Parlement européen a voté, ce mercredi 08 juin, la fin de la production et des ventes de véhicules thermiques neufs à partir du premier janvier 2035. Les anciens modèles ne seront plus autorisés à rouler 15 ans plus tard. C’est donc la fin annoncée des voitures thermiques en Europe pour 2050 et donc en France.
Répondre aux objectifs climatiques de l’Union européenne
Cette mesure, n’en déplaise à certains, est primordiale, parce qu’aujourd’hui, le transport routier représente 70 % des émissions carbone totales de l’Union européenne dues aux transports : c’est énorme ! L’enjeu est déjà anticipé par certains constructeurs pour 2030, c’est notre responsabilité au niveau de l’Union européenne de l’acter d’ici 2035. Il y a urgence. Le dernier rapport du GIEC nous donne moins de trois ans pour réduire nos émissions de CO2.
C’est une responsabilité collective. Et la fin des ventes de véhicules thermiques pour 2035 marque le virage vers une véritable révolution pour l’industrie automobile.
Le Conseil européen peut encore s’y opposer
Avec ce vote, le Parlement européen s’aligne donc sur les propositions de la Commission européenne. Mais il reste encore une étape importante pour que le processus du vote aille jusqu’à son terme. Il faut désormais convaincre les Etats membres de l’Union européenne. Et ce ne sera pas une mince affaire. Car pour que le texte soit mis en application, il faudra l’accord de tous les pays membres. Les pays membres présenteront chacun, d’ici la fin du mois, leur position. C’est alors que les négociations débuteront, et elles s’annoncent âpres. La présence des lobbys du milieu automobile va certainement peser lourd dans ces négociations. L’objectif est de parvenir à un accord entre les États membres, la Commission et le Parlement européen d’ici la fin de l’année.
Une mise en place difficile
L’interdiction des véhicules thermiques soulève par ailleurs des questions et la filière doit encore faire face à de nombreux défis. D’abord en matière d’approvisionnement : « Si les voitures électriques restent telles qu’elles sont – des SUV avec des grosses batteries –, nous n’aurons pas les matières premières nécessaires pour répondre aux exigences de production en 2035 », indique auprès de « Libération » Nicolas Meilhan, consultant au sein du cabinet de conseil EV-Volumes, spécialiste du secteur des voitures électriques. Entre autres, ce sont les composants de batteries (lithium, cobalt et nickel), majoritairement importés, qui viendraient à manquer. Sans compter une augmentation du prix de ces métaux.
Ce n’est pas là le seul obstacle au développement de ce secteur. Il faut aussi compter avec le manque d’autonomie des véhicules. Sans oublier que la fin du cycle de vie des batteries est aussi problématique, le lithium se recyclant encore très peu. D’ici 2030, l’Union européenne prévoit d’obliger les constructeurs automobiles à utiliser 4 % de lithium recyclé dans les nouvelles batteries, et 10 % d’ici 2035.
Qui dit véhicule électrique dit par ailleurs bornes de recharge. D’après le dernier baromètre d’Avere France, une association pour le développement de la mobilité électrique, la France compte actuellement 58 000 bornes. Il en faudra six fois plus en 2030 selon « Libération », qui cite l’ONG International Council on Clean Transportation. A l’échelle européenne, le groupe Renault décompte environ 200 000 bornes de recharge publiques. A l’horizon 2030, trois millions de bornes publiques devront être déployées en Europe pour alimenter les 44 millions de véhicules électriques.
Quid des petits revenus et des ouvriers ?
Pour les ménages à petits revenus et les ouvriers de ces industries, l’équation risque d’être complexe, c’est une situation qui doit être prise en compte si on veut voir se concrétiser cette décision tout en évitant une catastrophe sociale.
Pour cela, il faudra mettre des garanties de non-fermeture de sites, par exemple. Il va falloir former les salariés. A cette fin, il existe un fonds de transition qui pourra accompagner les salariés. La deuxième chose, c’est de relocaliser. En France, nous avons perdu depuis 10 ans 100 000 emplois dans l’industrie automobile, dus aux dumpings sociaux, aux délocalisations. Et ensuite, il faudra créer les filières de demain, notamment la filière de l’électromobilité : les voitures électriques, mais aussi le « rétrofit », qui permet la transformation des moteurs diesel ou essence en moteur électrique. Toutes ces filières-là, il faut les développer avec des nouvelles filières, comme l’économie circulaire : comment recycler les batteries, comment recycler l’ensemble des matériaux des voitures… Ça, ce sont des vraies politiques, donc si nous prenons le virage de la transition, celle-ci va permettre la création majeure d’emplois.
Concernant l’acquisition et l’utilisation de ces véhicules, c’est une refonte complète du mode de consommation qui doit être anticipée. Finie la pleine propriété, place aux flottes en libre service ou liées à un abonnement. Ainsi, les premières flottes de véhicules neufs ne seront pas achetées par les ménages, mais par les grandes entreprises et les collectivités. Ensuite, plus on va acheter, plus on va avoir une ouverture du marché d’occasion des véhicules zéro émission, et c’est là où cela devient important, parce qu’il existera tout un marché où les prix vont baisser. D’ici 2035, les prix vont chuter parce que vous avez déjà des constructeurs qui commencent à faire émerger des modèles électriques, donc les prix d’aujourd’hui ne seront plus les mêmes dans 13 ans. Il y aura plus d’offres, donc les prix vont mécaniquement baisser.
Le troisième acteur, souvent oublié, pour qui il va falloir trouver une nouvelle place dans le dispositif, c’est le concessionnaire. Ce dernier maillon de la chaine qui commercialisait les véhicules et assurait leur entretien auprès d’un large portefeuille de clients particuliers ou de petits professionnels. Tous ne survivront pas, alors que les capitaux immobilisés pour obtenir la confiance des constructeurs sont importants, le risque pour ces familles de tout perdre est non négligeable. Certains pourront devenir des spécialistes de gestion et d’entretien de flottes appartenant à des collectivités, des entreprises ou des opérateurs, d’autres mettront en valeur la mécanique avec des services sur-mesure pour les passionnés ou les plus fortunés. L’avenir est bien incertain pour ces 110 000 d’entreprises employant 405 127 salariés à travers la France, il faudra donc les accompagner.