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  • Participation au vote en ligne : peut mieux faire !

    Participation au vote en ligne : peut mieux faire !

    Le vote en ligne du second tour des élections législatives des Français établis hors de France s’est achevé ce mercredi 15 juin à 12h (heure de Paris). La participation a modestement progressé de 2 points pour s’établir à 23,56 % des inscrits ayant transmis leurs coordonnées pour le vote par internet contre 21,62 % lors du premier tour qui a eu lieu du 27 mai au 01 juin 2022. On revient en détails sur les conditions de vote des Français de l’étranger.

    La technique au point

    Tout d’abord, il est important de saluer les efforts faits par l’administration consulaire et le prestataire en charge des opérations, Docapost, une filiale du groupe La Poste, pour ce second tour. Rappelons que le premier tour fut marqué par des bugs à répétitions : erreur dans l’envoi des identifiants suite à la transmission d’une mauvaise liste d’inscrits par l’administration, problèmes d’acheminement des codes de validation du mail pour ceux détenant une adresse Yahoo ou Aol, etc.

    Mais cette fois, les techniciens comme les fonctionnaires ont mis les bouchées doubles… Et ce fut une agréable surprise. Les identifiants sont bien arrivés, les SMS aussi (même si il y eu tout de même quelques cafouillages sur certains territoires comme en Israël ou au Vietnam), et les mails de validation étaient bien dans les boites mails. Des écueils qui, pensait-on, avaient minoré la participation.

    Mobilisation minimum

    Au cours des 48h premières heures, élus, responsables et médias y ont cru. En fin de week-end, certaines circonscriptions affichaient une progression de 50% à 100% de votants. Mais au fil de cette semaine qui commençait, il a fallu se rendre à l’évidence. Le nombre important de votes était simplement dû à une facilité d’accès au dispositif en ligne qui a permis à chacun de voter immédiatement et rapidement. Mais peu de nouveaux participants, lundi 13, mardi 14 et mercredi 15 juin furent des jours très calmes.

    Résultat affiché au bureau centralisateur à Paris ce mercredi 15 juin 2022

    En effet, malgré les enjeux nationaux et les nombreuses possibilités de basculement de circonscriptions, les Français de l’étranger restent éloignés de ces élections. On pourrait dire comme les Français en France, mais avec une participation de 18,93%, sur l’ensemble des électeurs, en ligne ou à l’urne, les expatriés sont encore loin des mauvais scores constatés dans l’hexagone (39,42% en moyenne). On note tout de même que c’est le meilleur score de participation depuis la création des députés des Français établis hors de France en 2012. A chaque scrutin, la participation progresse.

    Il reste donc les urnes samedi aux Amériques et aux Caraïbes, dimanche dans le reste du monde, pour faire remonter la participation. Alors que les projets pour notre Nation ont rarement été si opposés et que les propositions pour les expatriés sont nombreuses, les Français établis hors de France doivent faire entendre leur voix.

  • Droit au compte bancaire, le nouveau dispositif entre en action

    Droit au compte bancaire, le nouveau dispositif entre en action

    Le décret publié le 13 mars 2022 au Journal officiel  s’applique depuis ce 13 juin 2022. Ce texte met en place une simplification du recours à la Banque de France pour les personnes dépourvues de compte de dépôt en France et qui ont vu leur demande rejetée par les banques commerciales. L’objectif est de modifier les délais de la procédure de droit au compte et d’améliorer son suivi.

    Pourquoi les banques rejettent les non-résidents ?

    Tout d’abord, les banques de manière générale privilégieront toujours un client principalement centré sur la France et à défaut l’Europe et l’Amérique. Beaucoup interviennent au-delà, cependant cela peut s’avérer plus compliqué et cela pourra être dans certains cas le motif d’un refus. Il y a même de grosses restrictions sur certains pays comme l’Irak, l’Afghanistan, la Corée du nord, le Panama, etc.

    La continuité juridique ainsi que la difficulté à vérifier les informations sont les deux justifications que nous a données la responsable communication de la Fédération bancaire française.

    Le compte non-résident

    Si la banque ne refuse par le non-résident, c’est souvent pour lui proposer un compte aux capacités réduites. Intitulée, le plus souvent, tout simplement, compte bancaire de non-résident, cette offre propose un compte bancaire duquel vous pouvez émettre ou recevoir des virements (SEPA, pour les SWIFT les coûts sont importants et toutes les banques ne proposent pas ce service). Ce compte sera accompagné bien sur d’un accès en ligne et d’une carte bancaire. Alors qu’en France, les cartes à consultation systématique du solde ne sont pas la règle, ce type de carte Visa ou Mastercard vous sera imposé à un cout élevé (environ 13€ par mois). Il ne vous sera pas possible de contracter des crédits à la consommation ou de mettre en place une facilité bancaire. Mais vous pourrez gérer vos dépenses obligatoires en France comme celles du quotidien.

    Ce type de compte peut dépanner pour des voyages récréatifs en France mais il est difficile de l’envisager comme compte principal. Pour en obtenir un, il faut mieux privilégier les néo-banques qui sont plus enclines à accepter les non-résidents que les banques dites classiques.

    Que faire si aucune banque ne vous accepte ?

    Si aucune banque commerciale ne vous accepte, vous pouvez donc activer le nouveau dispositif de la Banque de France instauré par le décret du 13 mars 2022.

    Désormais sans réponse de la banque contactée, dans les 15 jours suivant leur demande, une personne dépourvue de compte peut ainsi saisir la Banque de France, en fournissant la preuve de la démarche entreprise (accusé de réception de la lettre recommandée adressée à l’établissement bancaire, récépissé de dépôt en main propre de la demande).

    Dans le délai d’un jour ouvré suivant sa saisie, la Banque de France désigne un établissement bancaire proche du domicile du demandeur ou du lieu de son choix. Dans les trois jours suivant sa désignation, cet établissement doit indiquer au client les documents nécessaires à l’ouverture du compte.

    C’est donc une solution simple et efficace qui a été mise en place par le précédent gouvernement.
    En cas de nécessité, vous devez prendre attache avec la Banque de France via ce bouton.

  • Les touche-à-tout bonimenteurs de chez Mélenchon & Cie

    Les touche-à-tout bonimenteurs de chez Mélenchon & Cie

    Dans le Larousse la définition de touche-à-tout est : qui s’occupe de tout, aborde tous les domaines, mais superficiellement, et un bonimenteur est une personne qui raconte des boniments, des propos habiles et trompeurs.

    Ces définitions caractérisent très bien les balourdises qui émanent de la France Insoumise à propos de la fiscalité des non-résidents. Et que leurs partenaires – d’un instant – réunis dans la formation politique hétéroclite Nupes, seront bien obligés d’avaler comme tant d’autres couleuvres.

    Quelles idées tente de nous vendre la France Insoumise et ipso facto ses « alliés » de la Nupes ?

    L’impôt de nationalité et progressif

    1 – Un impôt de nationalité :

    « Les personnes avec des revenus en France supérieurs à 200 000 euros annuels, auront à payer la différence entre ce qu’ils paient à l’étranger et ce qu’ils auraient à payer en France s’ils y résidaient. »

    2 – Un impôt progressif :

    « Véritablement progressif avec un barème à 14 tranches, »

    Ces idées sont viscéralement ancrées dans les cerveaux de la France Insoumise. Les partenaires de la Nupes, même les plus rebelles, auront beaucoup de mal à faire changer d’avis les ayatollahs intégristes de la France Insoumise.

    Pour des non-avertis ces deux idées sont très vendeuses électoralement parlant. Mais en grattant un peu on découvre qu’elles sont du niveau du discours d’un camelot de foire capable de vendre des radiateurs électriques à un Inuit pour son igloo.

    Un impôt de nationalité se doit d’être non discriminatoire et compatible avec notre droit et la Constitution française. Beaucoup de pays ont essayé de le mettre en place, mais seuls les USA sont arrivés à peu près à le faire. 

    Ce, au prix d’une administration pléthorique, le Internal Revenue Service, et d’une complexité administrative aberrante pour les contribuables. Beaucoup de citoyens US sont obligés de faire appel à des fiscalistes pour remplir la multitude d’imprimés de l’IRS alors que pour la majorité des cas, la 2042 française simplifiée suffirait.

    De plus, nos touche-à-tout veulent dénoncer les conventions fiscales bilatérales. Ben voyons !  Le petit hic c’est qu’une convention fiscale est un contrat entre deux pays et que pour le rompre il faut l’accord des deux signataires. Et il faut penser qu’une dénonciation abrupte entraînera des contentieux assez gratinés.

    En imaginant que nos pieds nickelés, auto-proclamés fiscalistes, s’attaquent aux négociations, ils vont devoir palabrer avec 121 pays.

    En étant optimistes il faudra au moins 6 mois de palabres pour chaque convention. Même en travaillant simultanément sur plusieurs conventions, la tâche est immense. C’est au bas mot dix à quinze ans de boulot avec une grosse incertitude que le résultat final soit conforme au délire préalable. 

    Chers bonimenteurs, une mandature ne dure que cinq ans, et vu le côté chamboule-tout du reste de votre programme, une seconde mandature en 2027 me semble d’un optimisme irréfléchi. 

    Sans oublier que la dissolution ne concerne pas que les comprimés d’Alka Seltzer.

    Des règles incontournables ?

    Les règles actuelles d’imposition des non-résidents s’appuient sur deux piliers incontournables :

    La règle du taux minimum sur les revenus de source française qui permet d’imposer les investisseurs étrangers avec simplicité et qui donne un excellent rendement pour les caisses du Trésor Public.

    La règle de la retenue à la source avec son caractère libératoire sur les pensions et salaires de source française. Elle permet au fisc de récupérer à la source ce que beaucoup de non-résidents Français et surtout étrangers ne déclarent pas.

    Il faut que ces bricoleurs fiscalistes nous expliquent comment ils vont concilier leurs idées avec ces deux piliers incontournables. 

    Techniquement comment ça va marcher ? Avant de délirer, ont-ils pris langue avec la Direction des Impôts des Non-Résidents de Noisy-le-Grand ? J’ai l’impression que non. Comme c’est dommage.

    Nous avons vécu en fin 2018 l’épisode des amendements mal ficelés de Madame Genetet. Qui sont passés sans problème dans la loi de finance 2019 avec le soutien de ses collègues LREM. Aucun d’eux n’avait sorti une calculette pour mesurer l’implication de l’abandon de la tranche libératoire. 

    Des milliers de petits contribuables devenaient imposables avec des revenus de misère, d’autres voyaient des augmentations d’impôts avec des pourcentages hallucinants. Et le pire était que les gros contribuables voyaient leur impôt baisser en taux minimum.

    Cet épisode était concomitant avec une baisse des impôts, pour les petits revenus, annoncée par Monsieur Macron. Politiquement une catastrophe ! Que pourtant Messieurs Lescure et Petit ont quand même continué à soutenir avec force mensonges.

    Mais grâce à la clairvoyance de Gérald Darmanin, alors ministre des comptes publics, et de son staff, alimentés par nos rapports, cette loi de finances 2019 a été annulée dans la loi de finances 2021.

    Il est strictement impossible aux hiérarques de la France Insoumise, mais soumise aux idées préconçues, de démontrer que leur projet de fiscalité pour non-résidents rapportera plus de recettes dans la caisse du Trésor Public. Alors à quoi bon toucher à tout ?

    Jean Calvignac

    Une fois ça suffit, et les bonimenteurs de la France Insoumise devraient prendre en considération ce que me disait ma grand-mère : mon garçon avant de dire une bêtise tourne sept fois ta langue dans la bouche.

    Bernard Ribet et Jean Calvignac, Président de l’association

    FdEif : Français de l’Étranger imposables en France – Retraités, handicapés

  • A Eurosatory, Emmanuel Macron annonce une augmentation du budget de la Défense

    A Eurosatory, Emmanuel Macron annonce une augmentation du budget de la Défense

    Eurosatory, c’est le rendez-vous des industries de défense du monde entier. 1800 sociétés, dont 650 sociétés françaises,  près de 60 000 visiteurs. Pendant une petite semaine, du 13 au 17 juin, dirigeants et militaires du monde entier regardent les derniers modèles vantés par les industriels : blindés, drones, chars, hélicoptères, missiles, tout ce que la guerre d’Ukraine utilise et que les prochaines guerres utiliseront. L’occasion pour le Président de la République d’annoncer une augmentation du budget de la Défense.

    Sébastien Lecornu annonce que la France va renforcer ses capacités militaires en Asie-Pacifique

    A Singapour, trois jours auparavant, le nouveau ministre de la défense, Sébastien Lecornu, a annoncé que la France allait renforcer ses capacités militaires en Asie-Pacifique. Six nouveaux patrouilleurs d’ici 2025 (deux de plus) et cinq nouveaux avions de reconnaissance Falcon, fleuron de Dassault Aviation. De quoi montrer dans la région le matériel militaire français, et de rappeler aux Européens qu’ils ne peuvent être absents d’une zone qui couvre le tiers du monde, et leur routes d’approvisionnement commercial. Le moment, aussi, de rappeler l’ambition française une fois réglé le contentieux avec l’Australie, qui a payé 550 millions d’euros à Naval Group pour sa défection dans l’affaire des sous-marins. 

    Le monde réarme. Cette année, avec le retour de la guerre en Europe, le salon, qui ne s’était pas tenu depuis deux ans en raison de la Covid, prenait un tour plus réel, plus tragique. Avant, on regardait des jouets dont on pensait qu’ils devaient exister pour ne pas être utilisés. Aujourd’hui, on y voit les dégâts à venir. Il n’y a plus de pacifistes devant le salon, comme si chacun avait compris que le désarmement ne préservait pas la paix. Au contraire : si l’Ukraine avait été mieux armée, elle n’aurait pas été attaquée.

    Dans ce nouveau contexte, pour la première fois, le Président de la République est venu inaugurer le salon pour annoncer un renforcement du budget des armées et plaider pour une préférence européenne des Européens en matière de défense : « il n’y a pas de sécurité nationale, pas d’autonomie stratégique, donc pas de paix, sans des armes terrestres et une trésorerie adaptée ».

     « Nous avons besoin de renforcer une industrie et une base industrielle et technologique de défense européenne. » 

    Emmanuel Macron

    Emmanuel Macron a demandé une réévaluation de la loi de programmation militaire. Le but serait d’augmenter d’une dizaine de milliards le budget : « Nous devons dépenser beaucoup, mais nous devons penser une stratégie industrielle et d’innovation européennes, parce que c’est bon pour nos industries et nos industriels, c’est bon pour l’emploi dans nos pays, c’est bon pour avoir une capacité d’innovation duale dont notre économie a besoin, et c’est bon pour notre souveraineté stratégique. Nous avons besoin de renforcer une industrie et une base industrielle et technologique de défense européenne. » Toute la difficulté est là. Les budgets militaires européens sont importants mais divisés. Il n’y a pas de standardisation des équipements et encore moins des commandes, sauf celles de l’Otan.

    Emmanuel Macron à l’Eurosatory le 12 juin 2022

    L’Europe de la défense est un combat qui n’est pas gagné d’avance 

    L’augmentation des budgets européens, s’ils ne permettent pas un renforcement de l’industrie européenne de défense, mettra l’Europe sous la dépendance militaire et politique des États-Unis pour des décennies. Emmanuel Macron s’est dit intraitable sur le sujet, et a vanté les initiatives franco-allemandes en matière de projet d’armement. En même temps, Rheinmetal annonçait le développement de son nouveau char « Panther », en dépit d’un engagement franco-allemand de construire ensemble le « char du futur ». L’Europe de la Défense est un combat qui n’est pas gagné d’avance.

  • Algérie : la Basilique de Notre-Dame d’Afrique a feté ses 150 ans

    Algérie : la Basilique de Notre-Dame d’Afrique a feté ses 150 ans

    Construite à Alger entre 1858 et 1872, la  basilique Notre-Dame d’Afrique, dont le nom a été choisi par  Mgr Lavigerie en rapport avec l’existence d’un sanctuaire dédié à Sainte Marie d’Afrique dans la ville espagnole de Ceuta, a célébré ses 150 ans. 

    Une basilique catholique

    La basilique Notre-Dame-d’Afrique est l’une des basiliques mineures de l’Église catholique. Elle est située dans la commune de Bologhine, à l’ouest d’Alger, sur un promontoire dominant la mer de 124 mètres d’altitude.

    Elle a été construite par l’architecte Jean-Eugène Fromageau dans le style romano-byzantin, et consacrée le 2 juillet 1872. La basilique est classée sur la liste des biens culturels algériens comme monument historique depuis le 12 septembre 2012.

    L’extérieur est caractérisé par un haut dôme, fixé sur un tambour cylindrique. Cette basilique a la particularité d’avoir l’abside au sud-ouest, plutôt qu’à l’est comme d’habitude.

    Intérieur de la basilique lors d’une célébration de Noël

    Des religieuses décidées

    Les Chrétiens ont connu en Afrique du Nord une grande et rapide extension, dès les premiers siècles de l’ère chrétienne. Ils furent à plusieurs reprises persécutés à mort par les fonctionnaires romains. Leur souvenir est parvenu jusqu’à nous et se retrouve en cette basilique. Il y eut parmi eux de grands penseurs dont le plus célèbre est Saint Augustin, évêque d’Hippone (Annaba). Il reste de cette époque, en Afrique du Nord, de nombreux vestiges : mosaïques, ruines d’églises, inscriptions.

    Sous la pression musulmane, peu à peu, les Chrétiens disparurent. Pendant la période ottomane, du 17ème au 19ème siècle, des Chrétiens, surtout européens, étaient présents sur le littoral d’Afrique du Nord, comme consuls, commerçants, esclaves, prisonniers de guerre, ou religieux. Une vingtaine de ces derniers se succédèrent comme représentants de l’autorité de l’Église Catholique romaine auprès de ses fidèles.

    Lors de la colonisation en 1830, la présence chrétienne reprit : Français, Espagnols, Italiens, Maltais, Mahonnais… si bien que le Pape Grégoire XVI, érigea le 9 août 1838 , pour toute l’Algérie, un évêché dans la ville d’Alger (ancien Icosium).

    Le premier évêque nommé fut Antoine-Adolphe Dupuch. Il travailla à l’installation d’églises et de paroisses chrétiennes de 1838 à 1846. C’est lui qui acquit, grâce à la générosité de jeunes filles lyonnaises, une statue de bronze, nouvellement créée, sous le vocable de la Vierge Fidèle, qui allait devenir quelques années plus tard, Notre-Dame d’Afrique.

    Succède à Mgr Dupuch en 1846, Mgr Louis-Antoine-Augustin Pavy (1846-1866). Il venait de Lyon où, prêtre de paroisse, il dirigeait spirituellement deux jeunes femmes : Margarita Bergesio (émigrée italienne qui francisa son nom en Agarithe Berger) et Anne Cinquin. Célibataires, elles s’occupaient d’œuvres caritatives et elles avaient l’habitude de fréquenter le pèlerinage lyonnais de Notre-Dame de Fourvière. Elles suivirent Mgr Pavy à Alger pour s’occuper de la lingerie et de l’infirmerie du séminaire établi dans la vallée des Consuls, où l’évêque avait sa résidence.

    Les lieux sont très accidentés, adossés à la montagne de la Bouzareah et creusés de profonds ravins, avec une végétation de pins, de vieux oliviers et d’épineux. Dans leur piété, ces deux demoiselles installèrent une statuette de Marie dans le creux d’un vieil arbre, au fond du ravin tout proche. Très vite les chrétiens de St Eugène (Bologhine) y vinrent en pèlerinage. On appela ce lieu, tout naturellement, Notre-Dame du Ravin.

    Mais cela ne suffisait pas à ces deux femmes, qui insistaient auprès de l’évêque pour qu’il construise une vraie église comme à Fourvière. Mgr Pavy hésitait par manque d’argent. Mais parce que « ce que femme veut, Dieu le veut », il prit sa décision le 8 décembre 1854, à l’occasion de la proclamation par le Pape Pie IX du dogme de l’Immaculée Conception de Marie. Très vite un comité fut mis en place, un architecte trouvé, un terrain bien situé, acquis. Un nom s’imposa : Notre-Dame d’Afrique, parce qu’on avait conscience qu’Alger s’ouvrait sur l’immense continent.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • L’Institut français de Londres a accueilli le débat du second tour des législatives 2022

    L’Institut français de Londres a accueilli le débat du second tour des législatives 2022

    Ce lundi 13 juin 2022, le Grand Débat a eu lieu à l’Institut Français de Londres entre les deux candidats du 2ème tour de la législative de la circonscription Royaume-Uni-Scandinavie-Pays Baltes, Alexandre Holroyd (Ensemble) et Charlotte Minvielle (NUPES). Il a été animé par Bénédicte Paviot, correspondante de France 24 et Éric Albert, correspondant du Monde. Nous l’avons diffusé sur YouTube et il sera rediffusé en radio. 

    Le débat était divisé en plusieurs thèmes. La société française, l’économie, l’environnement, l’Europe, la relation franco-britannique et les Français de l’étranger. 

    Des différences sur les sujets nationaux

    Pendant le débat nous avons pu voir que les deux candidats avaient des divergences sur les différents thèmes. La candidate de la NUPES, Charlotte Minvielle, a évoqué “l’inaction climatique du quinquennat précédent” en disant que la France a été condamnée sur ce sujet-là. Les violences faites aux femmes ont également été mentionnées. “Sur les violences sexistes, une lycéenne a interpellé le Président de la République qui a refusé de lui répondre. Elle a ensuite reçu une visite de la police. Cela démontre la place que LREM donne à la parole des femmes et des jeunes.”

    Le candidat d’ Ensemble, Alexandre Holroyd, a critiqué le fait que le leader de la France Insoumise soit anti européen. “Jean-Luc Mélenchon, c’est un eurosceptique assumé, et vous, Charlotte Minvielle, voulez le porter à Matignon. Peu importe la forme de mon engagement, je continuerai de me battre pour une Europe plus forte. Cette Europe, elle coule dans mes veines.”

    Les Français de l’étranger, un terrain d’entente ?

    Au cours du débat on a pu voir des similitudes sur les Français de l’Etranger. Pour Alexandre Holroyd, son objectif, depuis cinq ans, est clair et intangible : protéger les droits des Françaises et Français établis en Europe du Nord, et faciliter leur quotidien. 

    Quant à Charlotte Minvielle, “il faut également renforcer le soutien aux écoles FLAM et leur apporter une aide plus flexible qui corresponde mieux à leurs besoins.” Les deux candidats sont d’accord sur les services consulaires. La candidate de la NUPES estime que “sur les services consulaires, la dématérialisation est urgente et tarde trop. Il faut qu’elle s’accompagne aussi de soutien humain notamment pour les démarches administratives et fiscales compliquées. » Pour le candidat d’Ensemble, “pour le renouvellement des titres d’identité et des passeports on ne sera plus obligé d’aller au Consulat.” 

    Les deux candidats estiment au sujet de la relation franco-britannique qu’il faut plus de dialogue entre les dirigeants afin d’améliorer les choses. 

    Les réactions des candidats sur le débat ?

    Après le débat qui a duré deux heures, Charlotte Minvielle a pensé que c’était “super qu’on ait pu avoir ce débat. Je pense que c’est un exercice démocratique important. On a pu montrer deux projets différents qu’on porte, et celui que je porte c’est un projet écologique, social et solidaire tourné vers l’avenir. On a eu le temps de rentrer dans plusieurs thèmes qui me tiennent à cœur comme l’égalité femmes-hommes, et aussi la question des migrants, la question européenne qui est parfois caricaturée par mon opposant politique, celle des Français de l’étranger et dire de façon concrète comment on va répondre à leurs préoccupations. Donc je pense que c’était un débat essentiel pour parler d’environnement et d’économie. J’espère qu’on a réussi à convaincre certaines personnes indécises ou certaines personnes qui ne vont pas voter car il y a un fort taux d’abstention, et même si la participation est en hausse par rapport au premier tour au bout de trois jours, on a près de 5 000 votants en plus donc c’est vraiment positif et il faut que ça continue.”

    Pour Alexandre Holroyd, le débat “était un exercice extrêmement important. Il faut que les électeurs soient très clairs sur les projets qui leurs sont proposés pour l’avenir du pays. Il y a un projet sur l’explosion des dépenses publiques sans financement, anti européen. C’est le projet porté par mon adversaire. Il y a un projet que nous portons qui est un projet pro européen. Un projet qui croit à la prospérité et c’est le choix que les électeurs vont faire dimanche prochain. Ce que je constate c’est qu’il y a eu des ralliements entre les deux tours. La réalité c’est que la majorité de ces ralliements sont en ma faveur. Laurence Helaili-Chapuis m’a apporté son soutien.” 

    “C’était indispensable d’avoir ce débat” 

    Pour Patricia Connell, Conseillère des Français de l’Etranger en Europe du Nord (Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord) c’était “indispensable de débattre entre Charlotte Minvielle et Alexandre Holroyd, même si leurs programmes sont complètement opposés, mais d’un autre côté on a plus d’idées en commun que des choses contre, surtout sur les Français de l’Etranger. Il faut qu’on trouve des terrains d’entente pour travailler ensemble et je crois que c’est comme ça qu’on va avancer.” 

    À la fin du débat, Bénédicte Paviot a lancé un appel au Français et Françaises dans la salle et qui regardaient sur YouTube. De faire leur devoir citoyen et d’aller voter en ligne ou à l’urne. 

    Regardez le débat du second tour à Londres

    Attention, le débat commence après les 30 premières minutes qui sont dédiées à l’attente.

  • Christian Rodriguez, un conseiller de Mélenchon en campagne en Amérique du sud

    Christian Rodriguez, un conseiller de Mélenchon en campagne en Amérique du sud

    Comme dans 10 circonscriptions sur 11, le duel du second tour voit s’opposer une candidate Renaissance ! (majorité présidentielle) et un candidat NUPES. Dans ce podcast, nous recevons Christian Rodriguez, le conseiller aux affaires diplomatiques de Jean-Luc Mélenchon qui se présente pour devenir député des Français d’Amérique du sud et des Caraïbes.

    Un parcours marqué par le passé du continent

    Christian Rodriguez est un candidat un peu particulier, ce Franco-Chilien investi par la France Insoumise au sein de la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale (NUPES) fut victime de la dictature de Pinochet. Une situation politique qui a amené Christian a fuir en France où il obtenu en 1982 la nationalité française.

    Vrai produit de la méritocratie, il est anthropologue de formation, a réussi à développer une expertise dans les domaines social et judiciaire, sans oublier de s’engager politiquement et évidemment à gauche.

    Lutter contre l’ultralibéralisme

    Christian Rodriguez, au fil des années, a su transformer son parcours en véritable profession de foi politique. Naturellement, cela l’a amené à devenir membre du cabinet de Jean-Luc Mélenchon où il prit en charge les relations internationales de « La France Insoumise » avec l’Amérique Latine et les Caraïbes.
    Le candidat de la NUPES est donc en combat contre l’ultralibéralisme et la grande finance internationale que ce soit en France ou ailleurs dans le monde. Son programme a d’ailleurs été construit avec sa suppléante Florence Poznanski et les équipes locales.

    Il en ressort des priorités comme l’instauration de nouveaux droits pour les Français de l’étranger (on pense à l’Education, à la Santé, etc.), mais aussi de répondre au niveau national, européen et mondial aux urgences sociale et climatique qui nécessitent des décisions fortes et rapides.

    Mettre les communautés françaises au coeur du continent

    Christian Rodriguez est un passionné qui ose prendre des engagements auprès de ses électeurs. Il leur promet ainsi de « lutter pour un monde plus juste et plus respectueux des diversités humaines et de l’environnement » . Et pas que pour les Français et pas qu’en France, le candidat NUPES a une ambition : celle d’intégrer les Français à la communauté des latins d’Amérique. Ainsi il désire que les initiatives progressistes des Français d´Amérique Latine soient désormais intégrées au sein d’un Parlement Populaire de l´Amérique Latine et des Caraïbes.

    Christian Rodriguez en campagne à Querétaro au Mexique

    Pour lui, nos communautés françaises doivent trouver le soutien nécessaire à leur épanouissement sur ce continent et c’est le rôle de l’Etat. Il en profite ainsi, dans le podcast, pour dénoncer la gestion des Français de l’étranger ces 5 dernières années qui pour lui s’est soldée par un immense échec, doublé d’un certain mépris de nos concitoyens expatriés, qui, par exemple, furent exclus pendant de longues semaines du territoire national du fait de la pandémie.  

    S’opposer à Macron

    Si son projet est clair pour les Français d’Amérique du sud, il est l’est tout autant pour son éventuelle action au sein de l’Assemblée nationale, « s’opposer aux politiques de Macron ». Retraite, fiscalité, politique internationale, les sujets de divergences entre la NUPES et la majorité présidentielle actuelle ne manquent pas. Plus que jamais à la veille du second tour en France, Christian Rodriguez croit en une victoire de la NUPES. En Amérique du sud, la gauche a éliminé LREM lors des élections consulaires, le pari de Christian Rodriguez est donc gagnable… A condition que les électeurs votent.

    Malheureusement, cette circonscription vote peu, lundi 13 juin à 12h (heure de Paris), ils étaient moins de 8% des inscrits à avoir fait leur devoir citoyen. Une faible mobilisation qui n’arrange pas les équipes de la NUPES.

    Ecoutez le podcast avec Christian Rodriguez

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    Podcast liste
  • Eléonore Caroit – candidate en Amérique du Sud pour Renaissance : «On ne peut pas faire tout, toute seule »

    Eléonore Caroit – candidate en Amérique du Sud pour Renaissance : «On ne peut pas faire tout, toute seule »

    On reçoit dans le podcast disponible en fin d’article Eléonore Caroit, la candidate de la majorité présidentielle (Renaissance) dans la deuxième circonscription des Français de l’étranger, soit l’Amérique du Sud et les Caraïbes.

    Une vie aux quatre coins du monde 

    Candidate « Ensemble » aux élections législatives dans la 2ème circonscription des Français établis hors de France (Amérique latine, Caraïbes), l’élue de l’Assemblée des Français de l’étranger partage avec nos auditeurs son expérience d’expatriée, évoquant notamment ses expériences à Saint-Domingue, Singapour, en Suisse, ou bien encore à New-York.

    La scolarité dans les lycées comme lien avec la France

    Pour Eléonore Caroit, les Français à 10.000 km de leur pays ont tous en commun de vouloir maintenir un lien avec la France, et ce lien passe notamment par la scolarité dans les lycées français : alors quelles mesures concrètes seront mises en place pour faciliter cet accès ? La candidate « majorité présidentielle » propose d’encourager une réforme structurelle de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) en affirmant que « ce n’est pas parce que l’on est dans la majorité que l’on doit accepter tout en baissant la tête ».

    Rendre des comptes

    Ce qui manque à la politique c’est, selon Eléonore Caroit, l’«accountability », c’est-à-dire la façon de rendre des comptes. Ainsi, la candidate donne RDV à notre média lesfrançais.press dans 1 an pour faire un premier bilan de ses actions. Au cours de notre entretien, notre invitée ajoute également que l’«on ne peut pas faire tout, toute seule. C’est peut-être cette erreur qu’a pu commettre la députée sortante ».  Tout en prenant l’exemple de la période Covid où une « absence de représentation politique a été observée par tous ».

    Quelle commission parlementaire ? 

    Enfin, si Eléonore Caroit est élue à l’Assemblée nationale, lesfrançais.press vous indique, en exclusivité, quelle commission parlementaire elle rejoindrait. Une indication à prendre en considération pour le choix des électrices et électeurs de la 2eme circonscription des Français établis hors de France.  

    Ecoutez le podcast avec Eleonore Caroit

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  • Les dépenses publiques font-elles le bonheur des nations ? 

    Les dépenses publiques font-elles le bonheur des nations ? 

    Le poids des dépenses publiques diffère d’un État à l’autre. Au sein de l’OCDE, il varie de 25 % en Irlande à plus de 59 % du PIB pour la France qui détient un record en la matière. Certes, le classement de l’OCDE doit être relativisé. Certaines dépenses peuvent être qualifiées de publiques dans des pays et pas dans d’autres en fonction du modèle d’organisation choisi. Ainsi, en France, les dépenses de retraites sont à 98 % d’ordre public quand ce ratio est de 75 % en moyenne au sein des autres États membres de l’OCDE en raison du rôle plus important joué par la capitalisation. Les dépenses d’éducation ou de santé sont plus ou moins publiques selon les États.

    Le poids des dépenses publiques varie du simple au double, la moyenne se situe autour de 50 %.  

    Au-delà des problèmes de classification, il n’en demeure pas moins qu’un poids élevé de dépenses publiques dans le PIB implique un rôle important des pouvoirs publics dans l’allocation du revenu national. Au sein des pays de l’OCDE, le poids des dépenses publiques varie du simple au double, sachant que la moyenne se situe autour de 50 %. Ces dernières années, avec la pandémie et la guerre en Ukraine, les États ont accru de 3 à 5 points de PIB leurs dépenses publiques. Une légère décrue est intervenue en 2021 avec le retour de la croissance mais le niveau de dépenses publiques reste depuis au-dessus de son niveau d’avant crise sanitaire.

    Ainsi, en France, le taux de dépenses publiques est passé de 56 à 62 % pour redescendre à 59 % du PIB. Dans les pays à fort niveau de dépenses publiques, l’État, au sens large du terme, intervient tant au niveau de la constitution des revenus des ménages sous forme de prestations sociales que sur le choix des investissements dits stratégiques. Cette intervention peut se justifier au nom de la lutte contre les inégalités ou contre la pauvreté. Elle se fonde également sur le principe que l’État sait mieux que le secteur privé quelles dépenses doivent être soutenues afin d’obtenir des externalités plus importantes pour la croissance. Les pouvoirs publics seraient seuls à déterminer et à assumer le coût d’investissement dans les domaines de la transition énergétique, de l’éducation, de la formation, etc. 

    L’implication dans la vie économique et sociale des pouvoirs publics fait l’objet de critiques. L’efficience des dépenses publiques serait faible. L’augmentation des impôts qu’elles induisent aurait des effets négatifs sur l’investissement, sur l’emploi et sur le dynamisme de l’économie. Elles anesthésieraient les inégalités plus qu’elles ne les résorberaient. 

    Dans les années 1980/1990, les thèses néolibérales avaient en partie contribué à un recul relatif de l’État. Les privatisations ont caractérisé ce mouvement. Les dépenses sociales ont néanmoins continué à augmenter, au sein de nombreux États, tout comme les déficits publics. 

    Espérance de vie

    Un niveau élevé de dépenses publiques devrait contribuer à une espérance de vie importante avec de moindres inégalités sociales et un service de santé publique performant. Au sein de l’OCDE, les pays à forte espérance de vie figurent aussi bien parmi les États dépensiers que les non dépensiers. Le Japon, le Canada, l’Australie se classent au même niveau que la France quand l’Italie ou la Grèce se classent parmi les États les plus performants au niveau de l’espérance de vie. 

    Fécondité

    Des dépenses publiques élevées signifient souvent des politiques familiales dynamiques. Or, il n’y a pas de lien évident entre dépenses publiques et taux de fécondité. L’Irlande, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis ont des taux de fécondité élevés tout comme la France. 

    Croissance 

    Depuis 2002, les États qui ont connu les plus faibles progressions de dépenses publiques ont enregistré, en moyenne, des taux de de croissance plus élevés. En vingt ans, le PIB de l’Irlande a été multiplié par 2,4, en volume, avec un niveau de dépenses publiques autour de 30 % du PIB. La Nouvelle-Zélande, l’Australie, les États-Unis ou le Canada figurent dans cette catégorie. A contrario, la France, la Belgique, le Danemark, l’Italie et le Portugal se caractérisent par un niveau de dépenses publiques supérieur à 45 % du PIB et par un taux de croissance faible (moins de 40 % de hausse en volume en vingt ans). 

    Productivité

    Les États-Unis et l’Irlande se distinguent par une forte augmentation de la productivité par tête depuis 2002, avec un taux faible de dépenses publiques. En revanche, des États peu dépensiers comme le Japon ou le Canada enregistrent de faibles gains de productivité. La France qui détient le record des dépenses publiques se classe au-dessus de la moyenne en la matière.

    Taux d’emploi

    La France, la Grèce et l’Italie sont mal classées en matière de taux d’emploi semblant prouver une corrélation avec le niveau élevé des dépenses publiques. Le Canada, la Corée du Sud, la Nouvelle-Zélande ou le Japon ont tout à la fois un faible niveau de dépenses publiques et un fort taux d’emploi. 

    Inégalités sociales

    Plusieurs pays à fort niveau de dépenses publiques se caractérisent par de fortes inégalités sociales, avant redistribution. Figurent dans cette catégorie la France, la Grèce ou l’Italie. Des pays comme le Canada, le Japon ou les Pays-Bas enregistrent de moindres inégalités malgré un taux de dépenses publiques inférieur. Après redistribution, la France intègre les pays à faibles inégalités sociales tout comme la Grèce, ce qui n’est pas le cas de l’Italie. 

    Taux de pauvreté

    En matière de lutte contre la pauvreté, les pays à fort niveau de dépenses publiques sont les mieux classés. La France, le Danemark et la Finlande qui sont sur le podium sont également ceux qui ont les taux de pauvreté les plus faibles au sein de l’OCDE, inférieurs à 15 %. En revanche, les États-Unis, le Japon et le Canada ont des taux de pauvreté supérieurs à 20 % avec un niveau de dépenses publiques inférieur à 42 % du PIB. 

    Industrie

    La France, la Grèce et le Danemark ont une valeur ajoutée manufacturière faible à la différence du Japon ou de l’Allemagne, ce qui donnerait un avantage aux pays vertueux. En revanche, les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou le Canada ont une industrie de faible taille tout en ayant un niveau limité de dépenses publiques. L’Italie, de son côté, se caractérise par un poids relativement important de son industrie et de ses dépenses publiques. 

    Éducation

    Dans les classements PISA et PIAAC de l’OCDE qui mesurent le niveau de connaissance et la qualité des formations, la France, l’Italie et la Grèce sont mal notées à la différence du Japon ou de la Corée du Sud. Le Danemark, la Finlande et la Suède se caractérisant par un haut niveau de dépenses publiques figurent parmi les États les mieux notés. 

    Recherche et développement

    La France tout comme l’Italie ou la Grèce se situent en-deçà de la moyenne en matière de recherche et développement lors de ces vingt dernières années. Des États à faible niveau de dépenses publiques figurent en pointe dans ce domaine comme le Japon, les États-Unis ou la Corée du Sud. La Finlande, le Danemark ou la Suède se caractérisent également par un niveau élevé de dépenses de recherche et développement. Parmi les États ayant le nombre de dépôts de brevets triadiques le plus élevé rapporté à leur population figurent le Japon, la Corée du Sud, les Pays-Bas et les États-Unis. Suivent la Suède, le Danemark et la France. Des pays à faible niveau de dépenses publiques comme le Canada ou la Nouvelle-Zélande sont mal classés. 

    Quelles conclusions pouvons-nous tirer des recherches de causalité entre dépenses publiques et efficacité économique ? Ce n’est pas le niveau des dépenses qui font leur efficience. Des pays à forte socialisation du revenu comme la Finlande, le Danemark ou la Suède obtiennent des résultats économiques au-dessus de la moyenne à la différence de l’Italie. 

    Les États-Unis ont opté pour un développement avec une faible contribution publique. S’ils ont de bons résultats en termes de croissance, ils sont, en revanche, à la traîne en matière de lutte contre la pauvreté. Le Japon et la Corée du Sud arrivent à concilier forte cohésion sociale et efficacité économique tout en ayant un niveau de dépenses publiques relativement faible.

  • Une convention constitutionnelle pour les traités de l’UE

    Une convention constitutionnelle pour les traités de l’UE

    La politique de santé est au cœur des demandes de réforme des traités de l’UE après que les députés ont voté jeudi (9 juin) pour que les dirigeants de l’UE établissent une convention constitutionnelle pour rouvrir les traités de l’UE.

    Les députés ont également demandé l’abolition du vote à l’unanimité dans des domaines tels que les sanctions et les situations d’urgence, ainsi que la réalisation d’une UE plus unie dans les domaines de la santé, de l’énergie, de la défense et des politiques sociales et économiques.

    La modification des traités était l’une des principales propositions émanant de la Conférence sur l’avenir de l’Europe (CoFoE), le projet de démocratie délibérative de l’UE qui s’est déroulé l’année passée.

    « Nous sommes redevables aux citoyens que nous avons rassemblés et avec lesquels nous avons travaillé pendant des mois, nous leur avons promis une chose : que nous prendrons leur proposition au sérieux. C’est pourquoi il est important que nous établissions une liste claire des domaines qui sont importants pour nous et pour les citoyens. En d’autres termes, une Union de la Santé et une Union de l’Énergie  »

    L’eurodéputée Gabriele Bischoff lors du débat au Parlement européen, au nom du groupe S&D.

    La santé pourrait être le principal moteur

    Le thème de la santé pourrait aider à convaincre tous les États membres d’ouvrir une convention constitutionnelle et ainsi procéder à la modification des traités, a déclaré la présidente du Parlement européen Roberta Metsola à EURACTIV lors d’un entretien.

    L’Union devrait apporter une réponse forte sur le sujet après ce que les citoyens ont vécu lors de la pandémie de Covid-19, a expliqué Mme Metsola.

    « C’est quelque chose que tous les États membres, y compris ceux qui ont dit qu’ils ne souhaitaient pas la modification des traités, accepteront », a déclaré la présidente.

    Mme Metsola a fait référence au groupe de 13 pays qui, dans une lettre datant de début mai, se sont opposés à la modification des traités, qu’ils considèrent comme « prématurée » et comme un processus risqué alors que l’UE est confrontée à de multiples crises. Malgré les commentaires de Mme Metsola, les États membres de l’UE se sont jusqu’à présent montrés très prudents à l’idée de donner à l’UE une plus grande compétence dans le domaine de la politique de santé.

    Une vague de soutien pour plus de compétences dans le domaine de la santé

    Le manque de préparation de l’UE au début de la pandémie de Covid-19 a entraîné le développement d’une série d’initiatives dans le cadre de l’Union européenne de la santé, un projet de la Commission européenne visant à rendre les systèmes de santé européens plus robustes et mieux préparés aux futures crises.

    Ces initiatives comprennent la création de l’Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA), le lancement de l’Espace européen des données de santé, la révision prochaine de la stratégie pharmaceutique de l’UE et le renforcement des mandats du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et de l’Agence européenne des médicaments (EMA).

    D’après de récents sondages d’opinion, le public est de plus en plus favorable à un rôle renforcé de l’UE dans la politique de santé.

    « Pour y parvenir [les recommandations], les citoyens estiment qu’il pourrait être nécessaire que la santé soit une compétence partagée entre les États membres et l’UE, même si cela implique une modification des traités », a déclaré Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission européenne et président du groupe de travail de la CoFoE sur la Santé en mars dernier.

    Alors que M. Šefčovič expliquait les complexités d’une convention constitutionnelle dont l’objectif serait la modification des traités aux participants de la CoFoE, l’ambassadeur des citoyens au sein du groupe de travail sur la Santé, Nicolas Moravek, a déclaré que « nous devons au moins essayer » si c’est ce que veulent les citoyens.