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  • Résultats des Législatives 2022 : 9 députés sur 11 pour la majorité présidentielle

    Résultats des Législatives 2022 : 9 députés sur 11 pour la majorité présidentielle

    Avec 9 députés sur 11 pour la majorité présidentielle, ce second tour a un goût de victoire pour Ensemble !, le parti d’Emmanuel Macron, peut-être la seule de la soirée. En 2017, ils avaient conquis 10 sièges sur 11, un véritable coup de foudre entre les expatriés et le Président de la République. En 2022, les Français de l’étranger ont largement soutenu sa réélection, la pandémie et les motifs impérieux, la baisse de la qualité d’accueil n’ont pas mis fin à ce soutien massif. Même si au cours de ces élections législatives, la IXème circonscription est remportée par la Nupes, tandis que l’indéboulonnable Meyer Habib a réussi à conserver son siège grâce à une mobilisation impressionnante sur le terrain . Au final, malgré la faible mobilisation qui est pourtant plutôt favorable le plus souvent aux challengers, 9 candidats de la majorité présidentielle ont été élus ou réélus. Ci-dessous, vous pouvez découvrir la liste des nouveaux députés et de ceux réélus.

    11 députés pour les Français de l’étranger

    Ils sont 11 à représenter les 1,5 millions d’électeurs inscrits sur la liste électorale consulaire sur plus de 3 millions de Français expatriés au sein de l’Assemblée nationale. Pour rappel, ceux qui le désiraient pouvaient rester ou s’inscrire sur la liste électorale de leur dernier lieu de résidence en France ou dans leur commune de naissance.

    1er circonscription – Amérique du Nord : Roland Lescure (Renaissance – Ensemble ! réélu)

    2ème circonscription – Amérique du Sud et Caraïbes : Eléonore Caroit (Renaissance – Ensemble ! élue)

    3ème circonscription – Iles britanniques et Scandinavie : Alexandre Holroyd (Renaissance – Ensemble ! réélu)

    4ème circonscription – Benelux : Pieyre-Alexandre Anglade (Renaissance – Ensemble ! réélu)

    5ème circonscription – Péninsule ibérique et Monaco : Stéphane Vojetta (Renaissance – Ensemble ! réélu)

    6ème circonscription – Suisse et Liechtenstein : Marc Ferracci (Renaissance – Ensemble ! élu)

    7ème circonscription – Europe centrale et de l’Est : Frédéric Petit (Modem – Ensemble ! – réélu)

    8ème circonscription – Méditerranée de l’Est : Meyer Habib (UDI/LR – Réélu)

    9ème circonscription – Maghreb et Afrique de l’Ouest : Karim Ben Cheik (Génération.S – élu)

    10ème circonscription – Afrique centrale et de l’Est : Amélia Lakrafi (Renaissance – Ensemble ! réélue)

    11ème circonscription – Europe orientale, Asie et Océanie : Anne Genetet (Renaissance – Ensemble ! réélue)

    Analyse des résultats des Législatives 2022

    Ensemble, nous détaillons les résultats circonscription par circonscription.

    Roland Lescure

    Le demi-frère du célèbre animateur, producteur, journaliste, Pierre Lescure, a particulièrement résisté à l’assaut de la NUPES sur sa circonscription. En effet, sur le Canada, les idées de Jean-Luc Mélenchon, surement nourries par le communautarisme du pays, ont trouvé un public important comme nous l’ont démontré les scores des candidats aux présidentielles ou l’éviction des candidats LREM aux consulaires.

    Et pourtant, avec une faible avance, le candidat de la majorité présidentielle a su conserver son siège. Cependant les acteurs de gauche n’ont pas dit leur dernier mot et resteront très actifs sur la circonscription en attendant les prochaines élections consulaires en 2025.

    Eléonore Caroit

    Le conseiller aux affaires diplomatiques de Jean-Luc Mélenchon avait fui la dictature chilienne au milieu des années 80, il se présentait pour devenir député des Français d’Amérique du Sud. Une tentative qui se solde par un échec malgré les résultats de la France Insoumise aux consulaires dans cette région.

    La candidate désignée par Renaissance (le nouveau nom de LREM), même si elle détenait la double nationalité d’un pays de la circonscription, n’avait pas vraiment d’ancrage dans la région, et pourtant elle a réussi à séduire les électeurs par la force de son engagement, son naturel et une campagne menée tambour battant.

    Alexandre Holroyd

    Un député qui travaille est un député réélu ! C’est la leçon à tirer de l’élection législative de cette circonscription. Car même si les Français du Royaume-Uni n’ont pas été épargnés par les évènements ces dernières années, entre le Brexit et la pandémie, ils ont été confrontés à de nombreuses difficultés. Si le député, évidemment, ne pouvait revenir sur les décisions nationales d’un côté comme de l’autre, il a su être à leurs côtés et partager avec eux leur quotidien et leurs angoisses.

    Les électeurs ont donc décidé de ne pas prendre de risques, et ce malgré la campagne réussie de la candidate de la NUPES. Une campagne qui d’ailleurs a été marquée par une courtoisie et un fair-play très britanniques.

    Pieyre-Alexandre Anglade

    Contre exemple d’Alexandre Holroyd, le député du Benelux Pieyre-Alexandre Anglade a subi tout au long de la campagne des attaques sur son implication dans la vie quotidienne de ses électeurs. La candidate de la NUPES a même pu démontrer qu’il n’habitait pas la circonscription. Mais, pour rappel, nul besoin de vivre dans la circonscription pour s’y présenter.

    Son grand atout, c’est son parcours professionnel. Au Benelux, la grande majorité des votes sont originaires de Belgique et en particulier de Bruxelles. Dans la capitale européenne, les fonctionnaires détachés et autres eurocrates français sont nombreux et naturellement ils ont soutenu en masse l’un des leurs, Pieyre-Alexandre Anglade qui fut attaché parlementaire d’eurodéputés avant 2017.

    Stéphane Vojetta

    Le « survivor », voilà le nouveau surnom de Stéphane Vojetta. En effet, devenu député après l’élection de Samantha Cazebonne au Sénat, Stéphane Vojetta n’a pas été investi par Renaissance, qui a préféré donner sa confiance à l’ancien Premier ministre, Manuel Valls. Mauvaise pioche ! Le jeune député ne s’est pourtant pas laissé impressionner et a maintenu sa candidature avec le soutien des sections locales du parti présidentiel. Une fois qualifié pour le second tour, la direction de Renaissance a changé de poulain et Stéphane Vojetta a pu se présenter ce dimanche sous l’étiquette de la majorité présidentielle.

    Face à lui, un candidat EELV pour la NUPES bien implanté, mais qui a fait une campagne a minima et logiquement n’a pas réussi à mobiliser au delà de son bassin naturel son électorat.

    Marc Ferracci

    L’arrivée en Suisse de Marc Ferracci, le témoin de mariage d’Emmanuel Macron, a été un franc succès. Il faut dire que le candidat de Renaissance avait de nombreux atouts, en plus d’avoir l’oreille du président, universitaire, acteur de l’ombre dans les coulisses de Matignon de 2017 à 2022, Marc Ferracci a su convaincre les électeurs français en Suisse de la pertinence de son élection.

    Curieux de la vie citoyenne et syndicale suisse, le nouveau député des Français de Suisse et du Liechtenstein a promis d’importer en France ce qui marche en Suisse. A suivre donc !

    Frédéric Petit

    Seul élu du Modem à l’étranger, Frédéric Petit a facilement été réélu. Implanté en Pologne, fin connaisseur des problèmes liés à l’éducation et à la fiscalité, Frédéric Petit fut très actif lors du précédent mandat. Il était même le premier à évoquer la création de la fameuse « résidence de repli » qui fut au cœur du programme présidentiel d’Emmanuel Macron pour les Français de l’étranger.

    Son implication dans la gestion des réfugiés d’Ukraine, qui transitaient par la Pologne, pays où il vit avec sa famille, a aussi été remarquée par nos compatriotes dans ces pays dont les frontières ne sont jamais très éloignées de la Russie.

    Meyer Habib – Mise à jour le 20 juin à 06h53 (CET)

    Une élection qui a duré… Les résultats sont tombés dans la nuit, bien après la publication de cet article. En effet, à 20h avec 1900 voix d’avance pour la concurrente de Meyer Habib, l’affaire était censée être pliée. Mais au fil des comptes des bulletins dans les urnes installées en Israël, le candidat des Républicains et de l’UDI, Meyer Habib a comblé son retard (Netanya 94% – Tel Aviv 71% – Jérusalem 85%) , au point de finalement l’emporter. Dans cette circonscription, les votes issus de l’Etat hébreux sont largement majoritaires du fait d’une mobilisation qu’on ne rencontre pas dans les deux autres pays importants de la circonscription, l’Italie et la Turquie.

    Meyer Habib rempile donc pour un troisième mandat, il est élu depuis la création des sièges des députés des Français établis à l’étranger

    Karim Ben Cheik

    Un consul qui devient député ! A notre connaissance, c’est une première et on la doit à Karim Ben Cheik. Candidat de la NUPES, pour le parti Génération.s, diplomate de carrière, ancien Consul général de France au Liban, il remporte aisément cette circonscription.

    A nuancer, car si sa victoire est si éclatante, c’est en partie à cause de l’alliance présidentielle. Empêtrée avec le député sortant, El Guerrab, condamné pour violences volontaires sur Boris Faure, l’ancien président de la fédération des Français de l’étranger, Renaissance a mandaté l’ancienne ministre Elisabeth Moreno (originaire du Cap-Vert, pays de la circonscription) pour se lancer au pied levé dans la campagne. Pas de chance, sa fille s’est faite arrêter, avec son mari, pour trafic de cocaïne à l’international en pleine campagne. Un boulevard pour la gauche unie derrière Karim Ben Cheik.

    Amélia Lakrafi

    La discrète et sérieuse députée d’Afrique centrale et de l’Est, Amélia Lakrafi, a été réélue sans difficulté. Sans emphase, Amélia Lakrafi a su créer un lien avec les Français présents dans ces pays tant marqués par nos liens historiques. Présente pendant la pandémie, attachée à la scolarité, la députée sortante, issue de la majorité présidentielle, n’a jamais été vraiment inquiétée.

    Réélue pour un second mandat, beaucoup espère que sa méthodologie comme son implication seront reprises par les autres députés des Français de l’étranger.

    Anne Genetet

    Anne Genetet est une députée très active ! Trop, certains diront ! En effet, son mandat a été marqué par « l’explosion en vol » de sa réforme sur la fiscalité des non-résidents imposables en France. Une faiblesse que d’autres ont voulu exploiter, la candidate officielle de la majorité présidentielle a été confrontée à de nombreux candidats qui se réclamaient d’Emmanuel Macron.

    Dans cette circonscription géante, les informations circulent mal, les liens sont difficiles à créer quand des mers et des milliers de kilomètres séparent les Français installés en Russie ou en Australie. Et pourtant après une campagne intense, commencée en début d’année, marquée par de nombreux déplacements, Anne Genetet a réussi convaincre les électeurs de lui donner un nouveau mandat.

  • Résultats nationaux des élections législatives 2022 : quelles conséquences ?

    Résultats nationaux des élections législatives 2022 : quelles conséquences ?

    Pas de majorité absolue pour Emmanuel Macron, NUPES fait moins bien que prévu, le RN dépasse les Républicains, voilà en vrac ce qu’il faut retenir du second tour des élections législatives 2022. Les résultats nationaux sont sévères pour le Président de la République fraichement réélu.

    La participation a été modérée avec 54% des Français appelés à voter qui se sont rendus aux urnes mais près du double du chiffre des expatriés pour le vote en ligne.

    Pas de majorité absolue

    Selon la première projection en sièges fournie par Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France, France 24-RFI-MCD, et LCP-Assemblée nationale, le camp présidentiel, rassemblé sous la bannière Ensemble !, décroche 224 sièges à l’Assemblée nationale (154 pour La République en marche et ses alliés, 44 pour le MoDem, 26 pour Horizons).

    L’alliance de gauche de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) arrive en deuxième position avec 149 députés (86 pour La France insoumise, 28 pour le pôle écologiste, 22 pour le Parti socialiste, 13 pour le Parti communiste français).

    Le RN fait un score historique

    Le Rassemblement national atteint un score historique de 89 sièges, selon les premières estimations, ce qui permet au parti d’extrême droite de déposer des motions de censure (à partir de 56 députés) et de saisir le Conseil constitutionnel sur des textes de loi (à partir de 60 députés). Un succès pour Marine Le Pen qui a finalement bien capitalisé sur les frasques d’Eric Zemmour.

    Les LR en berne mais faiseurs de rois ?

    A droite, le groupe Les Républicains perd 22 sièges (78 députés contre 100 dans l’Assemblée sortante) mais évite la catastrophe annoncée pour le parti après le score de Valérie Pécresse à l’élection présidentielle et pourrait même être une force d’appoint pour le camp présidentiel lors de l’étude des projets de lois.

  • Paris – Berlin en train : premier départ en 2023

    Paris – Berlin en train : premier départ en 2023

    Un TGV direct reliera la capitale française, Paris, et son homologue allemande, Berlin, fin 2023, a annoncé le 24 mai le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou. Cette ligne sera exploitée avec la compagnie ferroviaire d’outre-Rhin Deutsche Bahn, tandis que le train devrait réaliser des trajets d’environ 7 heures. 

    « Ça fait sens parce qu’on constate que les gens acceptent de faire des trajets de plus en plus longs »

    Jean-Pierre Farandou, le dirigeant de la SNCF, venu fêter les quinze ans de la coopération franco-allemande à grande vitesse à Strasbourg, le 24 mai 2023

    12h de train pour Berlin

    C’est une vraie bonne nouvelle tant pour les touristes des deux pays que pour les expatriés. Actuellement, pour relier les deux capitales, vous avez le choix entre un trajet de 12h en voiture ou un trajet en train, lui aussi, de 12 heures. Dans ces conditions, c’est bien l’avion qui tire son épingle du jeu, représentant jusqu’a 70% des transports de personnes entre les deux villes.

    « Pour l’instant, si l’on veut aller à Paris depuis Berlin, il faut passer par Cologne, Essen ou bien Francfort, et ça prend une éternité. Cet été, je vais voir ma famille dans le sud de la France. En train je passerai par Essen, puis je prendrai un Thalys pour Paris, ensuite un TGV vers Libourne ou Bordeaux, et enfin un train régional… »

    Marine, expatriée depuis 12 ans à Berlin

    Au moment où la commission européenne réfléchit à interdire les vols de moins de 1500 km -pour rappel la distance entre les deux capitales est de 1054 km-, il était temps que les autorités publiques se penchent sur la problématique.

    Calendrier et prix ?

    Il faudra donc attendre la fin de l’année 2023 pour pouvoir bénéficier de ce nouveau service entre les deux capitales européennes. Un premier aller-retour par jour sera effectué entre les deux capitales en passant par Francfort, avec des trains à grande vitesse allemands (ICE). Si cette liaison fonctionne, elle pourrait être complétée par un deuxième aller-retour avec des TGV français. À cela s’ajoutera la même année un train de nuit, exploité par les chemins de fer autrichiens ÖBB, également à partir de fin 2023.

    Pour rappel, les deux compagnies ont ensemble transporté, en quinze ans, 25 millions de personnes sur Paris-Francfort, Paris-Stuttgart-Munich et Francfort-Marseille, le train battant désormais l’avion sur l’axe Paris-Francfort, un chemin à suivre sur l’axe Paris-Berlin.

  • Le Red Bull Cliff Diving fait escale à Paris

    Le Red Bull Cliff Diving fait escale à Paris

    Le circuit mondial du plongeon extrême, le Red Bull Cliff Diving, fera étape pour la première fois de sa jeune histoire à Paris, ce samedi 18 juin. Il s’agit de la deuxième manche du circuit après Boston (États-Unis), le 4 juin dernier.

    Installée face à la Tour Eiffel, la nouvelle épreuve parisienne devrait produire un spectacle qui marquera les spectateurs sur place ou derrière leur écran. Paris remplace La Rochelle sur la face atlantique, et St Raphaël au bord de la Méditerranée, qui ont accueilli le concours entre 2016 et 2020.

    27 mètres face à la Tour Eiffel

    Quel meilleur endroit pour plonger ? Évidemment en termes de « piscine »​, il y a meilleure eau que la Seine et sa couleur foncée pour se jeter la tête la première… Mais plonger face à la tour Eiffel, l’un des monuments les plus emblématiques du monde, avec une vue unique, surplombant une partie de la capitale française est forcément une occasion exceptionnelle.

    Cet événement s’annonce donc très impressionnant. Un plongeoir sera installé port Debilly, sur la rive droite de la Seine, au niveau des jardins du Trocadéro. Les 12 plongeurs en lice sauteront de 27 mètres de haut tandis que les 12 plongeuses s’élanceront 6 mètres plus bas, soit à 21 mètres de haut, une hauteur déjà terrifiante.

    Méfiance toutefois sur la profondeur de la Seine. Celle-ci oscille entre 3,40 mètres et 6 mètres au milieu, endroit où sauteront les athlètes, qui passeront environ 3 secondes en l’air.

    Un Britannique devenu français favori de l’épreuve

    Entre skills d’un autre monde, concentration hors norme et maîtrise physique, 24 hommes et femmes déploiront tout leur talent au coeur de la Ville Lumière. L’un d’entre eux, Gary Hunt, plongera même à domicile pour la première fois. « C’est un rêve devenu réalité », explique le Français d’origine britannique, qui vit et s’entraîne dans la capitale depuis une dizaine d’années.

    « Cela prouve que tout est possible avec Red Bull, je suis impatient de voir quels autres endroits sympas seront possibles à l’avenir ! »

    Gary Hunt

    Entre 2009 et 2021, Gary Hunt a remporté 9 titres mondiaux dans le plongeon à 27 mètres. 

    Cap sur les JO 2028

    Ce passage à Paris, dans une grande métropole, va permettre de mettre en lumière le plongeon de haut vol. Mais Gary Hunt devra attendre pour espérer décrocher l’or olympique. En 2024, le sportif de 38 ans tentera de décrocher le titre au plongeon en longueur, à 10 mètres. Il peut cependant espérer que le plongeon de haut vol fasse partie des disciplines olympiques en 2028 à Los Angeles. La semaine prochaine, une délégation américaine sera présente sur les rives de la Seine. Dans l’objectif d’intégrer ce spectaculaire « saut de l’ange » dans les épreuves des JO de Los Angeles.

    L’entrée aux spectateurs est libre, ce samedi 18 juin, ce qui permettra aux passionnés mais aussi aux non initiés curieux de découvrir cette discipline.

  • Ukraine : Pékin et Moscou sur la même longueur d’onde

    Ukraine : Pékin et Moscou sur la même longueur d’onde

    Le président chinois Xi Jinping s’est entretenu par téléphone avec son homologue russe Vladimir Poutine. Le premier a réaffirmé le soutien de Pékin en matière de « souveraineté » et de « sécurité », à rebours des Occidentaux. « La Chine est disposée à poursuivre avec la Russie le soutien mutuel sur les questions de souveraineté, de sécurité, ainsi que sur d’autres questions d’intérêt fondamental et préoccupations majeures », a indiqué le dirigeant chinois, selon des propos cités par un média d’État. Les deux chefs d’État ont par ailleurs annoncé leur volonté de renforcer leur coopération économique face aux conséquences des sanctions occidentales contre Moscou pour son offensive en Ukraine, en abordant également la question « du développement des relations militaires ».

    En réaction, les États-Unis se sont déclarés « préoccupés par l’alignement de la Chine avec la Russie », demandant à Pékin de cesser de soutenir l’invasion russe de l’Ukraine pour éviter de se placer « du mauvais côté de l’Histoire »

    Regardez l’analyse de de la rédaction de TV5MONDE

  • Campagne des Législatives 2022 : clap de fin

    Campagne des Législatives 2022 : clap de fin

    Les Français de l’étranger comme leurs compatriotes au pays vont conclure cette longue séquence électorale commencée avec le premier tour de l’élection présidentielle début avril. Ce 19 juin, les derniers bulletins iront rejoindre les urnes pour élire les nouveaux représentants de la Nation, mettant fin à une campagne des Législatives 2022 intense. A quelques heures de la période de réserve, on fait le point sur les dernières bisbilles entre les candidats dans certaines des 11 circonscription des Français de l’étranger.

    Législatives
    Législatives

    Amérique du Sud

    Dans cette circonscription où NUPES est favorie, ce sont les mauvais rapports supposés entre le candidat Christian Rodriguez et sa suppléante Florence Poznanski qui empoisonnent la campagne. Mardi 14 juin, un article publié par le média Francaisaletranger.fr, bien connu pour sa proximité avec la majorité présidentielle, fait référence à un mail qu’aurait envoyé la suppléante et responsable du pôle Français établis hors de France de l’Union Populaire, Florence Poznanski, aux militants et à la direction parisienne pour se plaindre de l’attitude du candidat France Insoumise Christian Rodriguez.

    Depuis, le binôme a démenti les informations publiées par Francaisaletranger qui d’ailleurs n’a pu démontrer la véracité de ses affirmations, ne publiant pas le dit mail, se contentant d’indiquer y avoir eu accès. Alors que la mobilisation est faible dans cette circonscription, ces « révélations » auront-elles un impact ?

    Benelux

    Dans cette circonscription, le duel du second tour oppose le député sortant Pieyre-Alexandre Anglade (majorité présidentielle) et la conseillère des Français de Belgique, Cécilia Gondard (NUPES/PS). Tout au long de la campagne, chacun s’est évertué à démontrer son implantation locale et la communauté de vie qu’il ou elle partagerait avec leurs électeurs (la grande majorité des voix provenant de Belgique dans cette circonscription).

    Mais parfois, on n’a pas de chance, on se fait prendre la main dans le sac. Alors que le député Pieyre-Alexandre Anglade fait valoir sa connaissance de la circonscription dans les différentes publications sur les réseaux sociaux, quelle ne fut pas la surprise de la candidate adversaire, Cécilia Gondard, en recevant l’appel d’une de ses connaissances, lui indiquant que M. Anglade louait un Airbnb lors de ses escapades à Bruxelles.

    Mais ici rien d’illégal ou de mensonger, en prenant le temps, on constate que M. Anglade n’affirme jamais vivre à Bruxelles et pour rappel, il n’est pas obligatoire d’être résident de la circonscription pour s’y présenter, ni même pour y voter (le registre consulaire étant déconnecté de la liste électorale consulaire).

    Méditerranée de l’est

    Dans cette circonscription réunissant l’Italie, la Turquie, Chypre, Malte et Israël, la tension est montée d’un cran lors de la publication d’une brève dans le Canard Enchaîné révélant les doutes de la consule de France à Tel-Aviv, Florence Mayol-Dupont, sur la légalité de certaines techniques électorales du député sortant Meyer Habib (LR/UDI) opposé à Deborah Abisror – de Lieme (Renaissance / Ensemble).

    Publication dans le Canard Enchainé du 14 juin 2022

    Le transport de militants pour voter est pourtant de tout temps une pratique connue et acceptée, en particulier dans les circonscriptions où les lieux de vote sont éloignés des électeurs potentiels. Le faible maillage, en terme de bureaux de vote, proposé par le consulat, est peut-être le véritable responsable, obligeant les candidats à mettre en place de tels dispositifs. Plus étonnant, c’est le parti pris, à peine voilé, de la consule générale de France qui est pourtant soumise à un devoir de réserve.

    Péninsule ibérique

    On finit en revenant sur le fait marquant de ces élections législatives des Français établis hors de France, l’élimination de Manuels Valls. Petit tremblement de terre national, repris en boucle dans les médias en France le 05 juin 2022, cette élimination semble avoir mis un terme à la carrière nationale et internationale de l’ancien Premier ministre.

    En fermant son compte Twitter, Manuel Valls a voulu éviter les railleries que ses nombreux adversaires étalaient sur son mur. Il est vrai qu’après avoir quitté la France pour l’Espagne pour finalement y revenir et glaner une investiture sur la Vème circonscription des Français de l’étranger, ils sont nombreux à ne pas avoir compris l’ancien socialiste, rallié à Macron.

    Une leçon est aussi à tirer de cette épopée : le double jeu de la direction de La République en Marche. En effet, la suppléante de Stéphane Vojetta, Nathalie Coggia, est aussi membre du Bureau du parti présidentiel, lui apportant de fait le soutien militant et opérationnel des sections locales au détriment de Manuel Valls pourtant investi par le même parti. Aujourd’hui, LREM rebaptisé Renaissance ! appelle à voter pour Stéphane Vojetta.

  • Prolongation du Certificat Covid en UE

    Prolongation du Certificat Covid en UE

    Le Parlement européen et les États membres se sont mis d’accord lundi 13 juin pour prolonger d’un an, jusqu’en juin 2023, le règlement sur le certificat Covid numérique de l’UE destiné aux voyages au sein de l’Union. Cependant cette décision n’implique pas que ce document soit de nouveau obligatoire. On vous explique tout.

    Le Certificat Covid

    Le règlement mettant en place ce certificat sanitaire commun, attestant d’une vaccination contre la Covid-19, d’un test négatif ou d’une infection dans les six derniers mois, est entré en vigueur le 1er juillet 2021 et devait expirer le 30 juin 2022. La Commission européenne a proposé en février de le prolonger d’un an.

    « La situation épidémiologique peut changer rapidement, et le certificat Covid numérique de l’UE a été un instrument clé pour nous aider à traverser des situations fluctuantes »

    Le commissaire européen en charge du dossier, Didier Reynders.

    Pour rappel, les certificats Covid sont un accord européen et contiennent un code QR unique, valable et lisible dans tous les États membres de l’UE. De cette manière, les citoyens européens peuvent facilement voyager au sein de l’Union Européenne. 

    Voici les durées de validité des éléments composant le certificat européen : 

    • Un certificat de vaccination de base (1/1 pour Johnson&Johnson, 2/2 pour Moderna, Pfizer, AstraZeneca et Novavax) est valable 14 jours après la vaccination et pendant 270 jours (9 mois), à compter du jour de l’injection. Après la dose de rappel (2/1 après une vaccination de base avec Johnson&Johnson, 3/3 après une vaccination de base avec Moderna, Pfizer ou AstraZeneca), le certificat est valable indéfiniment.
    • Un certificat de rétablissement est valable à partir du 12ème jour après votre test positif et expire après 180 jours à compter du jour de test. 
    • Un certificat de test est valable soit pendant 72 heures (dans le cas d’un test PCR), soit 24 heures (dans le cas d’un test antigénique rapide), à compter du moment où le test a été effectué.

    inscrireSKIPTAX

    Est-il obligatoire en France ?

    Actuellement, de nombreux États membres ont cessé d’ exiger le Certificat Covid pour entrer sur leur territoire. Cependant, « les législateurs européens veulent garantir que les citoyens européens puissent circuler librement au cas où émerge un nouveau variant préoccupant », explique le Parlement dans un communiqué.

    Dans le cas d’une arrivée, en France, si le passe sanitaire n’a plus cours en France (hormis pour les visites en maisons de retraire ou à l’hôpital), le certificat Covid européen est lui toujours demandé. En effet, depuis le 12 février 2022, les règles suivantes s’appliquent aux frontières :

    • Pour les voyageurs vaccinés au sens de la réglementation européenne, plus aucun test ne sera exigé au départ. La preuve d’un schéma vaccinal complet redevient suffisante pour arriver en France, quel que soit le pays de provenance, comme c’était le cas avant la diffusion du variant Omicron.
    • Pour les voyageurs non vaccinés, l’obligation de présenter un test négatif pour se rendre en France demeure, mais les mesures à l’arrivée (test, isolement) sont levées lorsqu’ils viennent de pays de la liste « verte », caractérisée par une circulation modérée du virus.
    Carte des pays « orange » disponibles sur le site du Ministère de l’intérieur au 16 juin 2022

    En plus, pour les voyageurs non vaccinés qui viennent d’un pays classé « orange », ils devront continuer de présenter un motif impérieux justifiant la nécessité de leur venue en France métropolitaine et pourront toujours être soumis à un test aléatoire à leur arrivée. Les voyageurs qui seraient testés positifs devront s’isoler, conformément aux recommandations de l’Assurance maladie. Cette règle s’applique même aux citoyens français.

    Cet été, il ne faudra pas compter sur un assouplissement des règles à l’entrée du territoire alors que la France fait face à un rebond de la pandémie faisant craindre une septième vague. Par contre, fin 2022, la Commission européenne devra publier un rapport sur le certificat Covid, qui pourra être accompagné d’une proposition pour écourter la période d’application du règlement, en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique.

  • Rolling stones : The show must go on

    Rolling stones : The show must go on

    Mick Jagger aura 79 ans quand il terminera, en chantant «Satisfaction », au mois de juillet 2022, la tournée européenne des soixante ans des Rolling Stones. De nombreux groupes nés au début des années 1960 et au début des années 1970 arrivent au terme de leur existence. Ces derniers ont été à l’origine de l’essor de l’industrie musicale des années 1960 jusqu’à maintenant. Cette industrie a généré des revenus sans précédent dans le monde des loisirs. Les artistes, les tourneurs et les maisons de production ont bénéficié de flux de recettes élevés durant une cinquantaine d’années. La valorisation d’Universal Music atteint ainsi 40 milliards d’euros, soit cinq fois plus que la valeur du groupe Renault. La capitalisation de Live Nation qui organise des spectacles dans un grand nombre de pays s’élève à 8 milliards d’euros. Les grands concerts rassemblant des dizaines de milliers de spectateurs ont permis de surmonter la crise du disque. 

    Les recettes d’une tournée des Stones peuvent atteindre plusieurs centaines de millions de dollars. En 2021, malgré la crise sanitaire, avec une dizaine de concerts, ils ont réussi à générer un chiffre d’affaires de 115 millions de dollars, les plaçant en tête des groupes les plus rentables sur scène. Même si Mick Jagger défie le temps, la probabilité pour l’organisation de nouvelles tournées diminue d’année en année. 

    Les majors de l’industrie multiplient les innovations et investissent de nouveaux créneaux pour conforter leurs marges.

    Le pari technologique de l’industrie musicale 

    Depuis un demi-siècle, la musique rock ou pop a surfé sur les grandes innovations du secteur de la communication et de l’information. Dès le départ, le rock et le cinéma, puis la télévision ont été intimement liés. Les Beatles et les Stones se sont mis en scène dans des films. Ils ont fait appel à de grands réalisateurs. De nombreuses chansons des Stones ont été utilisées dans des bandes son de films dont ceux de Martin Scorsese. Les films ont même servi à la promotion d’album ou de vedettes. 

    Le succès des CD dans les années 1980 s’est accompagné de celui des vidéoclips dont a profité notamment la chaîne MTV. Le clip « Thriller » de Mickael Jackson de 1983 réalisé par John Landis ayant été l’un des plus connus. Le succès de YouTube a initialement reposé sur la possibilité de visionner les clips de ses artistes favoris, sans limite et sans frais, et a contribué à la popularisation d’Internet.

    Des billets pour des évènements en ligne 

    À compter des années 1990, le monde de l’édition musicale a été victime des téléchargements illégaux. Aujourd’hui, les artistes musicaux s’adaptent en investissant les plateformes comme TikTok et les jeux vidéo. Le virtuel gagne de plus en plus de terrain. Avec les confinements, les artistes ont vendu des billets pour des évènements en ligne. Cette pratique se poursuit malgré le repli de l’épidémie. 

    Les plateformes de jeux en ligne expérimentent des expériences hybrides musique-jeu. En mars de cette année, le groupe sud-coréen BTS, a diffusé un concert payant devant 2,4 millions de téléspectateurs en ligne et dans les cinémas. D’ici 2028, selon le cabinet d’études « Midia », les concerts diffusés en direct généreront entre 4 et 5 milliards de dollars par an, soit plus que durant la pandémie. L’année dernière, Live Nation qui est la plus grande société de divertissement, a acquis Veeps, une startup de diffusion en direct. Spotify et Deezer, des services de musique par abonnement, ont tous deux conclu des accords avec Driift qui intervient dans ce même secteur des concerts en ligne. 

    Musique et jeux video 

    Si dans le passé, des retransmissions dans des cinémas ou à la télévision de concerts avaient été organisées pour des grands groupes comme les Stones, elles sont désormais possibles par Internet et pour des groupes de moindre audience. Lors de la tournée du groupe britannique « Little Mix », la plateforme Driift a diffusé le spectacle final. Cette diffusion a été vendue à près de 60 000 personnes dans 143 pays et 29 000 autres ont payé pour regarder le flux dans les cinémas. Les ventes totales de billets en streaming ont rapporté 1,5 million d’euros. La production et la transmission de vidéos coûte de moins en moins cher, autour de 300 000 euros.

    Les groupes investissent également de plus en plus l’univers du jeu vidéo. Le site de jeux en ligne Fortnite organise ainsi des concerts. La musique sert de support aux jeux et les musiciens deviennent des acteurs de ces jeux. Roblox, une autre plateforme de jeux, a organisé un concert sur le thème du Far West dans lequel l’artiste Lil Nas X est apparu comme un cow-boy aux nombreux pouvoirs. Minecraft, un jeu en ligne de construction mondiale, a organisé des festivals de musique.

    Concerts posthumes

    «Rock never die » ou quand le virtuel travaille pour l’immortalité des groupes : le virtuel permet de faire revivre des stars décédés. Whitney Houston, disparue en 2012, s’est produite ou plutôt reproduite durant six soirs dans un hôtel de Las Vegas, de manière holographique. Buddy Holly, Roy Orbison, Maria Callas et Tupac Shakur ont été à l’affiche de concerts posthumes similaires. 

    Pour faire perdurer la magie des grands concerts et exploiter au mieux le filon de la nostalgie dans les vieux groupes, la haute technologie est appelée à l’aide. Le groupe Abba a été ainsi reconstitué par hologramme, le 26 mai à Londres. Les images des membres du groupe en trois dimensions ont été générées par ordinateur, capturées tels qu’ils étaient en 1979, et leurs voix sont un mélange d’enregistrements qui datent de près de cinquante ans. Le coût du spectacle a été évalué à 175 millions de dollars dont un tiers a été affecté à la réalisation de la salle de concert de haute technologie de Londres. Plus de 300 000 billets ont été vendus. Ce concert virtuel pourra à terme être reproduit dans de nombreuses villes. 

    Des copies aussi bonnes que les originaux 

    Le rock se classicise. Les auteurs originaux laissent la place à des interprètes. Les groupes de reprises, appelés « coverbands » ou « tribute » se multiplient avec ou sans l’assentiment des groupes originels. Autrefois raillés par la critique, ils font l’objet d’un intérêt et du soutien croissant des majors. The Australian Pink Floyd Show qui joue sans surprise du Pink Floyd remplit des grandes salles. AC/DC, Led Zeppelin ou les Stones ont leurs groupes « tribute ». Les vieux tubes de rock ou de pop deviennent des classiques et sont repris par de multiples formations. 

    La gestion patrimoniale des portefeuilles musicaux 

    Avec la cessation d’activité, des stars des décennies passées, l’industrie musicale, à défaut de pouvoir en générer de nouvelles capables de transcender les générations et les classes sociales, exploitent autant que possible les actifs des anciennes. Les majors rachètent ainsi les droits des anciens groupes ou stars pour pouvoir récupérer les droits. Bruce Springsteen a ainsi vendu l’intégralité de son catalogue de chansons à Sony pour un montant estimé à 500 millions de dollars. Les catalogues de David Bowie, Bob Dylan, Paul Simon ou encore Neil Young ont été également cédés parfois pour plusieurs centaines de millions de dollars. Certains artistes comme David Bowie avait, de son vivant, titrisé ses chansons afin de récupérer immédiatement du capital. Le rachat des catalogues par les majors obéit au même objectif. La décision de porter la durée des droits des auteurs de 50 à 70 ans renchérit la valeur de ces catalogues que les auteurs essaient de monnayer au plus vite.

    La musique a perdu son rôle de marqueur social et culturel 

    L’industrie musicale est amenée à gérer la fin de la vague née avec les babyboomers. En une cinquantaine d’années, la musique rock-pop qui puise ses origines dans le blues noir américain s’est imposée dans la quasi-totalité des pays. Si au début des années 1960, cette musique était clivante, en étant le porte-drapeau d’une jeunesse éprise de liberté face au monde adulte jugé conservateur, elle a été adoptée par les générations suivantes. Les concerts des Stones attirent une foule âgée de 7 à 77 ans voire 80 ans…. Avec l’affirmation du rap, de la techno, de la soul, le monde de la musique se fragmente à nouveau. 

    Par ailleurs, la musique, à l’exception du rap, a perdu son rôle de marqueur social et culturel. Les jeunes se définissent moins que dans le passé par rapport aux groupes et aux stars qu’ils écoutent. La musique, omniprésente grâce au streaming ou smartphone, fait partie du quotidien. Elle ne bénéficie plus du même relais que dans les années 1960/1980 par les médias classiques (radio, télévision, presse écrite). Aujourd’hui, chacun compose sa playlist à sa convenance en passant par Deezer, Spotify ou YouTube. Comme au cinéma, l’arrivée de nouvelles stars sur le devant de la scène est plus difficile, Internet permettant un zapping permanent. Pour être en haut de l’affiche, dans un système où l’offre est abondante, la surenchère est de mise. Les rappeurs n’hésitent pas à multiplier les provocations pour se faire reconnaître. Ce phénomène n’est pas totalement nouveau, les Stones ne se sont-ils pas construits, en 1962, il y a soixante ans, une image de « mauvais garçons » pour se différencier des Beatles ?

  • « Pour une poignée de faux dollars »

    « Pour une poignée de faux dollars »

    « Pour une poignée de faux dollars », le récit d’un routard français qui a passé des mois en prison au Népal pour une broutille.

    Rien ne prédestinait Renaud Meyssonnier à devenir un routard  avide de voyages pas chers. Ce jeune homme de 34 ans a passé son enfance dans la petite localité de Craponne-sur-Arzon en Haute-Loire, entre les forêts de Mélèzes et les volcans éteints. L’historien de formation a étudié à Saint- Etienne et réside désormais à Monistror-sur-Loire. Ce garçon du massif central est issu d’une famille modeste qui a les pieds solidement arrimés dans le terroir. Depuis ses 20 ans, Renaud a pourtant dédié une partie de sa vie aux voyages au long cours et aligne des milliers de kilomètres dans une philosophie de la débrouille et de l’ouverture aux autres qui l’a conduit aux 4 coins du monde. Mais ce globe-trotter heureux s’est retrouvé confronté à une expérience incroyable et traumatisante en 2015. Après six mois de voyage, il est en effet arrêté en Asie, à la frontière du Népal, pour la possession de quelques coupures de faux billets qu’il s’est fait refiler à son insu. Commence alors une descente aux enfers, une incarcération qui va lui coûter plusieurs mois de sa vie enfermé dans des prisons sordides parmi des prisonniers parfois violents.

    Prison d’hommes au Népal 2020 ©AFP

    Renaud tire de cette privation de liberté et de l’immersion dans les geôles népalaises un récit étonnant qu’il a décidé de partager avec les lecteurs. Entre catharsis, expérience spirituelle et confession en forme de mea culpa sur ses erreurs de jugement, Renaud Meyssonnier nous livre en creux le portrait d’un honnête homme voyageur, d’un individu tolérant et modeste qui a fait du voyage sa raison d’être.

    Ecrit d’une belle plume sur un rythme haletant, « Pour une poignée de faux dollars » vaut pour sa parfaite sincérité, son style direct, son sens du récit. Vous le dévorerez comme je l’ai dévoré.Vous pouvez participer à la cagnotte qui permettra au livre d’être édité. Il vous parviendra contre la somme de 20 euros.

    L’interview de Renaud Meyssonnier

    Renaud Meyssonnier

    Lesfrancais.press : Renaud, comment vous est venue cette passion du voyage ?

    Je ne suis pas d’une famille de voyageurs. Mais j’ai appris à lire avec Tintin. J’avais une curiosité pour la géographie. Un atlas que mes parents m’avaient offert me suivait partout en vacances. J’ai une attirance pour l’ailleurs même si je ne suis pas d’un milieu où c’est vraiment valorisé. 

    Lesfrancais.press : Vous venez du massif central, est-ce que votre milieu d’origine a pesé sur vos choix ?

    Mon père est issue d’une famille de paysans de la Haute-Loire, c’est une famille de sédentaires heureux. Ma mère est originaire de région parisienne et est venue s’installer en Haute-Loire mais elle est issue également d’un milieu ouvrier où on voyage très peu. Mais il y a cependant des voyageurs dans le massif central. Et j’ai pu en devenir un.

    Lesfrancais.press : A l’origine, vous découvrez l’auto-stop pour aller à la fac ?

    Il y a peu de bus qui font Monistrol – Saint Etienne, et je me mets au stop par défaut. Je ne voulais pas arriver en retard en cours et je me suis rendu compte que j’arrivais avant le bus en choisissant de faire de l’auto-stop.  Cela marche en réalité très bien dans la région de Saint-Etienne. Je découvre alors l’aspect magique du déplacement gratuit. J’imagine voyager comme cela. Et c’est ainsi que je vais faire un premier voyage à l’étranger en parcourant la Norvège à l’été 2008. 

    Lesfrancais.press : L’expérience que vous allez vivre au Népal, l’arrestation puis l’incarcération, agissent pour changer votre regard sur le voyage et vous-même. Comment ressentez-vous les choses rétrospectivement ?

    J’étais un peu trop optimiste, un peu trop confiant en moi-même. J’ai sous-estimé les difficultés lors du grand voyage que j’ai voulu réaliser à partir de mai 2015. J’avais au départ une forme de timidité puis de la confiance excessive notamment parce que j’avais pu aller jusqu’à Moscou en stop puis traverser la Russie en train sans encombre. Quand je suis arrêté par la police au Népal, j’étais très optimiste. Trop optimiste. Manquant d’humilité devant les policiers. Avant le Népal je n’avais pas conscience que dans un pays étranger on n’appartient plus vraiment à la France mais au pays dans lequel on se trouve. Il ne faut pas trop la ramener. On est à la merci de la justice et de la police locales. Et il y a des limites à ne pas dépasser.

    Lesfrancais.press : Pouvez-vous nous raconter justement votre arrestation au Népal ?

    Je trouve des faux dollars boudhistes au Vietnam en octobre 2015. Ce sont des offrandes. Je les ramasse par curiosité, en souvenir. Quand je suis ensuite en Thaïlande j’échange auprès d’un vendeur clandestin mes euros contre des dollars. Ce sont en réalité des faux billets, je me fais avoir. C’est là où l’optimisme me trahit. J’aurais pu regarder de près ces faux billets qui étaient dans ma poche. Je n’y touche pas. Je les oublie. En arrivant à la frontière népalaise je dois régler un visa en dollars. Et c’est alors à la douane du Népal que je me rends seulement compte que ces billets sont des faux. De là une fouille et des ennuis car tous les billets que je transporte sont vus comme des contrefaçons, ce qui est un délit.

    Lesfrancais.press : Comment vont se passer l’expérience de la cellule pendant la longue garde à vue puis celle de la prison ?

    Je passe trois semaines en cellule pour la garde à vue. Au départ on ne me dit rien. Au moment de l’arrestation je ne sais même pas que je vais faire de la prison. Chaque lieu de détention a ses règles particulières. Cette garde à vue est très stressante. Je suis là pour une durée indéterminée. Je savais que j’allais passer devant le juge et c’était très oppressant. Les conditions de confort dans la cellule étaient plus que spartiates. Dans la cellule surpeuplée on ne pouvait pas s’allonger tous pour dormir. On dormait sur le plancher. Il y avait aussi de la violence entre détenus. Je suis témoin de cette violence. Je n’en subis pas directement mais c’est peu agréable d’être dans un tel environnement manquant de sécurité. Je suis jugé ensuite et je prends un an de prison. C’est un moment très difficile. Dans la prison, il y a certes une amélioration des conditions de détention. Pas de violence entre détenus. Mais cela reste sale et bruyant. Je dois m’adapter à ces conditions de vie nouvelle, j’apprends aussi de bonnes choses. L’échange avec les autres. Les règles des lieux. Les apprentissages de la vie dans un espace réduit. Je reste 8 longs mois en prison.

    Lesfrancais.press : Quels sont les conseils que vous donneriez  aux jeunes voyageurs pour éviter pareille mésaventure ?

    Ne pas être en terrain conquis. Il faut s’intéresser à la culture locale. Il faut respecter les coutumes du pays. Les gens et la police y sont sensibles. Si on est arrêté, une erreur à ne pas faire est de ne pas prendre tout de suite un avocat directement. Plus on attend plus cela s’envenime. Au Népal, la police et la justice étant corrompues il y avait des espoirs de pots de vin. Je n’ai pourtant pas payé. Dans pas mal de pays les pots de vins sont coutumiers. C’est malheureux mais c’est ainsi. 

    Lesfrancais.press : Quel regard vous portez sur l’assistance consulaire de l’Ambassade de France ?

    La police n’est pas censée contacter l’Ambassade systématiquement. J’aurais pu être poursuivi en France pour ce que j’avais fait au Népal. Si c’est quelque chose de plus grave et que l’Ambassade et le ministère des Affaires étrangères sont mis au courant, il peut y avoir un jugement ensuite en France et un éventuel emprisonnement. J’espérais de mon côté une aide de l’Ambassade mais le devoir d’assistance a été réduit au minimum syndical. Je n’étais pas dans la capitale mais à trois cents kilomètres. Cela explique sans doute l’assistance réduite. Quand j’ai été condamné à un an de prison, mes parents se sont mobilisés et ont pu créer une association pour entrainer les politiques. Le ministère des Affaires étrangères a ensuite mis la pression nécessaire pour me faire libérer par anticipation. J’ai bénéficié d’une grâce pour les quatre derniers mois de réclusion.

    Lesfrancais.press : Aujourd’hui vous en êtes où ? Prêt à repartir ?

    Le plus important c’est d’être vivant, libre et en bonne santé. J’ai désormais une soif de liberté énorme. Après avoir été libéré j’ai fait un tour du monde de trois ans. J’apprécie davantage les choses simples, et la liberté est désormais pour moi une chance. Je suis rentré en France pendant la COVID. J’avais prévu de voyager encore plus mais j’ai dû écourter mon tour du monde. Je veux repartir désormais. Je veux faire un visa de travail en Australie pour aller bosser là-bas. La règlementation impose que cela soit fait avant mes 35 ans. J’en ai 34. J’espère reprendre la route très vite.

  • Les eurodéputés français mobilisés sur l’inclusion du gaz et du nucléaire dans la taxonomie verte

    Les eurodéputés français mobilisés sur l’inclusion du gaz et du nucléaire dans la taxonomie verte

    Dans un vote en commission mardi (14 juin), les eurodéputés Verts et de la gauche ont voté contre la proposition d’inclure le gaz et le nucléaire dans la taxonomie verte européenne. La droite et le centre appellent pour leur part à la mobilisation en vue du vote final le 6 juillet prochain au Parlement européen.

    Par 76 voix contre 62, les membres des commissions de l’environnement (ENVI) et des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen ont adopté une résolution contre l’acte délégué complémentaire (ADC) de la Commission européenne introduisant des activités spécifiques liées au nucléaire et au gaz dans la taxonomie verte.

    Un signal fort avant le vote final et décisif du texte en plénière au Parlement européen le 6 juillet prochain.

    Les députés reconnaissent le rôle du nucléaire et du gaz pour garantir un approvisionnement énergétique transitoire stable. En revanche, ces derniers considèrent que « les normes d’examen technique proposées par la Commission […] ne respectent pas les critères d’activités économiques durables sur le plan environnemental (article 3 du règlement) », annonce le Parlement européen dans son communiqué de presse.

    Les eurodéputés français en ordre de bataille

    Côté français, les eurodéputés ont voté en ordre de bataille. Les centristes de Renew, les députés du Parti populaire européen (PPE) et du groupe Identité et Démocratie (ID) ont voté pour la proposition d’acte délégué, tandis que les Verts, les sociaux-démocrates (S&D) et les députés de la gauche (GUE) ont massivement voté contre. In fine, ces derniers l’ont largement emporté.

    EP plenary session – Presentation of the programme of activities of the Portuguese Presidency ©Euractiv

    Sur Twitter, le chef de file de la délégation française des Verts, Yannick Jadot, salue ainsi « une victoire pour le climat », ajoutant que les énergies renouvelables (EnR) sont les « seules énergies d’avenir ».

    Dans le même sens, la vice-présidente du groupe des Verts et membre suppléante de la commission ENVI, Marie Toussaint, rappelle que l’Europe a « besoin d’investissements dans l’expansion massive des énergies renouvelables, pas dans la perpétuation d’un système énergétique dangereux et climaticide ».

    Contactée par EURACTIV en amont du vote, l’eurodéputée déclarait déjà qu’estampiller vert les investissements dans le gaz et le nucléaire était « dès le départ une aberration ». La guerre en Ukraine n’ayant fait que « renforcer » ce sentiment.

    La non-intégration du gaz dans la taxonomie verte répond en effet en partie aux craintes de l’UE par rapport à sa dépendance au gaz russe.

    Interrogé par EURACTIV au sujet de l’opportunité de crise que provoquait le conflit en Ukraine, Neil Makaroff, responsable Europe pour l’association Réseau Action Climat-France, répond que la guerre a permis de « révéler les vulnérabilités de l’Europe ». Il ajoute, en ce sens, que « la transition est le meilleur allié pour la souveraineté européenne ».

    Chez les eurodéputés GUE incluant les Insoumis français, ce vote est également l’occasion d’assener un message fort contre les lobbies industriels et les politiques nationales. Sur Twitter, la coprésidente du groupe de la GUE, Manon Aubry, s’est réjouie d’une « nouvelle défaite pour Macron qui était responsable de ce deal anti-écologique scandaleux ».

    Même son de cloche pour l’eurodéputée S&D et membre de la commission ECON, Aurore Lalucq : « Renaissance (LREM) voulait mettre le gaz et le nucléaire dans la taxonomie. […] Mais c’est perdu pour eux! ». Sur Twitter, elle fustige une « écologie ‘ni de droite, ni de gauche’, qui est une droite sans écologie ».

    La droite et le centre vent debout

    À l’inverse, les centristes donnent « rendez-vous en juillet pour faire tomber cette objection » si l’on en croit le tweet de l’eurodéputé Renew, Christophe Gudler.

    Dans le même ordre d’idée, l’eurodéputée d’extrême droite (ID) et membre de la commission ENVI, Aurélia Beigneux, a appelé à rester « vigilants », afin que l’acte délégué soit voté en séance plénière.

    Dans un communiqué, les eurodéputés Les Républicains au sein du groupe PPE, Agnès Evren et Nathalie Colin-Oesterlé, ont également soutenu la proposition d’acte délégué « afin d’encourager les investissements privés dans la croissance durable ». Selon Agnès Evren, il était « essentiel que le nucléaire soit vu comme ce qu’il est : une énergie indispensable pour atteindre nos objectifs climatiques ! » a-t-elle déclaré sur Twitter.

    Indispensable également pour la France, puisque le nucléaire représente 50% de son mix électrique. Ainsi, la non-intégration du nucléaire dans la taxonomie verte interroge sur les capacités du pays à maintenir sa sécurité énergétique. Et ce, dans la mesure où le capital d’EDF, qui gère et développe le parc, est détenu à 16% par des actionnaires privés.