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  • Les premières épreuves du bac en demi-teinte

    Les premières épreuves du bac en demi-teinte

    Les premières épreuves du baccalauréat ont commencé depuis début mai. Si dans l’ensemble tout s’est bien passé, quelques désagréments ont été notés.

    Rappel de l’organisation

    Chaque année, environ 500 000 candidats se présentent aux épreuves du bac général et technologique en France métropolitaine. Mais également 30 000 tentent leur chance depuis des lycées français situés à l’étranger ou dans les DROM et collectivités d’outre-mer (les anciens DOM-TOM).

    Les dates des épreuves ne sont pas les mêmes partout, certains centres étrangers étant situés dans l’hémisphère Sud (la Nouvelle Calédonie par exemple) organisent les épreuves du bac en novembre ou d’autres en avril (Pondichéry par exemple). Le tableau ci-dessous vous donne une idée des dates du passage du baccalauréat dans différents centres français :

    DateLieu
    Début avrilInde (Pondichéry)
    Fin maiAmérique du Nord (Etats-Unis, Canada)
    Début juinLiban (Beyrouth)
    Début juinPolynésie
    Mi-juinAntilles-Guyane (Matinique, Guadeloupe…)
    Mi-juinMétropole
    Mi-juinAsie (Japon, Chine, Hong-Kong…)
    Mi-juinAfrique (Maroc, Côte d’Ivoire, Dubaï…)
    Mi-juinLa Réunion
    Mi-novembreNouvelle Calédonie
    Mi-novembreAmérique du Sud (Brésil, Uruguay, Chili…)

    Quelles épreuves ?

    Les épreuves terminales englobent le français écrit (coefficient 5) et oral (coefficient 5) de fin de première, la philosophie, les deux épreuves de spécialités poursuivies en terminale et le grand oral. Elles représentent 60 % de la note finale du bac.

    Retrouvez-ci dessous le détail des épreuves de fin de terminale.

    Épreuves de spécialité

    Les élèves sont évalués sur les 2 spécialités conservées en terminale. Chacune des 2 épreuves est dotée d’un coefficient 16. Cela représente donc 32 % de la note finale (sur les 60 % de contrôle terminal).

    Le grand oral

    Le grand oral est noté coefficient 10 en filière générale et coefficient 14 en filière technologique.

    Il se déroule sur 40 minutes :

    • 20 minutes pour préparer la réponse à votre question ;
    • oral de 20 minutes comprenant 5 minutes d’exposé, 10 minutes d’entretien entre le jury et le candidat autour du sujet sélectionné, et enfin 5 minutes de discussion sur le projet d’orientation du candidat.

    Épreuve de philosophie

    Elle est notée coefficient 8 pour le bac général et 4 pour le bac technologique. Lors de cette épreuve écrite, les candidats ont 4 heures pour traiter l’un des trois sujets proposés. Ils auront le choix entre deux dissertations et une explication de texte dont l’auteur figure au programme.

    Les différentes spécialités sont :

    • Arts

    • Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques

    • Humanité, littérature, philosophie

    • Littérature et langues et cultures de l’Antiquité

    • Langues, littératures et cultures étrangères et régionales

    • Mathématiques

    • Numérique et sciences informatiques

    • Physique-chimie

    • Sciences économiques et sociales

    • Sciences de l’ingénieur

    • Sciences de la vie et de la terre

    La plupart de ces épreuves se sont déroulées en mai pour les élèves expatriés qui suivent le rythme de l’hémisphère nord soit plus de 70% des inscrits dans un établissement AEFE.

    Un travail partagé entre l’établissement à l’étranger et son académie de rattachement

    « Tout s’est passé sans aucun couac » assure Christophe Gallais, le proviseur du lycée français de Murcia en Espagne, et coordinateur du réseau de la Mission laïque française en Espagne qui comptabilise dix établissements. Sur les épreuves des capacités expérimentales et de langues, les élèves ont débuté leur baccalauréat sans anicroche.

    De plus, il affirme que la répartition du travail entre les correcteurs et l’Académie de Toulouse, à laquelle sont rattachés les établissements français d’Espagne, a été « particulièrement bien pilotée par l’assistante du lycée de Madrid ». Effectivement, grâce à la dématérialisation du baccalauréat à l’étranger, les copies des bacheliers ont pu être distribuées entre les professeurs de manière fluide et efficace. Pour information/rappel, chaque établissement à l’étranger est attaché à une académie en France.

    Le proviseur s’attend donc à ce que l’examen de philosophie de ce jeudi 9 juin, et le grand oral la semaine du 20 juin, se dérouleront sereinement.

    Des inégalités entre les élèves

    Adrien Guinemer, conseiller hors de France chez l’UNSA Éducation, partage le sentiment du bon déroulement des premières épreuves. Cependant, il note plusieurs difficultés et inégalités entre les élèves.

    D’un côté, en Asie du Sud-Est et en Turquie, les lycéens ont déjà passé leur grand oral. Soit plusieurs semaines en amont de tous les autres élèves français, et autant de semaines en moins pour le préparer. De plus, Adrien Guinemer déplore que les candidats ont passé leur grand oral en visio car les examinateurs ne se sont pas rendus sur place.

    Par ailleurs, comme l’a spécifié Mehdi Benlahcen, conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger pour la péninsule ibérique, la réforme du baccalauréat a créé d’autant plus d’inégalités. Dans un souci de vouloir faire des économies sur l’organisation de l’examen, les épreuves n’ont pas été étalées sur une semaine entière avec une matière par jour, mais en trois jours pour l’ensemble des matières. Ainsi, les participants ont pu avoir des sujets différents pour une même matière. Il y a donc eu plusieurs écueils pour les élèves, mais également pour les correcteurs qui doivent corriger des sujets différents pour la même unité d’étude.

    Enfin, Adrien Guinemer regrette le manque de corrigés types pour les sujets zéro. Selon le conseiller UNSA Éducation, les enseignants ont maintes fois demandé ces corrigé afin de préparer au mieux leurs étudiants en fonction des attentes du ministère de l’Éducation nationale, en vain. Comme l’a soutenu Cécilia Gondard, conseillère pour les Français au Benelux, les futurs bacheliers étaient donc assez anxieux à l’approche de l’examen final.

  • Benjamin Mendy, le footballeur français expatrié à Manchester, est accusé de 8 viols

    Benjamin Mendy, le footballeur français expatrié à Manchester, est accusé de 8 viols

    Le défenseur expatrié à Manchester City, Benjamin Mendy, déjà accusé de sept viols, une tentative de viol et une agression sexuelle, a été accusé d’un nouveau viol par une autre femme, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

    Il y a neuf jours, le joueur de 27 ans avait plaidé non coupable de tous les faits qui lui étaient reprochés par six femmes.  Mais une autre accusation de viol, portée par une autre femme avait été ajoutée à la liste, le juge présidant l’audience ayant ordonné à la presse de ne pas l’évoquer jusqu’à la levée de cette interdiction intervenue mercredi. Mendy, qui n’avait pas encore formellement été notifié de ce nouveau chef d’accusation, n’a pas encore eu à se prononcer sur sa défense.

    Les dix chefs d’accusation portés contre lui concernent des faits qui se seraient déroulés entre octobre 2018 et août 2021 à son domicile de Prestbury, dans le Cheshire.  Le joueur comparaîtra devant un tribunal avec jury le 25 juillet, au côté d’un co-accusé, Louis Saha Matturie, 40 ans, sans rapport avec l’ancien footballeur Louis Saha. Poursuivi pour huit viols et quatre agressions sexuelles sur huit femmes entre juillet 2012 et août 2021, ce dernier a également plaidé non coupable.  Après plusieurs mois en détention provisoire, le champion du monde de 2018 avait été libéré début janvier et placé sous contrôle judiciaire, dans l’attente de son procès qui doit s’ouvrir le 25 juillet.  

    Un espoir déchu

    L’affaire avait démarré fin août 2021 quand le club de Manchester City avait annoncé la suspension du joueur, sous contrat jusqu’en juin 2023, sans autre explication. La justice anglaise avait ensuite rapidement annoncé que le joueur avait été placé en détention provisoire après avoir été accusé de quatre viols et d’une agression sexuelle, par trois femmes dont une mineure. D’autres inculpations s’étaient ensuite ajoutées.  Formé au Havre, révélé à Marseille et ayant passé une saison par Monaco, Benjamin Mendy était devenu le défenseur le plus cher de l’histoire en 2017 quand les Citizens avaient déboursé 52 millions de livres (environ 61,4 millions d’euros au cours actuel) pour s’attacher ses services.

    A son arrivée au City, il était considéré comme l’un des grands espoirs français et mondiaux au poste d’arrière gauche. Mais la carrière du joueur de 27 ans a été freinée depuis quatre ans par des blessures et le joueur n’a jamais réellement justifié les espoirs placés en lui.

  • Société dévote et finance quantique

    Société dévote et finance quantique

    Dieu est mort, cela fait bien longtemps, du moins en Europe. Il résiste ailleurs, dans le monde musulman, aux Amériques, en Afrique, en Inde, alors qu’en Chine, sous l’égide du Parti communiste, les Turbans rouges révèrent le nouvel Empereur. 

    Le conflit entre les anciens et les modernes

    Partout, le combat entre la modernité et les religions s’exacerbe. Il se voit violemment dans le monde musulman. Mais le conflit entre les anciens et les modernes se perpétue au cœur de la civilisation de la modernité par excellence : la nôtre, celle qui a installé le progrès comme sens de l’Histoire. Le bien-être réduit à la consommation, elle se lasse. Usée par la compétitivité, des loisirs répétitifs, elle doute. Les manifestations tournent sur les ronds-points, la compassion s’affiche, maquillée, à tous les étages des télévisions. 

    Reconnaitre à l’idole des droits supérieurs à ceux du quidam.

    Avant la chute du communisme, la religiosité animait une quête de l’homme nouveau, parfois par le massacre. Aujourd’hui, la « Nation » revient à la mode. Face à elle, la « Planète » fait le procès du progrès. Nation, planète : deux quêtes identitaires, sociétales, profondément conservatrices, mythiques, idolâtres. Reconnaitre à l’idole -Dieu, Nation, Peuple, Planète, tous en majuscule- des droits supérieurs à ceux du quidam. 

    Pauvres droits de l’Homme ! La religion placardisée, la société reste dévote. Le besoin d’appréhender l’invisible continue d’animer ce gigotement intérieur qui saisit tout un chacun dans le métro ou un aéroport.

    Agiter un drapeau dans les temples où s’entassent des milliers de supporters, pleurer pour la planète jusqu’à l’anorexie ; la déification est partout, parallèle au fétichisme des identités, religions, nations, marques, objets, opinions.

    Trois façons de saisir l’invisible : la parole, l’art, la monnaie

    Or, s’il existe mille façons de saisir l’invisible, il y en a trois majeures : la parole, l’art, la monnaie.

    A regarder l’usage de la parole, deux transformations radicales aveuglent. La première est que l’écriture est universelle. Cette disposition, en rien naturelle, devient banale. Jamais il n’y eut tant de scribes. A tel point que l’oralité revient, par l’image. Il n’est pas impossible que l’écrit, aujourd’hui vainqueur, disparaisse. L’écran chassera-t-il l’écrit ?

    Le deuxième phénomène est celui d’une novlangue universelle, l’anglais. Le sabir impérial fera bientôt de l’anglais un sous dialecte régional du Globish. Ce n’est pas rien, pour l’humanité, d’avoir une langue mondiale. Ce n’est pas rien non plus d’avoir une langue dénaturée.

    Mozart vivait sur une planète de moins d’un milliards d’habitants, en majorité analphabètes. Sur sept milliards, combien de Mozart? La déstructuration bourgeoise de l’art classique a implosé toutes les disciplines. « En avant ! c’est le mot du Progrès; c’est aussi le cri de l’Art. Tout le verbe de la Poésie est là. Ite. », écrit Hugo à Baudelaire. Ite, en avant, a recouvert les continents. Partout du graphisme, de l’image, des éclairs, des queues, des musées, des concerts, des écouteurs, des hangars en Suisse en guise de coffre-fort, des NFT Warholiennes en néomonnaies. Ite ? Un en avant multidimensionnel, multiversel. D’où la difficulté à retrouver le sens du progrès : dans un monde à n dimensions, quand on progresse, où va-t-on ? 

    Par ici la monnaie ! Par là, par là bas. L’extraordinaire invention n’en finit pas de transmuter. Chaque dollar, en plusieurs avatars, se multiplie et disparait : le monde de la finance est quantique. Contrairement aux enseignements classiques, les monnaies vivent leur vie. Dépendent-elles des banques centrales, droguées au Quantitative Easing, du shadow banking de quelques opérateurs, du financement des dettes publiques, du besoin de garantie des banques commerciales, la monnaie se comporte déjà comme des particules, avec ses incroyables intrications, apparitions et disparitions subites. Avec ses ottomanies, la livre turque a perdu 75% de sa valeur. 275 millions de Chinois paient en e-yuans, et sourient, ils sont filmés par leurs achats. Monnaie flash.

    Posséder un pixel estampillé de la Joconde, c’est déjà du passé. Token, cryptomonnaies, NFT gravitent. Facebook se veut champion du Metavers, mais dévisse en bourse d’un quart de sa valeur : 200 milliards. Peuchère ! Google, en face, pulvérise les records de profit : 270 milliards de dollars, plus que le déficit annuel de la France. Les « valeurs », espèces volatiles, varient comme elles n’ont jamais varié. Qu’est ce qu’une valeur ? Ce dont la valeur varie.

    Cela s’explique par l’incertitude du regard. Le prix du pétrole était négatif il y a dix-huit mois. Il est à près de 100$. Le fret aérien explose, les terres rares s’envolent, les profits des banques, ruinées en 2008, agacent. Sur quoi va-t-on poser le regard ?

    Le marché des jeux vidéo pèse plus de 300 milliards de $. Les échanges d’or « physique » seulement 90 milliards de $. Mais les échanges d’or « papier », plus de 10.000 milliards de $. Un ciel couvert d’étoiles. 11% des Français, pour la plupart de moins de trente cinq ans, possèdent des cryptomonnaies, bien plus que de Français actionnaires de « vraies » entreprises.

    Le métier de chacun en est changé, personne n’y échappe. Devient sacré ce que chacun adule, et, de suite, recueille puissance et pouvoir. Et peut le perdre, en un instant. Ce qui demeure, c’est la gloire, la quête d’une renommée universelle.

    Ces mouvements chaotiques s’expliquent moins par la mort de Dieu que par la dévotion de la société pour elle-même. Chacun se mire, participe aux mirages de « sa communauté » (mondiale, écologique, nationale, musicale, sexuelle, etc.). L’identité se forge et se déforme par cette aliénation : sentiment d’appartenance à on ne sait quoi. Chacun se façonne des opinions que l’on porte sur lui, des jugements qu’il est censé porter. Fonction de la mode morale commune, changeante, d’une certaine idée, passagère, du bien : les « prix » – coûts, salaires, allocations, subventions, plus-values, gains et pénalités- dépendent d’autant de « jugements » de valeur. Cours de bourse ou fiches de paie sont liés aux codes amoureux, judiciaires, sanitaires, certificats en vigueur momentanées. Dans ces mille mondes de censeurs, juges, coupables, le regard de la méduse réifie.

    Epuisante démarche, qui se discipline par une nouvelle introduction à la vie dévote, sur la route de « biens » multiples : biens matériels, statuts sociaux, biens moraux, il faut tenir son rang. Tenir ses pensées, avis, réactions, photos, publiques, sur Facebook, Instagram. Tous les jours, les informations, devenues mondiales, imposent un exercice de dévotion, un jugement moral, aussi personnel qu’un jean, que l’on sait exposable. Le modèle chinois de reconnaissance faciale et de carnet citoyen est déjà dans les têtes occidentales. 

    La dévotion, chez les anciens, était une malédiction : on vouait aux dieux infernaux des êtres humains, généralement, des adversaires. Parfois, on se dévouait soi-même. Le culte du moi est immolation sociale, parce que le culte social est sacrifice de soi. Au culte du moi correspond le culte de l’autre, mais un autre moi, désincarné, supposé, figuré. A l’amour du prochain succède l’amour du double.

    Jeff Bezos, nouveau Crésus du monde,  avec Altolabs, une société de biologie, a levé trois milliards de dollars pour travailler sur le rajeunissement cellulaire, premier pas vers l’immortalité. Dieu est mort, mais Amazon investit dans la vie éternelle. De quoi se plaint-on ?  Quelle est la capacité de crédit d’un immortel ?

  • Hôpital, sécurité sociale, passe sanitaire : que propose la NUPES ?

    Hôpital, sécurité sociale, passe sanitaire : que propose la NUPES ?

    Alors qu’Emmanuel Macron a promis une « mission d’information flash » pour sortir l’hôpital de la crise, décryptage du programme santé de la nouvelle coalition de gauche (NUPES) pour les élections législatives avec déjà des points de divergence.

    Sauver l’hôpital public : deux partis, deux visions. Du côté de la majorité, Emmanuel Macron a annoncé en début de semaine lors d’une visite au centre hospitalier de Cherbourg (Manche) le lancement d’une courte mission d’information. Le but ? Identifier d’ici au 28 juin « de premières solutions opérationnelles pour faciliter l’accès aux soins urgents et non programmés, partout en France ».

    A gaucheJean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise (LFI), a déclaré vouloir « réquisitionner le secteur privé de la santé » mercredi (25 mai) à Strasbourg, s’il accédait à Matignon.

    Pour rappel, M. Mélenchon ambitionne de devenir Premier ministre en cas de victoire de la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (NUPES) lors des élections législatives qui auront lieu les 12 et 19 juin prochains.

    Une semaine avant, le jeudi 19 mai, l’ancien candidat à la présidentielle avait dévoilé le programme de la NUPES. Au chapitre santé, deux axes majeurs : faire face aux futures pandémies et reconstruire les établissements publics de santé.

    100% Sécu : le point de discorde

    Au chapitre sécurité sociale, la mesure phare de la nouvelle coalition de gauche est de mettre en place le « 100 % Sécu », soit le remboursement à 100 % des « soins de santé prescrits » et l’intégration des « complémentaires santé dans la Sécurité sociale », peut-on lire dans le programme.

    Mais cette première proposition ne fait pas l’unanimité au sein des partis de la coalition, qui comprend notamment le Parti socialiste (PS), Europe Écologie-Les Verts (EELV), la France insoumise (LFI) et le Parti communiste français (PCF).

    La mesure trouve son origine dans les programmes à l’élection présidentielle de Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Fabien Roussel (PCF). Pas ceux d’Anne Hidalgo, ni de Yannick Jadot.

    Si le PS et EELV soutiennent le remboursement à 100 % des soins prescrits, ils souhaitent que « cela se fasse sans intégration des complémentaires santé dans la Sécurité sociale », précise le programme de la NUPES.

    Précision du PCF : le parti souhaite que « les complémentaires santé puissent se concentrer sur des missions de prévention et de gestion de centres de santé ».

    Recruter du personnel pour les Ehpad et l’hôpital

    Le système de santé français, et plus particulièrement l’hôpital public, au bord de l’implosion, est au cœur de tous les débats de la campagne législative. 120 services d’urgences ont dû fermer ou réduire leur capacité d’accueil, selon l’association Samu-Urgences de France (SudF).

    Les partis de la NUPES sont unanimes : il faut plus de soignants, et plus précisément 100 000 pour renforcer les effectifs à l’hôpital, selon le programme.

    Même ambition pour les Ehpad : le recrutement de 240 000 personnels. Quatre mois après le scandale des Ehpad Orpea, et malgré le plan de contrôle des maisons de retraite lancé par le gouvernement en mars dernier, le sujet est toujours d’actualité. Ce vendredi 3 juin, les salariés du groupe sont appelés à faire grève contre le non versement d’une prime d’intéressement.

    Dans la continuité de l’accès aux soins, la question des déserts médicaux est un cheval de bataille de la coalition de gauche : création de centres de santé, embauche de médecins salariés, suppression du numerus clausus, mobilisation de la médecine libérale et hospitalière ou encore obligation temporaire d’installation. En résumé, la NUPES souhaite « actionner tous les leviers » possibles.

    Se préparer face aux futures pandémies

    Alors que la crise de Covid-19 semble doucement s’éloigner, la NUPES a prévu un plan d’action dans son programme pour lutter contre les futures pandémies, à commencer par un « plan de prévention et d’adaptation » respectueux des « libertés fondamentales ». Comprendre pas de vaccination obligatoire, mais des politiques « ‘d’aller vers’ qui favorisent l’accès à la vaccination ». 

    Idem pour le passe sanitaire qui ne sera plus obligatoire, mais remplacé par un « nouveau dispositif de gestion des crises sanitaires », indique le programme sans donner plus de précisions.

    La levée des brevets sur les vaccins et les médicaments, jusqu’ici refusée par Emmanuel Macron, fait également partie des propositions.

    Enfin, la coalition de gauche souhaite mettre en place un « pôle public du médicament » afin notamment d’éviter les pénuries, de contrôler les prix, de garantir la transparence sur la recherche et le développement et pouvoir produire et distribuer « massivement » des vaccins en cas d’urgence sanitaire.

  • La fin du dollar a-t-elle sonné ? 

    La fin du dollar a-t-elle sonné ? 

    Depuis les années 1960, nombreux sont ceux qui ont annoncé la fin du dollar comme monnaie centrale du système monétaire international. L’arrêt de la convertibilité en or, les changes flottants, la crise de 2008 ont été autant d’évènements censés sonner le glas de la devise américaine. Or, celle-ci demeure la première devise pour les échanges extérieurs et, de loin, la première monnaie de réserve. 

    La montée en puissance de la Chine induisant une fragmentation du monde, les déficits publics croissants des États-Unis, la contestation de la règle de l’extraterritorialité sont autant d’éléments qui sont mis en avant pour mettre un terme au droit de seigneuriage monétaire qu’imposent de fait les Etats-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale au reste du monde.

    59% des réserves de change

    Le dollar reste de loin le pilier du système monétaire international en étant la principale monnaie d’échanges et de réserves. Grâce à la profondeur du marché financier américain, du volume des actifs cotés aux États-Unis, le dollar reste incontournable. Même si un léger effritement est constaté, la monnaie américaine représente 59 % des réserves de change. Le RMB, la monnaie chinoise, joue en la matière un rôle marginal avec 2,79 % des réserves de change (2021). Cette situation est paradoxale pour un pays qui est depuis plusieurs années la première puissance commerciale mondiale et dont le PIB est le deuxième au monde. Elle s’explique par la faiblesse de la sphère financière chinoise, par l’absence de transparence et par le caractère non démocratique du régime. 

    Le dollar peut s’appuyer sur la puissance tant militaire, économique que démocratique des États-Unis. Avec la multiplication des sanctions infligées par les États-Unis à des pays comme l’Iran ou la Russie, ou à des entreprises au nom de l’extraterritorialité, certains estiment qu’il faut se prémunir de ces risques en ne recourant plus aux dollars. Pour certains gouvernements, le gel des réserves de change de la Russie évaluées à 500 milliards de dollars, et l’interdiction du recours au système d’information interbancaire Swift seraient des arguments pour sortir de la zone dollar.

    En période de crise, la monnaie américaine joue un rôle de valeur refuge 

    Le rejet du dollar ne se traduit pas dans les faits. Au contraire, en période de crise, la monnaie américaine joue un rôle de valeur refuge. Que ce soit lors de la crise des subprimes en 2008/2009, durant celle des dettes souveraines en 2011/2012 ou depuis le début de l’épidémie de Covid, le dollar s’apprécie prouvant que les investisseurs placent leurs capitaux dans cette devise. 

    La guerre en Ukraine s’est accompagnée d’une hausse des entrées de capitaux aux États-Unis. Le dollar reste incontournable car il n’y a pas d’alternative. Les États-Unis demeurent de loin la première puissance militaire. Ils disposent d’alliés fiables leur permettant de mettre en œuvre des sanctions globales à l’encontre des États qui constituent un danger. Les États-Unis ont été notamment suivis par l’Europe, le Japon et la Corée du Sud pour les sanctions contre la Russie. Peu de pays souhaitent placer leurs réserves de change en RMB par crainte qu’un conflit avec les États-Unis provoque leur blocage.

    L’euro, deuxième monnaie de réserve 

    L’euro qui constitue la deuxième monnaie de réserve ne peut pas ravir la place de numéro un au dollar en raison de l’absence d’unité politique de la zone euro. Les actifs alternatifs (or, cryptomonnaies) sont de trop petite taille pour être des substituts au dollar. Les réserves mondiales de dollars représentent plus de 7 000 milliards de dollars quand la capitalisation de l’or s’élève à 2 000 milliards et celle des cryptoactifs à 1 800. Les cryptoactifs connaissent des fluctuations de grande ampleur de nature spéculative qui les empêchent de jouer un rôle monétaire réel. Les cryptomonnaies publiques que plusieurs États dont la Chine préparent, seront des substituts aux billets de banque, facilitant les transactions commerciales de faible taille, mais ne pourront pas, dans un premier temps du moins, se substituer aux monnaies de réserve.

  • Résultats détaillés du premier tour des Législatives 2022 des expatriés

    Résultats détaillés du premier tour des Législatives 2022 des expatriés

    Ce 05 juin a eu lieu le premier tour des Législatives 2022 des expatriés. Nous vous annoncions dès 22h les duo qui se présenteront à vous dans les 11 circonscription ce 19 juin. Ce 6 juin, on revient en détail sur les chiffres de ces élections, circo par circo !

    Circonscription 1 – Amérique du Nord : Lescure / Roger

    Première étape, les USA et le Canada, dans ces deux pays la participation s’inscrit dans la moyenne mondiale à 21,32%. On notera que l’avance du député Roland Lescure a fondu dans la soirée, l’écart avec Florence Roger, la candidate NUPES, est au final de moins de 2000 voix.

    Téléchargez le PV de la 1ère circonscription

    Circonscription 2 – Amérique centrale et du Sud : Caroit / Fernandez

    Eléonore Caroit est arrivée en tête dans cette circonscription, mais Christian Fernandez dispose d’un meilleur potentiel de mobilisation. En effet, le point noir de cette élection est le taux de participation à 14,93%.

    Téléchargez le PV de la 1ère circonscription

    Circonscription 3 – Iles britanniques et Europe du Nord : Holroyd – Minvielle

    Belle mobilisation au Royaume-Uni, poussant le taux de participation de la circonscription à 28,36%, et ce en faveur du député sortant Alexandre Holroyd qui arrive avec 7 points d’avance à 38,1% contre 31,7% pour Charlotte Minvielle.

    Téléchargez le PV de la 3ème circonscription

    Circonscription 4 – Benelux : Anglade / Gondard

    Près de 3000 voix séparent Cécilia Gondard de Pieyre-Alexandre Anglade arrivé en tête avec 38,5% soit 6 points d’avance sur sa concurrente qui récolte 32,1% des bulletins. Côté participation, avec un score de 28,77%, le Benelux est dans le haut du tableau.

    Téléchargez le PV de la 4ème circonscription

    Circonscription 5 – Péninsule ibérique, Andorre et Monaco : Le Berre / Vojetta

    On l’écrivait il y a une dizaine de jours, du duel Valls/Vojetta, la gauche sortirait victorieuse. Le vote de dimanche, s’il a finalement peu mobilisé les électeurs de la circonscription avec un taux de participation de 23,69%, a fait le bonheur de la presse nationale ce lundi 06 juin. La défaite annoncée de Manuel Valls et de son suppléant Thierry Burtin avec 15,9% a éclipsé le chiffre à retenir, soit la nette avance au premier tour du candidat de la gauche Renaud Le Berre avec 27,5% des voix. C’est une des deux circonscriptions où la NUPES arrive en tête. Cependant avec 24,3%, Stéphane Vojetta fait un bon score qui devrait lui permettre de conserver son siège le 19 juin 2022.

    Téléchargez le PV de la 5ème circonscription

    Circonscription 6 – Suisse : Ferraci / Mangin

    Alors que 22,38% des électeurs se sont déplacés pour ce premier tour, Marc Ferracci, nouvel entrant sur la scène politique française locale et grand ami du Président de la République, remporte son pari, arrivant en tête des voix avec 36,3% contre 20% pour sa concurrente Magalie Mangin.

    Téléchargez le PV de la 6ème circonscription

    Circonscription 7 – Europe centrale et de l’Est : Petit / Rharmaoui-Claquin

    Forte mobilisation dans cette circonscription au coeur de l’actualité avec 29,08% de participants. 34,2% ont choisi de renouveler leur confiance à Frédéric Petit, creusant l’écart avec sa concurrente de la NUPES, Asma Rharmaoui-Claquin, qui récolte 25,82% des suffrages exprimés.

    Téléchargez le PV de la 7ème circonscription

    Circonscription 8 – Méditerranée de l’Est : Habib / Abisbor – de Lieme

    Toute petit mobilisation pour les Français de cette circonscription, ils n’étaient que 12,08% à avoir participé à l’urne ou en vote en ligne à cette élection législative. Et cela a profité à Meyer Habib, député sortant, soutenu par la droite française et israélienne qui arrive en tête avec 28,4% (40% en Israël). Sa challengeuse, la jeune et brillante Déborah Abisbor de Lieme obtient un meilleur score hors de l’état hébreux. Mais dans ces pays, la mobilisation est plus faible, elle finit donc ce premier tour en seconde place à un petit point de Meyer Habib à 27,4%.

    Téléchargez le PV de la 8ème circonscription

    Circonscription 9 – Maghreb et Afrique de l’Ouest : Ben Cheïkh / Moreno

    C’est l’autre circonscription star de cette élection ! Face aux déboires de l’ancien député issu de la majorité présidentielle, M’jid El Guerrab et aux mésaventures familiales de l’ancienne ministre aux solidarité Elisabeth Moreno, NUPES a présenté un ancien consul Karim Ben Cheïkh. Un choix gagnant, car la 9ème est l’autre circonscription où la gauche arrive en tête avec 39% contre 27,3% pour la candidate de la majorité présidentielle.

    Téléchargez le PV de la 9ème circonscription

    Circonscription 10 – Proche-Orient et Afrique centrale : Lakrafi / Moussa 

    A l’opposé de la précédente circonscription, pas de vague en Afrique centrale et au Proche orient, c’est une campagne respectueuse des candidates qui s’y déroule. Avec un taux de participation de 19,20%, dans la moyenne, les électeurs ont porté avec 10 points d’avance à 32,2% la députée sortante Amélia Lakrafi devant Chantal Moussa à 22,1% des voix.

    Téléchargez le PV de la 10ème circonscription

    Circonscription 11 – Europe orientale, Asie et Océanie : Genetet / Vidal

    Un succès pour Anne Genetet qu’on disait en difficulté. Avec une participation importante pour les expatriés, avec 27,95% de suffrages exprimés, Anne Genetet remporte son pari, laissant sur place les nouveaux concurrents et autres dissidents. En effet, elle remporte ce premier tour avec 37,6% des voix, avec près de 13 points d’avance sur la candidate NUPES, Dominique Vidal, à 24,4%. Le report des voix semble s’annoncer favorable à la députée sortante.

    Téléchargez le PV de la 11ème circonscription

  • 6 juin 1944 : l’autre bataille de la France

    6 juin 1944 : l’autre bataille de la France

    Le 6 juin 1944 marque pour les Français le début de la libération de leur pays. Sujet secondaire pour les alliés à la veille du débarquement, la France n’avait pourtant pas vocation dans leurs projets à recouvrer immédiatement sa souveraineté. Une organisation militaire devait l’administrer : l’AMGOT. Une « fausse monnaie » faite de dollars tricolores était imprimée.

    La France, puissance victorieuse ?

    Et si la France n’avait pas été admise au banquet de la victoire ? Occupée militairement par les troupes alliées régnant en maîtres, administrée par des officiers anglo-américains nommant les maires ou les fonctionnaires, son économie « dollarisée », pleurant un strapontin à l’ONU ? Pour peu politiquement correcte qu’elle paraisse en ces jours de co-célébration, l’hypothèse était bel et bien envisagée et même un peu plus. Deux grains de sable : de Gaulle, et les Français.

    Si le débarquement du 6 juin 1944 devait rester dans l’histoire de France synonyme de « libération », tel n’était pas son but initial. C’est au début de 1943, alors que la guerre a basculé à l’Est par la victoire soviétique décisive de Stalingrad, que le principe de l’opération « Overlord » (« Suzerain ») est arrêté par Roosevelt et Churchill. L’objectif n’en est évidemment pas les bocages normands ni Paris ni Strasbourg mais Berlin, qu’il convient de ne pas laisser à Staline.

    Vue d’une barge de débarquement le 06 juin 1944 – ©AFP

    Puissance déchue, le sort de la France n’est pas le souci majeur des futurs vainqueurs qui entretiennent en outre des relations tumultueuses avec l’incontrôlable Général de Gaulle. Intéressés au devenir de l’Europe d’après-guerre, ceux-ci ne peuvent cependant s’en désintéresser complètement. L’Allemagne et ses serviteurs vichyssois disparus, elle ne doit ni sombrer dans l’anarchie ni, pire encore, tomber entre les mains des communistes que l’on sait particulièrement actifs dans la résistance. Assez tôt, les alliés se sont préoccupés de son administration.

    Défiance

    Dès 1941-1942, Washington prévoit d’imposer à la France le même régime qu’aux futurs … vaincus (Italie, Allemagne, Japon) : un statut de protectorat. Celui-ci sera régi par un pouvoir de circonstance, «Allied Military Government of Occupied Territories » (Gouvernement militaire allié des territoires occupés) dont l’acronyme devait rester : l’AMGOT.

    Testée en Italie en 1943, cette structure, a pour vocation d’administrer, sous contrôle anglo-américain, les zones reprises aux Allemands. Des centaines de cadres sont formés dans ce but par une académie basée à Charlottesville, en Virginie. Son rôle reste d’actualité à la veille du débarquement de Normandie malgré la montée en puissance et la légitimation de la Résistance intérieure et extérieure. Une obstination souvent attribuée aux réticences – c’est une litote – américaines envers la mouvance gaullienne.

    Peu francophile en général, Roosevelt ne cache guère son aversion profonde envers le chef de la France libre, qu’il qualifie d’ « apprenti dictateur » et considère comme un petit général de brigade prétentieux, voire un jouet des communistes. De la (tardive) entrée en guerre des États-Unis jusqu’à la fin 1944, il ne le dédaigne pas seulement mais s’efforce d’en éloigner Winston Churchill (qui comprend mieux, en dépit des orages, l’homme du 18 juin), avec d’autant plus de succès que les sujets de discordes se multiplient au fil du conflit : participation aux décisions et plus encore sort de l’Empire, dont la libération est un enjeu militaire mais aussi économique intéressant les Anglo-saxons.

    Avant et après leur prise de contrôle de l’Afrique du Nord (Opération Torch, novembre 42), les alliés – Américains, en particulier – s’y appuient sur des personnalités hostiles à de Gaulle, voire ouvertement issues du régime de Vichy (Weygand, Giraud, Darlan, Pucheu). Leur échec et les succès sur ce point de l’exaspérant général (qui écarte ses rivaux et fait reconnaître son autorité) ne les amènent pas à beaucoup plus de bienveillance à son endroit ni (pour les États-Unis, surtout) de lucidité envers les pétainistes. Washington maintiendra jusqu’au bout – après même les débarquements de 1944 – un ambassadeur – l’amiral Leahy, ami du maréchal Pétain – auprès du gouvernement de Vichy qu’il ne cesse jamais de considérer comme un interlocuteur.

    Pression

    Quelques semaines avant l’opération Overlord, la place de de Gaulle est à l’inverse toujours niée de Roosevelt qui fait même interdire, par intention vexatoire plus que par sécurité, les messages chiffrés entre Londres et Alger, les deux bases de son « gouvernement ».

    Le Président démocrate ne peut cependant ignorer totalement une opinion publique et une presse américaines bien plus favorables – souvent admiratives – à la France combattante de l’intérieur et extérieur et à son chef désormais reconnu par tous les courants républicains  (grâce, en particulier, à l’action de Jean Moulin).

    Un peu à contrecœur, il se résout à lui faire discrètement transmettre en mai une invitation à se rendre aux États-Unis. De Gaulle s’offre le luxe de tergiverser, et en raison du cours de la guerre, elle ne sera honorée qu’au début de l’été.

    La pression est forte également en Grande-Bretagne. A un député qui le harcèle le 19 avril à la Chambre des Communes pour savoir si « oui ou non » les alliés vont traiter avec le CFLN (Comité français de libération nationale, organisation créée à Alger en 1943 et dirigée par De Gaulle), le ministre des Affaires étrangères Anthony Eden lâche finalement : « yes Sir ».

    L’AMGOT pourtant, reste virtuellement opérationnelle. Deux-cents officiers environ ont été préparés à Charlottesville à l’administration des zones libérées. Une monnaie de papier, surtout est imprimée, issue dans sa forme du dollar mais frappée du drapeau français et appelée « franc ». La devise « liberté, égalité, fraternité » et le mot « France » y figurent mais pas celui de « République », ce qui n’a rien de fortuit : « Comment savez-vous quel type de gouvernement il y aura en France après la guerre ? Peut-être sera-ce un empire ou encore une monarchie », avait ironiquement fait valoir Roosevelt.

    Monnaie provisoire prévue initialement pour le territoire français par les Américains.

    “Nous ou le chaos“

    Exaspéré d’être tenu à l’écart du débarquement, suspectant à juste titre les Anglo-saxons de préparer une mise sous tutelle de la France libérée, de Gaulle se raidit. « Nous ne demandons rien, indique t-il à son ambassadeur auprès de la Grande-Bretagne, Pierre Viénot. Il y a nous, ou bien le chaos. Si les alliés de l’Ouest provoquent le chaos en France, ils en auront la responsabilité et […] seront les perdants ». Pour que les choses soient claires, le CFLN devient le 2 juin « Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF) ». Le 4 juin, alors que les troupes alliées – et, cette fois, notamment françaises – entrent dans Rome, de Gaulle rencontre Churchill dans son train bloqué près de la gare de Porthsmouth.

    D’abord baignée de l’euphorie de la victoire pressentie, la conversation devient presque violente lorsque le Premier ministre britannique évoque le rôle incertain de son GPRF. « Je n’ai rien à demander dans ce domaine aux États-Unis d’Amérique, s’étrangle De Gaulle, non plus qu’à la Grande-Bretagne. (…) Je note que les gouvernements de Londres et de Washington ont pris leurs dispositions pour se passer d’un accord avec nous.(…) Les troupes qui s’apprêtent à débarquer sont munies d’une monnaie soi-disant française que le Gouvernement de la République ne reconnaît absolument pas (…) Comment voulez-vous que nous traitions sur ces bases ? ( …) Allez, faites la guerre avec votre fausse monnaie ! ».

    La réplique de Churchill est non moins historique : « Sachez-le, chaque fois qu’il nous faudra choisir entre l’Europe et le grand large, nous serons toujours pour le grand large. Chaque fois qu’il me faudra choisir entre vous et Roosevelt, je choisirai toujours Roosevelt ». Sa fureur contre de Gaulle augmente encore le lendemain. Il faut, dit-il que le commandement « le mette dans un avion et qu’il le renvoie à Alger, enchaîné si nécessaire. Il ne faut pas le laisser rentrer en France ».

    Le 6 juin, la déclaration d’Eisenhower (Commandant en chef des Forces alliées) aux « Peuples libérés d’Europe occidentale» et lancée en France sous forme de tracts en vingt millions d’exemplaires affirme sa seule autorité sans aucune mention du GPRF : « Quand la France sera libérée de ses oppresseurs, dit-elle au contraire, vous choisirez vous-mêmes vos représentants ainsi que le Gouvernement sous l’autorité duquel vous voudrez vivre ».

    L’appel du Général de Gaulle prononcé le même jour sur les ondes de la BBC est, lui, assez elliptique sur le fait que le débarquement est l’œuvre, pour l’essentiel, de ses alliés anglo-saxons : « La bataille suprême est engagée… C’est la bataille de France et c’est la bataille de la France. Les consignes données par le gouvernement français et par les chefs français qu’il a qualifiés [doivent être] exactement suivies ».

    Pragmatisme

    Or, la France combattante avait aussi minutieusement préparé sa prise de pouvoir. Outre la sympathie et les compétences sur lesquelles elle savait pouvoir s’appuyer, outre l’appui de la Résistance intérieure, elle avait depuis près d’un an veillé à la formation de cadres pour remplacer l’administration vichyssoise déchue.

    À mesure que des parcelles de territoire sont libérées, les autorités reconnaissant le GPRF s’installent sans difficulté, exerçant la réalité du pouvoir.

    Mal préparés aux réalités françaises, sans appui dans les populations locales, les agents de l’AMGOT sont en revanche réduits à une figuration errante. Pragmatique et constatant que l’ordre règne, le général autant que politicien Eisenhower renonce relativement vite à l’administration militaire de la France.

    Quant à la « fausse monnaie », qualifiée par François Coulet (premier Commissaire de la République mis en place par De Gaulle) de « drôles de dollars décorés d’un drapeau français », nul n’en veut de bon gré.

    Son cours initialement imposé par les autorités militaires lui vaut une modeste diffusion dans la population normande mais elle est vite retirée de la circulation, servant quelques mois plus tard à payer … les impôts.

    Accueilli sous les acclamations le 14 juin à Bayeux, De Gaulle peut passer début juillet à un autre voyage, moins symbolique mais presque aussi important : sa réception officielle aux États-Unis. Grand succès diplomatique, médiatique et même populaire, il contribue à asseoir sa stature internationale.

    La libération de Paris « par les siens » le 25 août et le triomphe personnel de De Gaulle qu’il consacre libère l’horizon. Son gouvernement est – enfin – reconnu par la Grande-Bretagne, l’URSS et … les États-Unis d’Amérique le 23 octobre 1944. Dans le récit en construction, l’AMGOT n’est plus qu’un épisode recouvert par l’épopée, et ses banknotes des pièces rares pour les collectionneurs.

  • Faut-il écouter les oiseaux de mauvais augure ?

    Faut-il écouter les oiseaux de mauvais augure ?

    L’augmentation du prix de l’énergie, des matières premières et des produits agricoles provoque un important transfert au profit des pays producteurs. En quelques semaines, le cours du baril de pétrole est passé de 60 à 118 dollars. Compte tenu d’un niveau de consommation proche de 100 millions de barils jour, le transfert annuel atteint, au niveau mondial, la somme de plus de 2 000 milliards de dollars, soit presque le PIB de la France.

    L’interventionnisme des pouvoirs publics se renforce de crise en crise

    Aujourd’hui, l’augmentation de l’énergie n’est pas la seule à toucher les entreprises et les ménages. Elle est complétée par celle des matières premières, des produits agricoles et de nombreux biens intermédiaires comme les microprocesseurs. En 1973, lors du premier choc pétrolier, les pouvoirs publics français avaient imposé aux entreprises de prendre à leur charge, sous forme de prélèvements et d’augmentations salariales, une grande partie des conséquences de l’augmentation des prix. Ce choix avait contribué à une dégradation de la compétitivité du pays et retardé sa modernisation. Quarante ans plus tard, ce ne sont plus les entreprises qui sont mises à contribution mais l’État appelé à compenser les hausses de prix.

    En France, l’interventionnisme des pouvoirs publics se renforce de crise en crise. Les dépenses publiques s’élevaient ainsi à 59 % du PIB en 2021, contre 46 % du PIB en 1980, montant qui avait amené certains à qualifier à l’époque, la France d’État socialiste voire collectiviste. Les dépenses sociales sont, de leur côté, passées de 24 à 34 % du PIB sur la même période. Du fait d’une croissance qui s’érode au fil des années, la progression des dépenses publiques s’est accompagnée de celle du déficit public et de la dette publique. Depuis 1973, la France n’a plus connu d’excédent public. Fin 2021, la dette représentait 113 % du PIB contre 21 % en 1980. Il en résulte des besoins de financement croissants de l’État. Ceux-ci devraient s’élever, en 2022, à 300 milliards d’euros. Cette somme permet de couvrir le montant du déficit public, le remboursement du capital des emprunts souscrits dans le passé et le financement de la trésorerie courante.

    La dette est, de fait, perpétuelle, mais pas gratuite

    La dette est, dans les faits, perpétuelle, les pouvoirs publics empruntant pour s’acquitter des tombées d’emprunt. Les épargnants français et étrangers ainsi que la Banque centrale sont amenés à financer de plus en plus les dépenses publiques qui ne sont pas financées par les prélèvements obligatoires, ces derniers atteignant pourtant déjà plus de 44 % du PIB.

    Ces dernières années, les taux d’intérêts nuls voire négatifs donnaient l’illusion d’une dette gratuite. Certains affirmaient que l’État avait tout avantage à s’endetter car l’argent était donné. D’autres estimaient que le financement par la banque centrale ne posait aucun problème en raison de l’absence de l’inflation. Or, en économie, rien n’est jamais définitif. Tout est mouvement. Avec la résurgence de l’inflation, les taux d’intérêt sont orientés à la hausse. Les emprunts souscrits hier à taux négatifs seront demain resouscrits à des taux plus élevés tout comme les déficits à venir, car nul n’imagine à court ou moyen terme leur disparition.

    Manifestation de « Gilets jaunes » à Paris – © Eric Pothier

    Nul n’ose évoquer la proximité du mur du financement

    Le service de la dette de l’État qui était de 40 milliards d’euros en 2022 et regroupe les crédits affectés au paiement des emprunts, a diminué ces vingt dernières années malgré l’envolée de l’endettement. Cependant, il devrait à nouveau augmenter à l’avenir. Avec une hausse de 2 points, la facture pourrait presque doubler au bout de trois ans. En cas d’absence de croissance susceptible de procurer un surcroît de recettes publiques, un risque d’emballement de la dette publique n’est pas impossible, sauf à réduire drastiquement les dépenses.

    Pour le moment, nul n’ose évoquer la proximité du mur du financement, la rémanence des taux bas étant encore prégnante. Les pouvoirs publics craignent également la multiplication des mouvements sociaux et préfèrent éteindre les incendies au jour le jour. Cette politique de soutien inconditionnel, qui s’amplifie de crise en crise, ne semble pas pouvoir s’achever, étant déjà à l’œuvre depuis cinquante ans.

    Les oiseaux de mauvais augure qui annoncent qu’elle mène tout droit à la faillite ont été contredits par les faits et n’ont plus guère le droit au chapitre même si la donne a changé. N’étant plus entendus et encore moins écoutés, la menace d’une crise des financements prend tout son relief.

  • Une « loi d’exception » pour lutter contre la crise climatique

    Une « loi d’exception » pour lutter contre la crise climatique

    La première ministre Elisabeth Borne a annoncé jeudi (2 juin) préparer une « loi d’exception » pour faire face au réchauffement climatique et réduire la dépendance française aux énergies fossiles russes.

    Dans un interview au journal Le Point, Mme Borne estime qu’une « transformation radicale de nos modes de production » s’impose pour atteindre l’objectif d’une « France neutre en carbone en 2050 ». La nouvelle loi pourrait soutenir le développement des énergies renouvelables et permettre l’isolation des logements.

    En outre, Mme Borne a souligné le souci de protéger la « souveraineté » française en réduisant la dépendance du pays aux énergies russes. Une annonce qui fait écho au plan d’indépendance énergétique de la Commission, REPowerEU, qui met la lutte contre la crise climatique au centre de ses priorités, notamment par l’accélération du déploiement des énergies renouvelables et en réalisant des économies d’énergies.

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    La première ministre Elisabeth Borne

    Pas question cependant «  d’augmenter la fiscalité verte  », ce qui reviendrait à opposer «  l’écologie contre l’économie  »«  Les Français ne sont plus à convaincre de la nécessité qu’il faut mener cette transition écologique […]. Il faut maintenant leur apporter des solutions concrètes et ne pas les plonger dans l’impasse  » a-t-elle ajouté.

    Mme Borne, chargée expressément de la planification écologique depuis sa nomination à Matignon le 16 mai, explique que l’écologie est aujourd’hui « au cœur des politiques publiques » françaises. « Nous devons nous fixer des trajectoires claires, avec deux priorités fortes : sortir des énergies fossiles et lutter contre l’effondrement de la biodiversité ».

  • Cent jours qui détruisent la Russie

    Cent jours qui détruisent la Russie

    Vendredi 3 juin n’était que le centième jour de « l’opération spéciale » lancée par Vladimir Poutine contre l’Ukraine. Il y en aura d’autres. 20% du territoire ukrainien est occupé (y compris la Crimée). L’offensive russe était allée plus loin, elle a reculé. Elle revient avec une stratégie héritée de la guerre de 14 : 3000 canons bombardent la ligne de front, champs, villes et villages. Puis recommencent, détruisant tout, y compris écoles et hôpitaux. Ainsi Poutine pense-t-il obtenir le Donbass, et l’affaiblissement durable d’une Ukraine ruinée par la guerre, à défaut de lui avoir imposé son asservissement. 12 millions d’Ukrainiens déplacés, 5 millions partis à l’étranger, 500 milliards de dollars de destructions.

    Les guerres risquent de se multiplier un peu partout dans le monde

    Beaucoup craignent la troisième guerre mondiale. Vu l’état de la Russie, elle reste improbable. Mais les guerres risquent de se multiplier un peu partout dans le monde, chacun mettant à profit la guerre entre « grands » pour régler ses conflits internes et externes, exacerbés par les risques de famines et de faillites. Cette guerre est une catastrophe pour tous, surtout pour les pays fragiles.

    Ce n’est pas l’Ukraine qui est la plus détruite. Déchirée par le doute depuis son indépendance, l’Ukraine a refondé son unité. Ce n’est pas Zelensky qui a décidé de résister, c’est l’armée ukrainienne, censée s’effondrer. Plus que l’armée, ce sont les volontaires : les Ukrainiens. Aucun traité, aucun dirigeant, ne pourra revenir là-dessus. La retraite de Kiev, puis celle de Kharkov (peuplée de russophones) a confirmé que l’Ukraine durera, et suivra un modèle différent de celui de la Russie. A moins que la Russie ne suive le modèle ukrainien.

    Ces cent jours de guerre ont abîmé matériellement l’Ukraine mais l’ont renforcée « spirituellement ». La Russie, au contraire, s’est renfermée. Aucun pays n’a été à ce point condamné par les autres. Soit, elle conserve de bonnes relations avec bien des pays : quand on a quelque chose à vendre, on trouve acheteur ; or la Russie est un pays riche, ou devrait l’être. La guerre renforce sa lente glissade vers le sous- développement.

    Il faut accueillir avec joie artistes, cinéastes, scientifiques ou écrivains russes, ils portent en eux la prochaine renaissance russe

    Peu importe l’économie : les Russes sont habitués à souffrir, à résister au monde entier, répètent les chaînes de télévision. L’âme russe a la peau dure, mais c’est l’âme qui souffre le plus : plus de presse libre, plus d’opposants, les scientifiques, les ingénieurs partent, les artistes aussi. C’est une bêtise de vouloir boycotter artistes, cinéastes, scientifiques ou écrivains russes. Il faut les accueillir avec joie, ils portent en eux la prochaine renaissance.

    Beaucoup répètent que les Russes ne connaitront jamais la liberté, parce qu’ils ne l’ont jamais connue, parce qu’ils n’en voudraient pas. Les Ukrainiens, après les Baltes, Bulgares ou Moldaves, démontrent le contraire : comme les Coréens (du sud), les Japonais, les Chinois (de Taïwan), les Ukrainiens, les Turcs, les Sénégalais, les Mauriciens et tant d’autres. La démocratie ne dépend pas d’une « culture », elle est vraiment universelle.

    Poutine a reconstruit le système dictatorial du KGB mais cette évolution n’était pas écrite d’avance. Poutine est populaire ? Staline l’était plus encore. Faire en sorte que le tyran soit populaire est le principe de la dictature. Comme le disait, dès 2008, Kassianov, ex Premier ministre de Poutine : « La violence et la corruption sont les idées maîtresses de ce régime ». L’assassinat de l’opposant libéral Boris Nemtsov en 2015, les condamnations de Navalny, ne sont que les signes de pratiques plus générales.

    Si l’on cherche les causes de la guerre d’Ukraine, elles sont là : une fracture fondamentale – ni celle de la religion, du choc des civilisations, ou de résurrection des empires-: les uns cherchent, maladroitement, un chemin vers plus de liberté, les autres la voient comme une menace.

    Poutine ne pouvait dériver que vers une dictature s’il voulait rester au pouvoir. Or pourquoi ne serait-il pas resté puisqu’il tenait l’appareil ? Mais il lui fallait nier toute valeur aux sociétés libérales, en combattre l’influence, surtout quand elle contaminait ses marches.

    Ukrainian servicemen pose for a picture near a destroyed bridge as Russia’s invasion of Ukraine continues, in the town of Irpin outside Kyiv April 1, 2022. REUTERS/Gleb Garanich TPX IMAGES OF THE DAY

    Qui peut sauver la Russie ? A part les Russes, personne.

    L’Ukraine représente le modèle inverse de celui de Poutine : le vœu d’une démocratie à l’européenne. C’est en réponse à l’accord d’association UE-Ukraine de 2014 – et non à quelque manœuvre de l’Otan– que la Russie annexe la Crimée et alimente le conflit dans le Donbass. Ce n’est pas un hasard si l’association « Memorial », fondée par Sakharov pour rappeler l’histoire des goulags, a été fermée quelques jours avant l’invasion. En cela Poutine abime la Russie, la détruit peu à peu.

    Qui peut sauver la Russie ? A part les Russes, personne. Entre 15.000 et 20.000 Russes ont trouvé la mort en Ukraine.

    On doit imaginer la Russie heureuse : ouverte, lucide, libre.

    On dit que des milliers de jeunes russes désertent. Possible. Déjà, en 2018, 41% des jeunes entre 18 et 24 ans rêvaient de partir en Europe. Selon le Guardian, 3.8 millions de Russes ont quitté leur pays depuis 2000, 200.000 par an en moyenne. Depuis le déclenchement de la guerre, malgré l’interdiction de transférer de l’argent, 300.000 seraient partis1. Partir est une excellente initiative, à condition de conserver des liens, de pouvoir revenir, librement.

    On doit imaginer la Russie heureuse : ouverte, lucide, libre. Aucune fatalité ne pèse sur les Russes. Qui sait, dans cent jours peut-être, plus tard, la Russie se débarrassera d’un système qui l’avilit. Prévoir le pire, mais aussi le meilleur.

    Le rôle de l’Occident est d’aider par tous les moyens l’Ukraine à résister-y compris en sacrifiant des intérêts évidents- à démontrer à Poutine et à ceux qui le soutiennent qu’ils ne pourront jamais l’emporter, mais à laisser, toujours ouverte, une porte de sortie.

    Faire la guerre et prévoir la paix.

    La France, l’Allemagne, l’Italie -avec son plan de paix- irritent. Forcément, puisqu’en plein combat ils parlent de l’après. Les Italiens ont proposé un cessez-le-feu, le retrait des troupes, l’entrée de l’Ukraine dans l’UE mais pas dans l’Otan, l’autonomie large du Donbass et de l’Ukraine sous souveraineté ukrainienne. Les Russes ont dit niet2. Pour l’Ukraine, le « pacifisme faible » frise la trahison3. Chacun espère un avantage sur le terrain. Les Russes portent l’effort aujourd’hui, avant que les Ukrainiens ne reçoivent de nouvelles armes, vers juillet, août, et tentent de reprendre les terres perdues. A la fin, il y aura ou un conflit gelé, c’est-à-dire permanent, ou une paix qui rendra les frontières presque symboliques.

    Faire la guerre et prévoir la paix. Réfléchir à la paix, ce n’est pas seulement œuvrer pour un cessez-le-feu- même s’il faut avancer pas à pas- c’est imaginer un système de paix et de sécurité, qui peu à peu, infusera en Russie, à nouveau, un sentiment de sécurité et de… liberté.

    Le soutien à l’Ukraine, le combat pour la paix, et celui pour la liberté font partie d’un même ensemble. Si Poutine finit par accepter la paix, il devra desserrer son étreinte, non seulement sur l’Ukraine, mais aussi sur la Russie.

    • 1 Selon OK Russians. Déjà 20.000 en Géorgie et 80.000 en Arménie.
    • 2 « Il y est question que la Crimée et le Donbass appartiennent à l’Ukraine avec une large autonomie. Des responsables politiques sérieux qui veulent des résultats ne peuvent pas proposer des choses comme ça » a répondu Lavrov sur la chaine russe RT. C’est presque un progrès : il ne dit rien sur Kherson.
    • 3 Ganna Malyar, vice-ministre de la Défense ukrainienne : « Nous rejetons ce pacifisme faible. L’Ukraine se battra pour la libération complète de ses territoires dans leurs frontières internationalement reconnues. Poutine peut sauver la face en se retirant de nos territoires. »
    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France 

    a. Député de Paris 

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press